Cop 21 : qu'est-ce qui a changé depuis 10 ans ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 4 %Attaque 3 %Défensif 3 %
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 33:45PrésentateurFait
« d'ailleurs à cette COP qu'on peut voir si ces déclarations politiques se transforment en réalité »
Temps de parole
- Invité31 %
- Présentateur26 %
- Présentateur 226 %
- Invité 24 %
- Invité 33 %
- Auditeur3 %
- Auditeur 23 %
- Présentateur 33 %
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France Inter. France Inter. Le 18-20. Eric Delvaux. C'était il y a dix ans à Paris. La COP 21 sur le climat avait suscité une belle vague d'espoir pour tous ceux qui se préoccupent du changement climatique. Mais aujourd'hui, les objectifs de cet accord de Paris semblent hors de portée. Tous les pays n'ayant pas tenu leurs promesses, à commencer par les Etats-Unis de Donald Trump qui ont préféré même sortir de cet accord. A Belhem, au Brésil, ce vendredi est en principe le dernier jour prévu de négociation de la COP30. Mais il pourrait y avoir prolongation. Ça bloque. Ça bloque ce soir. Les pays de la planète n'ont toujours pas les mêmes positions sur l'avenir des énergies fossiles.
Opposé également sur les aides financières pour accompagner les pays en voie de développement dans leur transition énergétique. Dans l'attente donc de la déclaration finale au Brésil, nous ne ferons pas ce soir le bilan de la COP30. Mais nous allons explorer ces dix dernières années de COP censées apporter des réponses à la crise climatique. C'est le thème du téléphone sonne. J'attends vos questions, vos appels, vos témoignages. 0145 24 7000. Le téléphone va sonner jusqu'à 20h. Le téléphone sonne. 0145 24 7000. Avec ce soir, pour répondre à vos questions, Lola Valégeau. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes de la Fondation Européenne pour le Climat. Vous y êtes directrice de l'équipe Diplomatie.
Vous êtes spécialiste des questions liées au climat. Et vous avez dirigé le programme Climat de l'IDRI, l'Institut de Développement Durable et des Relations Internationales. A vos côtés, Nicolas Verken. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes directeur des campagnes, du plaidoyer et des programmes chez Oxfam France. Car le changement climatique a, on va en reparler ce soir, un impact direct sur les inégalités et la pauvreté à travers le monde. Et puis nous sommes en ligne avec ma consoeur Sandy Dauphin. Bonsoir.
Bonsoir Eric.
En direct de Bellem au Brésil, spécialiste de l'environnement à la rédaction de France Inter. Envoyé spécial. Je vais commencer avec vous, Sandy. On vous a entendu dans le journal de 18h. On va évidemment prendre les appels des auditeurs dans un instant. Les énergies fossiles, elles provoquent donc des crispations ce soir à Bellem. La COP pourrait même s'achever sans trouver d'accord. Que se passe-t-il précisément, Sandy, ce soir ?
Alors c'est ce que dit l'Europe, qui a tapé du poing sur la table. Elle dit qu'elle n'exclut pas que la COP se termine sans accord. Alors il faut quand même faire attention parce qu'on est dans les dernières heures de négociation. C'est assez classique que le ton monte. Il y a des crispations, beaucoup de postures aussi ici. Donc ça ne veut pas dire que la situation ne va pas se débloquer d'un seul coup. Mais pour l'instant, je n'ai pas grand-chose à vous dire sur ce qui se passe parce que ça se passe en coulisses pour tenter de sortir du blocage. Mais c'est vrai qu'il y a de la nervosité dans l'air.
Il y a de la nervosité dans l'air et l'Europe effectivement qui menace de ne pas signer l'accord final. D'ailleurs, Sandy, je reviens vers vous. Quel poids a l'Europe dans ce débat ?
Pendant très très longtemps, l'Europe, ça a été quand même la locomotive dans la lutte contre le changement climatique. Donc elle a été exemplaire. Elle a baissé ses émissions de CO2 de moins 40% depuis 1990. Elle a un plan climat. Elle fait beaucoup d'efforts. Et c'est ce qu'elle ne cesse de répéter ces derniers jours, qu'elle fait beaucoup d'efforts et qu'elle aimerait bien que les autres pays s'y mettent. Mais c'est vrai que cette année, on la sent un petit peu plus en retrait. Il faut dire qu'elle est arrivée avec cette COP, avec un plan climat à la dernière minute. On voit qu'il y a quand même des divisions au sein de l'Europe. C'est moins facile qu'avant.
Merci. On va vous retrouver un peu au nom de cette soirée, de ce téléphone sonne. 01-45-24, 7000 pour le standard. Eleonore est en ligne. Bonsoir, Eleonore. Vous nous appelez de Boulonby en cours.
Oui, bonsoir.
