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InterviewRadio France (sur Site radio)· 24 juin 2026 6 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergie

Canicule : "Il faut penser à l'adaptation mais être conscient que l'adaptation parfaite n'existe pas"

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Défensif 40 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:30OuverteRéponse directe

    Dans quelle mesure les limites planétaires peuvent expliquer l'intensité de cette canicule ?

  • 1:36FerméeRéponse directe

    C'est ce qu'on appelle le cycle de l'eau ?

  • 2:14OuverteRéponse directe

    Ces canicules vont revenir avec une régularité et une intensité accrues. Qui a raison entre ceux qui s'adaptent et ceux qui sont effarés ?

  • 3:53OuverteRéponse directe

    Est-ce que ce n'est pas le moment de prendre des décisions fortes sous le coup de l'émotion ?

  • 4:50OuverteRéponse directe

    Vous alertez sur ces enjeux. Est-ce que vous gardez espoir ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:43InvitéFait
    « Cette canicule, c'est un symptôme très clair du changement climatique. »
  • 0:50InvitéChiffre
    « Il y a des études qui montrent, ça s'appelle des études d'attribution, qui montrent qu'il y a déjà des configurations similaires qui ont été retrouvées au XXe siècle, mais qui atteignaient des températures de 2 à 4 degrés inférieures à celles que l'on connaît en ce moment. »
  • 1:14InvitéFait
    « Le changement climatique, effectivement, c'est une des limites planétaires. »
  • 2:45InvitéFait
    « Parce qu'effectivement, un monde à plus de 4 degrés en moyenne globale de température, on ne peut pas s'adapter. »
  • 3:08InvitéFait
    « Les collectivités locales le font. »
  • 5:14InvitéFait
    « A l'échelle nationale, c'est un peu difficile en ce moment d'avoir de l'espoir parce que les politiques publiques ne vont clairement pas dans le bon sens. »

Temps de parole

  • Invité68 %
  • Présentateur28 %
  • Présentateur 24 %

4,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Saint-Etienne-Loire, dès votre réveil, ici matin. La clinicule qui se poursuit, il est désormais prouvé que le dérèglement climatique est responsable de l'intensité et de la durée de cet épisode. On va analyser tout ça scientifiquement ce matin. Avec notre invité, bonjour Natacha Gondran. Bonjour. Professeur en évaluation environnementale à l'école des mines de Saint-Etienne, vous êtes membre du laboratoire environnement Ville-Société. Il y a quatre ans, vous étiez venu à l'occasion de la COP27 nous expliquer le concept des limites planétaires.

Dans quelle mesure, justement, les limites atteintes par notre planète, ou alors qui sont en train d'être atteintes, peuvent expliquer l'intensité de cet épisode et le fait qu'on a tous vécu ensemble hier, la journée la plus chaude de l'histoire de notre pays ?

0:43
Invité

Cette canicule, c'est un symptôme très clair du changement climatique. Il y a des études qui montrent, ça s'appelle des études d'attribution, qui montrent qu'il y a déjà des configurations similaires qui ont été retrouvées au XXe siècle, mais qui atteignaient des températures de 2 à 4 degrés inférieures à celles que l'on connaît en ce moment. Ce qui prouve vraiment que le changement climatique est à l'origine des dépassements, des records de température que vous annoncez. Le changement climatique, effectivement, c'est une des limites planétaires. Et cet épisode montre aussi les liens entre les différents sujets de préoccupation.

Par exemple, la préfecture de la Loire a émis récemment un arrêté vigilance sur l'eau, parce qu'on voit que le cycle de l'eau est aussi atteint par cet épisode, même si on en parle moins.

1:36
Présentateur

C'est ce qu'on appelle le cycle de l'eau ?

1:38
Invité

Oui, c'est le lien entre le fait qu'il pleut, donc là on voit que ça fait très longtemps qu'il n'a pas plu, que les sols, quand il pleut, vont être humides. Et là, comme il fait très chaud, l'humidité des sols diminue à une vitesse très phénoménale, ce qui pose des gros problèmes à la végétation. Donc là, on arrive sur un troisième procédé des limites planétaires, qui est de la biodiversité. Parce que là, on parle beaucoup des souffrances des humains, et c'est sûr qu'il faut en parler. Mais la biodiversité souffre aussi beaucoup, on peut penser à l'agriculture, par exemple, qui souffre aussi beaucoup en ce moment, et aussi à la biodiversité naturelle.

