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interviewEurope 1 (sur YouTube)· 4 février 2026 13 min

"L'insécurité est avant tout une affaire de moyen" (le sénateur Mathieu Darnaud)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Europin soir 19h 21h Pierre de Villena toujours avec nous au Figaro avec Adrien Matou de Marianne et notre invité le sénateur de l'Ardèche président du groupe les républicains au Sénat Mathieu d'Arnaud on l'a vu sur les chiffres du ministère de l'intérieur paru il y a quelques jours pour les chiffres 2025 des des violences et de la délinquence en France avec des des facteurs aggravants pour les homicides les tentatives d'homicide le l'agression d'une professeure hier à Sanaris surmer professeur d'éducation de de d'art plastique pardon et qui est toujours dans un état préoccupant nous disait tout à l'heure notre correspondant Frédéric Michel qui est sur place avec du nouveau aussi puisque on a appris que cet élève de 14 ans devait bénéficier d'un suivi socio-éducatif. Écoutez, le ministre de la justice Gérald Armin, il a pointé des failles dans le suivi de cet élève. Il était chez nos confrères de RTL ce matin.

On sait que cet enfant n'est pas connu des services de la justice. Il est suivi par le tribunal pour enfants suite à manifestement il serait victime dans son dans son domaine familial. 4 mois pour avoir un rendez-vous avec la PJJ qui aurait dû avoir lieu le 5 février. 4 mois, c'est trop long du fait de notre mauvaise organisation au ministère de la justice avec les enfants victimes.

Mais il est évident que quand il y a un signalement pour violence qui touche un enfant et que nous mettons 4 mois pour lui donner un rendez-vous, on pourrait être beaucoup plus efficace pour pouvoir entendre ce mineur et pouvoir éviter en effet qu'il reproduise des violences. Ça ne prémunit pas de tout mais notre travail au service public de la justice c'est d'être plus rapide. C'est ce que j'essaie de faire depuis un an, ministère de la justice.

Alors monsieur Darne, il y a deux choses. Il y a d'abord cette nouvelle agression dans un établissement scolaire. C'est un sujet en soi et il est extrêmement grave.

Et puis a le problème de l'insécurité en général et quand on pose la question aux Français à l'approche d'ailleurs de d'élection, là on va voir les municipales mais on a les les présidentielles dans pas très longtemps, les deux préoccupations des français, c'est l'insécurité et le pouvoir d'achat. Alors d'abord peut-être sur sur c cette Nè prof puisqu'il y a eu d'autres cas. à Antibe dans le hain également.

Là, c'est à nouveau une professeur qui agressé parce que cet élève l'a dit aux enquêteurs, il avait la haine et il avait d'ailleurs une collection d'armes blanches dans sa chambre visiblement. Ah, je crois que d'abord vous me permettrez d'avoir une une pensée pour pour la victime. C'est c'est important et c'est même prioritaire dans le dans l'instant.

Euh redire que je crois que à l'évidence la sécurité est devenue euh la priorité de nos concitoyens et pour des raisons tout à fait euh tout à fait légitime à celles et ceux qui continuent à nous expliquer qu'il y a dans ce pays un sentiment d'insécurité. Je crois que chaque jour les faits qui malheureusement se reproduisent tentent à démontrer le contraire. J'ai moi-même euh eu à regretter que dans mon propre département il y a quelques jours, un cas similaire aurait pu se produire et c'est grâce justement aux moyens notamment moyens de vidéoprotection. qui entourait le collège qu'on a pu éviter un drame.

Donc c'est d'abord une affaire de moyens. Et moi je veux redire clairement que la sécurité c'est l'affaire de tous. Ça ne peut pas être que l'affaire de l'État.

