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InterviewFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 29 décembre 2025 17 minAutoproduitMixteCulture, médias & sport

Mort de Brigitte Bardot : "Et Dieu... rappela la femme"

Source d'origine 3 locuteurs

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 80 %Attaque 15 %Défensif 5 %

Temps de parole

  • Présentateur37 %
  • Invité31 %
  • Invité 214 %
  • Auditeur11 %
  • Invité 34 %
  • Auditeur 22 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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Présentateur

france culture les matins de france culture astrid de vilaine j'ai très peur

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Auditeur

de la mort j'ai peur parce que je ne comprends pas parce que je me dis que c'est la plus grande injustice de la vie et puisque c'est la seule chose dont on soit sûr en fin de compte c'est qu'on va on va mourir vous avez deux de graves défauts je crois que mes défauts et mes qualités sont pareils c'est à dire que si j'ai des grands défauts mes qualités doivent être aussi probablement grandes mais j'aime bien la grandeur j'aime mieux ça que d'avoir des petits défauts et des

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Présentateur

petites qualités vous êtes une bonne petite française non je suis une grande

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Invité

française une grande française on vient d'entendre brigitte bardot c'était en 1970 chez jacques chancel dans radioscopie une émission à retrouver en intégralité sur le site de france culture brigitte bardot est morte hier à 91 ans et pour retracer son immense carrière je suis très heureuse de vous accueillir marie dominique le lièvre bonjour merci d'être là vous êtes journaliste vous avez signé ce matin dans libération la nécrologie de brigitte bardot et je cite votre biographie plein la vue brigitte bardot chez flammarion c'était en 2012 face à vous antoine de bec bonjour bonjour merci d'être la professeur d'histoire du cinéma l'école normale supérieure critique de cinéma je cite votre biographie de godard qui nous sera utile aussi dans cette conversation chez grasset en 2010 et bardot les pérégrines c'était en février dernier que retenez-vous d'elle marie dominique le lièvre je retiens l'image d'une grande dame que qui qui enfin pleine pleine de de c'est une très belle vie en fait elle a elle a une vie qui a été extrêmement remplie d'un bout à l'autre avec son lot de de probablement de de chagrin et de et de réussite et de victoire notamment pour tout ce qu'elle a pu obtenir pour la pour la cause animale mais aussi une image de femme qui a contribué à construire la

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Présentateur

liberté sexuelle et vous antoine de bec ce sont des petits bouts de france alors des grands bouts de france comme elle le disait c'est bardo vraiment c'est c'est le meilleur reflet de des époques qu'elle a traversé et un reflet qui est intéressant parce que c'est toujours un reflet polémique voilà on s'est beaucoup disputé autour de bardo on a beaucoup écrit sur bardo et à chaque fois c'est ça permet à bardo par sa personnalité par sa liberté d'incarner comme ça des des des moments de débat qui sont des débats très importants pour l'histoire de la france depuis les années 50 c'est vraiment voilà un trois quarts de siècle de l'histoire de la france qui qui est partie hier ce qui est

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Invité

intéressant c'est que sa carrière cinématographique finalement n'est pas si longue marie dominique le lièvre oui enfin elle a commencé relativement jeune je crois qu'elle avait 15 ou 16 ans lorsqu'elle a tourné ses ses premiers films mais disons que sa très grande notoriété sa notoriété internationale commence en en 58 avec et dieu créa la femme le film qu'elle tourne avec son mari roger vadim qui est un film qui qui qui qui qui fait qui fait qui fait un quasi flop en france à sa sortie mais qui va provoquer un choc et un scandale aux états unis et qui revient à ce moment là en france et où il fait une deuxième carrière elle a arrêté le cinéma jeune puisqu'elle n'avait que 38 ans après après des films série de films qui était peut-être pas ses meilleurs et elle a consacré le reste de sa vie à à la

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Auditeur

cause animale qu'est ce qui t'arrive bien ça suffit et où les gens pensent qu'à danser et à rire je vais t'y amener c'est loin de l'autre côté de la terre c'est pour ça que je suis ici juliette

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Invité

la fameuse scène du mambo dans et dieu créa la femme vous en parliez à l'instant marie dominique le lièvre de roger vadim en 1956 qu'est ce qu'il nous dit cinématographiquement ce film antoine de bec

