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InterviewAvec Édouard (Horizons)· 4 juin 2025 27 minComplaisantActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesRetraitesImmigration & asile

Édouard Philippe est l'invité du Grand Entretien sur ‪@FranceInter - 04 juin 2025

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Diriez-vous que ce livre est un renversement de table ?

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Les mensonges de qui ? Des politiques, des médias ou des Français ?

  • 1:45RelanceRéponse partielle

    La colère est le carburant des populistes. Vous reprenez leur terrain ?

  • 3:00OuverteRéponse partielle

    Vous parlez d'un modèle social inversé, d'une école qui ne remplit plus sa mission. Rien ne va en France ?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Vous proposez de relever l'âge légal à 65-67 ans. Quelle est votre proposition sur les retraites ?

  • 6:30OuverteRéponse directe

    Vous êtes favorable à une immigration choisie avec des quotas par métier ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:00Édouard PhilippeFait
    « Je suis en colère. Je ne m'énerve pas mais je suis en colère. »
  • 4:45Édouard PhilippePromesse
    « Il faut relever l'âge légal du départ à la retraite à 65, 66 voire 67 ans. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[Musique] Franceerre, Léa Salamé, Nicolas de Morandon, le 710. Et avec Léa Salamé, nous recevons ce matin un ancien premier ministre, maire du Havre, président du parti Horizon. Il publie le prix de nos mensonges chez JCAs.

Vos questions et réactions au 01 45 24 7000 et sur l'application Radio France. Édouard Philippe, bonjour. Bonjour.

Bonjour. Et bien bienvenue sur Inter à ce court livre incisif, percutant, nerveux et sans doute celui qui dévoile le plus précisément ce que vous pensez. C'est un livre de colère, une sorte de penflé.

Vous y posez un certain nombre de convictions et de propositions. Diriez-vous que c'est un livre où le grand gars impassible fend l'armure et où il renverse la table ? Je dirais que c'est un livre que j'ai écrit parce que j'étais en effet en colère.

Alors, il y a des gens quand ils se mettent en colère, ils viennent tout rouges, ils crient très fort. C'est pas du tout mon genre. Moi, j'ai plutôt des colères froides.

Je suis pas sûr qu'elles soient euh moins intenses, mais elles sont beaucoup plus froides. Et euh et cette colère, elle vient du constat de ce que insuffisamment dans notre débat public, nous ne regardons la réalité en face. Très souvent, nous nous racontons des histoires.

Nous avons une exceptionnelle capacité à nous raconter des histoires, avoir la réalité, non pas telle qu'elle est, mais telle que nous préférerions qu'elle soit. essayer de trouver les raisonnements qui justifient euh des idées que nous aimerions voir prévaloir et et je trouve que le constat entre ce qui est et ce que nous disons est préoccupant et et nous interdit de prendre les bonnes décisions. En tout cas, c'est un livre qui répond à ceux qui disent qu'on ne sait pas ce que vous pensez vraiment, que vous avez une aversion à descendre vraiment dans l'arène, à ceux qui disent que vous vous cachiez un peu, que vous vous planquiez un peu.

Là, vous dites les choses sans filtre. La première phrase a du a le mérite de la clarté. Je suis en colère.

Je ne m'énerve pas mais je suis en colère. Le titre aussi, le prix de nos mensonges. Euh c'est ça aussi, ce sont ces mensonges qui vous mettent en colère.

Les mensonges de qui ? Et les mensonges sur quoi ? Les mensonges des politiques ?

Vos mensonges à vous, nos mensonges à nous euh journalistes ou les mensonges de tous les Français qui se montent à eux-mêmes et se racontent des histoires ? Alors, c'est pas c'est pas un livre où je où j'accuse tel ou tel de mensonge. Quand je dis le prix de nos mensonges, c'est les mensonges que nous nous racontons à nous-même. sans doute une part de responsabilité, je l'assume très bien, mais je pense que au-delà de la responsabilité de telle ou tel, au-delà de la responsabilité de la classe politique comme on l'appelle parfois ou des médias qui préfèrent souvent la petite phrase à la grande idée, je crois qu'il y a quelque chose dans notre dans notre pays, dans notre débat public qui euh qui n'est pas suffisamment fondé sur les faits et beaucoup plus sur l'éditorialisation, sur le récit.

D'ailleurs, regardez comment ce terme de récit a été propulsé sur le dans le débat public. On fait des récits surtout maintenant. On éditorialise, on dit ce qu'on pense, on dit sa vérité.

