Marie-Rose Guarnieri : "Le métier de libraire m’a rendue libre"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 90 %Attaque 5 %Défensif 5 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:00OuverteRéponse directe
Être une femme pour vous, est-ce que c'est une force ou un combat ?
- 3:00OuverteRéponse directe
Est-ce que la sororité c'est un mythe ou une réalité ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Vous prenez plaisir aux choses, Marie-Rose ?
- 10:00OuverteRéponse directe
Est-ce qu'il y a une femme qui vous inspire plus que les autres ?
- 15:00OuverteRéponse directe
Quel serait votre conseil à une jeune femme de 20 ans ?
- 18:00OuverteRéponse directe
La fête de la librairie indépendante, comment est née cette idée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Marie-Rose GuarnieriFait
« Moi il m'a fallu 28 ans, beaucoup d'années pour euh voilà, c'est l'endurance qui a fait que tous les projets qui ont été que j'ai essayé d'apporter dans la vie littéraire et qu'ils faisaient leur leur reconnaissance, il m'a je crois qu'il m'a fallu beaucoup plus de temps. »
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La Caisse despargne [musique] île-de-France, fière de soutenir toutes les femmes, vous présente Sud Radio Parlons femmes. Judit Beller. Parce que chaque femme qui s'impose fait avancer toutes les autres parlons femmes sur Sud Radio.
C'est maintenant Marie Rose Guarnierie, c'est une figure incontournable de la vie de bah littéraire française he clairement libraire indépendante. Elle fonde en 1997 la librairie des abais à Paris. Bienvenue Marie-Rose.
Bonjour et merci de votre invitation. Avec plaisir. Alors, vous êtes aussi à l'initiative du prix Vlair Fondation La Poste hein qui est 98 et puis de la fête de la librairie indépendante qui est aujourd'ui suivi par des centaines de libraires en France. 700 700 et ça c'est l'association verbe hein, c'est votre association.
On va en parler. J'ai un très joli petit livre dans les mains. Restez avec nous et on commence.
Parlons femmes, c'est parti. Sud Radio Parlons femmes. Judit Bre.
Alors Marie-Rose, Parlons femme vous pose des questions. Vous êtes prêtes ? Prête.
Partez pas trop loin du micro. Je [rires] suis là. Être une femme pour vous, est-ce que c'est une force ou un combat ?
Ben écoutez, moi je je pas alors voyez, je j'ai pas clivé comme ça mon existence en me disant je suis une femme, je suis un homme. Ce qui était important pour moi c'était d'être libre et la question vitale c'était être libre. Donc je sais pas si c'était une question est un combat pour la liberté en fait.
Voilà. Indépendante, libre, avoir une chambre à soi, gagner sa vie. Mais c'était pas parce que j'étais une femme, c'était parce que je c'était mon tempérament de de chercher de l'espace pour euh voilà respirer, créer, vivre.
Voilà. Et ce qui ce qui me fait dire que par exemple peut-être finalement si on faisait moins attention au clivage, on les vivrait moins. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Je pense que bah je sais qu'il y a des il y a des femmes qui ont qui ont pensé à avancer dans leur vie euh parce qu'ils avaient beaucoup de choses à faire et pour s'en sortir, ils ont pensé plutôt à ces questions-là que leurs questions en tant que femme. Mais bien sûr que euh je vois bien qu'il y a des différences dans les par exemple quand vous créez des choses en France, euh il y a bien des différences quand un homme le crée, quand une femme crée. Moi, il m'a fallu 28 ans, beaucoup d'années pour euh voilà, c'est l'endurance qui a fait que tous les projets qui ont été que j'ai essayé d'apporter dans la vie littéraire et qu'ils faisaient leur leur reconnaissance, il m'a je crois qu'il m'a fallu beaucoup plus de temps.
Alors peut-être s'il y a quelque chose de cet ordre làà autour des femmes, c'est peut-être parce que j'étais une femme et je vois parfois des des confrères ou des des initiatives qui sont qui sont vite reconnues et vite en place. Moi, il a fallu vraiment une longue endurance et une longue course de fond et beaucoup de créativité pour pouvoir voilà avoir voilà cette a joué quand même. Ça a joué sur la longueur.
