L'invitée de Bourdin Direct : Carole Delga - 16/11
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Questions et réponses
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- 0:13OuverteRéponse directe
Carole Delga, bonjour.
- 0:16OuverteRéponse directe
Pour la première fois, vous êtes avec moi le matin.
- 0:18OuverteRéponse directe
Vous êtes présidente de la région Occitanie, présidente des régions de France, Carole Delga.
- 0:24OuverteRéponse directe
Vous dirigez aussi, idée en commun, le mouvement d'Anne Hidalgo.
- 0:27OuverteRéponse directe
Donc vous êtes le soutien numéro un d'Anne Hidalgo.
- 0:30RelanceÉludée
Anne Hidalgo, candidate à la présidentielle de semaine en semaine. Rien ne bouge, aucun frémissement. Pourquoi êtes-vous encalminée ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:45Invité politiqueFait
« Anne Hidalgo, elle est sur le terrain. »
- 0:49Invité politiqueFait
« Elle explique aux Françaises et aux Français ses premières mesures. »
- 1:14Invité politiqueFait
« La question de l'augmentation des salaires. »
- 1:16Invité politiqueFait
« La question, par exemple, du service public de l'enfance. »
- 2:00Invité politiqueFait
« Bernard est clairement derrière Anne Hidalgo en toute loyauté. »
- 2:42Invité politiqueFait
« Discuter avec la gauche, la gauche réformiste, la gauche écologiste, celle qui agit et non pas celle de la protestation. »
- 3:32Invité politiqueFait
« Je suis en profond désaccord avec Jean-Luc Mélenchon. »
- 3:35Invité politiqueFait
« Parce que les théories du complotisme, parce que la complaisance avec le communautarisme, c'est inadmissible. »
- 3:44Invité politiqueFait
« Je fais partie de cette gauche du réel, comme Anne Hidalgo, qui est très attachée à la République, qui parle sécurité, qui aime l'entreprise et qui met l'éducation comme pilier central de la République. »
- 4:22Invité politiqueFait
« Anne Hidalgo, ce qu'elle propose, c'est de remettre l'éducation au centre du projet. »
- 4:37Invité politiqueFait
« Il y a une vraie inquiétude sur l'avenir de leurs enfants. »
- 4:43Invité politiqueFait
« Il faut qu'on arrive à casser ce déterminisme social, à remettre en place l'escalier de la réussite. »
- 4:46Invité politiquePromesse
« Augmenter le salaire des enseignants, faire en sorte aussi qu'il y ait un temps scolaire qui soit plus long, et également travailler la formation des enseignants. »
- 5:37Invité politiqueChiffre
« Depuis 2017, il n'y a aucune élection qui mobilise plus de 50% de français. »
- 8:13Invité politiqueFait
« Je réponds déjà que ce sont des mensonges. Parce qu'on ne gagne pas 20 minutes entre Toulouse et Bordeaux, on gagne une heure. »
- 9:17Invité politiqueFait
« Ce n'est pas possible que nos enseignants, ils aient chaque jour l'obligation d'être à 200% de leurs possibilités pour le bien de nos enfants, et qu'il n'ait pas des temps de respiration, des temps de formation tout au long de leur parcours professionnel. »
- 10:41Invité politiqueFait
« La République des Territoires, c'est avoir plus de pouvoir localement, de pouvoir décider plus rapidement, et aussi d'avoir la capacité d'adapter les décisions aux réalités. »
- 11:42Invité politiqueFait
« Un vrai problème, c'est la question de la recherche des stages. C'est la question de l'orientation. »
- 11:57Invité politiquePromesse
« Il faut que les régions puissent intervenir dans les collèges, dans les lycées, pour mieux parler des métiers. »
- 13:10Invité politiquePromesse
« Je pourrais voter Emmanuel Macron en cas de menace de l'extrême droite. »
- 13:52Invité politiquePromesse
« Je suis favorable à la vaccination obligatoire. »
- 14:01Invité politiqueFait
« La première des libertés, c'est d'être en bonne santé. »
- 15:51Invité politiqueFait
« Je n'ai pas été contactée. »
- 16:42Invité politiqueFait
« Première réserve ciel étoilé d'Europe, l'Occitanie. »
