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InterviewFrance Inter (sur YouTube)· 9 janvier 2024 10 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesTravail & emploiSanté

Remaniement : "Le pouvoir est à l'Élysée et Jupiter ne partage pas", déplore Olivier Faure

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 64 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:25OuverteRéponse partielle

    Que retiendrez-vous des 20 mois passés par Elisabeth Borne à Matignon ?

  • 0:54FerméeRéponse directe

    C'est quelqu'un qui s'est renié ?

  • 1:47RelanceRéponse partielle

    Un porte-serviette. Il n'y a donc rien à sauver des 20 mois d'Elisabeth Borne à Matignon.

  • 2:15RelanceRéponse partielle

    Il n'y a pas une seule mesure. On est à deux doigts par exemple d'inscrire la liberté d'avorter pour les femmes dans la Constitution.

  • 3:34ComplaisanteÉludée

    Alors, revenons à Elisabeth Borne si vous voulez bien, parce que c'est l'actualité qui nous occupe.

  • 3:49OuverteÉludée

    Alors, pourquoi la virée de Matignon ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:35Invité politiqueFait
    « la réalité c'est qu'Elisabeth Borne entretiendra quoi ? Entretiendra le fait que malheureusement elle a porté des projets qui n'étaient absolument pas de gauche. »
  • 0:41Invité politiqueFait
    « La réforme des retraites, la loi immigration, la réforme de l'assurance chômage »
  • 1:06Invité politiqueFait
    « elle n'a jamais eu d'engagement politique direct »
  • 1:13Invité politiqueFait
    « la réalité du pouvoir, elle est à l'Elysée et Jupiter ne partage pas le pouvoir »
  • 1:31Invité politiqueFait
    « les premiers ministres qui se succèdent à Matignon n'ont en réalité aucune marge de manœuvre »
  • 2:58Invité politiqueChiffre
    « 97 milliards d'euros ont été distribués aux actionnaires dans l'année qui s'est écoulée pour le CAC 40 »
  • 3:11Invité politiqueChiffre
    « c'est 10 fois plus que l'inflation en 20 ans »
  • 3:11Invité politiqueChiffre
    « c'est 4 fois plus que ce qu'on avait pu observer jusqu'ici de ça »
  • 3:32Invité politiqueFait
    « le modèle social français est trop généreux, mais trop généreux pour qui, franchement ? »
  • 5:09Invité politiqueFait
    « il n'y aurait plus de problème de remplacement des enseignants à la rentrée 2023, ça n'est toujours pas le cas »
  • 5:19Invité politiqueChiffre
    « On en a supprimé 2000 l'an passé »
  • 7:01Invité politiqueChiffre
    « 6 000 lits qui ont été supprimés l'an passé dans les hôpitaux »

Temps de parole

  • Olivier Faure71 %
  • Présentateur29 %

4,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Olivier Faure

7h48, Sonia De Villers, votre invité ce matin est le premier secrétaire du Parti Socialiste.

0:05
Présentateur

Et député de Seine-et-Marne, Nicolas, il a donc traversé l'île de France tout à l'heure envers et contre la neige et le verglas. Je vous rappelle donc que nous attendons la nomination d'un premier ministre, successeur d'Elisabeth Borne qui a remis sa démission hier au président de la République. Elisabeth Borne, longtemps proche du Parti Socialiste. Bonjour Olivier Faure.

0:24
Olivier Faure

Bonjour Sonia De Villers.

0:25
Présentateur

Que retiendrez-vous des 20 mois passés par Elisabeth Borne à Matignon ?

0:29
Olivier Faure

Tout a été dit tout à l'heure par Yael Gauze, je suis désolé de le citer, mais la réalité c'est qu'Elisabeth Borne entretiendra quoi ? Entretiendra le fait que malheureusement elle a porté des projets qui n'étaient absolument pas de gauche. La réforme des retraites, la loi immigration, la réforme de l'assurance chômage et que donc elle a été finalement la porte-parole d'une politique qui est celle d'Emmanuel Macron depuis 7 ans.

0:54
Présentateur

C'est quelqu'un qui s'est renié ?

0:56
Olivier Faure

Oui, c'est quelqu'un qui en tout cas n'a pas été au bout des convictions qu'elle portait peut-être jusque-là. Je n'en sais rien parce qu'en réalité elle n'a jamais eu d'engagement politique direct. Et donc on a là une femme qui a finalement été le porte-serviette, la collaboratrice du chef de l'État. Et malheureusement, que ce soit demain M. Lecornu, M. de Normandie, M. Attal ou quelque autre personne que ce soit, la réalité du pouvoir, elle est à l'Elysée et Jupiter ne partage pas le pouvoir. Et donc la réalité elle est là. Et tout ce que l'on peut dire, c'est que les premiers ministres qui se succèdent à Matignon n'ont en réalité aucune marge de manœuvre.

Et à chaque fois que j'ai été reçu à Matignon, je voyais bien que je n'étais pas là pour discuter et négocier avec un premier ministre, mais simplement pour être en face de quelqu'un qui me rappelait quelles étaient les injonctions qui lui avaient été faites par le chef de l'État.

