đŽ DIRECT - L'interview intĂ©grale de Manuel Bompard sur RMC
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. Ă recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
GĂ©nĂ©rĂ©e par IA â peut contenir des erreurs. MĂ©thodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 55 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:00OuverteĂludĂ©e
Contre quoi vous vous ĂȘtes opposĂ© et qui a plu aux Français ?
- 0:39OuverteRéponse partielle
Vous ne l'avez pas vu, cette fusée Attal décoller ?
- 1:14OuverteRéponse directe
On va revenir sur le bilan. Et d'ailleurs, on entend les différents syndicats qui reprochent à Gabriel Attal de quitter l'éducation nationale.
- 1:26OuverteRéponse directe
Ils ne veulent pas qu'ils partent ?
- 2:12OuverteRéponse directe
J'écoute ce que disent notamment les syndicats de profs.
- 2:23OuverteRéponse directe
Manuel Bompard, l'interdiction de la Bayra, qui a été une des mesures emblématiques de Gabriel Attal.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:09Invité politiqueFait
« On parle, je crois, de son bilan au ministĂšre de l'Ăducation nationale, c'est ça ? »
- 0:14Invité politiqueChiffre
« Qui fait qu'aujourd'hui, la France est championne d'Europe des classes surchargées. »
- 0:18Invité politiqueChiffre
« les rémunérations des enseignantes et des enseignants sont à peu prÚs 20% inférieures à la moyenne de l'OCDE. »
- 0:23Invité politiqueFait
« à la rentrée 2023, une classe sur deux n'avait pas d'enseignants. »
- 1:47Invité politiqueFait
« Le Conseil supérieur de l'éducation, c'est une instance dans laquelle il y a justement les représentants du personnel, les représentants des enseignants. »
- 1:53Invité politiqueChiffre
« Ils ont donné un avis sur la réforme du lycée professionnel. Il y a eu zéro voix pour, 50 voix contre, à peu prÚs 20 abstentions. »
- 3:08Invité politiqueChiffre
« 300 000 personnes qui dorment dans la rue. »
- 4:45Invité politiqueFait
« on a connu un record historique de versement des dividendes aux actionnaires. »
- 4:53Invité politiqueFait
« les salaires, depuis deux ans, ont progressé plus faiblement que les prix. »
- 5:22PrésentateurChiffre
« Les annonces et les différents économistes, c'est d'ailleurs qu'en 2024, les salaires vont augmenter encore plus que l'inflation. »
- 5:46Invité politiqueFait
« Depuis deux ans, le conseil est totalement clair. »
- 5:52Invité politiqueFait
« M. Le Maire, il nous a annoncé depuis un an et demi qu'on était au pic de l'inflation. »
- 6:07Invité politiqueChiffre
« on va avoir au 1er février de cette année encore 10% d'augmentation sur le prix de l'électricité. »
- 6:12Invité politiqueChiffre
« Il y a déjà eu 25% d'augmentation du prix de l'électricité l'année derniÚre. »
- 17:01Invité politiqueChiffre
« une réforme des retraites passée en force malgré l'opposition de à peu prÚs 9 actifs sur 10. »
Temps de parole
- Manuel Bompard81 %
- Présentateur19 %
â 9,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections dĂ©tectĂ©s).
ModÚle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Contre quoi vous vous ĂȘtes opposĂ© et qui a plu aux Français ?
Non mais attendez, d'abord le succĂšs de Gabriel Attal. On parle, je crois, de son bilan au ministĂšre de l'Ăducation nationale, c'est ça ? Qui fait qu'aujourd'hui, la France est championne d'Europe des classes surchargĂ©es. Qui fait qu'aujourd'hui, en France, les rĂ©munĂ©rations des enseignantes et des enseignants sont Ă peu prĂšs 20% infĂ©rieures Ă la moyenne de l'OCDE. On parle du fait qu'Ă la rentrĂ©e 2023, une classe sur deux n'avait pas d'enseignants. Qui n'ont pas pu ĂȘtre remplacĂ©s. Si ça, vous appelez ça un succĂšs ? Moi, j'ai plutĂŽt l'impression qu'en Macronie, en quelque sorte, on promeut les ministres qui ont le plus mauvais bilan.
Vous ne l'avez pas vu, cette fusée Attal décoller ? L'opinion publique qui, sondage aprÚs sondage, en a fait le personnage politique préféré des Français.
