Matignon : l'été sans fin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 19 %Attaque 51 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 98 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:27OuverteRéponse directe
Pourquoi Emmanuel Macron n'a-t-il pas nommé Lucie Castel Première ministre pour qu'elle soit censurée rapidement ?
- 2:27RelanceRéponse directe
Dans n'importe quel régime parlementaire, on aurait fait ça. Pourquoi Macron ne l'a-t-il pas fait ?
- 3:33RelanceRéponse directe
Ne pas décrédibiliser la France sur le plan international, c'est un argument valable ?
- 4:48OuverteRéponse directe
Pourquoi Macron n'a-t-il pas mis en responsabilité Lucie Castel pour qu'elle-même évite la censure ?
- 6:13OuverteRéponse directe
Emmanuel Macron cherche-t-il un Premier ministre qui ne bougera rien ?
- 7:45OuverteRéponse directe
Que reste-t-il de démocratie dans notre système après les législatives ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:32IntervenantFait
« Dans n'importe quel régime parlementaire, on aurait fait ça. Et c'est vrai que ce n'est pas la voix qu'a utilisée Emmanuel Macron qui, encore hier, a dit à l'un des interlocuteurs qu'il a rencontré que Lucie Castel aurait décrédibilisé la voix de la France à l'international. »
- 2:58IntervenantFait
« il considérait qu'elle allait emmener le pays sur une voie qui allait détricoter sa politique sociale et économique depuis 2017. »
- 3:15IntervenantFait
« un Premier ministre, même sans Parlement, il peut faire beaucoup de choses avec des décrets. Il aurait pu reporter la promulgation d'un certain nombre de volets de la loi retraite. »
- 3:53IntervenantChiffre
« On a battu le record de durée en termes de gouvernement démissionnaire. On a battu le record de la cinquième depuis longtemps, de la quatrième, on vient de le battre. »
- 4:58PrésentateurFait
« parce qu'on n'est pas une démocratie parlementaire, parce que les coalitions ne savent pas ce que c'est. »
- 7:21IntervenantFait
« Lucie Castet tente de mettre un peu d'eau dans son vin à travers plusieurs interviews à Sud-Ouest, chez nous, dans le Parisien. Elle dit qu'il y aura des compromis, etc. »
- 9:22IntervenantFait
« C'était une sorte de campagne présidentielle bis avec trois blocs. Et les trois blocs sont suffisamment forts pour s'éteindre les uns les autres. »
- 11:23PrésentateurFait
« Est-ce qu'on est en train de faire quelque chose, là, en ce moment, en tergiversant ou en se concertant, comme le dit Blanche Leridon ? Est-ce qu'on est à deux doigts d'être contraire à la démocratie ou pas ? »
- 11:52IntervenantFait
« Là, s'il dit « je ne veux pas des uns et des autres parce que leur politique est contraire à ce que je veux », à ce moment-là, il est un président qui gouverne, il est un arbitre qui sélectionne. »
- 13:01IntervenantFait
« Le choix qu'il a fait, en effet, c'est de se poser au premier plan. »
- 14:33IntervenantFait
« Ce n'est pas seulement le président de la République qui a refusé de voir le RN, c'est aussi le RN qui a quand même été extraordinairement clair hier dans son analyse. Quand on lui demande c'est quoi les solutions, il dit qu'il n'y en a aucune, c'est le chaos. »
- 18:18PrésentateurFait
« il y a peut-être une petite brèche d'indulgence à l'égard des politiques qui va renaître à la rentrée, et un petit sursis. »
- 19:18IntervenantFait
« Votre raisonnement rend amer beaucoup de gens, la majorité sortante, parce qu'ils se disent qu'on aurait pu attendre des JO réussis. »
- 20:30AuditeurFait
« Nous avons un président qui ne respecte pas le résultat des législatives. »
- 22:14PrésentateurFait
« En Espagne, effectivement, le principe est très simple. Le roi désigne celui qui est arrivé en tête, quel qu'il soit. En l'occurrence, là, c'était le Parti Populaire. Le Parti Populaire s'est planté. Du coup, ça a été le PS qui, lui, a réussi à trouver un compromis et une coalition. »
- 24:25IntervenantFait
« De toute façon, tout profil qui a une ambition pour 2027 ne prendra jamais ce poste. »
- 37:14IntervenantFait
« il faut faire tomber le peuple fera tomber le roi Macron »
- 37:25IntervenantFait
« de l'ordre de la pré-émeute ou quelque chose comme ça »
- 37:31IntervenantFait
« on va aller marcher sur l'Elysée »
- 38:24IntervenantFait
« Emmanuel Macron reste dans l'histoire comme un président qui a fait deux dissolutions »
- 38:29IntervenantFait
« les deux dissolutions se sont soldées par des échecs »
- 38:47IntervenantFait
« je peux vous mettre la proportionnelle comme ça vous ne serez pas prisonnier des insoumis »
- 38:53IntervenantFait
« je peux ne pas m'engager à ne pas faire une deuxième dissolution »
Temps de parole
- Présentateur27 %
- Présentateur 222 %
- Intervenant21 %
- Intervenant 215 %
- Auditeur8 %
- Auditeur 23 %
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Un jour sans fin, c'est un peu le sentiment qu'on a tous, le jour sans fin depuis le 7 juillet, les résultats des législatifs parce que depuis, toujours pas de Premier ministre, comment vous dire, je ne vous résume pas les épisodes précédents ou alors très vite le nouveau Front Populaire qui met beaucoup de temps à se mettre d'accord sur un nom et puis Lucie Castel qui semble faire l'unanimité avant la trêve olympique et puis Emmanuel Macron qui entame après la trêve des consultations, elles sont toujours en cours mais au passage, il efface d'un trait l'hypothèse Lucie Castel pendant que le gouvernement gère les affaires courantes.
Nous qui sommes si peu habitués à ce genre de situation, on trouve que le temps est sacrément long. Est-ce qu'on est maintenant dans une trêve paralympique ? Le président semble dire qu'il donnera un nom avant la fin de la semaine mais attendons de l'avoir pour en être sûr. Alors, est-ce que nous sommes dans une impasse ? La solution est-elle technique avec un homme ou une femme hors des partis qui seraient là pour se laisser brûler les ailes ? On n'en parle plus, on verra si on l'a remis sur le tapis. Le président peut-il réellement imposer un nom, lui dont la formation est arrivée derrière le nouveau Front Populaire ?
