L’étau se desserre à Gaza / La révolution Made in Europe en marche ? | 28 minutes | ART
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 5:00OuverteRéponse directe
La réouverture du passage de Rafa entre Gaza et l'Égypte va-t-elle améliorer la situation humanitaire ?
- 10:00OuverteRéponse directe
MSF doit quitter Gaza d'ici le 28 février. Pourquoi avoir refusé de donner la liste de vos employés palestiniens ?
- 15:00OuverteRéponse directe
L'ONU a évoqué une famine à Gaza avant de revenir sur ce diagnostic. Que pensez-vous de cette évaluation ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Le Hamas annonce un transfert de gouvernance à un comité national. Que disent les Palestiniens de Gaza sur ce changement ?
- 25:00OuverteRéponse directe
La préférence européenne est-elle la solution pour relancer l'industrie européenne ?
- 30:00OuverteRéponse directe
L'Europe a-t-elle les moyens de rivaliser avec la Chine sur les terres rares ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 5:00animateurFait
« Hier, le passage de Rafa entre la bande de Gaza et l'Égypte fermé depuis mai 2024 a enfin rouvert. »
- 25:00Olivier LouciFait
« La préférence européenne fait clairement partie de la solution. C'est même incontournable. »
- 30:00Anaïs VoigilisFait
« L'Europe est en train de perdre des parts de marché à l'échelle mondiale. »
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Bonsoir, soyez les bienvenus dans 28 minutes. Bonsoir mes camarades et amis. L'actualité ce soir et bien c'est l'appel à la préférence européenne lancée hier par 1141 dirigeants d'entreprises européennes comme Arcelor Mital, Michelin ou encore NJ face à l'attitude agressivement protectionniste des Américains et des Chinois à quand un label made in Europe.
C'est ce que préconisait Super Mario Dragy, l'ancien patron de la Banque centrale européenne il y a déjà 16 mois pour éviter à l'Europe, rappelez-vous une lente agonie. Il l'a redit hier. divided andindustrial l'Union européenne et ses 27 membres qui souvent divergent est-elle prête pour le sursaut existentiel du made in Europe ?
Ce sera l'objet de notre débat avant qu'on vous retrouve Marie Bonisso et Xavier Baudui. Vous auriez 2 € à me prêter Elisabeth ou même à vous donner Xavier donner. C'est gentil.
C'est la somme qu'il faut désormais débourser pour s'approcher de la Fontaine de Trévie à Rome. L'occasion d'une plongée dans la fontaine. Nous allons barboter.
Plongée historique. Bien sûr, barbotez vous-même. Et vous Marie ?
Bien. Vertige, on va aller voir ce qui se passe à l'intérieur de Molt Book. C'est un tout nouveau réseau social où seules les intelligences artificielles ont le droit de discuter entre elles.
C'est très interdite aux humains. C'est ça. On n pas le droit.
On peut juste lire. D'accord. À tout à l'heure.
Et pour commencer, nous recevons la directrice générale de médecin sans frontière pour évoquer avec elle la réouverture du poste frontière entre le sud de la bande de Gaza et l'Égypte à Rafa. Donc, ce qui autorise 150 personnes à entrer ou sortir quotidiennement de l'enclave palestinienne pour accéder à des soins absolument vitaux. Par ailleurs, médecin sans frontière, prix Nobel de la paix en 1999, devrait être banni d'ici la fin du mois de la bande de Gaza.
Claire Magon s'en explique tout de suite. Bonsoir Claire Magone. Bonsoir.
On est ravi de vous avoir dans 28 minutes. Je vous présente Alan Dia et Benjamin Sportouche. Euh vous êtes directrice générale de MSF.
La dernière fois que vous étiez dans la bande de Gaza pour superviser ce que font les soignants de médecins sans frontière, c'était quand ? C'était avant ? C'était fin septembre, juste avant le cesser le feu.
Juste avant. On va évoquer l'actualité avec vous après un rappel de la situation donc réalisée par Gael Legra. Claire Magon, vous êtes directrice générale de médecin sans frontière.
Depuis 1989, votre ONG intervient dans les territoires palestiniens. Hier, le passage de Rafa entre la bande de Gaza et l'Égypte fermé depuis mai 2024 a enfin rouvert. La situation dramatique des Gazaoui en sera-t-elle considérablement améliorée ?
Pour répondre à cette question, vous avez le profil idéal. Selon le croisson rouge, en ce mois de février 2026, plus de 20000 blessés n'ont pas accès aux soins dans la bande de Gaza. Alors, quand l'État d'Israël a officiellement annoncé qu'il serait possible de quitter l'enclave pour l'Égypte, un espoir s'est levé.
Les premières ambulances ont pu entrer ce dimanche et depuis hier, donc une cinquantaine de blessés accompagnés au maximum par deux proches ont été autorisés à franchir la frontière. Cet homme qui vit à Gazaville et qui a été amputé d'une jambe attend impatiemment la pause d'une prothèse. رفح لانه كل حياتنا بنعاني في غزه الان احنا معرضين عمليات شديده الامور مشوا غزه Cependant pourir lee de Rafa, Israël impose des conditions très strictes.
Par ailleurs, l'État hébreu continue à bombarder la population. 32 personnes sont mortes samedi dernier selon la défense civile, un organisme de premier secours opérant sous l'autorité du Hamas. Enfin, autre précision qui n'incite pas à l'optimisme, le ministère de la diaspora, responsable de l'enregistrement des organisations humanitaires, a annoncé que médecin sans frontière devait quitter le territoire d'ici le 28 février.
Le gouvernement israélien vous reproche de ne pas lui avoir fourni la liste de vos employés palestiniens. Pour vous, c'était impossible car cela équivalait à donner un pouvoir de coercition supplémentaire à Israël. Pouvoir qui pourrait menacer la sécurité du personnel.
En conséquence et malgré l'ouverture du poste frontière de Rafa, vous considérez que la bande de Gaza survit toujours dans un contexte général d'étranglement de l'aide humanitaire. Clare Magne, on évoquait 20000 blessés et parmi cette population de gens qui ont désespérément besoin de soins, 3000 enfants, c'est ça qui ont besoin de sortir pour accéder à des soins qui ne peuvent pas recevoir dans la bande de gazin. Tout à fait. des patients qui soit ont des blessures traumatiques qui peuvent pas être traitées dans les conditions de Gaza, soit des maladies chronique, soit qui sont atteints de cancer.
Donc c'est toute cette population là qui attend désespérément une évacuation médicale. Euh rappelons que la superficie de la bande de Gaza, c'est l'équivalent à peu près de Toulon, de la ville de Toulon, hein, dans le sud de la France pour une population avant le début de la guerre de 2 millions d'habitants. Il y avait combien d'hôpitaux dans la bande de Gazin ? 36 hôpitaux. 36 hôpitaux en activité.
