2021 : rentrée scolaire sous Covid
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 34 %Attaque 36 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:15OuverteRéponse directe
Comment cette mesure peut-elle s'appliquer concrètement ? Est-ce qu'elle est applicable ?
- 3:41OuverteRéponse directe
Vous la vivez comment cette mesure ? Est-ce qu'elle est applicable ?
- 4:58RelanceRéponse directe
Est-ce que vous pouvez nous expliquer comment ça va s'organiser précisément ?
- 8:06OuverteRéponse directe
Est-ce que vous savez quel rôle vous allez pouvoir jouer dans ce nouveau dispositif ?
- 12:45RelanceRéponse directe
S'il y a un cas positif, qu'est-ce que vous allez faire ?
- 15:05OuverteRéponse directe
Comment assurer le distanciel, faire cours avec la classe et avec les élèves en ligne en même temps ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:00PrésentateurFait
« Le masque, toujours obligatoire en lieu clos dans le secondaire, en extérieur aussi si le virus galope. »
- 2:19InvitéFait
« Alors oui, elle est applicable, puisqu'on avait préalablement, on a des fiches infirmerie que les parents renseignent. »
- 3:53InvitéFait
« le gouvernement nous propose une école à deux vitesses. »
- 4:24InvitéFait
« le gouvernement n'est pas très courageux, parce qu'effectivement, finalement, c'est une obligation de vacciner nos enfants, mais sans le dire. »
- 7:44InvitéFait
« Alors, d'abord, ça en représentera très peu, donc il y a toujours des cas particuliers, et évidemment que s'ils sont positifs, ils resteront chez eux. »
- 9:20InvitéFait
« il aurait été plus honnête de dire qu'on est obligé de se vacciner plutôt que de faire un entre-deux avec, quoi qu'on en dise quand même, des jeunes qui, oui, devront rester chez eux pendant que d'autres camarades iront en cours. »
- 11:59InvitéFait
« Qui va faire quoi ? Comment ? L'organisation des vaccinodromes à proximité des établissements ? »
- 19:06InvitéFait
« il faut tester les élèves. »
- 20:36InvitéFait
« Alors là, j'avoue que je n'en sais strictement rien. »
- 29:53PrésentateurChiffre
« Ils le sont, dit-il, autour de 80% aujourd'hui. »
- 30:04InvitéFait
« Je pense que c'est important que chacun puisse, comment dire, être aidant, j'allais dire, au niveau de la santé et au niveau social. »
- 34:30PrésentateurFait
« Un port des masques qui est plus ou moins différencié selon qu'on est au niveau 1, au niveau 2, au niveau 3, au niveau 4 de l'épidémie. »
- 35:31InvitéFait
« il n'y a pas de masque à l'extérieur »
- 35:36InvitéFait
« il faudra bien redire de remettre le masque dès qu'on rentre dans l'établissement »
- 35:49InvitéFait
« c'était très compliqué à la fin de l'année scolaire de faire respecter le protocole »
- 35:54InvitéFait
« ça avait été lourd, vraiment lourd sur un plan psychologique »
- 36:13InvitéFait
« il y a quatre niveaux dans le protocole du vert au rouge »
- 40:08InvitéFait
« nous, on aimerait une règle unifiée pour tout le monde »
- 40:30InvitéFait
« les masques, on va encore les utiliser très longtemps et c'est comme ça »
- 40:30InvitéFait
« l'AFCP a toujours demandé à ce que la puissance publique les prenne en charge et pas les familles »
Temps de parole
- Invité31 %
- Invité 224 %
- Présentateur21 %
- Invité 318 %
- Invité 42 %
- Auditeur2 %
≈ 1,2 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Et jusqu'à 20h, vous êtes avec Marion Lourd. Merci Cécile Bideau, à demain, bonsoir à toutes et à tous. Jeudi 29 juillet, en plein milieu de l'été, qu'est-ce qui nous prend franchement de parler de la rentrée ? C'est vrai quoi, on commençait à peine à se reposer. Sauf que voilà, l'épidémie de Covid gagne du terrain. Pas merci au variant Delta, oubliez la rentrée plus normale qu'espérait il y a quelques semaines le ministre de l'éducation. Et si vous êtes parent d'enfant en âge scolaire, ou même grand-parent, babysitter ou prof ou chef d'établissement, vous bronzeriez sûrement plus tranquille en sachant comment ça va se passer en septembre prochain.
En plus, pour les professionnels, il s'agit de préparer pour que tout se passe bien à l'automne. Bon, apparemment, le gouvernement a bien compris le message. Protocole sanitaire publié hier par le ministère, une mesure fait beaucoup parler. Les collégiens et lycéens non vaccinés renvoyés chez eux en cas de malades de la Covid dans leur classe. Mais il y a aussi le masque, toujours obligatoire en lieu clos dans le secondaire, en extérieur aussi si le virus galope. Les capteurs de CO2 recommandés dans les classes, les centres de vaccination près ou dans les établissements. Bref, tout un dispositif qui va devoir se mettre en place. Dans la pratique, ça se passera comment ?
On en parle ce soir au Téléphone Sonne. C'est votre émission sur France Inter. Soyez les bienvenus. Et pour en parler ce soir, nous avons trois invités qui sont toutes les trois à distance, mais elles sont bien là. Françoise Sturbo, proviseur du lycée général et technologique Paul Valéry à Paris. Bonsoir Françoise. Bonsoir. Sylvie Magne, infirmière scolaire, secrétaire générale adjointe du SNIC, CFSU, syndicat majoritaire des infirmiers de l'éducation nationale. Bonsoir. Bonsoir. Et Clara Dugo, coprésidente de la Fédération de parents d'élèves FCPE. Bonsoir à vous. Bonsoir.
On va revenir peut-être avant de prendre un appel d'auditeurs sur cette mesure qui fait débat et dont je parlais en introduction. En maternelle et en primaire, c'est toujours un cas de Covid, une classe fermée pour une semaine. Mais au collège et au lycée, seuls les non-vaccinés vont devoir rentrer chez eux. Françoise Sturbo, peut-être vous qui êtes proviseur de la cité scolaire Paul Valéry à Paris. Comment ça peut s'appliquer concrètement, cette mesure ? Est-ce qu'elle est applicable ?
