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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 15 juillet 2024 55 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsEurope & internationalSolidarités & familleSécurité

"Emmanuel Macron doit arrêter de faire le Gaulois réfractaire", fustige Marine Tondelier

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:10OuverteRéponse directe

    Qu'avez-vous ressenti en apprenant la tentative d'assassinat contre Trump ?

  • 3:18RelanceRéponse partielle

    Peut-on comparer la situation aux États-Unis et en France ?

  • 3:50OuverteRéponse directe

    Vous la ressentez particulièrement cette tension en ce moment ?

  • 4:25RelanceÉludée

    Est-ce qu'il n'y a pas une responsabilité plus large, notamment de la France insoumise ?

  • 6:24OuverteRéponse directe

    Quelle image de ces derniers jours vous a le plus marquée ?

  • 12:46OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'Huguette Bello a bien fait de décliner cette proposition ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:16Invité politiqueFait
    « Déjà, j'adresse mes plus sincères condoléances à la victime puisqu'il y a eu un mort dans cette fusillade. »
  • 2:22Invité politiqueFait
    « Et ce n'est pas possible en 2024 de mourir parce qu'on participe à un meeting politique. »
  • 2:38Invité politiqueFait
    « Je pense à l'extrême droite. »
  • 6:55Invité politiqueFait
    « À Oradour-sur-Glen, c'est un cynisme absolu. »
  • 6:57Invité politiqueFait
    « il était arrivé flamboyant le lundi matin en disant « Ah, je leur ai jeté une grenade des goupilles dans les jambes, il parlait de la gauche. » »
  • 7:12Invité politiqueFait
    « et en plus en disant « je leur ai tiré dans les jambes », en sachant que les nazis, oui, à Oradour-sur-Glen, avaient tiré dans les jambes des hommes pour pouvoir ensuite mettre le feu à leur corps, mais qu'ils brûlent vif pour découpler leur sur France. »
  • 12:19InvitéFait
    « Huguette Bello, la présidente du Conseil Régional de la Réunion, pressentie par une partie de la gauche pour devenir première ministre, elle a estimé ce matin, que sa candidature ne faisait pas suffisamment consensus. »
  • 25:20Invité politiqueChiffre
    « Les macronistes qui se sont fait éjecter par les Français. 73% des Français veulent une rupture avec le macronisme. »
  • 25:36Invité politiqueFait
    « Jordan Bardella, c'est pas du muscle, c'est de la gonflette. »
  • 25:52Invité politiqueFait
    « il finit par dire, et alors moi, j'irais à Matignon que si j'ai la majorité absolue. »
  • 27:24Invité politiqueChiffre
    « Il y a 1,6 million de mamans solos dans ce pays. »
  • 29:32Invité politiqueChiffre
    « 100% des Français disent qu'ils veulent une rupture politique avec le macronisme. »
  • 29:56Invité politiquePromesse
    « Parce qu'en 2027, si on n'infléchit pas les politiques qui ont été menées, dont les Français ne veulent plus, ce ne sera pas la peine de venir nous chercher en 2027. »
  • 30:03Invité politiqueFait
    « Ce pays, il est fracturé à cause d'Emmanuel Macron. »
  • 30:35Invité politiqueFait
    « On l'a fait. »
  • 31:02Invité politiqueFait
    « Tous les éditorialistes disaient, la gauche est terminée, ils vont se faire laminer. »
  • 31:17Invité politiqueChiffre
    « Tous les bookmakers, tous, tout le temps. »
  • 35:15Invité politiqueFait
    « C'est que le Rassemblement National, ils ont été élus par des électeurs. »
  • 36:01Invité politiqueFait
    « quand je voyais ces personnes qui nous font des grandes leçons d'art républicain toute la semaine, venir nous expliquer à la télé que franchement l'URN était vraiment très crédible et très respectable, alors que l'AFQ était très méchant »
  • 36:09Invité politiqueChiffre
    « Mais il y a 8 à 10 millions d'électeurs derrière eux. »
  • 37:15Invité politiqueFait
    « On ne fait pas de combination avec l'extrême droite. »
  • 38:30Invité politiqueFait
    « pour nous, c'était important parce qu'ils ont tellement été méprisés, en plus par Emmanuel Macron, ce qui fait partie du problème. »
  • 41:55Invité politiqueFait
    « Je pense qu'il doit arrêter de faire le gaulois réfractaire. »
  • 42:24Invité politiqueFait
    « Emmanuel Macron, lui, non seulement il n'est pas dans la modestie, mais en plus il est dans le déni. »
  • 43:50Invité politiqueFait
    « J'ai honte de ce que je vois parce qu'il y a eu une élection demandée, exigée, même imposée en prenant de court tout le monde par le Président de la République qui posait une question aux Français. »
  • 44:28Invité politiqueFait
    « Il est président de la République et la logique institutionnelle, qui est forte quand on est président de la République, exige, dicte, que vous appeliez les gens qui ont gagné l'élection législative. »
  • 53:11Invité politiqueFait
    « Je ne l'ai pas vu évoluer. Je l'ai vu me harceler, m'humilier, m'intimider à chaque conseil municipal, dans chaque journal municipal. »

Temps de parole

  • Marine Tondelier59 %
  • Présentateur16 %
  • Invité9 %
  • Invité 29 %
  • Invité 35 %

4,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:09
Présentateur

Ravi de vous retrouver après deux semaines d'absence, deux week-ends d'élections, élections législatives. On se retrouve dans Questions politiques pour la dernière de la saison, l'émission politique du dimanche sur France Inter en partenariat avec le journal Le Monde. C'est aujourd'hui un drôle de 14 juillet, c'est le moins que l'on puisse dire après ces coups de feu cette nuit aux Etats-Unis, l'ancien président Donald Trump, victime d'une tentative d'assassinat en plein meeting. Il en est finalement sorti indemne, mais difficile de ne pas y voir, comme l'a écrit le président Macron, un drame pour toutes nos démocraties.

Et puis, drôle de 14 juillet en France cette fois, avec une assemblée depuis une semaine totalement paralysée, partagée en trois blocs, incapable de discuter. Et la gauche arrivée en tête aux dernières élections, qui ne parvient pas à s'organiser. Elle n'a toujours pas de Premier ministre à proposer. Huguette Bello vient officiellement de décliner. Alors le nouveau Front populaire va-t-il finir par réussir à gouverner ? On va poser la question à celle qui a été la révélation de ces élections. Marine Tondelier, secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts, elle est notre invitée ce dimanche dans Questions politiques en direct et jusqu'à 13h.

1:23
Locuteur non identifié

Questions politiques. Karine Bécard sur France Inter.

1:30
Présentateur

Bonjour Marine Tondelier. Bonjour et merci de votre invitation. Merci de l'avoir acceptée. A mes côtés, pour vous interviewer, Nathalie Saint-Cricq de France Télévisions et Françoise Fressos du journal Le Monde. Ça n'a pas changé. Bonjour mesdames. Bonjour. On commence toujours cette émission par des images qui ont marqué l'actualité. Difficile de passer à côté de cette tentative d'assassinat cette nuit de Donald Trump. J'en parlais à l'instant, visage en sang, mais point levé, fight, combatté, a exhorté le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine.

En quittant donc la tribune du meeting qu'il était en train de tenir en Pennsylvanie, la classe politique du monde entier a évidemment réagi. Qu'est-ce que vous avez ressenti, vous, Marine Tondelier, en apprenant ce matin ce qui s'est passé aux Etats-Unis ?

2:16
Marine Tondelier

Déjà, j'adresse mes plus sincères condoléances à la victime puisqu'il y a eu un mort dans cette fusillade. Et ce n'est pas possible en 2024 de mourir parce qu'on participe à un meeting politique. Je le dis parce que ce qui se passe aux Etats-Unis, ce n'est pas juste aux Etats-Unis. Il y a une flambée de violence, une flambée de tension dans nos sociétés qui peuvent arriver au pire. Et oui, cette nuit aux Etats-Unis, c'est passé le pire. Je le dis parce qu'en France, certains partis attisent la haine, attisent les tensions. Ils veulent une France qui vive face à face et pas une France qui vive côte à côte. Vous pensez à qui ? Je pense à l'extrême droite.

Ils veulent une France qui se dévisage et pas une France qui s'envisage. Moi, je viens d'une famille politique qui a toujours, toujours prené la non-violence, toujours, toujours prené la désescalade. Mais le bruit, le chaos, c'est... Et je le dis tranquillement, c'est la seule attitude responsable à avoir en ce moment parce que ça, cette tension permanente ravivée en permanence, plus des lois sur les armes à feu qui, dans certains pays, il faut le dire aussi, sont largement insuffisantes, et je pense notamment évidemment aux Etats-Unis, peuvent conduire au pire.

3:18
Présentateur

Mais on peut comparer comme ça les Etats-Unis et la France ? Parce que là, vous naviguez entre les deux pays, la situation de tension, la violence en politique est la même.

3:25
Marine Tondelier

Il ne faut pas penser que ce qui se passe aux Etats-Unis est propre aux Etats-Unis. On voit bien que dans le monde entier, pas juste en France et aux Etats-Unis, dans le monde entier, il y a une tension qui s'accentue parce qu'il y a une crise sociale, une crise environnementale, une crise économique, que ça tend les rapports de force et que le monde se durcit. Et que plus c'est violent, plus on peut choisir d'être encore plus violent et de faire l'escalade. Et à ce petit jeu-là, il n'y a jamais de gagnant. Et vous, vous la ressentez particulièrement en ce moment ? Soit on prend la désescalade. Et c'est ce que les Verts ont toujours fait.

Moi, je vous le dis, on peut choisir la loi du plus fort. Elle ne mène jamais à rien de bon pour nos sociétés. Et l'histoire de l'humanité l'a toujours montré. Il n'y a qu'une seule solution, la désescalade, l'apaisement. Moi, je dis souvent apaiser, protéger, réparer ces salles triptyques. C'est-à-dire qu'il faut soigner cette société. Et on le voit en France. Je pense que les Français, ils ont besoin de reprendre confiance dans leur pays. Ils n'ont pas besoin qu'on ne leur balance que de nouveaux problèmes à la figure. Alors, c'est vraiment la mission des responsables politiques de ce pays, en particulier, mais en réalité, de tous les pays du monde.

4:25
Invité

Est-ce qu'il n'y a pas une responsabilité plus large, notamment de la France insoumise ? Quand on voit France insoumise...

4:28
Marine Tondelier

Attendez, on vous parle de Trump, vous vous arrivez sur la France insoumise.

4:31
Invité

Non, vous avez parlé de la France et de la brutalisation.

4:33
Marine Tondelier

Je me demandais combien de temps on allait mettre pour arriver sur la France insoumise.

4:36
Invité

Mais allons-y. C'est une fois qu'on a dit que Donald Trump, ce n'était pas bien.

4:39
Présentateur

C'est une émission politique, on parle de politique.