Bonsoir, vous êtes à l'antenne.
Merci. En fait, le titre de votre émission m'a fait réagir parce que, est-ce que les COP sont importantes ? Mais les COP sont ultra importantes parce que si les États ne commencent pas à se mettre d'accord et si on n'en parle pas à la radio et s'il n'y a pas des lieux de négociation au niveau des gouvernements, eh bien derrière, il n'y aura pas les entreprises, il n'y aura pas les citoyens qui consommeront différemment. Il faut que les lois changent et sans États qui se mettent d'accord ou sans États qui tracent une direction, il n'y aura pas de changement.
Merci de ce témoignage. Je vais le soumettre pour commencer à Nicolas Verken qui est directeur des campagnes du plaidoyer et des programmes chez Oxfam France. Une COP, c'est environ près de 200 représentants qui se réunissent, représentants d'États membres des Nations Unies et de l'Union Européenne, les pays signataires aussi de la Convention sur le Climat, sont aussi des lobbyistes, des scientifiques, je ne parle pas des journalistes encore, mais des ONG, des représentants des peuples autochtones. Quelle dynamique, souligne Eleonore, quelle dynamique génère des COP ?
Je vais commencer par abonder dans le sens d'Eleonore et faire le verre à moitié plein. On ira probablement après sur le verre à moitié vide. On est dix ans après l'accord de Paris, on est passé d'un monde qui allait se réchauffer jusqu'à 4 degrés, à un monde qui, en l'état des engagements des États et de leur politique actuelle, ne devrait se réchauffer que de 3 degrés, ce qui est beaucoup trop, ce qui est catastrophique en termes d'impact sur les populations les plus vulnérables. Mais il y a ce progrès-là sur la base des politiques actuelles, et si on regarde leurs engagements actuels et révisés, on aurait un point d'atterrissage à la fin du siècle autour de 2,5 degrés à peu près.
Donc il y a eu un progrès en dix ans sur la réalité de la trajectoire de réduction des émissions et des engagements. Ce n'est pas suffisant. Mais s'il n'y a pas cette discussion-là, cette discussion macro au niveau des États, derrière, ça n'embraye pas au niveau de l'Union Européenne qui va discuter d'un plan climat, de directives pour encadrer les entreprises. Ça ne va pas coulisser au niveau français, au niveau national, avec adopter une stratégie nationale bas carbone, etc.
C'est un jeu de poupérusse, mais il faut avoir le grand espace collectif et multilatéral, même s'il a beaucoup de défauts et d'insuffisances, on va y revenir, pour derrière aboutir aux engagements législatifs, budgétaires, qui effectivement changent la donne.
Une COP, c'est donc d'abord une dynamique, même si les résultats ne sont pas à la hauteur des espoirs. Lola Valégeau, je rappelle que vous êtes directrice diplomatie au sein de la Fondation Européenne pour le Climat. En quoi la COP21, il y a dix ans, en quoi cette COP a-t-elle été un tournant dans la diplomatie climatique ? Alors la COP21, c'est un énorme succès diplomatique pour la France, et je pense qu'il faut en être fier.
La France avait utilisé son énorme réseau d'ambassades pour avoir un vrai engagement avec beaucoup de pays, et peut-être pour faire le parallèle avec une COP à Copenhague, à la COP15, qui avait beaucoup marqué les esprits et qui avait été beaucoup vue comme un échec, parce qu'on l'avait accusée d'être trop secrète. La France avait beaucoup travaillé justement pour faire une diplomatie transparente, ne pas avoir de texte tout fait dans la poche. Parce qu'on arrive parfois avec des textes tout faits ? Parce que parfois c'est le risque, et c'était un peu comme ça que la COP de Copenhague s'était un peu effondrée.
Il y avait eu cette idée qu'à un moment, on ne parle qu'avec les pays les plus importants, et on ne parle plus en collectif. Or les COP, leur principale légitimité, c'est que justement les petits pays, ceux qu'on n'invite pas au G7, au G20, ils ont voix au chapitre, et je dirais même que c'est la conscience de ces COP. Et si on les exclut, et si on ne les inclut pas dans le processus aussi, ça peut avoir l'air un petit peu technique, et bien on a un résultat moins légitime.
Et la COP de Paris, pour revenir à la très bonne question d'Elonheur, elle s'est aussi beaucoup appuyée sur le fait que les entreprises, que les Etats, les provinces, les villes, pouvaient donner une autre énergie, et pouvaient donner un mandat aussi au pays. Donc finalement, ce n'est pas juste les Etats qui montrent des signaux, qui ensuite percolent, mais ça peut aussi aller dans l'autre sens. Et la COP 21, elle avait vraiment montré ça. À quoi ont servi les COP, notamment depuis 10 ans ? On en parle ce soir jusqu'à 20h. Patrice nous appelle de la Meuse. Bonsoir Patrice.
