Agnès Evren : « Paris est fracturé entre les très aisés et les très aidés. »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 72 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15OuverteRéponse directe
Face à la hausse des prix des carburants, des mesures ciblées sont-elles la bonne méthode ?
- 0:45OuverteRéponse partielle
Est-ce que l'État profite de cette crise ?
- 2:15OuverteRéponse directe
Cette campagne municipale a-t-elle été plus brutale que les autres ?
- 3:30RelanceÉludée
Est-ce qu'il n'y a pas eu aussi des agissements du côté de la droite qui peuvent nourrir ce sentiment de brutalisation ?
- 4:30OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui ne fonctionne pas chez les Républicains pour que les grandes villes vous échappent ?
- 8:15OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous avez une date plus précise sur le choix des adhérents pour la primaire LR ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Agnès EvrenChiffre
« 60 % du prix du carburant est constitué de taxes. »
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Oui, bonjour Agnès Évrenne ! Merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation. Sénatrice de Paris, vous êtes porte-parole des Républicains.
On est ensemble pendant 20 minutes pour une interview en partenariat avec la presse régionale, représentée par Julien Lécuyer de la Voix du Nord. Bonjour Julien. Bonjour Rian, bonjour Madame Evren.
Face à la hausse des prix des carburants, Agnès Evren, Sébastien Lecornu refusent la politique du chèque mais ce matin le ministre de l'économie annonce des mesures ciblées dans les prochains jours. C'est la bonne méthode ? Des mesures ciblées, oui mais il faut savoir que 60 % du prix du carburant est constitué de taxes et donc là il y a un enjeu d'équité territoriale et de justice sociale.
Nous chez les républicains nous demandons une baisse de ces taxes, l'Espagne l'a fait, l'Italie l'a fait, la Grèce l'a fait et en fait l'énergie est une dépense contrainte, les français n'ont pas le choix. Ceux qui vivent dans des territoires où il n'y a pas d'alternative, il faut aller travailler, je pense aux artisans, aux commerçants, aux agriculteurs, ceux qui vont bosser, ceux qui ont tout simplement besoin de leur voiture. Est-ce que l'Etat profite de ça ?
Est-ce que l'Etat profite de cette crise ? Oui, je pense. Enfin, je ne vais pas dire que l'Etat est profiteur de la crise.
L'Etat, ce n'est pas un profiteur de crise. Mais encore une fois, les Français, les plus modestes, subissent cette crise de plein fouet. Et donc, il faut les protéger, tout simplement.
C'est pour ça que des aides ciblées sont importantes. Mais moi, je pense qu'il faut une mesure immédiate et fiscale. La France est malade de ses taxes.
Mesures fiscales, j'entends. Mais quand on est défenseur de l orthodoxie fine budgétaire, est-ce que, véritablement, on peut se permettre à l'heure actuelle, vu l'état des finances, cette baisse des taxes ? Vous avez raison de poser la question.
Je pense qu'il faut aller faire des économies ailleurs, Là encore, je le redis, l'énergie est une dépense contrainte. Ça n'est pas un luxe, c'est une nécessité. Les gens doivent aller emmener leur enfant à l'école, doivent aller travailler.
Mais est-ce que ça ne doit pas être ciblé sur certaines populations et pas sur l'ensemble des Français, parce qu'on l'a vu durant la crise énergétique de 2022, en baissant de façon générale les taxes ou favorisant cela, on peut aussi amener un énorme trou dans les finances publiques. Vous avez d'autant plus raison qu'il est vrai qu'aujourd'hui, la situation budgétaire de la France est catastrophique. On le sait, 3 milliards et et demi de dettes, 6 % de déficit.
Donc en effet, ciblons, mais encore une fois, attention, ce sont les ménages les plus modestes qui sont frappés de plein fouet par cette crise énergétique. Et donc il faut les protéger, encore une fois je le redire. – Don't base the tax, ciblé ? – Ciblé sur ceux qui en ont le plus besoin et ceux qui dans certains territoires ruraux n'ont tout simplement pas accès à des transports en commun.
