Conférence de presse du Président Emmanuel Macron et du Premier ministre Keir Starmer.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 75 %Attaque 5 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 19:00RelanceRéponse directe
Ce projet pilote dissuasif avec peu d'expulsions hebdomadaires suffira-t-il face à 800 traversées par semaine ? Pourquoi ne pas empêcher davantage les demandeurs d'asile de traverser ?
- 22:00OuverteRéponse partielle
Garantissez-vous l'absence de problèmes juridiques avec cet accord ? Comment sélectionnerez-vous les 50 personnes accueillies chaque semaine ?
- 25:00OuverteRéponse directe
Qu'entendez-vous par menace extrême pour la sécurité européenne ? L'Ukraine serait-elle incluse dans le périmètre d'intervention ?
- 29:00OuverteRéponse directe
Quels efforts les Européens, notamment les Français, devront-ils fournir face à la nouvelle menace ?
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Merci beaucoup et bienvenue au Royaume-Uni. Nous sommes rencontrés pour la première fois à L'Élysée, avant que je devienne Premier ministre. Il m'était évident à l'époque que nous avions un sentiment partagé de la période difficile dans laquelle nous vivons actuellement.
Nous partageons la croyance fondamentale que nous servons notre peuple mieux, que nous créons de meilleurs emplois et opportunités et que nous espérons que notre pays sera plus sûr et plus fort si nous travaillons ensemble. Pendant cette visite d'État, nous avons célébré cette relation, ainsi que nos liens historiques et culturels. Et aujourd'hui, notre tâche s'est élargie vers l'avenir, elle est de changer ce partenariat, de faire face aux défis actuels et d'obtenir les résultats que les gens veulent voir, en commençant tout d'abord avec l'immigration illégale.
Il s'agit d'une crise mondiale et d'une crise européenne. Mais c'est aussi une crise pour nos deux pays, une crise juridique, sécuritaire et humanitaire. Et nous faisons face à une immense entreprise, de multiples milliards de livres organisés par des gangs criminels et qui mènent au décès de centaines de personnes dans la Manche.
Nous voulons ensemble mettre fin à ce commerce ignoble. Il n'y a pas de solution magique, mais avec un effort uni, de nouvelles tactiques et un nouveau niveau d'attention, nous pouvons enfin renverser la situation. Je suis très content de pouvoir annoncer notre accord aujourd'hui.
Et il y aura un projet pilote exceptionnel. Pour la première fois, les migrants qui arrivent à l'aide de petits bateaux y seront détenus et nous les renverrons en France En échange, pour chaque retour, un individu différent aura la possibilité de venir ici par le biais d'un itinéraire contrôlé et acceptable au niveau juridique. Il y aura évidemment des vérifications sécuritaires et cela ne sera possible que pour ceux qui n'ont pas essayé de venir au Royaume-Uni de façon illégale.
Ainsi, ceci va démontrer aux autres qui essayent de faire le même voyage que cela sera sans succès, car les emplois qu'on leur aura promis au Royaume-Uni n'existeront plus. Parce qu'à travers le pays, nous allons contrôler le travail illégal à une échelle tout à fait sans précédent. Le président et moi-même nous sommes mis d'accord.
Ce projet pilote sera mis en œuvre dans les semaines à venir. Maintenant, je sais que certaines personnes vont encore poser la question, pourquoi devrait-on accepter qui que ce soit ? Alors permettez-moi de répondre à cette question directement.
Nous acceptons des personnes qui recherchent l'asile, parce que nous devons offrir un sanctuaire à ceux qui en ont besoin. Mais aussi quelque chose d'autre ici de plus pratique. C'est-à-dire que nous ne pouvons pas tout simplement résoudre un défi, c'est-à-dire arrêter les bateaux en agissant seul et en racontant à nos alliés qu'on ne va pas le faire.
C'est pour cela que l'accord d'aujourd'hui est si important, parce que nous avons l'intention de résoudre ceci, comme la plupart de nos problèmes, en travaillant ensemble. Regardez précisément ce que le gouvernement français est en train de planifier au sein de la revue maritime, pour permettre à leurs officiers d'intervenir dans les eaux peu profondes et d'éviter qu'ils y rencontrent d'autant plus de bateaux. C'est un point important et j'aimerais remercier le président d'avoir organisé cela.
Alors voilà notre plan ensemble. Une action agressive, dure sur tous les fronts, casser le modèle commercial des gangs, de protéger et sécuriser nos frontières et de démontrer que quand ils essayent d'arriver au Royaume-Uni par l'intermédiaire des petits bateaux, cela donnera lieu à l'échec, leur détention et leur retour. Deuxièmement, nous avons progressé concernant l'emploi et la croissance.
Un accord annuel ambitieux avec l'Union européenne vis-à-vis de ce que l'on peut faire ensemble en tant qu'économies du G7 et des partenaires très proches et des dirigeants, dans des domaines qui vont dominer les années à venir. Ensemble, le pays représente au-delà de la moitié des frais européens sur la recherche et la technologie. Alors, nous avons davantage collaboré sur la connectivité satellite.
Nous avons rassemblé nos superordinateurs afin de saisir les opportunités créées par l'IA et en démolissant les barrières au commerce et aux investissements dans des secteurs stratégiques. Cette semaine, nous avons reçu un investissement important de la part de EDF, Sizewell C, qui va créer des milliers d'emplois et va encourager notre sécurité énergétique et va protéger les consommateurs pour les années à venir. Et troisièmement, nous avons renforcé notre travail, nous représentons la sécurité européenne et nous voulons soutenir l'Ukraine.
Parce que moi, je comprends très bien. La sécurité du peuple britannique débute en Ukraine. Nous venons de présider une réunion de la coalition des volontaires, y compris des représentants des États-Unis, pour la première fois, et avons annoncé des plans pour une nouvelle force multinationale en Ukraine, dont le siège sera à Paris.
