LFI réhabilite les petits patrons et rompt avec la lutte des classes? - Aurélie Trouvé
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Chapitres
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:15Aurélie TrouvéFait
« Les classes pour moi ne se définissent plus selon il y a il y aurait une classe de patron euh capitaliste et une classe de salariés exploités. »
- 0:45Aurélie TrouvéFait
« il y a 400 petits patrons qui euh qui en fait sont insoumis mais c'est parce qu'en fait ils pensent fondamentalement que les petits patrons, les les 4 millions de petits patrons de en France ne sont pas la même classe que les grands patrons capitalistes »
- 1:30Aurélie TrouvéFait
« un coiffeur, un boulanger ou ou même un paysan son but c'est pas de sortir le maximum de rentabilité à 3 5 10 ou 20 % pour l'actionnaire. C'est déjà se se sortir un revenu à peu près convenable. »
- 2:15Aurélie TrouvéFait
« le la multinationale rien à faire. La plupart de ces activités, elles se font ailleurs ailleurs qu'en France. »
- 3:00Aurélie TrouvéFait
« les dominants aujourd'hui servent avant tout la grande entreprise par les aides publiques qui sont essentiellement le crédit impôt recherche dirigé vers les très grandes entreprises »
- 3:30Aurélie TrouvéChiffre
« Quand la petite entreprise paye 24 % d'impôts effectifs, la grande entreprise en paye 17 par l'évasion fiscale. »
- 4:30Aurélie TrouvéFait
« il y a pas une lutte anticapitaliste qui serait centrale et pure, qui serait enfin pure pardon, une lutte en tout cas qui serait pr dominante, voilà qui serait celle du conflit capital travail »
- 5:30Aurélie TrouvéFait
« le travailleur exploité il est bien souvent une femme racisée mais le la première victime de pesticides bah en fait c'est souvent un saisonnier agricole étranger sans papier »
- 7:00Aurélie TrouvéFait
« il y a une radicalisation du capitalisme, donc il y a une radicalisation du bloc dirigeant qui veut l'imposer de plus en plus de façon autoritaire, d'où l'extrême droitisation et la faschisation »
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Les classes pour moi ne se définissent plus selon il y a il y aurait une classe de patron euh capitaliste et une classe de salariés exploités. Je pense qu'on ne peut plus résumer comme ça euh les classes sociales. Voilà.
Et c'est un long débat. Je je peux souvenir il y a quelques années, il y a eu un il y a eu une thèse développée là-dessus par Noiriel qui disait "Il faut que le conflit capital travail reste la pierre angulaire de la classe sociale et de la lutte anticapitaliste." L'Ordon lui répond lui répondant "Mais non, en fait, ça y est, on est au 21e siècle." Bon euh et ce que je veux dire c'est que déjà il y a pas une classe pour moi de patron et pour le coup si par exemple il y a 400 petits patrons qui euh qui en fait sont insoumis mais c'est parce qu'en fait ils pensent fondamentalement que les petits patrons, les les 4 millions de petits patrons de en France ne sont pas la même classe que les grands patrons capitalistes, que les grands actionnaires.
Aujourd'hui, un coiffeur, un boulanger, pardon, il doit y en avoir dans la salle. [rires] Je sais pas, tu voyez, il y en a partout. Non mais parce que un coiffeur, un boulanger ou ou même un paysan son but c'est pas de sortir le maximum de rentabilité à 3 5 10 ou 20 % pour l'actionnaire.
C'est déjà se se sortir un revenu à peu près convenable. Je suis désolé, ça fait déjà une grosse différence. Bon, deuxièmement, parce que il a lui globalement au niveau macroéconomique intérêt à ce qu'il y ait un minimum de pouvoir d'achat en France. parce que je veux dire le la multinationale rien à faire.
La plupart de ces activités, elles se font ailleurs ailleurs qu'en France. Et troisièmement parce qu'il est fondamentalement dominé par la multinationale, par la grande entreprise, par de multiples façons et par ailleurs, les dominants aujourd'hui servent avant tout la grande entreprise par les aides publiques qui sont essentiellement le crédit impôt recherche dirigé vers les très grandes entreprises par l'optimisation fiscale. Quand la petite entreprise paye 24 % d'impôts effectifs, la grande entreprise en paye 17 par l'évasion fiscale. tout on a par ailleurs un système qui sert la grande entreprise le grand patron pardon j'aime pas parler d'entreprise effectivement parce que en réalité l'entreprise n'est pas un tout homogène évidemment elle est le fait d'un côté des salariés et de l'autre des des actionnaires et des et des dirigeants qui les servent mais en tout cas je je pense qu'on peut plus considérer surtout qu'il y a enfin moi je vraiment je suis arrivée quand on a eu tous ces auto entrepreneurs insoumis moi ma première réaction c'était ah oui vous êtes complètement euh enfin vous les pauvres quoi.
Bon et en fait moi certains m'ont dit mais en fait je sais on est exploité, ubérisé tout ça mais il y a aussi un choix de d'être son propre entrepreneur. Je sais pas et ça rejoint la question du sens du travail pour échapper à la hiérarchie brutale de la grande entreprise. J'ai je suis pas en train de vous dire que le statut d'au-entrepreneur c'est cool hein, c'est dégueulasse, c'est ubérisé tout ça.
