Marine Le Pen inéligible : le point de vue de Pascal Perrineau
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Questions et réponses
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Comment qualifiez-vous ce jugement qui impacte la vie politique française ?
- 3:01OuverteRéponse directe
On parle de séisme, de coups de tonnerre... Ces termes sont-ils justifiés ?
- 4:47OuverteRéponse directe
Est-ce qu'ils n'ont pas intégré les nouvelles règles sur le financement de la vie publique ?
- 5:00OuverteRéponse directe
Elle reste mobilisée. Quel récit peut-elle livrer à ses électeurs ?
- 7:38OuverteRéponse directe
Croyez-vous à une mobilisation dans la rue de l'électorat RN ?
- 8:46OuverteRéponse directe
Quel récit Marine Le Pen peut-elle livrer à ses électeurs sur cette condamnation ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Elle était hier au JT de TF1, elle a été suivie par 8 millions de téléspectateurs. »
- 2:45Invité politiqueChiffre
« 40 contrats signés par 11 euros aux députés pour un montant de 4,4 millions d'euros. »
- 7:15Invité politiqueChiffre
« 6 Français sur 10 pensent que la condamnation de Marine Le Pen ne constitue pas un handicap pour le RN. »
- 7:25Invité politiqueChiffre
« 65% ne se disent pas choqués par ce jugement. »
- 8:12PrésentateurChiffre
« Il ne faut pas oublier qu'il y a 13 millions d'électeurs du RN. »
Temps de parole
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Bonjour Pascal Perrineau. Bonjour. Le jugement dans l'affaire dit des assistants parlementaires du FN est tombé hier midi. Marine Le Pen est donc condamnée à 5 ans d'inilligibilité avec exécution provisoire, 4 ans d'emprisonnement de ferme, avant que vous réagissiez. Je voulais vous proposer, elle s'exprimait il y a quelques minutes lors d'une conférence de presse.
Et tous ceux qui n'ont que l'état de droit à la bouche sont en général ceux qui sont les premiers à chercher à violer cet état de droit. Ils nous ont volé les législatives par des manœuvres scandaleuses. Que les choses soient très claires, on ne laissera pas les Français se faire voler l'élection présidentielle.
Qu'avez-vous pensé ? Ça y est, Marine Le Pen est sur le ring, elle veut combattre. Elle était hier au JT de TF1, elle a été suivie par 8 millions de téléspectateurs. Comment vous l'avez trouvée là ? Comment vous l'avez trouvée hier combative ?
Elle est en effet extrêmement pugnace. Elle ne s'attendait pas à cette décision de justice. Elle s'attendait tout de même à être condamnée, bien qu'elle plaide depuis des mois et des mois l'innocence totale. Elle s'attendait à être condamnée, mais pas avec cette exception d'exécution immédiate. Et on l'a vu hier, on le voit là. La pugnacité est à la hauteur de la surprise qu'a été la sienne hier, lorsqu'elle a vu en effet qu'on allait demander l'exécution immédiate de la peine. Comme la loi le prévoit, ça n'est pas illégal. Elle cherche à retourner, on le comprend, elle fait de la politique, en disant c'est eux qui violent l'état de droit. Non, le droit a été appliqué.
Il a été appliqué avec beaucoup de sévérité, c'est vrai. Mais il a été appliqué et on ne peut pas s'insurger contre l'autorité de la chose jugée. Parce que si on va vers cela, attention, là on sort véritablement du jeu démocratique. La démocratie, c'est l'indépendance du pouvoir judiciaire. La démocratie, c'est le respect de l'autorité de la chose jugée aussi. Simplement, une telle décision a forcément un impact politique. Ça ne veut pas dire que la décision est politique. Ça veut dire qu'il y a un impact politique dont les trois juges qui ont pris la décision avaient certainement confiance. Mais ça n'est pas un procès bâclé. Il y a eu deux mois de procès.
Il y a des enquêtes depuis des années et des années. Le système de financement, occulte presque, du Rassemblement National a été mis au jour. Et voilà, les juges ont décidé d'appliquer.
