Face à face : Manuel Valls et Jean-Christophe Lagarde - Archive vidéo INA
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 45 %Attaque 30 %Défensif 25 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:15FerméeRéponse directe
Fallait-il oui ou non donner au préfet la possibilité de rétablir un couvre-feu ?
- 1:00ComplaisanteRéponse directe
Jean-Christophe Lagarde, vous êtes d'accord ?
- 2:15OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est d'après vous une bonne réponse que donne le premier ministre ou est-ce que ça ne condamne pas de fait ces jeunes qui sont en échec scolaire à aller directement dans une filière professionnelle ?
- 4:15OuverteRéponse directe
Est-ce que vous attendiez de la part du premier ministre qu'il généralise le CV anonyme ?
- 7:00OuverteRéponse directe
Le premier ministre a beaucoup dire qu'il souhaitait renforcer le pouvoir des maires. Vous avez entendu des choses concrètes hier ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:30Manuel VallsFait
« oui, ces mesures de couvre-feu peuvent être utiles à condition qu'elles s'appliquent dans le temps, avec discernement et en accord absolu avec les élus locaux et les maires notamment. »
- 2:30Manuel VallsChiffre
« la plupart des jeunes qui sortent de le système scolaire et qui trouvent du travail sont ceux qui passent par l'apprentissage. »
- 6:30Jean-Christophe LagardeFait
« dans ma ville, on paye plus d'impôts que dans le cœur de Paris. »
- 8:30Manuel VallsFait
« nous avons surtout besoin d'une réforme fiscale. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Alors, les mesures annoncées par Dominique de Villepin constituent-elle une bonne réponse aux 12 nuits d'affrontement dans les banlieux ? C'est le thème du face à face du 13h. Et pour ce face-à, nous recevons Manuel Vals, député maire PS d'Évri et Jean-Christophe Lagarde, député maire UDF de Drancy.
Merci à vous deux d'être avec nous. Première question. Fallait-il oui ou non donner au préfet la possibilité de rétablir un couvre-feu ?
Nous avons besoin de toute la République, de la réhabiliter totalement. Donc il faut rétablir l'ordre républicain, il faut aussi la justice sociale. Donc oui, ces mesures de couvre-feu peuvent être utiles à condition qu'elles s'appliquent dans le temps, avec discernement et en accord absolu avec les élus locaux et les maires notamment.
Jean-Clais Lacard, vous êtes d'accord ? Écoutez, en tout cas, pour le département de la samedi, c'est déjà trop tard. C'est il y a quelques jours parce que depuis les maires, les animateurs, les policiers, les grands frères aussi sont venus pour eux-mêmes rétablir le calme parce que chez nous, c'est plus difficile de construire qu'ailleurs.
C'est vrai aussi chez Manuel Vals. Et quand on démolit, c'est plus difficile encore de reconstruire. Alors ça peut être utile quand l'État est débordé, mais moi je mets en garde le gouvernement. n'all pas n'allez pas appliquer un couvre-feu sans l'accord des élus locaux là où nous avons fait votre travail au cours de ces derniers jours.
Alors Madelas, vous comprenez que votre position puisse surprendre parce qu'à gauche on entend beaucoup de gens dire mais ça risque de renforcer la violence ce couvre-feu d'envenimeritation d'envenimer la situation. où nous en sommes partout en France, la priorité est forcément au rétablissement de l'ordre républicain. Et pour la gauche, ce sont les couches populaires, les plus modestes, qui sont aujourd'hui atteints dans leur dans leur bien, ces voitures qui brûlent, ces équipements publics dans les quartiers populaires qu'on a détruit.
Donc si la gauche veut renouer avec les couches populaires, elle doit être comprendre d'entendre euh ce message euh des couches populaires de ceux qui sont euh les plus en difficulté et des élus de terrain. En ce qui concerne l'apprentissage à 14 ans, est-ce que c'est d'après vous une bonne réponse que donne le premier ministre ou est-ce que ça ne condamne pas de fait ces jeunes qui sont en échec scolaire à aller directement dans une filière professionnelle ? Mais attendez, j'ai été effaré de la réaction des syndicats enseignants.
Il considère l'apprentissage comme une voie d'échec. Aujourd'hui, la plupart des jeunes qui sortent de le système scolaire et qui trouvent du travail sont ceux qui passent par l'apprentissage. Et pour avoir été surveillant pendant quelques années, je peux vous dire une chose, c'est quand un gamin entre 14 et 16 ans ne vient plus en cours parce qu'il n'a plus envie ou parce que ça vit à un moment donné pose de telles difficultés qu'il n'y a parvient pas, il y a mieux, il y a plus intérêt à le réintéresser par ce moyen là.
