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Podcast / conversationC dans l'air (sur YouTube)· 3 avril 2024 9 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseSécuritéInstitutions & élections

Israël frappe l'Iran, le monde craint la réplique - Reportage #cdanslair du 02.04.2024

Source d'origine 2 locuteurs

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:53OuverteRéponse directe

    Frapper un consulat ou une ambassade n'est-il pas considéré comme une déclaration de guerre ?

  • 5:05OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'à un moment donné, l'Iran va réagir ?

  • 6:45OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il n'y a pas une pression de la rue sur l'Iran pour réagir ?

  • 7:46OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'à un moment donné, il n'y a pas une perte de crédibilité de la part du régime iranien ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:06InvitéFait
    « Présent à l'intérieur du bâtiment, plusieurs membres des gardiens de la révolution sont morts, dont deux de ses commandants. »
  • 1:39InvitéFait
    « La frappe fait cinq morts dont le chef des renseignements des gardiens de la révolution. »
  • 3:02InvitéFait
    « Les Etats-Unis assurent à l'Iran qu'ils n'étaient pour rien dans l'attaque de l'ambassade iranienne. »
  • 3:32InvitéFait
    « Ces frappes sont une violation de toutes les lois internationales et représentent un acte d'agression. »
  • 5:52InvitéFait
    « Militairement parlant, ils n'ont absolument pas les moyens de pouvoir s'affronter à Israël, qui est soutenu par les Américains. »

Temps de parole

  • Invité29 %
  • Invité 223 %
  • Invité 316 %
  • Présentateur11 %
  • Invité 410 %
  • Invité 56 %
  • Invité 65 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

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Invité

Hier à Damas, quartier des ambassades. Le consulat iranien vient d'être bombardé. Présent à l'intérieur du bâtiment, plusieurs membres des gardiens de la révolution sont morts, dont deux de ses commandants. Au milieu de la foule, à proximité des décombres, les autorités syriennes et iraniennes accusent et menacent Israël. L'entité sioniste sait très bien que ce genre de crime est que chacun de ces crimes ne resteront pas sans réponse. Notre peuple a l'habitude de répondre à ces lâches attaques et de prouver au monde qu'elles ne peuvent être contrées que par une plus grande fermeté et davantage de soutien au peuple palestinien et à la résistance, que ce soit en Irak ou au sud du Liban.

Quelques heures plus tard à Téhéran, des manifestants appellent à la vengeance, brûlant les drapeaux israéliens et américains. Et ce matin, les menaces de représailles continuent. Le régime pervers sioniste sera puni par nos braves hommes, nous lui ferons regretter ce crime et les autres. Israël n'a ni confirmé ni infirmé sa responsabilité dans cette frappe. Ces derniers mois, d'autres raids déjà attribués à l'armée israélienne, mais rarement revendiqués, se sont multipliés. Ciblant en Syrie des bases arrières iraniennes, des dépôts d'armes du Hezbollah ou des réunions de chefs pro-iraniens comme en janvier à Damas dans un immeuble résidentiel.

La frappe fait cinq morts dont le chef des renseignements des gardiens de la révolution. Depuis la frappe d'hier dans la capitale syrienne, la tension monte, faisant craindre aux Syriens le retour de la guerre. Je pensais que la guerre était finie, mais j'ai bien l'impression qu'elle recommence. J'étais sur le trottoir et d'un coup je me suis retrouvé sur le trottoir d'en face. Cette guerre ne s'arrêtera jamais, mais nous, on ne peut rien faire. L'escalade est-elle désormais inévitable ? Tous les alliés de l'Iran affichent une même volonté d'en découdre avec Israël, et notamment le Hezbollah libanais qui promet de se venger.

Depuis le 7 octobre, entre le nord d'Israël et le sud du Liban, les combats sont réguliers, mais sans pour autant transformer la frontière en nouvelles lignes de front. Mais vendredi, le ministre de la Défense israélien sur place semblait déjà préparer les esprits à une intensification du conflit. Nous ne faisions que repousser le Hezbollah. Désormais, nous sommes ceux qui poursuivons le Hezbollah. Et nous atteignons tous les endroits où le Hezbollah est présent. Au Liban, à travers toute la région, comme à Damas. La guerre au Proche-Orient a-t-elle déjà basculé ? Les Etats-Unis assurent à l'Iran qu'ils n'étaient pour rien dans l'attaque de l'ambassade iranienne.

L'Union européenne appelle à la retenue. La Russie et la Chine condamnent les bombardements. La sécurité des institutions diplomatiques ne peut être violée. Et la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de la Syrie doivent être respectées. Sans vouloir faire des conclusions trop hâtives, il est clair que ces frappes sont une violation de toutes les lois internationales et représentent un acte d'agression. À la demande de la Russie, le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit ce soir.

Et cette question de Sohan, qui fait des coups, d'ailleurs, à ce qu'on vient d'entendre dans la voix de Dimitri Peskov, frapper un consulat ou une ambassade n'est-il pas considéré comme une déclaration de guerre, Agnès Levalois ? Si, c'est vrai que ça, ça va à l'encontre quand même de toutes les règles internationales et ça va à l'encontre de tout ce qu'on peut, de tout ce qu'ils font de notre système de relations internationales. Donc oui, bien sûr, le problème qui est posé par ces bombardements. Alors, l'enceinte, effectivement, diplomatique, mais aussi un pays qui vient et qui va attaquer des lieux dans un autre pays, de toute façon, c'est une agression, bien sûr. Oui, très bien.

