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Conférence de presseC dans l'air (sur YouTube)· 1 janvier 2016 65 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéÉconomie & entreprisesTravail & emploiInstitutions & élections

C DANS L'AIR du 01:01:2016 - LES ETATS D’URGENCE DE FRANCOIS HOLLANDE

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 27 %Attaque 50 %Défensif 23 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 32 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:32OuverteRéponse directe

    Comment l'avez-vous trouvé, ces voeux de François Hollande ?

  • 2:11RelanceRéponse partielle

    Il en fait un peu trop dans Le Père de la Nation ?

  • 3:03RelanceRéponse partielle

    Il surjoue le côté père, comme un père qui est fier de ses enfants, c'est trop, quoi.

  • 4:35OuverteRéponse directe

    Ces voeux courts qui n'ont duré que 9 minutes. Est-ce que c'est la stratégie du président qui veut faire la parole rare ?

  • 5:40OuverteRéponse directe

    On est resté sur notre faim lors de ces voeux. Quels avantages et inconvénients suscitent l'état d'urgence dans la Constitution ?

  • 7:46OuverteRéponse directe

    Avant d'entrer sur le contenu, est-ce qu'il y a eu 4 minutes sur le terrorisme, 4 minutes sur l'économie ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:21PrésentateurFait
    « Le chef de l'État a confirmé sa volonté de déchoir de la nationalité française les binationaux condamnés pour crimes terroristes. »
  • 0:28PrésentateurFait
    « François Hollande est aussi longuement revenu sur la lutte contre le chômage en dévoilant de nouvelles pistes. »
  • 10:50Invité politiqueFait
    « Nous n'en avons pas terminé avec le terrorisme. La menace, elle est toujours là. Elle reste même à son plus haut niveau. »
  • 11:01Invité politiqueFait
    « Vous protéger, c'est agir à la racine du mal, en Syrie, en Irak. Et c'est pourquoi nous avons intensifié nos frappes contre Daesh. »
  • 11:37Invité politiqueFait
    « J'ai d'abord décidé de renforcer les effectifs et les moyens de la police, de la justice, du renseignement et des armées. »
  • 11:55Invité politiqueFait
    « Enfin, j'ai annoncé une révision de la Constitution pour donner un fondement incontestable au recours à l'état d'urgence lorsqu'un péril imminent nous fait face. »
  • 12:07Invité politiqueFait
    « Et pour des choix de la nationalité française, des individus condamnés définitivement pour crimes terroristes. »
  • 30:53Invité politiqueFait
    « S'il y a un état d'urgence sécuritaire, il y a aussi un état d'urgence économique et social. »
  • 30:58Invité politiqueFait
    « La lutte contre le chômage reste ma première priorité. »
  • 31:41Invité politiquePromesse
    « Un plan massif de formation des demandeurs d'emploi sera lancé. 500 000 personnes de plus seront accompagnées vers les métiers de demain. »
  • 31:50Invité politiquePromesse
    « Mais chacun sait que c'est dans les PME que les emplois se créent. Aussi, de nouvelles aides à l'embauche seront introduites dès le début de la nouvelle année. »
  • 32:05Invité politiquePromesse
    « Enfin, les filières de l'apprentissage seront largement ouvertes. Je fixe l'objectif : qu'aucun apprenti ne soit sans employeur. Et qu'aucun employeur ne demeure sans apprenti. »
  • 33:22Invité politiqueFait
    « Le service civique est un facteur de brassage, d'intégration, d'insertion. Il a montré son utilité pour les jeunes et pour notre société. »
  • 33:35Invité politiquePromesse
    « Je demande donc au gouvernement d'engager par étape sa généralisation. »
  • 42:07PrésentateurChiffre
    « Non, ce qui va aux chômeurs, ça ne représente que 10% du budget de la formation. »
  • 43:00PrésentateurChiffre
    « Il n'y en a eu que 35 000, je crois, l'an dernier. »
  • 43:03PrésentateurChiffre
    « Et donc une classe d'âge, c'est 800 000. »
  • 43:37IntervenantFait
    « C'est-à-dire qu'on dit, ah non, on va protéger les jeunes, ils ne vont pas travailler la nuit. »
  • 43:43PrésentateurChiffre
    « Il y a eu 500 millions aussi d'aides qui ont été supprimées en 2013, pour la filière apprentissage. »
  • 45:03PrésentateurChiffre
    « C'est 80% des embauches, les PME. »
  • 45:37IntervenantFait
    « On ne gouverne pas la France par décret. »
  • 48:32PrésentateurChiffre
    « 3000 de nos soldats sont engagés au Sahel. »
  • 50:43Invité politiqueFait
    « En cet instant, je salue la bravour de nos soldats, de nos policiers, de nos jordanes. »
  • 53:56PrésentateurFait
    « Ils vont au départ pour bloquer l'avancée des djihadistes sur Bamako. »
  • 55:00IntervenantFait
    « Oui, incontestablement, en tout cas sur le Mali. »
  • 55:36IntervenantFait
    « Il va devoir être renouvelé en février. »
  • 56:45PrésentateurPromesse
    « moi, mon objectif, c'est qu'à la fin de mon quinquennat, les gens soient plus heureux et un peu plus qu'il n'y avait qu'au moment où je suis arrivée. »
  • 58:57PrésentateurFait
    « De toute façon, tu n'auras pas grand-chose à faire, tu as juste à fermer les bases en Afghanistan, rapatrier les soldats et ensuite, c'est un ministère tranquille. »
  • 1:02:15PrésentateurFait
    « on est en état d'urgence économique et sociale »

Temps de parole

  • Présentateur47 %
  • Intervenant22 %
  • Intervenant 217 %
  • François Hollande6 %
  • Intervenant 34 %
  • Intervenant 43 %

2,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:11
Présentateur

Bonsoir à tous. Il y a un état d'urgence sécuritaire mais aussi un état d'urgence économique. François Hollande est évidemment revenu hier soir sur les terribles attentats lors de ses voeux à la nation. Le chef de l'État a confirmé sa volonté de déchoir de la nationalité française les binationaux condamnés pour crimes terroristes. Mais François Hollande est aussi longuement revenu sur la lutte contre le chômage en dévoilant de nouvelles pistes. Alors que retenir de ses voeux présidentiels ? Y aurait-il un troisième état d'urgence plus personnel pour François Hollande qui joue cette année sa capacité à briguer un second mandat ?

C'est le sujet de cette émission de C'est dans l'air que nous avons décidé d'intituler ce soir les états d'urgence de François Hollande. Alors pour répondre à vos questions internet et sms, nous avons le plaisir d'accueillir sur ce plateau Roland Kérol. Vous êtes directeur du centre d'études et d'analyse, le CETAN, directeur de recherche associé au laboratoire politique de Sciences Po, auteur de Tenez enfin vos promesses chez Fayard. Nous accueillons Hélène Pilitschowski, éditorialiste politique. Vous intervenez sur la chaîne parlementaire ITV, LCI. Vous êtes l'auteur de Sarkozy et la presse chez Jean-Claude Lattès.

Nous accueillons Bruno Jeudy, rédacteur en chef du service politique de Paris Match. Votre billet du jour suite aux voeux présidentiels, Sintitude Hollande, un urgentiste sans remède. Et enfin nous accueillons Karl Méhus, journaliste, rédacteur en chef au Figaro Magazine. En une du Figaro Magazine cette semaine, 2016, 50 raisons d'être optimiste malgré tout. Alors tout d'abord, ces voeux de François Hollande, avant d'aller sur le fond et sur le contenu, sur la forme, comment l'avez-vous trouvé ? Il a dit hier, François Hollande, que ces voeux ne ressemblaient à aucun autre.

1:42
Intervenant

Oui, je crois qu'on a beaucoup dit ici depuis le 13 novembre qu'il avait habité le personnage de président de la République, comme il l'avait fait depuis quelques mois comme chef de guerre. On le voyait là comme chef de guerre, protecteur des Français, dans ces moments difficiles. Et visiblement, c'était ça que signifiait son discours. Peut-être même de façon légèrement appuyée. Moi, si j'avais un conseil de...

2:11
Présentateur

Il en fait un peu trop dans Le Père de la Nation ?

2:13
Intervenant

Oui, si j'avais un conseil de communication, comme on dit, à donner au président de la République, ce qu'à Dieu nous plaise, quand on lui dit, il faut que tu protèges les Français, ça ne veut pas dire, il doit dire, je veux vous protéger. De la même façon, quand il nous dit, je suis fier de vous, on a envie de lui dire, mais vous vous prenez pour qui ? Vous êtes au-dessus de tout le monde et vous êtes fier de nous. Un pays peut être fier de son président. Le contraire a quelque chose d'un tout petit peu bizarre. Il est décidément au-dessus de tout. Il juge, il tranche. Jamais, dans aucun discours de vœux, jamais, depuis 1958, on a entendu autant prononcer le mot « je ».

Ce n'est pas lui qui doit nous protéger. Lui, il doit faire en sorte que l'État et la République nous protègent.

3:03
Présentateur

Il surjoue le côté père, comme un père qui est fier de ses enfants, c'est trop, quoi.

3:07
Intervenant

Absolument. Il n'y avait pas la télévision du temps de Clémenceau, mais j'avais le sentiment de voir le retour de Clémenceau.

3:13
Présentateur

Hélène Pilchowski.

3:15
Intervenant

Pour une fois, Roland, je vous trouve un peu sévère malgré tout. Parce que, non, ce qui m'a frappé, c'est que je pense qu'il est obligé de contenir sa vraie nature. Il est très encadré par des communicants qui lui disent quelle tonalité il doit adapter. Il gagnerait sans doute à être plus naturel, donc un peu plus léger, même si l'heure est à la gravité. Je veux bien que mes critiques s'adressent aux communicants. Mais c'est lui qui parle. Oui, je suis d'accord. Mais lui, il a un tempérament, vous le savez, qu'il aime quand il parle, même quand il parle de choses sérieuses. Il peut faire un petit trait d'humour, si vous voulez, pour détendre l'atmosphère.

C'est comme ça qu'il est sympathique. C'est comme ça que son entourage l'apprécie et que les gens l'aiment, si vous voulez. Et là, il est obligé de brider sa vraie nature, parce qu'effectivement, les événements étaient trop graves. Et le son propos devait l'être aussi.

4:01
Présentateur

Il veut peut-être se débarrasser de l'image de cette petite blague ?