Oui, bonsoir tout le monde.
On vous écoute.
Écoutez, on peut être très écologiste, et c'est mon cas, tout en se heurtant au principe de réalité. Les forages de pétrole ont existé depuis longtemps dans le monde, mais ne restent-ils pas indispensables, sachant que des dizaines de millions de véhicules thermiques tourneront encore au moins 20 ou 30 ans, qu'on ne va pas mettre au rebut tout de suite ? Il faudra bien les alimenter. Et pour ma part, moi je déplore quand même qu'il y a chez de nombreux analystes un manque de vision systémique qui relève souvent de l'hypocrisie. J'en veux pour preuve deux exemples. La première façon de diminuer le réchauffement climatique, c'est de modérer ses déplacements.
Et avec toutes les pubs de voyage que l'on voit aussi en Europe, ça n'en prend pas le chemin, ce n'est pas toujours évoqué.
Et puis le deuxième exemple, un exemple que connaît bien Sandy Dauphin, je trouve que quand même, il y a une malhonnêteté intellectuelle de déclarer haut et fort que la voiture électrique qui va remplacer la voiture thermique, c'est une voiture propre, alors qu'en France, elle tourne principalement à l'énergie nucléaire, sachant que le fait de cette énergie reste quand même dangereuse, produit des déchets, qu'on ne risque pas d'enfouir sous le sol parisien, mais chez les meuziens, aux instances locales, disons-le, intellectuellement corrompues, et dont les médias se gardent bien de parler, parce que finalement, chez les technos, ça n'intéresse pas grand monde. Eh bien, merci de l'avoir dit
en direct ce soir sur France Inter, Patrice Delameuse, sur l'hypocrisie, peut-être, je vais me retourner vers Sandy Dauphin, envoyé spécial de France Inter à Belém au Brésil, l'hypocrisie des politiques, cette espèce de vision qui se percute forcément dans cette COP, et dans toutes les COP, et notamment cette dernière COP, il y a de l'hypocrisie politique forcément, quand on parle de réduire la pollution, le climat, ce dossier que vous connaissez bien, Sandy ?
L'écart, c'est, en fait, on est dans des COP où on nous dit, en début de COP, on va écouter la science, c'est quand même un leitmotif ici, puisque la science a été très attaquée ces derniers mois, et donc la science, elle est très claire, elle dit qu'il faut sortir des énergies fossiles, donc voilà, c'est le dilemme des pays.
Je me retourne vers Lola Valégeau pour la Fondation Européenne pour le Climat. Hypocrisie, disait cet auditeur, dès qu'on parle de réduire la pollution, de rendre le climat plus viable, en quoi est-ce une hypocrisie ? Alors déjà, je pense qu'il faut effectivement reconnaître l'ampleur de la tâche, et le fait que ça requiert des changements systémiques, je pense que le mot de Patrice était très bien choisi. On doit aussi parler de la question de la demande, et finalement, souvent, les populations, les entreprises peuvent avoir besoin de services, mais pas forcément des combustibles fossiles, charbon, pétrole et gaz qu'il y a derrière.
Donc, par exemple, sur la question des déplacements et des consommations énergétiques, avec la guerre en Ukraine, tout d'un coup, on a redécouvert les vertus de la sobriété énergétique et de l'efficacité énergétique. Je pense que c'est quelque chose qui est très important et qu'il faut qu'on prenne en compte. Mais il y a aussi un deuxième aspect de la question de Patrice qui m'a interpellée sur le fait qu'on parle des solutions ouvertes qui ne sont pas tout le temps propres ou qui peuvent aussi avoir des effets sur l'environnement. Effectivement.
Par exemple, Patrice a parlé du nucléaire, mais on parle aussi beaucoup du fait que des minéraux très importants pour la transition requièrent, par exemple, d'être extraits. Et j'ai beaucoup entendu des gens être surpris du fait que les voitures électriques allaient aussi entraîner des pollutions, qu'est-ce qu'il en est, etc. Et il faut quand même être très clair, ça reste beaucoup plus propre d'utiliser des véhicules électriques que des véhicules thermiques. Sauf qu'on se demande ce que deviendront les batteries au lithium quand un milliard de voitures seront à disposition des Chinois, un milliard à disposition de l'Inde. Ces batteries, il faudra les enterrer ?
Après avoir pollué l'air, on va polluer la terre ? Non, parce que ces batteries, on sait les recycler. Et c'est justement parce qu'on est devant ce changement d'ampleur qu'il faut dès le début se dire comment est-ce qu'on va éviter de... En fait, rentrer dans un schéma d'économie circulaire et en fait, être beaucoup plus intelligent et efficace avec les ressources qu'on utilise. Et ça, c'est quelque chose que la Chine et d'autres pays ont beaucoup compris. Et finalement, c'est un enjeu aussi en Europe qu'on devienne beaucoup plus efficace en termes de recyclage. 01, 45, 24, 7000, Christian nous appelle de Montpellier. Bonsoir, Christian.
