Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewPublic Sénat (sur YouTube)· 6 mai 2025 25 minComplaisantActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieImmigration & asileTransports

Agnès Pannier-Runacher : "Cessons d’opposer le nucléaire au renouvelable, l’ennemi c’est le fossile"

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse partielle

    Est-ce que ce référendum sur le budget verra le jour ?

  • 2:00RelanceÉludée

    Comment résumer une question complexe comme le budget à un oui/non ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    La transition écologique sera-t-elle impactée par l'effort de 40 milliards ?

  • 6:00OuverteÉludée

    Êtes-vous en accord avec la circulaire de Bruno Retailleau sur la naturalisation ?

  • 8:00OuverteRéponse directe

    La politique de Donald Trump est-elle dangereuse pour la science ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Les grèves à la SNCF sont-elles inacceptables ? Faut-il restreindre le droit de grève ?

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour Agnè Morinaché. Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation ministre la transition écologique de la biodiversité de la forêt de la mer et de la pêche. On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale représentée par Fabrice Vesseron du groupe HBRA les journaux régionaux de l'Est de la France.

Bonjour Fabrice, bonjour Orian. Bonjour madame la ministre. Bonjour.

On va parler des sujets d'écologie. Ils sont nombreux. Mais d'abord un mot sur cette idée de François Vaou de référendum sur le budget.

Elle est accueilli très fraîchement dans la classe politique. Emmanuel Macron doit s'exprimer mardi soir. Est-ce que c'est un référendum qui ne verra jamais le jour ?

Moi, je pense qu'il faut revenir à l'origine de la question, c'est-à-dire comment redresse-on nos finances publiques ? Et moi, je souhaite qu'on prenne ce sujet à bras lecor. Prendre ce sujet à brascorp, ça veut dire proposer un plan d'ensemble dans lequel chaque français a le sentiment que l'effort est partagé.

S'il y a pas ce sentiment que l'effort est partagé, nous ne convaincrons pas les françaises et les Français. Et donc si ça doit passer par un référendum, pourquoi pas ? C'est une option, c'est pas une volonté farouche de porter un un un référendum, mais à un moment nous sommes face à un enjeu majeur qui concerne l'avenir de notre pays.

Moi, je le vois sur mes politiques qui sont des politiques de long terme. Si on a une pas une visibilité sur les financements de ces politiques de long terme, ça ne fonctionne pas. Les collectivités locales ont besoin de visibilité, les entreprises ont besoin de visibilité.

Donc il faut prendre notre courage à demain. Mais comment vous résumez une question aussi complexe à une question à laquelle les Français répondent par oui ou par et puis ça serait quoi la question ? Et encore une fois ce que je vous dis c'est qu'il faut il faut un plan d'ensemble et donc la question c'est est-ce que ce plan d'ensemble vous paraît correct vous paraît équilibré ?

Vous avez raison de dire que ce n'est pas simple, mais c'est pas parce que c'est pas simple qu'il ne faut pas rendre la parole aux françaises et aux français à un moment si effectivement on narrive pas à trouver des solutions avec des outils classique. Je suis ni pour ni contre. Je suis pour qu'on trouve une solution sur nos finances publiques et cette solution soit acceptée, soit considérée comme valide par les Françaises et les Français.

Et je trouve légitime de consulter les Françaises et les Français. C'est eux qui décident à la fin on est dans une démocratie. Et François Baou qui dit que l'effort doit être partagé par tous.

Est-ce que ça veut dire pour trouver 40 milliards, la transition écologique sera également impacté ? Mais moi, je je fais partie de de ces ministres qui prennent leur responsabilité. J'ai fait des propositions à à François Baou.

En revanche, ce que je souhaite, c'est qu'on ait de la visibilité sur nos financements. Moi, je suis allée chercher 2 milliards d'euros à la CAS dépôt. Ces 2 milliards d'euros ne pèse pas sur le déficit de l'État et il ne pèse pas sur euh la euh sur le la dette publique.

Je suis allée chercher des financements au niveau européen. Là aussi, ça ne pèse ni sur la dette publique, ni sur le déficit public. Je travaille avec les entreprises pour qu'on puisse porter des projets publics privés.

Donc oui, il y a des solutions inversement, j'en ai assez que les Français payent pour des politiques de transition écologique. Je vais vous donner un exemple. Le malus écologique sur les voitures était censé financer les bonus écologiques.

