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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 24 novembre 2024 19 minAutoproduitFond programmatiqueDéfenseEurope & internationalInstitutions & électionsJustice

80 ans de la Libération de Strasbourg : le discours du Président Emmanuel Macron.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 100 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:36PrésentateurFait
    « Des milliers d'entre eux moururent d'épuisement quand d'autres furent menés vers les camps de la mort. »
  • 12:37PrésentateurPromesse
    « Nous décidons que Marc Bloch entrera au Panthéon. »

Temps de parole

  • Présentateur100 %

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Présentateur

Madame la Présidente du Bundesrat, Monsieur le Secrétaire général du Conseil de l'Europe, Messieurs les ministres, Mesdames et Messieurs les parlementaires, Mesdames et Messieurs les représentants du Parlement européen, Monsieur le chef d'état-major des armées, Monsieur le préfet de région, Monsieur le Président du Conseil régional, Monsieur le Président, Madame la maire, Monsieur le Président de l'Université de Strasbourg, Mesdames et Messieurs, en vos grades et qualités, Chers amis, Strasbourg, 23 novembre 1944, Un soldat français grimpe 4 à 4 les escaliers de la cathédrale, parvient au sommet, contemple un instant la capitale alsacienne.

Libre depuis quelques heures, Strasbourg à ses pieds, la flèche à portée de main, Maurice Lebrun, Du 1er Régiment des Spahis marocains, Accroche un drapeau confectionné à l'improviste, Par Emilienne Lorenz, Drapeau fait d'un bout de tablier bleu, De drap blanc, Et d'étendard nazi rouge, Bleu, blanc, rouge. Soudain, Le ciel tricolore par-dessus les toits, Soudain, L'affront et la souffrance effacés, Soudain, Le défi jeté 3 ans plus tôt, A la face du Reich, Accompli. Cette flèche tricolore perçant le ciel d'Alsace, Quelques hommes en avaient rêvé, Dès 1941. Car cette cathédrale de pierres, Dressée à Strasbourg, Avaient d'abord été une cathédrale de songes, Sculptée à Koufra.

Koufra, Ce fort tenu par l'Italie fasciste Qu'une poignée de Français libres Avaient assiégé, Après avoir traversé 300 kilomètres De mauvaises pistes, Sans carte sûre, Sans assez de carburant pour revenir, Sans d'autres puissances de feu Que leurs ruses et leurs audaces, Koufra. Ce nom, Aussitôt rentré dans la légende, En même temps que celui Qui avait ainsi forcé le destin, Philippe Leclerc de Haute-Cloque. Oui, ce jour de mars 1941, A Koufra, A peine l'impensable incompli, Leclerc demanda à ses hommes De viser encore plus haut, De tenter sans frémir l'impossible. Jurer, Jurer de ne déposer les armes Que lorsque nos couleurs, Nos belles couleurs, Flotteront sur la cathédrale de Strasbourg.

Oui, Former une espérance encore plus grande, Encore plus belle, Encore plus forte. Opposer le rêve à la solitude, L'ambition à la soumission. Réaliser l'impossible. La cathédrale. Silhouette de sa flèche Comme point de fuite d'une folle épopée, Qui mena les soldats De la deuxième débaie de Koufra, A la Libye, De la Méditerranée à la Normandie, De Paris enfin libérée, A la Bourgogne, Où ils rejoignirent l'armée Du général de Latre, Remontant de Provence. Horizon plein d'espoir et d'attente, Quand, en novembre 1944, Nos armées purent contempler La ligne bleue des Vosges, Les étoiles, Et la pointe là-bas de la cathédrale Qui les attendait, Du haut de ses mille ans d'histoire.

A la lisière de ces terres de l'Est, Dépositaires de l'honneur de la nation, Pas un de ces soldats ne l'oubliait. Avec à l'esprit l'espérance de Strasbourg et Metz, Leur serment de Koufra, La mémoire de l'arrachement de 1870 Et de la liesse de 1918. Pourtant, L'élan de nos armées Faillit être freiné, Car nos alliés américains Préféraient concentrer L'effort plus au nord Contre le Reich. La cathédrale brillait Dans toutes les têtes, L'attente était trop grande. Et le général de Gaulle exigea Et obtint Que Strasbourg fût délivré De toute urgence Par nos armées. Commença dans les vallées De Belfort à Mulhouse La bataille d'Alsace, Une campagne âpre Et douloureuse, Tant les nazis s'acharnaient.

