"Éric Ciotti a un véritable problème avec l'État de droit" Fanélie Carrey-Conte
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 50 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:27FerméeRéponse directe
Vous touchez combien de subventions publiques ?
- 0:46OuverteRéponse partielle
Et vous en faites quoi de cet argent ? Comment vous l'utilisez ?
- 1:43OuverteRéponse partielle
Il y a un milliard d'argent public qui sert à financer ces associations. Il y a besoin d'un milliard ?
- 3:03OuverteRéponse partielle
Éric Ciotti vous reproche de toucher trop de subventions publiques. Il est allé encore plus loin.
- 3:18RelanceÉludée
Il y a des associations dans les centres de rétention, ce n'est plus leur place. On est dans un état de droit.
- 3:27FerméeRéponse partielle
Donc si Mohamed Mogouchkov est en France, c'est parce que vous avez empêché son expulsion il y a dix ans ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29Invité politiqueChiffre
« Aujourd'hui, la CIMAD, c'est un budget d'à peu près 13 millions d'euros, qui a à moitié des financements privés, à moitié des financements publics. »
- 1:43InvitéChiffre
« Il y a un milliard, c'est ce que dit Eric Ciotti, d'argent public qui sert à financer ces associations. »
- 2:01Invité politiqueFait
« Nos politiques migratoires, effectivement, ne fonctionnent pas. »
- 2:30Invité politiqueFait
« Des personnes aujourd'hui qui dorment à la rue, des enfants, des jeunes en danger qui dorment à la rue, dans des campements en Ile-de-France, à Briançon, à Calais. »
- 2:37Invité politiqueChiffre
« Des personnes qui continuent de mourir chaque année, des milliers, dans la Méditerranée, dans la Manche. »
- 5:22Invité politiqueFait
« Il faudrait avoir eu trois ans de présence en France et avoir travaillé huit mois sur 24. »
- 6:16Invité politiqueFait
« Les migrations c'est un phénomène mondial, ça a toujours fait partie de notre monde et ça fera encore plus partie de notre monde demain. »
- 6:21Invité politiqueChiffre
« 20 lois en près de 40 ans, elles n'ont jamais réussi à freiner les migrations. »
Temps de parole
- Invité politique77 %
- Invité20 %
- Présentateur3 %
≈ 0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Les échanges entre le gouvernement et la droite à propos du projet de loi immigration se sont encore durcis. Les républicains sont toujours farouchement opposés à la régularisation des travailleurs sans papier dans les métiers en tension. Et hier, sur France Inter, le président LR, Éric Ciotti, est allé un cran plus loin. Il veut, dit-il, couper les subventions de certaines associations d'aide aux réfugiés. Il vise notamment la CIMAD, votre association. Fanely Carrécompte, bonjour. Bonjour. Vous êtes secrétaire générale de la CIMAD.
Vous touchez combien de subventions publiques ? Aujourd'hui, la CIMAD, c'est un budget d'à peu près 13 millions d'euros, qui a à moitié des financements privés, à moitié des financements publics. Donc 6 millions, 6 millions et 1 000, quoi. Il y a beaucoup de choses. Il y a des financements de l'État dans le cadre, par exemple, de marché public, mais il y a aussi des financements de collectivités locales, d'autres types de financements publics.
Et vous en faites quoi de cet argent ? Comment vous l'utilisez ? Parce qu'Éric Ciotti, il dit qu'en gros, vous encouragez les flux migratoires.
Mais je crois qu'Éric Ciotti, il défend là une vision de société qui est bien particulière. D'abord, ce qu'il a dit de notre point de vue, c'est très insultant pour les milliers de salariés, de bénévoles de notre association, mais de l'ensemble des associations, finalement, de solidarité et d'accès aux droits qui sont visées derrière ça.
C'est très insultant parce que vous avez des personnes qui, tous les jours, vont se lever pour donner du temps, passer du temps avec des personnes migrantes, pour les accompagner dans leur accès aux droits, dans leur compréhension de nos institutions, dans des ateliers, par exemple, d'apprentissage du français, dans des logiques d'insertion sociale, professionnelle, économique, qui sont bénéficiaires pour l'ensemble de notre société. Et aujourd'hui, c'est ça qui est pointé.
On considère que les ennemis, le combat principal à mener, ce serait un combat contre ces associations, qui, encore une fois, jouent un rôle absolument majeur dans notre société, qui a particulièrement besoin, dans ces moments de tension et de violence que nous vivons, d'apaisement et de cohésion.
Et au total, il y a un milliard, c'est ce que dit Eric Ciotti, d'argent public qui sert à financer ces associations. Il y a besoin d'un milliard ?
Mais en fait, je pense qu'il ne faut pas poser les choses comme ça. Parce que, d'une part, on compare beaucoup de choses qui n'ont pas forcément grand-chose à voir. Et puis, en fait, la question, c'est qu'est-ce qu'on veut faire en termes de politique publique sur les questions migratoires ? Aujourd'hui, la réalité, c'est que nos politiques migratoires, effectivement, ne fonctionnent pas. Mais pourquoi ? Parce qu'elles sont, de notre point de vue, indignes. Elles ne répondent pas aux enjeux du moment en termes de migration et de compréhension, finalement, de notre monde et des réalités des parcours migratoires.