Et ben aujourd'hui, les Français payent 1 milliard euh de malus écologiques. Il y a 400 millions d'euros pour financer l'électrification des véhicules. Ça ce n'est pas équilibré.

Lorsque les Français payent une surprise sur les catastrophes naturelles qui rapportent 450 millions d'euros à l'État, il est légitime que ces 50 450 millions d'euros aillent vers les politiques de protection parce que au passage et bien une partie de la somme vient dans le grand tout pour financer d'autres politiques et je pense que là aussi il faut de la rigueur et des principes dans la manière dont on conduit le budget. Donc ça c'est un message au ministre de l'économie au premier ministre. Il faut que les les recettes sochées sur l'écologie quand il y a des recettes qui sont prélevées sur les français au nom de l'écologie, il est légitime que ces recettes reviennent vers les français pour les aider et les accompagner.

Donc ça ça fera partie de vos exigences pour le prochain budget. Ça fera partie des demandes que je ferai pour le prochain budget. Un mot sur un autre sujet.

Bruno Rota hier, il a présenté une circulaire pour durcir la naturalisation en matière de maîtrise du français, d'insertion. C'est une circulaire de rupture. Il demande au préfet d'être très très exigeant pour naturaliser.

Est-ce que vous êtes en accord avec cette ligne ? Euh moi je je continue à dire que l'enjeu sur les questions de l'immigration, la priorité absolue, c'est la lutte contre l'immigration illégale. Moi, je suis élu du Pas de calé.

J'ai été élu dans le pas de calé. dans le pas de calé. Tous les jours, tous les jours, vous avez des migrants qui essayent de traverser l'Atlantique qui sont accompagné par des passeurs qui les traitent comme des chiens avec des risques sur mortels pour eux.

Nous prenons des risques nous dans l'action de l'État en mer. Moi, je suis ministre aussi de la mer, ministre de cette de ces questions régaliennes de la sécurité en mer. Nous prenons des risques pour leur venir euh au secours lorsque ces bateaux surchargés euh font naufrage.

Franchement euh c'est ça aujourd'hui la la réelle euh priorité pour Donc vous êtes en accord avec la ligne de Bruno Rotaillot sur ces questions ? Non ça n'a rien à voir. Vous parlez d'une circulaire sur la naturalisation, je vous parle de lutte contre l'immigration illégale.

C'est deux sujets complètement différents. Sur cette sur la circulaire d'è il a raison de vouloir durcir les critères de naturalisation. C'est pour moi ce n'est pas la priorité.

La naturalisation, les gens qui demandent la naturalisation, ce sont des gens qui sont fiers de devenir français. Je sais pas si vous avez assisté à des cérémonies de naturalisation, c'est extrêmement émouvant. Vous avez des gens qui ont fait des vrais parcours de vie, qui ont choisi la France, qui ont appris notre langage.

Bien sûr qu'il faut être rigoureux pour éviter les passagers clandestins, mais est-ce que c'est la priorité ? La priorité c'est la lutte contre l'immigration illégale. Autre sujet hier Emmanuel Macron a prononcé un discours à la Sorbon.

Pour attirer les chercheurs étrangers notamment américains, il y a dénoncé dans ce discours le dictac qui consiste à dire qu'un gouvernement puisse dire qu'il est interdit de chercher ceci ou cela, notamment quand il s'agit du climat. Il visait évidemment Donald Trump. Est-ce que pour vous la politique de Donald Trump est dangereuse ?

Est-ce qu'elle risque de conduire à une remise en cause de la science ? La un vent très mauvais souffle sur la science aux États-Unis. Je veux dire, c'est très concret.

Moi, j'ai des chercheurs dans mes équipes qui n'ont plus de contact avec des chercheurs américain avec lesquels il travaillaient quotidiennement. Des projets qui sont arrêtés du jour au lendemain. Des chercheurs qui n'osent pas répondre au téléphone ou qui répondent de manière évasive en disant "Je viens en Europe cet été, on en parlera autour d'un café" parce qu'ils ont peur d'être écoutés.

C'est ça la réalité aujourd'hui de la science aux États-Unis. Pourquoi ? Parce que ce que dit la science gêne Donald Trump.