Oui, bonsoir.
On vous écoute.
Oui, écoutez, je me permets de me présenter. À Paris, on me connaît moins qu'à l'étranger. Bon, voilà. Donc, je suis explorateur, chercheur écologue et photographe. Est-ce que vous êtes Christian Puech ?
On vous a reconnu, Christian Puech ?
Oui, je suis le seul français à avoir été sélectionné par un groupe de scientifiques étrangers pour effectuer une conférence à la Sorbonne. Si vous tapez sur Prézensa et vous tapez Amazonie face au réchauffement climatique, vous avez tout le problème. Voilà. Alors, ce problème, il est tout simple. Vous avez 39, comment dirais-je, grandes entreprises du 440 qui se retrouvent au Brésil avec des intérêts colossaux. Et le Brésil exporte 83% des minérés. Les Allemands ont besoin de se minérer. Alors donc, qu'est-ce qu'il y a ? Il y a du côté des hommes politiques non pas une hypocrisie mais un double discours.
Je comprends qu'ils sont piégés par le capitalisme d'un côté et par les problèmes sociaux que nous avons. Mais enfin, voilà, au lieu de s'adresser à des hommes hétérodoxes, comme c'est mon cas, jamais, jamais, la droite, M. Macron ou d'autres, ne s'intéressent à des personnes qui parlent comme moi, autant avec des ouvriers qu'avec des milliardaires. Et il y a beaucoup de choses à faire, mais il y a un manque d'ouverture d'esprit.
Christian Puèche, merci d'être intervenu. On ne va pas vous donner la parole pendant plus... Ou alors, il aurait peut-être fallu vous inviter ce soir. Merci de cette intervention. On y revient et je reviens vers vous, Nicolas Verken, cette fois-ci pour parler non plus d'hypocrisie mais de double discours des politiques. Auxfam, vous le vivez quotidiennement, c'est aussi ce double discours quand on est politique et qu'on veut réduire la pollution sur la planète ?
Le double discours, oui. Et puis, au-delà de calculs ou de madigances, c'est aussi une question de pas de temps. Quand on parle des intérêts des entreprises, j'ai envie de dire mais quels intérêts de quelles entreprises ? C'est des intérêts à 6 mois ou c'est des intérêts à 30 ans ? Si on raisonne aujourd'hui sur la valeur et la viabilité d'un grand groupe industriel international à 30 ans et la valeur qu'il va créer dans la durée pour ses actionnaires, pour ses salariés et pour ses parties prenantes, ce grand groupe a tout intérêt à prendre le virage de la transition écologique, à être plus performant et plus efficient, à décarboner, c'est un cercle vertueux.
Il va aussi mobiliser à moyen terme plus et mieux ses actionnaires, plus et mieux ses salariés. Il y a plein de grands groupes qui aujourd'hui voient qu'ils ont des problématiques d'employeurs pour fidéliser des salariés motivés à travailler pour des entreprises qui polluent et à contrario, le problème, c'est qu'on a des grands groupes aujourd'hui dont les choix stratégiques en réalité sont dictés sur du court terme, sur du 3 mois, 6 mois, 1 an, sur de la rentabilité immédiate de l'action vis-à-vis des actionnaires et c'est là où il y a des choix stratégiques à opérer et des responsabilités des États, de l'État français, de l'Union européenne.
Aujourd'hui, ces États-là, ils ont la possibilité de forcer les entreprises à être plus vertueuses. Mais ce n'est pas pour les punir, ce n'est pas pour entacher durablement leur compétitivité, c'est pour leur permettre d'être plus compétitives à moyen et long terme dans un monde qui sera plus durable et plus vivable pour tous. Et je rappelle que Oxfam
avec Greenpeace et d'autres ONG ont fait condamner l'État français. Donc, vous l'évoquiez à demi-mot pour inaction climatique dans ce qu'on a appelé l'affaire du siècle. Est-ce que c'était une première d'ailleurs de faire ainsi condamner l'État
pour inaction climatique ? En France, oui. D'ailleurs, le juge l'a même condamné deux fois. Ça a été confirmé. Mais le problème, c'est ça. Le problème, c'est qu'on a des engagements internationaux qui sont à la base insuffisants qui sont en plus partiellement retranscrits dans des stratégies et des lois nationales qui, elles-mêmes, ne sont que partiellement mises en œuvre. Et c'est là à quoi sert la COP ? Ça sert aussi à ça. Ça sert à être à ce moment, ce que disait la première auditrice, c'est ce moment où on formalise la redevabilité, le moment où on rend des comptes.
