Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 22 juin 2021 12 minContradictoireActualité / polémiqueEurope & internationalEnvironnement & énergieTravail & emploiSolidarités & famille

Julien Bayou : "Depuis dimanche, Valérie Pécresse n’a pas eu un mot sur les compétences de la région"

Au micro : Léa SalaméSource d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 55 %Attaque 30 %Défensif 15 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 91 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:09OuverteRéponse directe

    Pourquoi cette abstention massive, notamment chez les jeunes ?

  • 2:21RelanceRéponse directe

    Comment expliquez-vous cette fatigue démocratique ?

  • 2:29OuverteRéponse directe

    Les jeunes ne se reconnaissent-ils pas dans l'offre politique ?

  • 3:17OuverteRéponse directe

    Comment expliquez-vous le recul de la gauche unie par rapport aux précédentes régionales ?

  • 4:30RelanceRéponse partielle

    Ne saluez-vous pas Valérie Pécresse pour son score et son recul du RN ?

  • 5:37OuverteRéponse directe

    Quelle est votre réponse aux attaques de Valérie Pécresse sur votre coalition ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:53PrésentateurChiffre
    « 67% d'abstention pour la France en général, 87% pour les 18-24 ans. »
  • 1:20Invité politiqueFait
    « Grâce au travail des maires, des agents, on a pu voter en toute sécurité sanitaire dimanche. »
  • 1:51Invité politiqueFait
    « le sentiment qu'on peut voter mais que finalement, les institutions ne fonctionnent pas pour le bien commun. »
  • 2:09Invité politiquePromesse
    « C'est ce que nous traduirons en acte au Conseil régional de l'Île-de-France dès dimanche. »
  • 3:23PrésentateurChiffre
    « Si on fait de l'arithmétique, ces trois listes fusionnées pèsent environ 34%. »
  • 4:00Invité politiquePromesse
    « 20 mesures prioritaires que nous dévoilerons très rapidement pour l'Île-de-France. »
  • 4:16Invité politiqueFait
    « je me réjouis aussi que notre liste, et puis surclasser celle de La République En Marche, et faire jeu égal, pour moi ce n'est pas anodin, avec celle du Front National. »
  • 5:00Invité politiqueFait
    « Vous voyez, je crois que ça résume un peu le fait que la région est trop chère, polluée et stressante. »
  • 5:43Invité politiqueFait
    « Nous sommes les seuls à proposer un observatoire régional de la laïcité. »
  • 5:51Invité politiqueFait
    « C'est une grande perte que la suppression de l'Observatoire national de la laïcité, qui répondait à beaucoup de sollicitations de la part de l'armée, de la part des transports, de la part des services administratifs. »
  • 7:47Invité politiquePromesse
    « Dès 1er septembre 2021, la gratuité pour les 18-25 ans précaire. »
  • 10:07Invité politiqueFait
    « le fait de gouverner Besançon, Grenoble, Lyon, Bordeaux, ça n'est pas rien. »
  • 10:15Invité politiqueFait
    « on fait, on surperforme, on fait encore des meilleurs scores. »

Temps de parole

  • Invité politique64 %
  • Présentateur21 %
  • Présentateur 215 %

2,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

France Inter, Léa Salamé, Nicolas Demorand, le 7-9. Et avec Léa Salamé pendant cet entre-deux tours des élections régionales, nous vous proposons ce matin de nous arrêter sur la région Île-de-France, avec donc un grand entretien en deux parties. Dans dix minutes, la présidente sortante de la région, candidate à sa succession, Valérie Pécresse, arrivée en tête du premier tour. Et pour commencer, tout de suite, celui qui va conduire la liste d'Union de la Gauche, le secrétaire national d'Europe Écologie Les Verts, Julien Bayou.

0:32
Invité politique

Bonjour. Merci pour l'invitation.

0:33
Présentateur

Bonjour. Merci à vous d'être à notre micro. On parle évidemment dans un instant de cette liste issue de la fusion avec l'hélice d'Audrey Pulvar pour le Parti Socialiste et de Clémentine Autain pour la France Insoumise. Mais arrêtons-nous d'abord, Julien Bayou, sur ce fait politique majeur, sur cette abstention massive au premier tour. 67% d'abstention pour la France en général, 87% pour les 18-24 ans. Ces jeunes qui constituent aussi une partie de votre électorat et qui donc quasiment à 9 sur 10 ne sont pas allés voter. Pourquoi, selon vous ? Comment l'expliquer ?

