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InterviewRadio France (sur Site radio)· 3 juin 2026 6 minComplaisantActualité / polémiqueÉducation & rechercheSolidarités & famille

"Parcoursup est générateur d'un stress énorme" selon Olivier Thiebaut du syndicat SNES-FSU dans l'Yonne

Source d'origine 3 locuteurs

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Chapitres

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 92 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse partielle

    On en parle ce matin avec Olivier Thiebaud du syndicat SNES FSU et professeur d'histoire géo au lycée Fourrier.

  • 0:22OuverteRéponse directe

    Première réponse de Parcoursup hier soir, ça ne veut pas dire que tous les lycéens savent où ils iront à la rentrée prochaine ?

  • 1:59OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'il y a des élèves qui n'ont pas de réponse du tout ?

  • 3:14RelanceRéponse directe

    Donc ça n'est pas forcément efficace ?

  • 3:21OuverteRéponse directe

    On parle beaucoup d'un système opaque. Qu'est-ce que ça veut dire ?

  • 4:30OuverteRéponse directe

    Les professeurs, qu'est-ce qu'ils en pensent de ce système ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:50InvitéChiffre
    « Chaque année, il y a une enquête qui est menée par le ministère. On a à peu près un tiers des lycéens et lycéennes qui estiment que Parcoursup n'est un système qui n'est pas satisfaisant. »
  • 3:07InvitéFait
    « Au bout d'une semaine, on atteint le même chiffre d'élèves qui a une formation que ce qu'on atteignait avant avec l'ancien système qui s'appelait APB le premier jour. »
  • 4:43InvitéFait
    « Il est générateur d'un stress énorme, encore plus important que ce qui existait avant. »

Temps de parole

  • Invité71 %
  • Invité politique23 %
  • Présentateur6 %

1,7 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

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0:00
Présentateur

Ici Auxerre, ici Matin. Alors que les épreuves du bac ne sont pas encore terminées, les lycéens et étudiants ont découvert hier soir leur première réponse sur Parcoursup pour la prochaine étape de leurs études. On en parle ce matin avec Olivier Thiebaud du syndicat SNES FSU et professeur d'histoire géo au lycée Fourrier.

0:20
Invité politique

Bonjour Olivier Thiebaud. Bonjour. Alors première réponse, Julien le disait, de Parcoursup. Hier soir, ça ne veut pas dire pour autant que tous les lycéens savent où ils iront à la rentrée prochaine. Alors on a eu beaucoup de stress avant cette première réponse, mais finalement c'est qu'un élément de réponse. Il y en aura d'autres.

0:39
Invité

C'est le début d'un processus qui pour certains va être très très long. Si on simplifie sur le 1,5 millions de candidats et candidates qui étaient inscrits sur Parcoursup, si on se réfère aux chiffres des années passées, on en a à peu près un tiers qui hier n'a pas eu de réponse favorable. Donc pour lesquels il va falloir attendre que les listes d'attente se débloquent ou éventuellement dans quelques jours, à partir du 11 juin, ils vont pouvoir rajouter des vœux là où il reste des places disponibles. Et ça peut durer jusqu'au mois de septembre, donc pour beaucoup d'élèves. Jusqu'au mois de septembre ? Jusqu'au mois de septembre. D'accord.

1:16
Invité politique

Donc après, ils savent où ils vont au dernier moment finalement ?

1:20
Invité

Pour une partie ? Voilà. Pour certains, c'est même au tout dernier moment, parce qu'on a même des processus d'accompagnement qui ont été mis en place avec des commissions qu'on appelle les commissions d'accès à l'enseignement supérieur, qui peuvent accompagner jusqu'en octobre. D'accord. Alors que les cursus ont commencé dans le supérieur.

1:38
Invité politique

D'où l'inquiétude des lycéens et encore plus des parents qui ne savent pas trop s'il va falloir un logement à leur enfant l'année prochaine, enfin la prochaine année scolaire, vous évoquiez plusieurs réponses, plusieurs vœux qui ont été faits, parfois des réponses qui ne se dirigent pas sur le premier vœu. Est-ce qu'il y a des élèves qui n'ont pas de réponse du tout ?

2:02
Invité

Ah oui. Oui, il y en a. Là, ce qui a été reçu hier, dans le meilleur des cas, on a une réponse favorable qui peut éventuellement être accompagnée d'un processus d'accompagnement pour que ça soit validé, donc accepter de faire des remises à niveau sur certaines choses. Et puis on a énormément de lycéens et lycéennes qui sont en liste d'attente. Parfois très très loin, ça arrive qu'on se retrouve 700, 800, millième sur liste d'attente sur certaines formations. Et puis on peut même avoir des réponses négatives quand la formation était dite sélective. Voilà, ça c'est les différentes possibilités.