- 17:10Invité politiqueFait
« Oui, je défends les éoliennes flottantes, tout à fait. »
- 17:41Invité politiqueFait
« On ne peut pas continuer à dire qu'on doit agir par rapport à la menace climatique et d'expliquer qu'on ne veut aucun projet d'énergie renouvelable. »
- 17:52Invité politiqueFait
« La France, c'est la deuxième puissance maritime au monde. »
- 18:33Invité politiqueFait
« Airbus, il travaille ardemment. Il faut avoir une empreinte carbone moins élevée. »
- 19:02Invité politiqueChiffre
« Depuis 18 mois, c'est quand même 9000 emplois qui ont été détruits dans l'industrie aéronautique. »
Temps de parole
- Carole Delga70 %
- Présentateur30 %
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Vous écoutez RMC. RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Carole Delga, bonjour. Bonjour. C'est une première. Pour la première fois, vous êtes avec moi le matin. Vous êtes présidente de la région Occitanie, présidente des régions de France, Carole Delga. Vous dirigez aussi, idée en commun, le mouvement d'Anne Hidalgo. Donc vous êtes le soutien numéro un d'Anne Hidalgo. Anne Hidalgo, candidate à la présidentielle de semaine en semaine. Rien ne bouge, aucun frémissement. Pourquoi êtes-vous encalminée ?
Non, nous ne sommes pas encalminés, nous sommes au travail. Anne Hidalgo, elle est sur le terrain. Elle explique aux Françaises et aux Français ses premières mesures. Et également, elle permet d'avoir une connexion aux réalités. Et elle parle des vrais problèmes des Français.
Elle parle des vrais problèmes, mais personne ne l'écoute.
Non, ce n'est pas vrai. Elle a un très bon accueil sur le terrain. Et puis, il faut laisser le temps au temps. Une campagne présidentielle, c'est une course de fonds. Et il faut justement parler du fonds pour ne pas toucher le fonds. Et Anne Hidalgo, elle parle des vrais problèmes des Françaises et des Français. La question de l'augmentation des salaires. La question, par exemple, du service public de l'enfance. Ça, ce sont des vraies mesures qui répondent aux préoccupations de nos concitoyens.
Oui, elle est à moins de 5% pour l'instant. Pour l'instant ? Oui, oui, mais pour l'instant, c'est un instant qui dure. Ça fait maintenant plusieurs semaines. On a 5 mois devant nous, M. Bourdet. Oui, oui, oui, non, non, mais c'est vrai. Mais si rien ne bouge en janvier-février, que faites-vous ?
Anne Hidalgo ira jusqu'au bout. Quoi qu'il arrive. Quoi qu'il arrive, nous sommes une équipe autour d'elle. C'est cette équipe d'élus locaux. Vous n'êtes pas découragée ? Non, jamais. Non, pas du tout. Je ne renonce jamais, je ne lâche pas. Et Anne Hidalgo, elle a aussi ce sentiment de ne rien lâcher.
C'est vrai que Bernard Cazeneuve a failli être candidat. J'ai vu ça. Vous avez vu ça ?
C'était il y a de ça 2-3 ans que Bernard y réfléchissait. Mais Bernard est clairement derrière Anne Hidalgo en toute loyauté. Je connais très bien Bernard Cazeneuve. Je suis une de ses proches. Je sais. C'est cet honneur. Je sais. Et je vous assure que Bernard Cazeneuve, c'est un homme qui a le sens de l'intérêt collectif, comme moi, comme Anne Hidalgo.
Est-ce que vous allez discuter avec toute la gauche ? Vous avez vu cette initiative qui connaît un vrai succès. La primaire populaire. Vous avez vu plus de combien ? 160 000 signatures. Que demandent ces électeurs de gauche ? Ils demandent un rassemblement à gauche. Qu'allez-vous faire avec cette primaire populaire d'ailleurs ?
Je pense en effet que la demande de ces citoyens, elle est tout à fait légitime. Ce qu'ils veulent, c'est avoir une personnalité qui rassemble. Discuter avec la gauche, la gauche réformiste, la gauche écologiste, celle qui agit et non pas celle de la protestation. Oui, il sera bien entendu nécessaire de discuter. Mais je le dis, laissons le temps au temps.