Alors oui, elle est applicable, puisqu'on avait préalablement, on a des fiches infirmerie que les parents renseignent. Donc là, on va devoir leur demander de préciser cette fiche infirmerie à la rentrée avec ce nouveau vaccin qui n'était pas dans la liste précédente. Et donc, c'est en fonction de cette liste, de cette fiche qui sera terminée, enfin qui va être enseignée, que l'on pourra savoir si les élèves ont été vaccinés ou pas. Et ensuite, procéder en effet à l'éviction des élèves qui ne sont pas vaccinés et à garder en classe ceux qui ne le sont pas. Alors ça va être un petit peu compliqué à mettre en place, évidemment, ça c'est certain.
Mais donc c'est uniquement déclaratif ?
D'après mes informations, oui bien sûr. Mais il me semble, ça a toujours été de toutes les façons, enfin s'il y avait présentation du carnet de santé. Là, je ne connais pas les modalités précises. Donc peut-être qu'en effet, on demandera aux familles de fournir le fameux pass sanitaire. C'est possible, ça je ne peux pas, je ne sais pas.
Et pourtant le ministre dit pas de pass sanitaire à l'école, donc tout ça est un petit peu confus encore peut-être. Carla Dugot, vous qui êtes co-présidente de la Fédération des conseils de parents d'élèves, vous la vivez comment vous cette mesure ? Et est-ce que vous pensez, comme Françoise Turbeau, l'approviseur, que c'est applicable ?
Non, pas du tout. Je pense autrement. C'est-à-dire qu'à la FCP, nous, enfin là ce qu'on nous propose, finalement le gouvernement nous propose une école à deux vitesses. On ne peut pas l'accepter. Le gouvernement, tranquillement, organise la discrimination entre les élèves. Donc on ne peut pas l'accepter. Voilà, donc nous sommes dans un pays de droit. Il est inimaginable d'accepter une mesure comme celle-ci. Surtout qu'encore une fois, nous avons un ministre de l'Éducation nationale qui travaille tout seul. Alors même que, oui, nous sommes à un mois de la rentrée scolaire, on aurait dû être associés, car nous avons tous des propositions à faire et ce n'est pas le cas.
Donc quelque part, le gouvernement n'est pas très courageux, parce qu'effectivement, finalement, c'est une obligation de vacciner nos enfants, mais sans le dire. Donc oui, c'est très confus.
Jean-Michel Blancard dit une forte incitation, le ministre dit forte incitation et non pas obligation.
Oui, enfin, nous avons eu effectivement une mise au point aujourd'hui dans la journée par Gabriel Attal. Lui, il dit qu'on est 20 personnes aussi. Oui, enfin, c'est une marche en arrière. Mais en fait, les choses sur le terrain, comment elles vont s'organiser précisément ? C'est ça la question que se posent les parents. Et encore une fois, un mois de la rentrée scolaire, ce n'est pas sérieux, en fait, de faire une proposition comme celle-ci.
Alors, Françoise Turbot, puisque Carla Dugault demande, est-ce que vous pouvez nous expliquer comment ça va s'organiser précisément ou pas ?
Alors, moi, on a découvert ça, donc, il y a juste quelques jours. Mais il me semble qu'en effet, ça va demander, si vous voulez, des efforts au personnel enseignant, puisqu'il va falloir à la fois permettre aux élèves qui ont été vaccinés et qui sont là, donc, d'avoir cours normalement, et pour que la continuité pédagogique perdure, faire passer aux élèves, soit en faisant de l'hybridation synchrone, c'est-à-dire en les faisant se connecter à distance, quand cela est possible, soit en leur donnant le cours via les ENT, les espaces numériques de travail, des régions, des conseils généraux, etc. Ça, ça marche maintenant, ça fonctionne ?
Ah ben, quand ça marchera, oui, enfin, a priori, bon, il y a eu des gros soucis au printemps, on le sait bien, en particulier dans certaines régions de France, mais comme ça ne va pas concerner toutes les classes en même temps, c'était ça la différence aussi, peut-être, du printemps, donc là, il y aura quand même moins de masse, et donc, on peut espérer, j'ose espérer, je touche du bois en même temps que je vous parle, j'ose espérer que ça fonctionnera vraiment cette fois-là, et que ça permettra ça.
Après, par rapport à ce que dit la personne de la FCPE, alors là, moi, je ne suis absolument pas d'accord, parce que nous avons des élèves qui seront, qui ne pourront pas venir au lycée ou au collège pendant une semaine, la semaine d'éviction, ce qui était précédemment. Alors, qu'est-ce qu'il faut ? Il vaut mieux qu'on ait toute la classe qui soit privée de ce présentiel, ou seulement une partie de la classe qui, parce que ses parents en ont décidé, enfin, il me semble que là, une minorité ne peut pas, ne peut pas, enfin, c'est parce que les autres ont moins qu'il faut que tout le monde ait moins.
Donc, il me semble qu'il faut toujours viser le plus, et donc, que c'est important, qu'on sait que le présentiel est quand même beaucoup plus, j'allais dire, et psychologiquement et pédagogiquement efficace. Donc, il vaut mieux préserver ce présentiel pour le plus d'enfants possible. Ensuite, ceux qui n'ont pas été vaccinés pour des raisons X, Y, et cela ne nous regarde pas et ne nous regardera pas, à ce moment-là, nous aurons, nous, à cœur personnel de l'éducation nationale, de vraiment leur faire passer le plus possible ce qu'ils ont manqué pour que, justement, il y ait toujours cette continuité pédagogique.
Dominique nous a écrit à France Inter, et il demande comment on va faire avec les élèves qui sont et vaccinés, et positifs.
Alors, d'abord, ça en représentera très peu, donc il y a toujours des cas particuliers, et évidemment que s'ils sont positifs, ils resteront chez eux, enfin, le temps qu'ils sont positifs et jusqu'à ce qu'ils ne le soient plus, point. Voilà, c'est tout, ils seront malades puisque positifs. Donc, ce sera cette règle-là qui s'applique.
