Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Podcast / conversationC à vous (sur YouTube)· 8 juin 2021 19 minComplaisantActualité / polémiqueSécuritéInstitutions & électionsSolidarités & familleEurope & international

E. Macron giflé : condamnations unanimes ? - C à Vous - 08/06/2021

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Attaque 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:53OuverteRéponse directe

    Quelle est votre réaction après cette agression contre le chef de l'État ?

  • 2:39ComplaisanteRéponse directe

    Ne laissons pas des faits isolés prendre possession du débat public, dit Macron. Qu'en pensez-vous ?

  • 3:23OuverteRéponse directe

    Ce youtubeur d'extrême droite a menacé d'une agression physique. Comment analysez-vous cela ?

  • 4:20OuverteRéponse directe

    Emmanuel Macron a continué son contact avec les Français après l'incident. Était-ce primordial ?

  • 4:55OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on se pose la question à l'Élysée sur la sécurité des présidents ?

  • 5:54OuverteRéponse directe

    Qu'en est-il du climat de violence dans le débat politique actuel ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:41IntervenantFait
    « C'est le premier président qui est pris à partie physiquement. »
  • 5:03IntervenantFait
    « L'homme aurait pu avoir un couteau. »
  • 10:28IntervenantFait
    « Le rejet d'Emmanuel Macron serait la vraie force de Marine Le Pen. »

Temps de parole

  • Intervenant34 %
  • Intervenant 227 %
  • Intervenant 315 %
  • Présentateur15 %
  • Intervenant 43 %
  • Présentateur 23 %
  • Intervenant 52 %

4,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

quand une gifle devient le symbole de l'état d'un pays, surtout quand elle est adressée au président de la République. Bonsoir Pascal Perrineau, politologue, professeur émérite des universités à Sciences Po, ancien directeur du centre de recherche politique de Sciences Po. Vous êtes aussi l'auteur, on le signale, de ce que sais-je sur le populisme qui est paru le 17 février dernier. A vos côtés, David Ducan, rédacteur en chef du service politique du Parisien. Merci à tous les deux de votre présence. Deux hommes ont donc été interpellés dans la Drôme après ce geste assez incroyable qui s'est produit vers 13h15, alors que le président poursuivait son tour de France dans la Drôme.

L'Elysée préfère d'ailleurs parler d'une tentative de gifle plutôt que d'une gifle. D'abord, quelle est votre réaction à tous les deux après ce qui est une agression contre le chef de l'État ?

0:57
Intervenant

C'est une agression et c'est une agression physique. Les agressions verbales, on y est habitué, hélas, dans une culture politique française qui n'a jamais été d'ailleurs une culture pacifiée et où on confond souvent la figure de l'adversaire avec la figure de l'ennemi. Et l'ennemi, c'est l'ennemi à abattre. Ça, c'est la première réflexion que je voulais faire. Deuxièmement, c'est tout de même, le président relativiste, je le comprends, il dit c'est un fait isolé. On parle tout de même beaucoup de violence par les temps qui courent. Violence sociétale, violence économique, violence terroriste, violence politique.

Et là, tout de même, c'est le premier président qui est pris à partie physiquement. Certains avaient été bousculés, par exemple Nicolas Sarkozy. Mais là, c'est le premier président, en effet, qui est pris, même si apparemment, et heureusement, la gifle n'a pas atteint complètement son but du fait de la réaction vive des services de sécurité. Mais enfin, gifler le président de la République, c'est quelque chose, c'est d'une violence symbolique rare. Il ne faut pas sous-estimer ce qui s'est passé. Le président de la République, il représente l'unité nationale. Et quelque part, quand le président de la République est giflé, c'est la République française qui reçoit une gifle.

Vous savez, on distinguait jadis, du temps de l'autorité monarchique, on distinguait le corps réel et le corps symbolique. Le corps réel, même sous la République, d'un président, il est porteur du corps symbolique de la nation française, de la République française. Et c'est aussi ce corps symbolique qui a été touché.