Nécessaire de discuter.
Il y aura des évolutions qui seront positives, je n'en doute pas.
Vous pensez qu'il y aura un regroupement ? Il faut un candidat unique de la gauche ? Est-ce qu'il faut pour pouvoir gagner ? Pour avoir l'espoir de gagner ?
On ne gagne pas juste parce qu'il y a un candidat ou une candidate unique. On gagne parce qu'on fait des vraies propositions par rapport aux problématiques des Français. Alors, il faut qu'il y ait des rencontres, qu'il y ait un travail sur le fond. Et ensuite, laissons le temps au temps. On verra dans les prochains mois si une candidature unique, elle est possible ou pas.
Mais tout sauf Mélenchon.
Mais tout le monde le sait. Je suis en profond désaccord avec Jean-Luc Mélenchon. Parce que les théories du complotisme, parce que la complaisance avec le communautarisme, c'est inadmissible. Je fais partie de cette gauche du réel, comme Anne Hidalgo, qui est très attachée à la République, qui parle sécurité, qui aime l'entreprise et qui met l'éducation comme pilier central de la République.
Alors, on va parler santé, on va parler décentralisation, parce que j'y tiens, vous y tenez, Carole Delga. Mais toutes les enquêtes le disent. Les classes populaires, les plus modestes, ceux qui ont tant de mal à boucler leur fin de mois, ne votent plus à gauche. Du moins aux élections nationales. Pourquoi ? Pourquoi les avez-vous perdues ?
Alors, aux élections nationales. Oui, aux élections nationales, je l'ai précisé. Voilà, précisé. Parce qu'il faut, au niveau des élections nationales, raconter un récit. Et Anne Hidalgo, ce qu'elle propose, c'est de remettre l'éducation au centre du projet. Parce que, quelles sont les attentes de nos concitoyens ? Moi, quand je suis sur le terrain. Franchement, on ne parle pas de la présidentielle. En revanche, on me parle de l'avenir de leurs enfants. Il y a une vraie inquiétude sur l'avenir de leurs enfants.
Et il faut qu'on arrive à casser ce déterminisme social, à remettre en place l'escalier de la réussite, c'est-à-dire augmenter le salaire des enseignants, faire en sorte aussi qu'il y ait un temps scolaire qui soit plus long, et également travailler la formation des enseignants. Ce n'est pas possible que nos enseignants, ils aient chaque jour l'obligation d'être à 200% de leurs possibilités pour le bien de nos enfants, et qu'il n'ait pas des temps de respiration, des temps de formation tout au long de leur parcours professionnel.
Oui, non, mais ça, très bien, Carole Delga, très bien. Vous répétez sans cesse qu'Emmanuel Macron ne s'est pas parlé au français. Oui. Vous non plus, pardon, mais... Pardon, mais si, non, mais je peux quand même vous citer
le score que j'ai fait au régional. Non, non, maintenant, Anne Hidalgo, elle a été réélue.
Oui, elle a été réélue, mais quand on regarde, oui, elle a été réélue. Elle a été réélue, alors que tout le monde l'a donné perdante, quand même. Le nombre de votants sur le nombre d'inscrits, ce n'est pas brillantissime.
Non, mais ce n'est pas brillantissime. Depuis 2017, il n'y a aucune élection qui mobilise plus de 50% de français. Ça, c'est un vrai sujet, la question de l'abstention.
Mais bien sûr.
Et ça, c'est ce surpoir.
Mais si on a beaucoup de gens de gauche qui s'abstiennent ou qui vont voter, qui vont voter le Rassemblement national ?
Je ne pense pas qu'ils votent le Rassemblement national, parce que quand on est de gauche...
Beaucoup dans les quartiers populaires, vous le savez bien.
