"Il faut débanaliser le protoxyde d'azote" martèle Marion Canalès, sénatrice socialiste du Puy-de-Dôme
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:12OuverteRéponse directe
Le protoxyde d'azote, le gaz hilarant et sa consommation des tournées qui causent notamment de nombreux accidents de la route, mais aussi des handicaps irréversibles.
- 0:45OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que ça peut changer ? Qu'est-ce que ça va changer, cette adoption par le Sénat ?
- 1:29RelanceRéponse directe
Les arrêtés pris par les maires suffisaient-ils ?
- 2:58OuverteRéponse directe
Expliquez à quel point c'est dangereux, quels sont les risques pour la santé du protoxyde d'azote.
- 3:45FerméeRéponse directe
C'est une drogue ? Il faut mettre un terme sur ce que c'est ?
- 4:26ComplaisanteRéponse directe
Néanmoins, je vous sens optimiste.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:03Invité politiqueFait
« on a adopté plusieurs points qui étaient déjà des propositions issues de travaux du Sénat, notamment de ma proposition de loi en février. »
- 1:49Invité politiqueFait
« la loi, c'était on interdit la vente aux mineurs, c'était la loi Létard de 2021 »
- 1:55Invité politiqueFait
« les bonbonnes sont partout, c'est un fléau écologique pour les déchetteries qui crée beaucoup de problématiques »
- 3:22Invité politiqueFait
« C'est sûr qu'on est plutôt sur des jeunes majeurs. »
- 3:25Invité politiqueFait
« ça a des conséquences neurologiques, et d'ailleurs, c'est reprotoxique, neurotoxique. »
- 3:28Invité politiqueFait
« C'est classé comme tel à l'Union européenne. »
- 4:09Invité politiqueFait
« il y a des usages gastronomiques et surtout des usages hospitaliers. »
- 4:15Invité politiqueFait
« on commence à se passer du protoxyde d'azote parce que ses vertus médicales sont aussi un peu passées. »
- 5:01Invité politiqueFait
« Ce n'est pas les petites cartouches. C'est les cartouches que vous voyez sur l'espace public qui font 2 à 4 kilos, qu'on appelle ça des tanks. »
- 5:19Invité politiqueFait
« il est temps d'aller plus loin. On ne peut pas simplement réserver la vente à certains horaires, etc. »
Temps de parole
- Marion Canalès67 %
- Présentateur29 %
- Invité2 %
≈ 4,9 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Pays d'Auvergne, ici matin.
Il est 7h47, c'est un fléau qui ne fait pas rire les politiques et les autorités. On en parle avec votre invité, Daphine Marion.
Le protoxyde d'azote, le gaz hilarant et sa consommation des tournées qui causent notamment de nombreux accidents de la route, mais aussi des handicaps irréversis. Plusieurs maires dont récemment suite Clermont ont pris des arrêtés. Puis la semaine dernière, les sénateurs ont voté la création de 4 nouveaux délits. On en parle avec la sénatrice socialiste du Puy-de-Dôme, Marion Canales. Bonjour. Bonjour. On voit des décisions prises par les préfets dans l'allié, par exemple, à l'échelon communal par les maires et donc désormais le Sénat. Délit d'inhalation, de vente aux particuliers, de transports, de conduites sous emprise. Qu'est-ce que ça peut changer ?
Qu'est-ce que ça va changer, cette adoption par le Sénat ?
Alors hier, dans le cadre du projet de loi Riposte et la semaine dernière dans les débats, on a adopté plusieurs points qui étaient déjà des propositions issues de travaux du Sénat, notamment de ma proposition de loi en février. Ça va changer, qu'on va débanaliser ce produit, enfin le rendre moins accessible et enfin pouvoir interpeller sur la plateforme Pharos, quand sur les réseaux sociaux aussi, il y a des circuits de vente pour pouvoir enfin tarir l'offre de protoxyde et passer sur la demande avec des actions de prévention. Ça veut dire que les arrêtés qui étaient pris jusqu'ici par des maires,
j'ai cité Clermont-Ferrand, il y a le Puy-en-Velay, par des préfets dans le Cantal, dans l'Allier, ça ne suffisait pas, c'était trop limite, ça pouvait être attaqué en justice par exemple ?
Le récent arrêté de Julien Bonny, en fait, il poursuit l'arrêté qu'Olivier Bianchi avait pris. Olivier Bianchi, comme de nombreux maires, avait déjà fait le constat et des préfets avaient déjà fait le constat qu'il fallait interdire la vente aux particuliers. Aujourd'hui, jusqu'à hier, pardon, la loi, c'était on interdit la vente aux mineurs, c'était la loi Létard de 2021, et les maires s'étaient rendus compte que les bonbonnes sont partout, c'est un fléau écologique pour les déchetteries qui crée beaucoup de problématiques, et aussi pour la santé publique, et pas simplement sur les mineurs.