4:05
Intervenant

Ah oui, ça je crois qu'il s'en est déjà débarrassé. Non, mais il a peur, je pense, de rechuter, si vous voulez. Donc il se dit, attention, ne pas faire le moindre dérapage dans ce registre-là, qui pourrait me nuire, et qui pourrait nuire à cette belle image de président, père de la nation, que je me suis enfin construite, si vous voulez. Donc, je pense que c'est pour ça qu'il peut apparaître un peu prétentieux. Mais vous savez, comme moi, qu'il ne l'est pas. Je ne crois pas qu'il le deviendra. Je ne crois pas que la fonction fera de lui quelqu'un d'hyper prétentieux. Il a confiance en lui, mais il n'est pas prétentieux. Il ne se sent pas au-dessus des autres, je ne pense pas.

4:35
Présentateur

Karl Méhuz, ce sont des voeux courts qui n'ont duré que 9 minutes. Alors, est-ce que c'est la stratégie du président qui veut faire la parole rare, maintenant ? Un petit peu comme Chirac et Mitterrand. Oui, exactement. C'est très intéressant, parce que depuis quelque temps, il est sur cette stratégie de rareté de la parole. On ne l'a pas entendu. Au fond, depuis un bon mois, depuis presque même le discours du Congrès, j'allais dire.

4:56
Intervenant

En tout cas, devant les Français, comme ça, de manière aussi solennelle.

4:59
Présentateur

Mais sur la forme, juste ce qui m'a, pas amusé, mais intéressé, c'est que l'année dernière, les communicants, pour reprendre l'expression de Roland Quairol, étaient très fiers de leur trouvaille. Vous savez, ils l'avaient mis derrière un bureau. On a d'ailleurs vu un reportage là-dessus, expliquant pourquoi il y avait ce bureau. Ça donnait justement un air solennel, ça le posait, tout ça. Bon, ben tout ça, ça a été balayé. Je ne sais pas, ce n'était peut-être pas finalement une si bonne idée que ça, parce que là, on l'a revu dans l'entrebâillement d'une porte qu'il donne sur une autre salle.

5:27
Intervenant

C'est juste pour la forme. Mais sinon, sur la rareté de la parole, vous avez raison,

5:32
Présentateur

9 minutes, ça ne va pas suffire. On sait que le mois de janvier, c'est le mois des voeux, c'est le mois du président, donc il aura l'occasion de redévelopper tout ça. Mais il a ouvert un certain nombre de portes, et au fond, j'ai l'impression quand même qu'on est resté sur notre faim lors de ces voeux. Il dit des choses, comme dit Roland Carolle, il dit « je suis fier de vous », mais quoi ? On a envie d'en savoir plus. Sur le chômage, il y a un état d'urgence, on se dit « mais ça fait 3 ans que vous êtes à l'Elysée, c'est seulement maintenant que vous parlez d'état d'urgence ». Alors, d'accord, il aura janvier, mais je trouve qu'on restait sur notre faim.

9 minutes, en même temps, c'est court, ça n'a pas le temps d'être ennuyeux. Vous trouvez que c'est toujours nécessaire et réussi finalement, ces voeux, et que c'est une bonne tradition ? 9 minutes, c'est à peu près le tarif. Parfois, c'était 11 ou 12 avec son prédécesseur, mais c'est à peu près le tarif, il faut que ce soit court. Il faut quand même savoir, enfin, on sait tous que les gens écoutent ça d'une manière assez discrète. Près de 10 millions de centaines ont suivi hier. Oui, 10 millions, c'est plutôt un peu moins que les autres années, c'est assez stable maintenant.

Donc les gens écoutent sans vraiment écouter, et ils savent qu'au fond, le président, pendant tout le mois de janvier, va revenir sur l'économie, sur les forces armées, sur... les différents dossiers du moment. Je trouve que sur... Autant sur le fond, je serai sans doute plus sévère lorsqu'on abordera les différents dossiers. Sur la forme, bon, M. Petite Blague est mort depuis longtemps, et surtout en 2015, et c'est difficile de faire autrement que dans la gravité, pour ses voeux d'une année 2015 qui se referme, et qui a forcément été difficile. C'est une année charnière pour le quinquennat, ce quinquennat-là.

C'est une année qui a donné, qui, à mon avis, a changé le cours du quinquennat, et qui a sans doute transformé François Hollande, qui, logiquement, avec tout ce qu'il a vécu dans cette année 2015, est habité par la gravité. Alors peut-être l'a-t-il un peu trop surjoué, c'est pas faux.

Il n'en reste pas moins qu'il avait, au moins dans la première partie, puisqu'il a consacré 4 minutes des 9 minutes aux questions de la lutte contre le terrorisme, il avait plutôt le ton juste, assez grave, un débit un peu rapide, il n'a rien éludé, après la seconde partie, là, on sent qu'il était peut-être plus lui-même, comment dire, c'était un peu son bilan qui était aux urgences, et lui-même, on voit qu'il est en difficulté. C'était très rapide, et au fond, peut-être qu'il n'avait pas envie d'en dire plus, plus hier soir.

Justement, avant d'entrer sur le contenu de ce qui a été dit, est-ce qu'il y a eu 4 minutes sur le terrorisme, 4 minutes sur l'économie, est-ce qu'on s'y attendait, est-ce que ça a été une surprise, qu'il parle pendant 4 minutes du chômage ? Et deuxième question, on avait l'impression, pour avoir de la hauteur, justement, il ne voulait pas descendre, s'abaisser à parler de choses économiques, lui, il s'occupait de la France, de l'international, de sauver la planète.

8:04
Intervenant

Non, non, il a évité le piège, justement, parce que quand il a commencé, avec la gravité, le terrorisme, les souffrances des Français en 2015, je me suis dit, attention, il va peut-être exploiter le filon, si on peut dire, si vous allez se dire, attention, c'est terrible, d'ailleurs, il a dit, je vous dois la vérité, il a rappelé qu'il y avait encore un risque terroriste très élevé, tout ça, je me suis dit, on va lui reprocher très vite d'en profiter, si vous voulez, pour éluder ce qui préoccupe quand même les Français aussi, au moins autant, si ce n'est plus que le...

8:34
Présentateur

Plus, préoccupation numéro un.

8:36
Intervenant

C'est revenu, bien sûr, c'est revenu, c'est-à-dire en particulier le chômage. Donc, il a quand même évité le piège, très habilement, il a partagé sa prestation quasiment en deux, ce qui n'est pas si mal, sur le plan de la conception et du schéma, ce n'était pas si mal fait que ça. Alors, pour le contenu, c'est une autre affaire, on en parlera, mais j'ai trouvé que c'était équilibré.

8:53
Présentateur

Je pense que, pour mon lien sur ce que dit Hélène, je pense que pour lui, compte tenu de ce qui s'est passé depuis huit jours, c'est-à-dire la gauche s'est déchaînée contre sa décision d'inscrire la déchéance dans la Constitution à travers un projet de révision, je crois qu'il était urgent pour lui, au moins, d'ouvrir une porte vers un autre sujet, changer de sujet, reprendre la main sur le agenda. Ça fait huit jours que ses amis se déchaînent contre lui.

Donc là, il a ouvert au moins un autre sujet, et on va sans doute parler, peut-être, on va continuer à parler de la déchéance, parce que ce sujet a été occupé le premier trimestre 2016, mais il a remis un peu l'économie sur l'établi, d'autant plus qu'il n'a pas réglé les problèmes. Alors, la première partie de cette intervention présidentielle a donc porté sur les terribles attentats et la lutte antiterroriste. Je vous propose d'écouter quelques morceaux choisis de l'intervention de François Hollande avec Elisa Coudray.

9:47
François Hollande

Mes chers compatriotes, les voeux que je vous présente ce soir ne ressemblent à aucun de ceux qui les ont précédés. Car nous venons de vivre une année terrible. Commencer avec les lâches attentats contre Charlie Hebdo, l'hypercachère, elle a été ensanglantée par les agressions commises à Monge, à Villejuif, à Saint-Quentin-Falavier et dans le Thalys, pour s'achever dans l'horreur avec les actes de guerre perpétrés à Saint-Denis et à Paris. Ces tragédies demeureront gravées dans chacune de nos mémoires. Elles ne s'effaceront jamais. Mais malgré le drame, la France n'a pas cédé. Malgré les larmes, elle s'est tenue debout.

Face à la haine, elle a montré la force de ses valeurs, celle de la République. Française, Français, je suis fier de vous. Vous avez fait preuve dans ces circonstances de détermination, de solidarité et de sang-froid. Mais je vous dois la vérité. Nous n'en avons pas terminé avec le terrorisme. La menace, elle est toujours là. Elle reste même à son plus haut niveau. Nous déjouons régulièrement des attentats. Aussi, mon premier devoir, c'est de vous protéger. Vous protéger, c'est agir à la racine du mal, en Syrie, en Irak. Et c'est pourquoi nous avons intensifié nos frappes contre Daesh. Les coups portent. Les djihadistes reculent. Alors, nous continuerons autant que nécessaire.

Vous protéger, c'est agir ici sur notre sol. Au soir des attentats, j'ai sur la proposition de Manuel Valls instauré l'état d'urgence. Puis, devant le Parlement, réuni en congrès à Versailles, j'ai en conscience fait un choix, à la mesure de ce que nous avions éprouvé. J'ai d'abord décidé de renforcer les effectifs et les moyens de la police, de la justice, du renseignement et des armées. J'ai engagé ensuite une réforme de la procédure pénale pour lutter plus efficacement contre le crime organisé, son financement et les trafics qu'il alimente.

Enfin, j'ai annoncé une révision de la Constitution pour donner un fondement incontestable au recours à l'état d'urgence lorsqu'un péril imminent nous fait face. Et pour des choix de la nationalité française, des individus condamnés définitivement pour crimes terroristes. Il revient désormais au Parlement de prendre ses responsabilités. Le débat, il est légitime. Je le respecte. Il doit avoir lieu. Mais quand il s'agit de votre protection, la France ne doit pas se désunir. Elle doit prendre les bonnes décisions, au-delà des clivages partisans et en conformité avec nos principes essentiels. J'y veillerai, car j'en suis le garant.

12:41
Présentateur

Alors, question Internet. Quels avantages et quels inconvénients suscitent l'état d'urgence dans la Constitution ? Pourquoi l'inscrire ?