Sûrement sûrement. Je le vois, je le vois dans les commissions parce que parfois je passe devant dans des commissions tout ça, il y a ce petit côté bon voilà euh on va voir si ça tient oui peut-être il y a il y a peut-être ces ces questionsl mais je n'essaie pas de de le mettre parce que je trouve que ça peut être un obstacle et ça peut être aussi une chose qui me positionnerait. Moi je je j'essaie d'avancer en me disant voilà j'ai si j'ai une bonne idée, j'essaie de la défendre, de la penser, de la créer et c'est la seule chose qui qui me voilà qui qui m'agit.
Donc on vous a jamais dit trop ambitieuse, trop visible, trop directe. Si tué bah une femme qui crée des choses qui qui est Bah si bien sûr, il y a bien sûr bien sûr. Le trop, c'est un mot qu'on connaît bien nous les femmes.
Voilà, c'est un trop trop. Moi, j'ai je suis excessive en plus. Moi je suis d'origine italienne donc je suis exubér voilà je suis exubérante j'ai un phrasé direct et tout donc tout ça n'est pas dans ce qu'on dit être oui féminque c'est des attributs masculins le phrase ind direct par exemple donc quand une femme parle trop directement un homme on trouve ça normal une femme on dit oh là là mais ça c'est vraiment voilà c'est ça voilà donc c'est vrai que sûrement je suis regardé peut-être comme une personne effectivement qui qui n'a pas soisant les les les les marqueurs de de de qu'on donne aux femmes discrètes attentionnée, généreuse, abstinente, si ça peut vous rassurer, moi non plus. [rires] Est-ce que la sororité c'est un mythe ou une réalité ?
Ah, moi je trouve c'est une réalité. J'ai beaucoup de j'ai essayé de Vous êtes très entouré de femmes. Oui, j'ai beaucoup d'amis femmes et d'hommes aussi.
Mais je je trouve que il y a une chose très très jolie qui s j'essaie de justement de ne pas placer d'ailleurs je travaille avec beaucoup de femmes. J'ai travailler beaucoup de femmes dans mes projets et toujours j'essaie de leur dire, voyez, c'est faut qu'on essaie justement de pas nous placer ouvertement dans un un rapport de de rivalité, ce qui est souvent le cas dans l'amour ou tout de suite l'autre femme et c'est c'est une est une rivale, c'est celle qui va vous enlever quelque chose et tout et moi je dis vraiment notre force c'est d'être unie, d'être tolérante sur comment nous sommes et c'est vrai qu'il y a quand même de reconnaître les qualités de nos sœurs. Bien sûr, bien sûr.
Ouais. Non, non, mais ça j'ai envie vraiment de ce côté-là. Alors je compte pas non plus parce que parfois avec le privé on dit ah oui vous avez pas fait la parité il y a pas si dans la sélection je bon là nous on comme c'est c'est une écrivain c'est Line Dalé qui m'avait dit non je trouve et Marie Di me dis non nous dans dans l'écriture on est un petit peu épicène voilà c'est pas on est ni homme ni femme on est écrivain voilà ou écrivaine on peut le dire aujourd'hui sur voilà écrivain moi aussi je trouve que voilà c'est vous êtes vous créez vous travaillez donc voilà j'essaie de que ces questionsl qui sont réelles parce que je vois bien quand même dans tout ce qui était édité aujourd'hui, tout ce qui est pensé aujourd'hui, tout ce qui est aussi dévoilé aujourd'hui, on se rend compte qu'il y a beaucoup de femmes effectivement quand je viens de lire le dernier par exemple le dernier livre que je viens de lire de Natacha Pana, je trouve que c'est bouleversant de de de voir comment on peut être déterminé à les détruire et tout.
