Maud Bregeon évoque la nécessité de "réduire le déficit" dans un "contexte économique difficile"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Il est 8h34 et vous êtes bien sur BFM TV. Bonjour Maude Brejean. Bonjour Marie-Chantrec.
Merci beaucoup d'être avec moi ce matin. Vous êtes la porte-parole du gouvernement, on le rappelle, ministre également chargée de l'énergie. On l'a vu dans le journal La France, une partie de La France en tout cas brûle.
En Gironde, déjà 2 000 hectares partis en fumée, 12 000 habitants appelés à évacuer. D'autres feux aussi dans le sud de la France sont toujours en cours. Les syndicats de pompiers dénoncent encore un manque de moyens. mise au point sévère du ministre de l'Intérieur hier soir, on va y revenir mais il a aussi évoqué Laurent Nunez le déploiement en appui d'un A400M pour lutter contre ces flammes.
Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin C'est un mot de Brejon, quand va-t-il entrer en action ? Oui d'abord je voudrais avoir un mot de solidarité pour les 250 000 sapeurs-pompiers Les 200 000 sapeurs-pompiers volontaires Beaucoup sont mobilisés sur une situation qui est extraordinaire. Laurent Nunez l'a dit, les moyens sont déployés, massivement déployés et on va aller encore plus loin puisque vous le savez, on travaille depuis plusieurs semaines à adapter la 400M de telle sorte qu'il puisse venir en appui sur les interventions incendies.
Et donc je peux vous annoncer que dans quelques jours, d'ici à fin juillet, la 400M sera en mesure d'être mobilisée et donc de venir en appui de l'ensemble des autres moyens. Pour donner une idée aux auditeurs, aux téléspectateurs qui nous regardent, c'est l'équivalent de trois canadaires en volume d'eau déployée. Donc c'est absolument massif, ça a nécessité un un travail technique d'adaptation dans lequel je ne rentrerai pas ce matin.
De formation aussi, des éclairages ? De formation, bien sûr. Et donc, un système spécifique a été déployé, a été mis en œuvre, mis au point.
Et donc, il permettra à la 400M, d'ici à la fin juillet d'être déployé encore une fois en appui du reste des moyens conventionnels. Ça veut dire que là vous nous dites il est en cours d'équipement, les équipages sont encore en train d'être formés donc d'ici quelques jours, il sera en capacité d'intervenir. On sait où précisément ou pas encore ?
Ça dépendra effectivement de l'évolution évidemment, de l'évolution de la situation. Les moyens techniques ont été mis en place. Il y a toute une phase de tests, évidemment, de contrôles du égard à la sécurité de l'appareil, des intervenants.
Chacun le comprend bien. Mais en un temps record, on a réussi, là encore une fois, à s'adapter. Et puis, je rappelle quand même qu'on a 12 12 Canadair, qu'on a 8 Dash, que 2 nouveaux Canadair ont été commandés, que lorsque le président de la République a été élu en 2017, 6 nouveaux Dash qui permettent d'intervenir ont été achetés et ont été livrés depuis.
Donc, le nombre, les moyens, encore une fois, sont en augmentation croissante et constante depuis 9 ans maintenant. Maude Brejon, si je prends, j'ai envie de dire, un questionnement et un raisonnement à peu par l absurde. Vous maintenez depuis des jours maintenant que nous avons assez de moyens, que les canadaires sont là.
Vous répondez aux polémiques notamment lancées par la France insoumise sur justement l'absence ou le trop petit nombre notamment de canadaires. Si vous êtes en l L'obligation aujourd'hui de déployer, c'est être à 400 mètres. C'est qu'il y avait peut-être un manque quand même.
C'est normal d'adapter les moyens. Et on les adapte depuis des années. Pas uniquement d'ailleurs les moyens aériens.
Les premiers moyens utilisés face aux incendies, ce sont à plus de 90 % des moyens terrestres. 'est évidemment des moyens humains formés davantage de sa peur. Et vous entendez la colère, la fatigue, l 'effusion de ces hommes et ces femmes.
Et on le comprend complètement, on l'entend, c'est légitime, c'est aussi pour ça qu'on adapte les moyens. J'en profite pour dire aux Françaises et aux Français qui nous écoutent que la meilleure façon d'aider ces sapeurs-pompiers, c'est de faire preuve de la plus grande vigilance. Neuf départs de feu 2 sur 10 sont d'origine humaine, pas d'origine volontaire mais d'origine humaine.