12:50
Intervenant

Écoutez, on a plusieurs fois parlé de ça ici. Il n'y a pas de choses nouvelles qu'ils nous disent là-dessus dans le discours d'hier. C'est la première mesure prise avant même d'envoyer la police attaquer le Bataclan. Avant même cela, François Hollande, dit-il sur la proposition de Manuel Valls, pour être conforme à la Constitution, François Hollande a donc décidé de faire l'état d'urgence. C'est-à-dire que c'est la première décision qu'il prend sûrement dans la voiture en allant du stade de France à l'Elysée. Il pense que c'est comme ça qu'on va pouvoir attaquer le terrorisme et sans doute aussi convaincre les Français que l'État prend les dispositions pour être fort tout de suite.

Pourquoi est-ce qu'on l'a prolongée ? C'est déjà une question. On n'a pas mis la main sur beaucoup de terroristes. Ça permet, on peut-être le rappeler, des perquisitions de nuit. Perquisitions de nuit. Surtout les perquisitions de nuit. Et les assignations à résidence. Tout ça sans contrôle du juge. On a prolongé l'état d'urgence dans le même état d'esprit alors qu'on n'avait pas mis la main sur grand-chose et qu'on a mis en examen pour complicité possible de terrorisme une seule personne pendant toute cette période. On l'a prolongée pour là aussi, pour montrer qu'on était toujours, comme il dit, en guerre contre le terrorisme. L'inscrire dans la Constitution, c'est une étape de ce genre.

C'est une étape symbolique. Le Premier ministre nous a dit lui-même que ça n'avait pas d'efficacité, mais que c'était de l'ordre du symbole. Et il s'est beaucoup énervé, le Premier ministre, mais le Président, on l'a su lui aussi, contre le fait que de ses propres rangs, de la gauche et notamment du Parti Socialiste, montait une clameur selon laquelle, c'est précisément au nom de ses valeurs, on ne peut pas créer juridiquement deux catégories de Français. Vous parlez de la déchéance de nationalité. Les uns et les autres nés en France. C'est pour ça qu'il y a eu, à cette révision de la Constitution, constitutionnalisant l'état d'urgence, décidant que le chef de l'État la décide seul.

Nous sommes le second pays, après l'Égypte, à prendre cette disposition. Et d'autre part, déchéant de leur nationalité, des personnes nées en France, et que ça a suscité ce tel rameutage de conscience d'intellectuels, d'avocats, de proches même de François Hollande, je pense à Jean-Pierre Mignard, par exemple, qui dirige l'autorité d'éthique du Parti Socialiste. Tout ça fait que, voilà, aujourd'hui, ce qu'il nous dit hier soir, François Hollande, c'est au-delà des différences partisanes, ce qui veut dire, j'incite mon camp à bien réfléchir avant de me dire non, c'est ce qu'il faut faire pour montrer qu'on agit réellement contre le terrorisme.

15:36
Présentateur

Mais si j'ai bien compris, l'état d'urgence, ça sert à se passer de l'avis du juge, et l'inscrire dans la Constitution, ça sert à se passer de l'avis du Parlement. Et du gouvernement.

15:44
Intervenant

Pour aller plus vite, en fait.

15:45
Présentateur

Pour aller plus vite, voilà.

15:45
Intervenant

Pour aller plus vite, pour éviter les... Enfin, aller plus vite, on peut difficilement aller plus vite qu'on a été cette fois-ci. Oui, mais... Parce que je l'ai répondu. Alors, hier, le président...

15:53
Présentateur

Il a fait, avant même de donner l'assaut du Batacan.

15:54
Intervenant

Ça évite que ce soit contesté aussi.

15:56
Présentateur

Oui, ça évite que ce soit contesté, d'accord. Mais comment interprétez-vous le fait que hier, donc, le président a maintenu l'idée, il a confirmé sa volonté d'inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité contre, on va dire quoi, 90% des responsables de son camp, des socialistes ? Parce qu'il est dans une impasse. Il ne pouvait pas reculer. D'une habileté politique en novembre, on arrive début janvier à une impasse. Pas politique, mais une impasse pour François Hollande. Il décide de renoncer. Il dit, d'accord, j'ai entendu les voix de gauche, je pars du principe, ok, elles sont sincères.

Certaines doivent l'être, on ne peut pas exclure qu'il y ait des arrières-pensées politiques chez certains, mais disons que chez d'autres, il y a une sincérité de gauche à dire, non, la déchéance de nationalité, ce n'est pas possible. Ça crée, comme l'a dit Orlan Carole, deux catégories de citoyens. Qui sont 3 300 000, hein, les binômes. Il préfère la dignité nationale, comme il lui demande. Mais il perd son autorité. Il a dit à Versailles, au Congrès, devant les sénateurs et les députés, voilà ce que je vais faire. Et un mois après, il dit, bon, je me suis trompé, je ne le fais pas. C'est pas possible, on sera, lors du débat au Congrès, on sera à un an de la présidentielle.

S'il n'a plus d'autorité, il ne peut pas y aller. L'autre impasse, c'est, je maintiens, comme il le dit hier, mais je suis presque dans la main de la droite.

17:09
Intervenant

Puisqu'une partie de mon camp, à gauche et au Parti Socialiste, ne voudra pas voter, ne votera pas au moins cet article-là, cet article ne pourra passer qu'avec les voix de la droite. À un an de la présidentielle, là aussi, ce n'est quand même pas forcément très positif.

17:22
Présentateur

Alors, comment interpréter ces deux phrases quand il dit, mais ce débat est légitime et il ajoute, le Parlement devra prendre ses responsabilités.

17:29
Intervenant

Parce qu'il laisse une porte ouverte, c'est-à-dire, il se décharge sur le Parlement, si je puis dire, du risque politique qu'il peut prendre. Il va y avoir un débat, effectivement, à l'Assemblée nationale, au Sénat et puis à la fin au Congrès. Et lui, il dit, après tout, si jamais... Si les députés n'en veulent pas. Si les députés n'en veulent pas, moi, je l'aurais proposé, j'en avais la conviction. Donc, du coup, il ne se déjuge pas par rapport à ce qu'il avait annoncé le 16 novembre après les attentats. Il ne se déjuge pas. Il a montré qu'il avait de l'autorité et du courage pour résister, effectivement, aux voix dissidentes de son camp. Et il s'en remet au Parlement.

Donc, moi, je ne pense pas que ça soit forcément perdu pour lui. Parce que vous dites 90% de son camp. Des grandes voix, on va dire. Comme on dit à Europe 1. Peut-être des grandes voix de son camp. Mais est-ce que les députés de base... Je ne sais pas s'il y a eu des sondages qui ont été faits sur les députés... Non, sur les électeurs. Alors, les électeurs, c'est très clair. Les électeurs, c'est 90%. On est à 80% encore, près de 85%. 85%.

18:26
Présentateur

Et même parmi les électeurs des partis socialistes, 80% sont pour la déchéance de nationalité.

18:32
Intervenant

Alors, il y a quelque part l'idée qu'il est du côté de l'opinion française, contre une certaine bien-pensance, contre tous ceux qui agitent effectivement les grands concepts sur l'unité de la nation qui seraient donc vraiment malmenés, si vous voulez, par ce procédé. Moi, je pense que politiquement, ce n'est pas forcément mauvais pour lui. Surtout au moment où il dit qu'il veut rassembler autour de lui, autour d'idées nouvelles. Parce que rassembler, c'est bien joli, mais il faut bien des idées nouvelles.

Et précisément, cette autorité qu'il veut manifester maintenant et tout ça, qui sont des idées qui sont un peu nouvelles pour la gauche, et surtout la gauche de la gauche, qui bousculent un peu le catéchisme socialiste, si vous voulez. Et il se dit, après tout, il joue cette carte-là. Je ne pense pas qu'il soit...

19:13
Présentateur

Ce n'est pas un risque de perdre le Parti socialiste, quand même ? Forcément. C'est-à-dire que là, il avait pratiquement une fin d'année qui commençait un petit peu à lui permettre d'envisager une année 2016 plus favorable sur le plan politique. Les régionales, c'était finalement... Il avait un peu limité les dégâts. Voilà. Il remontait dans les sondages. Son camp se rassemblait peu à peu. La gauche de la gauche continue d'être baissée avec Mélenchon, 404 le Front de Gauche, comme je le rappelle, pour les régionales. Et les écologistes, plus d'élus, plus d'argent. Enfin bon... Donc ça ne sert à rien d'aller chercher les voix de gauche.

Et là, il se retrouve avec une crise au sein de la gauche, qui tout à coup fracasse son bel édifice, qui est de rassembler son camp et ensuite d'aller ouvrir vers le centre. Donc il a cassé son schéma qu'il commençait à construire. Alors je partage l'avis de Karl Méheus. Sans doute a-t-il, une fois de plus, été excessif dans ce côté habile politiquement et que ça se retourne en partie contre lui. En même temps, François Hollande, il a un problème depuis le début de l'année avec cette affaire des sondages, cette affaire plutôt de la lutte contre le terrorisme. C'est qu'entre le 7 janvier et le 13 novembre, globalement, l'opinion a bien vu qu'il n'avait pas fait grand-chose.

En tous les cas, la succession d'attentats déjoués ou pas tout au long de l'année jusqu'au 13 novembre a montré un président qui peut-être savait réagir, mais avait peu ou pas agi. Donc lorsqu'il va devant le Congrès, il doit montrer qu'il va agir, qu'il prend la mesure du problème et donc il se lance dans cette affaire de révision constitutionnelle. Une fois qu'il est lancé, de toute façon, même les voix de gauche ne lui suffisent pas pour avoir les 3 cinquièmes. Il doit aller chercher sur l'autre rive les voix qui lui manquaient. Donc, s'appuyant sur cette idée d'unité nationale, il va chercher des idées qu'il y a dans le camp d'en face et notamment la déchéance nationale.

Alors, moi j'étais au Congrès, les socialistes qui aujourd'hui se déchaînent contre Oly ont quand même tous applaudi ce discours. Alors, vous allez me dire, ils auraient applaudi l'ensemble du discours. Mais il y en a même qui ont oublié qu'ils l'avaient dit. C'est quand même un peu fort dans le café. Ils auraient pu le relever à ce moment-là. À part Benoît Hamon et un ou deux autres, il y en a très très peu qui ont relevé. Donc, il y a aussi un peu de... Les principes et les valeurs, ça compte. Mais il y a aussi un peu de mauvais espoids. Et pour certains... Il y en a qui veulent tacler François Hollande. Et pour certains, même un peu de règlement de compte.

Peut-être plus vis-à-vis de Manuel Valls que de François Hollande, notamment. Roland Quairol, oui.