Et aujourd'hui, on a des personnes sur notre sol qui sont maintenues dans des situations de précarité inacceptables et, encore une fois, qui posent des problèmes pour l'ensemble de notre société. On a des personnes, on n'en parle plus du tout, ça c'est quand même absolument terrible, des personnes aujourd'hui qui dorment à la rue, des enfants, des jeunes en danger qui dorment à la rue, dans des campements en Ile-de-France, à Briançon, à Calais. On a des personnes qui continuent de mourir chaque année, des milliers, dans la Méditerranée, dans la Manche. C'est ça qu'il faudrait penser aujourd'hui en matière de politique migratoire.
Au lieu de ça, on est uniquement aujourd'hui sur des questions de répression, de fermeture, autour d'une philosophie qui est toujours la même, il faudrait freiner l'émigration des personnes qu'on considère comme indésirables à venir dans l'Union Européenne. Non seulement ça ne marchera pas, mais ça sera extrêmement dangereux et périlleux pour la vie de ces personnes.
Juste, je reviens à Éric Ciotti hier matin sur notre antenne, puisqu'il vous a interpellé directement, vous, la CIMAD, donc il vous reproche de toucher trop de subventions publiques. Il est allé encore plus loin.
Il y a des associations dans les centres de rétention, ce n'est plus leur place. On est dans un état de droit. Et quel ? Je pense à la CIMAD, qui notamment a fait en sorte que l'assassin de Dominique Bernard soit toujours en France.
Donc si Mohamed Mogouchkov est en France, c'est parce que vous, à la CIMAD et avec d'autres associations, vous avez empêché son expulsion il y a dix ans ?
Mais Éric Ciotti, ce n'est pas la première fois et ce n'est pas le seul à le dire, cette petite musique, mais elle vient de plus loin, qu'on entend régulièrement. Les associations sont toujours complices de plein de choses. Un jour, elles sont complices des passeurs, le lendemain, elles sont complices des terroristes, elles empêchent l'État de tourner en rond. La mobilisation contre l'expulsion d'il y a dix ans d'une famille et ce qui s'est passé à Arras, c'est pour nous un lien que nous ne faisons pas aujourd'hui. Et par ailleurs, ce que nous disons, c'est qu'Éric Ciotti, et il n'est pas le seul malheureusement, a un véritable problème en réalité avec l'État de droit.
Qu'est-ce qui lui pose souci ? Il lui pose souci qu'effectivement, des associations comme les nôtres défendent des droits. Défendent des droits des personnes en centre de rétention, et c'est une mission de service public, défendent des droits des personnes qui, y compris pour certaines, en prison, peuvent avoir un parcours pénal. Mais en fait, c'est l'honneur de notre société de défendre aujourd'hui les droits fondamentaux. Et de la même manière qu'Éric Ciotti, et là encore il n'est pas le seul, remet en cause des choses fondamentales comme la Convention européenne des droits de l'homme.
Le fait que par exemple, aujourd'hui, effectivement, on ne peut pas expulser des personnes dans des pays où elles risquent la mort et la torture. Mais ça oui, on a un vrai différentiel de vision de société avec Éric Ciotti et avec d'autres de ce point de vue-là.
En parlant du droit, la législation pourrait être modifiée puisqu'il y a un projet de loi immigration qui est en ce moment à l'étude, examiné au Sénat à partir du 6 novembre. L'assimade est évidemment très critique. Il n'y a que l'article 3 à sauver. C'est l'article qui prévoit la régularisation des travailleurs sans papier dans les métiers en tension. C'est celui que la droite et l'extrême droite veulent voir supprimer.
Mais si vous voulez, ce qui est assez terrible dans tout ça, c'est que cet article 3, même à la base, il était finalement très limitatif. C'est-à-dire que cet article 3 permettrait, s'il était maintenu, de régulariser un certain nombre de personnes par la loi dans des métiers dits en tension. Donc ce n'est même pas l'ensemble des métiers dans lesquels il y a aujourd'hui des travailleurs sans papier et avec des conditions très limitées puisqu'il faudrait avoir eu trois ans de présence en France et avoir travaillé huit mois sur 24. Donc on est déjà sur quelque chose qui est extrêmement limitatif.
Donc si vous voulez voir aujourd'hui que même cette mesure-là est remise en cause finalement sur des marchandages politiques entre la majorité et la droite sous pression de l'extrême droite pour avoir une majorité autour de ce texte, ça montre bien à quel point finalement toutes les digues sont en train de sauter sur ces questions de politique migratoire dans le débat public et politique.
Une dernière question. Est-ce que vous êtes contre cette réforme ou contre toute réforme ? Est-ce que vous estimez qu'on a besoin de modifier les règles actuelles ?
En fait ce qu'on dit nous c'est vraiment vraiment qu'il faut changer de paradigme et de philosophie en matière de politique migratoire. Tant qu'on continuera de penser qu'on peut et qu'on doit freiner les migrations, eh bien on aura des politiques qui non seulement échoueront. Les migrations c'est un phénomène mondial, ça a toujours fait partie de notre monde et ça fera encore plus partie de notre monde demain. 20 lois en près de 40 ans, elles n'ont jamais réussi à freiner les migrations. Celle-là ne réussira pas non plus et encore une fois elle génèrera encore plus de drame. Donc changeons de philosophie, parlons d'accueil, parlons de solidarité, défendant une autre vision de société.
Et la CIMAD elle est fière de porter cette vision et elle continuera à la porter. Merci Fanélie Carréconte, vous êtes secrétaire générale de la CIMAD. Merci à mes Tipeurs et souscripteurs.