1:47
Présentateur

Un porte-serviette. Il n'y a donc rien à sauver des 20 mois d'Elisabeth Borne à Matignon. D'autres la trouvent courageuse, résistante, tenace, opiniâtre, résiliente. Vous, un porte-serviette ?

2:00
Olivier Faure

Mais tout ce que vous venez de dire est vrai. Mais au service de quoi ? Au service de quelle politique ? Moi je reconnais son courage. Ce n'est pas facile d'être à Matignon et aucun de celles et ceux qui a laissé le pouvoir.

2:09
Présentateur

Il n'y a pas une seule mesure. On est à deux doigts par exemple d'inscrire la liberté d'avorter pour les femmes dans la Constitution. Il n'y a pas une seule mesure de ces 20 mois que vous retiendrez.

2:15
Olivier Faure

Cette proposition par exemple, elle vient de la gauche. Et donc elle a été reprise opportunément par le gouvernement. Je m'en félicite. Mais je ne vois pas là une singularité qui soit propre à ce gouvernement ou à celui d'Elisabeth Borne. Donc voilà, je cherche en vain des raisons de me dire que les 18 mois que nous avons passés depuis la réélection d'Emmanuel Macron ont servi à quelque chose, ont servi aux Français. J'aimerais par exemple qu'on puisse parler des vrais sujets qui intéressent les Français.

Nous sommes, alors pas seulement la neige, même si évidemment ça nous préoccupe tous, mais j'aimerais qu'on se dise, Dominique Seau vient de parler des économies qu'il faut réaliser, mais est-ce qu'on regarde aussi ce qui s'est réalisé ? Il y a des chiffres que vous auriez pu donner ce matin. Vous auriez pu dire que depuis hier, on sait que 97 milliards d'euros ont été distribués aux actionnaires dans l'année qui s'est écoulée pour le CAC 40, que c'est 10 fois plus que l'inflation en 20 ans, que c'est 4 fois plus que ce qu'on avait pu observer jusqu'ici de ça.

Donc on est dans une situation où on fait comme si l'argent n'existait pas, et c'était simplement dans les poches des Français les plus modestes ce qu'il fallait les retirer. Moi je vois bien aussi qu'hier, c'est le même Bruno Le Maire que citait Dominique Seau qui explique que le modèle social français est trop généreux, mais trop généreux pour qui, franchement ?

3:34
Présentateur

Alors, revenons à Elisabeth Borne si vous voulez bien, parce que c'est l'actualité qui nous occupe. On comprend bien que ce n'est pas son bilan à elle que vous critiquez, mais le bilan d'Emmanuel Macron, en tout cas pour ce second quinquennat, puisqu'elle n'est qu'un porte-serviettes. Alors, pourquoi la virée de Matignon ?

3:53
Olivier Faure

Ça vous poserait la question à l'intéressé. Moi, franchement, ça m'est complètement indifférent. Elisabeth Borne, Gabriel Attal ou un autre, ce sera la même politique, donc ce sera les mêmes critiques, sauf s'il y avait un remaniement non pas.

4:04
Présentateur

Gabriel Attal est aussi un ministre issu des rangs du socialisme.

4:11
Olivier Faure

Oui, c'est vieux.

4:12
Présentateur

C'est vieux, il y a quand même passé 10 ans, il a travaillé au cabinet de Marisol Touraine, ancienne ministre de la société.

4:16
Olivier Faure

Il a fait 7 ans qu'il est déjà parti, voire plus. Et donc la réalité, c'est qu'il faut arrêter de parler des anciens, ceci ou cela. La réalité, ça ne me rassurerait rien du tout. En fait, Gabriel Attal est un jeune homme intéressant, brillant, sur la communication, mais c'est un ministre sans bilan nulle part. En fait, il est l'homme...

4:34
Présentateur

Sans aucun bilan à l'éducation nationale, il y a passé 5 mois, je le rappelle, sans aucun bilan, le harcèlement scolaire, la baïa, l'interdiction de la baïa.

4:43
Olivier Faure

Il y a des annonces, la baïa si vous voulez, mais en fait la réalité...

4:47
Présentateur

Non, la baïa, ce n'est pas si je veux. Moi, je vous pose la question, l'interdiction de la baïa dans l'enceinte scolaire, elle est effective, est-ce que Gabriel Attal a fait plus, par exemple, pour défendre la laïcité, que la gauche ne l'a fait ?

4:59
Olivier Faure

La baïa n'existait pas sous la gauche, donc ce que je vous dis, c'est que simplement, si on considère que le grand problème de l'éducation, c'est la baïa, on se trompe. Moi, j'ai entendu un président de la République qui disait qu'il n'y aurait plus de problème de remplacement des enseignants à la rentrée 2023, ça n'est toujours pas le cas. Il y a des enseignants qui manquent partout. On en a supprimé 2000 l'an passé. Donc, si la question, c'est de savoir si Gabriel Attal est un bon communicant, la réponse est oui. Est-ce que ça fait une bonne politique ? La réponse est non. Est-ce qu'il a un bilan quelque part ?

