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InterviewC à vous (sur YouTube)· 15 novembre 2025 12 minAutoproduitActualité / polémiqueJustice

Pourquoi Nicolas Sarkozy risque de retourner en prison ?

Source d'origine 4 locuteurs

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Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 50 %Attaque 30 %Défensif 20 %

Temps de parole

  • Invité73 %
  • Présentateur16 %
  • Locuteur 16 %
  • Locuteur 25 %

8,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

On connaît depuis jeudi la date du procès en appel de Nicolas Sarkozy, ce sera à partir du 16 mars jusqu'au 3 juin. Je cite un de vos articles cette semaine, pourquoi Nicolas Sarkozy risque de retourner en prison ? Alors, ma première question est simple, Laurent Valigué, pourquoi ?

0:14
Invité

C'est mon grand regret, en plus à vous écouter, c'est mon grand regret, j'ai suivi tous ces procès, le procès de Marine Le Pen, les cinq procès de Nicolas Sarkozy, c'est que ça ne soit pas en direct à la télévision. C'est qu'il n'y ait pas des caméras, puisque ces salles d'audience, c'est le dernier endroit avec le Conseil des ministres où les caméras sont interdites. C'est le dernier monopole de la presse écrite. Alors, autrefois, quand on regarde les vieux comptes rendus du Monde ou du Figaro, il y avait des pages, des placards entiers. Aujourd'hui, la presse écrite a déserté ce qui est pourtant son dernier monopole.

Alors, nous, à Marianne, on a publié ça, c'est un compte rendu de toutes les audiences. Il faut y aller aux audiences, il faut les suivre, parce qu'en réalité, la barre d'un tribunal, c'est comme une distillation de vérité. Alors, ce n'est pas forcément la vérité, mais c'est la vérité judiciaire, en tout cas. C'est un endroit où vous voyez, c'est fait pour que dans cette salle, vous vous fabriquiez, alors je sais bien que ce n'est pas les assises, c'est le tribunal correctionnel, vous vous fabriquiez une intime conviction, une perception.

1:14
Présentateur

Moi, j'étais dans la salle. Je voudrais qu'on raconte à tous nos téléspectateurs ce qui s'est vraiment passé dans cette salle, Laurent Valdiguier. On va revenir sur la journée de lundi, et ses décisions de libérer le président de la République, Nicolas Sarkozy, sous contrôle judiciaire. Il est apparu sur un écran, entouré de deux de ses avocats. Comment il était, Nicolas Sarkozy ?

1:31
Invité

Alors, tout est toujours en norme avec Nicolas Sarkozy, parce que ce jour-là, Mohamed, il y avait évidemment beaucoup plus de gendarmes que d'habitude devant la petite chambre, l'ancienne 17e chambre du palais de justice. C'est quand même une salle historique où ont été jugées Flaubert et Baudelaire, mais elle est petite. Et les gendarmes faisaient une distribution de petites enveloppes. Il fallait que tout le monde ait son téléphone éteint dans une petite enveloppe.

1:57
Locuteur 2

Pour pas qu'il y ait de photos prises, c'est ça ?

1:58
Invité

Pour que personne ne fasse à la sauvette une photo, il ne fallait surtout pas... Alors, personne ne risquait de la faire. En plus, la presse judiciaire qui était là, elle ne risque pas... Personne ne va faire ça, c'est un coup à ne plus jamais rentrer dans un tribunal à vie. Et puis, en plus, il y avait cinq gendarmes qui regardaient le public comme ça pour être sûrs qu'on ne prenne pas le téléphone. Bon, bref, il ne fallait pas qu'il y ait d'images. Parce qu'en réalité, on a vu, on n'était que 60, une petite soixantaine dans sa salle, on est les seuls à avoir vu avec les surveillants le visage de Nicolas Sarkozy en détention.

2:28
Présentateur

Il était comment, ce visage ?

2:29
Invité

Alors, par exemple, il n'avait pas de cravate. Parce qu'en prison, c'est interdit la cravate. Donc, il n'avait pas de cravate. Il était un peu... On l'a retrouvé exactement avec le même costume qui était celui du jour où il a un peu théâtralisé son entrée à la santé. Souvenez-vous, avec un costume un peu bleu ciel, ce pantalon en gris. Il était... Alors, la semaine d'avant, il y avait eu Alexandre Audejouri et encore la semaine d'avant, Wahim Nasser, les trois qui ont été détenus de l'affaire libyenne. La différence, c'est que les deux autres étaient tout seuls, donc ils étaient en gros plan. Parce qu'en fait, c'est dur pour eux.