Alors que les lignes allemandes Tenaient désespérément, Il fut encore une fois Confié à Leclerc Le soin de réaliser l'impossible, Franchir les Vosges En différents points Totalement illogiques Pour l'adversaire. Leclerc choisit Les routes les plus inconcevables Et donc les moins défendues, Salernes et Frasbourg, Enlevés à l'audace Et à la bravoure. Strasbourg enfin, Enlevés à la cavalcade, La cathédrale pavoisée. L'honneur restauré De notre armée. Comme le proclama Le général de Gaulle, Biscric de la 2e DB Lavait l'affront De la défaite de 40. Quand quelques semaines plus tard, La contre-offensive allemande Menaça d'enlever la ville, A nouveau, L'impossible fut réalisé.

Le général de l'âtre Désobéit aux consignes De repli des alliés Et ses hommes, Venus de toute l'Afrique, Du Tchad à Madagascar, Mais aussi du Maghreb, D'Afrique ou du Pacifique, Tout cela fortifièrent Nos lignes enneigées. Dans des bois d'Alsace, Parmi les cris Des moutons de Tabor, Avec leur bazooka de Corrèze, Les hommes de la brigade Alsace-Lorraine, Conduites par le colonel André Malraux, Se portèrent à la rencontre Des chars de Van Ronstedt, Lancés de nouveau Contre Strasbourg. Strasbourg avait tenu bon. Notre drapeau français Pût flotter encore Sur la cathédrale Imarcessible.

Alors de cette flèche Se dessinaient Les vallons alsaciens Blanchis de givre Où les combats se poursuivaient Jusqu'à la libération De Colmar en février. Saison de mort Et de sacrifice Sur ces terres orientales De la France. Jamais, Dira le général, L'Alsace et la Lorraine N'avaient été plus près Du cœur de la nation. Pourtant, Les nazis avaient voulu Déraciner de notre cœur Ces terres d'Alsace Et de Moselle, Mues par un irrépressible Soif de vengeance. Tel Hitler, Rentrant dans Strasbourg Et s'exclamant Il aurait fallu Renoncer à cela. Déraciner. Forcer toute une population A renoncer à la liberté. Lui interdire L'usage du français.

Expulser les juifs Et les tziganes D'Alsace-Moselle Avant d'organiser La déportation systématique Des juifs de France. Mettre en place Un endoctrinement de masse Et des camps de rééducation. Appliquer comme en Allemagne La loi totalitaire Sous la coupe d'un gauleiter. Alors oui, Plus près du cœur. L'Alsace et la Moselle Avec l'ampleur De leur martyr, De leur calvaire, De cette annexion de fête. Unique sur notre territoire. Plus près du cœur. Nos compatriotes ici. Leur réseau de résistance Permettant les filières d'évasion, L'action clandestine Et bientôt la libération de la zone. Plus près du cœur. Ces milliers d'Alsaciens Et de Mosellans Morts pendant cette guerre.

Morts parce que chacun, A leur façon, Ils étaient de France Fraternellement, Indissolublement. Et nous lirons au mémorial Chacun de leur nom. Plus près du cœur. L'Alsace et la Moselle. Et lorsque l'Allemagne nazie Incorpora de force Notre jeunesse d'Alsace Et de Moselle Comme des enfants du Reich Alors qu'ils étaient Des enfants de France Commettant là Un crime de guerre. Ces malgré nous Incorporés de force Vécurent un supplice. Dans le froid du front soviétique Où ils furent projetés. Où 40 000 d'entre eux moururent. Dans les combats Ou plus tard en captivité. Ces enfants d'Alsace Et de Moselle Furent capturés. Habillés d'un uniforme Qu'ils détestaient.

Au service d'une cause Qui les faisait esclaves. Instruments d'un crime Qui les tuait aussi. Menacés de représailles S'ils tentaient de fuir. Cela comprirent parfois aussi Dans leur rang des enfants perdus Qui endossèrent La cause néfaste du Reich. Il nous faut reconnaître Les souffrances que les premiers subirent. Celles que les seconds Dans leur petit nombre causèrent. Cette souffrance Dont la responsabilité première Incombe au régime nazi. Plus près de nos cœurs. Comme une déchirure. C'est malgré nous. Ces enfants incorporés D'Alsace et de Moselle Dont la tragédie doit être nommée. Reconnue. Et enseignée. Car elle est celle de notre nation. Plus près du cœur.

Toutes les victimes des nazis En Allemagne. Ceux passés par le camp De Natwila Strutov. Ces cohortes de prisonniers Venus de toute l'Europe. Ces résistants arrêtés Sous la règle du décret Nuit et brouillard. Chefs de file de la lutte Contre l'occupant. Tel le général Frère Ou le général Deletrin. Prisonniers de droits communs Allemands. Juifs. Ziganes. Homosexuels. Tous captifs. Affamés. Maltraités. Accablés du froid De la montagne Vosgienne Et de ce camp De Natwila Strutov.