2:39
Présentateur

Ne laissons pas des faits isolés des individus ultra-violents, comme il y en a toujours quelques-uns dans les manifestations, prendre possession du débat public, il ne le mérite pas. C'est ce que dit Emmanuel Macron.

2:49
Intervenant

Au Dauphiné libéré, et c'est au fond tout l'enjeu des prochaines semaines, des prochains mois. Tentative de gifle. Je ne sais pas s'il est utile de minimiser le geste. Et sur les images que vous avez à l'instant diffusées, j'ai le sentiment, je ne suis pas expert en gifle, mais j'ai le sentiment qu'on l'entend. Donc, est-ce qu'il y a nécessité de minimiser le geste ? Je ne crois pas. Parce que c'est un geste qu'il ne faut pas minimiser. Pascal Perrineau le disait à l'instant, il a une portée symbolique terrible. Confisquer le débat politique. Parce que là, il y a eu, pas si tôt, cette polémique.

3:23
Présentateur

Ce youtubeur d'extrême droite, proche d'Éric Zemmour, qui a menacé de son... Enfin, qui a mis une vidéo dans laquelle il se mettait en scène, imaginant une agression physique d'un représentant, la France a soumis.

3:33
Intervenant

Avec des armes, avec des armes à feu, il y a ça. Le chanteur Francis Lalanne, qui a agressé des confrères de journalistes. Il y a un mauvais climat. Il y a un climat peut-être même délétère. Et au fond, quand le président de la République dit qu'il ne faut pas que le débat soit confisqué, c'est bien de le dire, mais il faut le faire. Il y a une responsabilité des responsables politiques dans leur ensemble et des candidats qui seront candidats la année prochaine en 2022.

3:57
Présentateur

C'est-à-dire qui ont confisqué le débat ?

3:59
Intervenant

Non, c'est-à-dire de se battre pour que le débat de cette présidentielle soit sur les idées, la confrontation des projets de société.

4:09
Présentateur

Et non pas des insultes et des prises à partie verbales d'un camp à un autre.

4:14
Intervenant

Je crains que si l'on privilégie l'invective, c'est la facilité. Et ça ouvre la voie, au fond, à l'expression parfois de violence.

4:20
Présentateur

Juste un mot sur ce qui s'est passé juste après. Après, la séquence a continué. C'est-à-dire qu'on voit Emmanuel Macron, quelques secondes après, en effet, qui de nouveau retourne aux Français, au contact. Il le dit, il n'a aucune appréhension, rien ne m'arrêtera. Je continuerai à aller au contact des Français. C'était primordial déjà d'agir comme ça ?

4:42
Intervenant

Disons qu'il a un peu de sens politique. Là, si vous allez tout de suite vous coucher, vous cacher, pardon, dans un véhicule blindé, vous envoyez le message exactement inverse de celui qu'il veut porter. C'est-à-dire que là, le débat public, il est confisqué.

4:55
Présentateur

Mais est-ce qu'on se pose la question à l'Élysée ?

4:57
Intervenant

Non, mais ça pose la question de la sécurité en France, au passage des présidents de la République. Et des fois, il y a du système de sécurité aussi. L'homme aurait pu avoir un couteau, aurait pu... Aux États-Unis. Tous les gens sont fouillés. Tous avaient été fouillés par la gendarmerie. Mais au État-Unis, le président, dans une scène similaire, n'aurait pas pu revenir. Parce que les membres du Secret Service l'auraient emmené, ses pieds n'auraient pas touché le sol et il l'aurait emmené. Mais là, que se passe-t-il ? Le président de la République, il est chef des armées, si je fais un petit raccourci. Et donc, quand il dit à son garde du corps, t'es gentil, mais moi j'y retourne.