4:40
Invité

Voilà, donc c'est simplement pour dire que quand on a appelé à des déferlantes dans la rue, quand on appelle à éventuellement une marche sur Matignon, ce n'est pas moi, c'est François Ruffin qui dit qu'il faut cesser de brutaliser la vie démocratique. Est-ce que vous ne considérez pas qu'il y a aussi une part de responsabilité du côté des insoumis ? C'est tout. C'est-à-dire les extrêmes, ce n'est pas moi qui avante ça.

5:00
Marine Tondelier

Chacun a son style. Ce n'est pas le style des écologistes.

5:03
Invité

C'est pour ça.

5:04
Marine Tondelier

Mais je suis écologiste et je crois aussi en la biodiversité. C'est-à-dire qu'au nouveau Front populaire, chacun a son style, son histoire, ses méthodes. Je ne veux pas passer mon temps à commenter celles des autres. Par contre, ce que je refuserai toujours, et je le condamne à nouveau ici sur ce plateau, c'est une forme de banalisation, de signe égal mis entre la France insoumise, qui est un parti républicain de gauche, et le Rassemblement National, qui est un parti d'extrême droite. Et vous voyez, quand je vous parle de Trump, attendez, c'est quand même assez symptomatique.

Je vous parle de Trump, je vous parle certes de la France, vous ne me dites pas, tiens, on va parler de l'extrême droite, qui sont les alliés naturels de Trump en France. Vous en avez parlé, je posais la question complémentaire. Vous me dites tout de suite France insoumise. Je pense que ce bruit de fond, car oui, il y a un bruit de fond là-dessus, à chaque fois que je viens à cette antenne, on parle plus de la France insoumise que du Rassemblement National. De façon générale, partout, vous savez bien. Et ayant été élue d'opposition depuis 10 ans, et ça continue, à un maire d'extrême droite, je vous le dis dans les yeux, l'extrême droite, ce n'est pas pareil que les autres partis.

On peut dire ce qu'on veut des autres partis, leur fausse, leur faiblesse, être pas content de certains trucs, le critiquer, voilà. Mais ce n'est pas pareil que l'extrême droite. Allez, on va avancer, s'il vous plaît.

6:06
Présentateur

Alors revenons maintenant à nos images politiques qui ont marqué ces trois dernières semaines, depuis la dissolution voulue par Emmanuel Macron, en passant par les résultats renversants du second tour des élections législatives, et jusqu'à l'arrivée cette semaine de chaque groupe politique à l'Assemblée. Quelle est l'image de ces derniers jours qui vous a le plus marquée, Marine Tondelier ?

6:27
Marine Tondelier

Eh bien, je vais vous citer, évidemment, l'image de l'arrivée des députés écologistes à l'Assemblée nationale, parce qu'il faut quand même se dire qu'on vient à un moment incroyable, tous vos auditeurs l'ont bien en tête. Quatre semaines avant, on ne savait pas qu'il y aurait une dissolution.

En quatre semaines, il y a eu le choc de l'annonce de la dissolution, l'entrée très rapide et très intensive en campagne, une belle campagne, je le dis, j'en suis extrêmement fière, parce que là où Emmanuel Macron avait quand même expliqué à Oradour-sur-Glen, un lieu de mémoire pour le 80e anniversaire de ce massacre, il était arrivé flamboyant le lundi matin en disant « Ah, je leur ai jeté une grenade des goupilles dans les jambes, il parlait de la gauche. » A Oradour-sur-Glen, c'est un cynisme absolu. Je dois vous dire que n'importe quel candidat législatif aurait dit ça en France, il aurait été démissionné par son parti.

Parce que c'est inadmissible de faire ça dans une commémoration avec la charge émotionnelle de ce lieu, et en plus en disant « je leur ai tiré dans les jambes », en sachant que les nazis, oui, à Oradour-sur-Glen, avaient tiré dans les jambes des hommes pour pouvoir ensuite mettre le feu à leur corps, mais qu'ils brûlent vif pour découpler leur sur France. Donc il y a un moment, des propos qui ne sont pas possibles. Donc on avait ça, cette surprise, et nous, nous avons fait une campagne concentrée, déterminée, extrêmement enthousiasmante, une belle campagne. Très différente de celle des Européennes, qui aboutit à 5%. Qui aboutit surtout à accroître la présence des écologistes à l'Assemblée.

Et je suis très très fière que la quasi-intégralité des sortants a été réélue. Je suis très malheureuse pour Francesca Paschini, qui n'a pas été réélue et qui avait commencé un travail sur le MeToo dans le cinéma, qui me paraît essentiel et qu'il faudra poursuivre sous d'autres formes. Mais je sais aussi qu'il y a plein de nouveaux qui sont arrivés. Benoît Bito, notre député européen préféré, éleveur en polyculture en Charente, qui parle de l'agriculture avec justesse et avec son vécu. Je pense à Boris Tavernier, qui nous a fait élure députée, alors qu'il n'est pas issu de nos rangs, il n'a pas sa carte chez Les Verts.

Mais on le trouvait hyper intéressant, parce qu'il mène un travail incroyable sur l'alimentation dans les quartiers populaires, en proposant des épiceries VRAC. Et puis, voilà, Cyrielle Châtelain, notre présidente de groupe, qui est en train d'animer ça très bien. Et je lui accorde toute ma confiance, parce qu'elle fait un travail incroyable depuis deux ans. Et vous allez voir que ça va continuer. Les écologistes joueront un rôle clé à l'Assemblée nationale.

8:32
Présentateur

Donc voilà, on voit 33 députés écologie Les Verts sur le perron de l'Assemblée nationale. Et vous n'êtes pas au milieu de cette photo ?

8:42
Marine Tondelier

J'étais à ma place ce matin-là, en train de faire le reste. Chacun, vous savez, chez les écologistes, chacun est à son poste. On mène un travail d'équipe incroyable depuis le début de cette séquence, dans une grande confiance, dans une grande cohésion. Et moi, vous savez, j'ai passé mon temps à répondre, à subir des préjugés sur mon parti. C'est le jeu politique, il n'y a pas de problème. Mais je veux que chacun mesure que depuis quatre semaines, personne n'a rien à dire sur les verres. On est à notre poste concentré, déterminé. Et vous allez voir que ça va continuer.

9:06
Présentateur

Alors, on va rebondir sur tout ça avec François Sressose maintenant, qui a choisi la même photo que vous, mais concernant justement Jean-Luc Mélenchon et le groupe de la France Insoumise.

9:14
Marine Tondelier

Expliquez-nous. Vous avez mis le groupe Rennes, j'avais des trucs à dire.

9:16
Invité

Oui, parce qu'aux dernières nouvelles, Jean-Luc Mélenchon n'est pas député. Il ne se présentait pas. Et il est quand même au milieu de ce groupe. Et au fond, le paradoxe de la situation actuelle, c'est qu'on le dit en retrait, on le dit contesté. On voit que François Ruffin a quitté LFI. On voit que certains élus, comme Alexis Corbière, Clémentine Autain, se dégagent. Et en même temps, l'homme est absolument omniprésent. Il a donné le la le soir du premier tour des législatives, en appelant au Front Républicain. Il a donné le la le soir du deuxième tour des législatives, en disant, je veux gouverner en appliquant le programme, tout le programme, rien que le programme.

Et depuis une semaine, il s'ingénie à faire capoter les négociations pour le futur gouvernement, parce qu'il ne veut pas voir les socialistes s'installer à Matignon. Et je pense qu'il ne veut pas non plus gouverner autrement qu'à ses conditions. Et donc, le paradoxe, c'est qu'il y a une semaine, la gauche avait l'air vraiment aux portes du pouvoir. Une semaine après, elle n'en a jamais été aussi éloignée. Pour moi, j'appelle ça du sabordage. Mais au fond, ça correspond à exactement ce que veut Jean-Luc Mélenchon, ne pas gouverner et être en confondation directe avec Marine Le Pen.

10:27
Présentateur

Je le redis, on va évidemment disséquer tout ça tout au long de cette émission. Non, non, non, non, non, non, non. Pas le droit, parce qu'on va faire plus largement en parler jusqu'à 13h. Ne vous inquiétez pas, on va terminer ces images de la semaine avec Nathalie Saint-Cricq. Alors, rien à voir, vous, vous nous parlez de l'éternelle ambition des ambitieux.

10:41
Invité

Rien à voir, il y a quand même un petit rapport avec toi. Alors, dites-nous tout. C'est une image de Gabriel Attal et de ce qui s'est passé cette semaine. pour simplement incarner une espèce d'évidence qui est que la macronie n'existe plus vraiment. Ou alors, vraiment, il y a trois représentants aux côtés d'Emmanuel Macron. Le symptôme, c'est le comportement de Gabriel Attal, qui a été décidé par trois éléments. Dissolution, déception, émancipation. Vous avez dit tout à l'heure...

11:08
Présentateur

Petite humiliation aussi, on pourrait même rajouter.

11:09
Invité

Bien sûr, mais ça, c'était pas... On ne sait même plus qui a humilié qui, d'ailleurs. Non, puis ça a commencé il y a un petit moment, quand même. Parce qu'Emmanuel Macron a une forte tendance à ne pas supporter que quelqu'un puisse briller, voire avoir un taux de popularité. Bon, à côté de lui, je précise que la grenade dégoupillée est un propos recueillé, rapporté, qu'il ne l'a pas dit.

11:25
Marine Tondelier

Par des journalistes de qualité.

11:26
Invité

Deux journalistes de qualité, mais ça reste des journalistes. Voilà, c'est tout juste au passage, mais c'est que...

11:30
Marine Tondelier

C'est pas gentil pour vos confrères.

11:31
Invité

Non, c'est juste pour dire aux auditeurs. C'est pas respect pour les auditeurs. Alors, il est amère, mais c'est pas un perdreau de l'année. Gabriel Attal, c'est pas une victime, ni collatérale, ni directe. Donc, il a décidé, effectivement, que le meilleur tremplin, c'était d'être président de groupe. Il se trouve que Gérald Darmanin avait décidé la même chose. Mais qu'il n'a pas réussi, y compris avec Horizon, à faire quelque chose.

11:50
Présentateur

Voilà, on voit le ministre de l'Intérieur aussi sur la photo, d'ailleurs. Exactement.

11:52
Invité

Donc, si vous voulez, son but, c'est un de partir le plus vite possible, pour ne pas s'abîmer. Il considère que sa popularité, déjà, c'est bien tenu par rapport à c'est d'Emmanuel Macron. Il ne voudrait surtout pas y laisser des plumes. Donc, voilà, on va avoir la guerre des prétendants. Alors, ça, on savait tous qu'elle était ouverte, mais maintenant, on a des choses concrètes. Darmanin, Gabriel Attal, Bruno Le Maire, et Édouard Philippe, qui, pour l'instant, après ses dîners avec Marine Le Pen, n'est pas en position, forcément, de satisfaire le plus de mon nom.