On fait le point sur où on en est collectivement, sur chaque État où on est de sa trajectoire et on doit rendre des comptes aux autres États mais à l'opinion publique mondiale, aux citoyens, aux journalistes et voilà. Et on ne peut plus s'arranger dans son petit coin. On doit rendre compte de la manière dont on est en train de faire cramer la planète.
Rendre des comptes mais à base de consensus. Lola Valégeau, depuis 30 ans que s'enchaînent les négociations climatiques, le consensus, le compromis, c'est la règle ? Vous qui êtes spécialiste de la diplomatie ? C'est effectivement la règle mais avant de répondre à la question, je voudrais juste reprendre peut-être une lueur d'espoir parce qu'on a aussi parlé beaucoup de compromissions, d'hypocrisie. Il faut voir aussi le fait que la transition énergétique elle a été entamée de façon irréversible. C'est important.
Il y a 5 ans, on avait autant d'investissements dans les fossiles que dans les énergies propres et aujourd'hui, on a deux fois plus d'investissements dans les technologies propres que dans les fossiles. Et je pense que ça, c'est important de le rappeler parce qu'on ne se rend pas forcément compte même si les États ne vont pas assez vite y compris en Union européenne. 40% d'électricité mondiale est aujourd'hui produite par des énergies nouvelables. c'est un taux record. Les experts ne l'avaient envisagé, je crois que pour 2040, on a gagné du temps ? Oui, absolument. Et je pense que ça aussi, c'est quand même un facteur d'espoir.
C'est que la croissance du solaire et de l'éolien, du solaire en particulier, elle a vraiment déjoué tous les pronostics et elle a été beaucoup plus rapide que tout ce qu'on pouvait anticiper. C'est aussi pour ça, en regardant ces tendances actuelles, que l'Agence internationale de l'énergie a dit il ne faudrait plus forer de nouveaux puits de pétrole dès 2021 pour tenir nos objectifs de limiter le réchauffement à 1,5 degré. Ça ne veut pas dire arrêter, couper le robinet du jour au lendemain. Ça veut dire, en fait, on risque d'avoir une surcapacité de combustible fossile si ces tendances-là continuent.
30 ans de COP et 10 ans après la COP de Paris qui avait suscité autant d'espoir, à quoi servent les COP ? C'est le thème du Téléphone Sun. On en parle jusqu'à 20h. France Inter. Le Téléphone Sun. Philippe nous appelle du Vaucluse. Bonsoir, Philippe. Oui, bonsoir. Vous êtes à l'antenne. Deuxièmement à l'antenne. Avec plaisir. Voilà. Donc, pour faire suite un peu contraire à ce qui vient d'être dit, moi, je pense que les COP ne servent absolument à rien. Quand on a des arrêtages d'établissements là qui se regardent les uns les autres pour voir qu'il va faire un pas ou qu'il n'en fera pas comme ça, c'est pas bien facile et bien pratique. Être, il n'existe plus dans l'intrigue dans cet état.
Je suis désolé de vous couper, Philippe, mais... Non, non, mais c'est pas du tout pour le fond que je vous coupe la parole. On a bien compris. Les COP ne servent à rien. Si je vous coupe, Philippe, comprenez-le bien, c'est pour la mauvaise, très mauvaise qualité de l'écoute pour nos auditeurs qui ne vous entendent pas. Philippe, j'en suis vraiment navré et désolé. On va réessayer, faites un pas de côté, un mètre sur la droite ou sur la gauche où vous voulez et on va réessayer de vous reprendre à l'antenne. Philippe, vous disiez que les COP ne servent à rien. Oui, voilà. Oui, les états se regardent, enfin, les chefs d'états se regardent pour voir qu'il va faire un pas et qu'il n'en fera pas.
Comme ça, ça permettra de ne pas en faire rien. Elf n'existe plus, mais Total est toujours présent en Afrique et je pense que ce qui peut nous entre guise sauver ou retarder le réchauffement climatique c'est toutes les actions individuelles qu'elles soient communales particulières ailleurs dans le monde ou en France comme on parle des incarnètes en paille mais il n'y a rien à attendre des états. Merci, Philippe. Alors, Lola Valéjou disait un peu le contraire et même nos deux invités et également Nicolas Verken pour dire que finalement il y a une dynamique, il y a du bon dans toute COP même si effectivement les objectifs ne sont pas à la hauteur. les COP ne peuvent pas tout Lola Valéjou ?
Oui, les COP ne peuvent pas tout mais les COP finalement elles peuvent si si non je pense qu'elles peuvent beaucoup finalement elles servent à quoi ? On a beaucoup d'endroits où tous les pays se parlent soit entre gros comme je parlais du G7 ou du G20 entre les gros pays avec une grosse population une grosse économie ou alors sur des sujets très larges de l'Assemblée générale de l'ONU et finalement les COP c'est le moment avec une forte pression politique où on a des avancées justement parce que tout le monde est là et le point d'entrée c'est l'urgence climatique.