Ainsi, nous allons pouvoir soutenir un accord de paix. Mais lorsque Poutine ne tient pas compte de la paix, nous obtenons d'autant plus de soutien pour l'Ukraine pour défendre son peuple et s'assurer que Poutine vienne à la table. À présent, étant les seuls pouvoirs nucléaires en Europe et en tant que dirigeant au sein de l'OTAN, nous jouons un rôle essentiel afin de préserver la paix et la sécurité sur ce continent.
Aujourd'hui, nous avons mis à jour le Traité de Lancaster House pour protéger nos peuples et notre façon de vivre. C'est une modernisation très importante et nous avons l'intention aussi de modifier les forces conjointes. Cette force sera 5 fois plus importante que des troupes de 50 000 soldats qui pourront agir dans tous les domaines.
Et nous allons encore plus loin, ce matin, nous avons signé la déclaration de Northwood qui a confirmé pour la première fois que nous coordonnons une dissuasion nucléaire indépendante. À partir d'aujourd'hui, nos adversaires vont savoir qu'en cas de menace extrême vis-à-vis de ce continent, une réaction de nos deux pays serait attendue. Il n'existe aucune autre démonstration de l'importance de cette relation et lorsque nous sommes ensemble, nous représentons notre défense collective.
Il faut aussi assurer un dividende pour le pays. Nous avons établi un partenariat industriel plus profond aujourd'hui afin de rassembler nos industries dans le domaine de la défense. Il ne s'agit pas seulement d'intensifier nos efforts dans les domaines de la défense, de l'emploi et de la croissance.
On va le faire. Les gouvernements précédents ont essayé et n'ont pas obtenu de tels résultats, mais nous allons à présent pouvoir réussir, parce que nous avons pris le temps et le soin afin de faire le vrai travail, le travail tranquille, la diplomatie très sérieuse, de construire de vrais rapports qui vont multiplier notre force et les opportunités dont nous bénéficions. Emmanuel, merci 1 000 fois d'être ici aujourd'hui.
Nous représentons deux pays très fiers et indépendants, mais en travaillant ensemble, nous allons travailler pour le peuple et nous représentons une force de la bonté dans un monde dangereux. Merci Emmanuel, je vous laisse la parole. Merci beaucoup, Monsieur le Premier ministre, cher Keir Mesdames et Messieurs les Ministres, Généraux.
Amiral, Mesdames les Ambassadrices, Mesdames et Messieurs, je veux d'abord ici remercier Sa Majesté le roi Charles III pour son invitation à effectuer cette visite d'Etat, la première d'un président français depuis 17 ans et pour l'accueil exceptionnel que nous avons reçu avec mon épouse et ma délégation. Je veux également remercier le Premier ministre Keir Starmer pour la qualité de nos échanges lors du 37ᵉ sommet franco-britannique, aujourd'hui à Downing Street et à l'instant même à Northwood. Monsieur le Premier ministre, cher Keir, vous venez de rappeler dans le détail beaucoup d'avancées sur lesquelles nous avons conclu un accord, je le crois, marquant pour les années et les décennies à venir.
Je voudrais revenir sur chacun d'entre eux et je l'ai rappelé mardi à Westminster. Cette visite d'État vient rappeler la force de notre alliance au plan stratégique et la convergence retrouvée autour d'intérêts partagés et de projets communs pour notre avenir à tous. D'abord en matière de défense et de sécurité.
Le Royaume-Uni et la France coopèrent déjà en profondeur. Nous sommes les deux États dotés de l'arme nucléaire en Europe, les deux membres permanents du Conseil de sécurité en Europe, les deux armées d'emplois ayant le plus de capacité et d'expérience de combat et celles qui font ensemble le haut du spectre des opérations antiterroristes les plus sensibles à la chasse aux sous-marins ennemis et nous l'avons vu tout à l'heure dans le commandement conjoint pour l'OTAN. Depuis les Traités de Lancaster House en 2010, nous avons une coopération qui ne porte pas que sur l'équipement et les opérations, mais aussi sur le nucléaire militaire.
Cependant, les temps ont changé et notre partenariat doit aussi évoluer. Aujourd'hui, la question n'est plus seulement de faire des expéditions contre des terroristes dans des États faillis, mais de faire face à un conflit majeur en Europe impliquant des États sophistiqués à l'horizon des prochaines années. Dans cette hypothèse, l'Europe doit savoir qu'elle peut compter sur un môle stratégique avec la France et le Royaume-Uni.
C'est pourquoi nous avons pris les mesures qui s'imposent, reflétées par la déclaration de Northwood que vous venez d'évoquer. D'abord, sur le nucléaire, nous avons pris 3 décisions importantes. La première concerne notre doctrine.
En 1995, à Chequers, nous avions affirmé que nous ne voyions pas de situation où les intérêts vitaux de l'un soient affectés sans que ceux de l'autre le soient aussi. Aujourd'hui, dans le contexte radicalement différent qui est le nôtre et dans l'esprit de la dimension européenne que j'ai pu déjà évoquer, nous allons plus loin. Nous n'imaginons pas de situation de menace extrême à l'Europe, qui ne susciterait pas une rapide réponse de notre part, quelle que soit la nature de cette réponse.
La deuxième décision est que nous n'excluons pas la coordination de nos dissuasions respectives. C'est un message que doivent entendre nos partenaires et nos adversaires. La troisième, c'est le choix d'approfondir encore notre coopération dans le domaine de la dissuasion, que ce soit pour la politique, les capacités ou les opérations.
Nous avons décidé pour cela d'établir une structure commune, le groupe de supervision nucléaire, qui sera chargé d'animer cette coopération. Ce sont des décisions fondamentales que nous avons prises aujourd'hui dans l'accord signé. Nos deux pays restent indépendants, souverains, mais nous nous donnons les moyens, lorsque nécessaire, d'œuvrer ensemble à la mesure de l'environnement nettement plus menaçant qui est devenu le nôtre.