12:19
Présentateur

Alors, elle a fini par renoncer. Huguette Bello, la présidente du Conseil Régional de la Réunion, pressentie par une partie de la gauche pour devenir première ministre, elle a estimé ce matin, que sa candidature ne faisait pas suffisamment consensus. Et elle considère, notamment, c'est ce qu'elle écrit, en tout cas dans un communiqué, qu'elle n'est pas soutenue par le Parti Socialiste. On ne vous a pas encore entendu, Marine Tondelier, sur le sujet Huguette Bello. Est-ce qu'Huguette Bello a bien fait, ce matin, de décliner cette proposition ?

12:51
Marine Tondelier

Alors, non, vous ne m'avez pas encore entendu sur le sujet, parce que, moi, je ne participe pas à une émission de télé-réalité. C'est-à-dire que je considère qu'on est en train de faire quelque chose d'extrêmement sérieux, au fond, populaire. On décide qui sera le Premier ministre, comment nous allons gouverner, comment nous allons appliquer le programme sur lequel nous avons été élus. Et je regrette que, parfois, le débat se fasse plus dans les médias, sur les plateaux télé, sur les réseaux sociaux, que dans les salles, où, je dois vous le dire, pendant 48 heures, nous avons eu extrêmement mal à mettre les gens.

C'est-à-dire que, pendant 48 heures, les instances du Parti Socialiste se réunissaient, et donc, ils nous disaient, on doit attendre nos instances pour venir dans la salle, et donc, pendant ce temps-là, on attendait. La candidature du Gatbelo est sortie dans la presse, et du coup, le débat s'est fait dans la presse. Mais vous parlez de qui, exactement ? Pardonnez-moi, vous parlez de qui ? Des insoumis, des socialistes ? Là, c'est le Parti Socialiste, parce que je trouve que, vous voyez, il faut qu'on traite bien les gens.

On se cherche en haut une Première Ministre, et si, à chaque fois qu'un nom sort, un nom un peu crédible, un nom qui prend un peu d'ampleur, tout le monde sort les revolvers pour régler ses comptes sur les réseaux sociaux, alors, on s'abîme tous. Et vous n'avez pas l'arrivée ? Je regrette très sincèrement la manière dont Mme Bélo a été traitée par le débat public, parce que Huguette Bélo, elle n'a rien demandé à personne.

13:55
Invité

Oui, c'est le paradoxe de la situation, c'est qu'elle n'était pas candidata.

13:59
Marine Tondelier

Oui, mais, quand son nom est sorti, elle avait quand même été prévenue par Fabien Roussel, par Jean-Luc Mélenchon, qui la connaissent, puisqu'elle était communiste, et elle a soutenu les insoumis aux élections européennes. Et vous, vous la soutenez ou pas ? Moi, je ne la connaissais pas. Je suis allée à la Réunion pendant les Européennes, et c'est vrai qu'on avait échangé nos équipes, et puis on s'était dit, comme elle soutient Manon Brie et moi, Marie Toussaint, on ne voulait pas que ça fasse cafouillage et que ça fasse de la frissure sur la ligne. Donc on avait décidé d'un connexion d'accord qu'on se reverrait plus tard.

Moi, quand j'ai vu son nom arriver sur la table, on l'a considérée chez les écologistes avec beaucoup d'intérêt et beaucoup de sérieux. C'est une candidature qui est crédible, je dirais même qui est inspirante. Oui, qui est solide. Elle a été 22 ans députée, elle est présidente d'une région qui, comme chacun sait, n'est pas simple. Donc moi, ce que j'ai fait, j'ai eu une réaction, j'estime normale, j'ai décroché mon téléphone et je l'ai appelée. On s'est parlé. Elle vous a dit quoi ? Vous savez, ce qui m'a touchée, c'est qu'elle me connaissait par France Inter. Elle me connaissait parce qu'elle avait, comme beaucoup d'auditeurs, bouillonnée en écoutant Benoît Lemaire dans sa voiture. Renaud.

Renaud Lemaire, il m'a tellement énervée que j'ai oublié son prénom. Dans sa voiture et en se disant, mais pourquoi personne ne l'arrête ? Qu'est-ce qu'il est en train de faire ? Comment va-t-on faire ? Et si ça commence comme ça, c'est sûr, le RN a gagné. Et elle m'a dit avoir été très touchée. Et on a aussi beaucoup parlé de son parcours. Moi, je vais vous dire, je pense à toutes les petites filles de ce pays, à tous les racisées de ce pays, à tous les ultramarins, des personnes qui ne sont pas assez présentes dans le débat public et qui se sont sûrement dit, en voyant son nom arrive sur la table, enfin. Donc c'était la bonne candidate et vous la souteniez ? Enfin, on va parler de nous.

Moi, juste, ce que j'avais dit à Huguette-Bello et ce que j'avais dit à mes partenaires politiques, on a encore eu une réunion hier soir, c'est que chez les Verts, on ne pouvait pas s'engager pleinement à 100% à fond sur la base d'un coup de fil de 10 minutes. C'est normal, c'est une manière sérieuse d'aborder les choses. Et donc, ce que nous avions demandé à Huguette-Bello, c'est de pouvoir la recevoir de manière un peu collective chez les Verts pour faire plus ample connaissance et pouvoir bien défendre sa candidature. C'était pas un truc de défiant, c'était vraiment un truc de soutien pour faire proprement les choses.

Et je pense que chacun comprendra que c'est plus facile pour des insoumis ou des communistes qui ont déjà travaillé avec elle que pour nous, on avait très peu de contacts. Mais vraiment, elle nous semblait cocher beaucoup de cases. Et moi, je vais vous dire, à un moment, la position des Verts depuis le début, elle est simple. Mon sujet, ce n'est pas que ce soit un insoumis ou pas un insoumis, un socialiste ou un socialiste. C'est qui ? Quelle histoire ça raconte ? Ça ne peut pas être un vrai, c'est un insoumis ou un insoumis ? On va en parler après, mais juste, je voulais finir sur Huguette-Bello.

C'est une militante, 40 ans de militantisme, tout le monde ne peut pas en dire autant en politique. C'est quelqu'un qui participait très jeune déjà au lycée, aux marches contre l'apartheid en Afrique du Sud, qui a une histoire personnelle qui raconte tellement de choses que je trouvais ça extrêmement intéressant. Et pour avoir passé beaucoup de temps en Outre-mer, ça fait 10 ans que je travaille sur le sujet, mais vous savez que je ne prends pas trop l'avion. Et donc, pendant les Européennes, je me suis dit, bon, allez, il faut y aller, il faut aller sur place. On le fait pour la cause, pour aller défendre les sujets.

Je suis allée en Martinique, en Guadeloupe, en Guyane, à La Réunion et à Mayotte. Je me suis pris des baffes dans la gueule, vraiment. Parce que ? Parce que j'ai eu honte d'être française. J'ai eu honte du sort que réservait la République française à ses territoires, tout en disant, l'Outre-mer, c'est la France, on vous aime, on vous aime. Mais alors, pourquoi, si c'est la France, ils n'ont pas les mêmes écoles que nous ? Pourquoi ils n'ont pas le même accès aux soins ? Pourquoi ils n'ont pas accès à l'eau potable ? Donc, ça aurait été bien qu'une ultramarine devienne la première ministre ?

Et surtout, vous savez, les gens, moi, j'ai rencontré, notamment des Amérindiens en Guyane, ils ont été déplacés trois fois pour construire Kourou, le centre spatial. Ils n'ont même pas accès à l'eau potable et à l'électricité. Alors que la France les a déplacés et qu'ils sont quand même chez eux. On est venus chez eux, on les a appropriés. De nous en hexagone, est-ce que les gens savent ? Et je lui avais dit, moi-même en pleurant, bah non. Bah non. Et donc, j'avais dit que je parlerais d'eux. Mais c'est dur de parler d'eux, on n'en parle jamais.

17:30
Invité

Donc, vous auriez été favorable à cette candidature à titre personnel, en tout cas.

17:32
Marine Tondelier

Mais c'était la position de mon parti, nous en avons discuté hier. Et évidemment, les gens, ils disaient, mais est-ce qu'on peut préciser ça ? Est-ce que là-dessus, c'est quoi son avis ? Et moi, je ne pouvais pas être sa porte-parole, je ne la connais pas assez. Donc, on avait convenu de faire cet échange. Mais vraiment, c'était accueilli avec beaucoup de bienveillance, d'enthousiasme.

17:46
Invité

Pourquoi vous n'avez pas soutenu la candidature d'Olivier Faure ? Le nom est sur la table depuis une semaine. Qu'est-ce qui vous perturbe dans sa candidature ?

17:53
Marine Tondelier

Bah, vous savez, une négociation, c'est un rapport au temps. Moi, j'aime bien la phrase qui dit, le vrai dialogue est celui dont tout le monde sort changer. Je pense que c'est comme ça qu'on doit aborder ces négociations. C'est-à-dire que si on a les insoumis qui disent qu'il faut un insoumis, les socialistes qui disent qu'il faut un socialiste, et puis Fabien Roussel et moi qui regardons comme un match de Roland-Garros, les balles passées, ce n'est pas intéressant. Il faut que tout le monde bouge. Et vous voyez, les insoumis, vous en pensez ce que vous en pensez. J'ai bien compris ce que vous en pensez dans ce studio. Mais ils sont pros.

C'est-à-dire que quand ils disent une chose, ils s'y tiennent. Ils ne sont pas dans un mensonge, une manipulation. Vraiment, ils sont réglo. Et vous pensez que les socialistes sont dans la manipulation ? Le problème que j'ai eu avec le parti socialiste, c'est qu'ils n'ont mis qu'un nom sur la table. Olivier Faure, dont par ailleurs je pense beaucoup de bien, sur plein d'aspects. Il raconte lui aussi une histoire. Mais quand on nous pose un nom sur la table, en disant c'est lui parce que c'est notre chef. C'est lui parce qu'il est premier secrétaire du parti socialiste. Ah bon ? Bah pourquoi ? C'est quoi cet argument ?

Et donc après on va dire, nous c'est Marine parce que c'est la chef des verts. Et puis nous c'est Fabien, il est chef des commises. On ne va pas faire ça, on ne s'en sort pas. Et donc je trouve que les insoumis, quelque part, ça va vous surprendre, avaient fait plus de pas dans la discussion. Et le fait même d'accepter Huguette Bélo, qui n'est même pas adhérente de leur parti, elle ne l'est pas soutenu quand même. Mais ce n'était pas Jean-Luc Mélenchon, ce n'était pas Clémence Guédé. Il avait accepté ce part.

19:08
Invité

Il faut maintenant que les autres fassent d'autres repas. Ce n'est pas accepter Huguette Bélo. C'est qu'on a très bien compris, globalement, qu'entre Fabien Roussel et Jean-Luc Mélenchon, c'était une personnalité qui avait été choisie. Elle n'est pas sortie du chapeau par hasard.