Je pense que Gabriel Attal fait essentiellement de la communication. Et je crois que les Françaises et les Français, ils attendent d'avoir des dirigeants qui changent leur vie, qui font en sorte que la situation soit moins difficile. En l'occurrence, par exemple, dans l'éducation nationale, qui fasse en sorte que nos élÚves aient des professeurs devant eux quand ils vont à l'école, que nos élÚves aient des fournitures scolaires pour pouvoir étudier dans des bonnes conditions. Et sur ces sujets-là , je crois effectivement que le bilan de Gabriel Attal n'est pas un bon bilan.
On va revenir sur le bilan. Et d'ailleurs, on entend les différents syndicats qui, d'abord, reprochent à Gabriel Attal de quitter l'éducation nationale. Donc, au fond, est-ce que ça ne laisse pas entendre qu'ils étaient plutÎt contents qu'ils soient à l'éducation nationale ? Ils ne veulent pas qu'ils partent ?
Vous croyez ? Moi, Ă©coutez, j'ai lu les rĂ©actions des organisations syndicales d'enseignants aprĂšs le dĂ©part de M. Attal. Ils lui reprochent effectivement de partir. Ils lui reprochent aussi l'absence de politique pour rĂ©pondre aux difficultĂ©s qu'ils rencontrent au quotidien. Vous ne le savez peut-ĂȘtre pas, mais par exemple, lundi, il y a eu un vote Ă ce qu'on appelle le Conseil supĂ©rieur de l'Ă©ducation. Le Conseil supĂ©rieur de l'Ă©ducation, c'est une instance dans laquelle il y a justement les reprĂ©sentants du personnel, les reprĂ©sentants des enseignants. Ils ont donnĂ© un avis sur la rĂ©forme du lycĂ©e professionnel. Il y a eu zĂ©ro voix pour, 50 voix contre, Ă peu prĂšs 20 abstentions.
Ăa, c'est concret, vous voyez, ce n'est pas de la communication. Donc, je vois bien le rĂ©cit qu'on essaye d'installer de Gabriel Attal, qui aurait Ă©tĂ© un ministre extraordinaire de l'Ă©ducation nationale. Je crois que la rĂ©alitĂ© est toute inverse.
J'écoute ce que disent notamment les syndicats de profs. Et puis, j'écoute aussi...
Les syndicats de profs, ils ne disent pas qu'ils sont trÚs contents du bilan de Gabriel Attal et de l'éducation nationale.
Non, non, mais je vous ai dit exactement ce qu'il disait. C'est-Ă -dire qu'il lui reproche pour l'instant de partir. Mais c'est vrai que quand on reproche Ă quelqu'un de partir, c'est qu'on a envie qu'il reste. Manuel Bompard, l'interdiction de la Bayra, qui a Ă©tĂ© une des mesures emblĂ©matiques de Gabriel Attal, l'autoritĂ©, faire de l'autoritĂ©, du retour de l'autoritĂ©, la sĂ©lection, le fait de remettre des examens. Tout ça, c'est exactement ce sur quoi vous vous ĂȘtes opposĂ©. On est bien d'accord.
Bien sûr, mais je continue à m'y opposer. D'ailleurs, je pense que, par exemple, l'interdiction de la Bayra a été une formidable opération de diversion pour faire en sorte qu'on ne regarde pas précisément quelles étaient les difficultés de la rentrée scolaire. Et les difficultés de la rentrée scolaire sont celles dont je vous ai parlé tout à l'heure. C'est-à -dire le fait qu'il n'y avait pas d'enseignants pour éduquer nos enfants. C'est-à -dire le fait que nos enfants avaient du mal à pouvoir disposer des livres, des fournitures qui leur permettent d'étudier dans des bonnes conditions. Et je pense que M. Attal est un spécialiste des gadgets de communication.
Mais ce ne sont pas les vrais problÚmes auxquels est confronté aujourd'hui l'enseignement.
Vous remettriez la Bayra ?
Mais ce n'est pas moi qui décide de mettre ou de ne pas mettre la Bayra.
Si vous ĂȘtes au pouvoir, ça fait partie des dĂ©cisions. Est-ce que vous rĂ©autoriseriez ?
Bien sĂ»r, je pense que cette mesure Ă©tait une mesure inutile, qui Ă©tait une mesure de diversion, qui concernait une toute petite poignĂ©e. Non, mais ce n'est pas au-delĂ , c'est quand mĂȘme le sujet principal.
Sur le fond, vous, elle est fine au pouvoir.
Mais moi, j'Ă©tais opposĂ© Ă son interdiction, Apolline de Malherbe, je suis cohĂ©rent. Donc Ă partir du moment oĂč j'Ă©tais opposĂ© Ă son interdiction, il est Ă©vident.
Vous autoriseriez officiellement le port de la Bayra à l'école ?