1:12
Invité politique

Il y a plusieurs raisons qui s'accumulent. D'abord la crise sanitaire, évidemment. Il y a des personnes qui ont eu peur peut-être d'aller voter. Je voudrais les rassurer. Grâce au travail des maires, des agents, on a pu voter en toute sécurité sanitaire dimanche. La crise sanitaire a aussi amené au fait que ces élections ont été reportées. La date était peut-être un peu confuse. Et puis chacun, chacune se préoccupait de ses proches, de sa santé. Et puis plus globalement, une forme, moi j'appelle ça de fatigue démocratique, le sentiment qu'on peut voter mais que finalement, les institutions ne fonctionnent pas pour le bien commun.

Il y a un sentiment que quand vous votez une fois en juin, vous n'avez pas du tout pris sur le cours des choses tout le long du mandat. Et c'est pour ça qu'avec Audrey Pulvoire et Clément Tinotin, nous voulons assister sur la démocratie participative. On appelle ça la démocratie en continu, remettre du participatif dans la démocratie. Par exemple, cette Convention citoyenne pour le climat a produit un véritable plan d'action pour lutter contre le dérèglement climatique dans la justice sociale. C'est ce que nous traduirons en acte au Conseil régional de l'Île-de-France dès dimanche.

Mais il y a un enjeu de prendre en compte, faire en sorte que ce ne soit pas que les 209 élus d'un Conseil régional qui décident, mais bien les 12 millions d'habitantes et d'habitantes qui participent.

2:21
Présentateur

Comment vous expliquez cette fatigue démocratique ? Est-ce aussi que les gens, que les jeunes particulièrement, ne se reconnaissent pas dans l'offre politique qui leur est faite, dans les hommes et les femmes politiques qui se présentent devant eux ?

2:32
Invité politique

Oui, il y a un enjeu de représentation, bien sûr, évidemment. Il y a un enjeu de représentation. Et je le redis, qu'il y a une association plus étroite. La crise des Gilets jaunes disait aussi cela en creux, qu'il y a une association plus étroite des représentants et des représentés. Sur ma liste, j'ai une jeune femme, Elodie Bouzide, qui a 19 ans, qui sera demain la plus jeune élue du Conseil régional, qui fait pleinement partie de la génération climat. L'enjeu, c'est bien de préparer, non pas 2022, mais 2040. C'est-à-dire que la région prenne sa part de la trajectoire climat.

3:09
Présentateur

Vous êtes donc le chef de file d'une gauche unie au second tour. La liste Europe Écologie Les Verts que vous meniez a fusionné, je le redis, avec celle d'Audrey Pulvar pour le PS et celle de Clémentine Autain pour la France Insoumise. Si on fait de l'arithmétique, ces trois listes fusionnées pèsent environ 34%. C'est à peu près le score de Valérie Pécresse, mais c'est six points de moins pour la gauche rassemblée qu'aux précédentes régionales. Comment expliquez-vous ce recul, Julien Bayou ?

3:37
Invité politique

D'abord, je remercie les plus de 700 000 personnes qui se sont déplacées pour voter pour nos trois listes. Et puis, merci tout particulier à Audrey Pulvar et Clémentine Autain, qui dès 20h se sont mis au service du rassemblement et l'ont fait. Ce n'était pas que des mots. On a pu trouver un accord qui, je crois, enrichit le programme que nous proposons. 20 mesures prioritaires que nous dévoilerons très rapidement pour l'Île-de-France. L'enjeu, tout simplement, là, c'est de gagner. C'est-à-dire que vous le dites, il y a quasiment jeu égal avec la présidente sortante.

4:09
Présentateur

Ça, c'est arithmétiquement sur le papier.

4:11
Invité politique

Et je me réjouis aussi que notre liste, et puis surclasser celle de La République En Marche, et faire jeu égal, pour moi ce n'est pas anodin, avec celle du Front National. C'est important de contenir cette poussée. L'extrême droite est encore trop haute partout en France et en Île-de-France. Mais le fait que la liste écologiste puisse faire jeu égal est un signe important.

4:30
Présentateur

Justement, est-ce que vous ne saluez pas, pour le coup, Valérie Pécresse, qui fait, elle, 5 points de mieux qu'il y a 6 ans, et qui a réussi à faire sensiblement reculer le Rassemblement National dans la région ?

4:40
Invité politique

Je ne pense pas que ce soit elle qui les fait reculer. Et par rapport à ses compétiteurs à droite, elle fait plutôt une moins bonne performance que d'autres sortants et sortantes.

4:48
Présentateur

Elle fait 5 points de mieux qu'il y a 6 ans, qu'est-ce qu'elle avait fait à 6 ans ?