21:47
Intervenant

Oui. Moi, ça doit être mon côté radical socialiste. Je suis d'accord avec ce qu'ils ont dit tous les trois. Ou synthèse à la Hollande. Mais je voudrais ajouter une chose. Parce que vous dites, est-ce qu'il peut y aller sans le Parti socialiste ? On n'en est pas là. La vie politique est quand même toujours plus subtile que ça. Il nous réserve des surprises qui tiennent notamment au calcul, à l'analyse raisonnable que font nos parlementaires. En l'occurrence, il y a un vrai schisme moral avec un grand nombre de voix du Parti socialiste, d'élus du Parti socialiste.

Si on compte les gens qui ont fait savoir qu'eux, ils étaient choqués, sur les 289 socialistes, il y en a près de 200 à l'Assemblée nationale qui ne sont pas d'accord. Je ne crois pas qu'il y en aura 200 pour voter contre. Je crois que l'abstention, le fait qu'on ne prend pas part au vote permettra à certains de se trouver une conscience plus facile à exprimer. Et que pour d'autres même, vous savez ce que c'est ? Quand Mélenchon quitte le Parti socialiste, c'est une aventure qui ne marche pas. Et Chevènement avait quitté le Parti socialiste, une aventure qui n'a pas marché.

Quitté une grande organisation dans laquelle les Français de gauche reconnaissent l'organisation gouvernementale, la vocation gouvernementale de la gauche, ce n'est pas facile. Et si on perd son investiture pour sa circonscription, on risque de ne plus être député. Donc tout ça, c'est un mélange de choses qui font que, un, il y aura peut-être plus de députés socialistes qui vont voter ce texte qu'on ne croyait au départ. Et deux, même parmi ceux qui vont le voter, ça ne veut pas dire qu'ils sont perdus pour 2017. Voilà, il y a d'autres choses qui vont agiter la vie politique française, à commencer par l'économique et le social.

Et il n'y aura pas vraiment un schisme au sein du Parti socialiste, je ne le crois pas.

23:46
Présentateur

Mais sur les raisons de voter ce texte et d'inscrire l'état d'urgence dans la Constitution, c'est vraiment pour montrer qu'on fait quelque chose. Là encore, on est dans le symbole. Fondamentalement, ça ne changera pas grand-chose dans la lutte. C'est-à-dire que c'est Manuel Valls qui le dit lui-même, cette mesure parlant de la déchéance de la nationalité est hautement symbolique. Et c'est vrai que de toute façon, c'est en s'en tient au seul chiffre. Non, mais rendre inattaquable les perquisitions administratives, etc. Il y a eu une vingtaine d'échéances de prononcées sur les 30 ou 40 dernières années, donc 14 depuis 2002. Bon, de toute façon, ça reste une poignée de personnes.

Heureusement d'ailleurs, c'est des personnes condamnées pour actes de terrorisme, condamnées de manière définitive. Alors, Karl Meus, pardon. Non, le problème, c'est qu'Hollande a remis des bûches dans la cheminée de la gauche qui s'étaient complètement éteintes. Après les votes de la loi Macron, après un certain nombre d'événements, Bruno Jeudy l'a rappelé, les régionales avaient montré qu'il n'y avait pas une volonté chez les électeurs d'aller vers l'autre gauche et finalement de rester vers le Parti socialiste. Donc, on n'allait plus l'entendre, cette autre gauche. Mélenchon était un peu désespéré. Les frondeurs, on ne les entendait plus.

Et Cécile Duflo essayait d'expliquer que, bon, peut-être qu'il fallait qu'elle tende la main à François Hollande s'il pouvait revenir à gauche. Bon, on en était là. Mais là, il leur a redonné. C'est inespéré. C'est inespéré pour eux. Ils n'avaient plus d'oxygène. Ils leur redonnent de l'oxygène où ils peuvent dire « Ah non, non, non, mais nous, nous sommes les vrais détenteurs de la gauche. Alors Pierre Jox, qui est quand même une conscience de la gauche. » Donc, c'est une boulette, quoi, cette histoire.

25:12
Intervenant

C'est une boulette parce que ça va même diviser son propre temps. Sauf que quand Carl nous dit Pierre Jox, ce ne sont plus les frondeurs, ça. Pierre Jox, Martin Aubry, Jean-Marc Ayrault. Jean-Marc Ayrault, mais je vais plus loin. Jean-Pierre Mignard, Olivier Faure. Olivier Faure, qui était un proche de la gauche de la gauche. C'est au sein même de l'establishment socialiste. Oui, mais les militants. Alors, elle a un peu de choses qui. Les militants. Mais oui, mais il est... Non, mais peut-être qu'il accentue, effectivement, comme on a dit le... Je crois que c'est Benoît Hamon qui a eu les termes les plus emphatiques. Rupture, schisme, oui, voilà. Au sein de la gauche. Schisme moral, oui.

Bon, mais en revanche, oui, mais il y a aussi une rupture entre l'élite politique, je le redis, et les militants. Mais comment vous l'expliquez, ça, que 80% des militants, eux, ne soient pas choqués ? C'est pas les militants. Non, c'est les électeurs. C'est les électeurs. Les électeurs. Écoutez, les électeurs, ils voudraient plus que ça, même. Les électeurs sociaux, ils voudraient la peine d'avoir comme les autres. Vous m'avez pas laissé finir. Excusez-moi. Non, mais Hervé Morin, par exemple, a proposé, lui, centriste pourtant, a proposé, lui, d'aller beaucoup plus loin, en disant que cette mesure était hautement symbolique, mais cosmétique, en fait.

En disant, il faudrait déchoir de la nationalité tous ceux qui partent faire le djihad à l'étranger, de manière, en fait, à les empêcher de revenir. Parce qu'avec cet argument, s'ils partent à l'étranger pour apprendre comment faire pour détruire la France, eh bien, qu'ils restent là où ils sont. C'est assez carré, je peux dire. C'est absolument contraire à un principe fondamental du droit français, que dès l'instant qu'on n'a pas été condamné, on ne peut pas être déchu de sa nationalité. On a dans le champ politique, on a les yeux focalisés par les quelques grandes voix de la gauche, encore, qui, effectivement, mais qui en restent au niveau du débat juridique et hautement juridique.

Ce sont des gens qui connaissent la loi très bien, puisqu'on a même vu Jacques Toubon, qu'on ne peut pas soupçonner, alors lui, d'être de gauche, quand même, ancien patron du RPR, et qui, lui aussi, qui est défenseur des droits aujourd'hui, et qui, lui aussi, a souligné que ça détruisait un des principes fondamentaux de notre pays, à savoir l'unité, l'unité de la population. On ne peut pas diviser la population. Donc, ce débat-là, peut-être qui est justifié dans la bouche des connaisseurs de la loi très bien, et bon, et puis, effectivement, ça ranime un peu les grandes valeurs de la gauche, donc de la gauche de la gauche, mais ça n'atteint pas les électeurs.

27:22
Présentateur

Or, ce sont les électeurs, pour aller dans votre sens, ce sont les électeurs qui votent en 2017. Si, à la limite, c'est retoqué par le Conseil, en Congrès, François Hollande pourra jouer le peuple contre les élus, les grandes voix. Oui, mais il n'empêche, pour François Hollande, on en revient à la case de départ, il ne doit plus être dans la réaction, il doit être dans l'action sur ces questions-là. L'opinion reste... Alors, l'opinion n'a pas oublié le 13 novembre, c'est la première fois en France... Quand il dit, nous lutterons intensément contre le terrorisme, en 2016, alors, qu'est-ce qu'il peut faire de plus ?

On voit bien qu'à travers la première partie de son propos hier soir, les 4 minutes, il l'a compris lui-même, il est obsédé maintenant par cette situation. C'est ça qu'il a habité toute l'année 2015, et il sait qu'il en a... D'ailleurs, il le dit pratiquement au début, je vous dois la vérité, nous n'en avons pas fini avec le terrorisme. Oui, mais il dit que Daesh recule, grâce aux Français ? Oui, mais on voit bien que sur le front intérieur, il sait que la bataille est loin d'être gagnée, et que de nouveaux attentats plongeraient à nouveau l'opinion dans une grande perplexité par rapport à ce pouvoir et à sa capacité de lutter contre les djihadistes.

28:36
Intervenant

Juste un mot, même si c'est pour redire quelque chose que j'ai déjà eu l'occasion de dire lundi. Je ne veux pas, moi, avoir l'air de faire partie de cette élite qui donne des leçons au peuple qui ne comprendrait pas, et pourquoi ça se fait qu'il y a ce décalage entre 80% des lecteurs socialistes et les ténors du Parti Socialiste. Si vous regardez les forums des journaux qui ouvrent sur Internet la parole aux lecteurs, tous les journaux de gauche et de droite, vous constaterez que ça ne leur suffit pas à la déchéance de nationalité. Ils demandent l'arrêt de la binationnalité, de la possibilité même d'être binationale.

C'est-à-dire qu'ils reviennent sur un principe absolument fondamental du droit français sans le savoir, les lecteurs. Et pourquoi ? Mais en ayant le sentiment que ça sera plus efficace. Et la deuxième demande...

29:28
Présentateur

En quoi autoriser les binationaux, c'est une mesure fondamentale du droit français ?

29:33
Intervenant

Parce que dès l'instant que vous êtes né en France, vous êtes français, et ils sont fils de parents, par exemple disons le Maroc, qui n'acceptent pas qu'on perde la nationalité marocaine.

29:46
Présentateur

Non mais on ne pourrait pas imaginer qu'ils choisissent pour une nationalité la française.

29:49
Intervenant

Ils ne le peuvent pas. Ils peuvent choisir la nationalité française. Aux yeux de l'État marocain, ils seront toujours marocains. D'accord. On ne perd pas sa nationalité marocaine. Donc c'est une chose impossible. Mais les gens demandent ça avec le sentiment que là, ça casserait les choses. Et ce que demandent d'autres lecteurs, alors là, pas sur les sites de tous les journaux, c'est dehors les Arabes, dehors les musulmans. Donc il est évident que là, il y a des pulsions de peur, de crainte, de volonté de lutte de toute une partie de l'opinion. Et aucun gouvernement, pas seulement de gauche, aucun gouvernement républicain ne peut aller dans ce sens.

Donc c'est très difficile de satisfaire l'opinion. Et c'est trop facile en revanche de dire, l'opinion exige que. Ce qu'elle exige n'est pas possible.

30:29
Présentateur

Alors ça, c'était l'état d'urgence sécuritaire. Mais l'autre état d'urgence est économique et social. François Hollande veut lutter contre le chômage, qui, on l'a dit, est devenu la priorité numéro un des Français devant la lutte antiterroriste. Le chef de l'État a multiplié les annonces de la formation pour 500 000 chômeurs. Les PME vont bénéficier de chèques emplois, plus des mesures en faveur de l'apprentissage. C'est un sujet de Marie-Laureau.