Ça doit être aussi même si c'est avant tout l'affaire de l'État, l'affaire des collectivités, l'affaire bien sûr de la police nationale, les forces de sécurité de la gendarmerie, mais aussi et nous venons de voter cet après-midi un texte qui renforce les pouvoirs de la police municipale qui peut être amené à intervenir autour de ces établissements scolaires. C'était le texte de Bruno Rotaillot et de de François Noël Buffet. Donc on voit bien qu'il faut renforcer l'arsenal législatif pour prendre en compte mais comment on fait dans une assemblée nationale pardonnez-moi et vous êtes du Sénat donc j'entends bien mais c'estàd que vous vous rattrapez des textes d'une certaine manière et vous essayez de les corriger.

Ça a été le cas pour la fin de vie mais dans une assemblée nationale où personne n'est d'accord avec personne et j'entends bien que Bruno Retaillot et François Noël Buffet qui était le ministre auprès du ministre de l'intérieur essayer de faire deux ou trois choses. Comment est-ce que vous expliquez aussi que votre famille politique les LR avait proposé par exemple une présomption de légitime défense pour les policiers et que cette loi cette loi n'a même pas été examinée ni votée ? Bah je leur conseillerai de commencer par le par le Sénat.

Je vais vous donner un exemple. On a réussi à traiter un sujet tout aussi compliqué qui est le narcotrafic et la place du narcotrafic qui malheureusement essay de traiter et ne cesse def. Il y a il y a la les premières mesures notamment sur le le parquet national anticriminalité organisé qui va être mise en place.

Donc le texte, il est il est voté. Vous me parlez des vous me parlez du travail du parlement, je vous réponds pour essayer de vous dire qu'on peut tout à fait voter des dispositions, voter des projets de loi, voter des propositions de loi qui permettent de répondre à ces à ces problèmes, qui répondent à ces drames. Après, il y a la question encore une fois des moyens.

Je le dis, l'arsenal législatif ne suffira pas. Il faut mettre des moyens et des moyens financiers. C'est pour ça que dans le budget, et je reviens toujours au budget, nous avons sanctuarisé euh les budgets régaliens, que ce soit la justice ou la ou la sécurité.

L'an dernier, le Conseil constitutionnel a censuré une une loi qu'avait notamment proposé Gabriel Atal à l'Assemblée sur la justice des mineurs avec un un tour de vis. Est-ce que vous ne pensez pas que les principes juridiques qui encadrent euh aujourd'hui le droit particulier spécifique hein euh euh au traitement pénal euh des mineurs délinquents euh et des U ? Est-ce que je pense notamment à l'ordonnance de 1945 et ses actualisations ?

Est-ce que vous croyez pas que c'est voilà ces principes juridiques appliqués par le Conseil constitutionnel et les et les cours suprêmes empêchent de faire évoluer le droit qui s'ablique au mineurs comme ont évolué les 10 mineurs ? Qu'il s'agisse de des homicides, des tentatives d'homicides qui ont explosé dans le cas des mineurs ? C'est seulement ces dernières années, si on prend les deux ou trois dernières années, les autres mineurs qui sont utilisés par les narcotrafiquants comme tueur à gage parfois voilà.

Est-ce que vous pensez pas que le les principes juridiques doivent s'accorder à cette nouvelle réalité ? Bien sûr la parle pas de la loi du coup. parle de de juristes prudents, des grand évolue.

Moi, je suis très respectueux du travail euh du Conseil constitutionnel, du Conseil d'État, mais la société évolue, c'est un fait et euh malheureusement le drame d'aujourd'hui ne fait que le confirmer. Je parlais du narcotrafic, on a euh des sujets qui gangrainent notre société et il faut encore une fois que le droit puisse répondre pleinement à ces à ces sujets avec un arsenal législatif qui soit adapté. Mais encore une fois, je crois que ce ce serait une faute de penser que euh on règlera toute la question par l'évolution législative.

Il faut vraiment que l'on mette des moyens et si vous me permettez des moyens humains parce que rien n'est plus efficace que de pouvoir mettre des moyens humains. Je vais parler des polices municipales bien sûr, police gendarmerie. Les moyens humains on les a fait.

