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interviewSud Radio (sur YouTube)· 22 décembre 2025 6 min

Macron annonce la construction d'un porte-avions : pour quoi faire ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Le grand matin [musique] Sud Radio 6h10h, Maxime Liedo. Il est 7h36 sur Sud Radio et on vous explique ce matin l'annonce du président de la République. La France va construire un nouveau porte-avion.

C'est historique et c'est on s'en doute un peu stratégique mais ça coûte combien ? À quoi ça sert vraiment ? Est-ce que on peut encore se le permettre ?

Bonjour Marc Châssilian. Bonjour. Merci beaucoup d'être avec nous ce matin.

Vous êtes ingénieur défense, professeur à l'École militaire de Paris et la première question évidemment qui est sur toutes les lèves. Est-ce que cette annonce était attendue ? Oui, totalement hein.

Il faut savoir que les les études de ce porte-avion, elles ont démarré il y a déjà plusieurs années, environ 7 8 ans. Euh donc en fait ce qu'a annoncé le président Macron hier, c'est l'autorisation de mise en chantier de ce portablion. C'estàdire en clair, on va découper des tôles et on va on va commencer à construire un bateau.

H oui, c'est uniquement ça. Mais il me semble que c'était annoncé he dans la loi de programmation militaire. Ça veut dire que tout roule, que les financements sont prévus.

Il n'y a pas malgré l'ambiance budgétaire de doute sur la capacité à payer. Alors quand on relit la loi de programmation militaire 2025-230, on voit que il y a une ligne qui s'appelle porte avion de nouvelle génération hein. Donc normalement cette ligne budgétaire a été créditée des des montants des montants nécessaires.

Évidemment les difficultés budgétaires actuelles que traverse la France ne facilitent pas forcément le lancement de tous les chantiers en même temps. Oui, ça c'est sûr. Nous qui ne sommes pas ici dans ce studio et ceux qui nous écoutent habitués au jargon et au monde militaire, concrètement, ça va servir à quoi un deuxième porte-avion ?

Parce que on avait déjà la sensation, si vous voulez, que le premier il était très lourd, il coûtait très cher et qu'il passait plus de temps en réparation qu'en mer. Alors oui, c'est ce qu'on appelle l'équation l'équation du porte-avion, hein. C'estàd que 1 é= 0.

Voilà. Donc c'est-à-dire que en fait quand vous avez un porte-avion euh il passe environ 30 % de son temps euh en indisponibilité diverses et variés. Donc vous n'en avez que 70 % du temps euh du temps utile si j'ose dire.

Par exemple, l'année prochaine notre Charles de Gaulle va rentrer pour 2 ans en grande réparation. Donc notre marine n'aura plus de porte-avion en 2026-27. Faudrait pas que quelque chose de fâcheux arrive sur les mers pendant ce temps-là.

Voilà. Donc quand on dit qu'on va voir un deuxième porte-avion en fait non. ce porte-avion qui a été annoncé par le président Macron va succéder au Charles de Gaulle.

En fait, la marine nationale n'aura toujours qu'un seul porte-avion. Oui. Ah oui, ça c'est sûr.

Donc c'est quand même un peu moins extraordinaire que ce que semblait euh annoncer hier le président de la République, hein. Malgré les les dates, on on sentait bien que c'était non pas un deuxième porte, mais vous le précisez avec nous ce matin, Marc Chilan, mais seulement un porte-avion qui va substituer qui va se substituer au Charles de Gaulle dans quelques années. Est-ce que ça veut aussi dire au vu des GCAN des échéances, on a dit que on pourrait le voir en mer au début des années 2038, est-ce que ça veut dire que ce sera aussi un porte-avion plus moderne, c'est-à-dire plus préparé potentiellement aux enjeux de demain ?

On pense au drone notamment. Oui, bien sûr. Alors, d'abord, ce sera un porte-avion plus lourd parce qu'il va devoir embarquer des avions qui sont plus gros et plus lourds, qui sont les successeurs rafales.

Il embarquera aussi des drones. Et puis surtout ce qu'on voudra c'est que ce porte-avion euh puisse augmenter ce qu'on appelle le rythme des opérations aériennes. Donc en clair, on veut lancer plus de porta plus d'avions au cours d'une même mission.

Donc on va rajouter une catapulte. Il y aura trois catapultes de lancement au lieu de deux sur le Charles de Wall. Donc ça fait un pont de vol plus grand pour des avions plus lourds.

Donc ça fait forcément un portavion plus lourd hein. On va passer de 45000 tonnes à pratiquement 80. H mais c'est aussi c'est aussi un un porte-avion qui disposera en particulier de défenses euh très solides vis-à-vis d'un certain nombre de menaces comme les menaces sous-marines, les menaces aériennes, les drones ennemis par exemple.

Euh donc des des voilà et puis euh c'est aussi un drone qui c'est pardon c'est aussi un porte-avion qui va être euh extrêmement durci du point de vue de la de la cybernétique euh puisque vous savez qu'aujourd'hui une des principales menaces qui pèse sur tous les systèmes numérisés qui soient militaires ou civiles, c'est évidemment l'intrusion cyber. Donc ça il va y avoir un très fort durcissement cyber de ce porte-avion comme il est d'ailleurs à l'œuvre aujourd'hui sur nos nos frégates de défense et d'intervention. H mais il y a on va dire un petit point d'interrogation.

Je ne veux pas noircir les esprits inutilement marchasilement. Mais en lisant la presse ce matin, vous parliez des grandes catapultes, des grandes catapultes de lancement. Deux choses.

Est-ce que vous pouvez nous rappeler à quoi ça sert ? Et un autre sujet d'inquiétude dans ma question. Euh, on me dit que ces catapultes seraient en fait américaines.

Quel est l'intérêt de se lancer dans une constriction aussi considérable qu'un 2uxè ou qu'un nouveau porte-avion pour avoir encore dessus des équipements américains dont on sait, un peu comme certains avions, que il suffit d'une petite embrouille avec le président actuelatlantique pour que tout puisse se couper. Alors, il y a il y a deux équipements majeurs à bord d'un porte-avion français qui sont d'origine américaine. Il y a d'abord les catapultes et il y a ensuite les avions radars.

Les avions radars, ce sont les yeux du porte-avion. C'est grâce à ces avions radars que le le porte-avion peut créer un périmètre de sûreté et de sécurité autour de lui. Alors, cette dépendance aux Américains, elle est quasiment obligatoire parce que on on ne sait pas en France financer le développement de de catapultes électromagnétiques simplement pour en fabriquer trois.

Les Américains Les Américains ont 11 porteavion avec quatre catapultes à bord. Donc quand il lanc quand il développent des catapultes, c'est pour en fabriquer une cinquantaine. Nous trois, c'està-dire que ça n'a aucune rentabilité économique ni industrielle.

Voilà. Alors, c'est une dépendance, il faut l'accepter. Alors, c'est une tendance, il faut l'accepter.

C'est-à-dire qu'il faut prendre un certain nombre de précautions, en particulier sur les 40 ans de vie que va avoir ce porte-avion. Bon ben, merci beaucoup Marc Chassilien d'avoir essayé de de nous éclairer, d'avoir même réussi à nous éclairer sur cet enjeu qui est la construction d'un nouveau porte-avion donc en mer potentiellement dans les années 2038. Merci beaucoup et je rappelle que vous êtes ingénieur défense et professeur à l'école militaire de Paris.

Il est 7h42. Yeah.