Par exemple, les agriculteurs, les commerçants, les artisans… – Ça – Il y a des premières mesures, ce sont les bonnes ? – Oui, ce sont les bonnes. – Julien, on parle des municipales ?
Il y a beaucoup de choses à dire. – Oui, c'est un vaste sujet puisqu'on est en train de tirer les leçons et le bilan de ces Il y a un chiffre qui a été donné par le ministre de l'Intérieur hier à l'Assemblée nationale qui fait réfléchir, voire même qui inquiète sévèrement. Il annonce que plus de 120 faits judiciarisés ont été enregistrés durant la campagne.
C'est autant de de plaintes qui sont instruites, que ce soit pour des violences, des insultes ou autre. Cette campagne, est-ce qu'elle a été plus brutale que les autres ? Elle a été plus brutale, oui, parce qu'on a vu que la violence, en fait, est en train de s'étendre dans la société.
Et qu'aujourd'hui, elle touche la classe politique et que c'est un combat pour nos valeurs démocratiques. Moi, j'ai été outrée de voir la violence dans certaines villes conquises par la France insoumise, de maires sortants qui ont été humiliés, insultés, invectivés. Je pense notamment à la maire d'Aubervilliers, Karine Francklet, qui a été extrêmement traumatisée de ce qui s'est passé.
Elle a dû sortir avec des gardes du corps. Et cette violence est inacceptable, elle est intolérable et je vois bien qu'aujourd'hui il y a une gauche radicale qui sous l'influence, sous l'emprise de Jean-Luc Mélenchon en fait, brutalise encore plus le débat. Il avait d'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon, théorisé cette conflictualisation aujourd'hui de la vie politique c'est pour ça que nous chez les républicains nous faisons un combat pour la démocratie contre ces violences qui sont juste inadmissibles vous savez récemment je regardais un sondage qui montrait en fait et c'est gravissime et ça fait froid dans le dos que seulement 22 % des français encore confiance dans la politique mais que pas mais que comparativement ils avaient ils étaient 60 % à faire confiance à leur maires.
Et on voit qu'aujourd'hui, c'est d'autant plus inquiétant que même les maires, qui étaient la seule représentation officielle respectée par les Français, risquent d'avoir une image comme celle des députés à l'Assemblée national, de cette brutalisation de la vie politique. Olivier Faure parle d'oliganisation. Vous allez jusque-là ?
Oui, mais Olivier Faure a été soumis aujourd'hui, je trouve, à cette secte LFI, qui donne ce spectacle affligeant, et je le redis, c'est un combat pour nos valeurs, c'est un combat en fait pour la démocratie. – Mais vous semblez résumer les violences ou en tout cas la brutalisation de la vie politique à une une certaine gauche ? Est-ce qu'il n'y a pas eu aussi des agissements du côté de la droite qui peuvent nourrir aussi ce sentiment de brutalisation ?
Très franchement, toutes les images que j'ai vies, ce sont des villes qui ont été conquises par la France insoumise, où on voyait ces mères humiliées. – Il y avait aussi des mères sans étiquette. Mais par exemple, votre collègue sénateur LR Thierry Ménien, lui, il a violemment insulté une journaliste.
Il a menacé de mort hier dans l'hémicycle. Patrick Cannaire, président du groupe demande au Sénat de prendre les décisions qui s'imposent. Est-ce qu'il peut encore rester sénateur de votre groupe ? – Écoutez, notre groupe, je pense que le président Gérard Larcher va s'exprimer ou un autre président de groupe, mais ses propos sont évidemment inacceptables et intolérables dans une démocratie comme la nôtre.