Il y a encore mille questions et pas plus de réponses peut-être qu'au soir du 7 juillet mais enfin, c'est quand même par là qu'on commence notre discussion.
François, le premier, c'est vous et vous êtes le bienvenu. Bonsoir.
Bonsoir.
On vous écoute.
J'ai une question. Je ne comprends pas pourquoi Emmanuel Macron n'a pas nommé Lucie Castet première ministre pour qu'elle soit censurée rapidement et faire entre guillemets la preuve que ce n'était pas un bon choix pour ensuite nommer quelqu'un d'autre alors que là il apparaît comme ne respectant pas le verdict des législatives. Est-ce que Lucie Castet avait la possibilité de passer des réformes avant même de se présenter et d'être censurée ? Je ne comprends pas la démarche.
Eh bien, on va vous l'expliquer. Enfin, je ne sais pas si nos invités ont la réponse mais en tout cas, vous n'êtes pas tout seul, François, avec cette question. On est ravis que vous ayez commencé par là. Merci beaucoup. Pour discuter ensemble jusqu'à 20h, il y a Blanche Léridon. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes aussi directrice éditoriale de l'Institut Montaigne. Il y a Marcelo Vestrede. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes journaliste au service politique du Parisien. Et il y a Maxence Lambrecq. Bonsoir Maxence. Bonsoir Fabienne. Journaliste au service politique de France Inter. Et je disais, lequel veut répondre ? Peut-être que c'est vous, Marcelo Vestrede.
Il n'est pas tout seul avec cette question, François. Après tout, s'il a même le sentiment de l'envoyer au casse-pipe, pourquoi il ne l'envoie pas au casse-pipe puisqu'il y avait un nom ?
Dans n'importe quel régime parlementaire, on aurait fait ça. Et c'est vrai que ce n'est pas la voix qu'a utilisée Emmanuel Macron qui, encore hier, a dit à l'un des interlocuteurs qu'il a rencontré que Lucie Castel aurait décrédibilisé la voix de la France à l'international. C'est l'expression qu'il a utilisée. C'est-à-dire qu'il a considéré que cette personne qu'on lui a quelque part, que la gauche a voulu lui imposer le 23 juillet, qu'il ne connaissait pas, dont il n'a jamais quasiment prononcé le nom, il considérait qu'elle allait emmener le pays sur une voie qui allait détricoter sa politique sociale et économique depuis 2017. Donc il n'entendait pas le faire.
Et par ailleurs, même si Lucie Castel avait été nommée à Matignon, même si l'Assemblée nationale ne s'était pas réunie, un Premier ministre, même sans Parlement, il peut faire beaucoup de choses avec des décrets. Il aurait pu reporter la promulgation d'un certain nombre de volets de la loi retraite. Il aurait pu augmenter une partie du SMIC. Donc en fait, elle avait une marge de manœuvre. Il n'en a pas voulu. Il a joué la montre.
Parce que Maxence Lambrecq, ne pas la décrédibiliser sur le plan international, ou décrédibiliser la France sur le plan international, effectivement, ça paraît un peu filandreux, un peu spécieux. On sent bien que la crainte, c'est celle-là. Parce qu'on pouvait effectivement passer des décrets sans passer par la case vote à l'Assemblée nationale et donc détricoter la politique de Macron.
C'est très différent du régime espagnol, par exemple, où il y a un vote du Parlement avant tout, c'est-à-dire que le Premier ministre est choisi par le roi. Il y a d'abord un vote du Parlement. Si le Parlement le sanctionne, il ne peut même pas composer son gouvernement et prendre la moindre décision. Chez nous, c'est différent. À partir du moment où il s'installe à Matignon, il est nommé. Il a le pouvoir. Mais cette hypothèse, vous avez raison, François, elle a circulé. Certains ministres y étaient favorables en disant qu'il faut passer par là. Et on n'arrivera pas à quelque chose de stable.
On n'arrivera pas à décrocher une partie de la gauche sans une expérience malheureuse, sans un gouvernement qui dure trois semaines. Et d'ailleurs, encore aujourd'hui, et l'un des ministres démissionnaires m'en parlait il y a quelques minutes, il ne croit pas qu'Emmanuel Macron trouve la solution du premier coup. Ça ne marchera pas. Il est sûr qu'il faut une phase de test et qu'il faut quelque chose de brinque-ballant. Et Lucie Casté, ça aurait pu être ça, cette phase d'essai qui aboutit à quelque chose de plus stable dans les mois à venir.
Mais Blanche Léridon, en effet, est-ce qu'on ne peut pas se dire... Parce qu'effectivement, on peut comprendre pourquoi on ne sait pas faire, parce qu'on n'est pas une démocratie parlementaire, parce que les coalitions ne savent pas ce que c'est. Donc, il va falloir probablement, effectivement, s'y reprendre à plusieurs fois. Et j'ai envie de dire, est-ce que c'est grave, docteur, en fait ? Non, ce n'est pas grave. Il va falloir essayer. Moi, je voudrais reformuler un petit peu la question qu'a posée François, et effectivement que beaucoup se posent.
Pourquoi est-ce que, surtout, il n'a pas mis en responsabilité cette personnalité nommée par le nouveau four populaire, pour qu'elle-même essaie de ne pas se faire censurer du premier coup ? C'est-à-dire, non pas de miser de façon extraordinairement cynique sur une censure dans un temps très limité, mais sur sa capacité à elle, et la confiance qu'il aurait pu lui donner dans ce cadre-là, à aller chercher du compromis, des solutions, ou à minima, cette solution qu'a proposée le député socialiste de l'heure, M.
Brun, il y a quelques jours dans le monde, de faire un pacte de non-censure avec d'autres groupes, qui est une solution qui n'est pas très exaltante politiquement, mais qui, au moins, avait cette lucidité, cette rationalité qui permettait d'un petit peu de durabilité. Et puis, oui, on tente, ça marche, ça ne marche pas, puis on réessaie autre chose, ce n'est pas dramatique. Je crois qu'on a pu faire preuve de beaucoup d'imagination et de créativité politique durant ces dernières semaines et ces derniers mois. Il ne faut pas s'arrêter là.
En même temps, et avant de retourner au standard, Marcel Ovest-Fret, dans ce que dit Blanche Léridon, je me dis parfois que, de toute façon, il y aura des tricotages, d'une manière ou d'une autre. On a l'impression que ce qu'attend Emmanuel Macron, c'est un Premier ministre qui laissera en l'État les choses, qui ne bougera rien, qui avancera. Mais ça, c'est quand on a gagné des élections et qu'on a une majorité. À partir du moment où on n'en a pas... Est-ce qu'il n'est pas en train de rêver aussi le Président ?