Il y a eu les opérations placettes par du pont Moretti et d'Armanin. Vous avez vu ce que ça a donné ? C'est-à-dire que les les narcotrafiants reviennent et si c'est pas exactement au même carrefour, bah c'est deux carrefour plus loin.

Donc si vous voulez c'est c'est le problème structurel qui bien sûr. C'est pour ça qu'on a mis en place un parquet national antiriminalité organisé parce qu'il faut aller taper aussi au portefeuille au on verra ce que ça donne. On verra ce que ça donne.

Mais juste vous avez dit et vous avez je comprends que vous êtes dans votre rôle de président de groupe au Sénat mais vousz dit j'ai un très grand respect pour le travail du Conseil constitutionnel et conseil d'État. Parce que vous diriez aujourd'hui que sur certains textes, le Conseil constitutionnel se limite vraiment à parce que c'est la le c'est ce qu'on lui demande, c'est de juger en droit est-ce qu'il ne sort pas de temps en temps de son rôle. Mais c'est à nous législateur d'adapter les textes en fonction des besoins et d'écrire la loi de nature à ce qu'elle permette justement de répondre à ces à ces sujets.

Et moi, je ne me résout pas à dire que à renvoyer la faute aux autres. Bien sûr, qu'à un moment donné, le juge constitutionnel doit aussi prendre ses responsabilités. Euh mais moi je crois qu'encore une fois nous avons les moyens et nous l'avons démontré.

Je c'est c'est pas un vœux pieux de ma part, nous avons démontré euh que ce texte sur le narcotrafic qui a été validé euh par le Conseil constitutionnel mais en place des dispositions qui à mon sens permettront de traiter durablement et en profondeur ce sujet. Monsieur Daron, il y a quand même sur le sujet des moyens, je vais y revenir brièvement, il y a quand même un un mais à coupa à minima à faire peut-être dans votre famille politique. Il y a aucune famille politique qui a été au pouvoir en France ces 30 dernières années qui a autant réduit les moyens pour la police que la droite.

Quand Nicolas Sarkozi était président, il a fait la révision générale des politiques publiques. Euh un fonctionnaire sur deux euh qui partait à la retraite n'était pas remplacé. Ça a eu des dégâts considérables sur les forces de police.

Euh, il y a eu une politique du chiffre parallèlement qui a été mise en place, mais est-ce que vous trouvez pas que évidemment du temps à passer depuis, mais est-ce que les LR ne doivent pas faire leur examen de conscience sur ce sujet-là ? Écoutez, je crois qu'il faut être pragmatique. Faire notre examen de conscience, ça n'importera pas grand-chose en réalité aujourd'hui.

Il faut entendre les besoins et les besoins humains, les besoins financiers. Donc, il faut avancer. On pourrait on pourrait vous dire la dernière fois que vous avez été au responsabilité, vous avez plutôt réduit les moyens de la police plus que les autres plus que Parti socialiste.

Savoir faire son autocritique est une chose, avancer en est une autre. Et aujourd'hui, ce que nous demandent les Français, c'est d'avancer sur le plan législatif et sur le plan des moyens. Pas simplement de faire du commentaire ou de regarder ce qui n'a pas marché.

Il y a des choses qui méritent d'être revisité. Ce sujet en fait partie. Et sur les sujets régaliens, à l'évidence aujourd'hui, il faut plus de moyens en matière de force de sécurité en matière judiciaire parce que euh le drame qu'on a évoqué aujourd'hui montre qu'il y a eu une faille et que cette faille, elle tient aussi peut-être du manque de moyen humain au niveau euh de la PJJ et tout ça, ça doit être pris en compte parce que il faut faire de commentaires Mathieu d'Arnaud, mais il faut parfois aussi des explications et quand vous avez des électeurs des LR qui certes regardent le travail du Sénat et notamment ce que vous avez fait, je l'ai déjà dit tout à l'heure sur le texte sur la fin de vie, mais quand il voit que euh les LR de l'Assemblée nationale s' coquinent pour ne pas utiliser un autre mot euh au bloc central pour faire voter un budget dont on sait qu'il n'est pas bon et qu'il et qu'il le regrette, qu'une partie des LR et peut-être certains sénateurs se disent "Mais pourquoi est-ce que pourquoi Diable ses députés LR ont voté ce budget ?