Au plan opérationnel, nous avons décidé de changer complètement d'échelle la force conjointe du CJEF que nous avions créé en 2010 et qui est la base de coopération structurante. Nous faisons passer cette force conjointe du niveau d'une brigade à celle d'un corps d'armée, c'est à dire pouvant aller jusqu'à 50 000 hommes capables d'être employés dans un engagement majeur, ce qui représenterait une multiplication par 5 avec la France et le Royaume-Uni en noyau dur, capable d'agréger d'autres partenaires européens et d'être mis à la disposition de l'Alliance. Notre partenariat donne une crédibilité et une robustesse à ce pilier européen de l'OTAN sur le plan opérationnel et crédibilise aussi l'autonomie stratégique dans laquelle nous croyons.
Au plan capacitaire, nous avons décidé d'accélérer les coopérations existantes sur les futurs missiles de croisière et anti navires, mais aussi de lancer les travaux pour réaliser ensemble les missiles Air-Air de future génération, les nouveaux missiles de défense Surface-Air et également en coopération avec l'Allemagne, les missiles de très longue portée pour la frappe dans la profondeur. Enfin, nous avons acté une coopération de défense accrue dans les domaines de l'intelligence artificielle, de l'espace, du cyber, mais aussi des manipulations de l'information, à une époque où nos deux pays font face à de nombreuses menaces hybrides. Vous le voyez, c'est une panoplie complète que nous avons décidée pour faire face à celle de nos défis les plus massifs aux plus insidieux.
Le Royaume-Uni a une position singulière en Europe, mais nos menaces n'ont pas de frontières institutionnelles et notre solidarité non plus. Nous pouvons bâtir ensemble des forces évidentes avec le Royaume-Uni, notamment avec L'initiative européenne d'intervention. Dans l'immédiat, ce qui nous unit aussi, c'est la détermination à soutenir l'Ukraine.
Et avec Monsieur le Premier ministre, nous avons réuni la Coalition des volontaires. Le président Zielinski se trouvant à Rome, présent pour la Conférence pour la reconstruction aux côtés de la présidente du Conseil Meloni. C'est avant tout un message d'unité que nous avons démontré une fois encore.
Je le rappelle en février dernier, lorsque nous avons tenu cette première réunion à Paris, quelques semaines après, dans votre pays, Monsieur le Premier ministre, nous avions une crainte, c'était d'être laissé seul et, au fond, d'avoir une divergence transatlantique. Nous voulions réaffirmer un message de soutien fort aux Ukrainiens. Aujourd'hui, cette unité nous a permis, vous l'avez dit, de rassembler les sénateurs américains qui s'apprêtent à lancer des sanctions supplémentaires et l'envoyé spécial du président Trump, le général Kellogg.
Unité donc, mais aussi détermination à agir ensemble, d'abord pour continuer le soutien à l'Ukraine à très court terme sur des capacités indispensables : drones, missiles, capacité, mais aussi lutte anti-drone et financement. Pour obtenir le cessez-le-feu, et c'est le sens même des sanctions que vous avez prises du 18ᵉ paquet de sanctions européennes que nous allons finaliser et des sanctions que les Américains s'apprêtent à prendre, qui ont cette fonction dissuasive, de conviction à l'égard de la Russie. Et puis surtout, nous avons pu annoncer la finalisation de la planification militaire que nous avions décidé il y a plusieurs semaines.
Je veux ici remercier l'amiral Radakin et le général Burkhard pour le travail qu'ils ont pu faire et la coordination de leurs homologues. 30 pays sont mobilisés autour de ce partenariat et de cette codirection franco-britannique, la planification permet de prévoir, le jour où un cessez-le-feu sera signé, ce qui permettra de le tenir dans la durée et de le crédibiliser en air, sur mer, par une régénération des forces ukrainiennes et, en cas de besoin, par des forces de réassurance que nous avons prévues. Un état major d'opération est aussi prévu à Paris, 200 planificateurs sont déjà mobilisés.
Comme vous le voyez, la question nous était posée il y a encore quelques semaines « Est-ce que la Coalition des volontaires est quelque chose de concret ? » C'est simple. Ce n'est pas simplement quelque chose de concret, ce sont des centaines de militaires qui sont déjà mobilisés, c'est un état major qui est bâti, ce sont des décisions et des planifications déjà prises.
Nous sommes convenus de renforcer notre partenariat aussi contre la flotte fantôme russe et pour lutter contre le contournement des sanctions et réduire les revenus pétroliers de la Russie, ce qui est essentiel dans cette période. Au-delà de l'Ukraine, nous avons la même approche sur le Proche et Moyen-Orient : appeler à la cessation des hostilités, à un chemin de paix, mettre fin à l'enchaînement guerrier qui a succédé à l'attaque terroriste du Hamas, le 7 octobre 2023. Ensemble, nous avons appelé à un cessez-le-feu à Gaza et à la libération de tous les otages.
C'est l'urgence absolue pour mettre fin au calvaire des otages et à celui des Gazaouis. La continuation d'une guerre sans fin et sans objectif stratégique fait peser une menace grave pour la région et pour notre sécurité collective. Elle est aujourd'hui le lieu d'une déshumanisation que rien ne peut justifier.
Ensemble, nous savons la nécessité d'offrir un chemin politique et je crois en l'avenir de la solution à deux États comme base d'une architecture de sécurité régionale qui permettra à Israël de vivre en paix et en sécurité avec ses voisins. Je crois à la nécessité d'unir nos voix à Paris, à Londres et partout ailleurs pour reconnaître un État de Palestine et initier cette dynamique politique qui est la seule conforme à une perspective de paix. Notre sommet a aussi permis d'acter notre convergence, retrouvée 9 années après le Brexit et je soutiens pleinement les efforts du Premier ministre Starmer pour restaurer la confiance, assurer le respect des accords conclus avec l'Union européenne et renforcer ce cadre par des coopérations ciblées et d'intérêt commun.
À cet égard, je me réjouis que nous ayons pu, le 19 mai dernier, définir une feuille de route pragmatique entre l'Union européenne et le Royaume-Uni sur l'énergie, le climat, la défense, les normes sanitaires et phytosanitaires et la mobilité des jeunes. Aujourd'hui, nous déclinons cette convergence, ce reset au niveau bilatéral. D'abord, dans le domaine économique, nos échanges commerciaux excèdent leur niveau d'avant Brexit.