2:14
Présentateur

On est à peu près convaincus aujourd'hui que ce processus, ou en tout cas ces canicules, vont revenir avec une régularité, avec une intensité. On a parfois des questions de génération pour aborder ces thèmes-là. Autour de moi, on m'a dit que ce week-end, de toute façon, l'être humain s'est toujours adapté, il va continuer à s'adapter. Et puis de l'autre, on a les jeunes qui, eux, sont effarés par la situation et par l'inaction. Qui a raison ?

2:38
Invité

Alors, je dirais que dans toutes les générations, il y a des gens qui sont effarés. Moi, personnellement, je suis un peu effaré. Parce qu'effectivement, un monde à plus de 4 degrés en moyenne globale de température, on ne peut pas s'adapter. Parce que les changements vont être des changements vraiment très radicaux. On ne va plus du tout connaître la stabilité du climat qu'on a connu depuis les 12 000 dernières années. Donc, c'est vrai qu'il faut penser à s'adapter. Les collectivités locales le font.

Et il y a besoin, typiquement, pour la canicule, on peut voir que si on avait anticipé un peu plus, on aurait pu mettre en place des mesures collectives qui auraient permis une meilleure adaptation. Donc, il faut penser à l'adaptation. Mais il faut aussi être conscient qu'on va être confronté, malheureusement, à des crises qui font que l'adaptation parfaite ne va pas exister. Et en plus, le lien entre les différentes composantes des limites planétaires impacte aussi. Par exemple, là, on pourrait imaginer, dans un monde d'adaptation parfaite, avoir des avions qui envoient de l'eau sur les villes. Mais on n'a plus d'eau, justement, parce que le cycle de l'eau est aussi affecté.

Donc, du coup, c'est compliqué de s'adapter parfaitement.

3:53
Présentateur

Vous évoquiez à l'instant les décisions qui peuvent être prises, notamment localement. Parfois, dans d'autres domaines, par exemple dans les faits divers, on va prendre des grandes décisions, on va mettre en place des lois, sous le coup de l'émotion. Là, on est en pleine émotion. Est-ce que ce n'est pas le moment d'être tous portés par quelque chose qui va nous amener vers le changement ?

4:11
Invité

Je l'espère, c'est pour ça que j'ai accepté votre invitation ce matin et je vous en remercie. Effectivement, vous l'avez dit, vous m'avez invitée en 2022. C'était une période où on parlait beaucoup des enjeux climat. Il y avait la jeunesse qui s'était mobilisée en 2019 avec les grèves pour le climat. Force est de constater que depuis deux ans, les fonds, par exemple, qui vont sur la transition écologique sont menacés. Le discours ambiant aussi laisse beaucoup moins de place à ces enjeux-là. Et donc, j'ai envie de dire, la planète Terre nous rappelle qu'il faut aussi penser à prendre soin d'elle.

4:50
Présentateur

Vous savez, vous comprenez, Natacha Gondran, vous alertez. Est-ce que vous gardez espoir ?

4:57
Invité

J'essaie parce que si on n'a pas d'espoir, on ne fait pas grand-chose.

5:02
Présentateur

On a l'impression parfois de se battre contre des moulins à vent. Et parfois, c'est dur quand on a des preuves que ça va mal et qu'on va dans le mur.

5:11
Invité

Tout à fait. J'ai envie de dire, ça dépend à quelle échelle on travaille. A l'échelle, par exemple, à l'échelle nationale, c'est un peu difficile en ce moment d'avoir de l'espoir parce que les politiques publiques ne vont clairement pas dans le bon sens. Et font même des retours en arrière qui sont dramatiques. On peut penser aux retours en arrière sur les zones à faible émission, par exemple, qui étaient des vecteurs importants de réduction des gaz à effet de serre. De la même façon, les discussions, les tergiversations sur la zéro artificialisation nette qui sont un facteur important de moins de vulnérabilité face aux canicules.

Donc, au niveau national, j'espère qu'il va y avoir une prise de conscience. Par contre, il y a quand même des signaux intéressants. Au niveau local, par exemple, on peut se réjouir et porter nos espoirs sur la nouvelle municipalité, par exemple, à Saint-Etienne, qui a des projets très intéressants pour aborder ces enjeux-là.

6:07
Présentateur

Voilà, on va garder espoir avec vous. Merci d'avoir été notre invitée ce matin, Natacha Gondran. Merci infiniment. Professeur en évaluation environnementale à l'École des Mines de Saint-Etienne, membre du laboratoire Environnement Ville-Société. L'espoir malgré la canicule. Merci d'être venue. Merci. Bonne journée.

Canicule : "Il faut penser à l'adaptation mais être conscient que l'adaptation parfaite n'existe pas" · Pourquijevote