L’interview de Louis Aliot sur CNEWS le 1er Juin
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- Louis AliotChiffre
« aussi par les aides que l'État a promis, 4,5 milliards aux collectivités territoriales. »
- Louis AliotChiffre
« le candidat à Perpignan a fait 13%. »
- Louis AliotPromesse
« je demande, et j'ai déjà demandé au Premier ministre, de permettre aux collectivités au moins de diviser par deux cet impôt »
- Louis AliotFait
« j'ai été élu en duel, seul contre tous »
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Bonjour Louis Alliot. Bonjour. Merci d'être en direct avec nous ce matin dans la matinale.
J'aimerais vous entendre tout d'abord sur ce qui se passe aux Etats-Unis. On a ouvert évidemment tous les journaux ce matin sur CNews avec ces violences, ces émeutes, ces pillages parfois. Quand vous regardez ces images, vous vous dites quoi ?
Vous êtes du côté des manifestants ou de la police ? Écoutez, ça me fait penser d'abord à ce que nous avons connu. Parce qu'on peut parler des Etats-Unis, regarder comment ils gèrent cette crise-là.
Mais je rappelle qu'en 2005, nous avons connu exactement la même chose à partir d'incidents d'un quartier avec la mort de jeune homme. De la même manière. Là, c'est une bavure policière.
En France, ils étaient poursuivis. Ils sont rentrés dans un transformateur et ils ont été, je crois, électrocutés. Bref, voilà.
Et suite à ces événements, il y a eu un embrasement général des banlieues. Et ça a duré, souvenez-vous, des dizaines de jours. Et ça a été très grave.
Donc vous voyez bien que les Etats-Unis ne sont pas seuls à avoir affaire à ce genre de manifestations. Et que nous-mêmes, avant de donner des leçons aux autres, eh bien, on ferait bien de regarder la manière dont on a géré ces événements. Parce que depuis 2005, que s'est-il passé ?
Comment la France a géré cela ? Puisque nous savons que pratiquement tous les jours, dans des quartiers en France, eh bien, il y a des affrontements avec la police. Et que rien, fondamentalement, n'a changé depuis 2005.
Joe Biden, l'ancien vice-président et candidat démocrate à la Maison-Blanche, dit que c'est un devoir d'aller manifester. Si vous étiez aux Etats-Unis, vous auriez manifesté ou pas ? Non, parce que des bavures policières, il y en a.
Ça arrive chez nous aussi, d'ailleurs. Mais si à chaque fois qu'il y a des bavures policières, on doit aller dans la rue pour manifester, eh bien, ça va devenir quelque chose de très pénible. Je pense qu'il faut tout simplement remettre de l'ordre.
Nous sommes en démocratie. Il y a des forces de police. Il y a la justice.
Lorsqu'il y a des faits graves commis, et ça a été le cas aux Etats-Unis, eh bien, les protagonistes doivent être jugés, avec un procès équitable, etc. Et il n'est pas besoin de descendre dans la rue pour casser, pour piller. Voilà, c'est ça.
Je ne pense pas qu'on règle les problèmes de violence par la violence. Moi, je crois aux valeurs de la démocratie. Je crois aux valeurs de la justice, quand les juges, évidemment, font bien leur travail et qu'ils ne laissent pas les voyous dans la rue.
Donc voilà, je pense que malheureusement, il y a une exploitation de ces faits-là par diverses forces politiques. Tout simplement, aux Etats-Unis, c'est pour nuire très certainement aux Républicains et à M. Trump.
Comme, j'allais dire, en France, vous avez des groupuscules qui, depuis les manifestations sous le François Hollande, ont toujours cassé, pillé et tenté de déstabiliser le pouvoir parce qu'elles se sont, j'allais dire, c'est leur ADN politique. Ce sont des révolutionnaires. Donald Trump accuse l'extrême gauche américaine.
Vous pensez qu'il y a, comment dire, des pressions politiques ? Ce ne sont pas des manifestations qui se déroulent sans qu'il y ait de mots d'ordre ? Je pense qu'il y a des manifestations spontanées, mais qui sont systématiquement rejointes par des gens qui font profession de protestation, de révolution.
Et voilà, comme en France, les Gilets jaunes aujourd'hui, où ont été débordés par des casseurs, par des pilleurs, par des anarchistes de tout poil. Voilà, on connaît ça, les antifas, les black blocs. Que fait le pouvoir face à ça ?
Bon, en France, ils ont décidé de ne rien faire. On verra bien aux États-Unis en sachant une chose. Les États-Unis, c'est un État fédéral.
