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Discours / meetingÉlysée (sur YouTube)· 23 mars 2020 8 minAutoproduitActualité / polémiqueSolidarités & familleSantéLogement

Coronavirus : déclaration depuis un centre d’hébergement réquisitionné pour accueillir des sans-abri

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15E. MacronPromesse
    « C'est en tout cas l'objectif qui est le nôtre. »
  • 0:45E. MacronChiffre
    « Aujourd'hui, il y a 160 000 personnes qui, chaque nuit, quasiment, sont logées, accueillies, dans nos structures. »
  • 0:55E. MacronChiffre
    « Nous avons, sur la France entière, créé ces derniers jours près de 3 000 places supplémentaires. »
  • 3:00E. MacronFait
    « Des personnes qui sont sans domicile fixe, qui sont parfois isolées, qui ont ces plus grandes difficultés. »
  • 5:00E. MacronFait
    « Il faut une organisation collective, celle que l'Etat met en oeuvre, supervise, ce partenariat avec les collectivités, avec l'ensemble des associations. »
  • 7:00E. MacronFait
    « Nous sommes rentrés, il y a maintenant près de 8 jours, dans cette organisation de la vie collective. »
  • 9:00E. MacronFait
    « Ce qui a été fait par le gouvernement, c'est de privilégier les soignants et les plus exposés. »
  • 10:00E. MacronFait
    « Le ministre de la santé a rappelé samedi, la doctrine pour les personnels qui travaillent dans les EHPAD. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

-Vous visitez ici un hôtel réquisitionné qui héberge des SDF. Nous avons croisé une dizaine de sans-abris dans notre trajet depuis l'Elysée jusqu'ici. Vous les avez sûrement vus.

Est-ce que vous pensez qu'on arrivera à mettre à l'abri tous les sans-abris dans cette période de confinement ? -E. Macron : C'est en tout cas l'objectif qui est le nôtre.

Après, il y a des difficultés de terrain que toutes celles et ceux qui travaillent au quotidien le connaissent, qui sont les refus parfois, que certains peuvent opposer, les difficultés à s'insérer, à accepter le confinement. En tout cas, nous avons, quand je dis "nous", c'est la nation tout entière, c'est-à-dire, les services de l'Etat, et je voulais ici remercier le ministre et le préfet de région. C'est également les collectivités territoriales, et l'ensemble, justement, de nos maires, de nos élus, qui se mobilisent dans ce travail.

Et ce sont toutes les associations qui font un travail absolument formidable, avec leur personnel professionnel, comme les bénévoles, ça dépend là des structures. Grandes associations, c'est le cas, ici, avec Coallia, qui travaille en partenariat avec la Ligue, qui gère cet hôtel en temps normal, et comme les structures plus petites. Il y a une mobilisation de toute la nation, pour pouvoir, justement, accueillir ces femmes et ces hommes qui vivent à la rue.

Aujourd'hui, il y a 160 000 personnes qui, chaque nuit, quasiment, sont logées, accueillies, dans nos structures. Près de 160 000. Et nous avons, sur la France entière, créé ces derniers jours près de 3 000 places supplémentaires.

Donc, il y a un effort massif qui est fait. Et ces chiffres-là ne prennent pas en compte, d'ailleurs aussi, la réalité des personnes qui sont demandeurs d'asile, et qui sont encore dans d'autres réseaux qui sont gérés par le ministère de l'Intérieur, et qui viennent s'ajouter à ce chiffre. Donc, il y a une mobilisation absolument extraordinaire de la nation pour, justement, accueillir ces personnes qui sont en détresse.

Pourquoi ? Parce qu'ils font partie des plus vulnérables que j'évoquais il y a quelques jours quand je me suis adressé aux Françaises et aux Français. Des personnes qui sont sans domicile fixe, qui sont parfois isolées, qui ont ces plus grandes difficultés, évidemment, peuvent aussi être touchés par le virus, et sont à protéger.

Pour ça, il faut une organisation collective, celle que l'Etat met en oeuvre, supervise, ce partenariat avec les collectivités, avec l'ensemble des associations. Mais il faut aussi la mobilisation des femmes et des hommes qui le font. Et je veux, ici, rendre hommage à l'ensemble, justement, de ces travailleurs sociaux, de ces femmes et de ces hommes qui, avec beaucoup de courage, sont à la tâche, et nous en parlions tout à l'heure, qui, ayant une famille, parfois, ayant peur pour eux aussi, dans ce climat que nous connaissons, sont là pour accueillir celles et ceux qui en ont besoin.

Et je veux leur rendre hommage. On a beaucoup rendu hommage, et c'est juste, au monde de la santé, ces derniers jours. Et je veux redire ici le soutien de la nation tout entière pour nos soignants, et avoir une pensée particulière, alors qu'hier, le 1er médecin est décédé des suites du Covid-19, et que plusieurs autres ont suivi.