Oui, ce qui est intéressant, et Agnès le rappelait tout à l'heure, c'est que la Syrie est militairement alliée de Moscou. Je dis militairement parce qu'il y a une base aéronavale à Tartus et que les aérodromes d'Alep et de Damas sont régulièrement bombardés par l'armée israélienne. Donc aujourd'hui, la Russie veut organiser une réunion au Conseil des Sécurités. C'est très, très joli. Mais en réalité, les Russes, comme ils l'ont fait d'ailleurs avec les Arméniens face aux Azerbaïdjanais, il y a quelques mois de cela, abandonnent en fait en race campagne le pouvoir syrien. La question qu'on se pose tous maintenant, c'est quelle peut être la réponse de l'Iran ?

Vous disiez tout à l'heure, est-ce qu'Israël n'a pas volonté de pousser l'Iran à la faute ? Et vous avez rappelé en début d'émission, Frédéric Ancel, qu'ils avaient dit, en cas d'intervention terrestre à Gaza, nous interviendrons. Agnès Levalois, je me retourne vers vous. Est-ce qu'à un moment donné, l'Iran va réagir ? Alors elle le fait par l'intermédiaire de ces satellites, de ces proxys, comme on les appelle. Mais est-ce que vous, à la place qui est la vôtre, avec la connaissance du terrain qui est la vôtre, vous vous dites, cette fois-ci, ils ne peuvent pas ne pas réagir ? Alors moi, je continue à penser qu'ils n'ont aucune intention de réagir.

Mais il y a un moment où, effectivement, comment mettre en concordance le discours qui est tenu par l'Iran et la réalité ? Je continue à penser que les Iraniens sont des stratèges, ils le démontrent maintenant depuis, je vais dire, depuis toujours, et qu'ils savent très bien que s'ils rentrent dans cet engrenage, ils vont absolument tout perdre. Pourquoi ? Parce que militairement parlant, ils n'ont absolument pas les moyens de pouvoir s'affronter à Israël, qui est soutenu par les Américains et qui bénéficie du matériel le plus performant qui existe.

Je rappelle que l'Iran est un pays sous sanction depuis des dizaines d'années, et donc il y a beaucoup de combattants, il y a beaucoup d'hommes pour se battre, mais qui ne disposent pas du matériel équivalent à celui d'Israël, parce qu'Israël est soutenu par les Américains. Alors, ce dont dispose l'Iran et qui est redoutable, c'est toute cette industrie de drones et de missiles, et qui a fait des progrès considérables ces dernières années, puisque l'on voit qu'ils sont capables d'envoyer des drones à travers leurs satellites ou leurs proxys. Donc ils ont une capacité de nuisance qu'il ne faut absolument pas sous-estimer et qu'ils utilisent.

Mais directement, eux, que l'Iran directement rentre en guerre, ça j'ai beaucoup de mal à y croire, parce que l'Iran perdrait absolument tout, de par ce déséquilibre stratégique. Il n'y a aucune parité stratégique entre l'Iran et Israël. Mais il n'y a pas une pression de la rue ? Je ne sais pas si ça a du sens de poser cette question. Arrêtez-moi. Est-ce qu'à un moment donné, l'Iran, voyant aussi ce qui se passe à Gaza, on a entendu aussi ce que disait le Hezbollah qui promettait une réplique, etc. Est-ce qu'il n'y a pas une pression qui s'exerce sur cette puissance régionale qu'est l'Iran ?

En même temps, si vous regardez l'histoire du Liban, le Hezbollah fait ses déclarations, mais les Libanais, dans leur majorité, sont tétanisés à l'idée d'une nouvelle guerre sur leur territoire. Il y a des bombardements, et déjà ça, ça les traumatise, mais ils ne veulent surtout pas d'une guerre qui va détruire une fois plus ce pays, qui est dans un état déjà de délabrement avancé dans absolument tous les domaines. Donc ça veut dire que l'Iran ne fait peur à personne ?

L'Iran fait peur de par sa capacité de nuisance et sa capacité à travers des actions qui sont menées par l'intermédiaire des Houthis, par exemple en Mer Rouge, par le Hezbollah quand même qui va attaquer le nord d'Israël et qui donc traumatise la population israélienne. Donc cette capacité existe. Mais de là à rentrer en guerre, c'est une autre... Mais est-ce qu'à un moment donné, pardon, il n'y a pas une perte de crédibilité de la part du régime iranien ? C'est-à-dire, attention, si vous rentrez dans Gaza, cette fois-ci, ça va mal se passer. C'est assez. Attention, si vous frappez l'annexe d'une ambassade, on est très très mécontents.

Au final, à un moment donné, est-ce que la crédibilité de cette puissance régionale se joue aussi sur sa capacité à répondre ?

8:04
Présentateur

Bien sûr, mais sa crédibilité, elle a été perdue déjà il y a quelques années, surtout en 2020, lorsque Donald Trump donne l'ordre de tuer Hassel Soleimani, qui n'est pas un des gardiens qui a été tué hier à Damas. C'était le chef absolu de cette branche militaire extérieure de l'Iran. C'était pratiquement un dirigeant de la République islamique. La réponse, elle a été un minima de l'Iran. Qu'est-ce qu'ils ont fait, les Iraniens ? Ils ont tiré sur un avion de ligne qui a tué 176 Iraniens. Donc, c'était ça la réponse. Donc déjà, ils ont perdu leur crédibilité là.

Mais effectivement, leur capacité de nuisance, leur capacité d'ingérence, tous ces satellites qu'ils ont développés un peu partout au Moyen-Orient fait peur. Mais quand vous regardez, on va sûrement parler de nucléaire, ça peut aussi expliquer pourquoi les chancelleries occidentales, même avec ce qui s'est passé en 2022-2023, une des plus grandes contestations jamais vues depuis l'instauration de la République islamique, contre ce régime, les chancelleries occidentales n'ont pas bougé non plus.