19:18
Marine Tondelier

Si vous avez mieux compris que moi qui étais dans la discussion, je vous félicite. Je vais vous dire comment ça se dépassait. J'ai aussi le téléphone à des gens qui sont verres. Oui, mais alors méfiez-vous beaucoup. Non, mais aussi des verres. Oui, mais j'ai lu beaucoup de choses. Il se trouve que c'était moi qui représentait les verres dans cette discussion. Et c'était une discussion entre quatre chefs de parti. Donc, il n'y avait que moi dans cette pièce. Alors, attendez. Mais, juste petite alerte. Oui. Méfiez-vous beaucoup de ce qu'on raconte sur les uns et les autres. Parce qu'on est dans une entreprise aussi d'intox et de contre-intox.

Je lis sur les verres beaucoup de choses qui m'agacent, qui sont rapportées par d'autres à qui on n'a pas demandé leur avis. Et donc, je le dis solennellement dans ce studio, que seuls les écologistes sont habilités à parler sur les écologistes. Bien sûr, mais je ne parle pas des écologistes. Nous sommes les seuls à pouvoir engager notre propre parole.

19:53
Invité

Que la candidature du Guette-Bélo, pour certains qui sont et avec vous et d'autres du Parti Socialiste ou du Parti Communiste, ont quand même mis en cause le fait qu'elle avait voté contre la loi laïcité en 2004. Elle n'était pas là. D'accord, ok. Elle n'est pas là non plus pour le mariage pour tous. Non, mais attendez. Alors, attendez.

20:08
Présentateur

On va avancer parce que...

20:09
Invité

Et pour le 7 octobre, elle était là quand elle a refusé de condamner.

20:12
Marine Tondelier

Voilà, on a compris qu'elle avait tourné la page. Elle a voté une motion à la région La Réunion, que vous auriez pu voter également. La position officielle du Guette-Bélo, c'est la position officielle du Guette-Bélo. Est-ce que je voudrais... Est-ce que je voudrais...

20:19
Invité

C'est ouvert de proposer... Non, attendez, s'il vous plaît. Alors, chacun son tour, prenez votre ticket.

20:23
Présentateur

Exactement, prenez votre ticket. J'aimerais bien qu'on essaie d'organiser les choses du Guette-Bélo. On va tourner la page. On a compris qu'elle avait décliné. On a entendu votre réponse, Madame Tordelier, Marine. Pardonnez-moi, j'en oublie votre prénom. Je voudrais qu'on continue à parler... Pourtant, mon prénom, normalement, on l'oblige. Je voudrais qu'on continue à parler des insoumis, parce qu'ils ont décidé, et ce n'était pas prévu, de se réunir, là, en ce moment, depuis midi. Je voudrais qu'on écoute Clémence Guettet, députée à l'EFI, très proche de Jean-Luc Mélenchon. Elle était ce matin notre invitée sur France Inter.

20:50
Invité

C'est pour parler du blocage du Parti Socialiste, parce qu'à ce stade, nous ne le comprenons pas. Nous avons fini par comprendre que le Parti Socialiste ne voulait pas d'un insoumis ou d'une insoumise. Puis, nous avons fini par comprendre qu'il voulait d'un socialiste. Puis, nous avons fini par comprendre que le socialiste en question était M. Fort. Hier, il y avait un conseil national du Parti Socialiste. Nous attendions de comprendre exactement quels arguments politiques il nous opposerait à la candidature de Mme Bellot. Nous n'en avons eu aucun. Et donc, nous, nous réunissons en effet notre coordination pour discuter et essayer d'analyser quel peut être le blocage.

Et nous attendons davantage d'informations, mais nous allons continuer à nous parler. C'est une évidence. Voilà, et nous, on va essayer de continuer à avancer.

21:27
Présentateur

Et j'aimerais bien qu'on parle effectivement précisément du PS qui, visiblement, semble bloquer les discussions. Est-ce que vous dites la même chose que Clémence Guettet ce matin, Marine Tandelier ?

21:35
Marine Tondelier

Alors, premièrement, j'ai compris que vous vouliez essentiellement que je parle de tous mes partenaires du NFP pour... Non, non, on a prévu le bien aussi, c'est avec vous. Mais je rappelle quand même... Je rappelle quand même que les premiers responsables de cette situation s'appellent Emmanuel Macron. parce qu'il a lancé une discussion, une dissolution sans aucune discussion, justement, sans aucune concertation, comme d'ailleurs il a gouverné depuis 7 ans, dont il n'accepte pas le résultat. Parce qu'il faut quand même rappeler que les Français, on leur a posé une question, ils ont répondu très clairement.

Donc maintenant, avançons, vous êtes arrivés en tête, quand vous avez des élections législatives, et maintenant, vous vous organisez comment ?

22:06
Invité

Sur qui vous voulez mettre à Matignon ? Donc, est-ce que vous, vous avez un candidat à proposer, étant donné qu'on est en situation de blocage ?

22:13
Marine Tondelier

Nous en avons proposé plusieurs, mais la position des écologistes, ce n'est pas d'ajouter des problèmes aux problèmes, nous on cherche des solutions. Et donc, quand, avec Fabien Roussel, nous avons pris acte du fait qu'il y avait un veto insoumis sur les socialistes et un veto socialiste sur les insoumis, nous leur avons dit, au bout de trois jours, qu'il allait falloir dégager un peu le jeu, ouvrir le jeu. Et donc, on leur a dit, est-ce que les insoumis ont de nouveaux noms à mettre sur la table, ce qu'ils ont fait ? Est-ce que les socialistes ont de nouveaux noms à mettre sur la table, ce qu'ils n'ont pas fait ?

Et puis, on a dit, si de toute façon, ça continue, on va mettre nous-mêmes des noms sur la table. On va les chercher autre part que chez les insoumis, sur les socialistes. Donc, les dégâts nous ou ça ? Et donc, beaucoup de noms ont été mis sur la table. Parce que nous, les écologistes, notre sujet, ce n'est pas... Par exemple, dites quelques-uns que vous soutiendriez. Oui, quelques-uns, oui, c'est intéressant. Il y en a plusieurs, parce qu'en fait, il y a beaucoup de noms qui circulent dans le débat public.

Et ce que nous avons surtout dit, c'est que ce n'était pas des noms ajoutés pour ajouter du blocage au blocage, mais c'était des noms qui étaient là, au cas où, si à un moment, ça permettait de sortir de cette situation. Mais nous n'avons pas posé que des noms écologistes. Nous avons aussi proposé des noms de la société civile. Voilà. Est-ce que ça peut être une solution ? Bien sûr, parce que la France a besoin de retrouver confiance. Et parce que quand vous gagnez une élection, il faut toujours se rappeler comment vous l'avez gagnée, pourquoi et grâce à qui. Et nous ne l'oublions pas. Le Front populaire, ce n'était pas que les quatre parties qui sont dans la salle.

C'était des syndicalistes, c'était des associatifs, c'était des gens des quartiers, des gens de la ruralité, des Français qui se sont levés.

23:36
Invité

Par exemple, Laurent Berger, ça pourrait être quelqu'un que vous pousseriez ?

23:38
Marine Tondelier

Laurent Berger, elle a déjà dit non, malgré tout. Vous avez bien compris que je n'allais pas faire mes pronostics sur ce plateau. Mais ce que je veux juste vous dire, c'est que pour les écologistes, ce qui est important, c'est de trouver une solution et qu'on sera toujours du côté de la solution et pas du blocage. Donc quand nous proposons des noms, ce n'est pas pour s'arc-bouter en disant « Eh bien nous aussi, maintenant on met des noms écolo ! Et si ce n'est pas nous, on va hurler sur les plateaux télé ! » On propose des solutions, tout en disant « Moi, j'ai cité des noms qui étaient dans le débat public.

» Je ne suis pas comme ça à la recherche de la nouvelle star, je ne suis pas chef de casting. On a cité des noms qui, avec ma délégation composée de Cheryl Sheltlin et de Bruno Bernard, on a proposé des noms qui étaient dans le débat public. Et puis on leur a dit « Si vous en voyez d'autres, allez-y, servez-vous ! » Vous voyez, c'est vraiment à la recherche du consensus.

24:16
Présentateur

Sauf que ça fait une semaine que ça discute et une semaine où il ne se passe rien, en tout cas rien n'est toujours acté. Alors, s'il ne se passait rien,

24:23
Marine Tondelier

je ne serais pas sur ce plateau ce matin en train de vous raconter depuis 30 minutes. Donc oui, il se passe beaucoup de choses. Et c'est normal. On est dans une situation politique inédite. Qui aurait pu prédire cette dissolution ? Qui aurait pu prédire que nous gagnerions ? Qui aurait pu prédire que nous serions en train de composer un gouvernement ? Moi, je vous le dis, il faut regarder autour de nous en Europe. Le Danemark, ils ont mis un mois et demi pour faire leur gouvernement de coalition. En Allemagne, deux mois. En Espagne, quatre mois. Et aux Pays-Bas, 222 jours. Mais là, on n'est pas dans la formation de la coalition.

Pour l'instant, on est juste sur le Premier ministre qui va organiser tout ça. Oui, mais c'est le problème. C'est qu'en fait, on se retrouve dans une situation institutionnelle auxquelles nos institutions ne sont pas prêtes. C'est-à-dire que nous, les Verts, on est cohérents. Ça fait 40 ans qu'on demande un régime parlementaire. Ça fait 40 ans qu'on demande...

24:59
Invité

Là, vous avez la possibilité peut-être de jouer du Parlement.

25:01
Marine Tondelier

Oui, on a la possibilité, mais sans les règles qui vont avec, sans les traditions qui vont avec. Et donc, on est tous en train de tâtonner, de chercher des solutions.

25:08
Invité

La constitution de la 5e est d'une grande souplesse. Vous pouvez lui mettre une interprétation parlementaire ou présidentielle. Donc, ça vous joue le jeu aussi.

25:16
Marine Tondelier

Je veux quand même remettre les choses dans la perspective. On avait trois forces possibles. Les macronistes qui se sont fait éjecter par les Français. 73% des Français veulent une rupture avec le macronisme. Il y a nos électeurs. Il y a beaucoup d'électeurs qui n'ont pas voté pour nous et beaucoup d'électeurs qui n'ont pas voté du tout. 73%. Ensuite, il y a l'ERN. Alors, le Rassemblement National, c'est confortable. Parce que, moi, je l'ai beaucoup dit, Jordan Bardella, c'est pas du muscle, c'est de la gonflette. Il est venu, moi je suis prêt, moi je suis prêt. Puis, petit à petit, alors déjà, il dépiautait tout son programme. Il refusait de débattre. Ils étaient embarrassés.

Leur candidat n'avait même plus le droit d'aller sur les plateaux télé tellement c'était un festival de n'importe quoi. Et il finit par dire, et alors moi, j'irais à Matignon que si j'ai la majorité absolue. Royal au bar. Il faut un tapis rouge, sinon j'y vais pas. Alors, comment on fait, dans la politique, si tout le monde a cette attitude ? Alors, tout le monde va dire, moi non plus, moi non plus, puis on attend. Donc, vous, vous dites, on va au gouvernement,

26:05
Invité

mais on n'a pas de Premier ministre, on n'a pas de majorité.