30:53
François Hollande

S'il y a un état d'urgence sécuritaire, il y a aussi un état d'urgence économique et social. La lutte contre le chômage reste ma première priorité.

31:03
Intervenant

Toujours la même priorité, mais toujours le même échec. Simplification du code du travail, instauration d'une nouvelle sécurité sociale professionnelle, révolution numérique. Le chef de l'État, hier, a énuméré quelques pistes pour lutter contre le chômage qui reste à un niveau record. 3,8 millions de demandeurs d'emploi de catégorie A en novembre dernier. C'est 670 000 de plus qu'à son arrivée au pouvoir en 2012. 1,1 million supplémentaires si l'on ajoute les catégories B et C. Alors pour inverser la courbe, François Hollande est venu renforcer certaines mesures déjà évoquées.

31:41
François Hollande

Un plan massif de formation des demandeurs d'emploi sera lancé. 500 000 personnes de plus seront accompagnées vers les métiers de demain. Mais chacun sait que c'est dans les PME que les emplois se créent. Aussi, de nouvelles aides à l'embauche seront introduites dès le début de la nouvelle année. Enfin, les filières de l'apprentissage seront largement ouvertes. Je fixe l'objectif. Qu'aucun apprenti ne soit sans employeur. Et qu'aucun employeur ne demeure sans apprenti.

32:17
Intervenant

La formation de 500 000 chômeurs supplémentaires, c'est l'amplification d'une annonce d'octobre dernier lors de la conférence sociale. Il avait alors été question de renouveler un plan de formation prioritaire à destination de 150 000 demandeurs d'emploi, parents pauvres de la formation professionnelle actuellement en France. Sur 32 milliards d'euros de budget global chaque année, il ne bénéficie que de 4 milliards seulement pour l'instant. De nouvelles aides à l'embauche pour les PME, là aussi, le président vient compléter sans en préciser l'ampleur, le Small Business Act dévoilé en juin dernier par Manuel Valls.

La promesse d'une prime de 4 000 euros pour toute première embauche dans les entreprises sans salariés. A la clé 60 à 80 000 emplois, selon le gouvernement. Autre levier, l'apprentissage d'abord délaissé, puis redevenu une priorité pour François Hollande en septembre 2014. Rien n'indique s'il entend dépasser l'objectif déjà fixé de 500 000 apprentis d'ici à 2017.

33:22
François Hollande

La France, elle a besoin de mouvement, elle a besoin d'action, elle a aussi besoin d'engagement. Le service civique est un facteur de brassage, d'intégration, d'insertion. Il a montré son utilité pour les jeunes et pour notre société. Je demande donc au gouvernement d'engager par étape sa généralisation. Les missions seront multiples, du soutien aux personnes les plus fragiles, à la préservation de la planète.

33:48
Intervenant

Une généralisation par étape au calendrier bien flou concernant le service civique six ans après sa création. François Hollande ne donne aucun objectif chiffré pour ce dispositif qui n'a séduit que 85 000 volontaires depuis 2010, 35 000 l'an dernier. Enfin, le président entend miser sur la croissance verte et le succès de la COP 21 pour relancer les embauches.

34:12
François Hollande

Nous lancerons un programme de grands travaux pour la rénovation de nos bâtiments, pour le développement des énergies renouvelables, pour la croissance verte. Nous ferons de la cause du climat un grand chantier pour l'emploi et pour la qualité de la vie.

34:27
Intervenant

L'emploi, priorité de François Hollande et urgence absolue pour une majorité de Français. Selon un sondage paru hier, 56% d'entre eux souhaitent avant tout une baisse du chômage pour la nouvelle année.

34:41
Présentateur

Alors, question Internet. Les mesures ne sont-elles pas prises beaucoup trop tard ? C'est vrai, on a annoncé des mesures de... Oui, Karl Meus ? Oui, non mais attendez, trois ans ? Trois ans et demi, même. Et demi, pour dire qu'il y a un état d'urgence. Alors on voit bien, effectivement, la comparaison sémantique, l'état d'urgence sécuritaire. Alors je dis état d'urgence économique et sociale. Enfin, les chômeurs qui sont accumulés... Ça ne date pas de François Hollande, mais en l'occurrence, en septembre 2012, il dit « je vais inverser la courbe du chômage ». Il y a moins de 3 millions de chômeurs. On est aujourd'hui, en janvier 2016, mais les chiffres de décembre 2015, 3,6 millions.

Alors, mieux vaut tard que jamais, on va dire. Quand François Hollande dit « aucun employeur ne devra demeurer sans apprenti ». Mais là encore, en fait, cette phrase, elle symbolise à elle seule le côté cession de rattrapage qu'il y avait hier soir dans la partie consacrée à cet état d'urgence économique et sociale. J'ai l'impression que c'est plutôt son bilan qui est aux urgences à François Hollande en matière de chômage. Puisque c'est quand même ce qu'il a dit en 2013, 2014, 2015. Parce qu'à chaque fois, en fait, il nous parle du chômage. Les 3 derniers voeux, il nous en a parlé à chaque fois. Pour promettre les fameuses prédictions de François Hollande qui, chaque année, sont...

Il ne l'a pas rappelé. Il ne s'est pas engagé sur la version. Il ne rappelle plus. Il ne rappelle plus. Ça, c'est fini. Là, si on prend les mesures précises, c'est-à-dire le plan de formation pour les demandeurs d'emploi. 500 000 et plus. Alors, c'est bien, bonne... Non, mais on va aller prendre une parue. On va dire 500 000 chômeurs qui vont être en formation. Bonne idée. Mais sur le papier, c'est bien. Bien sûr. Au mois d'octobre, devant le Conseil économique et social, il y a eu un extrait discours. Il parlait de 160 000. On est passé de 160 000 à 500... Alors, on ne sait pas si ce sera en plus, les 500...

Alors, en tous les cas, en quelques mois, ils ont trouvé les moyens, donc, d'en financer... Ça va coûter cher, d'abord ? D'en financer 500 000. Évidemment que ça va coûter cher. On n'a aucune idée pour l'instant de... Après, l'apprentissage. Très bonne idée. Non, mais juste pour revenir sur ces 500 000 formations. Techniquement, ce sont des gens qui vont sortir du chômage ? Alors, tout ça, évidemment. Bah, oui, normalement. L'ensemble des mesures est faite, de toute façon, pour sortir des gens des statistiques de Pôle emploi. Les jeunes, notamment, qui vont rentrer en formation. Alors, les apprentis, non, parce qu'ils ne sont pas en âge d'être à Pôle emploi. Mais on imagine aussi que...

36:53
Intervenant

Oui, il y en a. L'apprentissage va jusqu'au superbe.

36:54
Présentateur

Oui, mais bon, en tous les cas, pour les... Alors, attendez. Pourquoi 500 000 ? Les premières années d'apprentissage... On va faire reculer le chômage avec 500 000 chômeurs qui vont aller en formation. On va faire reculer le chômage de 500 000 personnes. Mais si on atteint les 500 000, après... Si on atteint les 500 000, si on atteint les 500 000... Non, à quel horizon ? Mais alors, est-ce qu'on n'est pas dans la manip de chiffres, là ? Et pourquoi ils fixent le départ ? C'est parce que, quand on est en septembre 2012, on est à moins de 3 millions. Ils fixent l'objectif. À la fin de l'année, nous inverserons la courbe. Tout le monde oublie la période fin de l'année.

Décembre 2012, on est à 3,1 millions. Aujourd'hui, on est à 3,6 millions. Ah, vous voyez, 500 000 en moins, on arrive à la promesse d'inversion du chômage de décembre 2012. C'est juste ça. Parce que, c'est pas parce que le chômage va baisser de 20 000, 30 000, peut-être 40 000 qu'il pourra dire qu'il a inversé la courbe. Puisque le point de départ de l'inversion, elle l'est en décembre 2012. C'est ça qu'il devait... Donc, le risque, c'est d'abord que ça coûte très cher, qu'on trouve des formations bidon, tout ça, pour faire artificiellement baisser le chômage. Si je suis un peu... Il a un an, en tout cas, pour essayer de faire...

De toute façon, il a un an pour essayer de réussir quelque chose sur le front économique et social. 2015, il faut redonner le chiffre, c'est à peu près... Alors, ça a ralenti, l'augmentation du chômage. On est à 90 000 chômeurs, quand même, de plus. Plus, pour l'année 2015. Donc, de toute façon, le pari, c'est essayer déjà de le faire diminuer pendant l'année 2016, sachant que les prévisions de croissance ne sont pas non plus... C'est quand même assez mou. On est autour de 1,5 contre 1,1 l'année qui vient de s'achever. Donc, François Hollande sait que, de toute façon, la reprise ne permettra pas de faire baisser mécaniquement et fortement le nombre de chômeurs.

Donc, il est obligé de recourir aux moyens qu'il a indiqués hier soir. Faudra-t-il encore remplir ses objectifs ? Ce n'est même pas certain. Sur les formations, il avait promis déjà des chiffres très élevés. Depuis le début du mandat, c'est 360 000 chômeurs en formation.

38:47
Intervenant

Mais encore que les moyens en question sont des moyens qui ne sont pas nouveaux, qui sont connus, que ce soit la formation ou que ce soit l'apprentissage.

38:53
Présentateur

Oui, ça fait des années.

38:54
Intervenant

Ça existe déjà, on a toujours connu. Vous connaissez le budget absolument fantasmagorique de la formation. 32 milliards. 32 milliards sur la taxe d'apprentissage que les entreprises... Et on ne sait pas trop comment c'est affecté. Ce qu'on sait, en revanche, c'est que ceux qui en profitent le plus, c'est ceux qui en ont le moins besoin.

39:12
Présentateur

Les salariés.

39:12
Intervenant

Voilà, les salariés et surtout les salariés non qualifiés ou peu qualifiés, si vous voulez. Et donc, comment adapter les salariés aux emplois qui seront créés demain ? C'est ça le problème, quoi qu'il ait parlé du numérique, parce qu'effectivement, le numérique apparaît comme créateur d'emplois dans l'avenir et qu'il faudrait peut-être former les jeunes au numérique. Mais ce qui est important de voir, c'est que même s'il dit qu'il va encore faire des réformes, et en cela, son optimisme ne s'est pas tellement, vraiment, n'a pas disparu au fil et à mesure de ses déconvenus, surtout en matière de chômage, il continue de croire encore au pouvoir du chef de l'État.