Ce n'est pas M. Trump qui commande dans les États. Ce sont les gouverneurs.
C'est eux qui font la police. Donc ne pas quand même se tromper entre l'affrontement Biden et M. Trump.
Regardons comment les États gèrent eux-mêmes leur propre police et leur propre force de contre-manifestation. Mais surtout, moi, je regarde les États-Unis comme spectateurs. Mais ce qui m'intéresse, c'est quand même la France et la manière dont nous, nous avons géré et nous aurons peut-être à gérer demain ce genre d'événement.
Justement, Louis Alliot, vous êtes candidat à la mairie de Perpignan. Le second tour, c'est dans un mois, le 28 juin. Vous êtes arrivé en tête au premier tour.
Vous allez affronter le maire Les Républicains, Jean-Marc Pujol. Il y a un front républicain qui s'est monté contre vous. Comment est-ce que vous l'appréhendez ?
Écoutez, c'est un tout petit front républicain parce que les centristes n'y participent pas. Les socialistes se disent oui, bon, mais enfin, on se retire. Mais enfin, M.
Pujol a fait la politique du pire. Bref, c'est un non-sens. Moi, je considère que c'est une escroquerie politique.
Ils ont passé leur premier tour à dire que ce maire n'était pas un bon maire, que la politique à Perpignan était la politique du pire, que la misère sociale, l'insalubrité, l'insécurité, le chômage étaient endémiques dans notre ville. Et aujourd'hui, les mêmes sont en train de raconter aux électeurs qu'il faudra aller voter pour ce maire-là. Mais je pense que les gens n'y croiront plus, comme d'ailleurs, aux dernières législatives, ils n'avaient pas cru, puisque j'ai été élu en duel, seul contre tous, parce qu'ici, dans les Pyrénées-Orientales et à Perpignan, on sait les dégâts qu'ont causés les politiques du département à gauche et de la mairie de Perpignan, qui est une fausse droite.
La preuve, c'est que le maire, aujourd'hui, en est réduit à aller mendier des voix à la gauche. Je pense que les électeurs, eux, ils veulent le changement. Et ce front républicain, à cette élection-là, va faire la démonstration, aujourd'hui, qu'il n'est plus du tout opérant et que les électeurs sont libres de leur choix et de leur politique.
Louis Alliot, une colistière du candidat La République En Marche s'est désistée en votre faveur. Vous attendez d'autres désistements ? Oui, il y en aura d'autres dans la liste de M.
Gros. Et il y aura des individualités à gauche aussi qui diront non, on ne peut pas voter pour un maire qui a passé son temps à taper sur la gauche, à manifester sa politique avec un clan seul dans sa mairie. Voilà.
La dernière fois en 2014, ça a fonctionné. Mais pendant six ans, le maire n'a rien fait de ce front républicain. Il se l'est accaparé et il a gouverné seul dans sa tour d'ivoire.
Je pense qu'aujourd'hui, Perpignan est prêt à tourner une page parce qu'elle mérite mieux que ce vieux système clientéliste. Perpignan a des atouts. Perpignan doit développer son commerce, ses entreprises, son tissu économique.
Il faut valoriser son territoire et ne plus, j'allais dire, se regarder le nombril comme l'a fait ce maire pendant six ans. Au niveau national, Stanislas Guérini, le numéro un de La République En Marche, dit que sa priorité nationale, c'est de tout faire pour éviter que le RN ne gagne. Qu'est-ce que ça vous fait de faire encore si peur ?
Ce n'est pas rien, c'est sa priorité nationale. Oui, enfin, peur à M. Guérini, ça ne me choque pas des masses.
Moi, ce dont j'ai peur, c'est la politique qui est menée par M. Macron aujourd'hui, qui met des centaines de milliers d'ouvriers dans les rues chez Renault, qui fait de la casse sociale d'un bon nombre d'entreprises, qui ne fait rien contre l'insécurité, qui ne fait rien contre le communautarisme et qui est en train aujourd'hui de mettre des milliers de Français précisément dans la rue parce que la pauvreté s'installe et parce que la politique de M. Macron est une catastrophe.
Et je pense que Macron, c'est Hollande empire aujourd'hui. Alors M. Guérini a un parti qui, s'il continue, va pouvoir se rassembler dans une cabine téléphonique.
Donc il peut donner tous les mots d'ordre qu'il veut. Vous savez, le candidat à Perpignan a fait 13%. Je pense que les électeurs ont tranché.