Moi, ce qui me paraît important, c'est de partir des faits. Je l'ai fait sur quelques sujets qui me paraissent importants, qui ne font pas la enf la somme de tous les sujets qui sont importants, mais qui me paraissent important. Je l'ai fait notamment sur un sujet qui me paraît essentiel qui est la prise en compte de la démographie.

Parce que pour le coup, la démographie, la démographie, c'est-à-dire l'évolution de d'un peuple, l'évolution numérique notamment d'un peuple détermine assez largement notre destin et nous ne regardons pas et nous ne tirons pas les conséquences de ce qui se passe sous nos yeux et que nous savons et c'est ça qui me met en colère et qu'il faut changer si on veut pouvoir s'adapter et prendre les bonnes décisions. Maintenant, un mot encore sur cette colère, Édouard Philippe, vous le savez bien, elle est le carburant des populistes. C'est souvent l'émotion sur laquelle il surf qu'il réussisse le mieux à capter et à exploiter.

Est-ce que vous allez aussi sur ce terrainlà, le terrain des populistes en leur reprenant leur carburant ? D'ord, d'abord, je je vais vous dire Nicolas de Mar, la colère c'est humain. Euh, il faut faut pas être Mais il y en a un usage politique aussi. pas être populiste pour être en colère.

On a le droit d'être en colère. Il y a des gens en colère pour des raisons qui sont d'ailleurs très diversé avec populist en colère. Oui.

Ouil la colère. Moi je dis que la colère c'est une forme de moteur à réaction. C'est ce qui vous permet d'avancer.

Ensuite un moteur ça n'a d'utilité que lorsque vous savez où vous voulez aller et là il peut y avoir des différences. Vous listez Pelmel un débat public concernant de médiocrité. Un modèle social qui a inversé la solidarité entre les générations, un état inefficace, une démocratie qui est malade, une école qui ne remplit plus sa mission, une justice qui dysfonctionne.

Vous parlez d'impuissance publique, de renoncement politique, de désenchantement démocratique. Il y a des choses qui vont bien en France aujourd'hui Édouard Philippe, dans cette France gouvernée, je le rappelle, par Emmanuel Macron depuis 8 ans dont vous avez été le premier ministre pendant 3 ans à vous lire. On a l'impression que rien ne va.

Non. D'ailleurs, vous avez s vu que dans d'autres passages du livre, je dis que en dépit de ces sujets qu'il faut aborder lucidement parce qu'ils sont sombres, il y a aussi une capacité de rebond qui est exceptionnelle dans notre pays. Je parcours la France depuis maintenant plusieurs années.

Je connais ma ville, le Havre dont je suis le maire. Je parcours le pays, je rencontre partout en France, mais vraiment partout en France, euh euh des femmes, des hommes qui ont une énergie, une capacité de rebond qui sont des pépites exceptionnelles. Je ne supporte pas le discours décliniste.

Je suis totalement convaincu que la France peut rebondir. Mais je suis convaincu et c'est l'objet du livre que pour rebondir, il faut regarder la réalité en face et que nous avons des problèmes que nous rons il y a il y a beaucoup de choses dans la réalité qui ne vont pas. regardons-les en face, prenons les décisions qui s'imposent sans nous raconter d'histoire, sans sans dire euh que la France est euh euh écrasée par une politique d'austérité alors qu'elle a le plus haut niveau de dépenses publiques des pays de l'OCDE.

Voilà, immobilisme raconter des blagues. Ce qui est très clair dans votre livre, pardonnez-moi de vous le dire, c'est que vous écrivez clairement que les élans réformateurs d'Emmanuel Macron et que vous comparez à Nicolas Sarkozy d'ailleurs sur sur ce sujet ont été stoppé net par les grandes crises. La grande crise financière de 2008 pour Nicolas Sarkozi, le Covid pour 2020.

Le Covid c'était il y a 5 ans et globalement vous le dites, vous l'avez déjà esquissé dans une interview au point il y a quelques mois qui se passe rien depuis 5 ans. Vous écrivez "Aurait-il pu se relancer après ? Aurait-il dû ?

Pourquoi Diable ne l'ont-ils pas fait ?" En visant Emmanuel Macron et Nicolas Sarkozy ? Ça veut dire quoi ?

Que depuis 2020, il s'est rien passé en gros en France que il a manqué de courage ? Non, moi je suis pas du tout là pour attaquer tel ou tel. Je constate les faits.