Non, quand on est de gauche, je veux dire, on ne va jamais, on ne tombe jamais au niveau de l'extrême droite. Donc ça, je le sais. Mais l'abstention, en effet, elle est vraiment inquiétante. Et c'est pour ça qu'il faut agir. Et c'est pour ça que d'être sur le terrain, et comme fait Anne, de mettre l'éducation en priorité, et de savoir aussi concilier économie et écologie, et de rétablir l'autorité de l'État. Parce que c'est ce qu'entendent nos concitoyens. C'est qu'on puisse parler de sécurité, donner des moyens à nos forces de police et de gendarmerie, et puis également être inflexible sur la question de la laïcité.
Et Carole Delga, de quoi parlez-vous au Parti Socialiste ? D'indigénisme, de wokisme, de défense des minorités, de racialisme, de je ne sais pas, moi, tous ces sujets ? Non, non, pas du tout. Mais qu'ils passent à mille lieux au-dessus de la tête de vos électeurs ?
On ne parle pas du wokisme et tout cela. Ça, ce sont des conversations de Salon parisien. Je peux vous assurer que quand on est au Parti Socialiste, ce dont on parle, mais surtout ce que l'on fait, par exemple à Montpellier, vous connaissez bien, ou à Nantes ou à Nancy, très clairement, nous sommes cette gauche réformiste et écologiste qui travaillons avec les entreprises et qui savons aussi traiter le problème de sécurité.
Qui croient à la croissance et la croissance crée des richesses.
Oui, exactement. Nous sommes de cette gauche qui aime l'entreprise parce qu'elle aime et les salariés et les chefs d'entreprise. Nous voulons de la croissance, de la croissance en conscience parce que pour avoir un partage des richesses, il faut qu'il y ait une production des richesses. Et donc, c'est pourquoi, par exemple, moi, en Occitanie, et vous le savez, c'était 400 chefs d'entreprise qui m'ont soutenu pour les régionales. C'est la preuve que la gauche, elle s'est travaillée, elle s'est rassemblée, elle s'est apportée des solutions.
Puisqu'on parle de croissance et puisqu'on parle d'Occitanie, il y a deux grands projets de transport parce que l'Occitanie, qui est l'une des plus grandes régions de France. La deuxième plus grande. Deuxième plus grande. Rappelons que l'Occitanie, ça va du Rhône à la Garonne. Rappelons que ça va du Massive Central au Pyrénées. Non, mais c'est une immense région, Carole Delga, mais une immense région où il y a un vrai problème, c'est le problème des transports. Deux projets énormes, LGV, Bordeaux-Toulouse, les écologistes s'y opposent. Chaque candidat ou pas écologiste que je reçois ici me dit non, non, non, il ne faut pas, surtout pas, on va gagner 20 minutes, ça va coûter des milliards.
Que répondez-vous ?
Je réponds déjà que ce sont des mensonges. Parce qu'on ne gagne pas 20 minutes entre Toulouse et Bordeaux, on gagne une heure. Et ensuite, aux écologistes, je leur rappelle qu'il y a eu des procédures. Parce qu'en France, des procédures, il n'en manque pas, il y en a eu de trop. Il y a eu des procédures, il y a eu des enquêtes publiques qui ont été faites. Le temps de la concertation, il est passé. Il y a une décision qui a été prise. Emmanuel Macron, pendant trois ans, a tout bloqué. Jean Castex a repermis...
Vous le tutoyez, d'ailleurs, vous entendez bien, il est dans votre région.
Bien sûr, on se tutoie avec Jean Castex. Je le respecte, bien entendu, en tant que Premier ministre. Jean Castex a débloqué ses projets de LGV, Toulouse-Bordeaux et Montpellier-Perpignan. Et maintenant, on est en train de nous dire qu'il va falloir de nouveau discuter. Non, stop. On est à l'action. Toute la concertation, elle a été faite. Ça a duré des années. Donc, on a besoin d'être reliés à Paris. C'est facile que le maire de Bordeaux, qui lui est à deux heures de Paris, dise que les autres, ils peuvent rester au fin fond de leur Pyrénées, sans être connectés à l'international. Et ensuite, le débat. On ne veut pas de LGV parce qu'on veut plus de trains du quotidien.