Ils sont dans une salle de la santé, une salle assez sordide, avec le mur sale, des tables, comme un peu des tables de locaux de garde à vue. Donc, c'est... Ils étaient en gros plan. Nicolas Sarkozy, il était avec deux avocats. Jean-Michel Darrois et un autre. Donc, ils étaient trois. Donc, déjà, on l'a vu en moins gros plan.

3:22
Locuteur 2

Mais vous l'avez senti quand même marqué ou pas ?

3:24
Invité

On l'a senti moins marqué que Wahim Nasser. Wahim Nasser, il était... En un mois et demi, il n'était plus du tout le même. Il avait un grand collier de barbe. Nicolas Sarkozy, ce serait exagéré de dire qu'il avait l'air marqué par la prison. Mais enfin, il avait quand même un voile de la détention. Il n'était pas... D'abord, l'absence de cravate, ça faisait qu'il était un peu différent. Et puis, sa voix était peut-être un peu... Il s'est réanimé quand il s'est mis à parler à la fin. Mais sa voix n'était pas tout à fait la même. Et puis, surtout, c'était difficile pour lui de voir ce petit écran. Mais surtout, c'était en première face à face avec Olivier Giron.

Parce qu'Olivier Giron, c'est le président de la cour d'appel, le magistrat qui va le rejuger. Donc, en fait, Olivier Giron, il a déjà, en trois audiences, il a déjà marqué son territoire, vraiment.

4:11
Présentateur

Pour une raison particulière, d'ailleurs.

4:12
Locuteur 2

En citant, notamment, le détail des revenus de Nicolas Sarkozy, ce qu'il a fait à l'audience cette semaine, expliquant que l'ancien président avait déclaré au fisc un total de 4,4 millions d'euros, salaire d'avocat, pension de retraite, honoraire de conseil pour des grandes entreprises. Je crois que l'ancien président n'a pas beaucoup apprécié. Il a même grimacé un peu à ce moment-là.

4:33
Invité

Oui.

4:33
Locuteur 2

C'était nécessaire ou pas, ça, de lister ?

4:35
Invité

Dans chaque procès pénal, il est toujours question des revenus de la personne que les gens jugent. Pourquoi ? Parce que c'est nécessaire pour le montant des amendes, pour le montant des dommages à intérêts. Ils demandent toujours cette question. Et d'ailleurs, c'est toujours un moment de gêne et d'embarras. Vous savez, dans une audience, ils peuvent vous poser des questions, alors, ce n'est pas le cas dans ces affaires correctionnelles, mais ils peuvent vous poser des questions extrêmement crues sur votre vie sexuelle, si vous êtes soupçonné de crimes sexuels. À la barre d'un tribunal, autant c'est un lieu fermé, mais autant il n'y a pas de tabou.

5:06
Locuteur 2

Mais donc il n'y a pas de volonté d'humilier Nicolas Sarkozy ?

5:08
Invité

Les questions de revenus, elles sont récurrentes. Nicolas Sarkozy, dans ses cinq procès précédents, à la question « Combien vous gagnez, M. Sarkozy ? », il est toujours parvenu à dire, toujours la même phrase, « Mes avocats vous enverront une note ».

5:22
Locuteur

D'accord.

5:23
Invité

C'est la première fois… Une fois qu'il répond. Ça, c'est la première fois…

5:26
Locuteur 2

Pas qu'il réponde. Pas qu'il répond. Exactement. Le président qui l'a donné.

5:29
Invité

C'est la première fois que quelqu'un lui égrène… C'est rendu public, en fait. D'accord. Et au fond, a rendu public. Alors, c'est dans les enquêtes, dans les enquêtes judiciaires, et tout ça, dans les dossiers, il y a tout ça. Mais c'est la première fois, en plus, là, c'était les revenus 2023, donc c'était au fond les derniers revenus, ceux qu'il avait donnés au tribunal il y a six mois. Donc c'est vrai qu'il a été très surpris, voire très agacé. Mais Olivier Gérond voulait ses revenus pour une présence… Il lui a dit, d'ailleurs, « Monsieur Sarkozy, on a revu votre déclaration de revenus, on ne comprend pas bien d'où ça vient. Donc expliquez-nous un peu.