40 contrats signés par 11 euros aux députés pour un montant de 4,4 millions d'euros. Comment vous qualifiez ce jugement qui impacte la vie politique française ? Ce matin, dans la presse, on parle de séisme, on parle de coups tonnerres, de ongles de chocs, de jours sombres pour la démocratie. Ça sont les termes de François-Xavier Bellamy hier.
Oui, je crois que c'est un peu excessif. Pourquoi ? D'abord parce que la France, dans la période récente, a connu déjà des problèmes de ce type. Souvenons-nous, en 2004, lorsque la cour d'appel de Versailles, si la mémoire est bonne, condamne Alain Juppé pour une question déjà d'emploi fictif. Vous voyez, ce n'est pas si nouveau que cela. Cette affaire de condamnation sévère vis-à-vis de politique sur des emplois fictifs. Eh bien, Alain Juppé, la carrière d'Alain Juppé est une carrière qui a été brisée. La carrière politique stricto sensu. Quelques années plus tard, c'est la même chose pour François Fillon. En pleine campagne présidentielle. Là aussi, pour des emplois fictifs.
Et en particulier, l'emploi fictif vis-à-vis de son épouse, comme attaché parlementaire. Dans un registre différent, lorsque Dominique Strauss-Kahn, un an avant l'élection présidentielle, pour une affaire d'un autre type, cette fois-ci, est écarté. On écarte un candidat dont tout le monde disait qu'il allait devenir le président de la République française.
Et qui avait eu aussi une bonne cote de popularité, puisque c'est un des arguments qui est évoqués.
C'est un des arguments pour Marine Le Pen aujourd'hui. Donc, si vous voulez, la situation n'est pas aussi exceptionnelle que cela. Ce que les politiques, d'ailleurs je crois assez largement, bien au-delà du seul cas de Le Pen, n'ont pas toujours compris, c'est que les règles qui concernent le financement de la vie publique, qui concernent la lutte contre la corruption, le détournement de fonds publics, toute cette législation s'est énormément renforcée. Et à juste titre d'ailleurs.
Est-ce qu'ils n'ont pas intégré ?
Est-ce qu'ils n'ont pas toujours intégré ? Surtout que cette affaire d'emploi fictif au Rassemblement National a commencé, si ma mémoire est bonne, vers 2009. Donc c'était il y a bien longtemps.
Elle reste, hier elle a dit, elle reste mobilisée. Elle a dénoncé, elle, donc une décision politique, un jour funeste pour notre démocratie, des pratiques qu'on croyait réservées au régime autoritaire.
Non, au contraire, c'est plutôt dans les démocraties que cela se pratique. Vous avez vu comment dans les dictatures, les vraies, comme celles de Vladimir Poutine, on traite ses opposants. Au mieux, c'est la prison, au pire, le camp ou la mort. Navalny a été bien placé. Nous en sommes loin. Et c'était, à mon avis, un hommage gênant rendu par Vladimir Poutine hier, parce que le premier soutien... Le premier soutien vient du Kremlin, en disant, en effet, que c'est un délit de démocratie. Alors, si vous voulez, quand un soutien vient d'un dictateur comme Vladimir Poutine, vous voyez, on est prudent. Et je crois que c'est plutôt, pour Marine Le Pen même, gênant plus qu'autre chose.
Ensuite, elle a eu le soutien de M. Musk, de M. Orban. Tout ça, ce ne sont pas des parangons de défense d'une démocratie saine et pluraliste. Quel impact ça va avoir sur son électorat ? Alors, dans un premier temps, je crois que l'impact ne sera pas majeur. Déjà, avant la décision, quand on mesurait l'impact électoral de M. Bardella, qui reste tout de même le plan B, eh bien, M. Bardella faisait peu ou prou à deux points après le score de Marine Le Pen. Donc, je ne crois pas qu'il y aura, dans un premier temps, de dépression électorale, tout au contraire, liée à cette décision de justice. Mais il faut faire attention.