Nicolas SarkoZi en 2007 s'est fait élire sur un programme de rupture sur une campagne incroyablement audacieuse et ambitieuse aussi. Et puis il a été confronté à la crise en 2008, c'est pas lui qui l'a fait venir. Il l'a d'ailleurs à s'agissant du court terme plutôt très bien géré.

Et ensuite ensuite bah l'élan réformateur qu'il avait animé et sur lequel il s'était fait élire, stopé, on a pris un sacré coup d'abord parce queil avait plus beaucoup de marge de manœuvre. Et je constate que Emmanuel Macron après 2020, après la crise Covid, en tout cas après la première phase du Covid, c'est au moment où vous quittez le gouvernement ou et ben et le l'élan réformateur de 2017 à 2020, il faut bien reconnaître qu'il s'est assez largement calmé. D'abord probablement parce qu'il préparait sa réélection en 2022 et ensuite parce que en 2022 au moment de l'élection présidentielle, on peut pas dire que le programme était d'une clarté totale, que les engagements étaient d'une d'une audace considérable. absence de majorité en 2022, majorité relative, encore plus d'absence de majorité en 2024.

On a donc un pays dont objectivement, il faut bien constater, qui ne se passe rien, qui se passe pas grand-chose. C'est c'est Attendez, soyons clair. L'absence de majorité interdit de fait, et chacun le constate, les grandes réformes dont nous aurions besoin.

Quand je le dis, je ne m'en réjouis pas. Je suis pas du tout heureux de cette situation. Je la déplore très largement mais je la constate parce que de fait c'est ce qui est en train de se passer.

Et donc euh euh donc la France ben elle elle fait des phrases, elle prend des initiatives législatives à travers une collection de proposition de loi qui sont individuellement intéressantes ou pas intéressantes. Mais il y a pas de grands projet, il y a pas de grand souffle, il y a pas de grande réforme et personne personne madame Salamé ne pense une seconde dans ce pays aujourd'hui qu'on est en train de préparer l'avenir. Personne.

Xavier Bertrand vous a répondu. Édouard Philippe aurait dû manifester sa colère quand il était premier ministre. Lui et d'autres sont comptables du recul de l'autorité, de l'explosion de la dette, de la déconnexion avec les Français.

Alors, il nous rejoue la rupture de Nicolas Sarkozi. Mais n'est pas Nicolas Sarkozy qui veut Ah ben alors je je confirme à Xavier Bertan que je n'ai pas pour ambition d'être Nicolas Sarkozi. Je suis pas sûr que ça le rassure d'ailleurs.

J'ai moi mon ambition, c'est d'être moi-même, d'être à l'aise avec moi-même, de dire ce que je pense et d'essayer de l'expliquer aux Français pour voir s'ils ont envie d'aller dans la direction. Alors, Nicolas Sarkozy n'est pas un modèle. En revanche, dans le livre, il y a il y a deux modèles.

C'est pas un antimodèle. Tout simplement, je je ne cherche pas à ressembler à qui que ce soit. Mais en revanche, clairement, il y a deux modèles, deux dirigeants réformateurs à vos yeux.

Margaret Toucher et Gerérard Schroder. Bah, je constate là encore, on peut en penser ce qu'on veut. Je constate que au Royaume-Uni et en Allemagne, dans des circonstances très différentes, avec des styles très différents, avec des origines politiques et une idéologie très différente, voilà deux premier ministres, enfin un chancelier et une première ministre confronté à des vraies difficultés dans leur pays.

Pour Margarette Tatcher, c'était le décrochage britannique. On l'a oublié en France, mais le décrochage britannique des années 70, il est d'une violence et d'une d'une bon et en Allemagne, c'est les conséquences de la réunification qu'il fallait faire mais qui évidemment font peser sur l'Allemagne de l'époque des contraintes considérables au début des années 2000. Et voilà deux premier ministres qui affirmant clairement les choses encore une fois avec des idologies différentes font des réformes souvent impopulairire ultral libéral extrêmement extrêmement impopulaire s'agissant de Margaret Sacher et très libéral très impopulaire s'agissant de Schroder et je sais pas si elles sont libérales parce que elles étaient aussi assez largement social-démocrates mais enfin en tout cas des réformes de structure profonde qui changent la nature du marché du travail qui changent la nature de la politique industrielle qui change la nature du pays je dis donc que y compris dans des démoc ocratie qui ont un attachement très fort au contrepouvoir, c'est le cas au Royaume-Uni, c'est le cas en Allemagne.