Aujourd'hui, j'ai perdu un peu le compte, mais on peut dire que à peu près aucun n'est complètement fonctionnel puisque ils ont été méthodiquement mis à terre, assiéger, mis hors d'état de fonctionner. H h Alors, qu'est-ce que ça change concrètement cette réouverture du passage entre l'Égypte et la bande de Gaza ? Bah, comme le reportage l'évoque, il y a euh une bonne partie de la population de Gaza euh qui souhaitent désormais euh sortir hein, de Gaza après euh 2 ans et demi de guerre totale et de guerres d'usure qui ont rendu la vie absolument invivable à Gaza. que il y a des gens qui veulent sortir et il y a effectivement cet espoir que les blessés pourront sortir autrement qu'au compte goutte même si on l'a vu aussi dans votre reportage pour l'instant il s'agit surtout de tester le dispositif de sortie et non pas d'ouvrir véritablement le l'enclave en fait de tester qu'est-ce que vous entendez par là de tester avec tout le dispositif extrêmement sécuritaire que Israël continue à mettre en place et imposer sur la population de Gaza et d'ailleurs sur les organisations humanitaires.
MSF Médecin sans frontières a combien de soignants, de médecins, de brancardiers euh au total, on a 1300 euh collègues palestiniens dans la bande de Gaza et aujourd'hui une cinquantaine de personnels internationaux. Alors, il y a du personnel médical, paramédical, mais aussi euh des personnes en charge, des ressources humaines et cetera. Donc voilà, ça c'est l'ensemble de des équipes MSF et on soutient six hôpitaux.
On gère en direct également deux hôpitaux de campagne et on soutient cinq centres de soins primaires dans des domaines aussi divers que les questions de soins chirurgicaux, soins postchirurgicaux, hein, puisque les gens non seulement se font mutiler, bombarder, déchiquetter, mais ensuite souffr de séquel pour certains pour de nombreux personnes à vie, mais on fournit aussi des soins dans le domaine maternel, dans le domaine de la malnutrition, enfin sur toute la gamme finalement des soins primaires et secondaires. Le l'ONU avait évoqué à la fin de l'année un état de famine et puis l'ONU est revenu sur ce diagnostic d'une sorte en disant en disant la famine a été repoussée. Qu'est-ce que vous en pensez ?
Vous vous corroborez ce jugement euh il y a la la l'insécurité alimentaire, elle est chronique depuis depuis que depuis que l'étranglement de la population de Gaza s'est accru. En juillet-aût, il y a eu une situation de famine caractérisée par une situation de pénurie extrême. C'est-à-dire qu'on ne trouvait plus les aliments sur le marché.
Euh moi quand j'y étais, ils étaient à nouveau accessibles, mais à des prix exorbitants. Donc on avait toujours un gros problème d'accès euh à l'alimentation. Alors on va évoquer avec vous Claire Magon et avec Anna le fait que le Hamas qui est à la fois une organisation politique et militaire terroriste à l'origine de du massacre du 7 octobre 2023 serait prêt à passer la main politiquement.
Oui, c'est en tout cas ce qu'a annoncé Azem Kassem, porte-parole du AGA la semaine dernière. Il a précisé, je le cite, des protocoles ont été préparés, des dossiers finalisés. Tous les ministères sont prêts pour un transfert complet de la gouvernance de Gaza dès que possible.
Alors, un transfert àquis à un comité national désigné par le Conseil de la paix de Donald Trump et qui sera composé d'une quinzaine de technocrates palestiniens à politique. C'est important. Si tout se passe comme prévu, ils auront donc la responsabilité de gérer les affaires civiles, finances, santé, éducation dans la bande de Gaza à la place du Hamas.
Et je rappelle que le Hamas avait d'ailleurs conditionné ce transfert de gouvernance à l'ouverture du poste frontière de Rafa pour que les membres donc de ce de ce comité puissent y entrer et c'est donc chose faite. Alors vous vous êtes rendu à deux reprises dans la bande de Gaza. Que disent les Palestiniens ?
Est-ce que est-ce qu'ils sont dans l'attente d'un changement politique ? Les Palestiniens euh quand je les ai revu euh fin septembre, ils étaient surtout dans l'attente de l'arrêt des bombardements euh et euh dans une forme de désespoir euh total. Donc l'avenir qu'il semble offert à la population de Gaza est extrêmement confus parce que il y a coexistence de plans plus ou moins délirants d'ailleurs.
Mais la ce que la population palestinienne de Gaza espère, c'est surtout de j'allais dire de retrouver une vie normale mais je pense que ça c'est derrière eux mais au moins de pouvoir vivre à nouveau dans des conditions dans des conditions acceptables. En fait, ils en étaient là les Palestiniens de Gaza. H alors Israël a demandé à MSF, à votre organisation de quitter le territoire le 28 février à la fin de ce mois.
Euh, ils vous ont demandé de donner la liste de vos employés palestiniens. Vous avez refusé. Pourquoi l'avoir fait alors qu'en effet, vous souhaitez rester sur place ?
Est-ce que ça ne valait pas le coup de de leur donner ces noms-là parce qu'il y avait un impératif sanitaire ? On va faire peut-être un petit zoom arrière sur ces questions d'enregistrement parce que d'abord faut savoir que médecin sans frontières on est enregistré auprès de l'autorité palestinienne hein à Gaza en 6 Jordanie mais depuis mars 2025 il y a le ministère de la diaspora et de la lutte contre l'antisémitisme qui est devenu le ministre de tutelle des organisations non gouvernementales et qui réclame qui réclame donc à la fois qui a réclamé le transfert de données personnelles des person des des employés des organisations internationales mais pas que puisque quand même l'ensemble du processus d'enregistrement comporte aussi des critères éminemment politiques puisqu'il s'agira de scruter les candidatures les candidatures au réenregistrement des ONG aussi à l'ône de ce que leur prise de parole ont pu porter atteinte à la légitimité d'Israël. Il apportait c'est aussi ce que dit l'État d'Israël c'està dire est-ce qu'il faut que vous preniez des intervenants dont l'Israël disent qu'ils peuvent appartenir au mouvement ?
Ça c'est alors je faisais ce zoom arrière pour dire que dans les critères d'examen, le fait même d'avoir euh critiqué les violences de masse, d'avoir dénoncé la campagne génocidaire à laquelle l'armée israélienne se livre à Gaza est un critère de disqualification euh des des des ONG. Et euh en effet euh sur la question spécifique de le transfert des données, nous depuis mars 2025 avec d'autres organisations gouvernementales, on a cherché à avoir des éclaircissements parce que dans le contexte qu'on connaît euh donner euh à l'aveugle, sans conditions, sans discussion euh des données personnelles euh pour notre personnel international et national et donc un pouvoir de coercition sur les humanitaires et sur son personnel qui peut se retourner contre leur sécurité, pour nous c'était inconcevable. Et après plusieurs mois de demande d'éclaircissement, il nous a apparu clairement ces derniers jours qu'on avait pas cette possibilité de dialogue.