La réponse est non non plus, parce qu'en réalité, à chaque fois qu'il y a un ministère qui l'occupe, il l'occupe cinq ou six mois, et on le change de case pour aller dans la case suivante.

5:39
Présentateur

Alors, est-ce que vous attendez de lui, s'il est nommé Premier ministre dans la journée, de lui ou de quelqu'un d'autre, un discours de politique générale devant l'Assemblée nationale, est-ce que vous attendez un vote de confiance ?

5:52
Olivier Faure

La tradition républicaine, c'est qu'un Premier ministre qui vient d'être nommé, vient chercher l'onction du Parlement. C'est comme ça dans toutes les grandes démocraties. Et ce serait assez logique, évidemment, que le nouveau Premier ministre se plie à cette règle et vienne solliciter la confiance des parlementaires avec un discours au programme, qui dise ce pour quoi il est nommé. parce que pour l'instant, on nous parle de non. Mais enfin, quelles sont les raisons de ce remaniement ? Qu'est-ce qui justifie un remaniement ? On remanie quoi, en fait ?

6:22
Présentateur

On remanie Mme Borne, ça sert à quoi ? Oui, je souhaite un vote de confiance. Puisque d'emblée, vous dites, de toute façon, ce ne sont que les portes-serviettes de Jupiter. Donc à quoi sert le vote de confiance ?

6:34
Olivier Faure

Effectivement, la question, c'est qu'est-ce que veut Jupiter ? Si Jupiter me dit qu'en réalité, le SMIC, il y aura un coup de pouce, que la fonction publique va être augmentée, non pas de 82 centimes par jour, mais qu'on va enfin faire un effort pour que les services publics, que tout à l'heure on dénonçait comme fonction normales, ils fonctionnent mal. Ils fonctionnent mal, pourquoi ? Parce qu'ils sont malheureusement avec trop peu de cadres, trop peu de gens qui servent l'État, et aujourd'hui, une vraie difficulté à assumer leur fonction. 6 000 lits qui ont été supprimés l'an passé dans les hôpitaux.

Est-ce qu'on pense sérieusement qu'on va réussir à rester un pays où la santé est garantie pour tous, en ayant cette politique-là ?

7:11
Présentateur

Alors, est-ce que vous menacez d'ores et déjà le futur Premier ministre successeur d'Elisabeth Borne de motion de censure, s'il ne se plie pas justement à ce vote de confiance, comme l'ont fait Mathilde Panot, Jean-Luc Mélenchon, Paul Vannier, qu'on a entendu sur France Inter tout à l'heure ?

7:25
Olivier Faure

C'est la réponse traditionnelle. Effectivement, quand le Premier ministre ne vient pas se présenter et ne sollicite pas la confiance, il y a une notion de censure qui permet de dire qu'il est dans l'opposition et qu'il est dans la majorité. Donc l'évidence, c'est qu'il faut qu'il y ait un vote de confiance et le gouvernement doit s'y plier. Et on verra à ce moment-là si, effectivement, il arrive à retourner l'opinion. S'il y a un véritable remaniement, c'est qu'on remanie aussi la politique, qu'on cherche une majorité, qu'on cherche à dégager, en fait, des forces qui permettront de soutenir un pouvoir.

7:56
Présentateur

Ce remaniement est-il aussi un coup politique, un coup de communication politique si vous voulez, mais un coup politique en vue des élections européennes qui sont prévues au mois de juin, Olivier Faure ?

8:07
Olivier Faure

Sans doute, en tout cas, c'est certainement la vraie motivation du chef de l'État. Faire de la communication, dire, écoutez, on change de séquence, oubliez la loi immigration. Ça a fracturé le pays, la majorité, etc. Mais c'est pas grave, le Conseil constitutionnel devient la voiture balai, en fait, de cette histoire. Il sera chargé, en réalité, de débarrasser le texte de ces apourries les plus évidentes. Et puis, on passe à autre chose. Voilà ce que nous dit le chef de l'État.

Et maintenant, il va vouloir nous dire, lui, qui a donné une victoire idéologique à Marine Le Pen, il va maintenant nous dire, à partir du mois de janvier, qu'il est le barrage à Marine Le Pen pour les élections européennes.

8:46
Présentateur

Alors, de fait, Jean-Marc Bainzela, qui est le candidat du RN, est très haut placé dans les sondages. Partout, la figure de Raphaël Glucksmann est sondée, avec d'ailleurs des sondages assez favorables. Il n'est toujours pas investi, de votre part, à vous, du PS. Pourquoi ? Et quand est-ce que ça va arriver ?

9:04
Olivier Faure

Raphaël Glucksmann a été mon choix il y a 5 ans. D'ailleurs, très contesté à l'époque, je remarque qu'aujourd'hui, il est accepté par tout le monde, et c'est très bien. Et maintenant, en fait, nous avons travaillé pendant 5 ans, il est co-président de la délégation socialiste au Parlement européen, et donc l'évidence, c'est que nous allons continuer ensemble. Maintenant, il y a une procédure démocratique, où nous allons désigner une liste complète, ça se fera en février, et donc soyez patients, mais le suspense est mince.

9:30
Présentateur

Merci Olivier Faure.