La guerre hybride de Poutine contre l’Union européenne : drones, désinformation, sabotage 11/10/2025
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bienvenue au Parlement européen. Parmi des élus de plus en plus attentifs à cette drôle de guerre que nous mène Vladimir Poutine pour nous punir de notre soutien à l'Ukraine. La guerre hybride, mélange d'intimidation et de manipulation.
Le Kremelin est clairement à l'origine de campagne de désinformations intenses à l'occasion de différentes élections en Europe. Des médias prorusses arrosent les réseaux sociaux. Situation observée encore récemment en République tchèque où le sulfureux André Babic l'a emporté.
Auparavant, c'était en Roumanie, en Allemagne, sans oublier la Moldavie aux portes de l'Union européenne. Oui, sabotage, cyberattaque orchestré par les Russes sont désormais le lot régulier dans l'est de l'Europe. Sans compter la flotte fantôme russe qui inquiète dans les eaux européennes.
Mais la principale déstabilisation ces dernières semaines est venue de survolage de l'espace aérien d'une douzaine de pays lieux par des drones et même par un avion de chasse russe. Les aéroports ont été mises à l'arrêt. Face à cette menace de plus en plus concrète, les Européens tentent d'orchestrer une réponse commune.
Une réponse qu'appelle de ses vœux le commissaire européen à la défense. Écoutons Andreus Cubilius. La Russie met à l'épreuve l'UE et l'OTAN et notre réponse doit être ferme, unie et immédiate.
Aujourd'hui, nous avons convenu de passer des discussions à des actions concrètes et nous nous sommes mis d'accord sur les points les plus importants, à savoir la surveillance du flan oriental à l'aide d'un mur anti-drone. Pour en débattre aujourd'hui, nous recevons Radan Can. Bonjour, vous êtes Bulgare, membre du Parti populaire.
C'est le principal groupe ici au Parlement européen, la droite de l'hémicycle. Une autre députée européenne est en notre compagnie aussi. Chloé Ridel, bonjour.
Française des socialistes et démocrates. On sent d'ailleurs beaucoup de flottement dans la réponse à apporter au survol de drone. Emmanuel Macron a dit que les drones pouvaient être détruits.
Pour l'instant, on est vraiment dans l'expectative. C'est open bar notre notre espace aérien. Ben précisément tout l'enjeu c'est de montrer aux Russes ou à ceux qui seraient derrière ces envois de drone anarchique que non notre espace aérien on ne le laissera pas violer comme ça et donc il faut par principe je crois détruire ces drones ces matériels qui survolent notre espace sans y être invité.
C'est essentiel de préserver cette cette intégrité là. On peut le faire. On on sait le faire.
Bien sûr qu'on sait le faire. Vous savez, des drones, c'est du matériel très léger. Aujourd'hui, la guerre se fait comme ça.
C'est plus en investissant des dizaines de milliers d'euros dans des armes très sophistiquées. C'est des drones à 10000 € et donc on sait parfaitement les détruire. Et d'autant plus que ces drones peuvent faire beaucoup de dégâts.
Ça peut filmer, surveiller des zones sensibles, ça peut tirer par arme à feu, ça peut lâcher des bombes. Donc ce sont des instruments dangereux qu'il faut détruire et on sait le faire. Tout de même.
Radan Kanef, la question des moyens se pose. On a vu par exemple qu'en Polne, ce sont des avions de chasse qui ont dû abattre les drones qui ont qui ont survoler euh le pays. Euh vous êtes très attaché à l'OTAN en tant que que bulgare, j'imagine.
Mais est-ce que l'Alliance euh dans cette occasion n'a pas surtout montré qu'elle n'avait pas les moyens d'adapter face à cette menace ? Oui, je pense que c'est pas la question des politiques. Est-ce que on doit les détruire ?
Ça c'est clair que ça c'est ça c'est définitif mais c'est c'est la question des moyens techniques. Ce que les Ukrainiens il possède comme comme des moyens techniques pour battre les drones. On on ne l'a pas en Pologne, en Bulgarie, peut-être aussi en France et puis le l'effort comment de des pays européens des pays de l'OTAN euh des moyens comment de réaction ça n'existe n'existe pas.