Alors, là, vous touchez à une autre explication qui est plus psychologique. C'est vrai que lui a considéré que ses Premiers ministres avaient plutôt des profils, disons, collaborateurs, comme on aurait pu dire sous Nicolas Sarkozy. Quand, par exemple, un Premier ministre commence à prendre un peu trop la lumière, c'était arrivé avec Édouard Philippe pendant la crise sanitaire. À ce moment-là, il s'en sépare. Donc, il a un peu de mal à admettre que c'est effectivement une défaite électorale qu'il a subie et qu'il doit donc aller en cohabitation. Son entourage utilise une expression, il faut que ça ressemble à une cohabitation. Non, en fait, c'est un parfum de cohabitation.
En fait, c'est une cohabitation. Après, en jouant la montre, il a joué aussi autre chose. Il a misé sur le fait que le bloc de gauche pouvait à un moment se disloquer. Or, par rapport à ce qui vient d'être dit, c'est vrai qu'autour du 15 août, à un moment, Lucie Castet tente de mettre un peu d'eau dans son vin à travers plusieurs interviews à Sud-Ouest, chez nous, dans le Parisien. Elle dit qu'il y aura des compromis, etc. Et puis, très rapidement, elle est rattrapée par l'appareil, notamment Insoumis, et elle revient au corpus initial. Et donc, c'est plus difficile à ce moment-là de tendre la main et d'aller chercher d'élargir le périmètre.
Allez, Marie est avec nous. Bonsoir, Marie. Oui, bonsoir. On vous écoute.
Alors, moi, j'ai appelé parce que je me demandais, du coup, je suis assez écoeurée par ce qu'il se passe. C'est un peu révolté parce que je me demandais ce qu'il restait de démocratie, finalement, dans notre système. Parce qu'on a subi une séquence qu'on n'a pas demandée, avec un homme tout seul qui décide de ça. Tout le monde se met quand même en branle assez fortement et répond à la demande d'aller voter. On vote. Il y a un résultat avec un ordre d'arrivée. Et puis, derrière, on a tout de suite une séquence sur le message des Français qui me fait un peu rire parce que c'est comme si on était tous concertés en groupe avant d'aller chacun voter individuellement pour faire passer le message.
Vous voulez dire qu'on n'a pas fait de coalition nous-mêmes en votant, alors ?
Voilà, c'est ça. On n'a pas fait une grande réunion par vidéo avant d'y aller. Mais donc, ça occupe pas mal les gens d'écripter un message. Et je pense que c'est vain. Et il y a un résultat. Il y a un ordre d'arrivée. Mais cet ordre, il ne plaît pas. Et donc, si tout doit se passer, finalement, on rediscute après l'élection des grandes orientations. Parce qu'en fait, le problème, c'est que le programme d'une NFP ne plaît pas. Donc, on refait campagne après les élections.
Et si, finalement, tout se décide par des rencontres à l'élysée qui ne sont pas publiques et à coups de médias, à posteriori, des avis des uns et des autres qui n'ont pas plus de légitimité les uns que les autres, à quoi ça sert d'aller voter la prochaine fois, en fait ?
Merci, Marie, pour votre question Maxence Lambrecq sur la remarque de Marie.
Oui, mais la campagne elle-même était faussée. Donc, vous dites qu'elle était la part de démocratie. Mais au fond, la campagne n'était pas une campagne pour préparer une coalition. C'était une sorte de campagne présidentielle bis avec trois blocs. Et les trois blocs sont suffisamment forts pour s'éteindre les uns les autres. Et en effet, vous avez raison, personne ne s'est mis d'accord. Il n'y a pas de message, à part le rejet du RN. C'est la seule chose, je pense, qu'on peut retenir du soir du second tour. Et donc, rien ne permet de construire quelque chose, puisque les trois blocs se sont constitués avant, pendant la campagne.
Et qu'aujourd'hui, vous avez raison, le bloc arrivé en tête et le NFP, il n'est pas nommé, il n'est pas nommé, parce que 350 députés sont de l'autre côté, prêts à le censurer.
Après, Blanche Léridon ? Oui, je crois aussi que cet écoeurement et cette révolte dont nous a fait part Marie, elles sont partagées par énormément de nos concitoyens. Et à mesure qu'on va continuer ces tergiversations, ces consultations, c'est comme ça qu'on les appelle, derrière des portes closes, effectivement, avec peut-être un manque de transparence qui pourrait être reproché. En fait, tout ça participe à l'affaiblissement général du personnel politique dans son ensemble.
Et ça touche indistinctement l'ensemble des familles politiques, à l'exception peut-être du Rassemblement national qui a été très vite écarté et qui, lui, se tient prudemment à distance de ce chaos politique dont il accuse... Comme d'habitude, j'ai envie de dire. Voilà, et lui va se nourrir de ce chaos-là pour se renforcer et prépare assidûment une hypothétique dissolution et nouvelles élections législatives anticipées en juin 2025. Donc, je crois qu'il faut effectivement garder ça en tête. Le sursaut démocratique qu'il y a eu lors des élections de juin et juillet, il est quand même très fort.
On a parlé du Front Républicain, mais il faut aussi se souvenir de la mobilisation absolument massive et historique des électeurs dans le cadre d'une élection législative. Donc, il ne faut pas oublier cette séquence-là et surtout ne pas alimenter davantage cette défiance à l'égard du politique qui gangrène nos institutions depuis plusieurs années. Le problème, Marcelo Westfred, c'est qu'on est dans une situation qui est tellement inédite. Est-ce qu'on est en train de faire quelque chose, là, en ce moment, en tergiversant ou en se concertant, comme le dit Blanche Leridon ? Est-ce qu'on est à deux doigts d'être contraire à la démocratie ou pas ?
Ou est-ce que c'est tellement inédit, finalement, qu'on ne peut même pas dire ça, en fait ?