Est-ce que est-ce que est-ce qu'il faut pas, comme le dit très justement Adrien Matou, un examen de conscience c'est pas en étant pragmatique pour c'est pas un examen de conscience, c'est de la c'est c'est de la clarté. Nous l'avons dit, nous nous jugeons que ce budget est mauvais. J'ai jamais entendu beaucoup de collègues députés dire que ce ce budget était bon.

D'ailleurs, si tel avait été le cas, ce budget aurait été voté par au moins deux députés. Il a été voté par un seul député. Donc c'est dire que ce budget ne convenait à personne.

Nous nous avons dit les choses très clairement. Je les ai dites euh pour ma part, considérant que c'est un budget qui est anti-économique, qui ne permettra pas de relancer la croissance. Mais ils n'ont pas suivi la censure les députés LR parce que ils ont considéré selon moi euh parce que c'était aussi important qu'il y ait un budget pour la France.

C'est un mauvais budget pour la France. Mais euh la non, on se couche pas. Et d'ailleurs, il faudra d'ors et déjà faire effectivement avoir une discussion pour voir demain sur quels aspect de ce budget sur 2027, il faut mettre mettre l'accent, notamment les points que j'ai évoqué et puis aussi la méthode.

Juste une remarque, en 2025, quand on se tourne vers le Sénat pour voter le budget, je crois pouvoir dire que nous avons mis bien sûr qu'on aurait voulu faire mieux notamment sur des questions de la surtaxe sur l'impôt sur les sociétés et d'ailleurs si nous n'avons pas souhaité voter ce ce budget. Est-ce que j'ai remis en cause le sénat ? Est-ce que j'ai remis en cause le sénat ?

Je pense que c'est un ensemble sur la philosophie de fond mais je vous pos la question autrement est-ce [rires] que est-ce que si vous aviez été collègues députés si vous aviez été député écoutez-moi, si vous aviez été député LR, est-ce que vous auriez voté la censure ? Je ne pense pas que j'aurais voté la censure, même si je pense qu'à un moment donné euh il est il est difficile effectivement de de questionner ce ce budget. Mais mais attendez, ce que vous me dites ce que vous me dites est très important.

Oui, c'est très important. C'est pour ça que je vous le pose la question. Non, mais voter la censure euh ça ça n'aurait ça aurait apporté quoi par rapport euh à ce à ce budget ?

Je crois qu'il aurait que vous étiez une force d'opposition et non pas une force maintenant. Il nous reste à le démontrer et d'ailleurs non mais attendez attendez attendez euh nous on a dit depuis le départ s'agissant de ce gouvernement que nous settiendrons ce gouvernement texte par texte. Voilà.

Donc euh on on est très pragmatique, c'est ce que nous faisons. Et d'ailleurs au Sénat, on a été très clair sur le rejet de ce budget et on l'a dit très en amont. Voilà, c'est ce que j'observe.

Après, je ne suis pas député. Euh, la question ne m'a pas été Vous n'êtes pas schizophrène non plus parce que si vous aviez voté contre au Sénat et pour euh à l'Assemblée nationale, là on aurait dû besoin avoir un besoin d'un Samut. Mais mais sincèrement, je crois qu'on a porté on a porté une même philosophie.

Je crois que les députés euh ont voté contre toutes les augmentations de taxes et impôts. Je pense que là-dessus, on n'est pas loin. Faut pas essayer de nous trouver des différences matin, midi et soir.

Merci Mathieu d'Arnaud. Vous voyez le l'homme qui est derrière la vite là, il me fait des signes depuis tout à l'heure parce que je dois euh terminer cet entretien et partir en publicité. Merci beaucoup Mathieu d'avoir été notre invité.