Sylvie Magne, vous, vous êtes infirmière scolaire, est-ce que vous savez quel rôle vous allez pouvoir jouer dans ce nouveau dispositif, ce nouveau protocole sanitaire ?
Eh bien, en tout cas, ce qu'on espère, c'est qu'on pourra surtout reprendre nos missions et jouer le rôle qu'on doit jouer et qui a été mis en sommeil ou qui a été empêché depuis déjà un peu plus d'un an et demi. C'est-à-dire qu'entre les tests, entre la mise en œuvre des protocoles et toute la charge de travail qui nous est arrivée dessus, si je puis dire, en lien avec cette crise sanitaire, on a eu beaucoup de difficultés à aller faire de l'éducation à la santé. Et je pense que c'est aussi quelque chose qui pêche et qu'il faut qu'on puisse aller faire, ne serait-ce qu'effectivement, peut-être pour sensibiliser les jeunes à l'importance de la vaccination, pour rappeler les gestes barrières.
Parce que, pour tout vous dire, les derniers mois avant les grandes vacances, on a revu des pathologies qu'on ne voyait pas depuis un bon moment. Et si on les a vues type gastro et autres, c'est qu'il y avait un relâchement fort dans tout ce qui était gestes barrières. Donc, il faut qu'on puisse se concentrer à ça. On entend bien cette nécessité peut-être de vacciner. Et moi, je pense qu'il aurait été plus honnête de dire qu'on est obligé de se vacciner plutôt que de faire un entre-deux avec, quoi qu'on en dise quand même, des jeunes qui, oui, devront rester chez eux pendant que d'autres camarades iront en cours. Donc, il y a toute cette éducation à la santé qui est à faire.
Et puis, en tout cas, pour ce qui nous concerne, pouvoir être en face des élèves et pas se disperser. La vaccination, elle peut être faite par d'autres professionnels que par les infirmières de l'éducation nationale. Nous, il faut qu'on soit dans les infirmeries pour recevoir les élèves qui ne vont pas bien. Tout le monde le reconnaît unanimement depuis quelques mois. On n'a eu aucune création de poste. Donc, on peut difficilement continuer à assumer beaucoup de missions supplémentaires. Et s'il faut que le volontariat pour participer à la vaccination soit plus ou moins contraint, ça veut dire des infirmeries fermées. Et ça, c'est très problématique pour nous.
En l'absence de création de poste, c'est de moyens suffisants pour faire face à toutes les missions. Et puis, j'entendais ce que disait aussi bien la FCPE que la collègue proviseur. Moi, je suis un peu perplexe quand même, parce que fatalement, il va y avoir de la stigmatisation. Qui sera vacciné, qui ne sera pas vacciné. À un moment ou à un autre, ça peut créer de la suspicion, même si tout le monde essaie de faire les choses de la meilleure manière possible. Ce n'est quand même pas anodin. Et même si j'entends qu'effectivement, être à l'école, c'est le principal pour les enfants, c'est d'ailleurs un droit pour tous, ça va quand même être compliqué d'avoir des statuts différents.
Et il aurait peut-être mieux valu, honnêtement, dire « Bon, ben voilà, la vaccination s'impose. Au moins, les choses auraient été claires. » Et ça n'aurait pas fait un espèce de truc à deux niveaux avec des jeunes qui, pour certains, vont se retrouver en difficulté. Et par ailleurs, alors les choses évoluent peut-être, mais dans les dernières semaines avant les vacances, par exemple, on nous disait qu'en cas de contact à un jeune qui avait déjà contracté la maladie, d'abord ne devait pas être vacciné et puis portait encore des anticorps pendant un moment. Donc ça aussi, c'est quelque chose qu'il va falloir affiner. Parce que tous les cas vont devoir se traiter en donkel, si je puis dire ça.
Donc voilà, c'est mieux que l'année dernière, parce qu'au moins, on a le protocole un peu en avance, mais on a encore beaucoup d'incertitudes sur le pratico-pratique. Qui va faire quoi ? Comment ? L'organisation des vaccinodromes à proximité des établissements ? Voilà.
On va en reparler peut-être un peu plus tard et on va se tourner vers Jean-Michel qui nous appelle de Nantes. Bonsoir, Jean-Michel. Bonsoir. Vous, vous êtes enseignant, je crois. Bienvenue sur France Inter. Oui, tout à fait.
Moi, je suis enseignant en lycée. Donc moi, j'écoutais un peu vos intervenants et puis le ministre. Et la première réflexion qui me vient, c'est de dire que moi, en tant que professeur, et puis j'ai pu discuter avec des collègues, il est absolument hors de question pour nous d'organiser une discrimination sur nos élèves, sur ceux qui sont vaccinés et ceux qui ne le sont pas.
Donc vous n'allez pas appliquer cette règle ?
Je vais même aller plus loin. On va faire de telles... Moi, je ne l'appliquerai absolument pas. Il est hors de question que je le fasse.
Donc s'il y a un cas positif, il se déclare dans votre classe, qu'est-ce que vous allez faire ?
Vous savez, quand il y a un cas positif, la personne qui est positive, évidemment, doit s'isoler. Et moi, je pense que la place des élèves, elle n'est pas chez eux devant un écran. La place des élèves, elle est en classe. Donc on nous dit de nous vacciner, les élèves, ils vont encore avoir des masques, ils vont encore avoir du gel hydroalcoolique, on va arrêter à un moment donné de saboter l'éducation de la jeunesse. La place des élèves, je le dis, elle est en classe, elle n'est pas devant un écran, et ceux-là, vacciner ou non.
Merci Jean-Michel pour votre point de vue. Françoise Sturbo, vous avez l'impression que du côté des professeurs, ça peut coincer, cette mise en place du protocole sanitaire ?