Alors, on a battu le record de durée en termes de gouvernement démissionnaire. On a battu le record de la cinquième depuis longtemps, de la quatrième, on vient de le battre. Mais ça, c'est des usages. Ensuite, la Constitution, elle ne fixe pas d'obligation au chef de l'État de choisir dans un délai et de choisir dans un camp particulier. En revanche, normalement, un président est censé présider et il y a un gouvernement qui gouverne. Là, s'il dit « je ne veux pas des uns et des autres parce que leur politique est contraire à ce que je veux », à ce moment-là, il est un président qui gouverne, il est un arbitre qui sélectionne. Ah ben, il est juge, j'ai parti.
Donc, c'est là où ça flirte un peu avec l'esprit de la Constitution. Mais, il n'empêche, on est encore dans les clous de la Constitution. Et c'est pour ça qu'y compris la France Insoumise, en lançant un processus de destitution, sait très bien qu'en fait, la Constitution ne lui permet pas de destituer le chef de l'État parce qu'en fait, il reste dans les clous, au moins formellement.
Mais quand il dit, Maxence Lambret, que je ne reçois, puisque là, dans les dernières consultations, il ne reçoit pas LFI, il ne reçoit pas... Est-ce que c'est le nouveau Front Populaire ? Non, non, c'est que LFI. C'est que LFI, pardon. Et pas le RN, ni Ciotti. Quand il dit « je ne reçois que ceux qui veulent œuvrer pour l'intérêt du pays », alors, il a totalement le droit de le dire, mais qu'est-ce que ça veut dire, en fait ? Tout le monde veut œuvrer pour l'intérêt du pays et chacun dans son couloir, en fait.
Oui, normalement, c'est plutôt au Premier ministre de recevoir qui il veut pour constituer son gouvernement et non pas au Président, de le faire en amont. Le choix qu'il a fait, en effet, c'est de se poser au premier plan. Ça relève aussi de tout ce qu'on voit depuis 2017 et ça ne nous surprend pas du tout. Mais là, le choix est terrible puisqu'il n'a plus en face de lui qu'un seul groupe d'opposition, Laurent Wauquiez. Et c'est donc le seul avec qui il reste encore autour de la table, Laurent Wauquiez, qui sera reçu demain à l'Élysée. Et donc, c'est vrai que le sens de ses consultations aujourd'hui et demain interroge. Il a déjeuné avec François Bayrou, qui le côtoie depuis dix ans.
Et autrement, il a très peu d'interlocuteurs avec lui, puisqu'il n'y a plus que la droite qui accepte d'aller à l'Élysée.
Alors, lui, évidemment, donne l'image inverse, c'est bien dans son intérêt, mais est-ce qu'il improvise, Emmanuel Macron, Blanche Laridon ? En tout cas, il avance au jour le jour, voire heure par heure. Alors, au-delà des parties que vous venez de mentionner, il a aussi, c'est cité dans le communiqué de l'Élysée d'hier soir, les personnalités se distinguant par l'expérience du service de l'État et de la République. Donc, il lui permet peut-être une petite dérobade et de mentionner d'autres personnalités issues d'autres camps. Et on pense notamment aux anciens présidents Nicolas Sarkozy, à François Hollande.
François Hollande, d'ailleurs, qui avait lui-même, qui aurait pu être soumis à une procédure de destitution en 2016. C'est intéressant de voir l'analogie entre les deux momentums. Donc, oui, il essaie d'élargir un petit peu. Alors, le refus de poursuivre les négociations, il fonctionne aussi dans les deux sens. C'est-à-dire, ce n'est pas seulement le président de la République qui a refusé de voir le RN, c'est aussi le RN qui a quand même été extraordinairement clair hier dans son analyse. Quand on lui demande c'est quoi les solutions, il dit qu'il n'y en a aucune, c'est le chaos. C'est le chaos du président. Donc, on comprend aussi qu'il y a une forme de réciprocité là, d'emblocage.
C'est idem pour la France Insoumise et pour d'ailleurs les autres membres du NFP qui, jusqu'à présent, et on va sûrement en parler parce qu'il y a eu dans la journée des petites évolutions du côté du Parti Socialiste avec un certain nombre de dissidents et notamment Hélène Geoffroy qui appelle Olivier Faure à poursuivre les discussions avec le président. Mais c'est vrai que sinon, le refus, il va dans les deux sens. Il n'est pas uniquement le président qui a décidé, dans sa toute puissance, de ne pas recevoir les uns ou les autres. Bonsoir Fabien.
Oui, bonsoir.
On vous écoute.
C'est pas une question, c'est une réflexion. Il faut savoir que je vote, déjà, à gauche, ensuite. Je fais la politique, mais globalement, on a vécu, tout le monde dit qu'on a vécu 15 jours d'allégresse, c'est magnifique, etc. Et depuis ce matin, tout le monde reparle, mais d'une façon assez insupportable, c'est-à-dire où il faut bloquer, où il faut destituer, où il faut insurrection. Enfin, on a limite l'impression de l'anarchie, c'est-à-dire, chacun veut faire ce qu'il veut comme il veut, et si ça ne passe pas, eh bien, on bloque. Donc, honnêtement, qu'est-ce que c'était bien quand il se taisait, quoi ? Autant je... Non, mais je... Non, mais j'entends ce que vous dites.
Depuis, on a l'impression qu'on est dans un système qui est bloqué, où tout le monde refuse les organes démocratiques. Tout le monde veut en entendre Casasso, c'est... Je veux bien discuter, ici, c'est ma version. Et qu'est-ce que ça fait du bien. Et ce matin, quand ils ont parlé, on a celle qui nous dit, les gars, il faut défiler en la rue. Le RN qui dit, non, il faut bloquer, il faut destituer. On était tellement bien, quoi. Et Dieu sait que je vote et que j'écoute la politique. Mais là, j'ai réalisé le bonheur que c'était d'avoir cette espèce de période de calme.
J'entends bien, oui. Si vous nous avez écoutés hier, on a parlé de joie et c'était bien. Un mot quand même, Fabien. Est-ce que, du coup, vous comprenez que le président prenne son temps ? Ou est-ce que vous voudriez maintenant qu'il lâche un nom et qu'on en finisse ?
Qu'il prenne son temps, c'est normal. On a trop été habitués à ce que la gauche prenne deux, trois semaines pour sortir un nom limite, un nom de Messi, au point que c'était évident que ce soit le Premier ministre. Ben non, c'était juste un représentant de la gauche, point barre. Et Dieu sait que, voilà, je soutiens. Mais qu'il prenne son temps, il y a énormément d'enjeux. On voit qu'actuellement, en France, des condis blancs, tout le monde défile. Parce qu'il fallait dire noir, des condis noirs, tout le monde défile. Enfin, c'est des sujets insolubles.