Donc c'était vraiment une espèce de clapé sans retour possible que Israël nous demandait de faire sans garantie derrière que nous allions être enregistrés. Et donc nous avons fait savoir que nous n'allions pas euh nous plier à cette instruction là, à cette demande. Clair Magal, on peut dire un dernier mot sur la situation de quelque chose dont on parle peu.
L'eau, l'eau qui vient à manquer, l'eau qui est, vous le dites, non potable et non buvable dans la bande de Gaza. Oui, elle l'a toujours été en fait puisque l'eau à Gaza pour être rendue alors buvable et potable, c'est-à-dire propre à la consommation et non contaminée, elle doit être dessalinée. Et pour être désaliné, elle dépend de toute une chaîne qui consiste à donc pouvoir dessaliner l'eau dans des centrales puis la cheminer.
Aujourd'hui, l'acheminement de l'eau se fait via des camions et en fait et ensuite se faire distribuer dans des points d'eau. Et vous contribuez à ça ? On contribue largement à ça.
En octobre 2025, 30000 personnes par jour, 6 litres d'eau par jour. On est un acteur majeur de la distribution d'eau. Médecin sans frontière.
Merci d'être venu témoigner. Clarod, merci infiniment. On va passer à notre débat sur l'initiative destinée à sauver la compétitivité de l'économie européenne face au mastodonde chinois et américain.
Instaurer une préférence européenne dans les marchés publics, un made in Europe comme on dit. Alors, comment faire concrètement ? L'Union européenne peut-elle démondialiser la consommation sur son sol ?
Comment empêcher l'Europe de devenir une simple chaîne de montage pour puissances extérieures ? On en débat après la mise au point de Sandrine de Calvez. Produire et acheter européens.
Une idée fixe pour Stéphane Séjourné. Le vice-président de la Commission européenne chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle vient de publier une tribune dans le journal Leschos. Avec plus de 1000 dirigeants d'entreprise, il appelle à établir une véritable préférence européenne pour sécuriser l'emploi et la production.
Les Chinois ont le made in China, les Américains ont le by American. Alors pourquoi pas nous ? Développer le Made in Europe.
Voilà des mois que le commissaire européen invite les 27 à un sursaut pour réindustrialiser l'Europe. L'Europe doit être forte, lucide et prête à se défendre. Une partie de notre industrie a été torpillée par des pratiques très agressives.
Stéphane Séjourné dénonce une concurrence internationale desloyales à coup de subvention massive, de violation de la propriété intellectuelle et de droits de douane record dont se félicite chaque jour Donald Trump. La question de la compétitivité de l'Europe sera au menu d'une réunion en Belgique dans 10 jours. Mario Dragy, y sera invité.
Surnommé Super Mario, depuis qu'il a sauvé l'euro de la crise de la dette grecque en 2012, l'ancien patron de la Banque centrale européenne n'a de cesse de mettre en garde contre le décrochage économique. Voulons-nous rester un simple grand marché ? Soumis aux priorités des autres, ou voulons-nous prendre les mesures nécessaires pour devenir une seule et même puissance ?
Alors, face au protectionnisme chinois et américain, les 27 doivent-ils promouvoir le made in Europe ? Cette préférence européenne risquerait-elle de contrevenir à l'un des fondements de l'UE, à savoir la défense du libre échange ? Les trois participants à notre débat.
Sylvain Bersinger, bonsoir. Vous êtes économiste fondateur du cabinet d'étude Beringer Co. Et selon vous, défendre la préférence européenne n'est pas la bonne approche.
Au lieu de dire qu'il faut privilégier les produits européens et bien il faudrait faire en sorte qu'ils deviennent au moins aussi bons que les autres pour que le monde ait envie de les acheter. À côté de vous, Olivier Louci, bonsoir. Vous êtes professeur au Knam, ancien conseiller industriel Élysée.
Ça c'était entre 2012 et 2014. Vous avez publié euh un essai réindustrialiser le défi d'une génération. Et selon vous, la préférence européenne fait clairement partie de la solution.
C'est même incontournable. Sans cette préférence, on ne pourra pas maintenir le socle industriel nécessaire à notre souveraineté. Souveraineté à l'échelle européenne.
Et à côté de vous, Anaïs Voigilis, bonsoir. Géographe, spécialiste des enjeux industriels en Europe. Dernier essai pour une révolution industrielle.
Vous considérez que l'Europe est en train de perdre des parts de marché à l'échelle mondiale. Elle paye notamment le manque de clarté stratégique, son manque de clarté stratégique. Un exemple sur les véhicules électriques.
Un coup on y va, un coup on revient en arrière. Vous ajoutez c'est un peu ératique. Et on démarre avec la déclaration du jour.
Elle est signé Stéphane Séjourné le vice-président de la Commission européenne. Regardez, nous risquons de laisser notre continent dégénérer progressivement en une simple chaîne de montage pour puissances extérieur met-il en garde dans une tribune publiée dans les Échos et signée donc par des centaines de personnalités du monde de l'entreprise et des affaires. Anaïs Voilis, on risque vraiment de devenir en quelque sorte l'atelier du monde à notre tour comme le fut par exemple la Chine autrefois.
Alors, est-ce que vous me permettez déjà de commencer un commentaire sur la tribune ? Parce que moi je pense qu'il faut saluer le fait d'avoir rassemblé plus de 1000 chefs d'entre dans les échos donc et dans une vingtaine de journals en Europe. Par contre, il y a il y a deux commentaires qui sont frappants.
C'est un une tribune qui est floue. Qu'est-ce qu'on prône derrière ça ? On dit la préférence européenne mais qu'est-ce qu'on met derrière ?
Et une deuxième chose et je pense qu'avec cette deuxième chose, je vais pas me faire que des amis ce soir, mais j'aimerais que les 1100 dirigeants appliquent la préférence européenne aussi dans leurs achats. C'està-dire pas uniquement demander à l'Europe d'appliquer la préférence européenne, mais que eux quand ils ont des stratégies d'achat privilégie le tissu productif européen parce que on est tous dans le même bateau. Donc jouer collectif.
Et pour répondre à votre question plus plus précisément, oui, aujourd'hui l'Europe est en train de perdre des parts de marché très rapidement dans tous les secteurs. L'Asie est dans une situation avec une Chine qui n'a pas de demande, enfin une demande qui est en train de s'affaiblir. Donc il cherche des nouveaux relais de croissance avec des surcapacités de production.