Parce que la science, elle désigne bien les énergies fossiles comme étant responsable du 3/4 des émissions de gaz à effet de serre et du dérèglement climatique et que cette vérité gêne les intérêts financiers pour lequel Donald Trump se bat et qu'aujourd'hui ça montre combien il est important dans une démocratie de protéger la science, de protéger les chercheurs et de fonder des politiques publiques sur la science et pas sur des intérêts particuliers et privés. Et donc bien sûr, moi je je suis complètement en phase avec la politique portée par l'Europe et par le président de la République d'accueillir ces chercheurs, de faire en sorte aussi de récupérer des bases de données. Il faut avoir en tête qu'aujourd'hui certaines bases de données qui sont comportent des années d'études peuvent disparaître du jour au lendemain parce que tout est arrêté aux États-Unis sur les sujets météorologiques, sur les sujets climatiques, sur les sujets de biodiversité marine par exemple donc sur des sujets qui sont très importants pour notre avenir commun.

Ah oui, un mot sur les grèves qui se profile à la SNCF que vous avez jugé inacceptable. Vous êtes choqué par ces par ces grèves. Est-ce que est-ce que vous diriez qu'il faut restendre le droit de grève en France et en particulier sur ces périodes de l'année sensible ?

Moi, moi je souhaite surtout que le dialogue social fonctionne au sein de d'institutions comme comme la SNCF. Enfin, je crois profondément au dialogue social. J'ai été dirigeante d'entreprise dans une autre vie.

Je crois profondément que si on veut avoir là aussi des points d'équilibre et une confiance qui s'installe entre les salariés et les dirigeants, il faut du dialogue social. Donc attention aussi à ne pas remettre en cause inutilement parce que on veut aller trop vite à la conclusion les syndicalistes. Il faut qu'on ait ce dialogue social.

Mais effectivement euh je redis euh que je suis euh choquée que d'une certaine manière on attende le moment où les Françaises et les Français partent en congé pour euh faire levier sur euh sur la direction et faire une sorte de chantage. présume que vous avez lu la longue lettre que Jean-Pierre Farandou a adressé au cheminu une lettre trois ou quatre pages où il explique tout ce qui a été donné ces derniers mois, ces dernières années, l'évolution du pouvoir d'achat aussi pour les les cheminaux sur cette période d'inflation. Euh vous vous considérez que le le dialogue social n'est pas établi, que la confiance n'est pas là entre la direction et les syndicats ?

Non, au contraire. Et d'ailleurs euh je salue cette lettre euh de monsieur Farandou parce qu'elle elle montre bien euh qu'au-delà des caricatures peut-être qu'on peut avoir, il y a eu un vrai travail euh d'amélioration des conditions de vie et des conditions de rémunération à la SNCF. Il y a une réelle écoute et je souhaite que ce dialogue se poursuive de bonne fois.

Autre sujet, Fabrice ? Ben moi je le prix de l'essence hein parce que pour le coup le prix de l'essence a baissé à la pompe. Est-ce que c'est une bonne nouvelle pour l'écologie ?

Vous savez je crois que la mauvaise nouvelle pour l'écologie ou la mauvaise nouvelle pour la France c'est que nous sommes dépendants à 99 % de l'extérieur de l'international pour nous fournir en pétrole et que donc nous sommes obligés de commenter en observateur les variations du prix de l'essence. Ça monte, mon dieu, c'est catastrophique. Ça baisse, mon dieu, quel soulagement.

En fait, ça montre surtout que nous sommes dans une dépendance qui est insupportable et que nous n'avons pas notre destin en main sur cette énergie. Et c'est pourquoi il est aussi essentiel de produire notre propre énergie. Nous avons la chance en France d'avoir une électricité abondante produite de manière décarbonée.

Nous sommes un des premiers pays au monde à avoir une électricité décarbonée à 95 % grâce au nucléaires et grâce aux énergies renouvelables. Ce cette électricité est aujourd'hui en Europe à un prix plus compétitif que nos voisins et nous devons travailler à continuer à accompagner ce prix. Une grosse partie du prix que payent les Françaises et les Françaises, c'est des taxes.

Donc ce n'est ça n'a rien à voir avec la compétitivité de notre système électrique. Ce sont des taxes. C'est un point qui gagnerait à être regardé.

C'est dans cet esprit que vous entendez. Ça veut dire quoi qui gagnerait à être regardé ? Moi, je m'interroge sur le fait qu'aujourd'hui le gaz que nous importons de Russie, des États-Unis, euh d'Algérie, du Moyen-Orient soit moins taxé en France que l'électricité que nous produisons en France avec des entreprises françaises et des salariés.