26:08
Marine Tondelier

Donc, comment vous faites concrètement ? former un gouvernement de combat. Quand je dis un gouvernement de combat, ce n'est pas un combat pour brutaliser la société. C'est un combat pour mener les politiques sur lesquelles nous avons été élus. Mais avec quelle majorité ?

26:18
Invité

Il manque plus de 100 voix.

26:20
Marine Tondelier

Eh bien, les majorités, nous irons les chercher une par une. Et ça passera à la fois par des recherches, évidemment, de consensus, de discussion. Mais ça marchera aussi par la bataille de l'opinion. Donc, Emmanuel Macron n'a pas su le faire pendant deux ans, mais vous, vous saurez, sur chaque réforme, aller chercher ? Et c'est en même temps rien du tout. D'ailleurs, il est dans le comble du « en même temps », dans le paroxysme du « en même temps », parce qu'il a perdu dimanche, il explique qu'en même temps, il a gagné. Donc, moi, je comprends rien.

26:41
Invité

Excusez-moi, il y a deux, trois choses. Mais je vais vous expliquer comment vous allez couverner. La bataille de l'opinion. Allons-y, on prend dans l'ordre. Comment c'est la bataille de l'opinion ? Ça veut dire, ça se passe comment ? C'est les sondages, c'est par où ?

26:50
Marine Tondelier

Je vous donne un exemple. Le chariot de course de rentrée gratuit, c'est la mesure que j'avais, moi, présentée à la conférence de presse. Quand j'ai dû en choisir une, c'est celle-là qui m'avait parlé en tant que maman. Parce que dans l'école de mon fils à Énambeaumont, je vois bien que pour la rentrée, en fait, il y a des mamans qui vont devoir dire à leur fils « ce cartable-là, tu ne peux pas, cette trousse-là, tu ne peux pas. » C'est dur que le prix de ce chariot de course, ça va remplacer peut-être la journée à la mer qui aurait pu constituer leur seule vacance. Et donc, en fait, ce n'est pas possible de faire ça à des enfants dans ce pays.

Et donc, nous, on disait que l'école devait être intégralement gratuite et qu'on allait faire ça à la rentrée. Il y a 1,6 million de mamans solos dans ce pays. Il y a aussi des papas solos, puis il y a des familles modestes qui attendent de savoir si on va réussir à le faire ou pas. Alors, quand nous aurons constitué ce gouvernement, le plus vite possible, je l'espère, mais voilà, un pas à payer l'autre, on ne va pas aller plus vite que la musique. Et puis, ça ne sert à rien de s'énerver en criant sur tout le monde. Il faut juste se contenter de rester calme et de trouver des solutions. Nous allons aller à l'Assemblée nationale.

Nous allons demander, je schématise, qui est pour et qui est contre ce sort de course gratuite pour la rentrée ? Et donc, on pourrait dire, oui, Jean-Michel, tu es contre, vas-y, dis-le, les Français veulent savoir. Qui va voter contre ça ?

27:52
Invité

Donc, il y a une sorte de name and shame vis-à-vis de l'opinion pour leur dire, lui, ne veut pas ?

27:55
Marine Tondelier

Alors, je vais vous dire, il y a une passion politique française dans ce pays. Depuis la dissolution, tout le monde s'est dit, tiens, ma vie peut changer maintenant.

28:01
Invité

Mais ce n'est pas suffisamment mesurable, ça, la bataille de l'opinion.

28:03
Marine Tondelier

Si, c'est mesurable, il y a des choses qui s'appellent les sondages dont vous aimez user et abuser sur vos antennes. Les super profits, 80% des Français sont pour taxer des super profits. Des super profits, c'est des super profits qui tombent sur la tête des gens comme ça. Ils n'ont pas à travailler plus, pas à mériter plus, pas eu plus de talent, juste parce qu'il y a une crise énergétique, une guerre en Ukraine, tout d'un coup, leurs profits augmentent. Et donc, on s'était dit, à gauche et chez les écologistes, que ça pourrait être juste de les classer 15 milliards par an. On peut faire beaucoup de choses avec 15 milliards par an. C'est une sorte de programme avec des priorités.

Et donc, on va dire, mais les gens prendront leur responsabilité. Ils assumeront devant les Français, parce que c'est leur travail de député, ce qu'ils votent et ce qu'ils ne votent pas. Et là, je parle du gouvernement.

28:39
Invité

Vous allez jusqu'au LFI, c'est un... Est-ce que vous êtes jusqu'au LFI ? Est-ce que vous pourriez prendre des gens, des macronistes, des LR, dans votre gouvernement ?

28:46
Marine Tondelier

Alors, on ne va pas faire le gouvernement du en même temps, parce qu'on sait où le en même temps nous a conduits. D'accord. Donc, Emmanuel Macron a posé une question claire aux Français, auxquelles ils ont répondu clairement, oui, nous voulons une alternance. Nous sommes en train donc de construire cette alternance.

29:00
Présentateur

Vous trouvez sincèrement que les Français ont dit qu'on veut une alternance ? Vous arrivez en tête, certes. Vous avez 182 sièges.

29:10
Marine Tondelier

Moi, je veux bien être dans la modestie, mais je ne peux pas être dans le déni. Emmanuel Macron, qui est président, il a un Premier ministre qui est macroniste. Gabriel Attal, c'était quand il s'entendait encore bien la semaine dernière. Il dit aux Français, je remets ma confiance en question, dissolution. Grenade des goupilles dans les jambes, rappelez-vous. Vous en avez parlé. Et donc, il pose une question. Les Français répondent en les éjectant du pouvoir. Alors, moi, je ne vous dis pas qu'on a une majorité absolue, je suis quelqu'un de très lucide. Ils ne les ont pas éjectés du pouvoir, ils sont encore 163 à l'Assemblée.

100% des Français disent qu'ils veulent une rupture politique avec le macronisme. Ils n'en peuvent plus de l'injustice sociale, ils n'en peuvent plus de l'injustice environnementale. C'est ça, la réalité. Et je vais vous dire, par rapport à tout ce que j'ai pu dire entre deux tours, quand j'ai vraiment été extrêmement inquiète que l'extrême droite arrive au pouvoir. Moi, on ne va pas me ressortir avec ma veste verte à chaque élection entre les deux tours. Parce qu'en 2027, si on n'infléchit pas les politiques qui ont été menées, dont les Français ne veulent plus, ce ne sera pas la peine de venir nous chercher en 2027. Mais vous êtes d'accord qu'aujourd'hui, il y a trois blocs ?

Ce pays, il est fracturé à cause d'Emmanuel Macron.

30:06
Invité

Vous gouvernez, c'est ça la question. Est-ce qu'il n'y a pas des macronistes à récupérer ? Nous n'allons. Les macronistes de gauche ?

30:11
Marine Tondelier

Alors, arrêtez avec les macronistes de gauche.

30:12
Invité

Mais je n'arrête pas.

30:14
Marine Tondelier

En 2017, on disait que c'est en même temps. Il y avait des macronistes de gauche, des macronistes de droite. Alors, en 2017, les macronistes de gauche voyaient ce que c'était. En 2018, 2019, un peu moins. Là, aujourd'hui, excusez-moi, ceux qui restent encore là, ils sont quand même bien accrochés au prenier, qui a été très secoué. Donc, c'est-à-dire qu'il y en a beaucoup qui sont partis. Là, ceux qui restent sont quand même assez déterminés. Et je vais vous dire, l'histoire va s'écrire au fur et à mesure. Mais vous dire aujourd'hui sur ce plateau, ah ben oui, les trois là, moi je suis vraiment sûre, ils sont en fonds pour le programme du NFP.

Alors, pourquoi ils l'ont combattu dans les législatives ?

30:45
Invité

Je parle de votre philosophie de composition de gouvernement. Eh ben, ma philosophie, elle est très claire.

30:49
Marine Tondelier

D'où il sort ? Ma philosophie est très claire. Le nouveau Front populaire accomplit un miracle dans cette élection. Il noue, il vous a sauvé du Rassemblement National. On va se le dire. C'est parce que nous avons fait ce que nous avons fait, auquel personne ne croyait. Je vous rappelle, le lundi 10 matin, pendant qu'Emmanuel Macron était à Aura d'Ursurglan, tous les éditorialistes disaient, la gauche est terminée, ils vont se faire laminer. Le RN a gagné. Ça ne comprend pas trop, comment vous avez gouverné ? Oui, mais je réponds à vos questions par une... Pendant 4 semaines, tout le monde nous a expliqué que le RN, c'était impossible qu'il ne gagne pas.

Tous les bookmakers, tous, tout le temps. Pourquoi nous avons gagné ? Parce que nous avons été concentrés et déterminés. Le lundi matin, la nuit du dimanche au lundi, nous avons vu tout le monde. Le lundi, on les a réunis. Le lundi soir, on a annoncé, on va le faire. Les gens ont dit, ils vont le faire, on va bien rigoler. Ils n'arriveront jamais à se mettre d'accord sur le programme. On l'a fait. Ils n'arriveront jamais à se mettre d'accord sur les circonscriptions. On l'a fait. Ah, alors ça c'était le jeudi. Vous verrez, ils ne vont jamais réussir à faire campagne. On l'a fait. Parce qu'on est resté concentrés. On veut la chute. Je vous rappelle quand même.

Et puis, après, on a dit, bon, ils font campagne, c'est sympa. Mais c'est sûr, ils ne vont pas gagner. Qu'est-ce qu'on a fait ? On a gagné. Et donc maintenant, on arrive à l'état de suivante. Vous nous dites, attendez.

31:53
Invité

Vous êtes arrivée en tête de...

31:55
Marine Tondelier

Alors, arrivée en tête, Madame Fresso, ça s'appelle gagnée. On peut ressortir le dictionnaire, si vous voulez. Est-ce qu'on a perdu ? Et comment concrètement vous gouvernez ? On n'a pas la majorité absolue, mais on a gagné. Et je finis mon raisonnement, si c'est possible. La nouvelle question, après avoir contredit tous les bookmakers, on nous dit, ils n'arriveront pas à gouverner. Et je vais vous dire, moi, je n'attends pas pour faire des choses que Madame Fresso et Madame Saint-Cricq me disent, on est sûr que vous allez y arriver, bon courage. Mais je ne vous ai pas dit ça. Notre travail, c'est de vous convaincre.

32:22
Invité

Je vous demande avec qui vous voulez faire un gouvernement, c'est quand même...

32:24
Marine Tondelier

Non, mais notre travail, c'est de vous convaincre et de vous montrer qu'on va y arriver.