On entend en tout cas le cas de Jean-Michel ? Ça va être compliqué, ça je pense, bien sûr, par rapport à ce que je vous disais, parce qu'il y a d'une part le problème éthique que soulève Jean-Michel, et puis aussi il y aura ce problème de quelle technique utiliser, soit de faire de l'hybridation synchrone, donc de mettre des élèves devant un écran. Mais il me semble que mettre des élèves devant un écran, c'est mieux que rien, c'est mieux que les laisser sans rien du tout et sans cours aucun. Et puis se dire que ce n'est que pour une semaine.
Par contre, j'entendais ce que disait la collègue infirmière, c'est vrai qu'il peut y avoir peut-être plus au collège qu'au lycée, et ça dépend peut-être aussi dans des plus petits collèges, des plus petits établissements, des choses comme ça, peut-être un petit peu de discrimination ou de regard en biais, soit entre familles, soit entre élèves. Cela risque de poser en effet quelques petits problèmes, donc ce sera à nous, adultes, de travailler ça, de réexpliquer, et de permettre toujours de vivre ensemble.
Mais c'est vrai que, bien entendu, les services scolaires médicaux vont être de nouveau sollicités, et en effet, nos élèves ne vont pas bien, nos jeunes ne vont pas bien, nos ados ne vont pas bien, et donc on a besoin aussi que nos personnels de santé scolaire soient sur ce terrain-là d'aide, d'appui, et pas seulement sur le terrain du Covid.
Sur la mise en place pratique des cours par hybridation, comme vous le disiez, en fait des cours qui seraient à distance pour les élèves isolés, et puis en classe pour les élèves vaccinés et non isolés, on a une question de Baptiste qui nous a écrit à France Inter, qui dit comment assurer le distanciel, faire cours avec la classe et avec les élèves en ligne en même temps ? Est-ce que les professeurs auront le matériel adéquat ? Est-ce que, Françoise Sturbo, vous allez mettre une caméra de vidéoconférence dans chaque classe ?
Alors, non, parce que nous, ça dépend des régions, ça dépend des départements, mais par exemple, en Ile-de-France, la région Ile-de-France a doté tous les élèves d'un ordinateur, donc ça, on l'a, et puis dans les salles de classe, vous avez...
Enfin, on n'est pas obligé de se filmer, je crois que c'est ça aussi le gros fantasme et la grosse peur, les enseignants n'ont pas besoin de se filmer, il suffit qu'ils partagent leur écran, et puis qu'il y ait une sonorisation, et que donc les élèves à distance, les jeunes à distance, entendent ce qui se dit dans la salle de classe, et eux puissent répondre à leur tour, et que l'écran partagé, c'est-à-dire ce qui représente, ce qui correspond au tableau, ils le voient de la même façon que ceux qui sont en classe. Donc, dans les classes qui sont équipées de vidéoprojecteurs, ça, ça ne pose aucun problème. Les enseignants n'ont pas besoin d'être filmés, bien sûr que non.
Carla Dugot, de la FCPE, est-ce que tout ce que dit Mme Sturbeau, ça vous rassure, sur la qualité de cours que pourront avoir les élèves, y compris ceux qui sont isolés ?
Écoutez, peut-être que dans son établissement, ça fonctionnera très bien, mais au niveau, enfin, à l'échelle nationale, ce n'est pas du tout le cas, et on le sait très bien, tous acteurs de la communauté éducative, que rien n'est prêt pour la continuité pédagogique, même si, voilà, il y a sûrement quelques petites avancées sur la continuité pédagogique, mais rien, partout, ne fonctionne, pas tout ne fonctionne, pardon.
Donc, en fait, quelque part, lorsqu'on va renvoyer, en fait, un élève chez lui, finalement, on le prive d'instruction, puisque selon les territoires, selon les foyers, selon beaucoup trop de conditions aléatoires, en fait, l'élève pourra suivre plus ou moins bien ses apprentissages. Alors, qu'est-ce qu'il faudrait faire, d'après vous, ces élèves ? L'AFCP n'y croit pas du tout.
En fait, aujourd'hui, en tout cas, cette nouvelle mesure qui est proposée, en fait, on est juste en train de continuer à accélérer le décrochage scolaire, ce qui n'est pas possible, parce qu'encore une fois, et différentes études le disent, dont celle de l'INSERM, ce sont les enfants, par exemple, qui habitent dans les quartiers politiques de la ville, qui seront le plus impactés...
Les quartiers les plus modestes, en clair.
Voilà, exactement, le plus impactés au niveau des apprentissages, et le sont déjà. En fait, nos enfants ont passé une année très difficile. Aujourd'hui, ils ont besoin d'accompagnement, de suivi psychologique, donc oui, effectivement, les infirmières scolaires ne sont pas assez. Les propositions que... Enfin, en tout cas, ce qu'on demande depuis très longtemps, ça fait plus d'un an, ce que demande la FCPE au gouvernement, c'est justement de recruter massivement du personnel de l'éducation nationale.
Je vous entends bien, Carla Dugo, mais qu'est-ce que vous préconisez, du coup, quand il y a un cas positif ? Dans ce cas-là, on fait comme ce que disait notre auditeur, Jean-Michel, on garde tout le monde en classe, et tant pis, il y a des masques, il y a du gel hydroalcoolique ?
Oui, voilà, exactement. En fait, alors, en tout cas, il faut organiser les choses autrement. Donc, c'est vrai qu'encore une fois, ce que je disais tout à l'heure, en fait, à un mois de la rentrée scolaire, je suis désolée, en fait, les moyens ne sont pas au rendez-vous. On vit une situation exceptionnelle. Il n'y a pas plus de moyens qui ont été déployés pour l'éducation nationale. Donc, en fait, il aurait fallu recruter des enseignants, ça fait plus d'un an que la FCPE le demande. On aurait dû recruter des enseignants massivement pour organiser justement la classe autrement, c'est-à-dire en petits groupes.
Et les choses, aussi bien au niveau sanitaire qu'au niveau apprentissage, ce serait beaucoup mieux passé. Aujourd'hui, oui, il faut tester les élèves. Voilà, il faut prendre soin de nos enfants parce qu'ils ont été maltraités pendant une année. Et aujourd'hui, en fait, on voit bien que les conséquences sont assez importantes sur beaucoup de nos jeunes.