Parce que lui, il a... D'ailleurs, on le voit résister un petit peu. Oui, oui. Il résiste à la... Non, mais oui. À l'intervention des forces de sécurité. Il résiste à l'invention de son garde du corps pour retourner au contact près de la barrière. Mais vous avez vu, Patrick, que quand l'homme du GSPR constate que le président de la République a l'intention d'y retourner, il le relâche, il le laisse y aller. Ça, c'est en France. C'est vraiment...

5:44
Présentateur

Ça n'existe qu'en France.

5:44
Intervenant

Enfin, pas qu'en France, mais en tout cas, c'est différent aux Etats-Unis.

5:47
Présentateur

Avant d'en revenir sur le fond, c'est-à-dire le climat de violence qu'on peut ressentir dans le débat politique actuel, juste une phrase prononcée le 3 juin dernier, la semaine dernière, par le candidat LR à la présidence de la région des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, qui reprochait à Emmanuel Macron de ne pas aller vraiment au contact des Français. Écoutez exactement ce qu'il dit. « Il faut vraiment prendre le pouls du pays. Il ne faut pas être en représentation. Il faut être en immersion. Il ne faut pas qu'il y ait un cordon sanitaire. Souvenez-vous, c'était en novembre 2018, l'itinérance mémorielle. Région Grand-Est, région Hauts-de-France. Le président vient, il passe du temps.

Jamais, à aucun moment, il ne prend la mesure de la crise des gilets jaunes qui va exploser. Donc, ce n'est pas le tout d'aller au contact. Il faut vraiment être à portée de baffe. « Il faut être à portée de baffe, disait Xavier Bertrand. »

6:41
Intervenant

Ça y est. Voilà. Il aurait été visionnaire. La baffe a presque atteint son but. Mais je crois qu'il faut, si vous voulez, pourquoi on en est là aussi ? C'est parce que le débat politique, pendant des décennies, ça a été un débat où il y avait des forces collectives qui l'organisaient. Il y avait des partis politiques, il y avait des syndicats, il y avait des corps intermédiaires. Là, il n'y a plus rien. Entre le président et des Français en colère, il n'y a plus rien. Il n'y a même plus d'idéologie. L'espace politique s'est largement désidéologisé. Et quand il n'y a plus d'idéologie, quand il n'y a plus de collectif, qu'est-ce qu'il reste ?

Il reste les personnes, des individus, que l'on peut aduler ou détester. Que l'on peut aduler ou détester. Et il y a beaucoup de détestation. Parce que la société française est en colère. Alors là, pour l'instant, on ne s'en aperçoit pas. Peut-être qu'il y a là un premier signe. Parce que la Covid a tout gelé. Les colères qui étaient très chaudes avec les gilets jaunes, il faut s'en souvenir, se sont lyophilisées quelque part. Et elles attendent la première goutte d'eau chaude pour rebouillonner. Et j'espère que ça n'est pas le premier signe d'un retour de colère extrêmement chaude.

7:56
Présentateur

Un mot, David, avant de donner la parole à Patrick.

7:58
Intervenant

Par rapport à ce que vous disiez, Pascal Perrineau, est-ce que ce geste est le symptôme d'une colère plus vaste dans le pays ? Ou l'action d'un militant extrémiste ? Moi, je ne connais pas encore le profil de cet homme.

8:09
Présentateur

Le Figaro pense qu'il serait dans la mouvance des gilets jaunes. Mais pour l'instant, ce n'est pas confirmé.

8:13
Intervenant

Une mouvance des gilets jaunes, qu'est-ce que c'est exactement ? Les deux, vous dites, il y a de la colère dans le pays. Ce geste-là, en est-il le symptôme ? Je pose la question.

8:22
Présentateur

Ce qui est sûr, c'est que la classe politique a unanimement, quasiment unanimement, condamné ce geste.