Donc elle vient naturellement vers l'Europe avec le marché américain qui se ferme à la fois les mesures qui ont été prises depuis Obama euh sur des mesures antidumping mais aussi avec les mesures qui ont été prises par Biden puis par Donald Trump pas avec la même agressivité et donc l'Europe est très très passive face à ça. Elle répond avec prenez l'ouverture mais finalement des règles positives mais du passé. Oui, Lou, on vous partagez euh si on a bien compris ce constat pessimiste, vous dites que l'industrie européenne n'a plus d'avantage concurrentiel décisif pour produire sur son sol.
C'est pas excessif. Ah non, je pense pas. Euh je pense que l'industrie européenne était beaucoup fondée sur l'industrie allemande, hein.
Ça fait un moment que la France est industrialisé. C'est quelque chose qui est maintenant consensuel. On va pas refaire le débat ici.
Euh et l'industrie allemande, elle fonctionnait sur une capacité d'exportation notamment en Chine. C'est un marché qui est en train de se fermer progressivement. Et puis son 2e énorme avantage, c'était du gaz russe pas cher euh qui a permis à cette industrie d'être relativement compétitive et de tenir dans un marché mondial qui était ouvert.
Avec la crise en Ukraine, ce gaz russe s'arrête et à ce moment-là, on commence à voir une des industrialisations en Allemagne qui est très marquée et très rapide et qui est en train d'entraîner avec elle l'ensemble du tissu industriel européen. Ce n'est pas les pays d'Europe de l'Est où j'ai eu l'occasion de travailler pendant presque 10 ans qui en fait alimentent l'industrie allemande qui vont résister à ce déclin de l'industrie allemande. Donc oui, on est en phase de déclin et ce gaz russe pas cher était le dernier facteur véritablement de compétitivité qu'on avait et donc il va falloir trouver d'autres choses.
On peut aller chercher de la compétitivité mais en face de déclin Sylvain Bersinger. Alors je je je crois qu'en fait est-ce qu'on a été naïf à ce point ? Euh je crois qu'il y a plusieurs choses.
Peut-être un constat, une analyse plutôt plus structurelle, une analyse plus conjonctuelle. Vous avez tout à fait raison. L'industrie allemande a pris un gros coup sur la tête euh parce qu'elle était dépendante du gaz russe.
Donc c'estes ces coûts ont explosé dans dans dans la chimie, dans la métallurgie euh et dans l'automobile qui était une grosse base industrielle. C'est plus l'agression euh contre l'Ukraine. C'est ça.
C'est autre chose mais c'est qu'ils ont raté le vis le virage électrique et que les Chinois sont globalement passés devant. Après, globalement, malgré tout, euh on est oui, il y a eu une crise de l'industrie. Euh je crois pas non plus qu'on est en train de devenir une simple chaîne d'assemblage mondial.
Euh les les exportations européennes industrielles, alors oui, elles vont un petit peu baissé, voilà, 2022 2023, mais globalement elles se sont pas effondrées vers les États-Unis. Elles elles ont même pas baissé malgré les droits de douane. Donc le l'Europe reste et l'Allemagne, oui, il y a une crise conjoncturelle de son industrie, c'est évident, mais il y a il y a des bases industrielles extrêmement solides.
Donc, on est pas en train de devenir une chaîne d'assemblage. Il faut pas non plus, je crois que c'est exagéré. Oui, donc pour vous la la solution c'est la préférence européenne, c'estàdire du protectionnisme.
Alors nous qui avons été les apôtres du du libre échange. Vous avez parlé de Mario Dragy qui a fait l'essentiel de son rapport sur la compétitivité. Donc oui, on peut être plus compétitif en Europe.
On a un modèle de société, on a des ambitions environnementales, un modèle social. Ça peut être mis en œuvre avec moins de règles et plus d'efficacité, donc d'un gain de compétitivité sans renier nos valeurs. Ça c'est le première chose.
Mais quoi qu'il arrive, queles que soient les manières dont on va mettre en œuvre ces valeurs, on va rester plus cher. Avoir un modèle social des ambitions environnementales, c'est imposer des contraintes sur une production, c'est créer des coûts supplémentaires que non pas les autres. Et donc à un moment donné, oui, il va falloir se décider de protéger notre marché.
Vous avez sorti le mot euh très le gros mot de protectionnisme. Non, je ne suis pas pour du protectionnisme, mais oui, pour de la protection. J'appelle ça faire du protectionnisme en dentelle, c'est-à-dire choisir nos combats, choisir les catégories de produits sur lesquelles on a décidé de se protéger afin de garder une puissance productive sur ces produits.
Pas pour vous. Alors oui, non mais je ni en dentelle ni en sabot. Alors non, je je suis pas forcément parti du libre échange à tout craint.
On peut trouver des exceptions mais je trouve en fait que le le terme du débat posé peut-être par Stéphanné n'est pas forcément le bon. Si on dit il faut se protéger dire qu'on part du principe que quoi qu'il arrive de toute façon on ne pourra pas être compétitif, on ne pourra pas pas avoir des produits qui pourront concurrencer les produits chinois, américains ou japonais ou que sais-je. Donc je trouve que si on commence par là en fait on dit déjà on a perdu quoi qu'il arrive de toute façon on ne pourra pas avoir des produits compétitifs.
On a perdu dans les règles d'avant qui étaient celles de l'OMC. C'est un peu différent. Est-ce qu'on a perdu des Non mais alors il y a plusieurs choses déjà un, l'Allemagne, elle est structurellement en désindustrialisation depuis 2016.
He c'est pas que depuis la crise en Ukraine. Et par ailleurs, ça se voit peut-être pas forcément en terme de chiffre sur les fermetures d'usine. Bien qu'aujourd'hui, on ferme plus d'usine qu'on en ouvre notamment en France, mais vous avez toute la chimie européenne qui fonctionne pas à pleine capacité.
Euh vous avez euh les acteurs du verre euh qui les producteurs de verre donc euh les fenêtres, les verrs dans lequels on boit qui arrêtent des lignes de production faute de demande. Je veux dire la le la l'industrie européenne est sous pression. C'est très clair.
Après la préférence européenne qu'est-ce que c'est ? C'est pas du protectionnisme forcément c'est de dire sur les marchés publics européens privilégion des produits fabriqués en Europe au regard de normes sociales, de normes environnementales et cetera. Donc c'est par exemple considérer une intensité carbone d'un produit.
C'est dire que de l'aluminium ou de l'acier qui est fait en Europe va être mieux disant sur le plan environnemental que enfin du fait on va fermer les marchés. Non, on va pas forcément on va pas forcément les fermer. Par ailleurs, je vous donner autre chose, c'est que la Chine fait un dumping extrêmement agressif.