Céline est au Standard de France Inter. Bonsoir, Céline. Bonsoir. C'est à vous.
J'avais une question pour savoir si M. Blancard n'avait pas oublié que la sixième était une année où des enfants avaient 11 ans. Par exemple, ma fille, elle aura 12 ans. Dans un an, elle rentre en sixième, là, en septembre. Et puis, pendant toute l'année scolaire de sa sixième, où elle va découvrir le collège, elle aura 11 ans et l'impossibilité d'être vaccinée. Et je vois très, très mal comment des enfants qui entrent en sixième, qui doivent découvrir le collège, ses usages, cette façon de travailler, pourraient y arriver à distance. Et en plus, ce n'est pas par volonté de ne pas être vaccinée, c'est que juste, ce n'est pas possible.
Donc, c'est catastrophique, sachant que l'année dernière, je suis tout à fait d'accord, les enfants étaient extrêmement fragilisés dans leurs apprentissages. La sixième, c'est crucial. Donc, je ne comprends pas du tout quel est le projet concernant ces enfants qui auront 11 ans. Je trouve ça catastrophique.
C'est une question qui revient beaucoup également. Merci, Céline. C'est une question qui revient beaucoup également sur l'application France Inter. C'est Eva, notamment, qui nous demande « Quid des jeunes de moins de 12 ans qui sont pourtant collégiens ? » Manu qui nous demande « Pourquoi ne faut-il pas étendre la vaccination aux enfants de 11 ans ? » Car les enfants qui arrivent en sixième ne peuvent pas encore se faire vacciner. Alors, qu'est-ce qu'on fait avec tous ces enfants, Françoise Sturbo, qui est proviseuse ?
Alors là, j'avoue que je n'en sais strictement rien. Je pense que ça va être un vrai problème. et que dans les jours qui viennent, il va falloir trouver... Enfin, il va falloir qu'on nous donne une réponse, en effet. Parce que là, là-dessus, pour l'instant, on est dans le flou complet. Donc, il va falloir trouver une réponse. Enfin, il va falloir nous donner une réponse pour qu'on puisse, en effet, savoir est-ce qu'on les considère prioritairement comme des collégiens et dans ce cas-là, on applique la mesure ou est-ce qu'on les considère vraiment comme des moins de 12 ans puisqu'ils ne peuvent pas se faire vacciner et dans ces cas-là, comment faire ?
Enfin, là, il faudra vraiment qu'on ait des consignes très précises qui n'ont pas été pour l'instant encore prévues, en effet. Je voudrais venir simplement, si je peux me permettre, sur les quartiers défavorisés ou les familles les plus éloignées de l'école, je pense que c'est vis-à-vis de ces populations, en effet, qu'il faut vraiment que l'on travaille au niveau de la prévention et qu'on travaille au niveau de l'explication, au niveau de la vaccination et c'est quelque chose qu'il faudra vraiment accompagner d'une façon importante pour permettre à toutes les familles d'accéder à la vaccination de la même façon.
Et ça, je crois que là-dessus, nous, Éducation Nationale et en particulier, évidemment, les services médicaux, on va avoir un gros travail à faire et je crois que ça fait vraiment partie de nos missions.
Et l'ouverture de centres de vaccination, 6 000 à 7 000, disait le ministre de l'Éducation, à proximité des établissements ou dans les établissements, ça devrait aider ?
Oui, bien sûr, mais pas seulement, si vous voulez, ça, c'est fondamental, enfin, ça, c'est la chose essentielle, mais il va falloir aussi faire de l'accompagnement, expliquer, réexpliquer, ça me paraît vraiment très important. Vous avez la place, vous, si on vous demande
de mettre un centre de vaccination dans vos établissements ?
Alors, si vous voulez, ça, c'est un, enfin, moi, sur le fond, oui, après, c'est un travail d'équipe, donc, qui doit se faire, en particulier, avec le service sanitaire, voir avec eux ce qui est possible de faire, de quelle façon, de quels moyens supplémentaires on a besoin, comment est-ce qu'on va organiser ça, enfin, c'est vraiment toute une équipe qui doit valider ça et être porteuse.
Sylvie Magne, notre auditrice, Céline évoquait, et Carla Dugou, de la FCPE également, évoquait la difficulté psychologique des élèves après une année qui a été un petit peu quand même compliquée. Est-ce que vous, infirmière scolaire et vos collègues, est-ce que vous apportez, par exemple, un soutien aux élèves qui sont obligés de s'isoler, ou est-ce que vous voyez des conséquences de ce genre de choses ?
Oui, on en voit, effectivement, et c'est ce qui remonte de pratiquement toutes les réunions où on peut assister, toutes les collègues. On a toutes vu beaucoup plus d'élèves et ça va des plus jeunes jusqu'aux plus grands. Moi, j'ai une cité scolaire qui va de la 6e au BTS. On a vu énormément les 6e cette année, tout comme on a vu beaucoup les élèves en année d'examen première et terminale avec des jeunes qui n'allaient pas bien et qui étaient presque dans l'incapacité pour certains de se remettre au travail, de se remettre dans une dynamique d'apprentissage.
C'est pourquoi je partage l'idée qu'il faut vraiment que les élèves soient à l'école parce que le décrochage, ça va être une catastrophe et on va voir cette catastrophe sur un certain nombre d'années. Ce n'est pas juste à court terme. Il y aura des conséquences à moyen et long terme. Donc, effectivement, c'est important. J'entendais, je voulais réagir aussi sur ces enfants de moins de 12 ans. Je pense que ça, c'est un angle mort du protocole parce que, oui, quid des petits qui n'auront pas encore 12 ans ?
De même qu'on est encore quasiment dans la plupart des établissements au point mort sur tous les équipements, les capteurs de CO2, les ventilations, toutes ces choses qui devraient permettre d'accueillir. Ils sont encouragés par le protocole sanitaire ? C'est encouragé, oui, mais dans les faits, on voit des choses avancer vraiment. C'est reporté aux régions ou aux départements. En ont-ils les moyens ? Voilà, c'est une complication. Quant à intégrer des centres de vaccination à l'intérieur des établissements, il y a des endroits où il n'y a pas une salle de libre et où ça sera extrêmement compliqué.