Merci, Fabien, pour votre intervention. Merci beaucoup. Ce qui nous dit Blanche Léridon, c'est un peu tout le monde dans le même sac, dans cette séquence-là, en fait. Pour le résumer rapidement, on cherche encore l'adulte dans la salle, quand même. C'est peut-être un peu ça, la conclusion. Exactement. Et puis, c'est intéressant que Fabien ait fait écho aux 15 jours d'allée Grèce, qui étaient les Jeux olympiques. Moi, de façon sûrement un peu angélique, je me disais que, grâce quand même à ces Jeux olympiques qui sont très bien placés, qui ont donné un sentiment de fierté nationale à énormément de nos concitoyens, et ça, sondage après sondage, on le voit, on le lit.
Je me disais, il y a peut-être une petite brèche d'indulgence à l'égard des politiques qui va renaître à la rentrée, et un petit sursis. C'est-à-dire, la fenêtre, elle était extraordinairement étroite, mais elle était là. Et il y avait peut-être un moment pour dire, bon, finalement, les Jeux, ça s'est très bien passé. Et c'est le résultat de quoi ? D'une politique menée par une maire socialiste, par une présidente de région LR, et par un gouvernement macroniste. Donc, finalement, regardez, ça fonctionne, donc on y croit, donc allez-y.
Je me disais, il y a peut-être ce petit sursis, cette fenêtre-là, et puis, comme l'a dit très justement Fabien, au bout de trois jours de reprise d'actualité politique, on se rend compte que non, avec, et c'est un peu ce que je disais tout à l'heure, tous dans le même sac, et ceux qui s'en tirent peut-être pas trop mal dans la séquence, c'est ceux qui sont exclus de toutes ces tergiversations et de toutes ces discussions, à savoir le Rassemblement National, qui, lui, de son côté, est en train un petit peu de faire le ménage dans ses troupes, a missionné un député européen pour réorganiser au niveau départemental. L'urène qui a besoin de temps pour se réorganiser.
Il en a besoin, il sait qu'il a ses huit mois et qu'il va avancer là-dessus. Donc, là encore, il faut qu'on soit vigilants là-dessus. Après, j'ai une question naïve, Marcel Le Vessrette, pardon, mais puisque ça fait deux mois maintenant, oui, deux mois, qu'on a voté, voilà. À quoi ça servait de dissoudre au mois de juin, si de toute façon, on en était là à la fin du mois d'août ? Donc, autant dissoudre au mois de septembre, enfin. Vous voyez ce que je veux dire ? Est-ce que ça ne rend pas encore plus nébuleuse les raisons pour lesquelles il y a eu dissolution en juin ?
Votre raisonnement rend amer beaucoup de gens, la majorité sortante, parce qu'ils se disent qu'on aurait pu attendre des JO réussis. Ce n'était pas la même dynamique que se prendre une deuxième claque en ayant annoncé une dissolution au soir d'un premier fiasco électoral.
Et c'est pour ça que je pose la question, parce qu'en effet,
un vote après les Jeux, peut-être que ça dit complètement autre chose. Ça aurait dit autre chose. le président aurait repris du capital politique, comme on aime à dire. Son image aurait peut-être un peu changé. On ne lui aurait pas reproché d'être en train d'essayer de faire de la récupération quand il est allé voir Teddy Riner ou Léon Marchand. Ça aurait changé. C'est sûr que ça s'appelait. Combien de ministres pensent ça ? C'est incroyable. En politique, il y a le Kairos, il faut faire les choses au bon moment. Cette dissolution, c'était une des deux cartes qu'il avait. Il avait le remaniement, il avait la dissolution. Il avait trois cartes. Le remaniement, il en avait fait maintes fois.
Il a utilisé cette deuxième carte-là, à ce moment-là. Mauvaise pioche.
On parle de politique, on parle de ce Premier ministre qu'on ne voit toujours pas arriver dans le téléphone sonne ce soir avec Marcelo Westfred du Parisien, avec Blanche Léridon de l'Institut Montaigne, avec Maxence Lambrec de France Inter, bien sûr, et avec Marc aussi qui est avec nous. Bonsoir Marc.
Oui, bonsoir.
On vous écoute.
Bon, brièvement, je voulais dire que nous avons un président qui ne respecte pas le résultat des législatives. Alors, on peut se dire que ça ne sert plus à rien d'aller voter. Est-ce que ce n'est pas un encouragement à l'abstention ? Et ça, je trouve que c'est grave quand même.
Merci pour votre remarque, Marc. C'est vers vous que je vais me tourner, Blanche Léridon. C'est le risque. C'est le risque. Ça rejoint ce que disait une auditrice précédente. D'autant plus qu'il y a énormément de gens qui se sont mobilisés et qui ne s'étaient pas mobilisés lors des dernières élections législatives. Donc, on va se dire à quoi bon ? C'est-à-dire que vous nous avez appelés à cette mobilisation massive aux urnes le 7 juillet. Tout ça pour ça. Et donc, effectivement, ça rejoint les questions de défiance qu'on évoquait précédemment.
On sait qu'il y a toujours un attachement des Français à l'élection présidentielle et qu'il y a une mobilisation qui reste importante pour ce scrutin-là. mais c'est aussi ce scrutin-là qui est responsable en partie d'énormément des blocages qu'on est en train de traverser aujourd'hui parce que tout le monde a en ligne de mire cette échéance présidentielle et ne veut pas se salir ou se compromettre dans un gouvernement de coalition avec les uns ou les autres. Et c'est vrai qu'il y a toute une réflexion qui doit s'engager sur nos institutions, nos modes de vote.
On parle énormément de la proportionnelle qui semblerait effectivement une option tout à fait bienvenue à envisager si un nouveau gouvernement arrivait aux responsabilités dans les jours ou les semaines qui viennent. Donc oui, cette question-là, cette question du vote, de la mobilisation, elle est cruciale. Mode de vote et puis, pour le coup, on regarde nos voisins qui sont dans des situations... Alors effectivement, la démocratie parlementaire ne fonctionne pas exactement de la même manière mais on n'a pas pu s'empêcher d'aller regarder. En Espagne, effectivement, le principe est très simple. Le roi désigne celui qui est arrivé en tête, quel qu'il soit.