C'est une évidence. Il faut arrêter avec cette brutalisation de la vie politique et après, on s'étonne de la progression des populismes. Non, ce n'est pas acceptable. – Et le maire d'Arcachon aussi qui a été vu dans une vidéo en train d'insulter son adversaire écologiste, vous parliez du fait qu'il y avait une brutalisation de la vie politique, on ne peut pas s'empêcher de constater aussi qu'il y a un problème à droite. – Oui oui mais il y a une radicalisation aujourd'hui évidemment à tous les niveaux et vous savez moi je le regrette parce que ce n'est pas le bon niveau.
Aujourd'hui la France fait face à des défis sécuritaires, budgétaires, géostratégiques, démographiques, écologiques. et qu'on doit tous être responsables. Et qu'aujourd'hui moi je ne me résous pas en tant que parlementaire à l'idée que dans un an on bascule dans un duel mortifère entre deux populismes.
D'un côté la France insoumise et d'un autre le Rassemblement national. C'est C'est-à-dire d'un côté les démagogues et d'un autre les idéologues. Julien, sur l'enseignement de ces municipales pour les Républicains.
Oui parce que vous pouvez légitimement vous sentir satisfait. Vous citez souvent le chiffre de 57 % des villes de plus de 9000 habitants qui ont été conquises ou bien gardées dans le giron de la droite des Républicains. Mais on ne peut que constater des échecs aussi dans les grandes métropoles, Paris, Lyon et Marseille.
Qu'est-ce qui ne fonctionne pas chez les Républicains pour que les grandes villes vous échappent ? C'est une très bonne question. Attention à ne pas avoir une vision tronquée.
Les grandes métropoles, ça n'est que 15 % des territoires en France. Il est vrai que franchement, quand la droite est elle-même fidèle à ses valeurs et à ses combats, non seulement elle gagne, mais elle se renforce, puisque ce chiffre est important, 57%. Maintenant, dans les grandes métropoles, il est vrai que la droite, moi je le dis en toute honnêteté, la droite a perdu l'électorat urbain.
La droite, sur certains sujets, notamment sur l'écologie, n'a pas eu un positionnement assez clair sur ces sujets-là et c'est un électorat qui avait basculé chez Macron. Et donc je pense que sur tous ces sujets écologiques, culturelles, on doit en effet être un peu plus présent. Il y a ça.
Et puis il y a à Lyon peut-être un candidat qui n'a pas convaincu parce que la politique, j'allais dire c'est aussi un métier. On voyait bien que sur le terrain, il n'était pas à l'aise tout simplement. Et donc je pense que pour nos candidats, il faut faire attention.
Est-ce qu'ils savent faire des débats ? Est-ce qu'ils savent parler ? Et à Paris Agnès Évren, vous avez fait la campagne de Rachida Dati.
Est-ce que là aussi, il y a eu un problème avec votre candidate ? Est-ce que c'est un échec personnel de la part de Rachida Dati ? Très franchement, non.
Et je le dis en toute objectivité, il faut savoir que Paris est une ville très ancrée à gauche. La gauche est en place depuis 25 ans à Paris. Il y a une sociologie électorale qui a changé à Paris, puisqu'en fait les classes moyennes ont quitté Paris.
Les classes moyennes ont quitté Paris. On a 135 000 habitants qui ont quitté Paris en 15 ans. Ce sont des familles de la classe moyenne, des familles de droite.
Aujourd'hui, on a une ville très fracturée, polarisée, entre des très aidés et que 1. il y avait la sociologie électorale. 2.
Il est vrai que les reports de voix n'ont pas été faits, malheureusement. Le retrait de Pierre-Yves Bournazel ne nous a pas aidés. La déclaration de Clément Beaune a fait que tout simplement le centre-gauche a voté pour Emmanuel Il aurait été de même si ça avait été une autre candidate que Rachida Dati.
Vous n'auriez pas fait un meilleur score à sa place ? Non, je ne pense pas. C'est elle qui était la mieux placée pour gagner cette ville et la faire basculer.
C'était une chance historique depuis 25 ans de pouvoir gagner et incarner l'alternance. La mieux placée, vous ne pouvez pas dire ça ? Souvenez-vous, elle était dans les sondages.