Et moi, je suis assez préoccupée, même si je pense que d'avoir des vaccinodromes à proximité des établissements, ça peut être une solution. Je suis assez préoccupée de voir comment ça va pouvoir se mettre en place. On a vu le temps qu'on a mis à se mettre en place certains tests, etc. Chacun se renvoyant un peu la balle. J'ai bien peur que ça ne se fasse pas, même s'il y a des effets d'annonce assez rapidement après la rentrée. Donc, je pense qu'il y a encore beaucoup de choses qui sont floues. Et effectivement, je partage ce que disait Carla Dugo sur le manque de concertation. On a eu un point sanitaire le 8 juillet. On nous annonçait le protocole autour du 15.
Bon, ça a pris un peu de retard, ce qu'on peut comprendre. La prochaine réunion de concertation est prévue le 25 août. c'est quasiment la rentrée. Et on a encore tellement de questions sur ce protocole qui est sorti parce que dans le pratico-pratique, on peut lire, le relire et le relire. Il y a plein de choses qui manquent. Je crains que...
Je vais revenir peut-être... On a compris évidemment que vous trouvez qu'il y a un manque de concertation et vous n'êtes pas la seule. Effectivement, la FCPE dit la même chose. Juste pour revenir aux conséquences psychologiques sur les élèves, concrètement, s'il y a un élève qui est isolé, qu'est-ce que vous allez faire ? Vous allez l'appeler ? Vous allez faire quoi ? Alors, c'est ce qui se faisait
sur les périodes précédentes quand il y a eu des fermetures de classes, quand il y a eu des confinements ou les deux semaines cette année de confinement autour des vacances de printemps. Les collègues profs ou la vie scolaire identifient bien les jeunes qui sont en difficulté. Nous, on en connaît aussi un certain nombre parce que, voilà, on les reçoit, on sait bien qui est plus fragile et effectivement, on essaie de passer un petit coup de fil.
Alors, quand on arrive à les joindre parce que, parfois, il n'y a pas de réponse, on laisse des messages, on rappelle, on ne nous rappelle pas mais, en tout cas, on essaie de maintenir ce lien et, dans les retours qu'on en a eus, en tout cas, c'est quelque chose qui a été aidant pour les élèves comme pour les familles, d'ailleurs, parce qu'il y a des parents qui sont très démunis d'avoir leurs enfants à la maison, de plus savoir quoi penser entre des ordres contradictoires, entre la CPM, les ARS, sur des tests ou sur des isolements. Donc, ce lien-là, il faut qu'il soit maintenu. Effectivement, c'est extrêmement important. C'est du même registre que la consultation infirmière en présentiel.
Il faut qu'on ait les moyens et qu'on puisse garder ce lien avec les jeunes les plus fragiles. Et ils sont nombreux. Fania nous appelle
de Grenoble. Bonsoir, Fania. Oui, bonsoir, mesdames. Merci beaucoup. En fait, moi, j'ai une petite question qui concerne les enseignants. On parle beaucoup des élèves de collèges et lycées qui doivent être vaccinés. Mais qu'en est-il des enseignants ? Est-ce qu'ils font partie du personnel et je ne crois pas qu'ils doivent être vaccinés au bout de la forme ? Non, non. Voilà. Et comment ça se passe quand l'enseignant se retrouve lui-même testé positif et absent ? Merci pour votre question. Merci pour votre question, Fania. Carla, Dugo, vous, à l'AFCPE, vous aimeriez en tout cas qu'il y ait une obligation vaccinale pour les enseignants ?
Non, en fait, sur la vaccination des enseignants, c'est sur le volontariat. Pour l'instant. Pour l'instant, l'AFCPE là-dessus. Puisque vous me posez la question sur la vaccination à l'AFCPE, on pense que la vaccination est une question de droit commun. Donc, il faudrait une loi. Mais voilà, c'est au gouvernement d'assumer tout cela. D'ailleurs, ça a été dit par la représentante du SNIC-FSU.
Mais en tant que parent, vous pourriez avoir envie d'avoir un enseignant vacciné face à vos enfants histoire de ne pas les contaminer ? Écoutez,
c'est le choix de l'enseignant. Après, encore une fois, il y a plein de solutions, il y a beaucoup de solutions. On n'a pas du tout, encore une fois, le gouvernement n'a pas du tout anticipé les choses. Et aujourd'hui, on voit bien, vous voyez bien qu'il y a beaucoup trop de questions encore. On n'a pas de réponses. Donc, encore une fois, on nous met dans une situation, dans un contexte très anxiogène, très inquiétant. Et en fait, on est juste à un mois de la rentrée scolaire. Ce n'est pas sérieux d'organiser les choses comme ça. Et encore une fois, on est dans la politique de la débrouille. La politique de la débrouille n'a jamais été une politique d'État.
Et nos enfants méritent beaucoup mieux et surtout l'école de la République.
Françoise Sturbeau, vous qui êtes proviseur, on a compris quand même que le ministre de l'Éducation ouvrait la porte si les enseignants n'étaient pas plus largement vaccinés à la rentrée à une éventuelle obligation. Ils le sont, dit-il, autour de 80% aujourd'hui. Donc, est-ce que vous, vous y êtes favorable ? Est-ce que vous encouragez une vaccination obligatoire ou est-ce que vous avez l'impression que finalement la volonté est là et puis que peut-être 80% c'est assez finalement ?
Je pense que c'est important que chacun puisse, comment dire, être aidant, j'allais dire, au niveau de la santé et au niveau social et qu'on soit dans ce lien et qu'on pense en effet au travail que l'on fait et puis aux personnes qu'on en fasse. Après, les enfants, les jeunes, sont ceux qui sont le moins contaminés et sont ceux aussi qui sont le moins fortement atteints lorsqu'ils sont contaminés. Donc, l'enseignant n'est pas un danger potentiel, ne représente pas un danger même s'il n'est pas vacciné pour l'enfant. Je crois que c'est aussi ça qui est important de dire. Qui plus est, l'enseignant peut rester aussi à une certaine distance de ses élèves.