En l'occurrence, là, c'était le Parti Populaire. Le Parti Populaire s'est planté. Du coup, ça a été le PS qui, lui, a réussi à trouver un compromis et une coalition. Les Belges ont un médiateur nommé par le roi, lui aussi, parmi le groupe qui est arrivé en tête, en l'occurrence, là, c'est le groupe le plus important du côté de la Flandre. Il va falloir qu'on, nous aussi, on invente quelque chose qui ressemble à ça, en fait, Maxence Lambrecq.
Il y a un chantier et puis il y a la volonté aussi, derrière tout ça, à la fin, pour Jean-Luc Mélenchon de pousser vers une sixième république et qu'en gros, que tout ce spectacle-là peut peut-être lui servir un jour pour aboutir à son projet qu'il porte depuis très longtemps. Mais évidemment que le calendrier joue aussi. Les législatives qui pourraient avoir lieu en juin prochain changent aussi un peu la donne et contraignent énormément. et tout le monde se dit, mieux vaut ne pas bouger pour être réélu et garder mon siège de député, bien sûr.
Et puis après, dans ce que j'entendais dans Marc, il y a aussi un petit côté, bon, ça fait 42 jours qu'il n'y a pas de gouvernement et alors, les enfants vont aller à l'école lundi, la police continue de travailler, qu'est-ce qui s'est passé ? Bon, est-ce qu'on en a vraiment besoin de tous ces ministres-là ? À quoi bon ? Il y a ça, on entend aussi ça. Petit à petit, on se dit, bon, quel est le poids aujourd'hui de nos politiques dans nos vies ?
Mais cette petite musique, elle est assez dangereuse d'ailleurs. Bien sûr. Parce que si, effectivement, l'ambition du président de la République, c'est de faire la démonstration qu'en réalité, on peut parfaitement se passer de gouvernement, c'est quand même un déni de démocratie qui est gigantesque. Et que donc, il faut des hauts fonctionnaires pour faire fonctionner le pays, ce qui est un peu triste. Mais quand même, elle est où, cette personnalité extérieure ? Enfin, ils sont où ? On s'aconsulte beaucoup avec les politiques, mais à aucun moment, est-ce que c'est une chimère ? Est-ce que ça ne viendra jamais sur le tapis ? Est-ce que ça fait partie des choses qu'on dit dans ces conditions ?
Et puis, il n'y a jamais eu aucune intention d'aller chercher quelqu'un d'extérieur, avec un peu de hauteur. Ça existe toujours, ça, Marcelo Westphred ?
D'extérieur, vous voulez dire qu'il y a une personnalité consensuelle ?
Oui, enfin, consensuelle. À ce stade, j'ai envie de dire une personnalité, plutôt. Non, mais c'est ce que je disais en introduction, quelqu'un qui peut se brûler les ailes, en fait. C'est ça, l'idée. Quelqu'un qui peut se cracher. Et quelle importance ? Parce qu'il n'y a pas d'ambition derrière qui serait une ambition politique.
De toute façon, tout profil qui a une ambition pour 2027 ne prendra jamais ce poste. Donc, il faut soit quelqu'un en fin de carrière, soit quelqu'un qui n'a rien à prouver, soit une personnalité qui a tellement d'égo qu'elle se pliera au jeu. Après, elle se prêtera au jeu. Après, la question est d'abord le périmètre, parce qu'il faut d'abord résister un petit peu, et ensuite, vous trouverez des personnalités. Ça, vous pouvez en trouver. Moi, je trouve quand même, je rebondis sur ce que Blanche a dit tout à l'heure, il s'est passé aujourd'hui quelque chose, à mon avis, qui est quand même un peu déterminant, ce qui s'est passé au Parti Socialiste.
Ça fait longtemps qu'on n'a pas commenté une actualité au Bureau National. Ça, c'était il y a quelques années. C'était là que ça se passait. Emmanuel Macron, en jouant la montre, il irrite énormément, parce qu'on a entendu les auditeurs dire qu'il n'écoute pas la démocratie, je vous la montre, etc. Oui, mais il joue un jeu tactique, peut-être cynique ou pas.
Il attend que le nouveau Front Populaire se fissure.
Oui, sauf que jusqu'à maintenant, ça n'était jamais arrivé. Et ce qui vient de se passer aujourd'hui, me paraît quand même très important. C'est-à-dire qu'un Bureau National, qui a duré trois heures, qui a été demandé par l'opposition à Olivier Faure, mais par quasiment 50% du parti, qui c'est presque la moitié, qui, dans le discours d'Hélène Geoffroy, il est assassin pour Olivier Faure. Elle remet en cause la stratégie. Elle dit, Lucie Castel, on n'a jamais choisi, on n'a jamais été informé, on n'a jamais adoubé ce choix à consulter.
Et donc, là où le matin, on avait encore une formation en PAC de la gauche, on a trois heures ou quatre heures plus tard, le Parti Socialiste, qui se disloque sur ce sujet-là, avec des élus hors micro, qui disent, on pourrait peut-être trouver, négocier avec le chef de l'État, pour ne peut-être pas participer, mais ne pas censurer, en obtenant un certain nombre de choses. Ça change tout, parce que c'est ça, le pari tactique d'Emmanuel Macron.
Mais c'est aussi ce que j'allais vous demander. Est-ce qu'au fond, on cherche depuis le début à trouver la coalition qui pourra gouverner, mais est-ce que le plus important, c'est surtout de trouver le nombre suffisant qui ne vous démontra pas au bout de trois semaines, en effet ? Est-ce qu'on ne fait pas les choses à l'envers ? Exactement, c'est un peu ce que j'évoquais tout à l'heure, cette proposition du député patrisocialiste, justement, de l'heure, M. Brun, de trouver un pacte de non-censure, c'est-à-dire d'inverser totalement la dynamique et au lieu de chercher des points d'accord programmatiques, de se mettre d'accord sur les désaccords et de ne pas les franchir.
Mais je comprends que politiquement, ce ne soit pas la proposition la plus exaltante qui soit dans le débat aujourd'hui. Mais c'est vrai que ce qui se passe au Parti Socialiste peut éventuellement faire avancer les choses. On a beaucoup dit que l'ambition d'Emmanuel Macron depuis la dissolution, c'était de faire éclater la gauche et qu'à mesure qu'il accentuait ses efforts pour la faire exploser, elle se rassemblait, elle se resserrait et donc que ses efforts étaient totalement contre-productifs. Lui joue peut-être encore sur cette espèce de... Il va persister jusqu'au bout pour tenter de faire imploser cette famille. C'est vrai qu'il y a eu de premières brèches aujourd'hui.