Il faut baisser les taxes sur l'électricité. Je pense qu'il y a probablement un équilibre à trouver entre ces deux énergies et qu'il paraît illogique d'un point de vue économique comme social de taxer une énergie qui est importée qui moins ta de taxer moins une énergie importée qu'une énergie que nous produisons sur le sol français. Quoi ?

Il faut plus taxer les énergies importées ou il faut moins taxer l'électricité ? Il faut moins taxer l'électricité et probablement plus taxer le gaz en toute logique. Après, c'est des questions d'équilibre, d'équilibre de finances publ et et d'équilibre euh logique.

Mais taxer plus une énergie décarbonée fabriquée en France avec des salariés français et des entreprises françaises, franchement euh on marche sur la tête. Concrètement, c'est dans cet esprit que vous souhaitez demander avec le nouveau chancelier allemand que le nucléaire bénéficie du même niveau de taxation que les énergies renouvelable. Le nucléaire bénéficie déjà du même niveau de taxation que les énergies renouvelables.

Je rappelle que c'est moi qui me suis battu au niveau européen pour faire reconnaître l'énergie nucléaire comme étant une énergie qui devait être traitée sur le même pied que les énergies renouvelables. Donc de ce point de vue-là, ce que j'aurais plutôt à demander aux Allemands, c'est de pouvoir bénéficier de financement de la Banque européenne d'investissement au même titre que les énergies renouvelables. et d'avoir un hydrogène décarboné qui soit produit avec de l'énergie nucléaire soutenu au même titre avec les mêmes modalités de financement que de l'hydrogène produit avec des énergies renouvelables.

C'est effectivement une ligne constante que nous avons eu au sein de ce gouvernement. Pour poursuivre sur ce sujet cet après-midi à Luoc Sénat le débat sur la souveraineté énergétique de la France et il y a une personne qu'on entend beaucoup ces derniers temps, c'est Anne Lergon, l'ancienne patronne d'Aréval, géante du nucléaire. Elle a dit que le parc nucléaire actuel pourrait produire beaucoup plus et que si c'était le cas, l'électricité serait moins chère.

Est-ce que la France fait de mauvais choix énergétique ? Alors là, moi j'ai été stupéfaite de cette déclaration. Alors elle elle dit ça, ce qui est vrai puisque c'est exactement ce que nous disons nous dans la programmation pluriéannuelle de l'énergie.

Mais là où elle est stupéfiante, c'est qu'elle prétend que dans cette programmation, nous limitons la production de la du nucléaire. C'est faux. C'est écrit exactement le contraire.

On dit nous poussons au maximum nos capacités de nucléaire et d'ailleurs nous donnons un objectif qui est supérieur 400 TW à celui de production actuelle. C'est écrit noir sur blanc et c'est la personne dont on côté dont on connaît la gestion calamiteuse d'Areva qui était un de nos fleurons nucléaires qui prend aujourd'hui la parole sur les plateaux de télévision. C'est quand même assez saisissant.

Donc oui, il faut produire plus de nucléaires sur la base des réacteurs existants. Je rappelle que là aussi, c'est ce gouvernement qui euh s'est mobilisé pour demander à EDF un plan industriel pour augmenter la production d'électricité nucléaire que nous sommes passés de 280 TW, ces techniques à 4 à 360, c'est-à-dire + 30 % en 2 ans + 30 % de production nucléaire. Et évidemment, nous voulons continuer en ce sens et que nous avons, ce qui a l'air d'oublier madame l'aubergon, un exercice de remise à niveau de nos réacteurs nucléaires puisque nous sommes ce qu'on appelle dans le grand carénage. grand carinage.

Vous savez, tous les 10 ans, à partir d'un certain d'une certaine ancienneté de nos réacteurs, on refait une analyse du sol au plafond de nos centrales nucléaires pour vérifier que la sécurité est au maximum, pour réinvestir, remettre le maximum d'équipement de sécurité. Donc nous sommes dans cette phase là, ce qui explique qu'il y a des arrêts plus longs que de simple rechargement de nucléaire et elle paraît totalement ignorer cet exercice qui est majeur et qui est en train de se dérouler puisque et qu'est-ce qu'elle cherche à faire selon vous ? J'ai le sentiment que il y a beaucoup de frustration et de ressentiments à l'égard de DF qui date de son passage chez Areva et on connaît tous son combat contre monsieur Progliot qui à l'époque était à la tête de DF.