4:51
Invité politique

Oui, mais les autres sortants sont bien au-dessus. La crise sanitaire, on l'a vu au municipal et aussi au régional, favorise beaucoup les sortants. Mais le seul point de son bilan, c'est que vous avez plus de la moitié des gens qui veulent quitter la région. Vous voyez, je crois que ça résume un peu le fait que la région est trop chère, polluée et stressante. Quand vous avez 8 cas de sur 10 qui se disent qu'il faut sortir de la métropole et envisager d'aller vivre dans d'autres régions, ça signe un échec flagrant.

5:16
Présentateur

Valérie Pécresse, elle, au soir du premier tour, a mis en garde contre votre coalition d'une gauche radicale qui inclut l'extrême gauche de Jean-Luc Mélenchon, une gauche qui a perdu sa boussole républicaine. Vous et vos alliés défendez, selon elle, des réunions racisées. Vous auriez un problème avec la laïcité. Vous voulez une écologie punitive. Vous voulez enfermer les jeunes dans l'assistanat. Voilà les lignes d'attaque de votre principale concurrente. Qu'est-ce que vous lui répondez ?

5:38
Invité politique

Fébrilité et diversion. Je pourrais vous répondre sur le fond. Nous sommes les seuls à proposer un observatoire régional de la laïcité. C'est une grande perte que la suppression de l'Observatoire national de la laïcité, qui répondait à beaucoup de sollicitations de la part de l'armée, de la part des transports, de la part des services administratifs, sur des sujets très compliqués de droit, et puis qui participaient à la sensibilisation. Nous le rétablirons au niveau régional. J'en discutais avec Adrien Laurent, secrétaire national du Parti radical de gauche, qui figure sur ma liste, un homme que j'apprécie. Ça nous faisait beaucoup sourire.

Ça signe en fait fébrilité et tentative de diversion. Depuis dimanche, elle n'a pas eu un mot sur les compétences de la région. Il y a des tornades à Alfortville. Il y a des inondations qui pointent en Seine-et-Marne. Il y a toujours ces transports en difficulté. Des lycées dans un état catastrophique. Une quatrième vague de coronavirus qui s'agit d'anticiper. Bien sûr que si.

6:33
Présentateur

Ah, c'est sa faute à elle.

6:34
Invité politique

Non, de défaut d'anticipation, bien sûr que si. Quand vous êtes président de la région, vous avez en charge les lycées. Demain, président de région. Nous mandaterons des travaux en urgence, comme le réclamaient d'ailleurs les proviseurs à l'été dernier, pour adapter particulièrement les cantines. Elle peut parler de 2022. Je sais qu'elle ne veut toujours pas dire si elle est candidate à la présidence de la région ou à la présidence de la République. Nous nous occupons du quotidien. L'enjeu, c'est de pouvoir mieux manger, mieux se loger, mieux respirer et même mieux travailler.

7:04
Présentateur

Julien Bayou, sur les transports, Audrey Pulvar avait prôné la gratuité des transports en commun en la finançant, cette gratuité, via une taxe écologique, notamment sur les poids lourds. Êtes-vous prêt à reprendre cette mesure ?

7:18
Invité politique

Oui, nous avons dit, il y a urgence, c'est que les moins de 18 ans puissent se déplacer gratuitement. Donc nous reprenons à notre compte, avec Clémentine Autain et Audrey Pulvar, cette mesure, à partir du 1er septembre 2021, les moins de 18 ans, partout en Ile-de-France, pourront se faire rembourser le pass Navigo. C'est le cas à Paris. Et donc, en fait, c'est un enjeu d'égalité.

7:39
Présentateur

Mais pas de gratuité générale des transports. Ça, vous ne reprenez pas la proposition d'Audrey Pulvar.

7:42
Invité politique

Dès 1er septembre 2021, la gratuité pour les 18-25 ans précaire. Là encore, il y a un enjeu de justice sociale. Et puis, c'est bien sûr un enjeu de favoriser les transports en commun. Pour le reste, nous ne pouvons pas nous engager. C'est ça aussi la responsabilité. Puisqu'effectivement, il y a des enjeux pour nous de prioriser les investissements dans les transports. C'est absolument fondamental. L'enjeu, c'est la fiabilité, la ponctualité et des transports sécurisés.

8:09
Présentateur

Question secrétaire nationale d'Europe Écologie-Les Verts, que vous êtes également en région PACA. Le candidat écologiste Jean-Laurent Félizia a finalement retiré sa liste après avoir dit qu'il la maintiendrait au second tour. Vous lui aviez retiré l'investiture. Il disait qu'il n'y avait pas de menaces RN suffisamment grandes et surtout qu'il ne supportait pas de voir disparaître une nouvelle fois pendant six ans les élus de l'opposition, les élus de la gauche au Conseil régional. Il n'était pas audible dans ces arguments ?