Quand on termine avec 9 points de retard sur son – Oui, mais les sondages la donnaient la mieux placée à droite. – Ça veut dire que ce que vous espériez, c'est qu'une partie de l'électorat de Pierre-Yves Bournazel se reporte sur Rachid Haddati, mais ça montre surtout ces résultats que l'électorat centriste ou à deux droites n'était absolument pas convaincu dès le départ par la candidature de Rachid Haddati. Et ça, on pouvait un peu le soupçonnés ?
En attendant, factuellement, c'était parmi les candidats de droite celle qui était la mieux placée pour faire basculer cette ville. Après, je suis élu depuis 20 ans à Paris. J'ai toujours entendu de lui dire, ah Nathalie Caussus comme Morizet c'était pas le bon cheval, pourquoi vous l'avez choisi ?
Ah Philippe Séguin il était pas bon, il était trop tempérament, un peu caractériel Oui malheureux vaincu c'est ce que vous voulez dire mais j'entends. Mais là comment vous l'analysez puisqu'on imagine que vous en avez parlé avec Rachida Dati. Vous vous êtes posé, l'équipe de campagne, pour analyser ça.
Comment vous l'analysez ? Qu'est-ce qu'elle vous a dit ? Est-ce que vous attendiez un tel écart, honnêtement ?
Non. Franchement, je ne m'attendais pas à un tel écart. Et d'ailleurs, on a été...
Elle, elle n'était pas surprise de l'écart au premier tour, déjà, quand on a vu que la gauche était très haute. 38%, personne n'avait donné au premier tour Emmanuel Grégoire à 38%. Et elle, à 25%, parce que c'était quand même très faible.
Et donc moi, encore une fois, on en a discuté. Il y a une sociologie électorale qui a changé. Encore une fois, je le redis, 135 000 habitants qui ont quitté Paris, ce sont des électeurs de droite, en fait.
Des familles qui, avec deux ou trois enfants, ne peuvent plus vivre à Paris à cause du coût de l'immobilier et de la cherté de la région. Par ailleurs, beaucoup des habitants sont partis vivre dans les Hauts-de-Seine parce que c'est moins cher. Et puis par ailleurs, Rachida va rester présidente de groupe.
Nous avons demandé à ce qu'elle puisse garder la présidence du groupe parce que nous allons continuer le combat sur les questions de logements sociaux, sur le périscolaire. Il y a eu quand même ce scandale épouvantable de fin de règne de Mme Hidalgo avec des violences sexuelles faites sur des enfants qui sont en maternels. Il y a eu une omerta absolue sur ce sujet-là et donc voilà, sur les questions budgétaires, sur les questions de sécurité, il y a aujourd'hui un déni sécuritaire.
On a plus de 218 % en fait d'augmentation de narcotrafic à Paris et donc nous allons continuer évidemment le combat. Est-ce qu'elle n'a pas aussi payé une forme d 'ambiguïté avec Sarah Knafo ? Alors franchement, il n'y a eu aucune ambiguïté.
Moi, c'est un mauvais procès qui est fait à Rachida Dati. C'est malheureusement la gauche qui a commencé à dire que Rachida était facho, que Rachida était raciste. Les électeurs de Sarah Knafo, pour certains, ce sont les nôtres.
Moi j'ai organisé des réunions d'appartement, ce sont les nôtres. Et on va les priver d'aller voter parce que Sarah Knafo s'est retirée au profit de l'alternance. Donc voilà, moi ça me fait penser à la phrase de Lionel Jospin qui disait qu'à l'époque de Mitterrand, l'antifascisme était tout simplement devenu un théâtre en fait.
Ils ont tout fait pour rendre...
On est de droite, on est du centre, on est passé de centristes à fascistes. Franchement ça n'a aucun sens, c'est pas le niveau du débat. Rachida Dati, est-ce qu'elle n'a pas payé aussi son étiquette candidate macroniste ?