Nous sommes le 3e et 4e investisseur l'un chez l'autre. Et les 3 500 entreprises françaises présentes au Royaume-Uni demeurent le 2e employeur étranger. Plusieurs accords de coopération ont été signés entre nos universités et nos centres de recherche en intelligence artificielle, sur le quantique et nous renforçons et ancrons, aujourd'hui, notre partenariat dans deux autres secteurs clés : le nucléaire civil d'abord.
EDF réalisera les deux réacteurs nucléaires EPR de Sizewell C et y investira à hauteur de 12,5 % du capital de la société projet. C'est bon pour la décarbonation de l'économie britannique, c'est bon pour sa sécurité énergétique, pour l'emploi et pour les compétences, et c'est bon pour EDF qui développe ainsi la technologie EPRc comme pour le site de Sizewell C qui bénéficiera des efforts de série et des effets d'échelle issus des réacteurs Hinkley Point. Le deuxième domaine économique est celui du spatial.
Le gouvernement britannique participera à l'augmentation de capital d'Eutelsat venant s'ajouter à l'augmentation que nous avons annoncé le 19 juin, ce qui porte le montant total à 1,5 milliard d'euros et permet à nos partenaires britanniques de conserver, au même niveau, leur part dans le capital de l'entreprise. Nous soutenons ainsi le plan stratégique de croissance d'Eutelsat, le développement de sa constellation LEO et renforçons notre partenariat européen en matière de connectivité spatiale. Dans ces deux domaines, le nucléaire civil et le spatial, qui sont deux domaines d'avenir, ce sommet permet des avancées massives.
Et puis dans le domaine culturel, et c'est avec 300 000 Français installés au Royaume-Uni et les 150 000 Britanniques en France, un enjeu important de notre relation, nous avons eu le plaisir, ensemble, d'annoncer hier le prêt et l'exposition au British Museum de septembre 2026 à juillet 2027, de la Tapisserie de Bayeux, qui est sans doute l'œuvre la plus symbolique de notre histoire partagée, et dans le sens inverse, du trésor de Sutton Hoo et d'autres œuvres insignes du patrimoine britannique qui seront exposés à Caen et à Rouen. Tout sera mis en œuvre pour assurer la protection de ces trésors nationaux, j'espère, même face aux tentatives de déstabilisation de Larry le chat. Le processus sera étroitement suivi par des experts pour veiller à la conservation des œuvres.
Nous avons enfin convenu de renforcer nos efforts ensemble pour lutter contre les trafiquants de migrants en Manche et maîtriser l'immigration clandestine. Vous l'avez longuement évoqué, Monsieur le Premier ministre, c'est un enjeu essentiel pour nos deux pays. Dans le cadre des accords de Sandhurst, nous avons mis en place une coopération exemplaire avec des résultats conséquents, notamment la quasi-extinction des tentatives ferroviaires ou en transport routier via le tunnel.
Et rappelons-nous, il y a quelques années, c'était l'objet de commentaires quotidiens. Nous avons réussi à justement réduire complètement ces voix, nous avons réussi à prévenir beaucoup mieux qu'avant les départs de small boats, mais les moyens humains et techniques que nous engageons, en effet, n'ont jamais été aussi importants. Néanmoins, nous constatons depuis janvier dernier une hausse des traversées illégales avec des modalités nouvelles, celles qu'on appelle les taxis boats, les passeurs prenant toujours plus de risques pour faire ces traversées et faisant courir davantage de risques à ces personnes qui fuient la misère dans leur pays.
C'est en effet l'adaptation permanente face au renforcement de nos contrôles. Nous mobilisons plus de 1 200 forces de sécurité et d'intervention. C'est un problème des deux côtés de la Manche, outre la tension que cette situation génère dans nos territoires du Nord, comme sur vos côtes.
C'est pourquoi nous allons renforcer notre action partagée sur plusieurs fronts. D'abord, il faut comprendre que depuis le Brexit, je le dis aussi avec honnêteté, parce que ce n'est pas votre cas Monsieur le Premier ministre, mais beaucoup de gens dans votre pays ont expliqué que le Brexit permettrait de lutter plus efficacement contre l'immigration clandestine. Simplement, c'est depuis le Brexit que le Royaume-Uni n'a plus aucun accord migratoire avec l'Union européenne.
En effet, il n'existe donc pour les candidats à la traversée ni voie d'admission légale alternative ni dispositif de réadmission à l'issue d'une traversée et la situation actuelle crée en réalité une incitation à réaliser la traversée. C'est donc l'exact inverse de ce qu'avaient proposé, ou plutôt promis, les Brexiters. Nous avons trouvé aujourd'hui, grâce à la proposition de nos ministres de l'Intérieur et à leur travail toutes ces semaines, un accord politique de principe pour tester justement ce projet pilote qui exercera un effet très dissuasif sur le modèle des passeurs et sur les traversées.
D'une part, en ouvrant une voie d'admission légale pour des personnes ayant des liens de connexion avec le Royaume-Uni, d'autre part, en prévoyant la réadmission de ceux qui réussissent la traversée selon le principe du « un pour un ». L'accord sera signé dès que les procédures de vérifications juridiques seront achevées, y compris celle de la Commission européenne, qui sont nécessaires s'agissant d'un enjeu lié à une frontière extérieure de l'Union européenne pour qu'il soit mis en œuvre de la manière la plus rapide. Deuxièmement, concernant la doctrine d'intervention maritime sur laquelle nous travaillons, elle vise à mieux partager le renseignement, à mieux lutter contre les filières de passeurs et à agir sur la globalité du dispositif maritime en intégrant étroitement les dimensions relatives à la lutte contre l'immigration clandestine et au sauvetage en mer.
Troisièmement, nous allons intensifier notre coopération conjointe vers les pays d'origine et de transit tout au long des routes migratoires, dans la lutte en amont contre les réseaux de passeurs, pour dissuader les départs et agir sur les retours. Nous travaillons sur le début du parcours dans les pays de départ en s'attaquant à la racine du problème et la task force britannique sur cet enjeu lancé au sommet de 2023, fonctionne à plein. Nous avons eu des premiers résultats avec l'Irak et nous poursuivons avec d'autres pays.