Ça aussi, c'est mensonger, parce que c'est parce qu'il y aura une deuxième ligne entre Bordeaux et Toulouse et entre Montpellier-Perpignan que je pourrais développer en tant que présidente de région plus de trains du quotidien. Le RER du littoral méditerranéen, comme le RER de Nord-Toulousain, il a besoin d'une deuxième ligne, parce que les réseaux ferroviaires actuels, ils sont saturés.
Mais alors, Carole Delga, ces projets aboutiront dans les temps ?
Oui, ces projets aboutiront...
LGV Bordeaux-Toulouse, c'est pour quand ?
Alors, Toulouse-Bordeaux, pardon. Parce qu'on commence à Toulouse. Non, non, excusez-moi, excusez-moi. On commence à Toulouse, donc c'est pour 2030, voilà.
2030. Et la liaison Montpellier-Perpignan ?
Alors, ce qui est prévu, c'est 2035-2037, mais je vais me battre pour avancer ce calendrier. Parce qu'en effet, là, les temps sont beaucoup trop longs, sur les temps administratifs, ainsi de suite.
35, ça fait près de 15 ans.
Oui, non, non, et puis surtout, regardez à Perpignan, la seule solution aujourd'hui, c'est l'avion, parce que sinon, vous mettez 5h30 en train, et les prix des billets d'avion à Perpignan sont quand même très élevés. Alors, moi, je veux que les Catalans aussi, ils aient une connexion de qualité.
Louis Alliot sera content.
Surtout les Catalans. Vous savez, moi, Louis Alliot ne m'intéresse pas.
Bon, d'accord. République des Territoires, vous voulez une République des Territoires ?
Tout à fait.
République des Territoires, ça veut dire quoi ? Ça veut dire renforcer les pouvoirs de qui ? Les pouvoirs des maires ? Les pouvoirs des régions ? Les pouvoirs des départements ? Les pouvoirs des communautés de communes ?
La République des Territoires, c'est avoir plus de pouvoir localement, de pouvoir décider plus rapidement, et aussi d'avoir la capacité d'adapter les décisions aux réalités. Parce que si je prends une décision au niveau, par exemple, de la région Occitanie, ce n'est pas du tout la même décision que je vais prendre pour un Toulousain ou pour un Sévenol. Et c'est la même chose entre les différentes régions françaises. Donc on doit avoir plus de pouvoirs aux maires, également aux présidents des départements, et aux présidents et présidents de région.
Bon, donc des pouvoirs partagés, quoi.
Oui, mais on serait parti.
Mais un peu plus aux présidents de région, parce que je vois que vous voulez, par exemple, réunir les collèges et les lycées.
Je pense qu'en effet, d'avoir une action beaucoup plus forte sur la liaison entre le collège et les lycées, et en particulier sur la question de l'orientation, c'est nécessaire. Vous m'indiquez qu'il y a beaucoup de désespoir dans la société française. C'est lié au fait que les jeunes et leurs familles n'ont pas confiance en l'avenir. Et un vrai problème, c'est la question de la recherche des stages. C'est la question de l'orientation. Parce que quand on est issu d'un milieu modeste, le fameux stage de troisième de cinq jours, qui est gratuit, si on n'a pas de réseau, on n'arrive pas à trouver ce fameux stage.
Et ça, c'est le premier contact de la jeunesse avec le monde de l'entreprise, et c'est un contact de rejet. Et c'est pourquoi il faut que les régions puissent intervenir dans les collèges, dans les lycées, pour mieux parler des métiers. Mais ce n'est pas les régions directement qui vont en parler. On va demander à des salariés, à des chefs d'entreprise, de venir parler dans les collèges et les lycées des métiers. Et comme ça, en plus, on répondra aux problèmes de recrutement des entreprises.
Carole Delga, élection du président de l'Assemblée, de l'Association des maires de France, pour qui voteriez-vous ?
Je voterai pour Lysnard et Léniel. Voilà. Voteriez pour David Lysnard ? Oui, tout à fait. LR. Mais oui, je voterai.
Sans problème, sans hésiter.