Les premiers sondages montrent tout de même que le sentiment d'indignation totale que nous venons d'entendre, qui est celui de Marine Le Pen, n'est partagé que par environ 40% de Français. C'est-à-dire qu'il reste 60% de Français qui se disent « Il n'y a pas de fumée sans feu. Ils ont été punis parce qu'ils avaient commu un délit. » Alors ensuite, certains de ceux-là peuvent dire « Oui, c'est sévère. » Et en effet, c'est sévère.
C'est sévère. Effectivement, le sondage d'Oxa Bagbo-Nefigaro d'aujourd'hui, 6 Français sur 10 pensent que la condamnation de Marine Le Pen ne constitue pas un handicap pour le RN et ils pensent que l'image du RN ne pâtit pas de ce jugement. Et 65% ne se disent pas choqués par ce jugement. Le RN a indiqué qu'il allait appeler à la mobilisation, je cite, « populaire et pacifique », notamment dès ce week-end. Vous y croyez, ça, à une mobilisation dans la rue, de l'électorat ?
Qu'on appelle à une mobilisation populaire et pacifique, c'est la moindre des choses. Justement, nous sommes en démocratie. Heureusement que les responsables du Premier Parti de France appellent à une mobilisation pacifique. Ça me semble tomber sous le sens. Bien. Une mobilisation populaire, pour l'instant, ça se traduit par une pétition qui va certainement recueillir des centaines de milliers, peut-être des millions de signatures. Il ne faut pas oublier qu'il y a 13 millions d'électeurs du RN. En revanche, la mobilisation dans la rue, ça n'est pas tellement le pédigré, j'allais dire, des électeurs du RN. La manif dans la rue avec d'éventuels débordements...
Ça fait partie de leurs pratiques. Non, ça fait partie de leurs pratiques. C'est plus des pratiques et les filles. Voilà, c'est plus des pratiques et les filles, c'est plus des pratiques de la gauche politique ou syndicale. Et au fond, ces capacités de mobilisation ne sont pas le propre de cette famille de pensée.
Il va falloir peut-être que Marine Le Panne fasse un récit à ses électeurs de cette condamnation. Alors, on rappelle qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel, mais on a rappelé qu'il y avait 4,4 millions d'argent qui avait été détourné. C'est un parti qui a beaucoup parlé de main propre, qui, quand chaque, sur certaines personnalités politiques étaient condamnées, étaient en accord avec ses condamnations. Quel récit elle va pouvoir livrer à ses... Elle et Jordan Bardella, son électorat, sur ce thème-là, justement ?
Il faut que l'ERN trouve un récit tout de même crédible. Parce que ce qu'elle a présenté comme défense hier, de dire « nous sommes totalement innocents » au journal de TF1, je ne crois pas que c'est crédible, si vous voulez. Les juges n'ont pas fait n'importe quoi. On peut apprécier la nature de la décision qu'ils ont prise. Mais enfin, ils n'ont pas fait n'importe quoi. Il y a bien eu, au vu et au su de tout le monde, un détournement des fonds publics européens massifs vers l'ERN. Ça n'a pas permis d'enrichissement personnel, mais ça a permis, comme l'ont dit les juges, un enrichissement du parti. Sinon, c'était le parti qui aurait été obligé de payer tous ses collaborateurs.
Et quelque part, les juges le disent aussi, d'ailleurs ça a rompu un peu l'égalité entre les différents acteurs politiques.
Je pense que le Front National, l'ERN, avait des problèmes pour trouver des emprunts auprès des banquaires marines. Le Pen, elle dit, c'est un désaccord administratif.
Non, c'est plus qu'un désaccord administratif. D'ailleurs, je ne l'avais pas entendu dire ça lorsque le Modem, pour exactement le même type de motif, avait été condamné. On verra peut-être dans quelques semaines ou quelques mois, et les filles aussi être condamnées pour des pratiques similaires. Et d'ailleurs, ce qui est très étonnant, c'est qu'en effet, ce parti qui mettait la lutte contre la corruption au premier plan, très en avant, je me souviens de Marine Le Pen en 2013, disant, mais vous voyez, l'exécution provisoire d'une décision de justice, l'inégibilité temporaire, elle a pris cinq ans, ça n'est pas suffisant.