Mais bien sĂ»r, je pense que c'Ă©tait une mesure stigmatisante, totalement inutile. D'ailleurs, on nous avait annoncĂ© des grandes difficultĂ©s, il n'y en a eu aucune, qui Ă©tait bien la preuve que les jeunes femmes qui mettaient cette tenue n'Ă©taient pas du tout dans une logique d'affrontement. Ă partir du moment oĂč la loi a Ă©tĂ© changĂ©e, elles l'ont respectĂ©e. Et je pense qu'elles l'ont mal vĂ©cue.
Mais vous reviendriez en arriĂšre, en tout cas, si vous arrivez Ă ...
Mais oui, parce que je pense que c'Ă©tait une stigmatisation totalement inutile. Bref, vous ĂȘtes en train d'essayer de me faire croire que le bilan de Gabriel Attal Ă l'Ă©ducation nationale Ă©tait formidable. Je pense que c'est un bilan qui est un bilan calamiteux. Et je pense que le prĂ©sident de la RĂ©publique le promeuve en dit long, sur la maniĂšre avec laquelle on progresse en Macronie, c'est-Ă -dire quand on fait une mauvaise politique.
Alors Ă©coutons ce qu'il a dit hier lors de son arrivĂ©e Ă Matignon. Il a parlĂ© notamment du rapport au travail. « Travailler doit toujours payer plus que ne pas travailler ». Est-ce que vous ĂȘtes d'accord avec ça ?
Ah bah oui, bien sĂ»r, je suis d'accord. Mais alors, dans ce cas-lĂ , j'imagine, par exemple, qu'il va faire en sorte de s'attaquer au fait que cette annĂ©e, on a connu un record historique de versement des dividendes aux actionnaires. Les dividendes, ce ne sont pas des revenus du travail. Alors que dans le mĂȘme temps, les salaires, depuis deux ans, ont progressĂ© plus faiblement que les prix. C'est-Ă -dire que trĂšs concrĂštement, les Françaises et les Français ont vu leur salaire diminuer. Donc lĂ aussi, moi, je veux aller au-delĂ des mots, des grandes phrases que M.
Attal, s'il veut aller au bout de cette logique, nous dise ce qu'il compte faire pour faire en sorte que les salaires des Françaises et des Français progressent enfin. Est-ce qu'il est prĂȘt Ă augmenter le SMIC ? Est-ce qu'il est prĂȘt, comme on l'a proposĂ© dans notre niche parlementaire au mois de novembre dernier, Ă indexer les salaires sur l'inflation, pour faire en sorte que quand les prix augmentent, le pouvoir d'achat des Françaises et des Français ne diminue pas ?
Les annonces et les différents économistes, c'est d'ailleurs qu'en 2024, les salaires vont augmenter encore plus que l'inflation. Donc si on est sur votre loi, ça va presque tirer les salaires vers le bas.
Non, parce que c'est un minimum, Apolline de Malheur. On n'empĂȘche bien Ă©videmment pas d'augmenter. Non, parce que lĂ , ça se fait tout seul. Non, ça ne se fait pas tout seul, ce n'est pas vrai. Depuis deux ans, si vous prenez l'augmentation des salaires par rapport Ă l'augmentation des prix, les prix ont augmentĂ© davantage que les salaires. Depuis deux ans ? Non, mais ça, on est bien d'accord. Depuis deux ans, le conseil est totalement clair. M. Le Maire, il nous a annoncĂ© depuis un an et demi qu'on Ă©tait au pic de l'inflation. Depuis un an et demi, il nous dit « ça y est, c'est fini ». Depuis un an et demi, les prix continuent Ă augmenter et Ă progresser. Donc je vois que M.
Attal nous a fait une belle formule sur le travail qu'il doit payer. Mais aujourd'hui, le travail ne paye pas. Il y a beaucoup de travailleurs pauvres. Il faut faire en sorte que leur salaire augmente. Il faut faire en sorte qu'on bloque les prix. On va avoir, il fait froid en ce moment, on va avoir au 1er fĂ©vrier de cette annĂ©e encore 10% d'augmentation sur le prix de l'Ă©lectricitĂ©. Il y a dĂ©jĂ eu 25% d'augmentation du prix de l'Ă©lectricitĂ© l'annĂ©e derniĂšre. Est-ce que M. Attal va s'engager Ă bloquer les prix de l'Ă©lectricitĂ© pour faire en sorte que les Français ne soient pas encore plus en difficultĂ© pour pouvoir se chauffer, par exemple ? Ăa, c'est des sujets concrets.
Sur lesquels, moi, j'attends maintenant que M. Attal nous présente une feuille de route, qu'il vienne devant l'Assemblée nationale, qu'il présente cette feuille de route, et qu'il se soumette, comme on le fait dans toutes les démocraties du monde...