» Alors là, il a été complètement décontenancé. Il a dit, « Mais c'est mes revenus d'avocat et de conférencier ». Ça, il parlait de ses salaires, parce qu'il gagne aussi, il a 638 000 euros, je crois, de salaire. Et puis, en fait, ce n'était pas ça qui intéressait le magistrat, sans qu'il le dise tout de suite. C'était, au fond, est-ce qu'il a besoin de voyager ?

6:23
Présentateur

Oui, d'accord. Oui, il y a deux conditions qui ont été imposées. Il y a deux conditions qui ont été imposées à Nicolas Sarkozy pour sa libération. L'interdiction de quitter le territoire, alors qu'il faut rappeler que Nicolas Sarkozy ne s'est jamais dérobé auprès de la justice française. Et la deuxième condition, interdiction d'entrer en contact avec le garde des Sceaux, Gérald Darmanin. C'est une première dans l'histoire. Alors ça, c'est une première complète.

6:42
Invité

Justement, pour les salaires, il n'y a pas répondu tout de suite. Alors c'est la cesseuse, donc la magistrate à droite du président, qui a dit, mais les 2,3 millions de revenus non commerciaux, qu'est-ce que c'est exactement ? Et alors Nicolas Sarkozy, il a paru décontenancé. Il a dit, mais ça, c'est mes activités de conseil pour 4 entreprises. Et puis, c'est passé. Et ensuite, il n'a jamais été question dans les débats de Gérald Darmanin. Jamais. Et ensuite, à 13h30, quand ils sont revenus, ils ont dit au fond une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle, c'est que vous êtes libérés, vous serez libérés aujourd'hui, sous contrôle judiciaire.

La mauvaise nouvelle, cette première, Mohamed, c'est une première du... C'est jamais vu, par définition. C'est... Vous ne pourrez pas rencontrer le ministre de la Justice en exercice et les membres de son cabinet.

7:27
Présentateur

Mais c'est-à-dire que la Cour a estimé que cela représentait un risque d'obstacle pour la sérénité des débats. C'est réellement le cas.

7:33
Invité

Et l'indépendance de la justice. Au fond, oui et non. Puisqu'en réalité, la Cour, les trois magistrats de la Cour, ils savent... Enfin, ça va être leur boulot, à partir de maintenant, d'être indépendants. Autrement dit, d'être hermétique aux pressions extérieures. Mais c'était quand même une réponse du berger à la bergère, du berger judiciaire à la défense Sarkozy. Puisqu'on sait que Rémi Hetz, qui est quand même le plus haut magistrat de France, avait dit, le jour d'ailleurs de l'incarcération de Nicolas Sarkozy. Puis Rémi Hetz, c'est pas quelqu'un qui vient volontaire à la radio, Amandine, pour... Oui, il vient, de temps en temps, de faire arrêter. Il vient, mais c'est pas son truc.

Et a fortiori, les jours de l'incarcération. Mais là, pour l'avoir fait sortir du bois, le jour de l'incarcération, c'est qu'il avait vraiment envie de le dire. Et il a dit, à mes yeux, si Gérald Darmanin va rencontrer Nicolas Sarkozy en détention, ça sera une entorse à l'indépendance des juges. Et malgré ça, Gérald Darmanin y est allé. En plus, il y est allé dans des conditions un peu rocambolesques, puisque le directeur de l'absenté a exigé d'être là à l'entretien, pour pas qu'ils soient que tous les deux. En réalité, c'était de fait... Alors Gérald Darmanin, tiens, je pouvais aller le voir, je suis ministre de la Justice. C'était de fait une forme de dire, attention, je suis là.

Donc la réponse d'Olivier Gérond, c'est de dire, écoutez, laissez-nous juger tranquillement.

8:51
Présentateur

Ça, ça sera entre mars et juin 2026. Vous êtes journaliste d'investigation, Laurent Valdigué, au magazine Marianne. D'ailleurs, c'est passionnant, votre enquête...

8:59
Invité

C'est encore en kiosque.

8:59
Présentateur

C'est encore en kiosque. Je voudrais évoquer une autre actualité judiciaire. Vous venez d'évoquer Gérald Darmanin, une autre actualité pénale. On a appris cette semaine que Salah Abdeslam, l'un des détenus les plus surveillants de France, avait un ordinateur portable en prison. Gérald Darmanin, qu'on vient d'évoquer, le garde des Sceaux, a confessé sa sidération cette semaine.