4:41
Présentateur

vadim voulait filmer la jeune femme de son temps et c'est quelque chose de très important à ce moment là dans le cinéma français ça ça choque beaucoup parce que voilà c'est un corps c'est une manière de parler qui sont complètement voilà en porte à faux par rapport à à 10 ans à ce qu'on appelle un emploi la jeune première du cinéma d'un cinéma très corseté très guindé et voilà la nudité de bardo dès le dès le premier plan cette scène du mambo tout ça a éclaté comme une véritable une véritable grenade au coeur de d'un d'un d'un monde qui était voilà qui la qui le réprouvait très très largement à la critique française a été extrêmement sévère avec cette apparition de bardo sauf voilà sauf quelques jeunes gens qui sont les jeunes gens des cahiers du cinéma vous avez été le rédacteur en chef d'ailleurs dans les années 90 sur nouvelle vague et on a des très beaux textes de de truffaut de godard pour dire bah voilà avec ce film ce film nous intéresse bardo vient d'un cinéma les premiers films qu'elle a tournée n'était pas pour nous intéressant mais tout d'un coup là elle est quelque chose de réel de elle elle fait transparaître à l'écran quelque chose qu'on n'a jamais vu et ça ça nous intéresse donc il ya des textes de truffaut qui soutiennent bardo un dans ces ce moment très polémique et bardo d'ailleurs on sera très reconnaissante à truffaut on a dans les archives et des mots qu'elle lui a écrit pour le remercier d'être d'avoir volé comme ça à son secours donc oui tout d'un coup bardo se retrouve synchrone sans l'avoir voulu vraiment avec la avec la nouvelle vague qui va la qui va la soutenir et jusqu'à bien sûr jusqu'au film de godard le mépris les deux seuls problèmes

6:39
Invité

vraiment j'ai eu avec elle c'était lui faire arriver à lui faire mettre sa jupe en dessous du genou et puis lui faire baisser sa choucroute enfin ça son truc immense alors ça on a eu c'était dit c'était

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Auditeur

difficile et quand on voulait faire supposons que je suis brigitte bardo je vous dis jean luc c'est comme pour les jupes ma choucroute j'y tiens j'y touche pas dimenté non bris bris enfin ayez

7:12
Invité

confiance en moi ça est ce que si ça fait au moins 15 cm votre truc au dessus du front est ce que enfin disons est ce que si je marche sur les mains est ce que chaque mètre que je marche sur les mains que vous acceptez de baisser d'un centimètre votre coiffure j'accepte parce que je sais que vous savez pas marcher sur les mains et alors elle m'a dit oui alors ben voilà j'ai fait ça on vient d'entendre jean luc godard dans l'émission pour le plaisir en 1965 à propos des contraintes qu'il aurait eu avec brigitte bardo sur le tournage du mépris marie dominique le liève quel est votre regard sur cette période là de brigitte bardo en tout cas la relation avec godard a été extrêmement difficile et d'ailleurs il n'est pas tout à fait de bonne foi dans cet extrait parce que c'est pas la choucroute qui veut lui faire baisser il veut lui faire enfiler une perruque un carré brune parce que elle elle est dans ce film en fait elle interprète l'ex compagne de godard qui est anna anna carina j'allais dire anna carini anna carina et évidemment elle elle s'en est et notamment les jupes aussi sous le genou qui était les jupes de carina évidemment pour une femme aussi narcissique brigitte bardo c'était assez agaçant sans compter que les dialogues étaient des dialogues de de conversation ou de disputes entre guillemets entre godard et carina dans ce film là ne s'est pas très bien passé mais c'est aussi un moment où sa célébrité à elle devient vraiment monstrueuse et pendant le tournage à capri elle a été extrêmement pour chasser je pensais qu'il n'était il n'était pas vraiment fait pour s'entendre et c'est vraiment dommage parce que c'est certainement en tout cas à mes yeux le plus beau film de bardo et elle ne voulait pas en entendre parler antoine de bec quel est votre regard sur ce film est ce que vous partagez ce qu'a dit le critique jean-louis bory si le phénomène bardo doit représenter quelque chose dans l'histoire du cinéma au même titre que garba ou diétriche c'est dans le mépris qu'on le

9:20
Présentateur

trouvera oui tout à fait et je partage aussi ce que ce que vous venez de dire puisque c'est vrai qu'ils ne se sont pas bien entendu ils ne se sont pas entendu mais c'est pour ça que le film est génial voilà godard n'a aucune proximité avec bardo et n'en attend aucune de l'autre en réciprocité il la traite d'ailleurs comme une sorte de plante un objet assez froid et en même temps vivant comme ça qui qui vit de sa propre vie complètement d'une certaine manière indépendante de d'une quelconque qualité d'actrice c'est pas une actrice que veut godard c'est c'est bardo et donc voilà ça ça donnera notamment bien sûr la la grande scène d'ouverture la fameuse scène de nu que godard va tourner quelques mois après la fin du tournage puisque ses producteurs lui disent mais nous on a payé bardo on veut l'avoir nu à l'écran et donc il la met nue sur un canapé aux côtés de piccoli et et voilà il reprend exactement la pose de qu'il a rendu célèbre dans les dieux créent à la femme et en même temps il lui fait dire ce dialogue génial qui est une sorte de blason comme ça du corps féminin tu les aimes mes fesses tu les aimes mes seins c'est quelque chose qui est qui va rester évidemment comme une scène absolument mythique et ça c'est ça le génie de godard c'est d'avoir réussi à filmer bardo je dirais pour ce qu'elle est c'est à dire un symbole c'est à dire une sorte de nouvelle eve de voilà de la société de consommation des années 60 tout en la filmant aussi comme un corps absolument nu voilà c'est c'est c'est c'est et le film va rester évidemment pour pour cela c'est à dire que c'est c'est un film qui qui fait de bardo une sorte d'icône cinématographique je dirais presque à son corps défendant le film que bardo aimait le plus c'est la vérité de clouseau qui est un très mauvais film parce qu'elle elle essaye d'être actrice bardo n'est pas une actrice et donc voilà elle tout d'un coup elle elle prend des mimiques elle prend des poses de la comédie française et c'est quelque chose qui est catastrophique quand on voit le film bah godard a absolument compris le phénomène bardo il l'avait compris quand à son apparition et le film prouve qu'il a qu'il a absolument compris