Enfin, il n'a pas la proximité que peuvent avoir deux élèves entre eux qui jouent ensemble, qui échangent ensemble. donc il y a ça aussi. Donc, il n'y a pas, me semble-t-il, véritablement de danger au sens où on pourrait le penser.
Puisque je vous tiens à Françoise Surbeau, je vais vous demander aussi, Jean-Marc nous a écrit sur l'application France Inter, est-ce que l'enseignement privé a toute liberté d'organisation ? Est-ce qu'il est obligé de respecter ce protocole sanitaire ?
Alors, je vais parler avec... Je vais être... Oui, je pense que oui, en effet, il l'utilise, il a les mêmes... enfin, l'enseignement privé sous contrat doit suivre les mêmes règles sanitaires que l'enseignement public. D'accord. Après, l'enseignement privé hors contrat, alors là, je ne sais pas parce que c'est un peu plus compliqué, mais il me semble que dans la mesure où il y a accueil de jeunes, accueil de... on n'est pas dans des mesures d'éducation au sens strict, on est vraiment dans des mesures de santé publique, me semble-t-il. Mais je ne pourrais pas vous le dire précisément, voilà,
répondre précisément à ça. Carla Dugot, il y a beaucoup de règles, on en parlait tout à l'heure, de règles qui sont déjà en vigueur et qui vont le rester, d'ailleurs, le port du masque notamment, alors il sera plus ou moins étendu selon les scénarios, mais des règles qui sont déjà instaurées, qui étaient déjà instaurées, en tout cas au mois de juin dernier encore dans les établissements scolaires. Est-ce que malgré tout, vous avez l'impression qu'elles sont respectées ?
Écoutez, oui, en tout cas aussi bien les enseignants que les parents et puis l'ensemble des acteurs de la communauté éducative dont les infirmières scolaires, oui, tout le monde joue le jeu parce qu'en fait, on est tous au service de l'intérêt de l'élève avant tout et du coup, oui, ces règles sont respectées. Ça c'est pour les élèves,
mais entre élèves, par exemple, la distanciation, c'est quand même compliqué.
En fait, justement, après, chaque enseignant ou chaque personnel de l'éducation nationale va faire au mieux avec son groupe. Après, en tout cas, à votre question, oui, les règles sont respectées dans les établissements scolaires et les enfants, oui, il faut parfois leur appeler la règle. Mais voilà, donc ça, ça fonctionnait. ce qui ne fonctionne ou ce qui peut rendre la situation difficile, c'est justement le fait qu'on n'ait pas organisé la classe en demi-groupe, qu'on ne puisse pas en fait avoir accès aux tiers-lieux, c'est-à-dire des lieux publics qui sont utilisés pour d'autres choses et en faire des lieux où on accueillerait les élèves avec leurs enseignants.
Voilà, tout ça, en fait, ça existe. L'école dehors aussi, lorsqu'il fait beau, vous voyez, il y a plein de solutions qui sont à notre portée et en fait, on ne les met pas en œuvre et ça, c'est fort dommage.
Et sur l'application France Inter, Jérôme nous demande pourquoi pas des classes réservées aux vaccinés et des classes réservées aux non-vaccinés ? Non,
là, c'est un peu compliqué, ça rejoint ce que je disais. Voilà, pitié. Carla Dego et François Sturbo sont d'accord, là. Oui, là, on est d'accord. Non, là, on organiserait la discrimination alors même que la loi l'interdit. Donc, non, ce n'est pas possible.
Pas possible non plus, vous dites, madame la proviseure ?
Ah oui, non, c'est absolument impossible en effet, parce que là, on serait dans la discrimination pure et dure. Donc, non, ce n'est pas envisageable du tout.
Alors, dans ce protocole sanitaire, il y a quand même d'autres choses que cette règle de l'éviction, même si le porte-parole du gouvernement dit qu'on ne parle pas d'éviction. Il y a la question, notamment, des masques. Alors, un port des masques qui est plus ou moins différencié selon qu'on est au niveau 1, au niveau 2, au niveau 3, au niveau 4 de l'épidémie, on le porte plus ou moins en intérieur, en extérieur, bref, tout ça est un peu compliqué. Françoise Sturbo, comment on fait pour arriver à être dans la pédagogie, à faire comprendre à chacun la règle de, ah, ben là, on est en niveau 1, on va mettre le masque, mais seulement à l'intérieur, seulement dans le collège, niveau 2, etc.
Est-ce que ce n'est pas un peu illisible et compliqué à mettre en œuvre ?
Alors, ce n'est pas illisible, mais ça va être compliqué. Ce n'est pas illisible parce que dans la mesure où, dans la rue, les élèves, les jeunes portent le masque ou pas, ils feront comme ça à l'extérieur, comme on fait dans la rue, comme ils font quand ils vont au boulanger. Donc ça, c'est illisible, si vous voulez. Et après, en classe, ils auront toujours le masque. Donc, ce n'est pas une question d'illisibilité. Par contre, c'est une question de faire suivre la règle.
Et c'est vrai que ça va être beaucoup plus compliqué dans un premier temps si dans la commune, dans le département, etc., il n'y a pas de masque à l'extérieur et qu'après, il faudra bien redire de remettre le masque dès qu'on rentre dans l'établissement. Donc ça, ça va être compliqué. Et puis, ce que disait la représentante des infirmiers tout à l'heure, moi, je l'ai remarqué de la même façon, c'était très compliqué à la fin de l'année scolaire de faire respecter le protocole. Parce qu'il y avait eu toute l'année précédente, ça avait été lourd, vraiment lourd sur un plan psychologique et donc, c'était compliqué pour faire respecter aux élèves.