Il faut une illégibilité à vie, disait-elle, et à vie pour les détournements de fonds publics. Vous voyez ? Donc là, aujourd'hui, elle préfère certainement oublier cette surenchère qu'elle faisait sur le terrain de la lutte contre la corruption.
Alors, un Rassemblement national, sans doute affaibli par cette décision, mais par ce jugement n'est pas fini. Il y a l'option Jordan Bardella. Il est prêt, Jordan Bardella, ou c'est un peu prématuré pour lui, ce moment ?
Si vous voulez, c'est prématuré, parce que Jordan Bardella n'a pas le cursus politique de Marine Le Pen. Marine Le Pen, si elle était candidate, ça serait sa quatrième candidature à la présidentielle. Donc, elle a appris, elle a appris de ses relatifs succès et de ses échecs aussi. Marine Le Pen, elle a une vie professionnelle, c'est une avocate, etc. Jordan Bardella, il est très jeune, il a moins de 30 ans, il n'a jamais eu de métier en tant que tel. C'est un homme d'appareil qui a été formé dans l'appareil du Front national de la jeunesse et ensuite au Rassemblement national. Et il n'a certainement pas l'expérience des combats politiques et électoraux qu'a mené Marine Le Pen.
Donc, pour l'instant, mais voilà, il peut apprendre. Pour l'instant, il est certainement en position plus fragile que ne pouvait l'être Marine Le Pen.
Alors, elle a parlé de lui hier sur TF1 en parlant d'un atout formidable hier. Marine Le Pen a évoqué un scénario sur le plateau de TF1. Elle a dit que si jamais la justice l'innocentait après l'élection présidentielle, quid, elle a posé la question de la légitimité de celui ou de celle qui aurait été élue président ? Quel décryptage vous faites de cette phrase ?
Alors, en effet, elle prévoit le coup d'après. Elle prévoit un procès en illégitimité de celle ou de celui qui serait élu en 2027. Ce n'est pas la première fois que ça pourrait arriver. Déjà, par exemple, sous la Ve République, en 1969, le Parti communiste avait tenté un procès en illégitimité pour l'élection de Georges Pompidou. Bon. Et puis, je crois que si M. Bardel a été élu, ça serait étonnant que Mme Le Pen, voilà...
Elle visait plutôt...
Oui, bien sûr. Mais enfin, qu'est-ce que ça veut dire ? En dehors de moi, personne n'est légitime. Vous voyez bien que si une immense majorité du corps électoral se prononce, qu'un président ou une présidente est élue, il sera légitimé. Mais le RN et Marine Le Pen nous ont habitués, dans le combat politique, à ces procès en illégitimité. Elles considèrent, par exemple, aujourd'hui, que le président de la République est quelqu'un d'illégitime et qu'il devrait revenir devant ses électeurs. C'est la caractéristique des forces extrêmes, que ce soit Éléfi ou que ce soit le RN. Ils sont très pronds à parler d'illégitimité, sauf de la leur.
Est-ce qu'un tandem un peu inversé, cette fois, Bardella, Jardin Bardella en premier, Marine Le Pen en tant que conseillère, c'est un ticket qui pourrait fonctionner, ça ?
Ça me semble hautement problématique. Pour amener le Rassemblement National à la victoire ? Parce qu'il faudrait, si Bardella était élue, que Marine Le Pen soit en pleine capacité juridique d'être Premier ministre. Tout ça n'est pas évident. Comprenez, le Premier ministre, c'est tout de même celui qui dirige tous les fonctionnaires. Vous voyez mal quelqu'un de condamné diriger tous les fonctionnaires français. Donc c'est hautement problématique et ça s'apparente à un scénario fantaisiste. Scénario qui, d'ailleurs, est en général le scénario plutôt des dictatures. Souvenez-vous comment, par exemple, en Russie, entre Medvedev et Poutine, en effet, ils ont aversé les rôles.