Alors que, vous voyez, Lionel Jospin disait, on ne peut plus faire un, on a tout essayé, etc. Lui, non, il pense qu'on peut encore faire des choses. Mais le problème, par exemple, pour l'apprentissage qui existe déjà, c'est qu'avec la législation française et les dispositifs qui ont été mis quand on a instauré l'apprentissage, il y a des tas de contraintes, les entreprises n'y arrivent pas. Il y a des charges sur les apprentis qui sont importantes et qui restent importantes. Il y a des durées imposées, il faut que ça aille de un an à trois ans. Il y a des jeunes à qui on impose trois ans qui s'en vont à la fin du contrat.

Il y a des tas de choses qui sont extrêmement contraignantes et qui font qu'en fait, ça ne se développe pas. C'est, je crois, trois fois moins qu'en Allemagne en proportion des jeunes qui sont... Et ça baisse, surtout. Et ça baisse, ça ne va pas. Mais c'est la même chose que la formation. La formation, je vous le dis, ce n'est pas adéquate. Vous savez qu'il y a des cadres qui prennent des cours, peut-être pas... qui prennent des cours qui n'ont rien à voir avec leur métier, etc. Quand vous êtes dans une entreprise, vous êtes cadre, vous pouvez avoir des cours de n'importe quoi sur le budget de la formation de votre entreprise. Vous pouvez demander n'importe quoi.

Donc il faudrait réformer le fonctionnement et le cadre général de ces mesures. Alors, Roland Pirole, oui. Je crois que c'est de ça qu'il s'agit. Quand on dit améliorer les statistiques du chômage ou manipuler les chiffres, normalement, non, ce n'est pas de ça qu'il s'agit. Il s'agit d'arriver à sortir du chômage un certain nombre de gens. Ne faisons pas comme si c'était uniquement essayer de manipuler les statistiques. Les trois directions qu'il donne, la formation, l'apprentissage, le service civique, personne n'est contre. Le problème est de savoir comment on peut enfin réussir ce qu'on n'a pas réussi jusqu'à maintenant.

L'apprentissage, c'est le plus lourd morceau, parce que c'est le plus grand échec de ce quinquennat jusqu'à maintenant. Beaucoup de promesses, très peu de réalisations, un retard pris par rapport à tous les pays qui en font, et on sait que c'est un vrai moyen de sortir les gens du chômage. Il y a quelques régions en France qui ont essayé, parce qu'elles ont considéré que ça entrait dans leur fonction. C'est le cas de l'île de France, par exemple, qui a fait un gros effort. Mais l'effort régional est souvent arrêté par les législations nationales. Il faut donc, en effet, changer les choses.

Et il faut que ce que Hollande n'a pas fait depuis trois ans et demi, il le fasse crânement, parce que c'est un vrai gisement pour créer de la formation et de l'emploi. Formation, c'est pareil. Il faut faire la formation des chômeurs. Et c'est celle-là qui est en retard en France.

42:04
Présentateur

Non, il n'y a que 10% des chômeurs. Non, ce qui va aux chômeurs, ça ne représente que 10% du budget de la formation.

42:12
Intervenant

10% du budget de la formation, alors que c'est évidemment l'urgence. Et qu'on nous parle d'état d'urgence. Il semble en avoir pris conscience. Comment est-ce qu'on fait d'un coup 500 000 formations dans l'état actuel des possibilités du pôle emploi et des centres de formation ? C'est extrêmement compliqué. S'il y arrive, on pourra dire chapeau. Pour le moment, tout ce qu'on peut dire, c'est dur. Dur, parce qu'on n'est pas arrivé. Et pareil pour le service civique. La généralisation. Alors ça, moi je veux dire. Alors ça veut dire quoi ? Généralisation en combien de temps ?

42:41
Présentateur

Tous les jeunes de 18 ans, entre 18 et 24, vont devoir faire un service civique ?

42:45
Intervenant

À la fin du processus. Oui, c'est ce que j'ai compris hier soir. À la fin du processus. C'est pas si c'est basé sur le volontariat ou pas ? Mais combien de temps va durer le processus ?

42:52
Présentateur

Ça c'est du Hollande, il dit « Engager par étape la généralisation du service civique ». C'est ça. Il ne peut pas dire autrement. On parle du début du quinquennat du service civique. Il n'y en a eu que 35 000, je crois, l'an dernier. Et donc une classe d'âge, c'est 800 000. Donc il faudrait passer de 35 000 à 800 000. Parce que maintenant, c'est garçon et fille. Par étape. Et on sait que ça coûte très cher. Par étape. Une des raisons pour lesquelles, au départ, ils étaient contre cet aspect de généralisation.

43:13
Intervenant

Parce que ce qu'il faut quand même dire, Roland Carole l'a un peu dit, mais c'est qu'au fond, tout ça, c'est aussi l'accumulation de choses qui n'ont soit pas été décidées, soit mal décidées depuis 3 ans.

43:22
Présentateur

Sur l'apprentissage, il y a des lois qui ont été votées qui, au départ, étaient de bonnes idées pour protéger les jeunes dans les entreprises, les PME. Oui, par exemple, ils ne peuvent pas travailler de nuit, ce qui est handicapant quand on est apprenti chez un boulanger. Mais voilà. Non mais attendez, sauf que c'est du concret, ça.

43:37
Intervenant

C'est-à-dire qu'on dit, ah non, on va protéger les jeunes, ils ne vont pas travailler la nuit. Et après, on a le président qui dit, je vais développer de l'apprentissage.

43:43
Présentateur

Sauf que ce n'est pas possible, en l'occurrence, dans les boulangeries. Donc ça veut dire qu'il faut qu'il détricote quelque chose qui a été voté. Sous son autorité. Pour entrer dans le dur. Oui, mais sauf que, comme il a fait l'inverse... Il y a eu 500 millions aussi d'aides qui ont été supprimées en 2013, pour la filière apprentissage. Oui, ça manque de cohérence. Pour être précis, dans son entreprise audacieuse, François Hollande va peut-être pouvoir compter sur les nouveaux présidents de région, qui, on l'a vu dès leur élection, la plupart, notamment, je pense, à ceux qui sont des Républicains, Xavier Bertrand, il en a fait vraiment, il a tout un plan très précis.

Donc on voit qu'il y a certains présidents de région qui vont saisir la perche de François Hollande et qui vont sans doute le pousser, à ce moment-là, à aller très très vite et très très loin dans la simplification, notamment pour l'embauche d'apprentis, puisqu'il y a cette fameuse phrase, donc on sort de la spot, aucun apprenti sans employeur et aucun employeur sans apprenti. Ça, c'est impossible, puisqu'il y a beaucoup plus d'entreprises. C'est une belle phrase sur l'avion, on vérifiera à la fin de l'année où on en est vraiment. Mais il y a beaucoup plus d'entreprises que d'employeurs. Que d'apprentis.

Non, et puis surtout en France, l'apprentissage, on le voit uniquement du point de vue des métiers manuels, on ne le voit jamais aussi. Aujourd'hui, les filières d'ingénieurs en apprentissage, ça marche très très bien. Mais c'est insuffisamment développé. Il y a eu cette phrase aussi, les PME, car c'est là, c'est dans les PME que se crée l'emploi. C'est vrai ?

45:06
Intervenant

Ça va frapper ou pas ? C'est tout à fait vrai. C'est une prise de conscience progressive. La culture socialiste s'est enrichie du « j'aime l'entreprise » fameux. Mais c'est vrai que les entreprises dont ils se sont rendus tout de suite le plus familier, c'est les grandes entreprises. C'est celles-là qu'ils rencontrent le plus souvent. Et ils se sont aperçus, ils l'ont dit ça quand même, assez vite, que c'était les PME qui étaient le gisement d'emploi.

45:30
Présentateur

C'est 80% des embauches, les PME.

45:32
Intervenant

Mais voilà, 80 à 85% selon les années, donc c'est considérable. C'est là que ça se passe. Et c'est beaucoup plus difficile d'agir d'un trait de plume. On ne gouverne pas la France par décret. Il faut aller permettre chacune des entreprises d'embaucher. Et ça, c'est un boulot qui est loin d'être.

45:46
Présentateur

Et si je peux me permettre, Roland, il y avait un président du MEDEF qui avait son badge 1 million d'emploi. Oui, il l'a rangé. Plutôt les grandes entreprises. Et on voit bien que, on ne sait pas où ils se sont passés. Pour les PME, il va y avoir un chèque d'embauche. Pour le coup, c'est évident. Mais ça, ça fait des années qu'ils nous le disent tous les employeurs. Mais Axel, vous imaginez, le nombre de vœux, le nombre d'allocutions de premiers ministres et de présidents de la République depuis 25 ans qui disent ça, c'est quand même énorme. Et à chaque fois, alors on fait baisser des charges.

46:16
Intervenant

Ça demande, Bruno, un gros effort de l'État, mieux ciblé, mieux organisé. Ça demande aussi un gros effort culturel de nos PME qui n'ont pas forcément le développement en tête comme une obligation comme l'ont par exemple.

46:29
Présentateur

Oui, mais alors elles vont vous dire, on se prend le compte pénibilité sur la tête, on se prend la mutuelle pour tous.

46:33
Intervenant

Très bien, ça c'est ça, c'est là que je dis qu'il y a un effort à faire du côté de l'État. Mais une fois tous les efforts faits, nous connaissons tous beaucoup de chefs de PME dans l'ensemble du pays dont la logique est quand même d'avoir une vision patrimoniale de l'entreprise. et pas une vision ni innovatrice, ni exportatrice, ni en développement. Là, nous ne sommes pas dans la culture allemande et je crois qu'il faut aussi demander au patron de faire un gros effort dans ce sens. C'est vrai aussi pour les grandes entreprises. Oui, mais c'est les PME qui embauchent. Les bénéfices des entreprises du CAC 40 ont encore augmenté.

C'est-à-dire qu'effectivement, il y a peut-être une part des investissements possibles qui vont dans la rémunération.

47:10
Présentateur

Alors elles vous disent que c'est à l'étranger qu'elles font ces bénéfices.

47:12
Intervenant

Oui, mais les aides juste pour les aides à l'embauche. C'est compliqué parce qu'il y en a déjà beaucoup qui ont été... Il y en a énormément des aides à l'enjeu. Et effectivement, là aussi, ça manque de ciblage, ça manque d'ordre. Parce que qu'est-ce qui se passe ? On aide les entreprises pour les bas salaires. Effectivement, les bas salaires. Donc on donne des aides à l'embauche pour les bas salaires. Ce qui fait qu'il y a pas mal de petites PME maintenant qui se retrouvent à manquer de jeunes ingénieurs, de gens qui vont effectivement être créatifs tant sur le plan commercial que sur le plan ingénierie proprement dite.