Ce que je veux dire, c'est qu'aujourd'hui il faut faire aussi avec des millions de gens qui qui en fait ont leur petites entreprises sont soit seuls ce qui est la plupart du cas ils sont seuls et sans ils sont leurs propres entrepreneurs, soit enfin indépendants disons, soit ont 2 3 4 parfois 10 20 50 salariés mais qui refusent en tout qui tent de refuser euh une une domination capitalistique. Bref, donc moi je je c'est des c'est des alliés et même je dirais tu peux pas les mettre dans la même classe que que ces grands patrons. Mais bon voilà, je je réponds juste à ça et ça ne veut pas dire que que évidemment on prend pas en compte l'exploitation salariale du petit patron sur ses propres salariés.
Mais mais pour moi c'est plus compliqué que ça. Voilà. et qu'on peut plus réfléchir à mon avis comme ça.
Et ensuite parce que je pense que la classe sociale ne se définit plus selon seulement le conflit capital travail. Elle se elle elle se définit aujourd'hui selon le aussi selon le conflit capital nature, d'où la montée en puissance extraordinaire des luttes pour le vivant contre et enfin contre la destruction de la planète. Elle se définit aussi euh voilà selon le rapport euh euh le rapport homme-femme, d'où les luttes féministes, les luttes les luttes antiraciste en a parlé, les luttes anti-impérialistes, les luttes LGBT et pour moi, il y a pas l'une qui dominerait les autres.
Je sais pas si c'est clair, c'est il y a pas une lutte anticapitaliste qui serait centrale et pure, qui serait enfin pure pardon, une lutte en tout cas qui serait pr dominante, voilà qui serait celle du conflit capital travail et puis les autres c'est parce que je vous dis ça parce que c'est grosso modo ce qu' a pu développer Noiriel et je suis désolée s'il nous écoute, c'est je veux pas trop le caricaturer par ailleurs, l'ordon lui a lui a longuement répondu. Mais mais en tout cas voilà pour moi on peut pas on peut pas car enfin voilà on peut pas avoir une lutte qui domine les autres et par ailleurs toutes elles sont liées entre elles. Mais tu l'as dit le travailleur exploité il est bien souvent une femme racisée mais le la première victime de pesticides bah en fait c'est souvent un saisonnier agricole étranger sans papier voyez donc en vrai pour moi les rapports de domination ils s'accumulent il se voilà il se s'accumulent et se et se renforce quoi.
Et pour finir, enfin il me semble que en tout cas cette conjonction des luttes anticapitalistes, enfin il me semble que c'est ça qu'on essaie de tenir aussi de tenir tous les fronts de la lutte anticapitaliste, voilà, sans en faire sans faire de lune voilà la la la la lutte de de dominante quoi. Enfin, en tout cas, moi c'est elle que je conçois, c'est l'idée avec laquelle je suis aussi arrivée dans le dans le mouvement alter mondialisme puis ensuite dans l'Union populaire et le Parlement de l'Union populaire et la France insoumise, quoi. Et pour finir sur quel est quel est l'acteur de l'histoire ou quels sont les acteurs de l'histoire, il me semble aussi c'est la la question de quelles sont les stratégies aussi de ces acteurs.
Il y a quelque chose auquel je tiens beaucoup dans le mouvement politique auquel j'appartiens, c'est le fait pour moi qu'on s'appuie sur la complémentarité des stratégies. [grognement] C'està-dire, il y a la stratégie de participation critique et subversive aux institutions, ce queon fait comme députés, comme multiple voilà en avec nos mandats d'élus, mais c'est aussi la stratégie de confrontation directe du peuple des gilets jaunes à la manife antiraciste de Saint-Denni. C'est aussi la stratégie interstitielle.
Enfin, je reprends là les catégories, c'est Ricolin White, un un sociologue qui qui voilà décline ces trois stratégies qui à mon avis se retrouve bien dans ce qu'on essaie de dans ce qu'on fait dans le mouvement insoumis. La dernière stratégie, c'est la stratégie interstitielle. C'est toutes ces brèches que vous mettez dans le capitalisme avec des contemodèles, des contre-seésaux intellectuels médiatiques.
Par exemple, quand il y a une conférence de presse avec les nouveaux médias numériques, on pourrait se dire que c'est une stratégie interstitielle aussi. [grognement] Bref, voilà. Et pour finir, puisqu'on parle du du de l'anticapitalisme et de comment voilà comment on peut aussi déboucher sur sur une révolution anticapitaliste, ce qui est sûr c'est que pour moi, il y a une radicalisation du capitalisme, donc il y a une radicalisation du bloc dirigeant qui veut l'imposer de plus en plus de façon autoritaire, d'où l'extrême droitisation et la faschisation parce que plus le peuple réagit, plus ils ont besoin d'un d'un capitalisme financier et autoritaire.
Et donc plus les rapports sociaux se tendent, plus il y a des chemins radicalement différents qui s'ouvrent à nous. Et pour moi, il y en a plus que deux et tu l'as dit, c'est le suprémisme versus le collectivisme. Et ce que je veux dire, c'est que moi, je pense que ça se finira entre eux et nous, c'est-à-dire entre d'une d'un côté l'extrême droite et les fascistes ou de l'autre la gauche de rupture.
Et je ne crois pas, mais ça je le pense depuis très longtemps, je ne pense pas qu'il y aura quoi que ce soit d'autre comme stratégie que une stratégie de gauche de rupture qui pourra battre le fascisme et et l'extrême droite. Ça c'est ma
Aurélie Trouvé