Aurélie Trouvé présente la motion de censure déposée par LFI contre le gouvernement Lecornu
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Chapitres
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Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Aurélie TrouvéChiffre
« Il a volé par 4932 années de retraite aux Français. »
- 3:00Aurélie TrouvéChiffre
« La baisse des pensions de 17 millions de retraités de 300 € en moyenne par an. »
- 4:05Aurélie TrouvéChiffre
« Ce budget nous fera terminer l'année avec les pires résultats économiques des puissances européennes. »
- 5:00Aurélie TrouvéChiffre
« 30 milliards de nouvelles coupes budgétaires et évidemment un très grave effet récessif. »
- 6:05Aurélie TrouvéChiffre
« Amputez de 84 % le budget dédié à la sortie des pesticides. »
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Madame la présidente, chers collègues, monsieur le premier ministre, savez-vous ce qu'est un moine soldat ? Un homme qui mène une guerre sacrée, qui croit servir une cause supérieure et qui pour cela brûle tout sur son passage ? C'est bien ce que vous êtes.
Vous l'avez dit vous-même, vous êtes un moine soldat, celui de monsieur Macron. Vous servez un pouvoir minoritaire persistant et pour ça vous saccagez les fondements mêmes de la démocratie. Le président Macron impose désormais son pouvoir contre la volonté du peuple.
Il n'est plus garanté une seule fois la colère qui s'exprimait dans les rues et sur les ronds-points. Il a volé par 4932 années de retraite aux Français. Il a décidé tout seul d'une dissolution de l'Assemblée nationale puis a ignoré le vote des Français.
Battu dans les urnes, il a poursuivi une politique rejetée par le pays et il s'arroge à nouveau le droit de désigner un gouvernement de vaincu. Nous sommes en ce moment même un tournant de l'histoire, la politique néolibérale en faveur des riches et des multinationales, celle de monsieur Macron, est massivement rejetée par le peuple. Elle ne peut continuer qu'en étant imposée contre le peuple.
Nous y voilà. C'est le néolibéralisme autoritaire et vous en êtes le moine soldat. Monsieur le Premier ministre, avec vos pauvres armes.
Faites de tractations de couloirs, de discussions secrètes, de d politicien méprisables. Vous trahissez l'esprit de la République et son principe premier. le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.
Dès lors, ce n'est pas vous l'enjeu, monsieur le Premier ministre, c'est la France. Chers collègues, censurer aujourd'hui, c'est exprimer notre attachement viscéral à la démocratie. C'est sauver la République du fanatisme de ceux qui prétendent aimer la France tout en la mettant sous tutelle.
C'est dire à nos concitoyens que leur voix, elle compte encore, qu'ils peuvent être respectés et qu'en ce lieu la conscience républicaine n'est pas morte. Monsieur le Premier ministre, comme moine soldat de monsieur Macron, vous avez participé pendant 8 ans au sacage de notre économie. Il n'y a jamais eu autant d'entreprises qui ferment.
Les salaires, les investissements productifs chutent. Les souverainetés industrielles et alimentaires sont en très graves danger. Les fins de mois des Français deviennent insoutenables.
Vous avez dévasté l'économie du pays et votre budget que vous dites sérieux, fiable va amplifier le désastre. Les instituts économiques le prédisent. Ce budget nous fera terminer l'année avec les pires résultats économiques des puissances européennes. 30 milliards de nouvelles coupes budgétaires et évidemment un très grave effet récessif.
Par la baisse du pouvoir d'achat de toutes les classes populaires. Ce sera un sacage pour les centaines de milliers d'auto-entrepreneurs qui devront désormais payer la TVA. Un sacage pour les TPE du bâtiment qui subiront de plein fouet la nouvelle baisse des aides à la rénovation énergétique des logements.
Et tant d'autres, les agriculteurs qui subissent les traités de libre échange, boulanger, bouché face à la hausse des factures d'énergie, votre politique dévaste la production et des millions de petites entreprises. Tous les budgets qui font l'unité de notre nation seront amputés, ceux du logement, l'aide alimentaire ou encore le budget des outremères avec une baisse de 200 millions d'euros. Ce sera aussi un sacage de notre planète et de notre santé.