Alors j'avoue, j'avoue que sur le terrain on nous disait ah moi j'aimais bien Rachida Dati avant qu'elle entre au gouvernement. Il y a un rejet d Emmanuel Macron sur le terrain et beaucoup nous disaient c'est une candidate macronisée. Mais là encore, à partir du moment où on n'a pas réussi à convaincre de la nécessité d'une alternance à Paris, ce n'est pas une bonne nouvelle parce qu'encore une fois, je le redis, il faut voir l'état de Paris.
On a 12 milliards de dettes malgré l'explosion délirante des impôts locaux, 62 % d'augmentation des taxes foncières et on se dit mais où va cet argent en fait ? 12 milliards de dettes, où va l'argent des parisiens. Quand on regarde la sécurité, la propreté, les mobilités qui sont mises en concurrence alors que dans toutes les métropoles mondiales, les mobilités sont en parfaite harmonie en fait.
Il n'y a qu'à Paris où on oppose les piétons. – Julien, on va parler des républicains qui se tournent vers la présidentielle. – Oui et on ne peut pas dire que ce soit un long fleuve tranquille.
Trois pistes ont été proposées par les sages qui avaient été désignés pour étudier la manière de de choisir le candidat à la présidentielle. Ce qu'on a compris, c'est que les adhérents des Républicains devront déterminer en avril s'ils désignent directement le patron du parti, Bruno Retailleau, ou s'il préfère passer par une primaire. Je résume rapidement, Non, primaire fermée, simplement les adhérents.
Primaire semi-ouverte, si j'ai bien compris, c'est on ouvre aux sympathisants. Même si le terme de semi-ouverte, on ne sait pas trop à quoi ça correspond. Ouverte aux sympathisants tout simplement et primaire fermé, c'est exclusivement les adhérents LR.
C'est aussi simple que ça. Deux questions. Est-ce que vous avez une date plus précise sur ce choix des adhérents quant à la formule de départage ?
Et deuxièmement, quelle est votre préférence Alors, d'abord, je crois que c'est plutôt au mois d'avril. Je n'ai pas de date précise à vous donner. On n'a pas de date précise, oui.
Mais bon, ce que je constate, c'est que malheureusement, la droite est rattrapée par le syndrome d'autodestruction. eh bien, je vois le départ de David Listard. – Vous le regrettez ? – Oui, je le regrette profondément parce qu'il fait partie des talents de notre famille politique et j'aurais préféré qu'il mette ce talent au service de notre famille politique. – Sauf qu'il ne dit aucune Il dit qu'il n'y a aucune cohérence, aucune constance chez les LR.
Pardon ? Il dit qu'il n'y a aucune cohérence, il n'y a aucune constance chez les LR. Eh bien voilà, je vous dis, on est rattrapé par le syndrome d'autodestruction.
La droite a aujourd'hui un boulevard sur les questions d'autorité parce que une majorité de Français dans ces municipales ont plébiscité l'action politique de droite, c'est-à-dire plus de sécurité, une gestion plus révolte. Mais il n'a pas raison. Vous la voyez, vous, la cohérence et la constance chez les Républicains ?
Écoutez, il faut que maintenant, on se mette au travail tout tout simplement sur le projet. On doit incarner un choix d'alternance, parce que comme je le disais tout à l'heure, moi je suis parlementaire, je ne me résous pas à l'idée qu'en fait, les électeurs de droite aient le choix entre d'un côté une gauche radicale et d'un autre le Rassemblement national. Et là, on y va tout droit si on ne prend pas nos responsabilités.
La droite a une responsabilité historique. Mais autodestruction, ça veut dire que vous craignez d'autres départs que celui de David Lissnard ? Je crains tout simplement la cacophonie.