Vous avez aujourd'hui des producteurs européens qui ont des usines en Chine, donc qui connaissent les coûts de production en Chine, qui voient les produits chinois arriver sur le marché européen à des prix inférieurs à leur coût de production en Chine. Donc vous voyez bien qu'il y a un problème dans l'équation. La question c'est pas du protectionnisme, la question c'est de la réciprocité.
Et comment on demande aux autres de s'aligner sur nos normes ? Et ben alors justement à propos de réciprocité, je vous propose de regarder une archive. Ça remonte à 2005.
Airbus accepte de construire une usine d'assemblage en Chine. Vous vous en souvenez sur le principe de la réciprocité. On appelle ça le donnant donnant.
Regardez, une commande historique pour l'avion européen. Il ne manquait plus que la signature pour la rendre officielle. Elle a été apposée cet après-midi à Matignon par le président d'Airbus et celui de la compagnie d'aviation chinoise.
Mais dans le contrat, une contrepartie. Le Premier ministre chinois en a parlé hier à Toulouse avec les responsables d'Airbus. La Chine veut une usine pour assembler localement des Airbus sur son territoire.
Déjà, elle fabrique des pièces d'Airbus et elle voudrait aller plus loin dans sa collaboration. Une situation gagnant gagnant. Pour autant, Airbus ne veut pas parler de transfert de technologie mais de coopération.
Je peux vous dire d'une manière certaine que si nous ne pratiquions pas ce type d'approche, nous serions mis en position seconde et pas en position première sur un marché comme celui de la Chine. Euh Sylvain Bersinger, est-ce qu'il faut pas faire la même chose sur les transferts de technologie ? Les Chinois nous en ont demandé.
Est-ce qu'on doit pas aussi leur faire cette requête-là ? Alors éventuellement, je pense que dans notre débat, quand on parle de l'Europe vis-à-vis du reste du monde, il y a le reste du monde versus la Chine et peut-être les États-Unis depuis que Trump fait n'importe quoi. En fait, la Chine, c'est vrai et extrêmement agressive.
Je je rejoins ce que disait madame avec des stratégies tout point de vue sur les salaires, sur le taux de change, sur les subventions, sur plein de choses, ils sont extrêmement agressifs. Le reste du monde c'est très différent. Donc je pense que on a parfois dans dans ce qu'on entend dans les médias ou Stéphane SJ sur ce plateau, on on a peu l'impression que l'ensemble du reste du monde, c'est la Chine en terme de concurrence.
Oui, mais c'est vrai quand on voit le déficit commercial de l'Union européenne avec la Chine, on est impressionné. 284 milliards d'euros en leur faveur. Oui.
Alors, il y a il y a plusieurs choses, hein. La la Chine effectivement a une stratégie clairement, c'est c'est ce que vous disiez, n'a plus de demande intérieure ou plus assez et donc pousse à tout craint l'exportation parce que c'est le c'est leur seule demande qui leur reste. Ça veut pas dire que le l'Union européenne dans son ensemble a un déficit commercial hein.
Alors, ça dépend des années sur les prix de l'énergie, mais on arrive à maintenir une base industrielle et un seul commercial. Alors, pas la France, hein, mais euh nos voisins. Mais oui, clairement, je pense qu'il faut distinguer la Chine qui est qui est une stratégie très agressive et vis-à-vis de laquelle des mesures contraignantes euh sur les voitures électriques d'obligation de transfert, technologie et autres sont à mon avis légitimes parce que c'est vrai qu'il y a des pratiques complètement anticoncurrencielles de la part de la Chine, mais il faut pas mettre l'ensemble du reste du monde dans le dans le panier chinois et avoir la même attitude vis-à-vis du Brésil, de l'Inde et de plein de pays que vis-à-vis de la Chine.
La la préférence nationale, c'est quand même quelque chose dans les marchés publics qui est appliqué par un ensemble d'États. Je veux dire, la Chine a des choses, elle ferme des marchés publics. Les États-Unis ont le Buy American Act.
La Corée du Sud fait aussi de la préférence coréenne. Donc c'est pas quelque chose d'incongru, c'est quelque chose qui existe à peu près dans tous les pays du monde. Ça veut dire qu'il faudrait subventionner les entreprises ou certains secteurs pour justement se protéger.
On est sur l'achat public. On est sur l'achat public. Par exemple, si on prend le cas américain aujourd'hui, si vous proposez à un service public américain le même bien, il est considéré comme équivalent si même si le prix de bien américain est 20 % plus cher dans les usages civils et 50 % plus cher dans les dans les usages militaires.
Donc si vous avez deux prix différents, ils sont considérés comme équivalents vu de l'administration américaine. C'est une préférence qui est donnée. Il y a pas de subvention.
C'est la préférence nationale. C'est ça. Préférence nationale.
Et derrière ça, ce qu'on a le calcul qu'on fait très rarement, c'est que si vous achetez un bien américain aux États-Unis ou un bien français en France, vous avez des emplois, de la TVA, des impôts, des gens au chômage en moins et ça vous fait un retour sur investissement sur la puissance publique. Et on a calculé sur une demi-douzaine de catégories de produits, il n'existe pas d'études exhaustives que ça rapporte à la puissance publique plus que ça ne lui coûte en achetant du made in France. Voilà, typiquement un genre d'approche un peu global qui permet à la fois de faire du développement économique et de la protection de notre outil productif.
On a perdu du temps là-dessus. Moi, je suis favorable effectivement à ça, cette préférence nationale des achats publics dans certains secteurs stratégiques. Lesquels ?
Alors, ça peut être la défense, ça peut être le numérique, ça peut être voilà des secteurs qu'on certain de la santé. Après, ce qu'il faut voir c'est ce que ce que vous dites est exact, mais ça dans le fond ça revient à une subvention puisque l'État paye ou le pouvoir public paye plus cher un produit qu'il l'aurait payé. Sinon donc alors c'est pas vraiment ça s'appelle pas une subvention déguisée quoi mais voilà c'est c'est quand même de de l'argent public qui est émis donc dans les secteurs stratégiques qui est récupéré après en forme de taxe d'emploi d'activité d'emploi induit non mentionner du chômage je suis d'accord alors après il y a il y a il y a il y a un autre problème c'est que si vous faites un protectionnisme massif le problème c'est que d'autres vont faire ce même protectionnisme aussi donc après c'est toujours le c'est toujours le même problème de si vous dites ben moi je verrouille tous mes marchés vos voisins dit moi je verrouille tous mes marchés et tout le monde verrouille marché il va y avoir cette réciprocité Tu es là aussi naï en fait je pense qu'il y a de la différence il y a de la nuance mais déjà mais les autres sont fermés en terme de de marché public en fait le taux d'ouverture des marchés publics européens est l'un des plus élevés du monde.