Donc tout ça fait que évidemment je suis très consciente qu'il faut être continuer à avancer quoi, continuer à avancer et être très attentive aux femmes et surtout faire tout pour qu'elles s'affranchissent. h déjà intellectuellement et c'est vrai que comme elles sont quand elles sont des sentiments, il y a vraiment un passé euh sur les femmes et puis sur les femmes qui choisissent de ne pas avoir d'enfants ou les femmes qui choisissent de pas se marier, les femmes qui ont autre chose à faire et c'est pas du tout des femmes ratées parce qu'il y a beaucoup de livres qui sont sortis sur cette questionl c'est pas des femmes qui ont ou des des femmes qui ont des problèmes. Ce sont des femmes qui ont eu envie de de voilà de faire d'autres choses qui avaient des désirs de création, des désirs d'entreprise, des désirs de voyager.
Il y avait des femmes comme Chissen Bar, comme Mayard, Anita Conti qui montait sur les bateaux pour photographier la mer, enfin voilà, il y avait et souvent on a mis les femmes surtout du côté domestique. Donc ce qui est important je pense c'est que les femmes puissent comme les hommes et bien inventer leur vie, créer leur vie et pas obligatoirement dans le schéma. Alors, ce qui est sympathique quand on vous regarde parler, c'est que vous le faites avec le sourire et avec une énergie incroyable.
Vous prenez plaisir aux choses, Marie-Rose ? Ah bah oui, moi j'ai quand même je suis très secret. Oui oui, je crois que alors c'est une auteur qui m'a dit, c'est une auteur l'autre fois qui m'a dit "Non mais Marie- Rose en fait, je pense que toi tu as Dieu dans ton cœur parce que tu es pas tu as gardé de l'enthousiasme." Mais c'est vrai mais ça c'est presque voilà euh c'est presque parce que vraiment ce métier de dans les livre, ce métier libraire m'a rendu libre et je suis très je suis très ému de savoir que par un métier qui était quand même qui demandait de la rigueur, c'est comme médecine, c'estàd que pendant 10 ans, il faut apprendre à lire, identifier les textes, la langue, connaître les catalogues, le le le la construction des catalogues éditoriaux.
Quels sont les grands livres importants chez Bourgois, chez minuit dans la découverte. Donc c'est un savoir qu'il faut quand même conquérir et euh voilà construire. Et quand vous avez fait cette route voilà en tout cas dans une librairie, ce que ce qui m'a beaucoup ému, c'est les rencontres évidemment d'écrivains, de lecteur de de mais aussi d'être porté sans cesse par la création.
Et donc ça ça rend quand même voilà ça vous ça vous fait devenir libre et vous connaître davantage et choisir. Est-ce qu'il y a une femme qui vous inspire plus que les autres ? Alors les femmes qui m'inspirent plus que les autres.
Ah oui oui a plusieurs qui ben moi j'aime bah pourtant elle était très opposé à moi quand j'ai vous évoqué tout à l'heure c'est Lindalé Natasha Pana Marianne Dia qui sont des grandes amies maintenant Lindal est décédé c'est des rencontres pour moi de femmes écrivins vraiment qui m'ont impressionné qui m'ont impressionné parce que je trouvais qu'elles avaient euh euh c'était elles écrivaient comme elles respirait c'était ça s'est imposé à elle et elle n'avait pas en rajouté D'ailleurs, elles sont très très discrètes, elles parlent tout doucement et j'avais j'étais très impressionné justement Marqu très très doucement et je dis toujours "Oh, j'aimerais bien parce que du coup on tend l'oreille." Ah ça c'est l'apage des grands patrons d'habitude. Il parle tout [rires] doucement.
Alors moi je suis là tout le temps prêt pour que tout le monde les écoute. Personne ne parle. Voilà.
Alors et elle parle tout doucement et donc on est attentif pour chacun de ces mots. Voilà. Bon bah c'est c'est je trouve que c'est voilà elles ont beaucoup elles ont ce sont des vrais écrivains.
Il y a des femmes comme Virginia Wolf évidemment il y a des modèles de grande dame Virginia aussi très très joli film sur elle the HS hein que je que je recommande absolument aux auditrices aux auditeurs qui c'est très important. Bon, c'est elle qui a fait une chambre à soi. C'est un livre important pour les femmes.