Et donc dans ces temps extraordinaires, chacun doit faire preuve encore une fois de la plus grande attention dans les gestes simples du quotidien et ça nous permet comme ça indirectement d'aider les sapeurs. Et ça va mieux en le disant en effet, on salue leur travail sur le terrain toujours actif là et sans doute durant tout l'été. Un hommage national a été proposé je crois aux familles des deux pompiers décédés à Mérignac il y a quelques jours.
A votre connaissance, ont-elles accepté cette proposition de l'État ou c'est encore en discussion ? Ça je laisserai encore une fois à l'Elysée le chef de l'État et ses équipes communiquer sur les suites qui seront données. Ce que je peux vous dire effectivement c'est que le président de la République hier lors du Conseil des ministres a redit toute sa solidarité, toute la solidarité de la nation avec ses deux sapeurs-pompiers et plus globalement avec l ensemble des forces de sécurité civile qui sont mobilisées face à ces feux dans une période extraordinaire, qui est aussi extraordinairement longue.
Puisque nous ne sommes que mi-juillet, nous sommes le 22, le 23, pardonnez-moi, juillet. Et 44 000 et 44 000 hectares déjà partis en fumée. C'est plus que sur l'ensemble de l'été l'année dernière.
Effectivement, Maude Brejon à 7 heures de cet entretien, on l'a appris il y a seulement quelques instants, Total Énergie double son bénéfice net au deuxième trimestre à près de 5 ,5 milliards de dollars. Des résultats deux fois plus élevés qu'il y a un an. Vous savez immédiatement ce que vont dire les oppositions, notamment vous le devinez.
Ils les avaient déjà accusés au premier trimestre d'être des profiteurs de guerre. Franchement quand on voit ces chiffres, on peut difficilement leur donner tort non ? Moi je refuserais toujours de rentrer dans le total bashing et pour avoir géré depuis des mois maintenant cette crise du carburant qui a durement affecté nos concitoyens.
Je peux vous le dire ce matin, même si ce n'est peut-être pas le discours le plus populaire, c'est une chance. C'est une chance d'avoir en France un grand énergéticien mondial, capable d'assurer l'approvisionnement des Français et capable de nous aider, pardonnez-moi, de nous aider à tirer vers les prix vers le bas. Une fois qu'on a dit ça, il y aura des des débats, et notamment des débats fiscaux durant le projet de loi de finances.
Les parlementaires proposeront des amendements. Le débat sur la fiscalité des grandes entreprises – Et les super-profits ? – Aura lieu, comme il a lieu chaque année.
Et Sébastien Lecordi avait dit « Je ne ferme la porte à rien ». Ça, c'était il y a trois mois. Faute est de constater que rien n'a été rouvert pour le moment.
Vous dites peut-être pour le débat budgétaire, juste sur ces chiffres. Aux téléspectateurs qui nous regardent ce matin qui se réveillent avec ces quasiment 5 000 ,5 milliards de dollars juste de bénéfices bénéfices doublés. Vous comprenez que ça puisse je ne sais pas, juste choquer sans rentrer dans le total le bashing, mais c'est des chiffres gigantesques quand on connaît l'inflation, quand on connaît les prix qui augmentent.
Voilà, prix comme ça, brut ? Je le comprends, en tout cas je l'entends et il ne m'appartient pas de juger les réactions, les sentiments des Françaises et des Français qui nous écoutent. Vous dites que c'est une pépite française ?
Moi ce que je veux leur dire aujourd'hui, c'est qu'on a un géant français, on a un leader français dans un secteur qui est absolument clé. On a vu que l énergie, c'était le nerf de la guerre à proprement parler. Et donc avoir des grands majors qui à l'international sont en capacité d'agir, sont en capacité de garantir et d'assurer l'approvisionnement des Français.
On a beaucoup parlé de risques de pénurie. C'est aussi, pas uniquement, mais aussi parce qu'on a un grand leader international comme Total qu'on a pu écarter très vite tout risque de pénurie. Ce qui est mis en cause aussi, c'est sa communication.
On va venir aux aides au carburant que le gouvernement a mis en place. Total, lui, j'ai envie de dire, vous accompagne, en tout cas c'est ce que disent certains de vos détracteurs, en disant on fait le plafonnement des prix. Opération communication géante, qui a d'ailleurs été revue parce que fin juin, ils ont dit qu'ils se limitaient à 1200 stations rurales.
Là, ça va concerner tout l'Hexagone, plafonnement à 2 euros environ. C'est une opération à peu de frais pour compenser ces chiffres record de votre point de vue ? Vous appelez ça opération de communication.
Ce que je constate pour ma part, c'est que beaucoup de Français en ont bénéficié et que ça a fait directement partie des moyens mis en œuvre qui ont permis encore une fois de freiner la hausse des prix sur l'ensemble. Et vous discutez, vous, ministre de l'Energie avec Total, pour les encourager à prolonger ce type d'opération ? C'est une évidence.