On peut transformer son pays à partir d'une analyse lucide des problèmes. Tant qu'on se dit que certes il y a des choses qui vont pas mais qu'on parle pas des choses qui vont pas vraiment et ben on avance pas. Mais vous êtes sûr de pouvoir embarquer les Franceurs leur promettant Toucher et Schroder ?

Mais je leur promet pas je ne leur promets ni Toucher ni shroder. Je ne leur promets pas le sang et les larmes. Je leur promets un regard lucide sur ce qui va bien et des propositions sincères sur comment je pense que ça peut aller mieux.

Et puis ensuite, c'est le mérite de la démocratie, ils choisiront. Alors vos préconisations, vous en avez dit un mot rapide à l'instant en pointant en France une population qui vieillit, la dénatalité, vieillissement démographique qui vient fragiliser le modèle social et notamment le système de retraite. Vous revenez dans le livre sur votre phrase qui avait fait beaucoup parler.

Il faut relever l'âge légal du départ à la retraite à 65 66 voire 67 ans. Vous écrivez que le débat sur l'âge légal et sur l'allongement est désormais derrière nous. Ça veut dire quoi ?

Vous n'écrirez pas vous n'écrivez pas retraite à 66 ou 67 ans dans votre programme mais vous préférerez une dose de capitalisation obligatoire. Vous avez évolué sur le sujet qui est crucial, hein. Euh, je je dis que la France est confrontée à est en train d'entrer dans un piège démographique.

Elle y est entrée plus tard que l'Italie, plus tard que l'Allemagne, plus tard que la Corée dont on parlait il y a quelques minutes, mais elle y est entrée. Ce piège démographique, il a deux caractéristiques. Il est d'abord le piège du vieillissement. notre société vieilliss qui individuellement n'est pas un problème.

On est assez heureux de vivre plus longtemps et on est assez heureux que nos proches vivent plus longtemps. Euh donc la société vieillit la part des plus de 50 ans, la part des plus de 60 ans et demain la part des plus de 80 ans va augmenter très significativement dans la population française. Notre société vieillit très bien.

Parallèlement, qu'est-ce qu'on fait ? Elle vieillit parallèlement, deuxième élément du piège démographique, la dénatalité. On a commencé beaucoup plus tard là-dus que les Italiens et les Allemands, mais c'est très net. 1,62 enfants par femme, c'est comme ça qu'on compte en France au global 1,58 si on regarde exclusivement, je crois la France métropolitaine.

On est donc dans une situation où nous ne nous ne renouvelons pas les générations. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire ce chiffre que je trouve fascinant, ça veut dire que dans la France d'aujourd'hui, la France de 2025, la France où nous vivons, il y a plus de gens vivants qui sont nés en 1946 que de gens qui sont nés en 2024. notre société vieillit et le nombre de jeunes lui se raccourcit et et se rétrécit de façon très forte.

Vous allez me dire bah très bien, c'est la vie, c'est les gens qui décident ou pas de faire des enfant peut-être. Mais ça a une conséquence décisive sur notre système social. Pourquoi ?

Parce que notre système social, il il est fondé sur l'idée que ceux qui travaillent, les actifs, euh payent l'essentiel de la protection sociale pour ceux qui ne travaillent plus et qui ont travaillé évidemment qui ne travaillent plus. Et si vous avez une dénatalité qui dure, ça veut dire que le nombre des actifs dans 20 ans, dans 18 ans va lui être considérablement réduit. C'est ce que vit l'Italie.

En Italie, dans les 10 ou 15 dernières années, la population active, le nombre de gens qui travaillent et qui sont au chômage, mais en âge de travailler, a diminué de 2 millions de personnes. Quand votre population active diminue, vous créez nettement moins de richesse et vous ne pouvez plus prendre à votre charge ceux qui sont plus vieux que vous ou ceux qui sont plus jeunes que vous. Le constat est juste.

Mais quelle est votre proposition ? Quelle est votre proposition sur dans le programme sur la question des retraites qui est capital ? Si vous comprenez le piège démographique dans lequel nous sommes en train d'entrer, si vous regardez ce qu'on fait les pays qui sont déjà dans ce piège démographique, l'Italie et l'Allemagne, vous constatez deux choses ou plus exactement, vous constatez trois choses.