Vous avez dit hors micro, mais aussi au micro, parce qu'au-delà d'Hélène Geoffroy, on sait que des gens comme Nicolas Maillard-Rosseignol ou le secrétaire national du PS, Sébastien Vincini, qui est aussi conseiller départemental de Haute-Garonne, lui aussi, alors n'a pas appelé de façon aussi explicite que l'a fait Hélène Geoffroy à reprendre les discussions, mais en tout cas à s'émanciper de ce qu'il qualifie de tutelle pour lui désastreuse de la France insoumise sur le NFP.
Hélène Geoffroy a dit cette phrase et elle l'a même tweetée. C'est pour vous dire si elle assume. Elle dit « J'assume qu'il nous faut reprendre les discussions avec le président de la République. » C'est la position diamétralement opposée à celle d'Olivier Fort il y a quelques jours.
Mais est-ce que ce n'est pas la position de l'opinion aussi, Maxence Lambrec ? On a beaucoup entendu là au fil des téléphones mais comment se fait-il qu'ils n'arrivent pas à négocier, à se mettre d'accord, etc. Est-ce qu'à la fin, celui qui gagne ce n'est pas effectivement celui qui finit par ouvrir la discussion ?
Bien sûr. À mes yeux, c'est une première étape ce qui s'est passé en bureau national tout à l'heure. Il n'y a pas eu de vote. Ce n'est pas non plus une scission du PS en direct. Mais bien sûr que l'opinion commence à peser lourd et à la fin, c'est ce qui s'est passé sur la réforme des retraites. L'opinion a quand même à peser lourd. Mais les hommes de bonne volonté, bon, il n'y en a pas non plus tant que ça qui viennent à l'Elysée, qui viennent dire moi je suis prêt à être le médiateur parfait pour... Je n'ai plus aucun égo, je suis prêt à me sacrifier. La liste est relativement courte pour l'instant. En tout cas, moi je ne sais pas. Vous voulez dire que
je n'ai plus aucun égo en politique que ça n'existe pas ?
Non mais j'ai peu de noms de personnes qui sont en effet prêtes à tout donner et à se sacrifier pour un accord.
Allez, retour au standard avec vous Philippe. Bonsoir.
Oui, bonsoir.
On vous écoute.
Voilà, alors moi je ne suis pas d'accord du tout sur cette histoire de déni de démographie. Quand on regarde un petit peu, même pas les députés, mais les votants, la France ne vote pas à gauche, la France vote au centre, à droite et au...
Est-ce que vous êtes encore là, Philippe ? Je crois qu'on l'a perdu. Et au RN, mais enfin, ce qu'il dit notre ami Philippe, c'est que de toute façon, la France vote à droite. Voilà, droite ou centre-droite. Donc, insister de la part du nouveau frau populaire, parce que j'ai sa question sous les yeux, n'a pas vraiment de sens en fait, parce qu'au fond, la France est à droite.
C'est le constat d'Emmanuel Macron et c'est ce qu'il convainc à continuer sur sa voie et à se dire que l'opinion est plutôt en effet au centre-droit et qu'on ne peut pas revenir sur ces sept années et sur cet héritage d'un coup de stylo et que Lucie Casté n'était pas la bonne personne parce que le pays n'attend pas, en effet, majoritairement la politique du nouveau Front populaire qui, pour le coup, assumait une ligne très à gauche dès le départ.
On lui redonne les chiffres peut-être du Camembert de l'Assemblée Nationale 182 pour le nouveau Front populaire
168 pour l'ancienne majorité
45 pour les Républicains hors Ensemble et 143 pour le RN pour le Rassemblement National absolument. Il y a cette question sur WhatsApp, tiens, c'est pour vous Maxence. Est-ce que votre journaliste politique peut nous décrypter ce qui s'est passé entre Renaissance, le Modem et Horizon, Horizon et la droite non-ciotiste depuis deux mois ? Est-ce qu'ils ont bossé à essayer de faire quelque chose ou est-ce que tout le monde glande depuis deux mois dit Samuel ?
C'est bien ça. Alors certains sont partis un peu en congé, c'est sûr. Il n'y a pas eu d'énormes efforts notamment de Gabriel Attal pour monter un pacte à côté et ce qu'il a listé dans son pacte législatif c'est quasiment son discours de politique générale un petit peu modifié mais il y a eu assez peu d'efforts et de travail. Il y a eu beaucoup de divisions entre eux.
D'ailleurs, ils se disent là que la suite ça peut conduire à un morcellement encore plus fort et qu'Horizon se détache encore un peu plus et qu'Édouard Philippe commence à faire entendre d'autant plus sa voix pour la prochaine présidentielle que le modem se détachait déjà avant les législatives anticipées et qu'il va continuer de le faire. Donc non, on ne peut pas dire qu'il y ait eu un grand travail. Il n'y a pas eu de réunion d'ailleurs. Il n'y a même pas eu une réunion d'intergroupe entre Ensemble pour la République, c'est le nouveau nom de renaissance, Horizon et le Modem.
Cette réunion n'a jamais eu lieu depuis le 7 juillet, ce qui est en effet la preuve que tout ne se passe pas tout à fait comme avant.
Et même au sein d'EPR, pour reprendre l'acronyme qui les désigne désormais, il y a des dissensions internes qui sont fortes. On sait qu'il y a un certain nombre de députés. C'est vrai qu'Ensemble pour la République, ça fait EPR et évidemment, ça sonne très bizarre. Je vous en prie, pardon. Il y a une douzaine de députés sur les 99, parce que là, ce que vous avez mentionné dans les chiffres, ce sont les coalitions et pas les groupes politiques. Et ça, c'est important. Le premier groupe politique, ça reste quand même le Rassemblement National.
Mais donc, au sein de ce groupe Ensemble pour la République, qui contient 99 députés, je crois qu'il y en a une douzaine qui se sont assis comme apparentés, c'est-à-dire qui n'adhèrent pas non plus totalement à la ligne de leur groupe. Et on sait qu'il y a un congrès qui doit avoir lieu avant le mois de novembre pour nommer le futur président ou la future présidente du groupe. Pensez qu'Elisabeth Borne c'est déjà du parti, pardon, c'est déjà positionné et ça va pouvoir aussi peut-être accentuer un certain nombre de dissensions internes pour un parti qui s'interroge à raison sur son avenir politique pour les prochains mois. Voici Pascal qui est au standard avec nous. Bonsoir Pascal.