11:41
Auditeur

arlette davidson chanson interprétée par brigitte bardo composé par serge gansbourg on est en 1967

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Invité

marie dominique le lièvre qu'est ce qu'elle nous dit la bardo des années 60 bardo elle est elle a toujours eu enfin allez elle est elle nous parle de la société française en fait la bardo des années 60 parce que une star ça n'existe pas c'est c'est une invention c'est une création mais elle provoque un un effet miroir et dans ce miroir on voit la société de l'époque qui l'a qui l'a qui l'a propulsé qui l'a qui l'a inventé parce que là ce genre de phénomène ça apparaît évidemment avec un public et un moment d'une société elle apparaît lorsque son arrivée sur la scène correspond à un moment où la société française est en en pleine mutation puisque c'est un grand pays catholique et rural et en train de devenir un pays urbain et et et athée et elle elle apparaît alors elle c'est une fille de famille de la grande bourgeoisie parisienne son père est un industriel et elle apparaît dans ce paysage avec cette forme de liberté que lui a offert vadim parce que en effet dans dans leur film commun elle elle est beaucoup plus proche d'elle même de la de ce qu'elle est dans la vie quotidienne que que que dans les personnages qu'elle a interprété auparavant et cette forme de liberté sexuelle elle est en train de gagner du terrain elle s'affranchit des normes religieuses bardo c'est une femme par exemple qui qui qui se marie et qui divorce ce qui est dans cette société là ça paraît très archaïque aujourd'hui mais ce qui est quelque chose d'assez d'assez étonnant elle choisit ses maris elle apprend à conduire à une voiture elle elle accompagne complètement la montée de la société de consommation et du modèle américain c'est à dire qu'on la voit faire les covers de de de du magazine féminin elle avec toutes les nouvelles inventions du moment elle est une des premières à avoir la télévision au pied de son lit et et c'est c'est vraiment cette cette cette façon d'épouser un moment qui est caractéristique dans sa dans les débuts de sa trajectoire quelque chose d'iconique on dirait influenceurs aujourd'hui avec la ballerie le vieux le la veste à colmao les brandebourg quand elle va aller liser évidemment les jupes vichy oui alors alors influenceuse oui sauf que à l'époque il n'y a pas beaucoup d'influenceurs c'est à dire que d'abord il y a beaucoup moins de journaux il y a beaucoup moins de médias et il y a beaucoup moins de stars donc son influence est d'autant plus importante et encore une fois elle incarne aussi quelque chose de de scandaleux qui réjouit une grande partie de de du des français et puis qui qui en choque d'autres et commence d'ailleurs dès le départ une sorte de chasse aux sorcières à son à son égard chasse aux sorcières qui qui dure encore aujourd'hui et en 1973 elle décide d'arrêter totalement le cinéma notamment en raison dit elle un d'une chèvre qu'elle recueille sur un sur un tournage j'ai même entendu antoine de bec que finalement dans son dernier entretien qu'elle a donné à à bfm tv qui a été diffusé hier on entend que son film à

15:40
Présentateur

elle préférée c'était l'ours et la poupée en 1970 oui le film de deville qui est un film plutôt léger plutôt amusant mais je pense que fondamentalement ambardo n'aimait pas beaucoup le cinéma enfin voilà c'est c'est c'est pas elle n'était pas du tout une actrice comme une gane moro par exemple qui a qui a qui a un peu jalonné sa sa carrière qu'on a à laquelle on l'a parfois opposé notamment dans le film de louis mal viva maria voilà bardo c'est autre chose c'est c'est vraiment comme vous l'avez dit l'incarnation d'un moment de la société française et à ce moment là le la société française passait par le cinéma parce que le cinéma était voilà le média dominant et puis c'est intéressant qu'elle arrête sa carrière au début des années 70 quand le cinéma n'est plus d'ailleurs le média dominant c'est voilà c'est ce qui l'intéresse beaucoup plus c'est par exemple de chanter ou alors de défendre les animaux merci à vous deux d'être venu nous

16:43
Invité

parler de la carrière cinématographique de brigitte bardo marie dominique le lièvre journaliste autrice de brigitte bardo plein la vue chez flammarion antoine de bec professeur d'histoire de cinéma je cite votre biographie de godard mais également bardo aux éditions les pérégrines il est 8 heures sur france culture merci de nous écouter en ce début de semaine merci