Enfin, Monsieur le Premier ministre a confirmé la mobilisation totale de son gouvernement pour traiter justement les facteurs d'attraction de migrants illégaux, notamment en ce qui concerne la lutte contre le travail illégal et le séjour irrégulier. Je l'en remercie vivement et notre sommet de ce matin a permis de revenir sur toutes ces actions. Vous l'avez compris, c'est donc des décisions fortes, nouvelles en profondeur que nous prenons pour lutter contre ces réseaux et cette immigration clandestine et permettre d'assurer pleinement la sécurité dans nos deux pays.
Voilà, Mesdames et Messieurs, ce qu'en complément des propos de Monsieur le Premier ministre, je voulais ici redire, mais laissez-moi terminer en exprimant toute ma gratitude à votre endroit, Monsieur le Premier ministre, pour ce sommet et nos décisions. Vous l'avez dit, je crois que tout ça, c'est une confiance que nous avons rebâtie plusieurs années après le Brexit. C'est une confiance entre nos gouvernements, entre nos deux nations et entre nous.
Je crois profondément aux actions que nous sommes en train de conduire. D'ailleurs, les derniers mois l'ont montré quant à la Coalition des volontaires que nous avons lancée ensemble et, je crois, le montreront sur tous les sujets que je viens d'évoquer. Et au fond, par ces décisions et ce sommet, nous commençons à illustrer et donner un contenu à ce que Sa Majesté le roi a voulu et annoncé, il y a quelques jours : cette Entente amicale.
Nous lui donnons un contenu et dessinons ensemble cet avenir. Je crois profondément que cette formule est la bonne. C'est pourquoi nous avons décidé de l'adopter et, ensemble, d'avancer sur ce chemin vers l'Entente amicale main dans la main.
Merci beaucoup. Merci beaucoup Emmanuel. Alors à présent, nous avons plusieurs questions de la part des médias français et britanniques.
Je vais commencer avec Robert Peston, ITV Bonjour Robert Peston, ITV, comme vous l'avez dit. Monsieur le Premier ministre, ce projet pilote qui va avoir très peu d'expulsions chaque semaine, va-t-il vraiment être dissuasif ? Après tout, chaque semaine, 800 personnes traversent la Manche.
Pourquoi votre police ne fait pas plus pour empêcher les demandeurs d'asile de traverser la Manche ? Après tout, vous avez reçu 700 millions de livres britanniques. Et maintenant, j'aimerais vous demander… Vous n'avez le droit qu'à une question.
Je pense qu'on ne peut pas dire que vous appartenez à cette classe de dirigeants centristes. Est-ce que vous avez partagé des astuces et voir comment survivre ? Tout d'abord au niveau du projet pilote.
C'est quelque chose d'exceptionnel, de tout nouveau. Parce qu'après tout, c'est un programme qui va rompre le modèle, et que si vous traversez en petit bateau, vous allez être encore chez vous. L'objectif, c'est d'avoir un projet pilote, de casser, d'éliminer ce modèle et de réduire les chiffres.
Mais alors c'est un projet pilote. C'est tout à fait exceptionnel et il n'est pas étonnant que, depuis des années, les gouvernements britanniques précédents ont essayé d'obtenir un accord de ce genre, mais tous les gouvernements se rendaient compte que c'était tout à fait essentiel. Maintenant nous avons pu nous mettre d'accord et nous nous sommes mis d'accord, parce que nous avons coopéré, collaboré par la diplomatie, une diplomatie très sérieuse.
De cette façon-là, on a pu obtenir un résultat qui est excellent pour les deux pays. Je suis ravi que nous ayons pu le faire ici aujourd'hui. Merci beaucoup pour votre question.
La première chose, je l'ai dit, nous travaillons efficacement et nous avons des accords qui sont déjà solides. Je ne voudrais pas que s'installe l'idée que nous ne faisons pas notre travail ou que nous gaspillons l'argent britannique. Je veux d'ailleurs vous rappeler que lorsque vous mettez 1 pound, nous mettons 3 euros.
Nous mettons beaucoup d'argent pour défendre la frontière, qui est une frontière extérieure de l'Union européenne. La deuxième chose, nous avons éteint des voies de passage la voie terrestre, la voie ferroviaire, et beaucoup réduit celles de ces small boat qu'on évoquait simplement. Les passeurs s'adaptent et nous devons adapter notre réponse.
Ensuite, je le rappelais, nous devons surtout adapter la réponse au Brexit. C'est qu'on a vendu, au peuple britannique, un mensonge qui est que le problème, c'était l'Europe. Simplement en laissant un vide juridique.
Le problème, c'est devenu le Brexit. Et avec votre gouvernement, nous sommes pragmatiques et nous apportons une réponse, pour la première fois depuis 9 ans, une réponse pour permettre que des gens qui ont des liens, que vous voulez prendre et sont utiles pour votre pays, soient admis légalement, sans prendre le moindre risque, et pour aider à l'arrivée, justement avec le principe du « un pour un », de gens que vous ne voulez pas, qui n'ont pas de retour. et en faisant nous… C'est toute la difficulté qu'il y a derrière ce projet pilote.
C'est pour ça qu'on a tout ce travail avec l'Union européenne, c'est qu'il nous faut faire fonctionner les accords de Dublin, parce que la France ne va pas récupérer les gens que vous ne voulez pas. On doit ensuite, nous, faire fonctionner les accords avec les pays de première entrée, parce que la France ne peut pas devenir le réceptacle des gens à qui vous ne donnez pas l'asile. C'est normal, vous feriez comme nous et donc nous, nous devons faire refonctionner nos accords.
C'est pour ça qu'est nécessaire, la coopération des Espagnols, des Italiens, des Grecs, vous nous aidez à l'obtenir. Donc je crois que c'est un bon accord. On fait le travail, on a des résultats, on doit s'adapter, on ne laissera rien faire.