Parce que précisément, ça leur coûte trop cher d'embaucher un jeune diplômé. D'ailleurs, les salaires d'embauche des jeunes diplômés des grandes écoles ne cessent de baisser. Il y en a beaucoup qui tournent autour de 2000-2500 euros pour les grandes... Alors que c'était un peu plus auparavant, précisément à cause de ces problèmes d'aide à l'embauche. Alors je ne sais pas ce qui... Ils sont trop ciblés sur les bas salaires. Trop ciblés sur les bas salaires. Ce qui était légitime quelque part, mais il faut aussi peut-être revoir le logiciel là-dessus.

48:06
Présentateur

Karl Meus ? Et sur les PME, ça pose la question de la souplesse. C'est-à-dire que les PME veulent bien, les chefs d'entreprise de PME veulent bien embaucher, mais à condition de pouvoir aussi... Alors ça, c'est la réforme du code du travail. Et oui, jusqu'où va aller François Hollande là-dessus ? Et là-dessus encore, on en revient à cette question, il aura besoin de la droite. Réforme du travail du début de l'année. Oui, Myriam El Khomri. Alors, la lutte contre le terrorisme passe aussi à l'extérieur du territoire français. 3000 de nos soldats sont engagés au Sahel.

Reportage à Gao, au nord du Mali, hier soir avec les toupes françaises qui fêtaient la nouvelle année, mais qui ont commencé leur soirée par regarder les voeux du président à la télévision. François-Xavier Higot et Stéphane Lopez avec Yacine Millie.

48:51
Intervenant

L'affaire au 19-30, le feu, on va le lancer vers 19h, 18h45, 19h. On est bien de la braise, parce que c'est des pavés de kangourous. Donc on fait une précution et après on n'aura plus qu'à remettre.

49:06
Présentateur

Un menu particulier pour un réveillon en plein cœur du désert malien. Ces hommes sont des militaires français de l'opération Barkhane. Leur quotidien, la traque des djihadistes. Mais hier soir, à Gao, comme partout en France, c'était plutôt l'heure des préparatifs.

49:27
Intervenant

Petites entrées que l'EMO nous a préparées. Donc en plus de ce que nous, on est en train de faire, ça sera un petit peu plus. C'est vraiment pour les repas de fête. Ce ne sera pas tous les soirs comme ça.

49:47
Présentateur

Une fête sous tension tout de même. Par mesure de sécurité, impossible de réunir les 750 soldats au même endroit. Et pour cause, il y a quelques semaines, une roquette est tombée non loin de cette base. Alors ce réveillon, c'est aussi un moyen de souffler un peu.

50:06
Intervenant

Donc ça se permet de resserrer les liens, déjà, qui sont déjà bien serrés. Puisque c'est déjà trois mois qu'on est ensemble. Donc ça permet de se faire une soirée vraiment tous regroupés. Et puis avec un petit peu moins de hiérarchie, quoi. C'est plus... ça sera plus convivial.

50:21
Présentateur

Pour ces soldats, ce 31 décembre, le 31 décembre 2015 restera avant tout celui d'un pays en guerre. Alors quand le président Hollande présente ses voeux aux Français hier soir...

50:43
François Hollande

En cet instant, je salue la bravour de nos soldats, de nos policiers, de nos jordanes.

50:48
Présentateur

Il résonne particulièrement ici, à Gao.

50:52
Invité

Si les gens peuvent faire la fête ce soir à Paris, c'est aussi grâce à vous, parce que vous êtes ici en train de lutter contre le terrorisme. Quelque part, oui aussi, oui, voilà. Il y a ceux qui luttent en France, ceux qui luttent à l'extérieur, comme nous. Et tout réuni permet quand même d'avoir une certaine sécurité qui est maintenue, quand même, je pense.

51:12
Présentateur

Alors que certains soldats se préparent à réveillonner, d'autres sont d'astreinte. Objectif, assurer la sécurité de la base. Autour du camp, les postes de surveillance sont en état d'alerte maximale. Depuis l'attentat de l'hôtel Radisson à Bamako, c'est tout le pays qui est en état d'urgence. Même vigilance au centre opérationnel, à l'approche des 12 coups de minuit, l'ambiance n'est pas franchement à la fête.

51:45
Invité

La situation est calme, mais plutôt, je dirais, improbable. C'est-à-dire qu'à n'importe quel moment, il peut y avoir des incidents. Donc, pour pallier à ces incidents, on monte des opérations constamment et des patrouilles pour sécuriser nos emprises. Le but, c'est que justement, on travaille jour et nuit et qu'il y a toujours une cellule qui est là pour se venir aux besoins des unités sur le terrain.

52:11
Présentateur

Heureusement, hier soir à Gao, rien à signaler. La fête peut commencer, sans fausses notes, ou presque. Et comme partout dans le monde, à minuit. Vous pouvez être là ce soir ? On espère que ça va les rassurer et qu'on en fait quelque chose pour eux.

53:14
Invité

On est fiers de ça ? Ah bah oui, sinon on ne sera pas là. C'est notre métier, on est là pour ça. On l'a dit dans !

53:21
Présentateur

Pour ces soldats, la mission s'achèvera dans quelques semaines. Ils seront remplacés par une nouvelle unité. Au Mali, l'opération Barkhane dure maintenant depuis un an et demi. Alors, L.M. Pichoski qui disait à l'instant que vous trouviez qu'ils avaient l'air sympathiques.

53:39
Intervenant

Oui, et on me disait sans doute parce que là, ils étaient contents. Ils étaient, bon, ils avaient eu un bon... Ils avaient été bien alimentés, disons.

53:45
Présentateur

Ils sont là pour longtemps ou pas ? Quel est le but de cette présence française au Mali ? Est-ce qu'il est atteint ? C'était de remettre de l'ordre à Bamako ? Ou c'est d'assurer une présence permanente de la France ? Ils vont au départ pour bloquer l'avancée des djihadistes sur Bamako. Donc c'est la colonne de djihadistes sur Bamako. J'ai kiff réussi assez rapidement. On nous parle de quelques mois au départ pour le maintien sur place. Et puis finalement, ça fait un an et demi que maintenant, ils sont maintenus sur le Mali. Et en fait, il faut une opération de sécurisation de la France sahélienne qui va du Mali, Niger, jusqu'aux confins de la Libye.

Et on voit bien que, sans doute, que l'évolution du conflit, de ce qui se passe en Libye, pourrait évidemment changer la nature de cette opération dans le secteur. Parce qu'on voit bien qu'il y a une avancée de dash sur la Libye, une installation de dash en Libye. Et la grosse inquiétude des chancelleries, c'est de voir le conflit aujourd'hui peut-être baisser en intensité sur la Syrie et se déplacer sur...

54:50
Intervenant

Il y en a qui revenaient aussi. On les avait chassés, mais il y en a qui revenaient.

54:53
Présentateur

C'est une réussite pour François Hollande, cette stratégie militaire ? C'est un bon chef de guerre, un fin stratège ? Oui, incontestablement, en tout cas sur le Mali. D'abord parce qu'il avait pris la décision assez rapidement, enfin même très rapidement, d'intervenir et que l'opération militaire a été un succès.

55:09
Intervenant

Ce qui est amusant, entre guillemets, c'est de voir que les chefs militaires de François Hollande, que ce soit Puga ou Villiers, sont des chefs militaires qui étaient là avant lui et qui sont restés, qui l'ont gardé, et finalement pour le bien du pays. La question, vous disiez, est-ce qu'ils doivent partir ? Quand ils partiront ? C'est le même problème avec l'état d'urgence. Il va devoir être renouvelé en février. Qui prendra la décision là, après ce qu'a dit François Hollande d'ailleurs hier dans ses voeux, de dire on n'est plus en état d'urgence, il n'y a plus besoin. Ça va être dur.

55:41
Présentateur

Or, dans un an et demi, il y a l'élection présidentielle. Est-ce qu'on sera encore en état d'urgence pendant l'élection présidentielle ? Avec les menaces qu'il y a Mohamed Mérat, c'était en pleine campagne présidentielle. Donc finalement, ces perquisitions administratives, finalement, elles vont peut-être être gravées dans le marbre et demeurer...

55:55
Intervenant

Nos militaires à l'étranger, je dis de la rappeler avec la Libye instable, et l'état d'urgence en France,

56:01
Présentateur

ce n'est pas impossible que ça dure plus longtemps que ce qui est prévu à l'origine. Hélène Pichoski, oui.

56:07
Intervenant

Je pense que ça va être assez difficile pour François Hollande de construire son image durablement dans l'année qui vient, et puis donc dans les 18 prochains mois, jusqu'à la présidentielle. Parce que quand même, celui qui arrive au pouvoir, qui était un ancien patron du PS, il est resté 11 ans en chef du Parti Socialiste, il arrive pour donner du bien-être à la population. Il arrive... Bon, on sait très bien qu'à chaque fois qu'il y a eu un gouvernement socialiste qui arrivait, c'était des mesures sociales importantes, les 35 heures, la cinquième semaine de congé, la reprête à 60 ans, etc. Et lui, il arrivait après tout pour apporter aussi sa part de bien-être.

Il le disait d'ailleurs au début, moi, mon objectif, c'est qu'à la fin de mon quinquennat, les gens soient plus heureux et un peu plus qu'il n'y avait qu'au moment où je suis arrivée. Et là, qu'est-ce qu'il devient ? Il devient un chef de guerre, un homme antiterroriste, qui a deux généraux de droite à ses côtés pour diriger ses opérations militaires, et le conseiller aussi. Donc je pense que ça va être difficile par rapport au peuple de gauche qui attendait peut-être autre chose de lui qu'un chef de guerre. Il faut dire que l'actualité le contraint, bien évidemment, puisque, bon, on a le terrorisme, on a les différentes choses qui sont arrivées et qui n'étaient pas prévues.

Mais je pense que pour un président de gauche, pour un socialiste, c'est difficile.

57:17
Présentateur

Qui loue l'amour de la patrie. La patrie, c'est le fil invisible qui nous relie tous. C'est des phrases qu'on n'aurait pas entendues quand François Hollande...