8:29
Intervenant

C'est vrai. Et l'Assemblée nationale, tout à l'heure, s'est levée tout ensemble. Mais je crois qu'il ne faut pas se leurrer de ces condamnations unanimes. D'abord parce qu'elles ne sont pas tout à fait unanimes. Nicolas Dupont-Aignan s'est distingué en voyant dans cette gifle le symbole d'une fonction présidentielle abaissée. Sous-entendu, il l'a bien cherchée. Et derrière son tweet, vous pouvez lire des dizaines d'autres messages qui disent de façon plus ou moins élégante, il l'a bien méritée. Ne pas oublier, on vient d'en parler, la violence exprimée par certains groupes de gilets jaunes directement contre la personne d'Emmanuel Macron pendant toute cette séquence.

Pensez à la tribune que le futur député insoumis François Ruffin a fait paraître dans le monde le 4 mai 2017, c'est-à-dire avant même l'arrivée d'Emmanuel Macron à l'Élysée. Vous êtes haïs par les sans-droits, les oubliés, les sans-grades. Vous êtes haïs, vous êtes haïs, vous êtes haïs. Et il y a quelques semaines, la Fondation Jean Jaurès, dans une note sur le risque, le peine, de façon inédite, a exploré le registre des émotions associées aux principaux candidats à la présidentielle. Émotions qui jouent un rôle considérable dans les comportements électoraux. Ce n'est pas à l'ancien passeron du Cévis-Pof que je vais l'apprendre.

Or, lorsqu'on demande aux Français ce qu'ils ressentent, en voyant ou en entendant Emmanuel Macron, il ressort d'abord 4 émotions négatives. La colère, 28%, le désespoir, 21%, le dégoût, 21%, la honte, 18%. Vous allez me dire, Emmanuel Macron est tout de même un président populaire. Oui, il est même nettement plus populaire que ses prédécesseurs, ses deux prédécesseurs. François Hollande et Nicolas Sarkozy, après 4 ans de mandat. Et dans le dernier tableau de bord IFOP pour Paris Match, qui est paru cet après-midi, Emmanuel Macron atteint les 50% de bonnes opinions, ce qui est une performance tout à fait honorable à ce moment-là.

Mais il est détesté par une partie substantielle de l'électorat et même par une partie plus importante que pour ses deux prédécesseurs. Les analyses de la Fondation Jean Jaurès y voient d'ailleurs le principal facteur de risque, le peine, pour la présidentielle de l'an prochain. Le rejet d'Emmanuel Macron serait la vraie force de Marine Le Pen parce que le niveau de détestation du premier est presque aussi élevé que celui de la deuxième. Et c'est cela aussi que dit cette gifle. Vous vous rendez compte où on en est ? Je partage entièrement votre diagnostic. C'est-à-dire, on va vers un second tour éventuellement qui sera l'expression de deux rejets, si on est poli, de deux haines.

10:47
Présentateur

De deux haines.

10:50
Intervenant

Est-ce que la société politique française est devenue une société de toutes les haines ? Si on en est là, c'est extrêmement grave. C'est extrêmement grave parce que ce sont des passions tristes qui s'expriment. Et la politique, elle a besoin aussi de passions qui ne sont pas tristes. Elle a besoin d'engagement, elle a besoin de voir un peu plus loin que le bout de son nez et que le bout de ses rancœurs et de ses ressentiments. Si les citoyens français deviennent des citoyens du pur ressentiment, on va rentrer dans une période électorale, préélectorale qui va être redoutable.

Et Pascal Perrineau, il ne faut pas se leurrer, ça existe aussi dans le pays et il y a sans doute des millions de Français, je ne peux pas les quantifier, qui ont éprouvé, comment dire, vous avez dit passion tristes, une joie mauvaise à la vue des images de Tain L'Hermitage cet après-midi. Et Nicolas Dupont-Aignan dit tout haut ce que certains Français pensent tout bas. – Il y a Nicolas Dupont-Aignan, effectivement j'ai vu ce tweet, mais il y a aussi Jean-Luc Mélenchon qui dit « je suis solidaire ». Il y a Marine Le Pen, vous l'avez entendu, en conférence de presse, elle ne s'est pas contentée de dire que ce geste était condamnable, elle a appuyé cette déclaration de manière très insistante.