Et ce que M. Guérini dit à Paris, ici, à Perpignan, dans le Roussillon, en pays catalan, on s'en moque un peu. Laissez-moi vous le dire.
Louis Alliot, on va parler un peu d'économie, s'il vous plaît. On s'attend à une crise économique. Vous êtes candidat à la mairie de Perpignan.
Déjà, quelle analyse vous faites et qu'est-ce que vous proposez pour la ville ? Écoutez, je pense que c'est dramatique parce qu'évidemment, beaucoup de commerces ont été à l'arrêt pendant deux mois. Il faut maintenant faire un plan de relance.
Il faut investir massivement, très certainement par l'emprunt, mais aussi par les aides que l'État a promis, 4,5 milliards aux collectivités territoriales. Il faut aider les commerces, les exonérer de charges au moins pendant une année, permettre aux restaurateurs de refaire vivre les centres-villes, les quartiers, parce qu'ils ont été très absents de la vie pendant ces deux mois, évidemment. Mais on s'est aperçu que c'était un secteur d'activité qui permettait le dynamisme de l'économie locale et du commerce.
Et donc voilà, je proposerai d'ailleurs ce plan de relance à la fois économique et ce plan de relance pour le petit commerce, en exonérant les terrasses, les enseignes, et en travaillant surtout sur quelque chose dont personne ne parle, mais dont les entreprises, elles, connaissent bien, c'est la fameuse CFE, qui est l'impôt local, si vous voulez, des entreprises. Et je demande, et j'ai déjà demandé au Premier ministre, de permettre aux collectivités au moins de diviser par deux cet impôt, parce qu'il pénalise grandement l'activité, la liberté d'entreprendre et de commercer. Et j'espère bien que je serai entendu dans cet appel et que nous serons rejoints par un certain nombre de maires et de présidents de collectivités.
C'est important. Louis Alliot, le nombre de bénéficiaires du RSA augmente. On était à 7h50 en direct avec le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis.
Le RSA, à partir de 18 ans, certains le demandent. Vous dites oui ou non ? Écoutez, d'abord, relançons l'activité économique pour permettre à des gens qui, aujourd'hui, sont obligés d'aller au RSA, de quitter le RSA pour entrer dans le monde de l'emploi.
Ça, c'est la priorité. Et je pense qu'après, c'est vrai. Moi, j'en vois tous les jours des jeunes qui ont d'énormes difficultés à vivre, à se loger.
Et cela, il faut les aider. Et je pense que, peut-être, on pourrait les aider, mais d'une manière temporaire, le temps que nous relanchions la machine économique et qu'à nouveau, il y ait de l'emploi dans un certain nombre de secteurs. Parce que tout ça, la facture va être énorme, la dette va être énorme.
Et je crains que la France n'ait pas les reins assez solides pour assimiler tout cela. Donc, vous dites oui à un RSA à partir de 18 ans, de façon temporaire. Moi, je dis oui d'aider les jeunes aujourd'hui qui sont en très grande difficulté, pas seulement en leur donnant de l'argent pour vivre.
Ça, c'est important, parce qu'ils sont comme tout le monde, mais aussi pour se loger et aussi pour, je pense, en face de ce RSA et de l'octroi d'un certain nombre d'aides, commencer à développer l'apprentissage, la formation. Parce qu'il y a beaucoup d'emplois non pourvus ou qui étaient non pourvus et qu'il faudra bien occuper demain. Et c'est le moment ou jamais de mettre en adéquation le travail avec les gens qui cherchent du travail, ce qui n'avait pas été fait jusqu'à présent.
Et Louis Alliot, certaines personnes qui ont déjà un travail vont se voir proposer des accords. Accords qui proposent une baisse de salaire en échange d'un maintien dans l'emploi. On vous baisse votre salaire, mais on ne vous licencie pas.
Vous soutenez ce type d'accord ? Écoutez, s'il est extrêmement temporaire, il mérite d'être étudié, mais rien ne peut se faire sans l'accord de ses salariés et sans le vote au sein des entreprises de ses salariés. La démocratie sociale, c'est aussi le fait que les salariés, les employés, les ouvriers puissent voter pour améliorer leur statut.
Et si la situation est difficile, il vaut mieux rester dans l'emploi temporairement plutôt que de terminer au chômage avec quelquefois, malheureusement, la spirale de misère qu'elle entraîne. Merci beaucoup Louis Alliot d'avoir été en direct avec nous ce matin dans la matinale CNews, député RN des Pyrénées-Orientales et candidat à la mairie de Perpignan. Il est 8h32, tout de suite un nouveau journal.
Louis Aliot