Les capitales européennes accusent par ailleurs la Commission européenne de vouloir élargir ses compétences en cherchant à s'ériger en maître d'œuvre de ce mur anti-drone alors que la défense évidemment c'est une compétence nationale normalement. Est-ce que et cet exécutif européen d'ailleurs rétorque qu'il faut il faut bien qu'il n'y ait pas de trou dans la raquette donc elle coordonne tout ça qui a raison. On a besoin d'une coordination européenne en matière de défense.
Il faudit pragmatique et arrêter de prendre ça sous l'angle. Je vois bien l'extrême droite ici prend ça sous l'angle des compétences. Mais vous savez si on en était resté à la lettre des traités sur ce qui relève des compétences de de d'intel ou d'intel, on aurait pas fait grand-chose ces dernières années face aux crises notamment face au Covid.
On sait que ce qui empêche une défense du continent européen d'être efficace, c'est justement le manque de coordination entre les États-membres. Parce que si vous si vous additionnez les défenses de tous les pays, on dépense 300 milliards d'euros par an pour notre défense. C'est beaucoup plus que la Chine, c'est beaucoup plus que la Russie.
Euh et donc ce dont on manque c'est d'une coordination. Donc si la Commission européenne peut coordonner et aider à coordonner euh un mur de drone euh c'est quelque chose de très positif. Il faut pas être idéologue, il faut être pragmatique.
Je rappelle que si nous pensons que nous ne sommes pas en guerre avec la Russie, elle la Russie euh par contre elle est en guerre contre nous. Il faut le reconnaître et donc il faut se protéger et aller au plus efficace. Radan Canef.
Euh ces drones, ils vont aussi nous obliger d'une certaine manière, on le voit, à rapatrier euh nos moyens de défense aériennes ou à rapatrier des milliards qui pourraient être envoyés à l'Ukraine. Au fond, est-ce que l'objectif de Vladimir Poutine avec cette campagne de drone euh c'est pas une manœuvre de détournement ? Je pense que c'est euh c'est plutôt une manœuvre de division.
Euh ces provocations aérien avec les dromes mais aussi avec les avions chasse. Euh c'est l'intention général principale je dirais euh c'est de euh de montrer une division dans la dans la réaction dans la motivation des pays européens différents aussi bien sur l'intimidation de des gouvernements des électorats avant les élections. Mais quand on parle de réaction militaire, point de vue technologique, quand comment on réagit sur sur ces attaques aériennes, je pense que c'est très important pas seulement de d'être coordonné parmi les parmi les États membres de de l'Union, mais aussi d'avoir une certaine spécialisation de de production parce qu'en Europe, le risque principal que il y aura le dron français, le drone néerlandais, le drone suédois, le dron bulgare et cetera et cetera. la production, vous êtes d'accord avec une spécialisation européenne pour la défense pour euh parce que c'est l'interopérabilité, hein.
On produit beaucoup mais alors rien ne marche avec rien, quoi. Ben oui, ce qu'il faut défendre, c'est la création d'une vraie industrie européenne de la défense queon arrête d'acheter américain, qu'on arrête d'acheter des armes à l'étranger. Et donc tout le financement qu'on pourra mettre européen pour inciter des industries européennes à produire les armes dont on a besoin sur notre sol, il faut qu'on fixe des critères de préférence européenne très clair et je crois que c'est ce qu'on fait ici au Parlement européen.
Alors, autre gros sujet d'inquiétude désormais en particulier en France, la flotte fantôme russe soupçonnée d'exporter le pétrole sous sanction européenne mais aussi de servir de base de décollage au fameux drone. Le président français Emmanuel Macron a arraisonné un navire fantôme qui était parqué au large de Saint-Nazer. Il s'en justifie.
Écoutez, 30 à 40 % de l'effort de guerre russe est financé par les revenus de la flotte fantôme. Il est extrêmement important d'accroître la pression sur cette flotte fantôme car cela réduira clairement la capacité de la Russie à financer cet effort de guerre. Vous pouvez détruire le modèle économique en immobilisant même pendant quelques jours ou quelques semaines ces navires.
On vient d'entendre le le président Emmanuel Macron. Est-ce qu'il a eu raison ? Est-ce que la France a eu raison de de prendre cette décision ?