32:27
Invité

Ils me convaincre de quoi ? Ce n'est pas moi qui fais le gouvernement, je ne suis pas le ministre. Non, mais je suis là pour convaincre de vous dire qu'on va y arriver, pour leur garder cet espoir qui les a fait vibrer, qui les a fait voter pour nous.

32:34
Marine Tondelier

Ne désespérez pas, chers auditeurs, on va y arriver.

32:36
Invité

Alors attendez, justement. Jusqu'où vous allez ? Tous les autres, enfin, les autres, la ligne des écologistes, elle est claire. On sait qui il y aura dans votre gouvernement. Vous vouliez qu'il Laurent Wauquiez dans notre gouvernement ? Mais pas du tout. Je vous ai dit, Laurent Wauquiez a dit par exemple, on fait notre pacte là, mais on ne participera à aucune coalition, on ne fera pas ça. Je vous demande si vous pourriez aller jusqu'au moderne. Mais c'est normal que Laurent Wauquiez, il ne va pas soutenir la justice sociale et environnementale, on ne sait pas contre sa politique nationalement et localement. Je me fous de Laurent Wauquiez, ce n'est pas le sujet.

Alors nous, les choses sont claires.

33:03
Marine Tondelier

On sait, encore une fois, comment, pourquoi et grâce à qui on a gagné. Grâce au Nouveau Front Populaire. Et donc si vous croyez que je vais retourner ma veste verte le lendemain matin en disant, allez, ciao les gars, on va se faire de nouveaux copains, on vous laisse vous débrouiller. Non, on a une demande d'unité. Et je vais vous dire, chez les écologistes, notre mandat des négociateurs est très très clair. Un, d'aboutir. Deux, de toujours chercher des solutions. Trois, de maintenir l'unité du Nouveau Front Populaire. On ne cherche pas une solution à trois. Et je vais vous dire pourquoi.

Si on avait, depuis le début, accepté de prendre parti avec l'AFI contre l'EPS, ce que l'EPS craignait, ou avec l'EPS contre l'AFI, ce que l'EFI craignait, il n'y aurait pas de nouveau Front Populaire. C'est parce que nous avons cette ligne de recherche de consensus, parce qu'on veut l'unité des écologistes de la gauche. Ça fait un an que je le disais, nous l'avons fait. Et on va s'y tenir.

33:46
Présentateur

Mais si, je vous résume, il n'y a pas de coalition envisagée, il n'y a pas de contrat législatif, il n'y a pas tout ça.

33:52
Marine Tondelier

Nous sommes pour un Front Républicain à l'Assemblée Nationale. D'accord. Mais je vais vous dire, moi, quand j'adore parler, il y a une bonne privée qui mange avec le RN.

33:59
Invité

Le Front Républicain, il a été très, très large pendant les élections. C'est ça que je ne comprends pas. Parce que, en fait, vous avez un gouvernement de nouveau Front Populaire. Ça, on a compris, pur. Voilà. Mais après, vous dites, on veut un gouvernement Front Républicain. C'est beaucoup plus large.

34:14
Marine Tondelier

Non, j'ai dit à l'Assemblée Nationale.

34:15
Invité

À l'Assemblée Nationale, mais c'est beaucoup plus large. Ça veut dire que vous êtes prêts à des alliances avec les macronistes.

34:20
Marine Tondelier

Mais vous savez comment ça se passe. Alors, c'est sûr qu'Emmanuel Macron, il nous a déshabitués. Mais normalement, on a un gouvernement compact, solide et solidaire, autour d'un projet. Et dans le contexte actuel, il va falloir un gouvernement de combat très déterminé à y arriver. Pas en brutalisant, mais en étant très ferme sur ses objectifs et en étant à la recherche constante de solutions pour y arriver. On le doit à toutes celles et ceux qui nous ont élus. D'accord. À l'Assemblée Nationale, la réalité est autre. Et donc, à l'Assemblée Nationale, je pense que ça, c'est la question des groupes.

Et encore une fois, moi, je fais entièrement confiance à Cyril Châtelain pour mener ces discussions. On ne sait pas aujourd'hui déjà le périmètre exact de chaque groupe. Ça va continuer un peu lundi et mardi. Si les macronistes, qui nous ont fait croire ou comprendre, ou qui sous la force et la contrainte ont fini par faire un front républicain, et je les en remercie, s'ils nous réexpliquent la semaine prochaine qu'en fait, ils vont aller chercher l'ERN pour mettre le nouveau front populaire en minorité à l'Assemblée, on en prendra hâte. Nous, notre ligne, et je vais vous dire, chez les écologistes, elle est constante. C'est que le Rassemblement National, ils ont été élus par des électeurs.

Et donc, ils ont une légitimité à siéger à l'Assemblée. Tout ce à quoi ils ont le droit en tant que députés, il doit y avoir accès. Est-ce qu'on doit par contre leur construire des ponts d'or, leur faire à courte échelle, y compris pour des intérêts électoraux ? C'est-à-dire, la réponse est nous, nous avions été les seuls à l'époque à nous y opposer. Et vous allez continuer à vous y opposer ? J'étais dans le même état que le matin que Bruno Le Maire quand j'ai vu ça. Parce que j'étais depuis Élin-Beaumont à me battre un peu seule, un peu dans l'indifférence générale, sauf celle de mon parti que je remercie, contre la mairie d'Élin-Beaumont.

Et je sais quel est leur danger, je sais comment ils gagnent, je sais ensuite comment ils gouvernent, je sais comment ils conservent le pouvoir. Et quand je voyais ces personnes qui nous font des grandes leçons d'art républicain toute la semaine, venir nous expliquer à la télé que franchement l'URN était vraiment très crédible et très respectable, alors que l'AFQ était très méchant, je me disais mais franchement, ils sont là, je suis privilégié. Ça fait 10 ans que je me dis ça, c'est pour ça que j'ai trouvé ces mots très facilement. Mais il y a 8 à 10 millions d'électeurs derrière eux.

Exactement, et donc c'est pour ça que je vous dis, moi mon maire, j'accepte qu'il soit maire, je vais au conseil municipal, je m'inscris dans le cadre des institutions. Mais leur faire des cadeaux, leur faire des courtes échelles, pour les contenter et penser qu'ils vont être contents et gentils, ça ne va pas.

36:23
Invité

Soyons clairs, parce que jeudi, il y a toute l'élection des instants. Je vais dire que vous allez être précis.

36:29
Présentateur

Il y a une semaine importante qui s'annonce à l'Assemblée nationale, et notamment jeudi, où effectivement tous les noms de personnalités à responsabilité vont être effectivement élus, dont le président ou la présidente de l'Assemblée nationale, le bureau, les caisseurs, les présidents de commissions. C'est une semaine effectivement très importante.

36:46
Marine Tondelier

Comment est-ce qu'elle va se passer ? Et donc la ligne des écologistes, et nous ne sommes pas les seuls à porter cette ligne au sein du nouveau fonds populaire, c'est que nous voulons un front républicain. C'est toute la gauche qui porte cette ligne ? Moi je ne parle pas pour mes partenaires. Je n'aime pas quand ils le font, donc chacun parle pour soi-même. Nous sommes bien organisés. La ligne, c'est un front républicain à l'Assemblée nationale. Ce n'est pas un poste ? Ils auront les postes auxquels ils ont droit.

Mais on ne va pas se mettre dans une petite salle avec eux pour faire des petits comptes sur nos feuilles, il y a des petits croix, des petits plus, des petits moins, pour dire si tu te mets là, je me mets là, et on gagne ça. On ne fait pas de combination avec l'extrême droite.

37:17
Invité

Il peut y avoir une forme de légitimité à ce qu'ils aient quelques postes.

37:21
Marine Tondelier

Mais ils auront les postes auxquels ils ont droit, pas plus.

37:25
Présentateur

Et la présidence de l'Assemblée nationale, c'est forcément pour le nouveau front populaire ou pas ?

37:30
Marine Tondelier

Je laisse cette discussion se menée à l'Assemblée nationale. Vraiment, c'est leur travail, et ils ont ma confiance. Je ne suis pas en train d'essayer de contrôler tout et de m'imposer partout. Je suis à mon poste et j'essaye de bien faire ce que j'ai à faire.

37:41
Présentateur

Alors, je voudrais vous faire réagir à un tweet de Fabien Roussel, qui vient d'être publié. Il demande instamment une réunion des chefs de parti le plus rapidement possible, vu le contexte politique dans lequel on est depuis Guet-Bélo, sa décision de décliner le poste de première ministre. Il faut sortir des ambiguïtés. Vous êtes d'accord avec lui ou pas ? Il faut vous dépêcher de vous réunir ? Il faut assainir la situation ? Tout devient trop compliqué ? Lui aussi, visiblement, trouve que c'est compliqué.

38:07
Marine Tondelier

Oui, je ressens une grande forme d'impatience chez Fabien. Il a raison, c'est légitime. Moi aussi, je suis fatiguée. Moi aussi, j'ai envie qu'on s'en sorte. Je vous l'ai dit, quand on s'est retrouvé plusieurs fois entre chefs de parti, à arbitrer un peu le match, et avec Fabien, on est celles et ceux qui disent « Nous, on ne sera pas bloquants. » Les communistes, les écologistes sont sur la même ligne. On ne sera pas bloquants. Mais si les insoumis ne veulent pas l'un socialiste et ceux-là, ils ne veulent pas l'un insoumis, il va falloir chercher d'autres solutions.

Je vous ai indiqué que la société civile, pour nous, c'était important parce qu'ils ont tellement été méprisés, en plus par Emmanuel Macron, ce qui fait partie du problème. On en est aujourd'hui dans une société... Mais là, vous décalez.

38:39
Présentateur

Lui, il parle de double langage, par exemple. Donc, vous vous parlez directement ou pas ?

38:42
Marine Tondelier

Entre les chefs à plumes de la gauche. Oui, on se parle directement. J'ai échangé encore par texto ce matin avec Fabien Roussel. J'ai eu Emmanuel Bonpart au téléphone. J'avais eu Olivier Faure la veille. Et on va continuer. Et il y a les chefs de parti. Et puis, il y a tous les autres.

38:53
Invité

On cherche des solutions. Vous avez l'espoir d'y arriver avant le 18 ? Toujours. Puisque c'est un terme... C'est bien sûr. Le verre, d'ailleurs, est pleuré de l'espérance.

38:58
Marine Tondelier

L'espoir et la détermination. Parce que l'espoir fait vivre. La détermination fait vivre que 4 jours.

39:02
Invité

Les socialistes disent 18. Le 18. Donc, est-ce que...

39:05
Marine Tondelier

Le 18 juillet. Alors, tout le monde va être le maître des horloges. Je les admire. Non, non, non. C'est pour savoir. Vous savez, les gens qui ont dit lundi, on va y arriver avant vendredi. Je ne veux pas le dire, mais de sincère. Et donc, je ne dis pas des trucs faux.