Je vais le redire ici aussi, ce qu'on a réussi à obtenir, par exemple avec l'Irak ces derniers mois, par notre task force commune, est très important, parce qu'à la fin, un tiers des clandestins, des immigrants illégaux qui sont sur l'espace de Schengen sont des gens qui veulent accéder à votre territoire. La clé de la réponse, c'est ce que l'on fait à notre frontière commune. Mais c'est réussir à avoir une gestion préventive avec les pays de départ et de transit et réussir à éteindre les raisons pour lesquelles ils veulent traverser.
C'est exactement ce que votre gouvernement est en train de faire sur les cartes d'identité, sur la lutte contre le travail illégal, c'est la raison pour laquelle ils ne veulent pas l'asile chez nous, ils le veulent chez vous. Voilà, donc on travaille sérieusement, loin de toute démagogie. Ce qui me permet de répondre à votre 2e question, qui est que je crois profondément que notre responsabilité, dans ce moment, c'est de toujours en revenir aux faits, à la science, à la complexité du monde, et d'expliquer ce que nous faisons et d'expliquer que face à ça, on peut avoir des désaccords politiques les uns avec les autres, mais qu'il ne faut jamais céder à la tentation des populistes qui généralement est un déni de science ou un travestissement des faits.
C'est ça qui nous distingue des autres. Je crois que c'est un cœur de doctrine qu'on ne doit pas abandonner. Ensuite, c'est la conviction que la réponse à nos problèmes, qui sont de plus en plus complexes, passe par la coopération, une approche européenne, une coopération, là où les populistes vous ont souvent vendu une réponse qui passe par le repli nationaliste.
Est-ce que les problèmes budgétaires, d'immigration clandestine, de croissance de la Grande-Bretagne d'il y a 9 ans ont été réglés par le Brexit ? Non. Ils sont en train d'être réglés par un gouvernement qui veut se réengager avec ses partenaires de confiance et avec l'Europe.
C'est ça la responsabilité de gouvernements comme les nôtres. Enfin, vous savez, je ne me suis jamais sentie isolé, parce que je me souviens du jour où j'ai été élu. C'était quelques mois après le Brexit, quelques mois après la première élection du président Trump et dans un moment où on disait que c'est fini pour tous les gens qui sont progressistes, qui ont une vision du monde complexe ou qui osent mettre le drapeau européen sur une estrade.
L'élection de 2017 avait montré le contraire. Je souhaite à beaucoup de dirigeants européens de continuer à gouverner en expliquant à leur peuple la vérité des choses, la complexité du monde et en en proposant des solutions, je crois, d'avenir et, au fond, en portant de l'espoir. Sinon, nos sociétés, vont complètement se replier sur elles-mêmes, ce qui n'est ni la solution à nos problèmes, ni ce qui permettra à nos jeunesses de regarder de l'avant.
Je suis plutôt, au contraire, très optimiste. Robert, à propos de la 3e partie de votre question, oui, la mission de ce gouvernement, ma mission, c'est vraiment de me réengager et d'établir notre place sur cette scène mondiale par l'intermédiaire de la coopération, d'une diplomatie paisible. C'est précisément de cette façon-là qu'on a pu obtenir un accord aujourd'hui, à propos des retours.
Mais j'aimerais ajouter quelque chose à ce qu'Emmanuelle Macron disait, quelque chose qui est important, parce que la migration illégale, c'est un problème très sérieux à travers le monde, à travers l'Europe, c'est un problème qui concerne tous les pays européens. Cela se trouve à l'ordre du jour de la plupart des réunions européennes, mais ça n'était pas le cas il y a des années. Cela demande une réaction pragmatique sérieuse, non pas la politique ou les réponses faciles.
Il est important que l'on puisse démontrer de façon collective, que tous deux, en tant que dirigeants de deux pays remarquables, faisons face à cette menace et que la démocratie sociale peut trouver les solutions à ces problèmes. Parce que sinon, les réponses faciles sont ailleurs. Lorsque nous avons travaillé très dur afin d'obtenir un accord de retour, d'autres ont tout simplement pris des photos du problème et c'est là que se trouve l'aspect politique.
C'est-à-dire qu'il faut démontrer la politique pragmatique de cette façon-là, on pourra obtenir les résultats qui compteront pour nos deux peuples. C'est quelque chose qui est important pour le Royaume-Uni et la France, mais aussi pendant cette ère, nous démontrons que la démocratie sociale a les réponses aux menaces auxquelles nous faisons face à travers le monde. Stephen, du Times.
Merci Monsieur le Premier ministre, je suis Stephen, du Times. Êtes-vous en mesure de garantir que cet accord ne causera aucun problème juridique et [INAUDIBLE] Deuxièmement, comment allez-vous choisir les 50 personnes qui seront chaque semaine accueillies au Royaume-Uni ? Monsieur le Président, êtes-vous vraiment engagé ?
Comment allez-vous vous assurer que ce projet pilote se concrétise ? Parce que les chiffres augmentent. Pendant votre discours, vous avez dit que depuis janvier, les chiffres augmentent, est-ce de votre faute ou celle de l'homme à côté de vous ?
Tout d'abord, pour répondre à la dernière partie de votre question, nous devons tous les deux, ensemble, essayer de résoudre cette situation et souvent l'une des solutions critiquait ou blâmait, il y avait cette politique de mégaphone, mais qui n'a jamais réussi. C'est pour ça qu'il n'y a jamais eu de [INAUDIBLE]. C'est pour ça que le Brexit entre le Royaume-Uni et l'Union européenne était un succès.
On avait dit qu'on n'allait pas critiquer et blâmer qui que ce soit et utiliser n'importe quel micro pour casser du sucre sur le dos d'un partenaire. et c'est la même chose. C'est notre responsabilité à tous les deux.
Je n'ai pas l'intention de critiquer ni de travailler comme nous l'avons fait auparavant. Cela n'a pas été un succès ni pour la France, ni pour le Royaume-Uni. Au niveau du projet pilote, il sera opérationnel les semaines à venir.
Évidemment, c'est un projet pilote qui est là afin de démontrer que si vous prenez un petit bateau, alors vous serez renvoyé en France. Étant donné que c'est un projet pilote, il est vraiment important qu'il marche, et on va faire de notre mieux pour cela. Et si cela marche, cela permettra d'éliminer ou de casser ce modèle.