On discute avec Total, on discute avec les distributeurs, on discute avec les raffineurs, on leur les recevra de nouveau en début de semaine prochaine, tout ça est parfaitement normal, nous sommes dans notre rôle, on a toujours d'ailleurs demandé que les baisses lorsqu'elles existent soient réhépercutées et percutées aussi aussi vite que les hausses, donc on suit la situation avec la plus grande vigilance. Je comprends les interrogations qu'il peut y avoir, que ces chiffres peuvent susciter pour les Françaises et les Français qui nous écoutent. – Elles sont légitimes de votre point de vue Je les comprends.
Pour autant, encore une fois, je le redis, taxer les grandes entreprises françaises ne peut pas être la première réaction face aux difficultés du Parce que ce n'est pas ce qui permet derrière d'aider les fins de mois des Français. Ça fera partie du débat, ça a fait partie du débat l'année dernière. Il y a eu une surtaxe d'impôts sur les sociétés qui a été mise en place notamment par le gouvernement et donc on a assumé de faire contribuer davantage les 300 plus grandes entreprises françaises en excluant les e ti pour les préserver donc ça fera partie du débat mais ne rentrons pas dans le total bashing qui est extrêmement simpliste.
Pas forcément entendable, j'imagine, du côté de vos opposants à gauche. Mais ça, on verra comment se passe le débat budgétaire. Juste, Maud Brejon, rapidement sur ce sujet des carburants, on voit que la situation continue de s'enflammer au Moyen-Orient et dans le détroit d'Hormos précisément.
Ces aides carburants gros rouleurs que vous avez mis en place, vous l'avez dit, elles seront prolongées jusqu'à la fin de l'été. Un peu plus, vous le disiez, un million de Français en ont fait la demande sur les 3 millions éligibles. Comment expliquer ces chiffres ?
Est-ce que la méthode, est-ce que le fonctionnement est trop complexe ? Et est-ce que vous faites un appel ce matin à ceux qui sont éligibles d'y aller et de formuler l'allemand ? Non pour la première question, oui pour la seconde.
Ça c'est rapide. Bien sûr, il y a un peu plus d'un million de Français qui ont demandé et touché ces aides. C'est une très bonne chose.
S'ils l'ont fait, c'est parce qu'ils en avaient profondément besoin. Il y a d'autres Français qui aujourd'hui sont éligibles à cette aide de 100 euros qui peut toujours être versée. Et donc, il y a un portail dédié.
Il suffit de se connecter, d'apporter un certain nombre d'informations. Nous avons travaillé à ce que ce portail soit le plus simple possible. Et la limite, c'est le 30 juillet.
Facile d'accès possible. Et cette limite sera repoussée jusqu'à fin août. Je vous le dis aussi ce matin, je vous l'annonce.
Repoussée jusqu'à fin août pour permettre, dans une situation qui a évolué, encore une fois avec des prix qui ont de nouveau augmenté, de laisser le temps à d'éventuels Français éligibles de faire cette demande. Sur les mêmes critères que ceux établis ces dernières semaines. Déjà établi.
Et puis par ailleurs, un mot pour les entreprises aussi beaucoup de secteurs d'activité sont directement concernés. Les aides déployées sont mises en oeuvre jusqu'à fin août là aussi pour les agriculteurs, les pêcheurs, les transporteurs, le secteur du BTP qui consomme beaucoup de carburant. Et donc eux, eux aussi peuvent encore se tourner vers nous et demander, encore une fois, l'aide à laquelle ils ont droit.
Maude Brejon, la politique à présent. Votre collègue Monique Barbu au gouvernement reste finalement, après avoir déposé sa démission, le président l'a convaincu visiblement de rester je reprends cette observation de mes éminents confrères du Parisien ce matin une preuve s'il en fallait une qu'en politique comme en nos collégies tout est recyclable franchement, est-ce que c ce n'est pas un très mauvais signal qui est envoyé par cet épisode. Je ne sais pas qui a écrit la phrase que vous citez, est-ce que ce sont des confrères à vous ou est-ce que ce sont des propos rapportés ?
Ce sont des confrères à moi, je vous le confirme. Je me permets de dire à vos confrères, que je trouve ces mots d'un grand mépris et d'une grande arrogance. Je pense que ce n'était pas leur volonté, mais encore une fois...