9:17
Locuteur 1

Alors, j'étais sidéré comme les Français. Puisque moi, je suis arrivé au ministère de la Justice à la fin du mois de décembre l'année dernière, le 23 décembre exactement, quand j'ai su qu'il y avait, pour des personnes terroristes, il y en a 700 radicalisés islamistes dans nos prisons. Pour les personnes qui sont auteurs de criminalités organisées, d'arcotrafiquants, des possibilités d'avoir des téléphones portables, d'avoir des ordinateurs portables. Donc, j'ai mis fin à cela. Nous avons fait des fouilles qui nous ont permis de trouver ces clés USB qui permettent, depuis le mois de janvier, d'avoir le parquet antiterroriste qui s'est saisi.

Ça fait seul un an que cette enquête continue et qui n'était pas connue jusqu'à présent des Français. Et je veux dire aux Français que dans les prisons de haute sécurité où on met les terroristes islamistes et où on met les criminels organisés, il n'y a aucun ordinateur portable, évidemment.

10:01
Présentateur

Laurent Valdigué, on comprend la sidération des Français, de ceux qui nous regardent ce soir. Salah Abdeslam avait le droit à un ordinateur en cellule, un ordinateur sans Internet, mais on a découvert lors d'un contrôle des traces de connexion et des supports externes. Et c'est là qu'on apprend qu'une ancienne campagne de Salah Abdeslam est soupçonnée de lui avoir fourni un ou une, un ou plusieurs clés USB.

10:20
Invité

Alors là, on mélange un peu tout. Parce qu'en réalité, Salah Abdeslam, il est en prison pour au moins 30 ans. Il peut cantiner. Cantiner, ça veut dire qu'il y a une liste de l'administration pénitentiaire de choses qu'il peut acheter.

10:32
Locuteur 2

Mais on peut cantiner un ordinateur.

10:33
Invité

On peut cantiner un ordinateur. Ah bon ?

10:35
Locuteur 2

Mais pas une connexion Wi-Fi ?

10:37
Invité

Alors, ils cantinent en général des ordinateurs sans connexion Wi-Fi qui sont des ordinateurs sur lesquels en général ils tapent des textes où ils ont une fonction Word et puis dans lesquels ils peuvent avoir des jeux ou des choses comme ça, des trucs simples. Mais il y a plein de détenus pour longue peine qui ont des ordinateurs. Pardon, Laurent Valé, est-ce que c'est normal ? Il vient de l'interdire, Gérald Darmanin.

10:56
Présentateur

Est-ce que c'est normal qu'un véhicule radicalisé qui a entraîné la mort de plusieurs centaines de personnes puisse avoir un ordinateur ? On se pose tous cette question.

11:03
Invité

Alors, un ordinateur connecté à Internet, évidemment, parce que ça, c'est même des questions de sécurité basique. Ça veut dire communiquer avec l'extérieur en temps réel, des plans, des choses comme ça, c'est strictement interdit. Mais un ordinateur verrouillé sans clé USB, c'est vendu par l'administration pénitentiaire. Donc, Gérald Darmanin fait mine de le découvrir d'un coup. Il les a interdits tous pour avoir parlé à quelques surveillants. C'est difficile pour certains de se voir enlever. Il y en a qui étudient en prison, qui tapent des textes, qui tapent des thèses. Il y en a qui tapent des thèses en prison. Donc, enlever l'ordinateur et Word à tous ces gens, c'est un peu dur.

En revanche, effectivement, la clé USB, ça, c'est une surprise. Alors, on le sait depuis le mois de janvier, puisque c'est une enquête de la DGSI qui, en surveillant l'ordinateur d'Abdeslam, s'est rendue compte qu'il y avait des traces d'intrusion, donc de clé. D'où l'enquête connexe sur son ex-compagne, il n'y est pour rien, tout ça. Donc, bon, en tout cas, c'est dur, disent les surveillants, pour tous les détenus, y en particulier de longue peine, qui vont se voir pour quelque temps privés d'ordinateurs sécurisés.

12:10
Présentateur

Merci, Laurent Valdiguier, d'avoir accepté notre invitation. Vous restez avec nous. Merci.

12:16
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.