Et qu'il se soumette Ă votre motion de dĂ©fiance. Non, non, non, Ă un vote de confiance. Vous avez quand mĂȘme tout de suite dit, s'il demande un vote de confiance, on dĂ©posera une motion de dĂ©fiance.
Non, vous avez mal compris ce que nous disons.
Alors expliquez-nous, c'est ce que j'ai compris hier des propos de Mathilde Panot.
Nous demandons Ă ce que, comme dans toutes les dĂ©mocraties du monde, dans toutes les dĂ©mocraties parlementaires du monde, un Premier ministre, quand il vient d'ĂȘtre nommĂ©, il se prĂ©sente devant l'AssemblĂ©e nationale. Il prĂ©sente sa feuille de route, et il se soumet Ă un vote de confiance. VoilĂ ce que nous demandons. Et nous disons que si M. Attal refuse de se soumettre Ă un vote de confiance, nous le forcerons, entre guillemets, Ă se soumettre Ă un vote de confiance par le dĂ©pĂŽt d'une motion de censure. Mais moi, je prĂ©fĂšre qu'il se soumette Ă un vote de confiance, et dans ce cas-lĂ , il n'y aura pas besoin de motion de censure.
â Mais elle se fera naturellement, la censure.
â Je ne sais pas, pourquoi ne se soumettrait-il pas Ă un vote de confiance ?
â Peut-ĂȘtre parce qu'il se dit qu'il n'a pas la majoritĂ©.
â Oui, mais Ă©coutez, il y a quand mĂȘme quelque chose de formidable dans cette histoire. M. Macron a licenciĂ© Mme Borne. Je crois que tout le monde a lu le courrier de dĂ©part de Mme Borne, tout le monde a compris que c'est lui qui l'avait licenciĂ©. Dans une Ă©quipe de football, Mme Apolline de Malherbe, quand on licencie l'entraĂźneur, c'est que les rĂ©sultats ne sont pas bons. Donc, qu'est-ce que M. Macron reproche Ă Mme Borne ? Et qu'est-ce qu'il a l'intention de demander Ă M. Attal de changer ? Ăa serait quand mĂȘme normal qu'on le sache.
â La logique pour vous aurait Ă©tĂ© vers la dissolution ? Vous la demandez toujours ?
â Non, la logique, c'est qu'Ă partir du moment oĂč il y a un nouveau Premier ministre, il nous prĂ©sente sa feuille de route, et il nous dit sur la base de quelle majoritĂ© il compte gouverner le pays. Et que s'il n'est pas capable de rĂ©unir une majoritĂ©, effectivement, on retourne au vote devant les Ă©lectrices et les Ă©lecteurs pour qu'il puisse y avoir une majoritĂ©. S'il n'y a pas de majoritĂ©, on va avoir exactement la mĂȘme chose que ce qu'on a depuis un an et demi, c'est-Ă -dire la multiplication des 49-3 Ă rĂ©pĂ©tition, c'est-Ă -dire des tractations de couloirs, comme on l'a connue tout au long de l'annĂ©e 2023, pour essayer d'arracher une majoritĂ© sur tel ou tel texte de loi.
â Mais comment techniquement, j'ai l'impression que tout ça est trĂšs thĂ©orique, on sait que dans les faits, il n'y a pas de majoritĂ© ?
â Je ne sais pas, pour qu'il puisse y avoir⊠â Vous le savez, vous savez compter. â Mais non, mais parce qu'Apolline de Malherbe, vous partez du principe⊠â Non, mais vous savez compter, tout le monde sait compter. â Je sais compter, je sais que ce qui constitue aujourd'hui la minoritĂ© gouvernementale est effectivement minoritaire. â Voyez, vous-mĂȘme vous le dites. â Mais bien sĂ»r.
â Donc vous dites je ne sais pas, mais enfin vous l'avez la minoritĂ©.
â Mais attendez, attendez, allons au bout du raisonnement. Ă partir du moment oĂč vous avez un Premier ministre, sa responsabilitĂ©, c'est d'aller chercher une majoritĂ© pour soutenir sa politique. Mais Ă partir du moment oĂč il ne veut rien changer, il ne veut rien bouger, il considĂšre que tout le monde doit s'aligner sur ses positions, alors oui, effectivement, il ne peut pas convaincre de majoritĂ©, mais il pourrait avoir une autre dĂ©marche, essayer de chercher une majoritĂ© pour faire en sorte que sa politique soit soutenue par une majoritĂ© de dĂ©putĂ©s et pour qu'elle puisse ĂȘtre mise en Ćuvre.