Est-ce que les autres pays européens devraient s'en s'en inspirer ou bien est-ce que c'est un risque d'escalade ? Non, moi je crois que le président a eu raison parce que pour le coup parce que c'est un navire qui était parti de Saint-Persbourg qui avait fait des arrêts suspects autour du Danemark au même moment où des drones avaient été lâchés dans l'espace aérien danois puis ensuite c'était avancé vers les côtes françaises. Donc quand c'est suspect comme ça qu'il y a pas de pavillon, il faut raisonner parce que je rappelle que le gaz et le pétrole c'est un/ers des recettes fiscales russes. fiscales qui sont directement mis au service de l'effort de guerre russe contre nous, contre l'Ukraine et contre nous.
Ce qu'on a fait avec les sanctions contre la Russie, contre le pétrole russe et notamment avec le plafonnement du baril de pétrole russe à 60 dollars, c'est que on a diminué ses recettes fiscales de 20 % par exemple en 2025. Mais pour essayer de contourner ces sanctions, Poutine a recours à des vaisseaux fantômes. On estime que il y a entre 400 et 600 de ces vaisseaux, de ces navires qui s'en battre pavillon continue à exporter du pétrole et donc à contourner drone aussi, c'est-à-dire une autre dimension stratégique.
Donc il faut être je crois très ferme et on a tout à fait le droit en droit international d'araisonner des vaisseaux qui ne battent pas pavillon. C'est illégal en fait en droit maritime international. Donc euh il faut surtout pas se priver de le faire parce que euh c'est ça qui permet de frapper Poutine au portefeuille.
Monsieur Radev, vous en Bulgarie, vous êtes bordé par la mer Noire qui, on le rappelle, est sous embargot européen pour ce qui est des exportations russes. Par contre, vous vous nous dites, il s'y passe quand même de drôles de manœuvre. Qu'est-ce qui s'y passe exactement ?
Mais je disais que les les Ukrainiens eux-mêmes euh ont réussi de limiter les capacités de production de la Russie euh avec les les attaques contre les entreprises russes. Et puis c'est navire, c'est un navire de les fantômes. présent pas seulement une menace économique he mais aussi évidemment une menace de sécurité mais une menace militaire comme le l'exemple dans les dans les décisions français de du président Macron a montré et au mer noir évidemment il est un risque élevé comme c'est c'est très proche et il y a beaucoup de euh beaucoup de navires russes en Bulgarie il précédent déjà que il y a le transf de carburants entre des navires qui sont disons légitimes et le navire de de la flô de de Poutine dans les eau internations.
C'est donc c'est c'est un enjeu important aussi cette mer noire à suivre. On va passer peut-être au dernier volet de cette guerre hybride. Le plus difficile à contrer finalement.
Il s'agit de la grande offensive de propagande russe de désinformation. On l'a observé encore récemment chez les Tècs. Elle est redoutée pour les prochaines élections aussi aux Pays-Bas.
Chloé, les forces prus et antiUE progressent finalement partout. Avec l'aide des trolls, on ne peut rien y faire ? Bien sûr que si, on peut y faire quelque chose.
Euh, la guerre hybride sur l'information que nous mène Poutine, c'est une façon d'essayer de nous détruire de l'intérieur. C'est-à-dire que euh il vise à soutenir partout en Europe des candidats prorusses comme monsieur Urban, comme Jordan Bardella en France et Marine Le Pen ou comme Andrèche Babich en République tchèque. Faut savoir que Andréche Babich c'est un chef d'état qui systématiquement met son féu quand il s'agit d'adopter de nouvelles sanctions contre la Russie ou d'aider l'Ukraine.
Et ce qui s'est passé en République tchèque est incroyable. C'est-à-dire que les médias qui étaient liés euh à des sites de désinformation russes ont publié plus de contenu que l'ensemble des médias traditionnels en République tchèque une semaine avant les élections. Donc Poutine, il émet des moyens dans cette guerre informationnelle.
C'est 2 milliards de dollars par an dans le budget russe, la désinformation. Et parfois ça marche. Parfois ça ne marche pas. regarder ce qui s'est passé aussi en Moldavie qui nous donne un signe d'espoir puisque les Moldaves, bien qu'ils aient été inondés euh par de la désinformation russe sur les réseaux sociaux, à coup d'intelligence artificielle, vous pouviez produire très facilement des vidéos qui répandent la désinformation et cetera.