8:34
Invité politique

Je remercie Jean-Laurent Félizia d'avoir retiré la liste. C'était une décision absolument qui déchire le cœur, évidemment. Mais c'était la décision juste et nécessaire. C'est pour ça que nous avons fait barrage. Nous le referons. Vous pourrez toujours compter sur les écologistes pour lutter contre l'extrême droite. Nous ne voulons pas jouer au dé de la participation, d'une éventuelle remontée. Nous ne voulons pas jouer au dé l'éventuelle victoire de l'extrême droite dans une région française. Et donc, quand je constate que d'autres sont flous, les écologistes sont clairs.

9:08
Présentateur

Question toujours au secrétaire national d'Europe Écologie, les Verts. A l'inverse des Européennes, où vous aviez le vent dans le dos, ces régionales marquent le retour du Parti Socialiste. 17% des voix à échelle nationale. Troisième position à échelle nationale derrière les Républicains et le Rassemblement National. Vous, vous êtes à 12. Vos candidats n'ont pas fait trembler les sortants socialistes. Est-ce à dire que dans le match interne entre le PS et les écologistes pour le leadership à gauche, eh bien, la messe n'est pas encore dite ?

9:38
Invité politique

Et nous, on ne fait pas de match interne. On jouait des élections régionales et départementales cruciales pour la transition écologique dans la justice sociale. Et moi, ce que je peux constater en tant que secrétaire national, c'est que malgré une abstention record dont on a parlé, nous progressons en voie par rapport à 2015. Donc, après la percée des Européennes, grâce à Yannick Jadot en particulier, l'implantation aux municipales, le fait de gouverner Besançon, Grenoble, Lyon, Bordeaux, ça n'est pas rien. Eh bien, on voit une forme d'enracinement de l'écologie.

Et j'en veux pour preuve, que j'en discutais hier avec Eric Piolle, là où nous sommes aux manettes, on fait, on surperforme, on fait encore des meilleurs scores. Je veux y voir le fait que l'écologie au pouvoir, cela fonctionne.

10:20
Présentateur

A l'inverse de la fusion des listes en Ile-de-France, pas d'accord entre PS et EELV en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine. Pourquoi ?

10:28
Invité politique

Vous le regrettez, ça ? Oui, bien sûr, je le déplore, je le regrette. Moi, je salue les fusions qui ont eu lieu en Auvergne-Rhône-Alpes, en Pays de la Loire. Dimanche, nous pouvons l'emporter dans ces régions. Mathieu Orphelin, Fabienne Grébert peuvent gagner. Je regrette l'absence de fusion. Je ne peux pas encore... Comment vous l'expliquez ? Malheureusement, le secrétaire national a été beaucoup tête de liste ces derniers temps. J'aurai l'occasion d'échanger avec mes amis tête de liste écologistes.

11:00
Présentateur

En Occitanie, justement, Carole Delga ne veut pas d'alliance avec les insoumis, estimant que son projet n'est pas compatible avec les propos et le projet de Jean-Luc Mélenchon. Vous aussi, vous pensez que Raupet Ecologie Les Verts est compatible avec les insoumis ?

11:11
Invité politique

L'enjeu, c'est quelle région vous voulez ? Vraiment, l'enjeu, c'est quelle région vous voulez ? Pour ces élections, la seule question qui se pose, c'est quelle région vous voulez et quelle région vous voulez préparer ? Et nous, nous disons, la transition écologique dans la justice sociale, c'est la réponse aux enjeux du moment. C'est les moyens de tirer les leçons de la crise.

Et à partir du moment où on arrive à se mettre d'accord sur un projet, et avec Clémentine Autain et Audrey Pulvar, nous l'avons fait facilement, puisqu'il y a de profondes convergences, Clémentine Autain portait en particulier l'enjeu de la santé, l'enjeu de création de centres de santé et de formation, et de facilitation du financement, de la formation, pour tout le personnel médical ou paramédical, le personnel soignant. C'est une priorité. Et à partir du moment où vous pouvez vous retrouver sur ces priorités,

11:56
Présentateur

donc l'alliance sur vos idées a été facile en Ile-de-France. Merci Julien Bayou, secrétaire nationale d'Europe Ecologie Les Verts et tête de liste de cette liste fusionnée. Qui peut l'emporter dimanche, à condition que les gens se déplacent pour les voter.