C'està-dire qu'elle dit "Voilà, faut que vous gagnez, elle a disait 30 chilling." Enfin, je sais plus, fallit indépendance financière financière d'abord et après et d'avoir un lieu à soi pour pouvoir voilà quand vous voulez vous abstraire de tout ce qu'on attend de vous, ben vous avez quand même un lieu où votre vous gérez votre solitude et on appelle ça la charge mentale aujourd'hui. Voilà.
Exactement. [rires] Exactement. Bon, voilà, si vous aviez un petit conseil à une jeune femme comme ça de je sais pas 20 ans qui débarque dans la vie, qui veut faire comme vous, ça serait quoi votre premier conseil ? dans la librairie, dans le monde du livre ou dans le monde en général.
Bah moi, je trouve que bah déjà faut essayer d'aller vers des personnes. Bon, faut lire parce que ça c'est une grande source d'inspiration. Par exemple, moi j'étais très touchée quand à 12 ans j'ai lu l'écume des jours, j'ai dit c'est dans ce pays-là, je savais pas trop.
C'est dans ce pays-là que je voudrais vivre. Et quand j'ai je suis arrivé à Montmartre, quand j'ai appris qu'il habitait à Montmartre et que je sais son parcours qui a été Boris Viant en fait en ce moment là les 80 ans de l'écume des jours quand je sais qu'il a été si peu reconnu au fond et j'ai il est étudié à l'école il est maintenant il est institutionnel maintenant il est même traduit dans 80 pays et tout mais mais il a il a il a il a il y avait des livres fusés il est mort en regardant un film il a une crise cardiaque il ce film il n'était pas distribué enfin il a eu beaucoup d'épreuves on a c'est sa femme femme Ursula vient travaillé danseuse qui a travaillé à faire reconnaître cette œuvre et elle a fait rayonner. Donc quand je suis arrivée à mon je dis ah là mais moi je suis avec les auteurs que j'adorais Boris Viant Préver mais aussi Éric Sati ou puis aussi des grands artistes he Picasso Picasso les surréalistes.
Voilà et moi je me suis dit j'ai mis ma librairie sous la signe de ces de ces ans qu'on appelait de l'ende dehors. Alors votre librairie des abe c'est vraiment le lieu emblématique du quartier pour les amoureux de la littérature pour les lecteurs exigeants, pour les gens qui flanent. Vous êtes un repère à Montmartre ?
Oui, c'est je me suis inscrite dans la dans l'affiliation de la culture de ce Montmartre. Pas du tout dans un sens nostalgique. Au contraire, j'ai essayé de faire une librairie.
Je me disais si aujourd'hui Jacques Préver rentrait dans ma librairie, est-ce que qu'est-ce quelle librairie il aimerait trouver ? Donc j'ai pensé toujours à eux. D'ailleurs, je suis je pense toujours aux écrivains que j'admire.
Par exemple, Annie Lebrin qui est décédé il y a pas longtemps, c'était elle me parlait des auteurs de l'an dehors. Et moi je me suis dit ben quand j'ai créé ma librairie, j'ai dit c'est pas une librairie de plus. Je voulais que ce soit une aventure.
Je voulais apporter quelque chose au monde du livre qui m'a beaucoup apporté, qui m'a fait advenir enfin de venir moi-même. Et euh et je voulais aussi voilà soutenir les auteurs qui n'étaient pas toujours éclairés mais qui innovaient beaucoup dans l'art puisque j'étais près des surréalistes, près du bateau Lavoir où l'art moderne s'est inventé. Donc je voulais créer un prix de plus mais pas de plus.
Voilà. Euh pour essayer de soutenir ces auteurs qui sont moins éclairés mais pourtant très importants. Ouais, ils sont tout aussi importants.
C'est important effectivement de le dire. Parlons femmes, c'est la voix des femmes qui s'engagent hein. Vous l'aurez compris, on est sur Sud Radio, on est avec votre caméra, elle est là vous.
On est avec Marie Rose Gner à la tête de la librairie des abaes, présidente du privé pl à l'initiative de la fête de la librairie indépendante. Reste avec nous surtout à tout de suite. La Caisse [musique] départne île defance fière de soutenir toutes les femmes vous présente Sud Radio parlons femmes.