La première chose, c'est que effectivement pour sauver la partie de leur système de pension qui reporte sur la répartition, ils ont accepté de travailler plus longtemps. Ils l'ont pas fait de gaié de cœur. Madame Méloni, je le dis souvent, a fait campagne contre les 67 ans qui est déjà l'âge de départ à la retraite en Italie.

Et une fois qu'elle est devenue première ministre, elle a laissé les 67 ans et un certain nombre de ses ministres évoquent aujourd'hui les 70. Donc on travaille plus longtemps de on travaille plus nombreux aussi hein. Euh augmenter le taux d'emploi des des juniors ou des seniors, c'est un c'est un vrai enjeu mais on travaille plus longtemps.

La deuxième chose c'est mettre en place un système de capitalisation qui a pas vocation à remplacer complètement la répartition mais qui doivent venir compléter le système de répartition. Combien ? 10 % des pensions de retrait 10 15 20.

En Allemagne c'est environ 15. En France c'est environ 2 %. Donc on peut aller plus loin hein, on peut arriver à mon avis à 15 %, ça prendra du temps, mais c'est indispensable.

Ça redonnera un peu de liberté individuelle à ceux qui veulent partir à la retraite et ça c'est précieux et ça permettra de garantir le financement. Donc vous assumez les choses. Non mais c'est vrai que je les assume.

Vous les assumez. Si vous êtes élu président dans 2 ans, oui, vous allez lever l'âge de départ à la retraite, même si vous dites que c'est plus vraiment le la question, mais vous le ferez et vous ouvrirez la capitalisation à 10 15 %. C'est ça, c'est ça que les gens veulent entendre.

C'est très exactement ce que je dis et je dis même que toutes celles et ceux qui racontent que l'on peut baisser l'âge de départ à la retraite, qui raconte que l'on peut ne pas tenir compte de ce qui est en train de se passer dans notre démographie sont dans ils sont dans le déniel. Ils sont dans le déniel et l'exemple espagnol, l'exemple italien, l'exemple allemand, que ce soit pour des gens qui sont très à droite ou très à gauche, devrait leur ouvrir les yeux. Édouard Philippe, venons-en à la question de l'immigration qui est abordée dans votre livre par le biais de la démographie.

Vous écrivez clairement les démagogue obsessionnel et angoissé du grand remplacement racontent n'importe quoi lorsqu'ils prétendent se fixer l'objectif d'une immigration zéro. Fin de citation. et vous dites que oui, avec une population vieillissante, on va avoir besoin d'une immigration qu'elle est nécessaire mais il faudra déterminer tous les 5 ans le nombre, le profil des immigrés qui entrent en France.

Donc vous êtes favorable à une immigration choisie entre guillemets à des quotas par métier, par pays. Expliquez-nous. Je considère que si nous voulons faire face à cette future dimination de la la population active, nous aurons besoin euh et nous devons l'assumer de faire venir des compétences de l'étranger.

Euh nous aurons besoin d'étudiants étrangers dans les universités françaises. Nous aurons, comme c'est le cas aujourd'hui, besoin de médecins étrangers. Il se trouve que quand vous allez dans les hôpitaux publics ou même d'ailleurs en médecine de ville, bah vous voyez un certain nombre de médecins étrangers et vous êtes assez heureux qu'il soient là.

J'ai jamais vu personne, y compris dans les démagogues obsessionnelles du grand emplacement, expliquer. Non, surtout ce qui serait bien c'est qu' il se barre. Surtout ce qui serait bien, c'est qu'il soit pas là.

Ça n'est pas vrai. Bon, nous aurons besoin d'être soignant. Nous aurons besoin d'ingénieur, nous aurons besoin nous ne faisons pas d'ingénieur.

J'aimerais j'aimerais qu'on en produise plus mais nous a besoin de faire venir des informaticiens. Bien sûr. Quand il dit l'immigration n'est pas une chance pour la France, vous n'adhérez pas cette phrase mais je vais vous dire, je ne mets presque même pas de moral là-dedans.

Non, non, il y a pas une question. Je fais un constat. Je dis je pense qu'une partie vous en a besoin, on aura besoin, ce sera une partie nécessaire de notre prospérité.

Et attention, dire qu'on a besoin d'une d'immigration maîtrisée, ça veut pas dire tous ceux qui vient qui veulent peuvent venir. Ça veut pas dire il y a aucun contrôle. Ça ne veut absolument pas dire qu'on ne maîtrise pas l'immigration.