57:24
Intervenant

Mais c'est le terme patrie, est-ce que ça représente pour un certain parti qui devient... Marine Le Pen ? Oui, franchement, la patrie. Il y a des actions de Mitterrand. On a le droit, hein, et l'amour de la patrie. Oui, mais il en a... Oui, mais bien sûr, heureusement qu'on peut parler de la patrie, quand même. Oui. Et dans ses voeux, Mitterrand, on parlait souvent. Oui, mais là, il a insisté. N'oubliez pas que Marine Le Pen, elle dit qu'elle veut appeler, si elle change de nom...

57:47
Présentateur

Montrer que Marine Le Pen n'a pas le monopole du drapeau. Oui, c'est ça. Voilà.

57:50
Intervenant

Dans le fameux discours du Bourget, pendant sa campagne présidentielle de 2012, on retient toujours la finance. Oui. Mais il y avait un très long développement sur la France. La France. J'aime la France. Et le j'aime la France avait même été, dans mon souvenir, répété plusieurs fois dans le discours. Non, ça, je ne crois pas que ce soit une évolution. Non, mais le patriotisme, c'était Ségolène Royal, le patriotisme. Mais vous le voyez comme ça. Je ne pense pas que François Hollande ne l'ait jamais vu comme ça. Lui, il pense qu'il n'a rien à devoir à Ségolène Royal là-dessus.

Ce que je crois sur ces histoires d'envoi de troupes à l'étranger, c'est que nous vivons ce qu'ont vécu les Américains, ce qu'ont vécu les Nations Unies. Une fois que vous avez envoyé des troupes dans ce genre de zone, dans lequel ce n'est pas une vraie guerre contre l'armée régulière, mais c'est des bandes, c'est des terroristes, c'est des attentats, c'est des corruptions dans le pouvoir, c'est beaucoup plus difficile de partir parce que vous avez toujours l'air d'abandonner des populations. Donc voilà, moi j'ai des doutes sur la possibilité de rapatrier dans un délai visible les troupes françaises.

58:51
Présentateur

C'est Jean-Yves Le Drian qui raconte cette anecdote. Quand il est nommé au ministère de la Défense, François Hollande, dont il est très proche, lui dit « De toute façon, tu n'auras pas grand-chose à faire, tu as juste à fermer les bases en Afghanistan, rapatrier les soldats et ensuite, c'est un ministère tranquille ». Il a effectivement fermé les bases en Afghanistan, mais depuis… Il n'y a jamais eu autant de militaires sur les fronts extérieurs. Il y a au moins trois conflits, trois guerres quasiment, ou en tous les cas trois fronts pour l'armée française. Et Jean-Yves Le Drian, il est au feu tous les jours. Voilà, et on ne sait pas quand les garçons reviendront.

Et il est devenu aussi sans doute l'un des ministres les plus populaires avec Bernard Cazenar. – Allez, tout de suite, on passe aux questions Internet et SMS. – Ah, question Hollande, va-t-il dissoudre l'Assemblée nationale si elle ne le soutient pas et qu'elle ne vote pas la déchéance, enfin l'inscription ? – Oui ? – Non. – Roland Carole ?

59:48
Intervenant

– Non, ça alors c'est une chose qu'il ne fera pas. À l'extrême limite, on pourrait imaginer qu'il fasse un référendum allant directement au peuple. – Ben, il passerait le référendum, non ? – Oui, il passerait. Ça laisserait la vie politique française, je ne sais pas dans quel état. – Pourquoi ? – Parce que ça serait pour le coup un vrai schisme qui existerait dans son camp. Là, c'est difficile à faire. Mais à la limite, on peut l'imaginer. Dissoudre l'Assemblée nationale, il sait très bien dans l'état actuel des sondages que c'est faire un cadeau inespéré à l'opposition. – Et puis hier soir, il a fermé la porte. Je respecte le débat.

1:00:23
Présentateur

– Pas question de faire un référendum, oui. – Il est légitime. – Le Parlement, il a dit. – Oui, mais ça. – Non, mais quelque part, à la fois, il a introduit un peu de souplesse et en même temps, il n'a rien indiqué qu'il puisse... – Non, ça serait un référendum. – Je vous trouve optimiste sur le référendum, parce que le dernier référendum sur la Constitution européenne, le oui devait l'emporter à plus de 60%. – Et le non l'est pas. – Et le non l'a emporté. – Comme quoi, quand on explique les choses... – Oui, oui, il faut faire attention. – Un président tout puissant qui donne un emploi à chacun, qui peut croire cela ? – Personne. – Personne.

– C'est vrai que c'est très la tête qui décide et le petit peuple qui exécute. – Mais dans la deuxième partie de son intervention, je crois que pas grand monde a cru ce qu'il disait. Parce qu'au fond, depuis le début du mandat, on le disait tout à l'heure... – Il est plus crédible sur le terrain économique, c'est grave quand même. – Il a perdu toute sa crédibilité, il a reconquis de la crédibilité sur le terrain du régalien, la représentation, où là, effectivement, le côté père de la nation lui a permis de s'être remonté spectaculaire dans les sondages. Mais sur le terrain économique et social, pour l'instant, il est absolument crédibilité.

1:01:22
Intervenant

– Oui, on est revenu aux rendeurs de la Troisième République par rapport au discours politique, à cette parole des actes, disait-on. Et là, c'est vraiment le domaine dans lequel ça s'applique. Rien que ce qu'on a essayé de dire tout à l'heure sur ce que ça supposait, comme mécanique compliquée d'État, jointe au patronat, etc., pour changer un peu la formation professionnelle ou l'apprentissage, ce n'est pas en effet du haut de l'Élysée qui peut gouverner.

1:01:46
Présentateur

– Et la généralisation du service civique, on en a parlé 30 secondes, comme si personne n'y croyait.

1:01:51
Intervenant

– Mais d'un autre côté, il est bien obligé aussi de dire qu'il va prendre des mesures et qu'il va essayer d'éduquer jusqu'au bout.

1:01:55
Présentateur

– Surtout que c'est des mesures qui, si elles peuvent être prises, vont dans le bon sens.

1:01:58
Intervenant

– S'il n'avait pas... Non mais s'il n'avait pas existé, bien sûr. – Karl Meus, en 2012, quand il arrive au pouvoir, il demande à la Cour des comptes de lui faire un rapport sur l'état de la situation.

1:02:08
Présentateur

Il a tous les éléments là pour ce jour-là. – En juin 2012. – En juin, il le dit un peu d'ailleurs en septembre dans un discours en disant « j'ai pris la mesure, la France n'est pas en bon état ». C'est à ce moment-là qu'il doit dire « on est en état d'urgence économique et sociale ». Je fais 500 000 chômeurs en formation, je... Et puis Axel, vous qui êtes un homme de chiffre, qui peut le croire avec l'état des finances du pays, notamment sur le financement de... On n'en a pas parlé du grand chantier, les grands chantiers qu'il veut lancer. – De rénovation du bâtiment. – Là, c'est des milliards. Il n'en a pas du tout parlé. On ne sait pas comment il finance ça.

Alors certes, le pacte de sécurité prime maintenant sur le pacte de responsabilité. On a peut-être une petite idée de ce qui va se passer, à savoir que les déficits vont filer sans doute. – Alors, parmi les états d'urgence décrétés par Hollande, y a-t-il aussi celui visant à sa réélection ? – Bien sûr. – Est-ce qu'au fond, en filigrame, la dernière année, c'est « comment vais-je préparer ma candidature pour un second mandat ? »

1:03:02
Intervenant

– Sans doute, sans aucun doute même. Mais ça ne veut pas dire qu'on ne fait plus rien. Parce que s'il ne fait plus rien en 2016, vu ce qu'est son bilan jusque-là, il est cuit. Donc il lui faut, en effet, y penser. Qui n'y penserait pas ? – Tous les présidents pensent à leur réélection. – Mais quand on a connu, on fait forcément du cosmétique. – Non, alors à mon avis, au contraire, là, qu'ils mettent le booster. Parce que sans quoi tout ce qu'il nous a annoncé hier soir risque pas de se faire.

1:03:27
Présentateur

– Non mais justement, je trouve que dans ce qu'il dit, je ne sais pas s'il peut le faire, moi j'en doute, mais on voit bien qu'il fait exactement ce que dit Roland, c'est-à-dire que là, il joue son va-tout sur ces mesures-là, sachant qu'il faut le rappeler, il nous l'a dit plusieurs fois en 2015, il a posé comme condition que le chômage baisse durablement pour pouvoir se représenter. Ce qui est une promesse d'ailleurs folle au passage. qui s'est un peu mis la corde au cou, hein. – Oui, on peut imaginer qu'il trouve une cause extérieure qui fait que… – Il aura de l'imagination, on peut lui faire confiance. – Oui, mais les gens n'ont pas la mémoire si courte.

– La manne financière de la formation professionnelle, 32 milliards, est-elle honnêtement utilisée ?

1:04:06
Intervenant

– Je ne crois pas que ce soit un problème d'honnêteté, je crois que tout le monde ne fraude pas. – Non mais il n'y en a pas un peu qui vont financer les syndicats ? – Les syndicats, c'est officiel, on a eu des rapports là-dessus. – Bien sûr, les syndicats, oui, les syndicats, effectivement.

1:04:20
Présentateur

– Publiés et non-publiés.

1:04:21
Intervenant

– Oui, voilà, c'est mal contrôlé, disons que c'est mal contrôlé, mal encadré.

1:04:26
Présentateur

– Et ça ne s'adresse pas aux personnes, au bon public en plus.

1:04:29
Intervenant

– Exactement.

1:04:30
Présentateur

– Avec les mesures annoncées pour l'emploi, François Hollande achète-t-il sa réélection en créant de la dette ? – C'est ce que vous disiez. – Bah oui, faudrait-il que ça marche déjà ? – Après, on verra, on ne sait pas s'il va arriver à baisser le chômage, il nous le dit depuis 2013. Pour l'instant, il n'y arrive pas, on va voir s'il y arrive en 2016.

1:04:47
Intervenant

– Il peut s'attirer les bonnes grâces de la gauche de la gauche, avec l'endettement, mais bon.

1:04:50
Présentateur

– Est-il sûr que François Hollande ne se présente pas si le chômage reste au même niveau ?

1:04:57
Intervenant

– Les voix du Seigneur sont à pénétrables en la matière.

1:05:02
Présentateur

– Eh bien, merci beaucoup, c'est la fin de cette émission, merci d'y avoir participé. Elle sera rediffusée ce soir à 22h15, rendez-vous lundi pour un nouveau C'est dans l'air avec Yves Calvi. Merci de votre fidélité, bon week-end et à lundi. – Merci. – Merci.

1:05:16
Locuteur

– Merci.