Je crains tout simplement que le meilleur ennemi de la droite, c'est elle-même, c'est-à-dire le poison de la division. Encore une fois, on a des défis et la France doit être à l'auteur de l'histoire pour pouvoir incarner un choix d'alternance. Mais David dit ça, il va même plus loin, il parle de vote truqué, de vote biaisé et il n'est pas le seul en vérité à penser au sein de votre parti que tout est fait au final pour favoriser la candidature de Bruno Retailleau.
Non mais franchement, moi je trouve ça scandaleux de dire que le vote est truculé, biaisé. Bruno Retailleau, il a été élu avec 74 % des voix comme président du parti. Il est évidemment légitime.
Justement, c'est pour ça. Vous pensez que les adhérents vont dire autre chose que le choix de Bruno Retailleau ? Non, mais les adhérents pourraient dire « Écoutez, pourquoi pas une primaire ? » Oui, à priori, s'il y a trois quarts ou plus de trois quarts des gens qui disent « Bruno Retailleau est notre candidat préféré...
Non, de nos statuts, on doit consulter les militants. » Donc la question est très simple. Est-ce que vous voulez une paire ? – Il n'y a pas grand risque pour Bruno Retailleau de convoquer un vote interne quand on sait qu'il a fait 74 % pour la présidence du parti. – Non mais bien évidemment mais là encore les militants sont souverains pour choisir la question a été posée – Sont souverains pour choisir Bruno Retailleau – Pour l'instant pour le coup vous savez moi je On critique Bruno Retailleau, mais en l'occurrence, heureusement qu'il a posé sa candidature il y a quelques mois, parce que grâce à lui, au moins on entend une voix LR dans ce duel entre deux populismes, RN et LFI, enfin il y a une voix LR qui s'élève.
C'est sympa pour les autres, c'est sympa pour Gérard Larcher par exemple, Gérard Larcher ce matin, il donne une interview aux Parisiens, alors là aussi on a l'impression qu'il y a un peu de ligne, il y a Brune Retailleau qui fait une interview au Figaro, un candidat macroniste ne peut pas être élu président de la République, la primaire de la droite et du centre c'est une usine à gaz. Et puis vous avez le même jour Gérard Larcher dans Le Parisien qui dit il faut un candidat de la droite et du centre en novembre ? On est dans la cacophonie complète.
Moi, je vais vous dire...
En fait, c'est une fusée à deux étages. Le premier étage de la fusée, c'est de choisir un champion dans notre famille politique. LR.
Et ensuite, de voir, en effet, si on ouvre pour qu'on ait un seul et unique candidat parce que si on en a un et demi, ça veut dire que c'est la membre, RN ou à la fille. Moi, je pense qu'il faut...
Moi, chacun doit d'abord faire émerger sa candidature. C'est sain. C'est de faire avancer...
Bon, là, il y en a déjà deux qui émergent. Il y a celle d'Edouard Chilly et puis il y a celle de Bruno Retaille. Eh bien voilà, mais soyons un peu collectivement Ou par exemple, vous pourriez soutenir Édouard Philippe en disant « Bruno Retailleau, à l'heure actuelle dans les sondages, ce n'est pas le mieux placé.
On se range derrière Édouard Philippe ». Moi d'abord je veux Bruno Retailleau. Moi je veux un projet de droite pour la France parce que je vois que les Français veulent moins d'immigration, plus de sécurité, moins d'impôts et que le projet qui sera porté par la droite sera le bon pour les Français.
Donc moi je regarde encore une fois le paysage politique, je veux d'abord quelqu'un de notre famille politique, et puis ensuite on peut ouvrir pour voir qu'il y ait un seul candidat, sinon nous disparaissons du second tour. La qualification elle est à 16-18. Mais comment ils se mettent d'accord ?
Edouard Philippe, Bruno Rutaillot, comment ils se mettent d'accord ? Peut-être Gabriel Alors après c'est le problème, moi j'imagine absolument pas Bruno Retaillon derrière Gabriel Attal, c'est pour ça qu'il faut qu'on garde un projet de droite et moi je plébiscite, c'est normal, c'est ma famille politique, un candidat de droite. Mais pardon si tout le monde plébiscite le candidat de sa famille politique comment on trouve le candidat unique ?