Oui, bonsoir. On vous écoute.
Alors, ma question est partie du mot procrastination pour désigner ce que fait en ce moment le président de la République.
mais plutôt que de psychologiser son attitude est-ce qu'on ne pourrait pas enfin moi je me suis posé la question de savoir si ça n'est pas le manque de culture politique de Macron de notre président c'est-à-dire qu'il n'a franchi aucune des étapes que tous les hommes politiques les hommes et les femmes politiques ont franchi autour de lui à savoir appartenir à un parti se battre pour d'émotions défendre une opinion grimper je ne sais pas au conseil municipal puis au niveau législatif etc il n'a franchi aucune de ces étapes ce qui fait que au moment où il doit prendre une décision à propos d'un compromis au niveau national il est désemparé il ne sait plus quoi faire parce que jusque-là il n'a pas cette culture du débat politique dans lequel il aurait pu être malmené contredit etc il a été élu et puis depuis il pense que ça devait rouler comme ça alors c'est un peu psychologique mais j'ai l'impression que ça ressemble à ce dont vous débattez en ce moment
Merci pour votre question votre remarque Blanche Léridon est-ce qu'il n'a pas l'habitude Emmanuel Macron ou est-ce que c'est nous n'avons pas la politique française n'a pas l'habitude de toute façon il n'a pas cette culture politique qu'il faut dans ce moment Elle est très intéressante la question de Pascal parce qu'effectivement il dit ce qu'on reproche aujourd'hui au président c'est sa procrastination ce qui est un immense paradoxe parce qu'on lui a toujours reproché au contraire d'aller beaucoup trop vite de brutaliser de contourner les corps intermédiaires et là on renverse totalement l'accusation donc c'est intéressant de voir ce champ lexical-là s'imposer aujourd'hui Il y a une de vos confrères du Monde qui a fait un article un édito très intéressant cet après-midi et qui a rappelé un fait que j'avais oublié c'est qu'au moment du vote de la loi Macron quand Macron était ministre de l'économie sa loi et il semblerait qu'il en était très ému a dû être adopté au 49.3 et il y a peut-être là si on poursuit dans la dimension un petit peu psychologisante et de symboles c'est-à-dire que son initiation à la vie politique parlementaire elle s'est enterrinée par un 49.3 et donc un contournement enfin je vais un peu vite mais du Parlement et donc peut-être alors il y a deux conclusions qui auraient pu en être tirées c'est peut-être de vouloir tout faire dans la suite de son parcours politique pour éviter ce type de blocage ou au contraire c'est une sorte de malédiction qui reviendrait aujourd'hui en tout cas c'est sûr que ni le président de la République ni la classe politique dans son ensemble n'ont cette culture alors du compromis plus que de la coalition parce qu'en réalité qu'est-ce que c'est que le nouveau fond populaire c'est une coalition et qu'est-ce que c'est que le groupe je ne sais plus comment il s'appelle en tout cas l'ensemble c'est aussi une coalition de plusieurs parties qui ont des divergences etc donc il ne faut pas non plus sur-estimer EPR vous l'avez dit vous-même EPR c'est le
du parti ah oui c'est vrai le parti, le groupe pardon oui oui autant pour moi
autant pour moi il nous reste Laurent qui est avec nous au standard on a un peu de temps pour vous Laurent et on est ravis de vous entendre allez-y
oui bonsoir c'était juste une réflexion on a fait la réforme des retraites on était dans la rue il y a eu d'énormes manifestations très violentes là on vote moi je vote et puis il n'y a rien qui se passe donc on va repartir sûrement manifester dans la rue ça va être encore très violent donc moi je ne sais plus quoi faire franchement je suis dégoûté par tout ce monde politique on sort des Jeux Olympiques bien sûr c'était super bien et là on est encore dans la panade c'est vraiment désolant désolant
le risque réel Marcelo Westfred que ça se termine dans la rue il fait la comparaison avec la réforme des retraites Laurent
alors c'est vrai qu'on sortait de scrutin la participation en hausse voire record donc c'est vrai que c'est un peu décourageant pour certains et que les appels à la manifestation du 7 octobre ont été formulés parfois par certains élus 7 septembre pardon de façon qu'est-ce que je dis ?
7 octobre 7 octobre
parce qu'évidemment on confond avec notre date du 7 septembre ont été formulés parfois de manière un peu insurrectionnelle c'est il faut faire tomber le peuple fera tomber le roi Macron on entend ça il y a des tweets d'élus qui disent ça pour l'instant donc il y a un appel à quelque chose qui est un peu de l'ordre de la pré-émeute ou quelque chose comme ça qu'on avait entendu un petit peu au moment des gilets jaunes en mode on va aller marcher sur l'Elysée pour l'heure qui appelle à voter on verra si ça fait boule de neige pour l'instant c'est LFI à marcher le parti socialiste à marcher le parti socialiste pour l'instant n'appellera pas à marcher et la CGT hésite elle décidera demain mais pour l'instant c'est une initiative qui semble quand même plutôt cantonnée à la France à soumise et les écologistes suivent Marine Tondelier ce soir dit oui à la marche
donc les verts finalement
vont à la marche et les communistes vont à la marche donc en tout cas la gauche n'ira pas ensemble et les syndicats se tâtent pour savoir s'ils embrayent ou pas
est-ce que tout ça nous dit et ce sera la dernière question que de toute façon et quelle que soit la configuration il ne peut pas ne pas y avoir une nouvelle dissolution en juillet prochain ou pas tel qu'on est parti là
pardon les amis si Emmanuel Macron reste dans l'histoire comme un président qui a fait deux dissolutions et qui les deux dissolutions se sont soldées par des échecs il ne laissera pas dans l'histoire l'image de quelqu'un qui a réformé etc donc il peut être tenté de ne pas prendre ce risque là et par ailleurs il peut en faire aussi un argument dans la négociation en disant aux socialistes si vous nous aidez si vous êtes des alliés en soutenant ou en soutenant implicitement un je peux vous mettre la proportionnelle comme ça vous ne serez pas prisonnier des insoumis et deuxièmement je peux ne pas m'engager à ne pas faire une deuxième dissolution comme ça vous ne repasserez pas devant les électeurs
et l'héritage pour Emmanuel Macron c'est important et l'héritage pour Emmanuel Macron
et l'héritage pour Emmanuel Macron