39:23
Invité

De la personnalité de la société civile dont vous faites partie. On n'arrête pas de parler tout à l'heure. On a parlé de candidats. On n'a jamais parlé de compétences. On a parlé d'une femme. Ah si, je n'arrête pas d'en parler. Non, mais quel est le profit dans une période difficile avec une inflation qui commence à baisser, des incertitudes économiques, l'Ukraine et tout ça ? Il ne faut peut-être aussi pas uniquement parler de la symbolique des gens que vous pouvez...

39:45
Marine Tondelier

Mais vous avez compris ? Moi, j'ai tweeté hier une citation de Jean de La Fontaine.

39:49
Invité

Patience et longueur de temps font plus que force, né que rage.

39:53
Marine Tondelier

Parce qu'en fait, si tout le monde s'énerve, tout le monde s'énerve. On peut faire des bras de fer. Bon, quand en plus, il ne se résout pas au bout de 4 jours, on peut le faire encore une semaine, ça ne va pas changer. Et donc, oui, il faut se remettre autour de la table de manière apaisée et sereine. Si tout le monde crie, on va y arriver. Et ce n'est pas ça qu'on fait quand on se rencontre. Et donc, il faut prendre les problèmes un par un. Nous avions, nous écologistes, proposé une méthode au consensus. Je remarque que d'ailleurs, tout le monde nous reparle de consensus, c'est que cette méthode a été acceptée. Nous avions ensuite proposé 4 critères. On les met sur la table.

Celui qui veut en enlever, en rajouter un, fait ce qu'il veut. Nos 4 critères. Premièrement, oui, la compétence et l'expérience. Oui, quand même. Et il y a beaucoup d'hommes et de femmes, et de femmes, de compétences et d'expériences au sein du Nouveau Front populaire. Des gens qui ont fait plein de choses dans leur vie, qui dirigent de grandes collectivités locales, qui ont fait même autre chose que de la politique. Il y en a plein au sein du Nouveau Front populaire et chez nos compagnons de route. Ensuite, nous avons parlé d'une personnalité qui fasse consensus au sein du Nouveau Front populaire.

Parce que quand vous faites un vote, de justesse élise quelqu'un qui énerve 49% des autres, ce n'est pas pratique. Parce que je rappelle que le poste de Premier ministre, dans ce contexte particulier, ça va être sportif. Je pense d'ailleurs qu'il y a des gens qui sont prêts à prendre leur responsabilité, mais quelqu'un qui a envie en disant « C'est mon moment, c'est mon rêve dans la vie, j'y vais, ça va être simple. » Si quelqu'un vous dit ça, inquiétez-vous. Et donc, il y a ce critère-là. Ensuite, il y a le critère, évidemment, d'être sincèrement aligné avec le programme du Nouveau Front populaire.

41:11
Invité

Et lequel ? Celui du début, là ?

41:13
Marine Tondelier

Celui sur lequel on a été élus, qu'on a écrit nous-mêmes. Ça ne veut pas dire qu'on y va à coup de sabre laser contre ceux qui ne sont pas d'accord. On va aller rechercher des compromis, des négociations, mais tenir bon aussi. Parce que quand vous posez vos fesses sur le toboggan du renoncement, ça glisse très vite. Et on a des histoires qui parlent pour nous quand je dis ça. Et donc, il y a ce critère-là aussi. Et puis, dernier critère, quelqu'un qui soit en mesure d'apaiser le pays. Parce que ce pays en a grand besoin.

41:36
Présentateur

Et donc, c'est aussi important comme critère. Ça me fait rebondir. On n'a pas du tout parlé de lui depuis le début de cette émission. Emmanuel Macron, ça doit être quoi son rôle ? Ah si, moi je n'arrête pas d'en parler. Son rôle, quel doit être son rôle ? Lui dit dans sa lettre aux Français cette semaine, je jouerai un rôle d'accompagnateur, de facilitateur même, je crois.

41:51
Marine Tondelier

Je dirais qu'Emmanuel Macron, je vais le citer, comme ça, ça vous fera plaisir. Je pense qu'il doit arrêter de faire le gaulois réfractaire. C'est une expression qu'il a utilisée pour se moquer un peu de son pays. Mais aujourd'hui, le gaulois réfractaire, c'est lui. C'est-à-dire que vraiment, il nous a mis dans une situation intenable. Il a posé une question, les Français ont répondu. Et là, moi je suis très pour que le nouveau Front Populaire fasse preuve de modestie. Sans faire cocorico, on a gagné, on est les champions du monde. Nous avons gagné, nous n'avons pas de majorité absolue. Ça nous met dans une situation inconfortable.

Mais nous avons le niveau, les solutions et les ressources pour la surmonter. Emmanuel Macron, lui, non seulement il n'est pas dans la modestie, mais en plus il est dans le déni. Il explique à tout le monde qu'il a gagné. Il fait des petites techniques pour aller enlever le pouvoir. Vous ne répondez pas à la question du rôle qui pourrait jouer quand même ? Le rôle qui peut jouer, c'est d'arrêter de mentir, c'est d'arrêter de ne pas reconnaître ce résultat, c'est de se soumettre à la réalité. Je ne sais pas, ça me paraît normal quand on est président de la République. Démissionner ou pas ? Je ne vois pas trop ce que ça résoudrait.

Je vous rappelle qu'on ne peut pas dissoudre l'Assemblée nationale pendant un an quand on l'a fait une fois. Imaginons qu'il démissionne, imaginons qu'on refassait une élection. Le sujet du président pourrait changer, mais trouver un Premier ministre qui ait un vote de confiance dans cette Assemblée-là, la question se poserait dans les mêmes termes.

43:05
Présentateur

Alors il y a aujourd'hui les Insoumis qui ont lancé des rassemblements le jour de 14 juillet pour soutenir la gauche au pouvoir. Il y a notamment un rassemblement annoncé Place de la Nation à Paris. C'est une bonne initiative ? Vous la partagez ? Vous avez prévu d'y participer ?

43:19
Marine Tondelier

On a eu une longue discussion. Ce n'est pas l'initiative du Nouveau Front Populaire, si c'est votre question. Les Insoumis, j'ai dit. Après, je vous le dis, encore une fois, chacun pense qu'il veut des Insoumis. Mais quand on a un président de la République qui refuse de lâcher le pouvoir, que faut-il faire ? Rester tout chez nous à suivre à la télé ?

43:34
Invité

On ne comprend pas très bien. Il refuse de lâcher le pouvoir, mais vous ne voulez pas non plus qu'il démissionne. Non.

43:39
Marine Tondelier

Je veux qu'il nomme un Premier ministre du Nouveau Front Populaire.

43:42
Invité

Vous n'êtes pas un problème du spectacle collectif que vous donnez aux Français depuis une semaine ?

43:45
Marine Tondelier

J'ai honte de ce que je vois. Mais est-ce que vous collectivement ou pas ? J'allais vous répondre. J'ai honte de ce que je vois parce qu'il y a eu une élection demandée, exigée, même imposée en prenant de court tout le monde par le Président de la République qui posait une question aux Français. Les Français lui répondent nous voulons une alternance et il ne leur donne pas.

44:02
Invité

Mais attendez, vous n'êtes pas fichu de proposer quelqu'un vous-même ? Non, non, Madame... Là, pour le coup, ce n'est pas de ça. Il y a tous les torts de la terre.

44:08
Marine Tondelier

Il nous en a fichu de proposer quelqu'un, comme vous dites, un peu outrément. Non, mais attendez,

44:11
Invité

je parle comme les gens dans la rue ou comme les gens qui... Et bien parfait, moi aussi. Mais attendez, Emmanuel Macron... Effectivement, la dissolution, je l'ai dit tout à l'heure. D'accord.

44:20
Marine Tondelier

Est-ce que vous avez l'impression qu'il a appelé les chefs de parti du Nouveau Front Populaire pour nous demander un nom de Premier ministre ? Parce que moi, je n'ai pas l'impression, il se trouve que mon téléphone n'a pas sonné.

44:28
Invité

Au contraire, il vous met la balle dans votre camp, même si c'est tordu de le faire.

44:32
Marine Tondelier

Non, il est en train d'organiser nos oreilles bien avisées et les vôtres le sont aussi. Vous savez pertinemment qu'il est en train d'organiser plein d'autres scénarios possibles pour essayer de ne pas avoir un Premier ministre du Nouveau Front Populaire.

44:45
Invité

Vous le savez, à vous, le court-circuité, je veux dire ? Non, non, non.

44:48
Marine Tondelier

Il est président de la République et la logique institutionnelle, qui est forte quand on est président de la République, exige, dicte, que vous appeliez les gens qui ont gagné l'élection législative, pas la majorité absolue, Mme François, vous avez raison, mais qui l'ont gagné quand même, qui sont arrivés en tête. Et ce n'est pas lui qui est arrivé en tête. Il doit appeler...

45:05
Invité

Non, les textes sont... D'abord, les textes sont flous et deuxièmement, normalement, le président de la République nomme un Premier ministre qui s'est assuré d'avoir la confiance de l'Assemblée nationale. Donc voilà, ça, on n'y est pas. Donc il ne respecte pas les règles. Emmanuel Macron ne peut pas jouer avec le feu.

45:18
Marine Tondelier

Il ne peut pas jouer avec la démocratie. Il doit reconnaître le résultat de ses élections et nous appeler et nous trouverons des solutions. Mais ne faites pas semblant que c'est nous le problème. Ce n'est pas vrai.

45:26
Invité

Je n'ai pas dit que c'était vous le problème.

45:27
Marine Tondelier

Vous avez dit que vous avez 80 noms. Mais attendez, on va parfaire tout le débat

45:32
Présentateur

qui dure depuis 49 minutes. C'est le moment d'accueillir de notre seconde invitée pour le livre de la semaine.

45:41
Locuteur non identifié

France Inter. Question politique. Karine Bécard.

45:49
Présentateur

Va-t-elle réussir à calmer un peu l'ambiance dans ce studio ? Bonjour Camille Vigogne-Lecouat. Merci de nous avoir rejoints dans le studio 511 de la Maison de la Radio. Vous êtes journaliste, grand reporter au Nouvel Obs et vous êtes l'autrice d'un livre qui n'est pas passé inaperçu cette saison. Son titre, Les Rapaces, paru aux éditions Les Arènes. C'est une enquête que vous avez menée sur la mafia varoise. A sa tête, on y trouve un homme. David Racheline, un très proche de Marine Le Pen, le maire RN de la ville de Fréjus. On s'est dit que ce livre allait peut-être nous permettre de mieux comprendre ce qui s'est passé ces trois dernières semaines au Rassemblement National.

D'abord, Camille Vigogne-Lecouat, est-ce que vous avez été surprise, vous, par le résultat du RN dimanche dernier, arrivé en troisième position, loin finalement de la majorité absolue qui lui avait été annoncée ? Surprise ou pas, vous qui suivez de très très près tout ce qui se passe au RN ?