Non mais après de la droite unique et du centre mais ce que je veux dire c'est qu'en fait il est vrai qu'il y a un grand écart entre Gabriel Attal et Bruno Retaillon. De la droite et du centre mais ça veut dire que vous excluez la possibilité comme le soulève Laurent Wauquiez d'aller de Gérald Darmanin jusqu'à Sarah Knafo ? Oui oui oui moi je suis plutôt sur un candidat unique de la droite et du centre en partant du principe que c'est d'abord un candidat de notre famille politique et ensuite on voit pour ne pas condamner les chances encore une fois de la droite et du centre d'être au second tour c'est aussi simple que ça.
Vous voyez pas vous ranger derrière Gabriel Attal est-ce que vous voyez vous ranger derrière Ador Philippe ? C'est plus compatible ? C'est plus compatible écoutez on verra le moment venu en fait avec Bruno Retailleau ce sera Bruno Retailleau oui pour le coup il aura un projet plus à droite mais je me rangerai derrière le candidat de la famille politique qui sera choisi ensuite ça veut dire deux primaires au final une primaire côté LR puis après on refait une primaire à l'automne alors qu'Edouard Philippe va pas y participer vous savez c'est très simple de toute façon si ce n'est pas un candidat de la droite et du centre ce sera le rn ou à la france insoumise et moi je ne veux mais tout le monde dit ça c'est vrai juste on comprend pas comment c'est ce qu'il va se passer vous pouvez le candidat de la droite et du centre le candidat commun parce que l'impression personne veut s'effacer c'est personne veut s'effacer parce que là ils avancent chacun en fait leurs projets leurs – Ça va se décompter ? – Ils le font émerger.
Oui, oui, oui, oui. Il y a une autre interview ce matin, toujours dans Le Figaro, c'est Jordan Bardella. La droite française n'existe plus, dit-il.
Qu'est-ce que vous lui répondez ? – Oui, il prend son rêve pour des réalité. La droite française, aujourd'hui, elle existe bien.
La preuve, c'est que nous sommes la première force politique au plan local. Et ça ne se traduit pas au niveau national. C'est quand même une difficulté.
Comment ça ? Si, au plan national, nous sommes le premier parti d'élus locaux. – Élus locaux, j'allais dire, mais sur l'ancrage territorial, personne ne vous le conteste.
Mais le problème, c'est que ça ne se traduit pas dans des élections nationales, législatives ou présidentielles. – Oui, vous avez raison, c'est-à-dire C'est-à-dire qu'on est la première force politique locale, mais on est un peu dans les choux au moment des élections. C'est pour ça que là, on doit se refaire une santé.
Et puis Jordan Bardella, tout le temps, il nous parle de l'union des droites, sauf qu'en fait, c'est la disparition tout simplement de la droite. La droite a un patrimoine idéologique qui ne peut pas disparaître. On a donné cinq présidents à la France, on a dominé la Ve République, on ne va pas disparaître derrière le Rassemblement National.
Mais ce n'est pas parce que vous êtes en train de dire dans les Alpes-Maritimes, dans les Alpes-Maritimes, dans On n'a jamais défendu le nationalisme anti-européen, la retraite à 60 ans. C'est deux entités différentes. Eux, ils sont plutôt dirigistes et étatistes sur le plan économique, nous on est plutôt libéraux.
Sur le plan européen, Jordane Bardella ne pense pas du tout comme Marine Le Pen. Elle, elle est plus, j'allais dire, souverainiste, lui est plus européiste. – Ils sont très adaptables, c'est presque même ça le problème du Rassemblement Non mais il y a un tiraillement idéologique, même entre eux.
Merci beaucoup Agnès Éverenne. Merci d'avoir été notre invité, Julien Laune de La Voix du Nord.
Agnès Evren