Juditth Bre quand on parle femme on parle en même temps. C'est ça he les femmes. On parle vrai sur Sud Radio donc vous l'aurez compris c'est parlement femme.
Vous êtes en compagnie de Marie Rose Guarnierie qui est à la tête de la librairie des abaiss, présidente du privé plaire. Donc vous êtes à l'initiative aussi Marieose. Vous êtes aussi à l'initiative de la fête de la librairie indépendante en France.
C'est votre association verbe qui organise tout cela. Alors on va commencer par cette fête de la librairie quand même parce que j'ai dans mes mains, vous m'avez apporté pour ceux qui nous regardent sur YouTube, vous pouvez voir le très très joli livre que j'ai dans les mains. C'est vous qui l'avez édité.
C'est un livre sur Humberto Saba qui était poète et libraire à Triest. Et donc en fait le le concept de cette fête de la librairie indépendante, c'est que chaque libraire qui participe offre ce livre avec une rose. Une rose oui parce que l'origine de cette journée, ça m'a été soufflé par deux personnes peut-être que vous connaissez.
Il y a Dan qui était chanteuse, actrice de la nouvelle vague et qui était rosiériste. Et c'était ma voisine. Adorais Danier.
Danier c'était mon ami. J'ai même fait son livre. J'ai été sa pour son livre.
On a des choses encore mais ou et Rodill Rodill qui est le parolier que vous savez Julien Clair et tous les deux un jour de fête m'ont dit "Mais pourquoi vous tu fais pas la Saint-Jordie Marie Rose avec Danis et Daniel était de Perpignan donc elle connaissait bien la Saint-Jordie parce qu'elle était prête d'Espagne et sa mère était catalane. C'est une inspiration catalane. C'est ça.
Catalane. Et donc cette et ils m'ont expliqu et alors j'ai fait une recherche et dans ce coup j'ai découvert le soir même en rentrant chez moi, je dis bon les deux là c'est c'est joli parce que je voyais un livre autre je trouvais ça très beau. Et donc je commence à regarder, je m'aperçois que c'est une fête importante qu'il y avait 80 pays qui faisaient cette journée et surtout Rodagil m'avait glissé dans l'oreille.
Il m'a dit sous le franquisme, c'était la seule journée où nous les intellectuels, on pouvait sortir dans les rues avec des livres et des roses. Mais nous c'était pour dire retour à la démocratie, retour à la liberté de publication, retour enfin c'était une journée de lutte mais libre pour eux. Donc liberté votre maître moi.
Voilà. Alors donc je disais voilà, c'est intéressant d'abord dans l'année éditoriale de faire connaître davantage la culture et l'histoire du livre mais aussi de faire connaître le métier de libraire parce que souvent les gens me disent "Ah vous avez pas tout ici. Ah vous payez les livres.
Ah mais euh bon voilà, il y avait beaucoup de choses qui faisaient que je trouvais que les gens c'était je voulais essayer de ils se rendent pas compte qu'en fait quand c'est comme excusez-moi de vous de c'est imprimeur quand il vendent des des oranges, il les a payé avant de les vendre. Et ben un libraire c'est pareil, on les achète avant. Voilà, on les choit, on les achète aussi.
Alors vous les achetez évidemment à moindre coup pour pouvoir gagner votre vie derrière un petit peu mais la marge est pas folle. On libraire. Ouais hou et en plus en ce moment c'est compliqué.
Voilà, on est il y a un moment c'est un moment très compliqué parce que le rapport à la à le rapport à l'écrit par exemple, il y a des chiffres qui viennent de sortir du du Centre national du livre, une étude qui nous dit que la lecteur moyen lit 5 livres par an et là on est à deux livres par an. Donc nous on sent quand même ce décrochage parce que les gens sont dans une sorte de très sollicité. C'est très sollicité.
On a tous du mal à suivre. Enfin moi par exemple, je les ai beaucoup plus, ça va. On va pas se mentir non plus.