C'est vraiment un moment tout à fait exceptionnel. Des tas de gouvernements l'ont essayé, mais ont échoué jusqu'à présent. À propos de ceux qui vont pouvoir retourner, je ne vais pas vous donner les détails.
Cela pourrait menacer l'opération, mais il est important de voir ce projet pour ce qu'il est. C'est vraiment un résultat exceptionnel. Emmanuel ?
Je suis tout à fait d'accord. On ne montre personne du doigt. Nous devons être efficaces en travaillant ensemble.
Il faut souligner l'impact qu'à cette situation sur les territoires au nord de la France. Elle est souvent sous-estimée dans vos débats intérieurs, mais ce n'est pas un cadeau pour Calais, Dunkerque et d'autres villes d'avoir tous ces migrants illégaux. Nous proposons l'asile en France à ces migrants et des solutions, mais ils refusent, car ils veulent traverser la Manche.
Donc on n'a pas d'autres options que de collaborer étroitement. Ce n'est pas une situation facile pour les Français et toutes ces villes. Je tiens à remercier tous les maires et les populations vivant dans le nord de la France pour leur contribution à cet effort commun.
Deuxième point, c'est important de comprendre, qu'il s'agit d'une coopération collaborative, d'un plan complet travaillé depuis le pays d'origine. Accroître notre action bilatérale et la lutte contre cette situation illégale sur votre sol assureront l'efficacité de ce nouveau plan. Je me suis pleinement engagé à son succès.
Ce projet pilote résulte de notre volonté et nos intérêts partagés. Je tiens à insister sur un point : c'est sans un effet dissuasif et au-delà des chiffres que vous avez cités, ce que nous souhaitons faire, c'est précisément d'avoir cet effet dissuasif à l'égard de tous ces passeurs, pour envoyer le message clair de notre efficacité, il n'y a aucun intérêt pour eux de jouer avec les règles. Merci beaucoup.
Christelle de France Télévisions. Monsieur le Président, ma première question s'adresse à vous. Vous envisagez une réponse rapide des deux pays, en cas de menace extrême à la sécurité de l'Europe.
Qu'entendez vous par menace extrême et est-ce que l'Ukraine ferait partie du périmètre d'intervention si une force de réassurance est mise en place. Et maintenant une question pour Monsieur le Premier ministre, quelle forme pourrait prendre la coordination entre les deux pays ? Avec quel type d'opération ?
Et comment pourriez-vous arbitrer entre vos engagements vis-à-vis des États-Unis et de la France ? Je vous remercie. Je veux faire le distinguo.
Merci pour votre question. Quand on parle de force de réassurance à l'égard de l'Ukraine, ça n'a rien à voir avec la doctrine que nous venons d'évoquer. Je ne veux pas d'ambiguïté.
Nous avons avec l'Ukraine un plan qui est d'abord l'aide d'armes, de capacités, de soutien, de formation à court terme. Ensuite, le jour du cessez-le-feu, nous avons mis en place un plan et c'est tout le travail qui a été fait par nos chefs d'état-major des armées qui est précisément d'organiser la coalition, les 30 pays qui sont partenaires, et de voir dans les airs, sur mer pour régénérer l'armée ukrainienne et comment pouvoir tenir ce cessez-le-feu. Au-delà de ça, nous avons un schéma de force de réassurance qui est de pouvoir envoyer un signal stratégique.
Ça, c'est une chose. Totalement à côté de ça, rien à voir, nous avons décidé de coordonner nos doctrines nucléaires de manière totalement inédite. À ma connaissance, il n'y a pas deux pays au monde qui ont une telle intimité sur leur doctrine nucléaire désormais.
Mais je l'ai dit, ceci n'enlève rien à l'ambiguïté stratégique qui va avec nos doctrines nucléaires. Je ne répondrai jamais à votre question dans les termes avec lesquels vous me l'avez posée, parce que c'est ce qui va avec l'effet dissuasif et la crédibilité de notre doctrine nucléaire, parce que nous avons décidé d'une coordination, d'échanges stratégiques, de partenariats opérationnels et capacitaires. Mais l'un comme l'autre, nous restons pleinement souverains et indépendant dans le déclenchement, le pilotage de nos capacités nucléaires.
Je veux vraiment distinguer les sujets, parce que, sinon, cela créerait une confusion nuisible à tout ce qu'on a fait. Ce sont deux exercices totalement distincts, mais au fond, nous expliquons qu'on a des doctrines chacun, la doctrine française est connue. Je l'ai réaffirmée il y a plus de 3 ans sur ce sujet.
Mais à côté de ça, on met en place cette coordination qui n'enlève rien à notre indépendance et ceci est totalement distinct de ce que nous faisons sur l'Ukraine. Merci beaucoup. À propos de l'accord nucléaire que nous avons tenu aujourd'hui.
C'est un accord tout à fait historique et je comprends pourquoi vous ciblez les accords sur la migration irrégulière. C'est aussi quelque chose de très important. Mais je dirais que l'accord nucléaire est aussi important et historique.
Parce que nos pays sont deux pays nucléaires en Europe et nous avons accepté de faire un pas exceptionnel vis-à-vis de la façon de coordonner nos capacités afin de soutenir l'Europe et l'OTAN. C'est un moment exceptionnel, pour nos deux pays, l'Europe et le monde. Vous vous posez des questions, à propos des États-Unis, je n'ai aucun doute que l'OTAN a été l'alliance militaire la plus efficace depuis toujours.
Et depuis des décennies, nous avons pu vivre en paix, c'est notre responsabilité, non seulement de fêter cela, mais aussi d'assurer, en tant que dirigeants conjoints, que nous progressons et que c'est quelque chose qui existe par bien des manières, et nous devons nous assurer que l'Europe fasse plus, que l'Europe se défende collectivement, cela a trait à des financements il y a eu un accord à l'OTAN il y a deux semaines et demie, mais il faut coordonner et coopérer. Emmanuel et moi discutons depuis longtemps maintenant. Nos deux pays ont démontré le leadership nécessaire et c'est pour cela que nous avons établi cette Coalition des volontaires.