Vous amputez de 84 % le budget dédié à la sortie des pesticides et dans le même temps, les gens qui souffrent de cancer liés à ces pesticides, et bien ils devront payer encore bien plus cher pour se soigner. Votre budget reliève d'une forme de dévotion, une dévotion cruel, une dévotion au marché financier et à la dette qui ne peut pas finir entrem sacage. Alors, je le dis à tous ceux qui ont été élus pour rompre avec le macronisme, ce sacage budgétaire aura lieu si nous ne s'ensurons pas. 1493 certes, mais le moindre soldat emprêtera bien d'autres chemins pour réussir sa mission à commencer par les ordonnances.
J'en viens maintenant au cœur du débat de ces derniers jours, la réforme des retraites et son devenir. Ne nous y trompons pas, mes chers collègues. Si ce gouvernement demeure, il poursuivra la démolition de notre système par répartition.
Car la suspension annoncée n'est qu'un l'heure, une tromperie, un subterfuge, au mieux, un très bref report glissé par un amendement budgétaire. dont rien ne garantit la présence dans le texte final. Et même s'il s'y trouvait, cet amendement confirmera, actera la retraite à 64 ans.
Cet amendement sera payé très cher par les retraités. La baisse des pensions de 17 millions de retraités de 300 € en moyenne par an. Et cet amendement sera noyé dans un budget de destruction de la protection sociale.
Entendez bien, doublement des franchises médicales baisse des allocations de 13 millions de familles, de plus d'un million de personnes en situation de handicap, BSD APL de 300000 étudiants. Et pour faire passer cet amendement de petit décalage de la réforme des retraites collègues socialistes, il faudra voter tout le budget de sécurité sociale, voter par exemple la remise en cause de l'aide médicale d'État. Et ça vous ne le pouvez pas et vous le savez.
Enfin, cette grâce de monsieur le cornu rouvrira la voie à la retraite par capitalisation par la conférence sociale. Alors vraiment, si cette pseudo suspension des retraites est une victoire, c'est bien pour le président et pour tous ceux qui le soutiennent. Mais vous tous qui avez été élu pour abroger la réforme des retraites vent vous vraiment vous laisser abusé par cet hommone en trompleœuil.
Chers collègues, il n'y a que deux options ce matin. Continuer le macronisme et le néolibéralisme ou bien rompre avec eux. Les Français ne veulent plus du chaos des marchés.
Ils veulent un état qui protège. Ils veulent la sécurité, celle du quotidien, pas celle qui fait de l'étranger un bouquaire. Ils veulent un travail qui permet de vivre.
Un médecin à moins de 30 minutes, une école qui n'abandonne aucun enfant. Ils veulent que la République reprenne la main, que les besoins humains l'emportent sur ceux de la finance. Ils veulent la souveraineté populaire face aux féodalités économiques.
Alors, arrêtons maintenant de liquider les ressources du pays pour enrichir la finance. Le monde change. C'est maintenant qu'il faut investir des dizaines de milliards d'euros dans la relance écologique et sociale.
Maintenant qu'il faut transformer notre production, maintenant qu'il faut censurer. Censure, retourne aux urnes. C'est le seul espoir d'un souffle nouveau, le seul espoir de régénérer notre contrat social.
Voilà le sens profond du vote de 2024 et du programme de rupture du Nouveau Front populaire grâce auquel nous avons été élus et grâce auquel nous avons gagné. [Applaudissements] Enfin, je veux dire au millions de gens, aux travailleuses, travailleurs qui ont combattu la réforme des retraites en faisant grève et en manifestant. Oui, c'est grâce à vous et seulement vous si la volonté d'abroger la réforme des retraites reste aussi majoritaire dans l'Assemblée nationale et dans le pays.
Et à vous tous qui avez fait grève et avez manifesté, je vous dis ne vous trahirons pas. Nous continuerons le combat et nous censurerons. Respectons le mandat de nos électeurs.
Pensons à l'espoir que nous avons soulevé. Il est des moments où l'attentisme devient de la lâcheté et nous y sommes. Jean Jorès disait le courage c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel.
Je m'adresse ici à tous ceux qui se disent héritiers de Jean Jorè montrer ce courage et censurer. Merci beaucoup madame la députée. [Applaudissements]
Aurélie Trouvé