2:37
Invité politique

C'est-à-dire qu'on vous dit que vous n'avez pas le niveau ?

2:39
Invité

Ça revient à ça. Alors, que ça soit parce qu'on a eu un refus, mais enfin pour des élèves qui se retrouvent millième sur liste d'attente, ça revient à peu près au même. Et donc c'est extrêmement décourageant. Chaque année, il y a une enquête qui est menée par le ministère. On a à peu près un tiers des lycéens et lycéennes qui estiment que Parcoursup n'est un système qui n'est pas satisfaisant. Comme souvent, ils ne savent pas ce qu'il y avait avant parce que c'est maintenant quelque chose qu'à 2018. Je peux donner un exemple simple.

Au bout d'une semaine, on atteint le même chiffre d'élèves qui a une formation que ce qu'on atteignait avant avec l'ancien système qui s'appelait APB le premier jour.

3:14
Invité politique

Donc ça n'est pas forcément efficace. Et on parle beaucoup d'un système opaque. C'est-à-dire qu'on ne sait pas vraiment comment les choix ou tous les choix sont faits. On sait quand même que si on a un très bon dossier, c'est quand même plus simple.

3:30
Invité

C'est beaucoup plus simple. Mais c'est opaque pour une raison simple. C'est que tout à l'heure, il a été évoqué par exemple le concept de premier vœu. Tous les élèves ont dans leur tête un premier vœu. Sauf que sur la plateforme, le premier vœu n'a écrit nulle part. Aucun des vœux à l'heure actuelle n'a été hiérarchisé. Donc les élèves ont reçu des réponses pour beaucoup quand même favorables, pour la majorité. Mais ça peut être un vœu qui dans leur tête était classé 14 ou 15e. La plateforme ne trie pas. Les élèves auront le droit de trier à partir du 5.

Pour ceux qui ont des vœux en liste d'attente qui les intéressent, soit parce qu'ils n'ont eu aucune réponse favorable, soit parce que la réponse favorable en fait pour eux n'en est pas réellement une, ils vont seulement à ce moment-là pouvoir hiérarchiser les vœux. Avant, on a l'impression d'un flou absolu, parce que les critères, même s'il y a des attendus, ces attendus sont souvent très très vagues, et donc on ne comprend pas toujours le système. Alors pour être honnête, même nous, on a parfois des élèves qui n'ont rien, sans qu'on comprenne vraiment pourquoi est-ce qu'ils n'ont rien. Les professeurs, justement, qu'est-ce qu'ils en pensent de ce système ?

On est globalement dans le corps enseignant, surtout bien entendu d'un point de vue syndical, mais même globalement, on y est plutôt défavorable, pour deux raisons. Un, il est générateur d'un stress énorme, encore plus important que ce qui existait avant, ça a toujours existé, mais ça crée énormément de stress, parce qu'on a intégré... Plus il y a de l'incertitude, plus il y a de stress. Il y a de l'incertitude, puis il y a beaucoup plus de sélections qu'avant. C'est-à-dire que c'est un gros mot qu'il ne faut pas prononcer, puisqu'il est censé avoir un nombre restreint de formations sélectives, mais en fait, il y a énormément de sélections.

Et puis surtout, ça génère un dysfonctionnement dans l'institution. Pendant très longtemps, il fallait reconquérir le mois de juin. Maintenant, il faut reconquérir le troisième trimestre, en réalité. Parce que pour beaucoup d'élèves, l'année, une fois qu'ils ont fini leur vœu parcours sup, ils connaissent déjà à peu près 50% de leurs notes de bac. Et il y a une démotivation très, très importante. Et puis enfin, c'est très inégalitaire. J'ai eu des retours sur deux des classes de mon lycée. On a une classe en voie technologique qui n'a que 50% de réponses favorables hier. On a une classe en voie générale qui est déjà à 90% de réponses favorables.

5:36
Invité politique

Merci Olivier Thiebaud du syndicat SNES-FSU. Vous êtes aussi professeur d'histoire-géo au lycée Fourier à Auxerre. Merci pour toutes ces précisions sur cette plateforme dont on ne comprend pas forcément tout, notamment les parents. Bonne journée. Merci beaucoup. Bonne journée.

"Parcoursup est générateur d'un stress énorme" selon Olivier Thiebaut du syndicat SNES-FSU dans l'Yonne · Pourquijevote