On voit que c'est d'ailleurs attaqué Sandy faisait allusion Sandy Dauphin au fait que Sandy Dauphin l'envoyé spécial de France Inter à Bellem Tout à fait que la science est aussi attaquée et critiquée on voit le retrait des Etats-Unis très différent du premier mandat du président Trump il y a des attaques beaucoup plus massives non seulement sur le consensus scientifique mais aussi sur le fait que d'autres pays fassent chez eux les politiques climatiques qu'ils ont envie de faire et donc c'est important et peut-être ce qui se passe dans les COP et qui ne se passe pas ailleurs c'est par exemple quelque chose qui s'appelle le club climat où une quarantaine de pays dit du nord et du sud développés en développement qui participent ensemble à un effort commun pour décarboner l'industrie et finalement ce genre de choses ça se passe que dans les COP et les COP ça sert d'accélérateur et de catalyseur pour des collaborations qui sinon n'auraient pas lieu et puis il y a aussi dans ces COP le financement des pays les plus défavorisés qui attendent des aides pour faire eux-mêmes leur transition écologique leur transition énergétique à Bakou la COP30 avait la COP précédente celle de Bakou COP29 donc avait envisagé une enveloppe de 300 milliards je crois 300 milliards d'euros de dollars pour aider les pays les plus pauvres à financer cette transition énergétique Nicolas Verkaine à Oxfam est-ce que vous êtes inquiet ce soir sur la feuille de route qui se prépare ou qui ne se prépare pas justement
très inquiet alors effectivement les COP ça sert à réduire la crise climatique à faire qu'on émette moins de gaz à effet de serre et moins vite que prévu pour réduire la crise climatique mais ça sert aussi à mobiliser les capacités pour y faire face parce qu'elle est déjà là on a vu les méga-feuilles en Gironde on a vu les inondations dans le Pas-de-Calais à Valence en Espagne on a vu le cyclone Chido à Mayotte les impacts du changement climatique ils sont déjà là et ils frappent qui le plus ?
Ils frappent les pays les plus pauvres les plus vulnérables et dans les pays riches en réalité ils frappent toujours les populations les plus pauvres ceux qui ont les habitats les plus fragiles ceux qui ont moins la capacité de se déplacer de se protéger
on essaie de parler concrètement sur un exemple quels sont les pays où le changement climatique a réduit les récoltes à néant
Alors on a on a le cas de la corne de l'Afrique globalement est très exposée notamment aux grandes périodes de sécheresse et aux inondations en Somalie pendant une année entière il y a deux ans il n'a pas plu il n'a littéralement pas plu pendant un an donc vous ne pouvez pas ni procéder à des cultures ni faire de l'élevage extensif qui est le moyen de subsistance là-bas mais du coup cet enjeu de mobilisation des financements pas juste pour décarboner les économies mais pour s'adapter et faire face aux impacts il est essentiel les 300 milliards dont vous parlez donc c'est une annonce de l'an dernier de la COP de Bakou nous on a chiffré on a dit si on prend tous les besoins de tous les pays en développement pour faire face à ces impacts c'est 5000 milliards de dollars par an qu'il faut donc l'an dernier on a dit ok on s'engage collectivement à apporter 300 milliards collectivement et jusqu'à présent et jusqu'à aujourd'hui y compris dans cette COP on ne sait pas parmi ces 300 milliards comment on va ventiler la facture en réalité aujourd'hui sur ces 300 milliards on est plutôt à 40 milliards donc on est très très très loin et parmi ces 40 milliards j'en termine c'est important en réalité l'essentiel de ces fonds sont donnés sous forme de prêts et pas de dons on fait des prêts la France par exemple 92% de ces financements climat alloués aux pays les plus pauvres pour aider à faire face à la crise climatique 92% c'est du prêt on va faire un prêt à un pays pauvre qui va devoir le rembourser qui s'endette encore davantage qui va avoir encore plus de problèmes budgétaires et donc là on n'est pas du tout à la hauteur de l'enjeu et dans cette négociation et ces rapports de force multilatéraux c'est du donnant donnant comment vous pouvez dire aux africains aux pays d'Asie du sud-est dans une certaine mesure aux indiens aux chinois comment vous pouvez leur dire vous vous décarbonez votre économie nous c'est bon on s'est développé pendant deux siècles à fond sur du charbon et du pétrole maintenant on se débrouille avec le nucléaire on va sur les renouvelables mais vous surtout vous décarbonez votre économie par contre on vous aide pas et en plus désolé le changement climatique c'est notre faute mais c'est vous qui en êtes les premières victimes donc là il faut le premier lever de négociation qu'ont la France les Européens les pays les plus riches c'est de montrer la sincérité des négociations et de mettre des euros sonnants et très débuchants pour aider les pays les plus pauvres à faire face à cette crise climatique et vous n'avez pas bon espoir