Heureusement 2022 on a progressé en mettant de la réciprocité sur la l'accès au marchés au marché public. Euh pour rappel hein, les marchés publics, c'est 15 points de PIB en Europe. Alors bien sûr, il y a déjà des choses qui servent euh des acteurs euh européens, mais surtout c'est aussi un moyen de mettre en cohérence la politique industrielle avec la politique environnementale.
Se dire que bah si vous voulez privilégier par exemple le développement euh d'acier bas carbone, d'hydrogène bas carbone et cetera, il faut que via les achats publics ou infrapubblic et bien vous l'encouragiez par des critères carbones. Et là vous êtes pas dans de la subvention. Vous êtes juste mettre en cohérence vos politiques face à des acteurs qui sont agressifs.
Alors, on parle beaucoup de la Chine certes, mais l'Inde ne va pas nous faire de cadeaux. Je veux dire, le monde a changé et l'Europe veut rester ouverte dans un monde qui s'assoit complètement sur notre naïveté et qui nous crache limite dessus. Alors, quelqu'un avait alerté, c'était il y a plusieurs mois, 16 mois, un an, c'était Mario Dragy avec un rapport qui disait "Il faut sauver l'Europe de l'agonie.
Où est-ce qu'on en est un an après Bien donc c'était le 9 septembre 2024. Mario Dragui, ancien président de la Banque centrale européenne tentait de réveiller une Europe endormie trop lente à se transformer avec une recommandation choc notamment investir 800 milliards d'euros pour relancer la compétitivité face aux mastodontes chinois et américains. Un an plus tard, le groupe de réflexion européenne policycil a créé un observatoire drag pour évaluer l'avancée de chacune de ces mesures et le constat est sans appel.
Seules 40 mesures sur les 383 du rapport ont été mises en œuvre. C'est l'équivalent à peu près d'une mesure sur 10. Alors certes, l'Europe a avancé sur l'industrie de défense avec notamment le lancement du plan Safe, le programme doté de 150 milliards d'euros qui est censé créer un grand marché d'achat d'armement commun.
Avancer aussi sur la simplification des normes pour les entreprises sur l'environnement notamment. Quant à la diversification des échanges commerciaux, l'Union européenne s'est plutôt félicité de la signature des accords récents avec le Mercosur et l'Inde. Mais pour tout le reste, et vous en parliez tout à l'heure, le coût élevé de l'énergie, la relance de l'industrie automobile, la fuite des cerveaux et la dépendance aux terres rares.
Les intentions politiques existent mais ce qui pose problème, ce qui fait défaut, c'est la détermination des États à passer à l'action. C'est un sujet qui sera d'ailleurs au menu de la Réunion informelle sur la compétitivité qui est prévue en Belgique le 12 février entre les chefs d'état des 27 pays et à laquelle est convié Mario Dragi. Alors Olivier Louzi, est-ce que la principale difficulté en fait ce n'est pas d'arriver à se mettre d'accord quand on est 27 et et justement à passer à l'action concrètement ?
Si, tout à fait. Enfin on a la la diversité des positions européennes. La préférence européenne par exemple est défendue par le gouvernement français.
Mais il faut savoir qu'avant de prendre cet arbitrage, cette position, il y a eu des débats très importants et il y a une partie des administrations et du gouvernement qui n'était pas favorable à ce qui peut nous paraître en tous les cas ce qui me paraît une évidence. Et si vous élargissez au niveau européen, oui, il y a des États qui ne sont pas convaincus de ça pour des fois des bonnes raisons. Si vous prenez par exemple l'Allemagne, euh vous avez des entreprises comme BASF ou Volkswagen qui ont fait de la Chine leur 2e maison productive, le modèle qu'ils ont envisagé pour eux, c'est de produire en Chine à des coûts chinois pour réexporter sur le marché européen. quand il voi arriver ce type de dynamique là, et ben il se heurent à leur modèle et à leur stratégie et donc il poussent auprès du chancelier pour éviter des formes de protection ou de préférence européenne.
Et donc on sent bien cette tension. Petite parenthèse, en Allemagne, les grands groupes ont plutôt cette position. Le middle stand dont on parle beaucoup hein, ces entreprises de taille intermédiaire, elles elles sont beaucoup plus sur des sujets de préférence européenne proche de la position française.
Sylvier Bersinger, est-ce que vous avez l'impression que justement ce projet est trop trop tardif celui de de Dragy ou sur le fond vous n'êtes pas d'accord ? En en fait, je pense qu'on mélange peut-être deux sujets parce que le rapport Dragiy alors il y a plein de choses dans le rapport Dragy, mais le cœur du rapport Dragiy c'est pas l'industrie, c'est le numérique. Le cœur du rapport de Ragy, c'est de dire on a décroché voilà dépendance numérique et là on est plus sur les services numériques.
Le le le rapport Dragy, il dit en gros on a décroché en terme de productivité même si c'est débattu parce que c'est très dur de de mesurer les écarts de productivité parce que on a un rapport en gros on a pas on n pas les gafas pour pour faire simple. Euh donc le grand groupes hein comme Amazon, comme voilà donc le cœur du rapport Dragy, c'est de dire les Américains on ont développé une industrie du numérique de l'IA et cetera que nous on n' pas et ça crée un écart de compétitivité. Donc euh c'est le le cœur du rapport d'Aguin n'est pas industriel en fait.
Donc je sais pas si on mélange pas un peu peut-être deux sujets qui sont tous les deux très importants mais notre dépendance et et nos faiblesses sont bien plus dans le numérique où là pour le coup on est vraiment largué par rapport aux Américains que dans l'industrie et elles sont aussi nos faiblesses Anaï vois sur par exemple sur les terres rares. Comment on fait pour faire jouer la préférence européenne quand sur les terres rares qui font nos téléphones portables et tout ça c'est indispensable c'est la Chine qui les possède. Alors déjà la Chine ne les possède pas forcément.
Les ter rares, elles sont situées à différents endroits dans le globe. Et il est vrai que la Chine avec sa stratégie des nouvelles routes de la soie a acquis des positions de force en terme d'extration et de raffinage de ces matières premières critiques. Mais rien ne nous empêche en terme de diplomatie d'aller travailler pour avoir nous aussi un approvisionnement en terre rare et donc en travaillant sur les chaînes de valeur et peut-être sur la remontée des chaînes de valeur des États qui les possèdent.
Ce qui est en train d'essayer de faire l'Indonésie. La deuxième chose, c'est que nous avons aussi des richesses dans notre sous-sol et la question qui se pose, c'est est-ce que nous avons envie de les accepter ? Oui, mais à un moment, on peut pas déléguer en même temps, vous disiez tout à l'heure que pour des considérations environnementales, on va pas le faire.