Et d'ailleurs, je note, pardonnez-moi, je me permets de le dire, que depuis quelques Les commentaires sur les réseaux sociaux provenant parfois de commentateurs médiatiques, souvent de responsables politiques, ne sont pas à la hauteur, sont d'un grand dépris et sont d'une grande En arrogance. Une fois que j'ai dit cela, ce qui compte aujourd'hui, c'est ce qu'on veut faire, ce qu'on a fait et ce qu'on va faire pour l'écologie. Ça j'entends mais je ne prétends pas lire le mot de Brejon dans le texte, ni vous comprendre parfaitement.
Mais je vous ai entendue hier, à la sortie du Conseil des ministres, absolument justifiée le fait qu'elle reste. Je vous ai connue plus à lente, j'ai entendu quelques périphrases autour de votre collègues. Ça a fait débat quand même dans vos rangs au sein du gouvernement, le fait qu'elle reste après cet épisode ?
Il y a des comptes-rendus de Conseil des ministres qui sont plus faciles que d'autres. Et ça fait partie du job. C'est bien normal.
Écoutez, moi ce que je veux vous dire c'est d'abord pour commencer. Monique Barbu, elle a proposé sa démission sur la base d'un désaccord qui concernait la possibilité donnée à l'ANSES de réintroduire par voie dérogatoire ces deux pesticides l'acétamipride notamment cette mesure n'était pas une mesure proposée par le gouvernement jamais le gouvernement n'a souhaité la réintroduction à titre dérogatoire, même via l'ANSES, de l'acétamipride dans le texte, donc le projet de loi d'urgence agricole. C'est une proposition qui a été introduite par le Parlement, donc il n'y a pas de le désaccord de fond au sein du gouvernement.
Ensuite, il y a les convictions de Monique Barbu qui est profondément engagée, militante sur le Et d'ailleurs, on lui a proposé de rejoindre le gouvernement pour cette raison-là parce qu'elle n'est pas issue de la vie politique. Ce n'est pas une élue. C'est une femme, encore une fois, engagée dans le secteur associatif qui porte cette cause-là depuis des dizaines d'années maintenant.
Et donc, c'est une bonne chose qu'elle reste ? Et donc moi, je crois que c'est une bonne chose qu'elle reste et je pense que si elle a décidé de rester, c'est parce qu'elle a la conviction qu'elle va pouvoir agir sur les sujets qui sont prioritaires pour elle. On arrive quasiment à la fin de cet entretien, de questions rapides.
D'abord sur le budget, on l'évoquait, sur la taxation des super profits. Est-ce que vous confirmez cette information de nos confrères de l'opinion ? La copie du budget qui doit rapidement être présenté, qui prévoit agrammer le déficit à 4 ,7 % l'an prochain au prix donc de 35 millions d'euros d'efforts.
C 'est le sens que va prendre le budget de Sébastien Lecornu ? Alors je laisserai David Amiel encore une fois préciser l'ensemble des chiffres. Ce que je peux vous dire sur l'objectif général, c'est qu'on va évidemment devoir réduire le déficit dans un contexte économique qui est un contexte difficile.
Vous savez qu'on a revu nos prévisions de croissance pour cette année de 0 ,9 à 0 ,7. Ce contexte économique est notamment dû à ce qui se passe au Moyen-Orient et donc on va devoir continuer à faire des efforts, on va devoir continuer à baisser les dépenses et on s'apprête à avoir ce débat au Parlement à l'automne prochain. Et possiblement, un budget par an 49-3, ça vous ne l'excluyez pas non plus.
Ça peut être un mode de...
On ne l'exclut pas, mais sur quel texte ? Et ça, ce sera les débats. Sur quel compromis ?
Une dernière question. La présidentielle, vous avez pris parti pour un certain Édouard Philippe, François Bayrou ce matin chez nos conférences de TF1 le dit le casting visiblement ne convient pas aux français et d'autres candidats vont arriver, vous partagez aussi cette analyse de l'ancien premier Il y a déjà beaucoup, beaucoup, beaucoup de candidats. Et je soutiens Édouard Philippe parce que j'ai la conviction absolue pour bien le connaître, y compris personnellement, qu'il est en capacité de rassembler les Français de droite, du centre, mais aussi beaucoup de Français qui doute, parce qu'il a toujours eu un discours clair, parce que c'est quelqu'un qui fait preuve de sobriété dans une époque qui parfois...
Et entre lui et Gabriel Attal, qui parfois en manque. Il faudra qu'il se décide rapidement. C'est une évidence.
La droite et le centre devront présenter un candidat unique, le mieux placé et aujourd'hui le mieux placé c'est Édouard Philippe. Merci infiniment, Maud Marjorie, d'avoir été notre invite ce matin. 8h50 sur BFM TV Vous vous retrouvez dans quelques minutes Loïc Besson pour le 9-12.
Maud Bregeon