â Alors allons jusqu'au bout, il vient vous voir, il vous dit Ă©coutez, est-ce qu'on pourrait gouverner ensemble ? Vous dites pourquoi pas ?
â Je lui dis qu'est-ce que vous ĂȘtes prĂȘt Ă changer par rapport Ă ce que vous faites depuis un an et demi, depuis sept ans bientĂŽt, et si vous voulez mettre en place la mĂȘme politique, bien sĂ»r que non, puisque je la conteste et que je la combats. Mais si M.
Attal, il ne le fera pas, vient me voir et me dit je suis prĂȘt Ă bloquer les prix sur les produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ©, je suis prĂȘt Ă augmenter les salaires, je suis prĂȘt Ă mettre en place enfin une vraie planification Ă©cologique, je suis prĂȘt Ă passer Ă une sixiĂšme rĂ©publique, alors discutons, mais vous savez trĂšs bien qu'il ne le fera pas, puisque tout ce qu'il fait depuis maintenant sept ans, c'est prĂ©cisĂ©ment l'inverse que ce que je viens de proposer.
â Sur cette question des salaires, effectivement, il a dit qu'il fallait une plus grande diffĂ©rence entre ceux qui travaillent et qui vivent de leur travail, et il a laissĂ© entendre, ça veut dire qu'il faut aussi moins aider les autres, en quelque sorte. Il l'avait dit d'ailleurs quand il Ă©tait ministre du budget, il avait dit les classes moyennes ont le sentiment qu'on balance des canadaires d'argent public pour aider ceux qui ne bossent pas. La France laborieuse qui se lĂšve tous les matins en ayant le sentiment de travailler pour les autres, c'est cette France-lĂ qui est notre prioritĂ©.
â Mais attendez, qui sont les privilĂ©giĂ©s dans ce pays ? Il faut arrĂȘter avec cette logique. Vous croyez qu'une personne qui aujourd'hui vit au RSA, une personne qui cherche un travail mais qui n'en trouve pas et qui touche des allocations au chĂŽmage, vous croyez que c'est une personne privilĂ©giĂ©e, vous croyez qu'elle vit bien, vous croyez que quand les prix de l'alimentation ont augmentĂ© de plus de 20%, les prix de l'Ă©nergie de 25%, vous croyez que les gens vivent bien quand ils n'ont pas de travail aujourd'hui ?
â Un certain gars, il y a rĂ©pondu par des manifestations, il avait dit⊠â VoilĂ qui sont les vrais privilĂ©giĂ©s. â Il s'Ă©tait adressĂ© Ă vous, Ă l'AssemblĂ©e, il avait dit quand est-ce qu'une manifestation a rempli le frigo ?
â Plein de fois, au moment du Fonds populaire, quand on a augmentĂ© l'augmentation des salaires, heureusement qu'il y a eu des gens qui se sont mobilisĂ©s pour faire en sorte que la vie augmente, quand on a obtenu la mise en place de la sĂ©curitĂ© sociale, heureusement qu'il y a eu des mobilisations sociales dans ce pays et M. Attal, qui soi-disant est censĂ© venir de la gauche, devrait se rappeler que l'histoire de la gauche, c'est justement l'histoire de mobilisation sociale, l'histoire de coquilles sociaux qu'on a arrachĂ©es, pas uniquement par le pouvoir politique, mais aussi par la pression sociale. â Il rappelle qu'il avait manifestĂ© quand il Ă©tait jeune ?
â Oui, il a aussi manifestĂ© il y a quelques annĂ©es, quand des postiers Ă©taient en grĂšve pour dĂ©fendre leur travail et il a manifestĂ© contre les postiers qui Ă©taient en grĂšve pour dĂ©noncer les grĂ©viculteurs Ă l'Ă©poque. Un grĂ©viculteur qui est un terme qui a Ă©tĂ© inventĂ© par Jean-Marie Le Pen, je voudrais quand mĂȘme le rappeler ici. â Pour vous, il est plus de gauche. â Pour moi, je vous le dis franchement, il ne l'a jamais Ă©tĂ© de mon point de vue.
â Quand il Ă©tait militant du Parti Socialiste.
â Oui, mais malheureusement, le Parti Socialiste a enfantĂ© un certain nombre d'horreurs comme sans doute Gabriel Attal et M. Macron lui-mĂȘme en fait partie d'un point de vue politique, oui bien sĂ»r.
â C'est un mot trĂšs fort quand mĂȘme, vous diriez une horreur.