Ah non, vraiment sans hésiter, avec conviction. Parce que la liste qu'incarnent David Lysnard et André Léniel, c'est une liste qui est pluraliste. C'est-à-dire que toutes les opinions sont retrouvées. L'autre liste, c'est clairement une liste macroniste. C'est une liste qui est uniquement au service de Macron et au service du pouvoir en place. Alors qu'avec la liste David Lysnard et André Léniel, c'est une liste qui aura son indépendance, où il y aura des discussions. Toutes les tendances politiques sont représentées. Pour moi, l'indépendance, c'est important. Je suis fidèle aux valeurs socialistes, mais je suis une femme libre.
Et j'ai une liberté de temps. Vous pourriez voter Emmanuel Macron à la présidentielle, au second tour ?
Je pourrais voter Emmanuel Macron en cas de menace de l'extrême droite. Parce que je suis avant tout républicaine. Et j'ai été parmi les premières à appeler à voter Emmanuel Macron le soir du premier tour. Il y a de ça bientôt cinq ans. Et si nous étions de nouveau dans une configuration...
Le soir du second tour, pas du premier tour.
Non, mais c'est le soir du premier tour qu'on appelle à voter. C'est le soir du premier tour qu'on appelle à voter pour le second tour. Mais là, de nouveau, s'il y avait un risque face au Front National, j'appellerais en conscience à voter Emmanuel Macron. Parce que l'extrême droite, c'est la mort de la République.
La santé, l'épidémie progresse rapidement dans votre région, comme ailleurs en France. De la même manière, êtes-vous favorable au confinement des personnes non vaccinées, si l'épidémie s'aggrave ?
Je suis favorable à la vaccination obligatoire.
Vaccination obligatoire ?
Oui, parce que dans le débat que l'on entend, qui soit probablement un peu surréaliste, la première des libertés, c'est d'être en bonne santé. Et pour être en bonne santé, face à une pandémie mondiale, c'est la vaccination. Donc moi, je suis pour la vaccination obligatoire. Comme cela avait été proposé par Valérie Rabault, la présidente du groupe socialiste à l'Assemblée nationale.
Oui, et au Sénat. Et au Sénat, ça a été proposé. Au Sénat, ça a été rejeté.
Oui, tout à fait.
Ça a été rejeté. Donc, vaccination obligatoire. Là, on ne discute pas. Et si on n'accepte pas la vaccination, que se passe-t-il ?
À ce moment-là, on en tire toutes les conséquences. Il faut avoir un moment de l'autorité. Ça vous aimez l'autorité. Oui, j'aime l'autorité et j'aime la relation aux gens aussi. Mais il faut avoir la capacité d'être sur le terrain, d'écouter nos concitoyens, et après de prendre une décision. Et quand on prend une décision, on l'applique. Oui, les Françaises et les Français, ils ont besoin de protection, d'autorité et de solidarité.
Le port du masque obligatoire à l'école, logique ? Oui, logique. Logique, ça ne vous pose aucun problème ? Aucun problème. Non, aucun problème. À Toulouse, ça ne pose aucun problème ?
Bien sûr que sur la France, il y a certains récalcitrants. À un moment, quand on est en responsabilité, notre premier des devoirs, c'est de protéger la population. Le masque, les gestes barrières et la vaccination, c'est indispensable. Il ne faut pas avoir d'état d'âme.
Carole Delga, est-ce que dans votre vie politique, vous avez été victime de violences sexuelles ou sexistes ? Non. Jamais ? Non, jamais. Clairement. 285 femmes politiques ont signé une tribune dans Le Monde intitulée « Pour un MeToo politique ». Vous l'avez vue ? Oui, tout à l'heure. Cette tribune, vous l'avez lue. Les agresseurs sexuels n'ont pas leur place aux élections de 2022. Pourquoi ne l'avez-vous pas signée ?
Parce que je n'ai pas été contactée.
Voilà. Tout simplement ?
Tout simplement. Je n'ai pas été contactée. Donc, j'ai découvert, en lisant le journal cette tribune, et je partage ce qu'il y a vraiment d'inscrit dans cette tribune, on ne peut pas accepter d'être victime d'agression ou vraiment de ne pas être considéré sur nos compétences. Donc, la question de l'égalité femmes-hommes, j'y suis très attachée. Mais à titre personnel, je n'ai jamais été victime d'agression ou de tentatives d'intimidation sexuelle.