Et là encore, permettez-moi parce que on est tellement franco-français, on se dit tellement des choses en fonction de posture d'odologie en regardant tellement peu ce qui se passe ailleurs. Regardez là encore l'exemple italien. Moi, j'aime bien l'Italie.

J'aime bien l'Italie parce que je une partie de ma famille qui vient d'Italie, j'aime j'aime bien l'Italie mais j'aime bien l'Italie parce que c'est un pays politiquement incroyablement complexe qui souvent vit les problèmes avant la France et qui essaie de les résoudre pas forcément comme nous mais en Italie madame Mélony a fait une campagne incroyablement dure sur l'immigration vous le savez. Bon qu'est-ce qu'elle a fait une fois qu'elle a été au pouvoir ? Elle a constaté la contraction de sa population active.

Elle a donc dit il faut beaucoup mieux maîtriser l'immigration mais certainement pas dit qu'il fallait une immigration zéro. Elle a régularisé 500000 étrangers. 1 demi million, elle les a régularisé.

Pourquoi ? Pas parce qu'elle considère que c'est une chance ou un problème, parce qu'elle en avait besoin vous avez l'impression vous l'impression que vous George Mélonie est un elle fait le job. Je regarde l'Italie, ça fait 2 ans qu'elle est au pouvoir.

Elle fait le job. Écoutez, elle a réussi à faire un certain nombre de choses dans un contexte italien qui était incroyablement compliqué. Euh et et alors, elle est assez extraordinaire parce que elle a maintenant un discours qui est très différent de celui euh dans laquelle euh qu'elle tenait lorsqu'elle était en campagne euh et qui euh et qui en fait est emprintte par la réalité.

Mais vous savez, c'est souvent le cas. J'ai souvent observé et peut-être d'ailleurs est-ce que ça a été mon cas, j'ai souvent observé que les grandes déclarations euh faites quand on est dans l'opposition euh sont beaucoup plus douces et et beaucoup plus mesuré une fois qu'on se fronte à l'exercice du réel. Je je je j'invite d'ailleurs tous ceux qui euh euh lorsque j'étais premier ministre m'ont par exemple expliqué que par définition s'il y avait des violences dans la rue, c'est que le gouvernement que je dirigeais n'avait pas compris ce que c'était que la nature des questions de sécurité.

Bah à se rendre compte que c'est toujours très difficile manifestement. Puisque vous parlez des violences dans la rue, est-ce que vous estimez la question est simple et claire que Brudo Retaillot, ministre de l'intérieur, a mal géré le maintien de l'ordre le weekend dernier à Paris au vu des violences et des débordements après le la victoire du PSG ? Je pense je pense que les forces de police et que l'autorité administrative, le ministère de l'intérieur, Bruno Rotaillot a fait face à une situation qui a été extrêmement compliquée à gérer, qu'ils ont fait au mieux.

Je sais pas s'il étaient suffisamment préparés ou s'il avait pris les bonnes préparation je sais pas je je quand tu voyais quand vous voyez les débordements vous dites il y avait une mobilisation de force à Paris qui me paraît qui me paraît sérieuse dans les chiffres que j'ai vu. Je sais pas si c'était partout pareil en France. Je sais qu'avre ça s'est plutôt bien passé mais j'ai vu que il y avait eu des débordements considérables et extrêmement choquant extrêmement choquant l'idée qu'après un match de football qui devrait être une fête victoire ou défaite évidemment encore plus quand il y a une victoire on s'expose à des morts à des morts à des violences à des pillages mais c'est insupportable bon est-ce que le ministère de l'intérieur a bien travaillé je ne lui fais aucun procès d'intention il a probablement fait de son mieux il se rend compte sans doute peut-être plus qu'avant combien gérer le réel c'est difficile Mais il y a quelque chose sur lequel il faut insister, c'est que nous n'avons pas dans un arsenal juridique, je l'ai dit lors d'un discours à Marseille récemment, je le redit légèrement dans ce livre, nous n'avons pas dans dans notre arsenal juridique les instruments adaptés à gérer ces ces délits qui sont qui sont insupportables et qu'il faut sanctionner et pas sanctionner avec un rappel à la loi et une condamnation à 2 mois avec c'est ce que dit Gérald Darmanin, il veut la suppression du surcis, l'instauration de peine minimal et il dit que le code pénal n'est plus adapté à la violence d'aujourd'hui.