Ainsi, l'Europe peut voir que nos deux pays étaient prêts et c'est pareil concernant le nucléaire afin de soutenir cet argument plus global de la défense. Alors, je comprends très bien, parce qu'après tout la migration irrégulière est un énorme défi qui a été ciblé pendant ce sommet. Mais l'aspect nucléaire, la coordination et la coopération nucléaire est aussi importante si on réfléchit à l'histoire de la défense de l'Europe.
Merci. Thomas de RTL Bonjour Monsieur le Premier ministre, bonjour Monsieur le Président. Il y a quelques semaines, vous avez dit aux Français que face à cette nouvelle menace, cette nouvelle donne, il fallait faire des efforts.
Demain, le chef d'état-major des armées, à votre demande, présentera l'état de la menace. A quoi faut il s'attendre ? Quel type d'efforts devront faire les Européens, surtout les Français ?
Est-ce qu'il faut s'attendre à ce que certains soient mobilisés dans une forme de réserve, par exemple ? Monsieur le Premier ministre, le président Macron, tout à l'heure, a appelé à une reconnaissance commune de la Palestine. Quel est votre regard sur cette reconnaissance ?
Où en êtes vous dans votre réflexion et quand, tous les deux, allez-vous prendre cette décision ? Merci beaucoup. Merci beaucoup.
Vous avez raison de rappeler, en effet, que face à la situation, j'avais, il y a quelques mois, appelés les Français à ce sursaut, cette prise de conscience de la nature du risque. Ceci n'a pas changé, à la fois, parce que nous devons continuer d'aider l'Ukraine qui est aux avant-postes, parce que la menace russe est là, et parce que la détermination russe est là aussi. Vous avez, sur le sol européen, géographiquement c'est le cas, à la frontière de l'Union européenne, à quelques milliers de kilomètres de Paris, une puissance dotée du nucléaire qui aujourd'hui alloue 40 % de son budget à un effort militaire et qui, à marche forcée, construit des capacités dans tous les domaines du jeu et dont rien n'indique qu'elle n'a décidé de s'arrêter à ce qu'elle s'est fixé pour elle-même et de manière momentanée, comme le déclenchement de la guerre, mais la Russie n'a jamais tenu ses engagements depuis le début.
Donc oui, nous devons faire face à ce risque, qui n'est pas le seul. Parce qu'à côté de ça, la menace terroriste demeure, parce que nous avons d'autres formes de conflictualité qui existent, parce que la menace maritime, cyber, spatiale est là avec d'autres grandes puissances. Le chef d'état-major des armées expliquera demain la nature du risque, tous les efforts qui ont été faits à travers les deux lois de programmation militaire, qui est un effort inédit de la nation française, nous n'avons pas attendu.
Heureusement, nous avons commencé dès 2017 par une revue stratégique, puis par une première loi de programmation militaire qui a préparé une deuxième loi de programmation militaire qui nous permet d'aller plus loin. Mais très clairement, nous devons, aujourd'hui, réviser notre programmation et notre stratégie, la réviser à la lumière du changement de la nature du risque. Et c'est pourquoi le général Burkhard, donnera ses explications demain, et je m'exprimerai à Brienne, comme il est de coutume chez le ministre des armées, dimanche soir, donc, la veille de notre fête nationale, pour annoncer quelques décisions d'investissement pour l'avenir.
Sur la question de mobilisation de nos compatriotes. Nous avons fait le choix il y a près de trois décennies, d'une armée de métier complète et de la fin de la conscription. Nous avons aussi fait le choix de la compléter par une réserve et dans notre loi de programmation militaire en cours, elle atteint des niveaux inédite que rappellera d'ailleurs demain le général.
C'est quelque chose qui vient épauler notre armée et qui permet de mobiliser des capacités et des compétences dans la société civile et de revisiter ce pacte Armée-Nation qui est si important. Nous devons et nous allons accélérer sur ce point. Une autre question est celle du service national.
Sur ce point, en début d'année, j'ai demandé un travail au ministre et au Sénat. Il est en train d'être finalisé. Il fera l'objet d'études complémentaires durant l'été et à la fin de l'été ou au début de l'automne, conformément au calendrier annoncé en début d'année, je reviendrai vers vous pour expliquer les décisions qui sont les nôtres et qui s'inscriront dans la programmation budgétaire qui sera la nôtre.
Merci. Je voudrais simplement dire à propos de la Coalition des volontaires, que nous avons approuvé des plans, nous planifions cela au niveau militaire depuis quelques mois, de façon très attentive. Nous avons achevé le plan, il deviendra opérationnel.
Ce qui est une bonne nouvelle. J'aimerais féliciter chaque personne impliquée dans ce travail. Ce travail doit se faire maintenant, plutôt qu'après le cessez-le-feu, le siège est situé à Paris.
D'ailleurs, il comprend aussi une structure de commande, ce qui est très important pour toute opération. Chose importante concernant la Coalition des volontaires, il y avait des sénateurs [INAUDIBLE]. À propos de la question séparée sur la Palestine, j'aimerais commencer en disant que la situation à Gaza est intolérable.
Nous devons obtenir un cessez-le-feu, nous avons besoin d'aide en quantité et rapidement et c'est quelque chose qui ne se déroule pas sur le terrain. Il faut évidemment qu'on libère les otages, parce qu'ils sont détenus depuis trop longtemps. C'est une politique à long terme du Parti travailliste et de ce gouvernement de reconnaître la Palestine.
C'est toujours le cas. Parce que je ne pense pas qu'on pourra avoir une paix durable sans une solution à deux États. Mais maintenant, ce qu'il faut cibler, c'est d'assurer ce cessez-le-feu qui va permettre l'espace afin que la politique puisse reprendre cette bataille et aussi pour assurer l'aide et libérer les otages.
Emmanuel et moi, comme vous pouvez l'envisager, nous parlons de tas de choses et ce afin d'aligner nos réflexions. Merci beaucoup. Merci.
Merci beaucoup.
Emmanuel Macron