â Du point de vue de la continuitĂ© ou du fait qu'il porteâŠ
â Ăa vous a un peu Ă©chappĂ©, vous n'ĂȘtes pas trĂšs content d'avoir dit ce mot.
â Non, attendez, attendez, Apolline de Malherbe, j'utilise les mots qui sont les humains, il n'y a aucun problĂšme. Je considĂšre que la politique qui est mise en place par M. Macron et par M. Attal est effectivement une horreur. Maintenant, je vais vous dire, on Ă©tait en train de dire qui sont les vrais privilĂ©giĂ©s ? Eh bien, je conteste fermement l'idĂ©e qu'on essaye de faire passer dans ce pays qu'il y aurait finalement des gens qui profiteraient des situations quand ils sont au RSA ou quand ils sont Ă leur location chĂŽmage.
â C'est moi, la France laborieuse qui a l'impression de bosser pour les autres.
â Oui, mais moi, je pense effectivement qu'une grande partie de la France bosse pour les autres, mais on ne parle pas des mĂȘmes autres. Moi, je vous parle des actionnaires du CAC 40 qui ont reçu cette annĂ©e un record de dividendes, alors que de l'autre cĂŽtĂ© de la chaĂźne, les Françaises et les Français tirent la langue. Il y a effectivement une grande partie de la population qui en a assez de bosser pour une toute petite minoritĂ© de la population qui s'en met plein les poches alors qu'elle ne fait rien et qu'elle ne contribue en rĂ©alitĂ© pas Ă la vitalitĂ© Ă©conomique du pays.
Donc, je vois bien la nouvelle politique macroniste qui est en permanence d'essayer de pointer du doigt les pauvres comme étant les responsables de tous les maux. Eh bien, excusez-moi de vous le dire, mais vous me trouverez toujours contre ceux qui vont continuer à tenir ce type de discours. Et si M.
Attal veut faire quelque chose de bien pour le pays plutĂŽt que d'aller stigmatiser une partie de la population qui a des trĂšs lourdes difficultĂ©s aujourd'hui, qu'il pose la question de comment on va enfin partager les richesses dans ce pays, comment on va faire en sorte que les super profits qui ont Ă©tĂ© accumulĂ©s depuis maintenant deux ans soient enfin taxĂ©s tels qu'ils devraient l'ĂȘtre depuis maintenant plusieurs semaines, de faire en sorte qu'on bloque et qu'on encadre les marges, notamment les marges dans la grande distribution, les marges dans l'industrie agroalimentaire qui sont responsables de l'inflation aujourd'hui.
VoilĂ s'il veut ĂȘtre courageux, parce que ce n'est pas courageux de s'attaquer aux faibles. Ce qui est courageux, c'est de s'attaquer effectivement aux forts qui profitent de la situation.
Manuel Bompard, voilà la réaction de Jean-Luc Mélenchon hier. Attal retrouve son poste de porte-parole. La fonction de Premier ministre disparaßt. Le monarque présidentiel gouverne seul avec sa cour. Malheur au peuple dont les princes sont des enfants. Vous vous attaquez à son ùge ?
Non, pas du tout.
Il est trop jeune ?
Non, pas du tout. Pas du tout.
Enfin, moi je le comprends comme ça. Un malheur au peuple dont les princes sont des enfants.
Mais souvent, ça arrive, Pauline, que vous ne compreniez pas toujours trÚs trÚs bien nos expressions. Est-ce que vous ne les expliquez pas trÚs bien ? Mais heureusement, je suis là pour vous éclairer.
Heureusement qu'on a l'explication de texte et la traduction. Alors ça veut dire quoi ? Malheur au peuple dont les princes sont des enfants.
Je ne crois pas que le sujet, ce soit l'ùge du capitaine, en l'occurrence. Le sujet, c'est le cap. Maintenant, la question qui est posée, c'est que le parcours de Gabriel Attal est un parcours assez singulier. On ne peut pas dire qu'il a connu, qu'il a beaucoup travaillé. On ne peut pas dire qu'il a beaucoup été confronté aux difficultés des Françaises et des Français. Et donc, il n'est pas forcément trÚs bien placé pour gouverner ce pays et pour savoir quelles sont les difficultés auxquelles sont confrontés les Françaises et les Français. Moi, j'ai 37 ans.
à partir de quand vous avez estimé que vous étiez capable ?