Il a raison. Euh nous nous avons fait avec le groupe Horizon, le le groupe du parti politique que je préside, le groupe Horizon à l'Assemblée nationale, nous avons fait des propositions consistant à introduire dans notre code pénal et donc dans notre système pénitentiaire d'une certaine façon des peines ultra courtes. En partant du principe que je vais un peu caricaturer, pardon, pour nos auditeurs, qu'en France on on incarcère très tard et assez longtemps et qu'il est probablement intelligent de faire l'inverse, c'est-à-dire d'incarcérer très tôt et pas très longtemps.

Pour qu'il y ait une réponse pénale, ferme pas, rappelle la loi loi et si tu recommences, ça va mal se passer. Qu'est-ce que vous voulez comprendre de cette réponse pénale là ? Voilà, donc cette proposition de loi euh elle a été adoptée à l'Assemblée nationale.

Bon, j'espère qu'un jour elle sera présentée au Sénat. J'espère qu'un jour on pourra s'en servir. Peut-être d'ailleurs elle doit être améliorée au Sénat.

Ça c'est le travail législatif. Mais je crois qu'il faut que nous changions la façon dont nous réagissons à ces délits qui sont commis dans euh euh dans dans des dans des attroupements, dans des foules euh avec le sentiment d'impunité totale de gens qui ne comprennent parfois pas ce qu'il faut. Philippe nous reste malheureusement de tr minutes et beaucoup de questions parce que votre livre euh pour le coup aborde tous les sujets et j'aimerais qu'on donc si questions très rapide en fait si vous pouvez répondre.

Euh le rapport sur les frères musulmans, le RN demande l'interdiction des frères musulmans en France, prenant l'exemple sur la Jordanie et l'Égypte. Vous en dites quoi ? J'en dis que il est parfaitement légitime et absolument indispensable de lutter contre tout groupe qui s'apprête les fondements de la République.

Ça ne pose aucun problème qu'il soit religieux ou politique et qu'on sape les fondements de la République, on interdire les frères musulmans après mais c'est souvent le cas avec le Rassemblemental. Je ne sais pas exactement quelle forme cela peut vouloir dire. S'il s'agit d'interdire ou de dissoudre une association qui est l'organisation juridique des frères musulmans en France, il y a un dossier à constituer, il faut le documenter.

Très bien, c'est possible. Interdire à des gens d'adhérer d'une certaine façon intellectuellement à l'idéologie des frères musulmans, vous voyez bien que ça va être nettement plus compliqué. Mais cela dit, cela dit, c'est un combat qu'il faut mener parce que encore une fois, dès lors que l'on veut saper les fondements de notre République, nous devons être intraitable intraitable sur on peut accepter toutes les différences dès lors qu'elle respecte les fondements.

Gabriel Gabriel Atal va interdire le voile au mineurs de moins de 15 ans. Vous en pensez quoi ? J'en pense que à titre personnel quand je vois une jeune enfant de 10 ans qui porte le voile, ça me ça me ça ne me réjouit pas et je dirais même que ça me choque.

Euh euh ça me choque parce que je trouve qu'il y a un un choix identitaire qui est euh euh qui est imposé par les parents et euh que je trouve voilà qui qui me choque, je je bien le reconnaître. Euh ensuite, est-ce qu'il faut en faire une loi ? Euh et qu'est-ce que pourrait être cette loi ?

Est-ce que est-ce que la loi ce serait l'interdiction de l'ensemble des signes religieux dans l'espace public ? pour les moins de 15 ans ou est-ce que ce serait simplement l'interdiction du voile et d'ailleurs de quel voile pour des jeunes filles qui peuvent avoir 13 ou 14 ans ? Vous savez, il m'arrive d'être juriste ou plus exactement il m'arrivait d'être juriste et il y a un principe en droit qui est un principe qu'on oublie trop souvent en France qui est règle sans sanction ne vaut.

Moi, je vois beaucoup de règles en France parce que dès qu'on a un problème, on aime bien faire une règle, on aime bien faire une interdiction, ça permet d'avoir une posture. Est-ce qu'en France on applique effectivement la loi qui interdit et depuis longtemps le port du voile intégral qui dissimule le visage ? Je ne crois pas.

Je trouve ça très choquant. Je trouve ça très choquant. Et puis un dernier mot, madame Salamé, parce que si on parle de ce sujet, il faut en parler sérieusement.