Donc une forme de quasi-unanimité, c'est vrai qu'il y a Dupont-Aignan, mais de quasi-unanimité pour dire « non, ça c'est pas possible, ça c'est trop ». Et donc la question, c'est cette condamnation quasi… d'accord, mais et après ?

12:10
Présentateur

– Le sursaut républicain qu'appelle de ses voeux Jean Castex.

12:14
Intervenant

– Oui, alors les réactions, est-ce qu'elles étaient républicaines ? En tout cas, elles étaient en sursaut, puisqu'elles sont tombées extrêmement vite après la diffusion de cette vidéo. Mais il faut s'emparer de ce sujet et dire « on va faire une campagne électorale de haut niveau l'année prochaine, par rapport à ce que disait Patrick à l'instant, pour ne pas tomber dans une confrontation des haines, dans qui sera le moins rejeté ». Eh bien, il ne tient qu'aux responsables politiques, qu'aux candidats, peut-être nous aussi les journalistes, mettre en avant des sujets de fond, des bâtons sur le fond, c'est ça aussi notre rôle. Et là, peut-être qu'on peut éviter ça.

Voilà, je mets une petite note d'optimisme. – Et puis un tout petit point, vous n'avez pas simplement en France, en travaillant sur le populisme, en effet, j'ai constaté cela bien au-delà de la seule France, vous avez des organisations politiques, des mouvements politiques, qui deviennent de plus en plus des entrepreneurs de haine. – C'est-à-dire qu'ils organisent l'expression politique sur la scène politique de haine, de haine sociale, de haine culturelle, de haine économique, voilà.

C'est-à-dire qu'on le voit bien, par exemple, dans « La gauche de la gauche », le populisme de gauche va transformer les gens d'en haut en véritable club de puissants, d'oligarques faisant et defaisant les sociétés. « Dans les populismes de droite, on va mettre la figure de l'étranger comme étant véritablement la figure de l'homme ou de la femme à abattre ».

Ça, c'est une culture qui est une culture de l'ennemi, qui est extrêmement dangereuse, parce que quand on réveille ce type de haine et qu'on leur donne une légitimité au travers de discours politiques constitués, cadrés, avec des gens qui prétendent occuper l'Élysée, eh bien là, ça libère, ça libère toute une série de passions, comme je disais, qui sont des passions très christenes.

14:14
Présentateur

C'est ce qu'a fait ce week-end Jean-Luc Mélenchon quand il prédisait un grave accident, incident ou un meurtre dans une dernière semaine de la campagne présidentielle. Oui, parce que là... C'est ce type de propos qui légitime...

14:22
Intervenant

Là, on est véritablement tout de même dans le complotisme, qui est une autre composante de tous ces populismes de gauche, de droite et d'ailleurs. Ou en effet... Peut-être davantage encore ce qu'il a dit juste auparavant, c'est-à-dire qu'Emmanuel Macron était le produit d'un système oligarchique qui avait produit d'autres Macron dans un certain nombre de pays qu'il a rapidement cités. C'est la solution de la facilité. Que veut mon électorat ? Qu'est-ce qui peut le flatter ? Qu'est-ce qui peut lui plaire ? Alors, je le lui sers. Et ce qu'on attend... Qu'attendront les Français l'année prochaine ? De savoir s'il y a différents projets de société qui leur sont proposés. Ça sera ça.

Et que voudront-ils ? Que voudront nos concitoyens de l'apaisement ? Ou de la brutalité, de la confrontation ? On sort... Pardon, mais on sort d'un an et demi particulièrement éprouvant pour chacun d'entre nous. Des confinements, l'économie à moitié à l'arrêt, des restrictions de liberté inimaginables il y a encore peu de temps. Est-ce que les Français voudront l'année prochaine peut-être sourire à nouveau ? Et seront-ils réceptifs au fond à ces manipulations de peur ? Est-ce qu'ils voudront avoir peur ou est-ce qu'ils voudront un projet ? C'est à cette question-là qu'il faudra répondre.