Oui, mais Ă©coutez, moi, j'ai 37 ans, j'ai fait des Ă©tudes, j'ai travaillĂ©, j'ai fait un doctorat, j'ai fait un post-doctorat, j'ai travaillĂ© dans une petite entreprise qui travaillait sur le sujet de l'intelligence artificielle. Je pense que j'ai plus que M. Attal, qui est quand mĂȘme peu sorti des 6e et 7e arrondissements de Paris, Ă©tĂ© confrontĂ© aux difficultĂ©s auxquelles sont confrontĂ©s les Françaises et les Français. On a quand mĂȘme le droit de dire que le parcours singulier de Gabriel Attal et pas le parcours de n'importe quelle Française et de n'importe quel Français. Je ne crois pas que ce soit une attaque personnelle Ă son Ă©gard de dire ça.
Oui, sauf que là , en l'occurrence, Jean-Luc Mélenchon, il parle de l'ùge, il estime que c'est un enfant.
Ben non, je ne crois pas. Je crois qu'il parle justement de son expérience, des éléments de la vie auxquels il a été confronté.
C'est souvent compliqué de comprendre ce qu'il veut dire, Jean-Luc Mélenchon.
C'est parce que souvent, vous ne voulez pas toujours bien comprendre ce qu'il dit.
Moi, je ne sais pas. Le mot « enfant », je le comprends comme le mot « enfant ». Je ne savais pas qu'en fait « enfant », ça ne voulait pas dire « enfant ».
Peut-ĂȘtre qu'enfin, ça veut dire « enfant », mais peut-ĂȘtre qu'enfin, ça veut dire du point de vue des Ă©lĂ©ments de la vie auxquels on a Ă©tĂ© confrontĂ©s. Mais aprĂšs, si vous voulez poser des questions Ă Jean-Luc MĂ©lenchon, le mieux, c'est de les poser Ă lui. Parce que moi, vous savez, je ne suis pas non plus sonâŠ
Il est absolument le bienvenu, mais semble-t-il, il n'aime pas se lever le matin.
Vous l'inviterez. C'est en tout cas comme ça qu'il me répond. Il aura l'occasion d'expliquer ce qu'il voulait dire par là .
Mais n'hésitez pas à lui dire que ça vaut la peine de t'entendre, mais je lui dirai « il n'y a pas de problÚme ».
Mais en l'occurrence, il me semble que mon point de vue et la caractĂ©risation que je fais de Gabriel Attal et de la politique qu'il envisage de mener est politique et certainement pas personnelle. Moi, je n'ai jamais l'habitude de mĂ©langer la politique et le personnel. Je n'ai pas de problĂšme personnel avec M. Attal. Par contre, je conteste sa politique et je conteste les choix qu'il a fait pour l'instant et les choix qu'il manifestement s'apprĂȘte Ă faire.
Qu'est-ce que vous retiendrez d'Ălisabeth Borne ?
Des 49-3, une rĂ©forme des retraites passĂ©e en force malgrĂ© l'opposition de Ă peu prĂšs 9 actifs sur 10. Je pense que Mme Borne a fait beaucoup de mal au pays. La fin de son mandat est aussi dramatique que l'ensemble des actions qu'elle a posĂ©es avec cette loi immigration qui est une honte, qui a dĂ©figurĂ© la France et que Mme Borne a pris elle-mĂȘme les rĂȘnes dans la derniĂšre ligne droite des nĂ©gociations pour avaler toutes les couleuvres et cĂ©der Ă l'ensemble des injonctions de l'extrĂȘme droite. Et je pense que de ce point de vue-lĂ , elle prendra une trĂšs lourde responsabilitĂ© qui, il faut le comprendre, fait beaucoup de mal Ă la France.
Vous savez, quand vous vous dĂ©placez un petit peu en dehors de notre pays aujourd'hui, les gens ne comprennent pas et ont le sentiment que la France est en dĂ©clin, qu'elle se replie sur elle-mĂȘme, que maintenant on s'attaque aux Ă©tudiants Ă©trangers en France alors que ça devrait ĂȘtre une fiertĂ© de faire en sorte que la France accueille des Ă©tudiants Ă©trangers, qu'on partage notre savoir, que la France soit attractive. Je pense que Mme Borne, en relayant et en mettant en place la politique de M. Macron, fait beaucoup de mal Ă notre pays et que le choix qui nous est posĂ© aujourd'hui, c'est est-ce qu'on continue dans ce dĂ©clin de la France ou est-ce qu'on offre une alternative ?
Et moi, avec la France insoumise, j'essaye de proposer un autre chemin, un autre chemin pour faire en sorte qu'on vive mieux dans ce pays, pour faire en sorte qu'on résolve enfin les problÚmes de nos services publics.
Mais sur cette loi immigration, est-ce que vous aussi, vous serez dans la rue le 21 janvier ? Il y a cet appel à la mobilisation de 201 personnalités ?