Carole Delga, je vais terminer avec l'écologie, la COP26, qui finalement n'est pas une vraie réussite. Tant que la Chine et l'Inde ne toucheront pas leur charbon, on ne pourra rien faire. Donc, à quoi ça sert, tout ce que nous faisons ? Dans votre région, d'ailleurs, vous faites beaucoup. Première réserve ciel étoilé d'Europe, l'Occitanie, c'est ça ?
C'est ça, exactement. Je pense que la COP26, elle est décevante. Mais pour autant, il ne faut rien lâcher parce qu'on doit agir fortement sur le réchauffement climatique. Parce qu'on voit bien que cela devient invivable. Sur notre territoire français, les épisodes climatiques violents, ils ne font que se multiplier. Et donc, nous devons, les régions, les citoyens, agir.
Et vous défendez les éoliennes flottantes ?
Oui, je défends les éoliennes flottantes, tout à fait.
Il y a un vaste débat dans ce pays autour des éoliennes. Vous, vous les défendez pour la nouvelle ?
Oui, bien sûr, c'est la région qui investit.
À 18 kilomètres de la plage, il va y avoir un champ d'éoliennes.
Ce n'est pas un champ d'éoliennes pour l'instant, ce sont des fermes pilotes. C'est vrai. Puisque la décision de passer en ferme commerciale sur la Méditerranée n'est pas encore reprise. Mais il faut se parler vrai. On ne peut pas continuer à dire qu'on doit agir par rapport à la menace climatique et d'expliquer qu'on ne veut aucun projet d'énergie renouvelable. Moi, je suis pour le mix énergétique, mais il faut augmenter les énergies renouvelables. L'éolien flottant, c'est une formidable opportunité. C'est une formidable opportunité aussi de souveraineté énergétique française. Parce que je rappelle que la France, c'est la deuxième puissance maritime au monde.
À travers l'éolien flottant, on peut répondre aux besoins de l'hexabogone, mais aussi aux besoins en énergie de nos îles.
Et on développe à fond l'aviation parallèlement.
Oui, parce que la question de l'avion, ce n'est pas une question d'écolo. C'est une question de vision de société. Soit on veut une société qui se replie sur elle-même, ou on explique qu'il faut limiter les déplacements. Soit on veut une société de la rencontre, de la civilisation. Et pour aller sur les autres continents, il faut des avions. Et bien entendu, la région Occitanie, elle soutient l'aviation verte, l'avion plus léger, l'avion électrique, l'avion hydrogène. Airbus, il travaille ardemment. Il faut avoir une empreinte carbone moins élevée. Mais moi, je défends l'avion, parce que l'avion permet de relier les gens.
Et ce qu'on a besoin sur notre planète, c'est de se connaître, c'est de la paix. Et on doit avoir des avions. Et c'est pourquoi, je suis bien sûr pour l'aviation, pour l'éolien flottant,
et heureuse de voir Airbus enregistrer. Combien de commandes ? Alors, 365 commandes enregistrées.
Oui, tout à fait. Vous savez, moi, depuis maintenant... Il faut l'embaucher. Oui, parce que depuis 18 mois, c'est quand même 9000 emplois qui ont été détruits dans l'industrie aéronautique. Et moi, je pense à mes concitoyens qui n'ont pas de travail, qui n'ont pas d'argent à la fin du mois. Et donc, on a besoin d'emplois. D'emplois dans l'aéronautique, dans l'agroalimentaire, dans l'agriculture, la viticulture, et dans les énergies renouvelables, et aussi dans la santé. On doit retrouver une France fière, fière de sa souveraineté, fière de son industrie. Et c'est ce que nous portons avec Anne Hidalgo.
Bien. Vous serez candidate en 2027 ?
Écoutez, aujourd'hui, je suis en soutien... Je dis ça comme ça, au passage. En passage, je vous dis que je soutiens Anne Hidalgo. Moi, je suis une femme du réel. Donc, mon objectif, c'est 2022.
Bien. Merci, Carole Delga, d'être venue nous voir ce matin, 8h53.
Carole Delga