Et ben pour la troisième fois, en un an, les moldaves ont voté pour se tourner vers l'Union européenne parce que c'est leur souhait. Et donc on voit bien qu'on est capable de mettre en échec euh Poutine sur cette guerre informationnelle quand on est allé a beaucoup de chefs d'état qui sont allés soutenir en en mode d'av quand on éduque la jeunesse à reconnaître ce qui est un contenu vrai ou faux produit par l'intelligence artificielle ou pas et donc c'est un enjeu très très fort des années qui viennent. Mais alors en Bulgarie, c'est une situation un peu particulière.
Dans votre pays, vous avez un président prousse, un gouvernement très pro-européen, un gouvernement un président plutôt prusse Ren Radef qui contre régulièrement euh euh donc euh la rhtorique proeuropéenne avec des arguments euh inspirés euh du euh du Kremelin. Le pays est très divisé sur l'attitude à avoir face à la Russie. Est-ce que on peut dire que chez vous la désinformation est forte aussi et qu'elle vient peut-être même d'en haut ?
Je peux dire que que la la désinformation, la propaganda russe est omniprésent en Bulgarie des médias sociaux mais aussi dans les médias mainstream. Euh et puis dans le dans le haut niveau politique comme vous avez dit, notre président a des messages pro russes disons plus sophistiqués. Puis il y a les partis définitivement pro russes.
Je mais de temps en temps, je sais ils sont pas prousses, ils sont peut-être russes, ce qui fait une différence quelconque. Puis même dans le dans la majorité parlementaire, dans le gouvernement, il y a le parti socialiste qui a toujours été prousse et maintenant maintenant aussi. Alors, c'est une situation très très grave.
On peut dire quoi ? Est-ce que vous avez l'impression que d'ailleurs c'est tout l'est de l'Europe qui est peut-être sur le point de basculer beaucoup de pays qui sont tentés justement par un discours plus proche du Kremelin ? Ah, je disais oui, mais il y a aussi beaucoup de des facteurs spécifiques comme en Bulgarie, c'est c'est la raison historique, le sentiment historique qui provoque plus de sympathie pour la Russie en Rénie.
C'est disons point de vue historique tout à fait différent. Alors, c'est pas toujours la même chose, mais oui, c'est évident que comme dans les pays de l'est et aussi on peut voir dans les provinces de l'est de l'Allemagne, la propagande russe est très forte et très très effective. Effectivement, Chloéidel, cette propagande, elle se répande.
On avait l'impression qu'il y avait un fauteur en trouble, procremelin, Victor Orban en Hongrie, mais ça gagne du terrain cette guerre hybride que nous mène Moscou, elle révèle des divisions qui sont ancrées finalement dans chacun de nos pays. Mais c'est le c'est le c'est le but en fait. Il faut s'imaginer que il y a des gens comme vous et moi qui en Russie sont enfermés dans ce qu'on appelle des fermes à bottes dont c'est le travail.
Ils viennent tous les matins au travail, euh ils se mettent à leur poste devant leur ordinateur et ils répandent soit de leur désinformation, soit par pays. Ils ont à chaque fois des tableaux Excel sur quels sont les sujets, les débats de société qui divisent dans un pays ou dans un autre. par exemple le conflit israélo-palestinien, on s'est aperçu euh que il y avait des bottes russes qui allaient alimenter euh ces ces ces ces polémiques sur les réseaux sociaux euh sur cet aspect-là, sur l'aspect évidemment migratoire.
Euh donc euh ce sont des stratégies qui visent à nous déstabiliser et à nous diviser et à faire monter euh les extrêmes. Donc il faut prendre conscience euh que on fait face à à cela, à ces tentatives de déstabilisation et appliquer les règles qui sont les nôtres, en particulier le digital services acts, vous savez qui vise à réguler nos réseaux sociaux et à lutter contre la désinformation. Euh il faut aujourd'hui qu'on défende tous euh ça et moi je je m'arme du fait que dans ce Parlement européen, il y a des soutiens de de Donald Trump et de Poutine qui veulent nous en empêcher.
Merci en tout cas à tous les deux d'avoir bien illustré ce sentiment de frustration hein face aux grandes manœuvres russes euh qui qui monte dans le Parlement européen aujourd'hui. Merci à vous. Merci Caroline et bonne suite de programme sur nos chaînes.
Chloé Ridel