Bah écoutez, moi je manifesterai déjà dimanche, parce qu'il y a une premiÚre date de manifestation, c'est ce dimanche, le 14 janvier, contre cette loi immigration pour exiger son abandon.
Vous n'avez pas pu nous mettre d'accord ?
Bah c'est pas moi, moi je soutiens les deux appels à manifester. Je vais vous dire franchement, j'aurais préféré qu'il n'y en ait qu'une. Mais il y en a deux en l'occurrence.
Mais pourquoi vous ne renoncez pas celle du 14 pour celle du 21 ?
Parce qu'il y a des gens qui manifestent le 14, il y en a qui manifestent le 21, et moi je suis d'accord avec tout le monde, donc je vais manifester avec les deux. Donc vous manifesterez les deux dimanches ? Bah voilà , mais si c'était moi qui décidait, je vous promets, il y aurait eu une seule date de mobilisation.
Mais le 21, il y a notamment les organisations syndicales. Bien sûr, bien sûr.
Donc c'est une date importante, le 21 janvier, moi je manifeste, j'appelle les Françaises et les Français à manifester. Je crois que tout le monde doit comprendre que, contrairement à la communication qui a été faite sur le sujet, cette loi sur l'immigration, en l'occurrence, elle ne va résoudre aucun problÚme des Françaises et des Français. En quoi un Français aujourd'hui va avoir sa vie améliorée ? Parce qu'on va rendre la vie plus difficile pour un travailleur étranger. Et je voudrais que tous les gens qui nous écoutent le comprennent.
Si l'ensemble des travailleurs qui travaillent en France et qui sont de nationalitĂ© Ă©trangĂšre, dĂ©cider d'arrĂȘter le travail pendant une journĂ©e, une journĂ©e oĂč les travailleurs Ă©trangers arrĂȘtaient de travailler, le pays ne pourrait pas tenir. Parce qu'on a besoin de ces travailleurs Ă©trangers, que vous connaissez comme moi, quand vous vous levez le matin trĂšs tĂŽt, que vous allez dans le RER, que vous allez dans le mĂ©tro, vous les voyez, c'est eux qui occupent les fonctions essentielles Ă la vie de la nation aujourd'hui. Et donc les pointer du doigt, les stigmatiser, comme le fait le gouvernement, je trouve ça odieux.
Qui va diriger votre liste LFI ? C'est Manon Aubry ?
Manon Aubry, c'est aujourd'hui notre chef de file. On a une convention sur les Ă©lections europĂ©ennes de lancement officiel de notre campagne qui aura lieu au milieu du mois de mars. Il n'y aura pas de n'y fesse ? Je le souhaite toujours. Je vais vous dire franchement, je pense que le vote de la loi immigration devrait sonner comme un Ă©lĂ©ment qui dĂ©clenche un sursaut Ă gauche. J'ai proposĂ© immĂ©diatement Ă l'ensemble des composantes de la NUPES de se rĂ©unir. Si on veut ĂȘtre en capacitĂ© de proposer une alternative face Ă la Macronie qui est en train de se dĂ©rober, et face Ă l'extrĂȘme droite qui apparaĂźt comme une alternative possible, il faut proposer un autre chemin.
Et je pense que la NUPES devrait ĂȘtre en capacitĂ© de proposer cet autre chemin. Ils ne m'ont pas rĂ©pondu, tout simplement. Je leur ai proposĂ© qu'on se rencontre, qu'on se rĂ©unisse. Donc je profite du micro ici pour leur relancer l'appel, pour leur dire franchement...
On est plus efficace que les textos et les appels.
Je leur dis franchement, ce serait irresponsable que dans cette situation-lĂ , face Ă de tels dangers, Ă une telle gravitĂ©, ce serait irresponsable que la NUPES ne soit pas en capacitĂ© d'avoir une liste commune aux Ă©lections europĂ©ennes. Il faut le faire. Franchement, on est dans une situation terrible. Hier, une femme est morte Ă cause du froid. Je voudrais juste en dire un mot et aprĂšs j'ai compris qu'il fallait s'arrĂȘter. Que fait le gouvernement sur ce sujet ? Ok, le théùtre, la comĂ©die du remaniement, Ă un moment, il y a des difficultĂ©s en face de ça. Et ces difficultĂ©s, c'est notamment le froid. 300 000 personnes qui dorment dans la rue.
Je demande un plan d'urgence pour qu'il y ait zéro SDF, la réquisition des logements vides. Donc, enfin, des nouvelles places d'hébergement pour faire en sorte qu'il n'y ait pas davantage de gens qui meurent face au froid.
Manuel Bompard, coordinateur national de la France Insoumise, merci d'avoir répondu à mes questions ce matin.
Manuel Bompard