Des milliers d'entre eux Moururent d'épuisement Quand d'autres furent menés Vers les camps de la mort Ailleurs dans le Reich Et quand certains même Connurent là L'extermination Dans la chambre à gaz Aménagée En contrebas du camp Ces femmes et ces hommes Ces victimes Dont nous honorerons Tout à l'heure La mémoire En ravivant la flamme Des déportés Oui Ce chemin À travers la barbarie nazie Nous le prendrons Tout à l'heure Les yeux ouverts Les yeux ouverts Sur cette maison De la mort Que fut le Strutov Les yeux ouverts Sur ce passé De notre Europe Les yeux ouverts Sur notre présent Où l'antisémitisme Rôde et frappe Plus près du cœur L'Alsace et la Moselle Assurément Terre d'espérance Où l'impossible Devient possible Que l'impossible S'appelle souveraineté République Avec Clébert et Rouget de Lille Liberté et patrie Avec Leclerc et Malraux Europe et paix Entre les peuples Avec Jean Monnet Robert Schumann René Cassin Car après guerre La France et l'Allemagne Bâtirent un nouvel espace Fait de paix De liberté De progrès Et si nous sommes tous Aujourd'hui Les enfants De cette espérance Notre Europe Est née ici Dans ce berceau Sur les rives du Rhin Passage et pont Entre deux pays Fraternellement unis Comme pour Koufra Il fallut Pour faire advenir Ce beau et grand rêve De l'audace De l'effort Du courage Et de la lucidité Au fond Une volonté Prendre la parole Ici Dans cette enceinte De l'université Nous rappelle que le fil De cette volonté Ne doit jamais se perdre De génération en génération D'une jeunesse l'autre Pour tisser Cette irrésistible volonté Il faut chaque fois Des éclaireurs Des passeurs Des professeurs Des braves Voir des martyrs Parmi ces sentinelles De l'esprit Ces courageux De l'armée des ombres Marc Bloch Volonté française Incarnée Par sa lucidité Par son courage Enfant de l'universalisme français Enfant de ces juifs D'Alsace Qui exprimèrent La volonté En 1870 D'adopter notre république Celle qui émancipe Et protège Professeur à son tour Pour enraciner En chaque cœur L'amour des lumières Et l'amour de notre patrie Grand savant Passeur d'une histoire Médiévale Qui tisse encore Notre imaginaire Humaniste d'Europe Quand Marc Bloch Fut témoin Du désastre de 1940 Il écrivit Pour les générations A venir Le récit De cette étrange défaite Celle de notre volonté Française Émoussée par le conservatisme Endormie par le conformisme Amolie par la bureaucratie Délaissée par une partie De ses élites Lucidité cinglante Qui nous frappe Aujourd'hui encore Audace des mots et des idées Qui se doubla du courage physique Résistant Prenant sa place Lui l'homme des lumières Dans l'armée des ombres Frère d'armes Du réseau franc-tireur Arrêté Puis torturé Professeur toujours Enseignant l'amour de la France A ceux comme lui Emprisonné à Montluc Animé de cette volonté française Jusqu'à son dernier souffle Jusqu'à l'assassinat Par la Gestapo Car Marc Bloch Ne désespéra jamais Du ressort de notre peuple Certain que le courage N'est pas une affaire De carrière ou de caste Non Jamais il ne désespéra Comme si Marc Bloch Pressentait par avance Ce grand souffle Qui passait de Koufras A l'île de Saint D'Aiglière Au Vercors A la Provence Du Conseil national De la résistance A ceux de la fiche rouge Ce souffle Cette volonté française Que rien n'arrête Qui traverse les déserts Rêve de cathédrales Et fonce sur le chemin des Vosges Oui De la lucidité Et de la résistance De Marc Bloch A la libération de Strasbourg Il y a ce cortège Des volontés Qui ont permis à la France De redevenir libre Cette confiance Dans notre peuple Dans son audace C'est pourquoi En cette université Et en ce jour Pour son oeuvre Son enseignement Et son courage Nous décidons que Marc Bloch Entrera au Panthéon Et depuis Strasbourg Dans la lumière De ses figures Dans la mémoire Du sacrifice De ceux Tomber pour la patrie Nous échoua Un autre serment Celui que nous forgeons Aujourd'hui Relever cette volonté française Rêver d'autres cathédrales Vouloir toujours l'Europe Imaginer d'autres victoires Et choisir à chaque instant La volonté de faire de grandes choses Contre l'étrange défaite Vive l'Europe Vive la République Vive la France Et vive Strasbourg Libérée Merci d'avoir regardé cette vidéo

17:26
Locuteur

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