Donc, je crois que là, on va repartir, on va dire, j'espère en y en recharger un peu nos accus, en se disant qu'on y voit quand même un peu plus clair qu'il y a un protocole qui est posé, que globalement, on a fait à peu près toutes les... Parce qu'il y a quatre niveaux dans le protocole du vert au rouge. De l'épidémie pas très forte à la plus forte en gros. Voilà, c'est ça. Donc, ces quatre niveaux, on les a déjà tous déjà mis en place un moment ou un autre de l'année. Voilà, sans savoir combien de temps ça va, etc. Mais donc, on a tout expérimenté. Donc ça, on sait faire.
Et donc, il faut se dire qu'on a un cadre et qu'il va falloir le faire respecter, mais j'allais dire avec bienveillance. Je pense que c'est vraiment important parce qu'on revient après sur le mal-être de nos jeunes. Les jeunes, enfin, il me semble, ils ont aussi droit à la légèreté. Si on n'est pas léger quand on a 15 ans, si on n'est pas léger quand on a 12 ans, on le sera quand ? Donc, là-dessus, c'est cette tension-là, vous voyez, qu'il faut avoir.
À la fois, il ne faut pas dramatiser, il ne faut pas culpabiliser, il faut les rendre responsables sans les culpabiliser et donc leur appeler les règles d'une façon régulière, que ce soit au niveau des services infirmiers, que ce soit au niveau des enseignants, que ce soit au niveau des directions, des encadrants, de tous les adultes, que ce soit au niveau des parents, bien sûr, de tous les adultes qui encadrent les enfants. Vous mettez des règles qui changent dans le temps
et qui pourraient être en plus différenciées selon les endroits en France parce qu'elles peuvent être aussi territorialisées.
C'est compliqué ?
Oui,
c'est compliqué sauf qu'un enfant ou n'importe quel adulte, enfin quel être humain, il vit à un instant donné, à un endroit donné. Donc du coup, à la limite, si le cousin, lui, il ne l'a pas, il y a des choses comme ça. Parce que tout le monde aura son masque à l'intérieur au niveau du collège et du lycée. Donc, malheureusement, ça, ça sera une constante.
Sylvie Magne, vous, vous êtes infirmière scolaire, vous en avez des masques à distribuer ?
Alors, normalement, les parents sont censés les fournir, mais après, chaque établissement a été doté d'un certain nombre de masques pour les élèves qui les oublient ou qui, je ne sais pas, ça arrive parfois, ils saignent du nez, il y a quelque chose, il faut bien qu'on leur change le masque. Donc oui, on a de quoi dépanner les élèves. Je voulais revenir sur ce qui vient d'être dit. Je partage le fait qu'il faut que les jeunes ne soient pas que dans le ne faites pas ci, ne faites pas ça. Il faut qu'on leur donne un peu d'espoir. Ils en ont besoin, vraiment, ils en ont besoin et ils en ont aussi besoin pour réussir scolairement. Il faut qu'ils puissent se projeter un peu vers des choses.
Alors, il va falloir faire beaucoup, beaucoup de pédagogie sur la reprise des gestes barrières parce que je pense qu'on voit bien les uns et les autres dans l'espace public. Il y a eu beaucoup de lâcher prise sur tout ça. Donc, il va falloir refaire beaucoup de pédagogie et puis, il faudra aussi, et ça, c'est une inquiétude qu'on peut avoir, c'est qu'on ne nous dise pas le soir à 22h pour le lendemain à 8h, on change de niveau et il faut, voilà, il faut qu'on ait du temps pour préparer les élèves. Il faut qu'on puisse les voir, leur expliquer, ben voilà, le niveau risque de changer, ça va impliquer ça, ça et ça.
Parce qu'il n'y a rien de pire qu'une règle qu'on n'a pas compris, on n'a pas envie de l'appliquer, notamment pour les plus jeunes. Donc, voilà, cette anticipation, on en a cruellement manqué depuis un an et demi. Alors, je sais que l'épidémie est difficile à prévoir, c'est quelque chose de totalement nouveau, mais il faut qu'on arrive à anticiper et il faut que notre institution nous donne les moyens de pouvoir le faire et il faut vraiment être, comme le disait la collègue proviseure, dans la bienveillance avec les élèves. On ne peut pas tout le temps être dans le rappel, la sévérité. Voilà, il faut qu'on puisse leur donner cet espace de liberté dont ils ont besoin à leur âge.
Carla Dugo, vous, c'est quoi votre positionnement ? Est-ce que vous trouvez que finalement, c'est pas mal de faire dans la finesse, d'avoir quatre niveaux différents de gravité d'épidémie qui impliquent quatre types de règles différents et puis de différencier sur le plan territorial ou vous aimeriez une règle unifiée
pour tout le monde ? Nous, on aimerait une règle unifiée pour tout le monde. Après, effectivement, la réalité du terrain fait que, selon les régions, parfois, le virus se propage davantage. Mais en tout cas, oui, on est très attaché à l'égalité de traitement. Donc, nous, on est là-dessus. Après, je voulais juste réagir aussi sur les masques. Oui, donc les masques, on va encore les utiliser très longtemps et c'est comme ça. Ils sont nécessaires. Par contre, l'AFCP a toujours demandé à ce que la puissance publique les prenne en charge et pas les familles et donc que les établissements soient dotés de masques fournis par l'État. Donc, malheureusement, ça a été refusé. Donc, ça, c'est pareil.
Voilà, c'est des moyens tout simples mais en fait, ils ne sont pas déployés et c'est dommageable. Voilà. Après, oui, je rejoins aussi les deux intervenantes. Nos enfants, en fait, aujourd'hui, ont besoin de légèreté, de vivre.
On va rester sur ce message peut-être, ce besoin de légèreté, de vivre, parce que l'émission touche à sa fin. Merci beaucoup, Carla Dugot, co-présidente de la Fédération des parents d'élèves, FCPE. Merci à Françoise Sturbo, proviseur de l'État général et technologique à Paris. Sylvie Magne, infirmière scolaire. Merci à toutes d'avoir répondu sur France Inter. Et puis, je remercie également Adèle Domas, Pierre de Certaines et Zoé Fauché qui ont préparé cette émission, France Bleu Armorique qui a assuré le duplex avec la FCPE, les standardistes de France Inter. Et merci enfin à Clément Berman et Michel Bézikian derrière la console ce soir.