Après bon, on fait des métiers aussi mais c'est vrai que on a cette ce ce cet écran qui nous accapare et qui fait que finalement bah on oublie l'objet et ce [grognement] qui est quand même très beau et ce qu'apporte la lecture d'un livre sur du long terme, c'est un objet aussi hein. Voilà et c'est un bel objet. Voilà nous nous bon les livres que j'ai dit avec mon partenaire qui est Antoine Galimar la librairie les éditions Galimar on les salue on les remercie parce que c'est eux qui assure la distribution dans les 700 librairies et sachez que il y a une chose bouleversante pour moi aussi c'est que la Belgique francophone fait la journée que j'ai inventé et les Suisses francophones aussi c'estàd que quand même vous avez une grosse impulsion internationale enfin internationale mais quand même voilà c'est c'est une journée donc où chaque libraire effectivement s'approprie ce les libraires c'est des passeurs de cultur Oui, c'est des gens engagés, c'est des c'est des gens quand on vous écoute, on voit que ça vous fait battre le cœur quoi.
Bah oui, c'est très très particulier comme métier. C'est un métier très particulier. Il y a une et je voulais parler aussi de la métaphysique de la librairie, ce qu'elle apportait à l'esprit, ce qu'elle changeait en vous.
Parce que par exemple, vous classez toute la journée des livres, vous vivez quand j'ai pour je me suis dit quand j'ai commencé dans ce métier, j'ai dit c'est marrant, je suis très contente dans une librie. Je sais pas pourquoi je suis apaisée de quelque chose que j'ignorais. Je savais même pas mettre des mots sur pourquoi c'était apaisé.
Et j'ai compris un jour, mais beaucoup plus tard, beaucoup avec beaucoup d'années de métier, qu'en fait ce qui était bouleversant dans la librairie, c'est que il y avait pas de mort. H les vivants et les morts vivous les nousous coexistons je parle de Kafka un jeune qui me demande oui Kafka alors je parle de Kafka Dun ce coup je rentre je range Hervé Gibert et là j'ai des images d'HV Gibert et j'en parle les gens me les demandent et pour nous ils sont aussi vivants et on on cesse on ne cesse pas de les de les faire venir de les conseiller de les avoir autour de nous et ce monde me protège m'a beaucoup protégé de toutes les les questionnements qui pouvaient se poser à moi parce que j'étais pleine de leur compagnie et de leur vie tout à fait singulière parce que ils ont pas j'avais chez les écrivains Violette le Duc des gens qui avaient eu des enfants des familles détraquées et qui avaient fait des choix qui étaient pas ceux de la norme et être quand je pense à Jean jeunet j'ai tout de suite comme un compagnon à mes côtés voilà et je ne cesse de d'être ému. C'est comme si je vivais un peu dans un ciel qui sont remplis d'écrivains vivants et morts mais je suis très engagée sur les auteurs vivants aussi.
Alors justement, il y a le prix Vlair que vous avez initié aussi. C'est un des prix littéraires les plus singuliers parce que vous vous récompensez pas les grandes œuvres qu'on voit partout. C'est des inclassables.
Ouais voilà c'est ça. L'idée c'était de chercher des alors déjà il y a on a changé les règles. C'est peut-être des auteurs qui sont un peu snobés aussi par littéraire.
Voilà, parce qu'ils sont pas dans les c'est pas des gens de réseau, c'est des écrivains total qui sont vraiment engagés dans la littérature et donc pas du tout pas toujours de savoir faire pour se faire repérer. Et par contre c'est des gens qui écrivent totalement entièrement et la chose on a changé la règle du jeu. C'estàd que quand même le jury est intégralement renouvelable et c'était déjà le premier symptôme que je soulevais c'était de dire bon c'est des c'est aussi des lecteurs.
J'ai la moitié de j'ai deux journalistes, un libraire qui qui vient avec nous chaque année et des très très grands lecteurs. Une détenue de la prison de reine des femmes qui sont là-bas à Renne. B elle a le temps de lire quoi ?