Il y a qu'une seule condition à ce que disait Dominique de Villepin, c'est que ça soit pas systématique et généralisé mais surtout qu'il y a une deuxième chance parce que à 14 ans, vous pouvez ne pas aller bien et à 20 ans avoir envie de faire autre chose. Donc il faudra la deuxième chance mais je préfère ça plutôt que de considérer que tout le monde marche du même pas et qu'on va les laisser pour ceux qui tombent sur le côté, on va les laisser sans essayer quelque chose. Au moins il essayent, là c'est pas plus mal.
Euh ils disent pas que ça. On a entendu un formateur dans le reportage dire 14 ans, c'est beaucoup trop jeune, on peut pas s'inscrire dans une démarche d'une entreprise à 14 ans dans une démarche de formation. Vous avez, nous avons la chance d'avoir la faculté des métiers, la seule qui regroupe tous les centres de formation et d'apprentis du secteur dans un campus qui est extraordinaire.
C'est une formidable vitrine de l'apprentissage et de la formation professionnelle et continue. Moi, je crois que c'est une voix royale et donc à 14 ans et donc il doit y avoir la possibilité effectivement pour ceux qui ont 14 ans d'épouser cette voix là à condition qu'on travaille en alternance avec l'éducation, avec les entreprises et qu'on donne la possibilité de revenir à d'autres formations. Mais c'est une voie qu'il faut explorer.
C'est une proposition en tout cas qu'on peut faire à notre jeunesse. Alors dans le domaine de l'emploi, on aussi on entend aussi beaucoup parler de discrimination. discrimination à l'embauche pour tous ces jeunes des cités.
Est-ce que vous attendiez de la part du premier ministre qu'il généralise le CV anonyme ? Très sincèrement, je pense pas que ce soit une bonne réponse parce queau-delà du CV, il y a la rencontre et que c'est un travail en profondeur dans la société française pour faire en sorte que euh le nombre le nombre de jeunes issus de l'immigration qui ont bac + 4, bac + 5 et qui se trouvent cinq fois plus nombreux que leurs collègues qui ont les mêmes diplômes à être au chômage, c'est pas acceptable pour la société française. Mais c'est pas ceux-là qui sont en train de de brûler quelques quartiers.
C'est en l'occurrence au chômage, ils peuvent être au chômage, ils sont au chômage et c'est ceuxlà qui nous ont aidé à rétablir la règle. Alors moi, s'il y a discrimination, il faudrait qu'il y ait discrimination positive peut-être. Regardez, en France, on fait un faux débat là-dessus.
On accepte que ça existe parce que les villes plus pauvres touchent plus d'argent que les villes riches. Parce que quand vous vous installez dans un quartier difficile, vous payez pas d'impôt. Moi, je me demande pourquoi que une entreprise qui embauche quelqu'un d'un de ses quartiers ne bénéficie pas elle aussi d'une exonération.
Ça permettrait de redonner à chacun sa chance et d'avoir dans chaque cité des exemples de gens qui réussissent parce que en réalité tout ce qu'il demande c'est ça. Alors exonération, c'est un peu le cas avec les zones franches hein parce que quand on embauche un/ers des jeunes du quartier, on a effectivement des exonérations fiscales. Euh vous ça vous semble normal qu'il y ait pas justement ce CV anonyme demandé par le premier ministre qui laisse la responsabilité aux entreprises ?
C'est une manière de cacher la réalité des problèmes, ce CV anonyme. Donc je n'y crois pas beaucoup. Euh la priorité c'est l'éducation, la formation, réhabiliter l'ascenseur social, qu'il fonctionne enfin et donner non seulement le goût au travail mais permettre à toutes ces jeunesses d'accéder au logement, à l'emploi.
Et donc la lutte contre les discriminations, oui, c'est évidemment euh essentiel. Dernière question très rapidement à vous deux, hein. Le premier ministre a beaucoup dire qu'il souhaitait renforcer le pouvoir des maires.
Vous avez entendu des choses concrètes hier ? Non, nous avons surtout besoin de moyens. Nous avons surtout besoin d'une réforme fiscale.
Savez-vous que dans ma ville, on paye plus d'impôts que dans le cœur de Paris. Donc c'est d'une véritable réforme fiscale qui donne de véritables moyens aux collectivités pour agir dont nous avons besoin. Je concerne les moyens, j'aurai la même réponse.
En plus, la phrase du premier ministre est très flou. Et il y a une autre phrase qui m'a beaucoup choqué, c'est dire qu'en 18 mois, on va arriver à faire ce qui ne sont pas fichus de nous donner les moyens de faire depuis des mois. Alors là, oui, il faut des lois d'exception pour que sur le sur le logement pour que les progressions de de l'enrugle, l'Agence nationale de de rénovation urbaine nous permettent de voir arriver l'argent et de faire.
Et il faut des lois d'exception pour qu'on soit en mesure de chinter pendant quelques temps les lois sur les marchés publics, sur les permis de construire. Nous, on est prêt à faire, c'est l'État qui est en retard aujourd'hui.
Jean-christophe Lagarde