que ça se passe comme ça visiblement dans cette COP au Brésil Olivier est en ligne de Tours je crois bonsoir Olivier
bonsoir à tous de la belle ville de Tours je fais vite le loup dans la bergerie comment ça se fait que dans les COP on laisse en fait venir des lobbies qui ont par exemple le lobby du pétrole des délégations qui sont plus grandes que justement des petits pays qui sont représentés seulement là et ces lobbies qui viennent donc en général remettre en cause la science et donc pas faire avancer les COP dans le bon sens et donc là carrément on les invite à venir en fait dans la bergerie pour pourrir les débats merci une chose c'est d'employer les bons termes de climato négationisme et de dérèglement et pas juste de réchauffement climatique parce que sinon dès qu'il fait froid il y a les anti-écolo qui donc ah oui voilà c'est un dérèglement climatique
merci merci d'être venu le dire ce soir sur France Inter Lola Valégeau de la Fondation Européenne pour le Climat je rappelle que vous y êtes directrice de l'équipe Diplomatie le loup dans la bergerie notamment les lobbies du pétrole et faut-il qu'il soit là pour pour parler de décarbonation ou le refuser je pense que on assiste quand même à un raidissement très fort de ce complexe pétrogazier parce qu'il y a deux ans pour la première fois on a nommé les combustibles fossiles comme les principaux responsables de la crise climatique le pourcentage c'est quoi 80% 75% en gros vient du CO2 émis dans l'énergie avec les combustibles fossiles et ça a conduit à un raidissement extrêmement fort c'est à dire que depuis qu'on a on a dit qu'il fallait transitionner vers l'abandon des fossiles ça a été très difficile d'avoir la moindre avancée c'est pour ça qu'il faut saluer le fait que le président brésilien et le Brésil est aussi un pays qui produit du pétrole par ailleurs a dit qu'il fallait faire une feuille de route pour accélérer cette transition mais peut-être pour revenir sur la question des lobbies en fait quand on regarde où sont situées les ressources de pétrole il y a effectivement des compagnies multinationales et donc on peut parler de lobby etc il y en a aussi la moitié qui sont aux mains des états et de compagnies nationales donc quelque part le fait que c'est un processus multilatéral et tous les états sont invités ça veut dire que fatalement il va y avoir beaucoup de pays qui vont avoir un intérêt à ralentir et à envoyer des signaux d'hésitation et de confusion sur le chemin à accomplir donc voilà finalement que ces entreprises soient là ou pas et c'est pas forcément les plus visibles mais on a aussi des pays qui ont intérêt et je pense qu'il faut aussi réfléchir à comment est-ce qu'on arrive aussi à leur donner un signal qui fait que cette transition sera comme on l'avait dit il y a deux ans juste et ordonnée Nicolas Verkane on a entendu un terme très fort de notre auditeur le climato-négationnisme vous validez cette expression ?
à Oxfam ?
qu'il y a un lobby organisé qui essaye de s'arranger avec les faits et de diffuser une idéologie perverse s'est avérée s'est documentée depuis les années 70 c'est difficile en 2025 c'est quand même très difficile en 2025 après ce qu'on a vu et ce qu'on a vu chez nous le chikungunya le paludisme qui commence à arriver sur le territoire français c'est le moustique avec de l'eau et de la chaleur c'est des effets directs de la crise climatique des cours d'eau et des restrictions d'accès à l'eau d'abord pour les piscines puis pour arroser puis pour l'eau potable parce qu'elle va être contaminée quand ça sort ça c'est sur le territoire français et c'est aujourd'hui en 2025 ça n'existait pas il y a 10 ans donc on peut sortir toutes les études qu'on veut la réalité aujourd'hui on la sent on la voit et là on est vraiment sur le verre à moitié vide et ça ne va pas s'arranger ça va continuer de s'aggraver et plus on va tarder à agir et plus on va être non seulement en retard mais agir peu et plus ces impacts seront terribles et plus le coût le coût financier et humain sera énorme pour nos enfants et nos petits-enfants et donc on revient sur une question on parlait du capital c'est pas une question de capitalisme ou d'intérêt ou de bon sentiment parlons économie parlons gestion gestion des moyens des états des entreprises à un horizon de 30 ans et 50 ans chaque jour perdu aujourd'hui chaque dixième de degré perdu aujourd'hui on va le payer fois 10 dans 20 ans dans 30 ans