Bah oui, elle reçoit. Et puis moi ce qui m'aimeux, je me suis dit si moi j'étais en prison, je serais très heureuse de recevoir et reçoivent 130 livres et la fille dans sa cellule quoi faire dans la cellule elle reçoit tous les jours. Voilà, elle reçoit euh tous les jours, elle a des courriers.
Vous savez que tout ce qui vient de l'extérieur pour une femme qui est en prison et là-bas, c'est des prisonnières de longue peine. C'est des c'est des femmes qu'on tué et tout. Donc elles refont des études, elles elles sont c'est vraiment un endroit extraordinaire pour voilà pour que ce soit cette peine qui la leure ben puisse les amener à pouvoir regagner la société civile.
Qu'est-ce qui vous qu'est-ce qui vous motive Marie-Rose ? Parce que quand on vous entend, vous avez une espèce de feu sacré comme ça qui est assez impressionnant. Alors ce qui me motive c'est que j'ai des causes.
J'ai une cause qui bon bah va déjà celle de ce métier parce que j'aimais pas du tout comment on parlait des libraires. En fait on en parlait toujours avec le coup de cœur. Oh les libraire ils ont oh le coup de cœur du libraire parce que j'ai travaillé à la télé avec Michel Phil tout ça disit bon Marie Rose ton coup de cœur et je dis bon j'ai pas que du cœur j'ai aussi de la pensée.
J'ai une cerveau. Voilà j'ai un cerveau j'ai et puis il y avait une condescendance ce bon petit libraire qui ne gagne pas sa vie. il y avait une condescendance et tout ça.
Je voulais débarrasser le regard qu'on avait sur les libraires et qui eux-mêmes des libraires eux-mêmes parfois entrent dans ce pas volontairement d'ailleurs, ils se disent "Bon bah c'est par là qu'on nous donne la parole, donc on va jouer ce rôle-là." Donc il y avait le côté je voulais aussi faire connaître ce métier dans tout ce qu'il a de complexe. C'estàdire c'est c'est des gens qui ont un grand rôle dans la vie social.
Moi j'ai des gens qui viennent tous les jours me voir pour m'acheter une carte postale parce qu'ils ont besoin de parler ou ils ont acheté une tranche de jambon un et et ils vont qu'ils passent dans la librairie parce qu'ils savent qu'on les connaît qu'on va parler avec eux. Donc il y a un rôle un un rôle social très important. Il y a aussi essayer de mettre à la portée des gens une diversité de éditorial là où tout se concentré ça la biblioders non c'est ça là où tout le monde est en train de se concentrer.
Les mêmes informations euh les mêmes figures qu'on monte et où les gens sont il est important de savoir qu'on a une chance en France grâce à la loi langue. Je sais qu'il faut plus prononcer ce nom mais il a fait des trucs bien avant d'en faire. Il a fait il a fait voilà, il a créé une loi avec Jérôme Lindon des édition de minuit.
Ils ont eu cette intuition. Ils ont vu que les disquè avaient disparu en l'espace d'un an. Donc ils ont dit il faut absolument protéger sortir la le monde du livre qui est notre ADN en France parce qu'on a beaucoup de libraires quand même en France.
Donc et c'est une chance. Ça veut dire beaucoup de libraires, beaucoup de diversité éditoriale et beaucoup de petits éditeurs et beaucoup de créations qui vivent et qui ont des espaces pour exister. quand un un cinéaste n'a pas de distributeur, son film n'existe pas.
S'il a deux salles, son son film nous, il y a plus de 5000 libraires en France, donc moi je 700. Donc la littérature se porte pas si mal que ça quand même. Bah on est dans le pays du livre he quand même, il a une chance énorme.
On a une chance énorme, c'est que quand même le livre a encore une grande valeur pour notre pays. Maintenant on pense que c'est indu et que c'est acquis et c'est pas vrai. C'est une conquête de chaque instant.