C'est très bien d'imaginer qu'une interdiction peut régler les choses, mais je suis convaincu que l'essentiel c'est le contrediscours. L'essentiel c'est le combat qu'on mène pour faire en sorte que partout en France et pour toutes les Françaises et les Français, quel que soit leur conviction religieuse, l'émancipation républicaine fonctionne, l'école fonctionne. Ce qui est important, ça n'est pas simplement de dire "On va interdire le port du voile dans tel ou tel endroit pour telle ou telle personne." C'est de dire dans tel quartier, il y aura une ascension sociale possible. dans tel quartier, il y aura les services publics quand ils sont nécessaires, les activités commerciales, l'emploi, l'accès à l'emploi.

Ce combat là qui est un combat difficile, qui est un combat que les maires l'espace public, c'est donc de la posture pour occuper l'espace public, ça ser le message est passé. Les municipales à Paris pour vous, c'est Bournael H et pas Rachid Adati. Bah pour moi, c'est Pierrif Bournael parce que je le connais, je vois les qualités dont il dispose et je pense qu'il sera un très bon maire de Paris.

Voilà, il plus que Rachid Atati. Mais écoutez, dans une élection, vous pouvez respecter tous les candidats et puis avoir une préférence. Ma préférence, c'est clairement Pierre Bournazel.

Je vois chez lui quelque chose qui n'est pas simplement une ambition personnelle mais qui est une vision, une stratégie pour Paris. Je vois une constance dans l'engagement, je vois une capacité à rassembler et je vois toutes les caractéristiques de ce qui fera un grand-mère de Paris. Voilà.

Pour 2027, vous ne croyez pas la primaire. Un ticket Philippe Retaillot, ce serait possible. Je sais pas pourquoi tout le monde parle de ticket en ce moment.

C'est c'est très étonnant. Enfin, je veux dire euh pourquoi pas d'ailleurs hein ? Mais mais c'est mais c'est très curieux.

Écoutez, vous vous me parlez d'une primaire. Moi, je n'y crois pas cette histoire de primaire. Ben, c'est Géral Darvin qui vous en parle.

C'est votre ami ? Oui. Non, mais c'est bien sûr que c'est mon ami, mais ça peut ça, vous savez, c'est il lui arrive de pas être totalement d'accord avec ce que je dis.

Puis il peut m'arriver moi de ne pas être totalement d'accord avec ce que je dis. Ça ne reste pas moi un ami et un ami que j'aime tendrement. Mais néanmoins, je ne crois pas à cette histoire de primaire dans un champ politique aussi large que je crois de de de des Républicains jusqu'à jusqu'à Renaissance. parce que je ne vois pas comment les électeurs, je ne vois pas comment les partis politiques, partis politiques qui sont infoutus, on va dire les choses clairement, incap, je devrais pas dire un foutu, mais incapable de s'entendre sur des choses bien plus faciles que la désignation d'un candidat à l'élection présidentielle.

Incapable de de signer un contrat de coalition, incapable même d'admettre l'idée que alors qu'ils gouvernent ensemble, ils se sont inscrits dans une coalition. Enfin, je veux dire et après on parlerait d'une primaire. Ça n'existe pas.

Je n'y crois pas. Alors, vous me posez la question, vous me posez la question de Bruno Rota. Aujourd'hui, j'ai pas compris qu'il était candidat à élection présidentielle.

J'ai compris qu'il était ministre de l'intérieur et j'ai et président de l'air et ça l'occupe très bien, ça l'occupe beaucoup. Vous allez pas être trop nombreux sur la ligne de départ ? Mais on verra.

De toute façon, vous savez, le principe des élections, c'est qu'à la fin, ce sont les Français qui voient. Moi, je n'y vais pas contre quelqu'un. J'y vais et et il se trouve qu'aujourd'hui, je dois être le seul à avoir déclaré ma candidature à l'élection présidentielle.

Bon, donc je vais pas m'excuser de l'avoir fait. Je je l'ai fait et je me prépare pour le faire. Je le fais pas dans une logique d'exclusive, je le fais pas dans une logique d'opposition à à telle ou telle à l'intérieur de ce vaste bloc central dont j'appelle de mes vœux la constitution.

Je le fais en réfléchissant à ce que je vais proposer aux françaises et aux Français et puis les Françaises et les Français, ils ont d'autres propositions. Mais heureusement non de c'est la démocratie ça. Et puis choisions.

Merci. Non. Merci.

Merci merci Édouard Philippe. Le prix de nos mensonges chez JC Lates en librairie aujourd'hui.