15:38
Présentateur

Pierre.

15:38
Intervenant

Petit retour en arrière. Là, ce n'est pas la première fois qu'un politique se fait agresser verbalement ou physiquement. J'allais dire, petit best-of, non, ce n'est pas terrible. Florilège, ce n'est pas idéal non plus. Quelques exemples. Qu'est-ce que vous diriez, qu'à la fois il y a plus de violence ou les gens sont plus désinhibés ? Il y a une désinhibation. Oui, je crois. Tout à fait. Et de temps en temps, dans certaines périodes historiques, on voit très bien comment certaines inhibitions, certains tabous tombent. Le vieux père Freud, il avait bien vu ça dans les années 30, dans son petit bouquin sur le malaise dans la culture.

Il disait à Vienne, dans cette ville qui était le sommet de la civilisation européenne, c'est là où la violence nazie s'est le plus développée. Et c'était une violence, croyez-moi, c'était de la vraie violence. Et le diable à éliminer, c'était la figure du juif. Et d'ailleurs, il va partir en France et puis il finira sa vie en Grande-Bretagne. Je crois qu'il y a certains moments de nos sociétés, parfois pourtant extrêmement développées, extrêmement sophistiquées, où ce que Freud appelait la pulsion de mort, la pulsion d'agressivité, revient au premier plan.

Et il y a 20 ans, pardon, ce n'est pas très visuel, mais il y a 20 ans, Jacques Chirac en campagne a essuyé des crachats, c'était à Garches-les-Gonaises. Il y a eu une tentative aussi de coups de feu, Maxime Brunery, sur le président Chirac, peut-être encore plus grave. Désinhibition, oui, désinhibition, pardon, désinhibition, oui, bien sûr. Vous évoquiez tout à l'heure Jean-Luc Mélenchon, il a réagi cet après-midi dans un tweet en disant cette fois-ci « Vous commencez à comprendre que les violents passent à l'acte, je suis solidaire du président ». Il ne revient donc pas sur ses paroles et semble même dire que les faits d'aujourd'hui le confortent, vont dans son sens.

Pour lui, en effet, ça serait, j'allais dire, un avant-goût de ce qui nous attend. On est loin de l'apaisement. Au moment de la présidentielle, ça serait que l'ouverture de ce triste opéra, que sera l'élection présidentielle. C'est l'occasion aussi pour lui de sortir de la mauvaise période qu'il vient de traverser. La tension se détourne des turpitudes qui furent les siennes ces 48 dernières heures. Et continuer à alimenter les... Et donc lui, il s'en sort aussi un peu comme ça.

Et puis de désigner éventuellement, si cela est avéré, c'est un peu tôt, si en effet on découvre que ce sont deux militants royalistes ou monarchistes, c'est la cible idéale pour le héros de la gauche de la gauche, que c'est Jean-Luc Mélenchon.

18:33
Présentateur

Cette gifle, elle sera à la une du Parisien demain ?

18:36
Intervenant

Oui.

18:37
Présentateur

Mais vous ne savez pas encore avec quel titre et quels enseignements ?

18:40
Intervenant

On va y travailler, donnez-nous encore quelques instants. Mais l'horoscope en dernière page. Ah ça, vous le confirmez. Alors là, vous pouvez... Non, voilà, je vous... On est rassuré.

18:47
Présentateur

Pour que Pierre, qui commence sa journée en lisant le Parisien, sache d'avance quel titre il trouverait en une... Du premier journal qu'il découvre le matin. Merci beaucoup David Doutan d'être venu ce soir sur le plateau de C'est à vous.

E. Macron giflé : condamnations unanimes ? - C à Vous - 08/06/2021 · Pourquijevote