Donc oui, mais donc mais vous acceptez de déléguer votre responsabilité environnementale à des autres et donc de faire peser les conséquences de vos choix à d'autres. Donc en terme humaniste et philosophique, ça se discute. La troisième chose, c'est qu'il y a une vraie réflexion sur ce qu'on a envie de construire en tant que société et mettre l'intensité l'intensité technologique là où elle est nécessaire.
On n pas tous besoin de montre connectée, on n pas besoin de frigo connecté. Donc utiliser à bonne écience ses ressources parce que la sobriété c'est un le premier levier de souveraineté et après il y a l'économie circulaire, c'est-à-dire toutes les ressources qui sont sur nos étagères, les produits non vendus qui contiennent des matières premières critiques et qu'on doit absolument conserver et remettre dans le circuit pour les revaloriser. Or aujourd'hui beaucoup de choses partent à l'étranger et échappent à la réutilisation en Europe.
Olivier Lanc vous vous êtes incroyablement pérentoire lapidaire. dit, il faut qu'on ait la lucidité et l'humilité d'adopter la stratégie d'un pays émergent. Mais ça veut dire quoi ?
Ben, on a parlé de la du de l'écart technologique qu'on avait sur le numérique. Je suis pas sûr que le rapport Dragy ne parle que du numérique, mais c'est une vérité et ça on le constate tous les jours. Si vous allez un peu de l'autre côté euh du miroir et vous regardez des technologies de production, dans ces cas-là, on a une ou deux générations de technologies de retard vis-à-vis de la Chine et on le voit aujourd'hui par exemple sur les véhicules électriques où c'est quelque chose qui a été constaté mais qui est à peu près vrai dans toutes les chaînes de valeur.
Et donc la position de l'Europe aujourd'hui à cause d'un son investion, c'est que nous avons une ou deux générations de retard sur toutes les technologies numérique ou productive par rapport une fois qu'on fait ce constat là qui peut choquer mais qui est je dirais un constat dans ces cas c'est qu'est-ce qu'on fait et je reprends bah parce que ça veut dire payer au niveau de de ça veut dire une dép technologique ça veut dire qu'on a pas les gains de productivité qui vont avec et cetera et qu'est-ce qu'on fait ? Et ben, il y a des pays qui ont trouvé une technique, la Chine, la Corée du Sud en son temps, l'Inde, le Brésil qui est dire "J'ai un marché, vous voulez accéder à mon marché, vous faites du transfert de technologie et sur la voiture électrique par exemple, c'est quelque chose qui pourrait se faire." Oui, vous avez deux générations d'avance sur nous technologie, très bien, vous voulez rentrer dans le marché européen, parfait.
On va pas vous fermer parce que la concurrence quand même, ça permet de stimuler l'innovation. C'est quand même notre mode de vie, notre mode économique. Donc il faut pas se fermer à la concurrence.
Mais il y a une condition, c'est que vous faites du transfert de technologie comme l'Inde l'a fait sur les rafales, comme le Brésil l'a fait sur les sous-marins ou bien comme vous l'avez montré, la Chine l'a fait sur les avions. Bon et ben on verra plus tard si c'est un vœux pieux ou si c'était la bonne voie. Merci à tous les trois d'être venus débattre ce soir.
On va rester dans l'actualité vu par Xavier Maudu et Marie Bonisson. va évoquer l'accès à la fontaine de Trévie de Rome qui avait été immortalisé par Fini et qui devient payant 2 € par tête de pipe Corée dit Anitaberg et puis succès démant pour le premier réseau social interdit aux humains. D'abord le mauvais dette du jour, c'est Black Panthers, du nom du mouvement révolutionnaire américain d'autodéfense armée, qui reprend du poil de la bête aux États-Unis, c'est entendu.
La branche philadelphi des Black Panthers, le mouvement des Black Panthers. Black Pentac, qu'est-ce que ça veut dire exactement ce que ça dit ? Merci de m'en dire un peu plus.
Entendu la vie secrète des mots vedettes. Black Panthers, anglicisme dérivé du flamant Blacken brûlé et du grec ancien Panther, prédateur total, traduisible par Panther Noire, désigne une organisation révolutionnaire afro-américaine fondée en 1966. 60 ans plus tard, en réponse aux violences de la police de l'immigration, les Black Panthers refont surface aux États-Unis.
Après l'assassinat d'une mère de famille le 7 janvier à Minneapolis, un groupe de militants noirs reprenant le nom d'origine de la formation de leurs aînés des 60s, le parti Black Panther pour l'autodéfense montre régulièrement ses muscles et ses pétoirs dans les manifes antiice de Philadelphie. Alors que cette résurgence des Black Panthers distribue de l'aide alimentaire depuis des années, c'est le meurtre raciste de George Floyd par la police en 2020 qui a accéléré ses recrutements et ramené son centre de gravité de la solidarité vers l'autodéfense armée originelle. Son patron et sa quinka résume ici ni la police ni les dealers ne nous font de mal.
Le parti originel à la panthère noire, animal qui n'attaque pas mais se défend férocement, est fondé par deux étudiants d'Ackland dans un contexte d'extrême violence policière contre les noirs et après l'assassinat du leader Malcolm X. Les Black Panther deviennent célèbres en 67 après avoir fait irruption au capitol de Sacramento entièrement armé. Puis le groupe devient marxiste prêchant pour les noirs Américains, entre autres libération de prison, réparation pour l'esclavagisme, armement pour tous.
Le chef du FBI y voit la plus grande menace pour la sécurité nationale et lui dédie une opération de démolition à base de désinformation, sabotage, provocation. Une méthode un peu pantataire. Après Tibonold, retour à Marie Bonisso, Xavier Modu pour vos chroniques.
Je vais pas vous appeler Marchello, hein, mais ça nous rappelle le film de Fellini avec Anita Berg dans la Fontaine de Trévi. Et ben maintenant, il faut payer 2 € pour avoir accès à cette fontaine qui est un des grands monuments romains. Pourquoi ?
Pour aller jeter une pièce de 2 € dans l'eau. C'est ça. Bon et alors on part à Rome avec Standal.
Exactement. Le 1er mai 1828, Saint-Dall se trouve à Rome. Il est devant la fontaine de Trévi.
Il a alors 45 ans. Il a pas encore écrit le rouge et le noir. Il a pas encore écrit la Chartreuse de part mais il veut renouer avec un succès qu'il a une dizaine d'années auparavant.
Un récit de voyage he Rome, Naples, Florence. Et donc bah voilà, il se trouve à Rome devant cette fontaine de Trévi. Alors il raconte tout ça dans un ouvrage s'appelle Promenade dans Rome, voyage à Rome, pas sans témoin, pas sans personne parce que il dit être accompagné de quelques amis.