46:42
Invité

Alors moi, j'ai comme règle de ne jamais être ni surprise ni consolidée dans mes convictions pour les élections, surtout que j'ai passé toute la campagne à dire qu'on ne savait pas projeter en siège à l'Assemblée nationale les élections législatives. En revanche, je pense qu'on a tous constaté la résurgence du Fonds républicain qu'on avait un peu vite enterré.

Alors avec des nuances évidemment, mais je pense que c'est quand même la grande leçon à retenir de cette élection, c'est que face à l'imminence d'une possible victoire du RN qui était arrivé quand même en tête dans plus d'une circonscription sur deux au premier tour des législatives, une partie des Français s'est mobilisée pour dire non. Et c'est vrai que ce phénomène-là, on pensait l'avoir un peu enterré, qu'il pouvait être d'une autre époque. Et ça montre la fragilité du discours du Rassemblement national qui tente de se présenter comme un parti ayant achevé sa dédéabolisation, sa normalisation. Et ce qu'on a vu, c'est que ce n'était pas un processus qui était arrivé à son terme.

47:36
Présentateur

Front républicain très fort, effectivement. On a redécouvert aussi, j'ai envie de dire, le niveau de certains candidats RN, leur impréparation, leur incompétence, aussi parfois sans oublier leur antisémitisme et leur racisme. Vous écrivez dans votre livre, dans les toutes, toutes premières pages, que l'antisémitisme et le racisme ne sont jamais loin. Est-ce que ça a pesé, selon vous, dans le choix des Français dimanche dernier ?

47:58
Invité

Oui, alors quand on suit avec Constance ce parti, on est toujours un peu triste de voir que c'est en toute dernière ligne d'une campagne électorale qu'on semble redécouvrir le fait qu'il reste une composante xénophobe, raciste, antisémite au Rassemblement national. Et à chaque fois, c'est dans les derniers jours, à l'élection présidentielle, ça avait été la même chose. C'est vraiment pendant l'entre-deux-tours qu'on avait remis l'accent sur cet aspect du parti. Moi, je suis toujours très attachée à regarder au-delà des discours, dans les faits, qu'est-ce que c'est que le Rassemblement national ?

Et pour ça, il faut aller voir, on n'a pas grand-chose, il faut aller voir les votes, il faut aller voir le programme, il faut aller voir les quelques bilans. C'est pour ça que je me suis intéressée à la ville de Fréjus, parce que... David Rachely,

48:35
Présentateur

vous le présentez comme un antisémite quasi pathologique. Alors, il y a énormément

48:41
Invité

d'antisémitisme et de racisme à la mairie de Fréjus sous couvert d'humour, sous couvert d'alcool, c'est quelque chose qui est diffus, qui concerne le maire, ses adjoints, mais qui ruisselle, j'aime bien cette expression macroniste, c'est-à-dire qu'à partir du moment où on s'autorise quand on est à la tête d'une collectivité à tenir des propos outranciers, des propos sous couvert d'humour, à faire un salinazi avec son collaborateur, etc., évidemment, d'autres s'autorisent aussi ce même genre de comportement et ça pose plus qu'un problème.

Et c'est surtout en contradiction flagrante avec un discours qui, de façon officielle, je rappelle que David Rachin, il est vice-président du Rassemblement National, toujours, et le discours qu'on entend sur les ondes et à la télévision des cadres du Rassemblement National n'est plus du tout celui-ci. Et c'est cette différence entre la vitrine et l'arrière-boutique qui est importante. Ça ne veut pas dire que tout le parti est antisémite et raciste et que le parti n'a pas évolué. Je suis assez claire sur le fait que le RN d'aujourd'hui n'est pas le RN de Jean-Marie Le Pen. On comprend qu'il y en a d'autres et qu'il y en a même beaucoup d'autres. C'est ça ?

Oui, et c'est cette commande, notamment au niveau local où le parti n'a jamais réussi à monter en gamme, à structurer ses fédérations, à construire une jeune génération de cadres locaux. Alors ça a un petit peu changé avec les législatives en 2022 et l'accès de 89 députés Rassemblement National. Mais on garde toujours cette fragilité qui est liée à ce que le parti est en partie à son histoire et avec lequel il n'a pas toujours tiré un trait définitif.

50:20
Présentateur

Mais ça c'est intéressant. Pourquoi le RN finalement ne s'est pas recruté des candidats ?

50:26
Invité

Alors pendant longtemps, l'étiquette du Front National était quand même une étiquette extrêmement affamante qui signait la mort sociale dans beaucoup de régions. C'était assez difficile de convaincre, même s'il pouvait faire de bons résultats ici et là, des personnes avec un certain bagage aussi de pouvoir incarner, de pouvoir représenter le parti. Il y a eu toute une série de scissions qui ont aussi expliqué que le parti ne réussisse pas forcément. Ça reste une arlésienne. On nous promet tout le temps une école des cadres. Il y en a eu une récemment à nouveau. On nous promet des séminaires, etc. Et ce qu'on voit, c'est... Mais ça a lieu ou pas tout ça ? Ça se fait ou pas ?

Il y a trois formations Zoom sur Internet et puis s'en va. Elle arrive... Ce que dit au moins Jordan Bardella ou qu'il laisse entendre qu'en gros, il y a deux lignes. Il y a la ligne Bardella qui a essayé de faire une... Pas une purge parce que le terme est... Mais en gros, de se débarrasser de tous les gens. Et la ligne Marine Le Pen qui dit ce sont des braves gens. Vous savez ce qu'elle a dit l'autre jour en parlant de tous les candidats douteux qui étaient douteux depuis 150 ou 2000 entre racisme, antisémitisme ou simplement bêtises. Il y a une... Pour vous, il y a une seule ligne qui est de...

En gros, on fait semblant de faire du nettoyage où il y en a deux et avec un Bardella qui serait un peu plus strict dans le ménage. Pour moi, il n'y a pas de lignes. Il y a une patronne au Rassemblement National, c'est Marine Le Pen. Ils forment un duo avec Jordan Bardella. Après, ils peuvent, en fonction des circonstances, répartir les rôles. Le gentil, le mauvais flic, celui qui tape du poing sur la table et celui qui caresse et qui rassure les militants et les électeurs.

51:55
Marine Tondelier

C'est parti parce qu'il trouvait qu'ils n'étaient pas assez d'extrême droite, pour le coup. Il n'est pas exclu, mais il a privé de certaines... Ils ont sorti de la direction. Voilà, et de la Commission nationale

52:04
Invité

d'investiture, etc. Mais je crois qu'ils sont un peu rabibochés maintenant. C'est ça. Mais en l'occurrence, non, je pense qu'on aura une réorganisation comme souvent à l'issue d'une contre-performance dans l'été. David Rachid, on en parlait, ça ne m'étonnerait pas qu'il perde à cette occasion son poste de vice-président. mais je ne suis pas devant. Ça permettra... Mais le problème, c'est qui recruter ? Depuis... Ça fait deux ans qu'on entend pas mal parler, par exemple, de la recherche d'un directeur général du parti qui serait issu d'un grand groupe privé ou d'une ancienne gestion d'une grande collectivité. Ils n'arrivent pas à recruter ce genre de profil aujourd'hui encore.

Il faut faire attention à ne pas prendre à la lettre les discours du parti qui disent qu'on croule sous les candidatures de gens extrêmement capés, etc. Quand on regarde le profil des assistants parlementaires, le profil des collaborateurs de groupes, on se rend compte que la réalité est quand même encore différente, même s'il y a des changements.

52:55
Présentateur

Je vous vois noter plein de choses, Marine Tondelier. Je ne sais pas ce que vous pouvez noter à ce point-là. Il y a quand même 8 à 10 millions d'électeurs qui votent pour le Rassemblement national. Vous l'avez vu évoluer, j'imagine, ce Rassemblement national depuis Hénin-Beaumont.

53:10
Marine Tondelier

Je ne l'ai pas vu évoluer. Je l'ai vu me harceler, m'humilier, m'intimider à chaque conseil municipal, dans chaque journal municipal. Depuis 10 ans, comme ça, par mois, ça en fait 120, donc petite statistique un peu fiable maintenant. Oui, ils ont des méthodes d'extrême droite et on a l'impression que ça vous étonne. Moi, je remercie énormément Madame Vigan pour le travail qu'elle a mené parce que je sais à quel point on s'expose aussi personnellement quand on s'oppose à ces gens. Je suis bien placée pour le savoir.

Je sais à quel point ils ont réussi à endormir une moitié du pays parce que leur stratégie de dédiabolisation, qui n'est pas une dédiabolisation, qui est une stratégie de dédiabolisation, et moi, je suis bien placée pour savoir qu'ils peuvent la mèche est bien lustrée, la stratégie de la cravate, le costume est bien ajusté et son noeud de cravate est très bien nouée, plus que certains du candidat du NFP. On commande beaucoup les noeuds de cravate du NFP. D'Olivier Fort, l'autre chose. Tout le monde a eu des remarques sur son noeud de cravate, mais on s'en fout du noeud de cravate. Ce qui compte, c'est quand même que les enfants arrivent au pouvoir.

Et moi, je vous le dis aussi, quand vous parlez de l'antisémitisme, moi, quand ils ont gagné la mairie des Nimbomont, une employée municipale a dit à un autre employé municipal pas Rennes, tu es sur la liste de Schindler, tu vas bientôt monter dans le train. Ce qui n'a plus aucun sens parce que c'est dans l'autre sens. Et donc oui, leur montée en puissance, leur accession au pouvoir libère la parole. C'est extrêmement violent.

Et juste, je vous fais un petit commentaire de la part de la Ligue de protection des oiseaux parce que quand je dis moi-même que Marine Le Pen est un vautour, ils m'écrivent toujours la commission rapace de la LPO dit les rapaces et les vautours sont des animaux très utiles à l'écosystème. Donc ils disent que c'est diffamatoire pour les vautours. Mais moi j'aime beaucoup cette image, je l'utilise aussi. Mais quand même un petit mot de soutien aux rapaces qui n'ont pas mérité cette comparaison.

54:39
Présentateur

Merci à toutes les deux. Merci à vous. Merci Kaby Bigon Lequat. Je rappelle le titre de votre livre Les rapaces aux éditions Les Arènes. Merci Marine Tondelier

54:47
Marine Tondelier

d'être venue

54:48
Présentateur

dans Question politique. Un grand merci. Et garder l'espoir surtout. Tout le monde. On a bien entendu la même couleur que la veste, l'espoir, le vert. A toute l'équipe en tout cas en particulier. Fabienne Lemoyle, merci pour sa rédaction en chef sans oublier à la programmation notre amie Amaury Bauchet. C'était aujourd'hui la dernière émission de la saison. Merci infiniment pour votre fidélité. Vous êtes près d'un million 800 000 auditeurs. Ça nous fait chaud au cœur. Je vous souhaite évidemment un très bel été et on se retrouve à la rentrée. Bonnes vacances.

"Emmanuel Macron doit arrêter de faire le Gaulois réfractaire", fustige Marine Tondelier — Marine Tondelier · Pourquijevote