il y a les intentions des COP et puis il y a leur faisabilité on va parler peut-être de mesures contraignantes non contraignantes avec vous Lola Valéjo la COP de Dubaï aux Émirats Arabes Unis en 2028 la sortie du pétrole du charbon et du gaz avait été actue de l'accord final avec juste un appel à s'en éloigner ça c'est typiquement de la compromission pardon un compromis pardon pour le mot compromission c'est un compromis c'était voué à l'échec parce que il n'y avait pas en même temps dans cet accord dans cette feuille de route il n'y avait pas la faisabilité de ce pour en sortir en fait les COP elles ont bougé ces dernières années de négocier des traités internationaux et les règles de mise en oeuvre de ces traités internationaux donc l'accord de Paris à en fait un moment extrêmement politique qui fait des déclarations donc ça donne une sorte de thermomètre de où on est l'appétit des uns et des autres donc dans le même paragraphe qui parlait de se transitionner vers l'abandon des fossiles il y avait aussi d'autres d'autres termes qui étaient un peu plus ambigu sur le rôle du gaz etc ça montrait qu'il y avait aussi beaucoup beaucoup de débats et en gros une pression très forte des pays producteurs notamment pour dire attention tout n'est pas si clair donc il faut aussi remettre les responsabilités à leur place c'est véritablement aux états de s'appuyer sur ces déclarations politiques pour continuer à impulser une dynamique ça veut dire par exemple tiens on s'est mis d'accord sur le fait que les fossiles c'était le problème est-ce qu'on pourrait élever cette question-là dans des discussions politiques en intra-européen par exemple mais pour finaliser les intentions dont on voit qu'il y a beaucoup de perditions en cours de route comment faudrait-il réformer les COP pour faire appliquer ce qui a été écrit alors c'est vrai qu'il y a des questions sur les COP plutôt sur le fait de est-ce qu'elles sont trop grosses est-ce qu'elles sont pas assez adaptées à la mise en oeuvre on parle de plus en plus du fait que maintenant on doit arrêter de négocier on doit passer à la mise en oeuvre et il y a plusieurs réflexions qui sont sur la table est-ce qu'on invite davantage par exemple l'échelon local qui est aussi très impliqué dans la mise en oeuvre est-ce qu'on essaye de se concentrer sur des choses qui vont avoir un impact à court terme par exemple le méthane en fait qui est en fait aussi le gaz naturel qui peut s'échapper et qui a un très fort pouvoir de réchauffement quand on extrait du pétrole du charbon et du gaz il y a plusieurs options qui sont sur la table mais globalement je pense qu'il faut vraiment rappeler que c'est dans les politiques des états et dans les engagements des états qui étaient attendus d'ailleurs à cette COP qu'on peut voir si ces déclarations politiques se transforment en réalité il y a pas mal ce soir de questions encore sur les climato-sceptiques Laurence Toubiana qui avait été l'une des chevrilles ouvrières de la COP 21 elle estime aujourd'hui que la politique climatique n'a jamais été combattue avec autant de violence qu'aujourd'hui à Oxfam cette violence vous la ressentez régulièrement ?
On la ressent y compris parce que le lobby fossile lui ressent plus la pression et donc il se défend aujourd'hui bec et ongle et on voit une collusion aussi entre des intérêts d'une industrie fossile des grands conglomérats internationaux certains états et puis une idéologie réactionnaire qui va non seulement faire du climato-sceptisme et négationnisme mais qui va avoir des pratiques antidémocratiques en menaçant des activistes en falsifiant des faits en supprimant quand ils accèdent au pouvoir les subventions à celles et ceux qui essayent justement de faire avancer cette cause climatique donc ça on le voit je voulais juste rebondir sur quelque chose à nouveau les acteurs principaux des COP ce sont les états il y a aussi les ONG il y a aussi les entreprises mais l'échelon local il est super important notre auditeur en parlait tout à l'heure et on va avoir des municipales et on voit on va essayer
de ne pas faire de politique sur ce débat ça se rend encore mieux
donc on sait qu'on a un échelon national qui est peu performant en ce moment pour x raisons mais on a des territoires qui sont en mesure de faire bouger les choses qui sont en mesure par la commande publique de choisir des équipements qui sont plus ou moins énergivores qui peuvent choisir d'accompagner les ménages sur leur territoire en situation de précarité dans la rénovation thermique de leurs bâtiments qui peuvent choisir aussi certains investissements pour adapter leur territoire en fonction des territoires pour qu'ils soient mieux aptes à faire face aux inondations aux méga-feux aux vagues de Chesserefs et là c'est un vrai enjeu démocratique aussi de s'assurer que nos collectivités locales s'impliquent quel que soit ce qui se passe au niveau de l'Etat vraiment dans des politiques climatiques volontaristes
et bien merci à tous les deux et je remercie on l'a perdu en cours de route mais elle avait autre chose à faire pour ce soir la journaliste ma consœur Sandy Dauphin en direct de Belém c'est un vrai enjeu