Une fois, tu es président de la République, une fois, je suis Premier ministre et vice-versa. Mais en France, même avec toutes ces imperfections, on reste dans un cadre démocratique.
Alors, au-delà du Rassemblement National, Pascal Perrineau, cette décision, elle rebat un peu toutes les cartes, non ? Pour la présidentielle de 2027, qui est loin, mais dans les têtes de beaucoup dans deux ans.
Elle opère un glissement, en effet, des différents plaques tectoniques de l'électorat. Elle ouvre peut-être des espaces, parce que, mais tout ça, on est dans des conjectures. Si jamais, en effet, Bardella devenait le candidat du RN, et qu'ils ne parviennent pas à convaincre avec la même force les électeurs, et parviennent à convaincre avec la même force, d'ailleurs aussi les mêmes milieux. Parce qu'on sait par ça que les électorats de Bardella et de Marine Le Pen sont un peu différents. Il y a un électorat davantage populaire avec l'électorat de Marine Le Pen, ce qui est moins le cas avec l'électorat de Bardella.
Si tel est le cas, on voit bien qu'il y a des électeurs qui vont être des électeurs RN déçus. Et où vont-ils aller ?
Qui va les chasser ? Vont-ils aller vers l'abstention ?
Vont-ils revenir, pour les anciens électeurs de droite déçus, vers une droite républicaine qui aurait un candidat suffisamment crédible pour les attirer ? Il y a là une perspective qui ouvre peut-être un espace à un candidat issu plutôt de la droite classique et qui pourrait aller à Bruno Retailleau par exemple, Édouard Philippe s'il avait un discours assez fortement articulé sur les questions d'immigration, d'insécurité. Il y a là un électorat qui pourrait éventuellement se libérer. Mais c'est trop tôt vraiment pour en parler tout à fait sérieusement.
Et même Éric Zemmour ?
Oui, Éric Zemmour, mais Éric Zemmour ça reste dans l'univers de la droite extrême. Éric Zemmour, il n'y a pas derrière lui un débouché en termes de pouvoir. Ça reste un vote de protestation extrêmement fort, mais ça reste un vote de protestation. En revanche, il y a des électeurs qui sont au RN et qui se disent « Voilà, on a envie de donner le pouvoir à notre candidat. Donnerait-on les clés de l'Élysée aussi facilement à Marine Le Pen qu'à Jordan Bardella ou vice-versa ? » Là, il va y avoir des interrogations dans la tête légitimes chez les électeurs de RN et à ce moment-là, ils peuvent changer de cap. Vous savez, l'électeur français est un électeur mobile, même à l'extrême droite.
Et quelles conséquences sur la vie parlementaire ? Jordan Bardella a parlé ce matin, il était sur Europe 1 CNews, il a même prévenu « On va appuyer sur le bouton ».
Oui, ils disent ça depuis septembre. Ils ont appuyé déjà une fois sur le bouton. Quand on a appuyé une fois, on y prend goût. On peut prendre l'habitude de réappuyer une deuxième fois. Donc, la mise en cause du gouvernement Bérou actuel est possible, sachant que très bientôt, le président va retrouver la possibilité tout de même d'une dissolution. Mais cette arme peut être utilisée. Elle est constitutionnelle.
Elle est possible à partir de mi-juin, c'est ça ?
Elle est possible, elle fait partie de l'État de droit.
Cette décision de justice qui est tombée hier à l'encontre de Marine Le Pen, vous pensez que ça peut entraîner une crise politique ? Et ce sera ma dernière question.
Je ne crois pas. Je crois que la Ve République est plus résiliente, qu'on veut bien le dire. que les électeurs sont plus raisonnables, quels que soient leurs choix politiques, que l'on veut bien le dire, qu'une décision sur laquelle ils ont chacun leur appréciation a été prononcée. Et peut-être, vous savez, que dans quelques semaines, on parlera d'autre chose.
Merci, Pascal Perrineau. Merci d'avoir été avec nous. On vous lit aussi, je rappelle le titre de votre dernier ouvrage, Le goût de la politique. Merci d'avoir été avec nous.