Moi je tous les jours, moi je croyais que après toutes ces années de librairie, je dis bon bah maintenant je vais un peu souffler mais pas du tout. C'est encore je suis encore plus sur la barricade que au début quand j'ai commencé parce que effectivement il faut que ce soit vivant. Il faut qu'on essaie d'éclairer des livres importants qui soient pas écrasés par ceux qui que dont on entend parler qui sont des livres qui vous nourrissent pas, qui vous font pas avancer, qui vous éclairent pas et qui voilà qui sont des récits qui sont des des donc voilà donc nous on a quand même essayé de défendre ce qui est le la langue la pour en revenir un tout petit peu à vous avant de terminer cette émission, vous avez quand même dit que vous agissez pour rendre au livre ce qu'ils vous ont apporté.
Ouais, beaucoup. Bah oui, bien sûr. J'ai une dette moi.
Je suis une Pourquoi vous avez vous venez d'où ? Comment vous êtes tombé là-dedans ? Ah bah moi, je suis tombée bah j'aimais les livres, j'aimais l'école, j'aimais les livres mais en tout cas bon mes parents, ma mère était italienne donc à Paris à Paris.
Sont venus à Paris avec cette ce désir de de de maîtriser la langue aussi, non ? Voilà. De maîtriser la langue.
Ma mère, elle écorchait, ça me ça m'agaçait et tout [grognement] mais et puis elle a tenu à garder accent tout à quand et c'est et c'est des mes parents qui sont venus en France, je pense qu'ils ont quitté toujours chez les gens quiigrent. On pense que toujours que c'est toujours ils ont toujours un secret familial. Ils ont ils sont venus pour des raisons euh économiques, on croit, mais en fait il y a des raisons beaucoup plus secrètes.
Et donc j'avais moi ma mission, j'ai je me suis sentie cette mission enfant, c'était de les réhabiliter, de leur dire "Vous avez fait le bon choix et vous allez voir que ce pays que vous avez choisi, Paris en plus que vous avez choisi et bien c'est un pays que vous avez bien fait de me faire naître ici parce que c'est un endroit où je vais pouvoir sûrement euh réaliser ce que vous vous avez espéré en venant." et eux n'ont pas réalisé tout ce qu'ils attendaient. Mais je crois que dans leur prolongement, je crois que j'ai essayé de comme ne les je c'est pour ça que je parle beaucoup, je dis toujours moi je parle pas seulement pour moi, je parle pour deux personnes.
Euh je parle pour moi et ma mère. Voilà, je j'ai deux j'ai deux j'ai deux une défense à faire aussi, c'est celle de ces personnes qui n'osaient pas parler, qui faisaient attention. Hélas Marie Rose qui était étranger.
On a fini, on a fini. On non, on a pas du tout fait le tour. On aurait pu parler encore bien longtemps. [grognement] Euh mais je rappelle quand même que vous êtes à la tête de la librairie des abesses à Paris.
Donc pour ceux qui sont pas Paris, hésitez pas à vous baletter à Montmartre et venir voir cette librairie qui est incroyable où on peut trouver en fait tous les styles de littérature. Oui, il y a un choix quoi. Il y a un choix de livre bien édité quoi.
Et puis le prix du vplire, ça c'est important aussi ce prix Vlair, bah qui récompense ceux qu'on voit moins aussi. 15000 € tous les ans à des auteurs qui vendent pas beaucoup mais qui qu'on fait reconnaître et qui ont tout de suite une place grâce à ce travail qu'on effectue parce qu'il est maintenant ce prix à une grande valeur sur le plan de découverte. On est un peu comme la quizateur et surtout il y a 700 libraires qui seront samedi 25 avril sur toute la France qui vont ouvrir vos portes 25 avril samedi 25 avril de la librairie indépendante.
Voilà vos libraires vont livre et votre rose oui puis ils seront vos interlocuteurs, ils ont envie il y aura des lectures, des rencontres avec des écrivains, des jeux enfin ils font plein de choses obligé de se quitter. Merci beaucoup Marie Rose. C'était Parlons femmes sur Sud Radio.
Merci d'avoir été avec nous. Un grand merci à Julien pour la réalisation. On se retrouve samedi prochain 13h30 et puis demain vous le savez 19h c'est excellent.
Très belle suite de journée sur Sud Radio. Bisous. Merci.
Sud Radio [musique] parlons femmes. Juditth Bellaire avec la Caisse d'Épargn Île-France.