Enfin, les Françaises et les Français, ils n'en ont rien à faire de cela. Nous, ce que nous voulons et moi ce que je porte avec Marc Ferat, c'est une électricité compétitive, abondante, décarbonée et pas cher et pas cher et nous y travaillons de manière sérieuse et pas en racontant n'importe quoi sur les plateaux de télé comme elle le fait. Voilà, raconte n'importe quoi.

Euh Emmanuel Vargon, la présidente de la commission de régulation de l'énergie, elle plaide pour revoir légèrement à la baisse les objectifs d'électricité solaire et et éolienne. Est-ce que vous allez la suivre ? Alors oui, parce que euh justement notre ambition en matière de programmation pluriannuelle de l'énergie, c'est de constater euh depuis l'année dernière le chemin qui a été fait et je l'indiquais, nous avons massivement augmenté notre production d'énergie et d'électricité et de nucléaire, je l'ai indiqué, mais également de renouvelable.

C'est une très bonne nouvelle. Et donc il faut évidemment ajuster en fonction du rythme de l'électrification de notre économie. De la même manière que nous avons envisagé légèrement baisser là encore mon mon collègue Marc Feratcii publié récemment une mise à jour de la stratégie hydrogène en baissant légèrement les objectifs pour 2030.

Pas parce qu'on croit pas les à l'hydrogène mais tout simplement parce qu'on tient compte du rythme de développement. Donc vous allez baisser les objectifs de Solaire et d'éolien. Pardon ?

Parce qu'on tient compte aujourd'hui du rythme de progression. Donc nous allons prendre en compte la réalité de nos besoins qu' s'agisse de production par rapport à la réalité du rythme de de notre électrification. Ça va se traduire.

Ça va être quoi les nouveaux objectifs ? Ben, c'est ce que je vous indique, c'est-à-dire que encore une fois, moi euh mon travail, il est fondé sur la science, il est fondé sur les faits, il est fondé sur des données chiffré. Et donc lorsqu'on s'aperçoit que euh nous avons un rythme d'électrification euh de euh notre économie qui est légèrement ralentie par rapport à notre évaluation, on ajuste légèrement de manière à continuer à faire du renouvelable.

Mais attention, ça veut pas dire qu'on renonce au renouvelable. Là aussi, on tombe dans la caricature très rapidement. On a besoin de renouvelable puisque nous avons besoin de préparer le remplacement de nos réacteurs nucléaires qui vont arriver à un moment euh en en bout de en bout de course, que nous avons un programme nucléaire pour se faire et qu'en parallèle, on doit aussi électrifier tous les énergies fossiles, tous les usages fossiles que nous avons. qu'il faut beaucoup plus produire d'électricité dans les 20 ans qui viennent et que c'est un ajustement un peu fin entre les différentes sources d'électricité renouvelable et nucléaire.

Et j'insiste sur un point, il y a des électricités renouvelables qui sont parfaitement pilotables. Le biométal est pilotable, l'hydraulique est pilotable et là cessons d'opposer de manière vaine et inutile le renouvelable au nucléaire. L'ennemi c'est le fossile.

Autre sujet, la proposition de loi du sénateur LR Laurent Duplomb qui va revenir à à l'Assemblée nationale. Parmi les mesures, il y a une réintroduction de certains néonicotinoïdes. Elle a été votée au Sénat.

Est-ce que vous pensez pouvoir vous y opposer ? Écoutez, la position du gouvernement lorsque le Sénat avait euh proposé cette réintroduction était un amendement de suppression. Euh moi ce que je souhaite, c'est qu'on ait des vraies propositions pour les agriculteurs.

Euh cette proposition de loi euh sénatoriale avec ma collègue Annie Genevard, nous avons travaillé sur l'ensemble des articles et je crois pouvoir dire aujourd'hui que par rapport à ce qui était la proposition de départ, nous avons une proposition équilibrée. Il reste une difficulté qui est cet article 2 sur deux sujets et nous avons encore des scientifiques qui étaient inquiets hier. et sur lequel il faut qu'on trouve des solutions.

Je crois qu'on en a trouvé sur euh la l'exercice par l'encesse de ça sa liberté de conseil en tant que euh pôle scientifique qui justement nous accompagne hein. On parlait de la science en début euh d'interview. Bien, il faut que cette entité soit évidemment indépendante dans ses avis scientifiques, sinon on fait pas de de la science.

