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InterviewFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 28 avril 2026 3 minComplaisantActualité / polémiqueCulture, médias & sportÉconomie & entreprises

Grasset, Gibert Joseph : deux mauvaises nouvelles pour le monde du livre

Source d'origine 2 locuteurs

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  • Présentateur91 %
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0:04
Invité

6h57 sur France Culture et c'est l'heure de votre humeur du jour, Guillaume. Et ce matin, deux mauvaises nouvelles presque simultanées pour le monde du livre.

0:12
Présentateur

Ah oui, Grasset, on en a beaucoup parlé la semaine dernière. Grasset, comme vous le savez, repris en main par son actionnaire Vincent Bolloré avec l'éviction d'Olivier Nora. Et autre mauvaise nouvelle qui arrive cette semaine, comme le raconte le Parisien. La librairie Jiber Joseph, placée en redressement judiciaire en raison, je cite, du déclin du marché des livres neufs. Deux histoires très différentes, mais avec une même inquiétude, celle d'un secteur fragile. Chez Grasset, on parlera de stratégie, de ligne éditoriale, de pouvoir. Chez Jiber, il n'y a ni idéologie ni bataille d'influence. Il y a des comptes qui ne tiennent plus. Et pourtant, c'est peut-être là que se joue l'essentiel.

Car une maison d'édition peut changer de direction. Une librairie, elle, quand elle vacille, elle emporte un monde. Je le dis avec une émotion particulière. particulière parce que Jiber Joseph, c'est une librairie où beaucoup ont appris à lire sur le boulevard Saint-Michel. On entrait pour un livre, on sortait avec trois livres, des ouvrages neufs et des livres d'occasion. Des sciences humaines en abondance, c'était l'une des spécificités de cette librairie. Une économie du mélange, presque une écologie du savoir. Faire circuler les textes, prolonger leur vie et permettre à chacun d'accéder à des idées qu'il n'aurait peut-être pas pu s'offrir neuves.

C'est précisément ce modèle, semble-t-il, qui est aujourd'hui fragilisé. Le Parisien évoque la baisse du marché du neuf, le poids des charges, la difficulté à maintenir des équilibres économiques dans des lieux devenus coûteux. Et l'on mesure à quel point le livre appartient à une économie précaire, avec des marges très faibles, des stocks lourds et une dépendance à la fréquentation physique. C'est là que le contraste devient saisissant. D'un côté, il y a ces milliards investis dans l'intelligence artificielle, des valorisations vertigineuses. De l'autre, des libraires et un secteur, le livre, qui se porte de plus en plus mal, avec une question qui demeure. Qu'est-ce qui compte vraiment ?

Car un livre, ce n'est pas une marchandise comme une autre. C'est un objet de transmission, une mémoire, une conversation différée. C'est un lieu où l'on pense parfois contre son époque. Alors, il faut soutenir les librairies, les éditeurs, tous ceux qui font vivre cette chaîne fragile. Parce que si le livre disparaît, ce n'est pas seulement un secteur économique qui décline. C'est une certaine idée de la civilisation qui, silencieusement, va tirer le rideau.

2:30
Invité

Les matins de France Culture Sous-titrage Société Radio-Canada

2:34
Locuteur

Sous-titrage Société Radio-Canada

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