Message de solidarité de la nation tout entière au personnel du monde médicosocial, des femmes et des hommes qui travaillent dans les EHPAD, dans les centres médicosociaux, mais il faut aussi avoir une pensée pour les femmes et les hommes qui, travailleurs sociaux, permettent de protéger les plus précaires et de les aider à vivre cette période où il faut réduire les déplacements, où il faut aussi se protéger, savoir être à l'abri, respecter ces règles de distance. C'est un travail qui consiste à proposer un logement, à aller chercher à la rue pour mettre, justement, à l'abri, mais aussi à expliquer, à accompagner, à apprendre. Et donc, nous allons poursuivre cet effort.

Mais je veux remercier l'ensemble des forces de la nation qui permettent déjà de mieux protéger chaque jour les plus démunis d'entre nous. -Evidemment, tous les Français s'interrogent sur les suites de ce confinement. Votre ministre va prendre la parole ce soir.

Est-ce qu'il faut s'attendre à un allongement de la durée du confinement, c'est probable, et peut-être à un durcissement ? Et j'ajouterai, en voyant tout le personnel ici, qui accueille les sans-abri, qui va les chercher. Ils ont tous des masques de fortune ou des masques qu'on leur a donnés, quelques-uns qui manquent.

Vous avez dit comprendre l'inquiétude de ceux qui les souhaitent. Est-ce que vous continuez à penser que c'est inutile ? Et où en est-on sur les importations et la distribution de ces fameux masques ? -E.

Macron : Alors, sur ce sujet, vous avez raison. Nous sommes dans une situation qui est profondément nouvelle, et qu'on connaît depuis quelques jours. Et donc, la nation s'organise, et c'est normal.

Et toutes les nations, grandes ou petites, qui ont eu à vivre ce que nous traversons, ont eu une période d'adaptation. Vous savez, il y a quelques semaines, la Chine connaissait, pour Wuhan et le Hubei, un moment comparable, même beaucoup plus dur. Et elle avait aussi des manques, des inquiétudes, que nous connaissons aujourd'hui.

La France, d'ailleurs, a fait alors geste de solidarité en apportant du matériel. Et aujourd'hui, nous avons, nous-mêmes, à nous organiser. C'est normal.

C'est normal. Il faut le faire avec beaucoup de détermination, avec aussi beaucoup d'humilité, et permettre d'organiser les choses. Ce qui a été fait par le gouvernement, c'est de privilégier les soignants et les plus exposés.

C'est normal compte tenu du stock, des capacités, de la visibilité qui est la nôtre, pour ne jamais être en situation de rupture de masques et de matériel de protection pour les soignants et les plus exposés. Nous sommes en train d'organiser les choses pour se donner de la visibilité dans la durée, permettre de voir et de mettre de plus en plus de masques à disposition de celles et ceux qui sont exposés. Le ministre de la santé a rappelé samedi, la doctrine pour les personnels qui travaillent dans les EHPAD.

Et il y a aussi eu des masques qui ont pu être mis à disposition, les jours derniers, justement, pour les personnes qui travaillent dans ces centres d'accueil pour les plus démunis et les personnes qui sont sans domicile fixe. Dans quelques heures, le ministre de la Santé s'exprimera. Il s'exprimera à la suite du travail qui a été fait par les principales agences compétentes, en matière, justement, de prescriptions, de médicaments et de santé publique, le Haut conseil de la santé publique et l'ANSM, sur tout ce que vous avez entendu ces derniers jours, sur des traitements possibles.

Il le fera, là aussi, à la lumière d'une parole scientifique. Et c'est l'objet de son expression de 19h. Et ce soir, le Premier ministre pourra répondre également à ces questions, celles que vous évoquez là, et plus largement.

Et reviendra sur les règles du confinement. Je crois que nous sommes rentrés, il y a maintenant près de 8 jours, dans cette organisation de la vie collective, qui suppose de réduire les contacts, de réduire les déplacements à quelques règles minimales. Le Premier ministre expliquera, ce soir, les décisions prises par le gouvernement, pour que ce soit mieux respecté et précisé.

Voilà. En tout cas, je veux ici, à nouveau, vraiment, remercier tous ces travailleurs et ces travailleuses sociales et sociaux qui sont à pied d'oeuvre. C'était, vous étiez là, très émouvant et réconfortant, de voir ces femmes et ces hommes qui sont engagés.

Et ça me rend très optimiste pour notre nation. Je sais que beaucoup de nos concitoyens vivent avec beaucoup d'anxiété ou de difficulté cette période où on change les règles, où on doit davantage rester chez soi, où on interagit moins. Je sais que c'est difficile.

Je sais qu'on en sortir plus fort, parce qu'on saura se montrer solidaires. Responsables et solidaires. Voilà.

Et chacun a sa part de responsabilité, chacun a aussi sa part d'aide à l'autre. Après, les scientifiques nous apporteront des réponses dans les jours prochains. Nous aurons des décisions à prendre.

Et en temps voulu, je reparlerai à la nation pour aussi dire les nouveaux délais et les règles à venir. Nous nous sommes donnés 15 jours, et nous devons apprécier les choses en fonction de l'évolution de l'épidémie et de notre connaissance de celle-ci. Merci beaucoup.

Merci à vous.