Ça n'empêche pas nous de prendre nos responsabilités administratives et politiques lorsqu'il faut prendre des décisions. Donc ça, on a trouvé une solution et on va corriger le texte. Et reste ce sujet des néonicotinoïdes sur lequel euh moi je je le dis euh très clairement, attention aux fausses solutions parce que je ne suis pas certaine que tel qu' est rédigé le texte, ça apporte une solution ni aux agriculteurs ni que ça joue en faveur de l'écologie.

On parle des ZFE Fabrice. Oui, on revient à un instant sur la voiture avec cette invitation que vous avait adressé le maire de Saint-Igénant de Jaillard dans le Loiret euh qui vous invitait à venir voir sur le terrain avec lui pour une façon taquine euh pour un stage de réalité rurale parce que vous avez reçu son invitation. Il a pour objectif de vous démontrer que les habitants en milieu rural ne peuvent pas faire autrement que de se déplacer avec leur voiture.

Alors moi, vous savez, j'habite à Lance. Je suis élue d'une circonscription avec une quarantaine de collectivités de communes rurales. Donc les leçons de gens qui vivent dans la ruralité, j'en ai pas besoin.

Je suis sur le terrain toutes les fins de semaine et j'ai besoin de ma voiture. J'étais pas au courant de cette invitation n'était pas arrivé jusqu'à moi. Elle a beaucoup circulé.

Il ait il a fait le buz. Bon comment on s comment comment Oui. Comment on sort de cette polémique autour des faible émission ?

Je je veux le dire très très clairement, les zones à faible émission et les restrictions de circulation ne concernent pas les communes rurales. C'est faux. C'est faux.

Et je trouve irresponsable de la part d'un certain nombre de responsables politiques de relayer ces euh ces mensonges parce que ça fait peur aux françaises et aux Français. Moi, je suis toutes les semaines sur le terrain et je l'entends toutes les semaines et je suis obligée toutes les semaines de dire aux gens de ma circonscription, vous n'êtes pas concerné, ça ne vous regarde pas. Et heureusement parce que je n'ai pas attendu ce ce monsieur pour savoir que moi j'en ai besoin de ma voiture quand je suis à lance.

Je suis bien placé pour le savoir. La la suppression des ADF a été votée en commission. Est-ce qu'il faut les rétablir ?

Est-ce qu'il faut les limiter ? Quelle est votre position ? Alors, je le redis.

De quoi parlons-nous ? On parle d'un sujet qui est un sujet de santé publique, beaucoup plus que d'un sujet de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Beaucoup de gens ont confondu les les deux choses.

Ça n'a rien à voir avec la baisse des émissions de gaz et effet de serre. Ça n'a rien à voir avec l'électrification des véhicules. Le sujet que nous avons, c'est que les voitures qui ont été construites il y a plus de 15 ans sont trois fois, quatre fois, cinq fois plus polluantes que les voitures qui ont été construites il y a 14, 13, 12, 11 ans.

C'est-à-dire des voitures qui sont déjà relativement anciennes. Ça c'est la réalité. Il y a une deuxième réalité, je renvoie aux études de santé publique France, moi j'ai pas la prétention d'être ni médecin ni scientifique qui évalue à plus de 40000 décès précoces euh des décès liés à la pollution de l'air.

Et ces décès se concentrent dans les zones où nous franchissons régulièrement des seuils de pollution. Il faut savoir qu'à dans l'agglomération de Paris et dans l'agglomération de Lyon, vous avez régulièrement des franchissements de seuil qui sont quatre fois quatre fois la norme de recommandé par l'Organisation mondiale de la santé. Donc c'est un vrai sujet.

Est-ce que ça veut dire que il faut interdire aux gens d'utiliser leur voiture ? Non. Non.

Et je suis la première à le dire et à le répéter. Je n'ai d'ailleurs pas été à l'origine euh des du texte sur les zones à faible émission, ce qui me donne une certaine liberté pour dire "Moi, je suis prêt à travailler avec les élus locaux". Je rappelle que ce sont eux qui définissent le périmètre, les dérogations, la liberté de circuler, les droits à circuler.

Mais je veux redire à ceux qui nous écoutent que évidemment on a le droit d'aller voir son médecin, évidemment on a le droit d'aller voir ses petits-enfants, évidemment il y a des dérogations pour les plus précaires et que surtout l'enjeu, c'est de donner des moyens de circuler à ceux qui n'en ont pas ou qui ont des moyens trop anciens. C'est l'enjeu du leasing social que je veux cibler sur les zones à faible émission. Le message est passé.

Merci Anagunch. Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Merci Fabrice.

À la semaine prochaine.