C'est pour ça que, déjà, dès l'an dernier, beaucoup de maires avaient pris ces arrêtés, et le ministre de l'Intérieur qui était lui, préfet de police de Paris, disait lui-même, quand il était préfet de police, que ça manquait d'un support juridique, donc d'une loi, pour vraiment que ces arrêtés ne soient pas attaquables. Aujourd'hui, c'est chose faite, en tout cas au Sénat, avec le projet de loi Riposte, avec ma proposition de loi en février, on attend maintenant que l'Assemblée nationale confirme, mais elle s'était aussi prononcée sur l'interdiction de vente aux particuliers, il y a plus d'un an. Si vous voulez bien, on va écouter ce jeune Claire Montoy,
lui, il voit à quel point le phénomène prend de l'ampleur autour de lui.
Énormément de sensibilisation, ce serait déjà une bonne chose, parce que surtout, si ça attire les personnes plus jeunes, faire de la prévention le plus tôt possible.
Oui, justement, la prévention, ça fait partie des amendements qui ont été adoptés et qui permettent notamment de réserver la vente aux seuls professionnels habilités. La prévention, c'est l'élément essentiel. Expliquez à quel point c'est dangereux, quels sont les risques pour la santé du protoxyde d'azote, parce que ce n'est pas juste du gaz qui fait marrer.
Non, ce n'est pas un gaz hilarant. Déjà, les effets, quand ils ne sont pas simplement immédiats, ils perdurent, donc ils font baisser la vigilance. Ça, c'est le premier point. Deuxième point, ce n'est pas que les mineurs. On voit qu'il y a beaucoup d'adultes, et on le voit dans les accidents de la route, c'était des adultes, donc des jeunes majeurs. C'est sûr qu'on est plutôt sur des jeunes majeurs. Trois, il faut rappeler que ça a des conséquences neurologiques, et d'ailleurs, c'est reprotoxique, neurotoxique. C'est classé comme tel à l'Union européenne.
Donc, aujourd'hui, il est impératif de faire de la prévention, un, en débanalisant, en rappelant ce qu'il induit, et en le faisant directement dans les cours de conduite, à l'école, quand on parle des substances psychoactives. En tout cas, il faut absolument que...
C'est une drogue ? Il faut mettre un terme sur ce que c'est ? C'est une drogue ?
C'est en tout cas, ce n'est pas classé comme drogue, c'est un produit psychoactif. À partir du moment où ça a été détourné. Autre produit qui avait été détourné, c'était le GHB. À l'époque, la drogue qu'on appelle du viol. C'était, en fait, un produit de consommation courante. C'était du GBL, c'était utilisé en mécanique. Ça a été assez rapide pour l'interdire à la vente aux particuliers. Le protoxyde, on a eu un peu de mal parce qu'il y a des usages gastronomiques et surtout des usages hospitaliers. Et on voit que dans les hôpitaux, on commence à se passer du protoxyde d'azote parce que ses vertus médicales sont aussi un peu passées.
Les avantages et les inconvénients, c'est toujours cette question-là.
Néanmoins, je vous sens optimiste. Il faut quand même dire une chose, c'est que ça s'est développé. Avec un marketing ultra agressif, il y a quand même, on voit des protoxydes d'azote avec des gouts fraises, vanille, coco. Il y a une plus-value, etc. On voit que ça, il y a quand même, non seulement c'est détourné, mais c'est assumé d'aller chercher les jeunes et d'aller chercher sur cette consommation-là.
Oui, et puis c'est détourné, assumé.
Là aussi, il va falloir trouver un moyen de lutter.
Il y a un chef étoilé qui a dit que ça n'avait aucune plus-value gastronomique. Et puis ces bonbonnes, elles ne font plus, ce ne sont plus les petites bonbonnes que nos parents, que nous-mêmes, nous pourrions utiliser en petite gastronomie chez nous pour la santé. Ce n'est pas les petites cartouches. C'est les cartouches que vous voyez sur l'espace public qui font 2 à 4 kilos, qu'on appelle ça des tanks. C'est pour ça qu'hier, on a bien dit, et on l'a rappelé, l'introduction de mon texte de loi dans le projet de loi Riposte. On a dit aux ministres, mes collègues, et de manière toute tendance politique confondue au Sénat, on dit aux ministres, il est temps d'aller plus loin.
On ne peut pas simplement réserver la vente à certains horaires, etc. Ce n'est pas un produit de noctambule. Il y a beaucoup de gens maintenant qui le prennent le matin, le midi, le soir, du dimanche au lundi. Donc aujourd'hui, il y a un marketing qui est très fort. Il faut réguler les plateformes. On pourra saisir la plateforme Faroze pour que sur Internet, il y ait une vigilance accrue des circuits de vente.
Et puis il y a un délit de transport qui permet aussi d'intercepter celles et ceux qui transbahutent ces énormes cartouches, qui n'ont aucun intérêt ni hospitalier ni gastronomique dans le conditionnement dans lequel elles sont vendues et qui viennent évidemment d'autres pays européens, pour ne pas dire plus loin.
Merci beaucoup Marion Canales, sénatrice du Parti Socialiste dans le Puy-de-Dôme. Merci d'avoir été avec nous ce matin. Merci, au revoir.
Il est 7h53.
Ici Matin.
Marion Canalès