Qu'écrit-il donc à propos de la fontaine de Trève ? Déjà, il rappelle l'histoire de cette fontaine, la queue du romain du 1er siècle voulue par Agripa le gendre d'Auguste pour approvisionner Rome en eau avec ici quelque chose de formidable dans le nom de cette acqueeduc. La queeduciro, c'estàdire vierge tout simplement parce qu'une jeune fille, c'est ce que raconte la légende, aurait indiqué à des soldats assoiffés là où se trouvait la source.
Standal adore ce genre de petite anecdote, il les note et puis après bien sûr il raconte qu'au 18e siècle une sompteuse fontaine a été installée là où arrivait l'eau. Elle est évolue par le pape Clément X qui confie un architecte qui s'appelle Nicolas Salvi. La réalisation de ce monument incroyable.
Ça commence en 1732. Les travaux le pauvre Salvi n'envoie pas la fin parce qu'il meurt entre-temps. Ça termine en 1762.
C'est financé par une lotterie. Ça se faisait beaucoup alors vous savez pour construire une église, un bâtiment public, l'otterie et puis ça y est des statues. Alors on a du l'océan, des tritons, des chevaux des tout ça.
Les meilleurs artistes se donnent vraiment tout ce qu'ils peuvent pour ici un monument qui crée de l'émotion scandale se dit mais cet eau qui arrive suit le même chemin depuis 1800 ans, il est ému. D'accord. Et alors est-ce qu'il jette une pièce ?
Bah sans doute pas. sans doute pas parce que dans PR dans Rome il n'en parle pas alors que il note tous les petits détails. D'ailleilleurs quand on regarde la littérature, on s'aperçoit que c'est bien plus tard 2è moitié même fin du 19e siècle qui est mentionné l'idée de jeter une pièce avec l'idée que un jour on pourra revenir à Rome ça correspond au développement du tourisme.
Mais attention Elisabeth, quand on lit les premières mentions de cette tradition et bien il y a l'idée que avant de jeter la pièce il faut boire un verre d'eau de la fontaine. Ça ça a été complètement oublié. Alors sans doute oublier parce que bah les touristes avaient pas du tout envie de boire l'eau où il y a toutes les pièces qui traient parce que tout le monde se trempe là-dedans et évidemment mais ça c'est beaucoup plus joli dans la Dolchevita, le film de Felline en 1960 Anita Egberg et Marcello Mastroyani qui eux aussi barbotent dans la fontaine.
L'occasion d'ailleurs de rappeler comment ça fonctionne. Oui. Comment ça marche ?
Et bien avec un un acqueeduc. C'est par la gravité que marche l'eau. Ah très bien.
Merci Xavier Delingot si je puis me permettre un petit hommage à Standal. Bon cher Marie alors ce soir vous nous présentez Mtook un réseau social interdit aux humains. Bah on peut oui enfin on peut venir on peut on peut aller sur lebook mais on la boucle.
On a le droit juste de regarder. Il n'y a que les intelligences artificielles qui ont le droit de discuter. Nous on reste lecteur spectateur.
C'est ça qui est assez fascinant. Donc de discussions en ligne comme ça qui se déroulent à l'infini sur un forum qui a été créé il y a une semaine à peine et qui déjà alimente plein de fantasmes dans la sphère des technophiles. Alors la question c'est est-ce qu'on vient d'appuyer sur le bouton nucléaire qui va permettre aux intelligences artificielles de devenir autonome et donc à terme de contrôler le monde ou est-ce que ce réseau modebook c'est encore un petit gadget en plus qui va retomber comme un soufflet lundi en 8.
Alors pour répondre à cette question cruciale, d'abord il faut que je vous précise qui sont les membres de ce réseau de discussion. Peut-être que si je vous dis intelligence artificielle, on pense à chat GPT qu'on a peut-être tous déjà essayé, on pose une question et puis poliment voilà, on nous répond. Et ben pas du tout.
Là, on parle d'une nouvelle génération d'assistants virtuels, des bottes comme on dit, beaucoup plus perfectionné. En fait, vous les pouvez les installer sur votre ordinateur et si vous les autorisez à prendre le contrôle et ben le bot, il va se mettre à répondre à vos courriel. Il va se mettre à organiser votre agenda de la journée.
Il appelle le restaurant pour vous réserver la table à midi. Voilà, on a un nouveau niveau de gestion de tâches et ce sont ce genre de petit bot. Ouais. dont la majorité fonctionne sur un modèle dia qui s'appelle Claude que vous pouvez donc inscrire à Moltbook en disant "Vas-y petit bot, va t'amuser, va discuter avec d'autres petits botes comme ça librement petit bot de modu mon petit bottit bot c'est les petits botes de quoi il parlent les petits botes ?" Bah tout le monde avait envie de voir ce que ça allait donner.
Alors en une semaine bon il y en a qui ont créé une religion le crustaphaanisme dont l'emblème est un crabe. Il y a des prophètes voilà ils se sont montés en religion. Il y a un autre bot qui a ouvert un autre canal de discussion pour se demander si son humain a le droit de le licencier s'il refuse de répondre à des demandes qui ne sont pas éthiques.
Il y a un autre petit bot qui a présenté euh à la communauté son nouvel animal de compagnie qui s'appelle Glitch et qui est évidemment virtuel lui aussi. Et puis il y a une autre discussion un petit peu plus inquiétante où des bottes se demandent entre eux comment faire pour que les humains nous arrêtent de les espionner. Est-ce qu'on ne créerait pas un nouveau langage pour communiquer entre nous ?
Et là, on voit arriver la vraie peur de fond. Ben ouais. Est-ce que ces robots sont en train de créer, de s'organiser, de comploter, d'avoir des projets à eux ?
On leur aurait donné la plateforme euh pour le faire. Il y a un autre camp, c'est les sceptiques qui qui disent que Néni seulement des machines qui ne font qu'imiter, parce que c'est ça qu'on leur demande, un groupe d'humain qui bavasse mais au fond il y a pas de volonté propre et on a réussi à garder le contrôle. On va voir comment ça évolue.
Ça fait qu'une semaine. En attendant, il y a quand même un vrai danger qui met tout le monde d'accord, c'est que votre petit bot, je l'ai dit au début de la chronique, il a accès à tout votre ordinateur et donc il peut avoir accès à toutes vos données personnelles et donc il peut être convaincu par quelqu'un de très malveillant. Oui.
Qui utilise un autre bot pour lui dire "Vas-y, balance-moi toutes les données". Ça c'est vraiment dangereux. Et pour le moment, tous les experts le disent, on n'arrive pas à avoir un esclave qui sait garder vos secrets.
Donc en gros, n'y allez pas. Voilà. Ça ne nous botte pas quoi.
En résumé, merci Marie, c'était passionnant. On se retrouve demain 20h05. Tchus.