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interviewPublic Sénat (sur YouTube)· 18 avril 2026 28 min

Dénatalité : comment inverser la tendance ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation. La mutualité française présente [musique] et la santé, ça va ? Bienvenue dans Et la santé, ça va ?

C'est une première depuis 1945. La France a enregistré l'an dernier plus de décès 651000 que de naissance, 645000. L'indice de fécondité tombe à 1,56 enfants par femme.

C'est l'un des niveaux les plus bas jamais enregistrés. Emmanuel Macron appelle publiquement à un réarmement démographique. Question : pourquoi fait-on moins d'enfants en France ?

Est-ce qu'els sont les principaux freins des familles ? Et puis quid problèmes de fertilité, dénatalité, comment inverser la tendance ? [musique] tout de suite.

Nos invités, Martin Lévrier, vous êtes sénateur Renaissance des Yvelines et Pauline Rossi, vous êtes professeur d'économie, spécialiste de l'économie de la famille à l'école polytechnique. Merci de participer à cette émission. D'abord euh Pauline Rossi, ce dont je viens, les chiffres que je viens d'énumérer, est-ce que c'est une première et est-ce que c'est malheureusement un phénomène durable que de voir ainsi la natalité s'inverser et les décès dépasser les naissances ?

Le fait que les décès dépassent les naissances, c'est une première dans l'histoire récente depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et c'est effectivement une situation qui a amené à durer dans les dans les prochaines décennies puisque la courbe des naissances est en baisse depuis longtemps, la courbe des décès est en hausse depuis longtemps et donc c'est pas un phénomène qui devrait s'inverser à court terme. Donc nous sommes entrés dans l'aire de la dénatalité, on peut le dire.

Oui. Est-ce que c'est un phénomène franco-français, européen, mondial ? C'est un phénomène mondial.

En Europe, ce croisement, il a eu lieu en 2012 si on prend l'Europe dans son ensemble. Donc en fait, l'Europe est déjà dans ce dans cette ère. La France était un petit peu en retard et donc rattrape son retard entre guillemets.

Et c'est le cas aussi dans la plupart des pays du monde. Il y a que le continent africain où la natalité résiste plus mais là aussi c'est en baisse. Martin Lévrier, euh le regard votre regard un regard politique sur cette dénatalité.

Euh est-ce que ce basculement a été anticipé ? Peut-être un peu le problème de la France, c'est que effectivement on a été dans les meilleurs d'Europe, j'allais dire pendant très longtemps, voir les meilleurs. Et puis est arrivé la la crise du Covid, don en a plus parler du tout en terme politique, j'entends, mais finalement, on s'est fait dépasser par un événement et et on le sait tous qui n'arrive pas en 5 minutes et qui se construit dans un temps relativement long.

Donc effectivement des si la politique est capable de réagir à ça et ça je le crois en tout cas le doit elle le doit parce qu'après tout c'est un choix on parle on parle beaucoup de de Gaulle et de toute l'admiration que la France en tire pour de Gaulle et de Gaulle était très très clair là-dessus sur un pays qui ne fait pas d'enfant est un pays qui se meurt. Quel est l'enjeu au fond de relancer la natalité et d'avoir plus d'enfants ? la naissance, l'enfance, c'est ce qui va créer les actifs, qui va faire un pays fort.

C'est l'actif qui finance tout, qui paye la santé, la santé, la scolarité, les retraites, la maladie. Enfin, vous avez un nombre de choses absolumes incroyables. Les gens oublient à quoi sert l'impôt globalement, mais sans impôt, il y a pas d'école, il y a pas de maternité, il y a pas de Alors, parmi les causes qui expliquent cette dénatalité, bien, on trouve les problèmes de fertilité qui sont croissants puisque'aujourd'hui cela concerne un couple sur H.

C'est le cas de Magali qui a eu des problèmes pour avoir ses deux enfants et qui a dû avoir recours à une PMA. Reportage. E c'est le weekend, il a pas école demain.

Après-demain non plus. [musique] Magalie a eu Félix il y a 4 ans. Dans quelques mois, il sera grand frère.

Bah prends les clés. Alors avoir des enfants ou pas pour Magalie 37 ans, c'était une évidence. Moi, j'ai voulu des enfants. [musique] Quand on est bien dans sa vie, bien dans ses baskets, qu'on est bien dans son couple, pour moi c'était tout naturel.

Mais cela n'a pas été un chemin si facile. C'est trop mignon. Il a été fait d'attente, d'espoir et de déception.

Mais Félix, [musique] il l'a porté, il était tellement mimi. Comme près de 3,3 millions de Français, Magali a été confrontée à des problèmes [musique] d'infertilité. Pour mon premier, on a mis quasiment 5 ans pour y arriver, sachant que il y a eu peut-être 1 an ou 2 ans un peu d'érance médicale jusqu'à ce que je découvre à travers ce projet de grossesse qui ne fonctionnait pas que j'avais de l'endométriose.

Et on m'a proposé deux solutions. Soit me faire opérer et essayer pendant 1 an que ça arrive naturellement, soit de passer en FIVE direct en PMA. Donc on s'est lancé là-dedans et malheureusement on a fait trois essais je crois et aucun n'a fonctionné.

Après une [musique] opération Magalie parvient à tomber enceinte. Pour profiter de son fils, elle prend un congé parental à l'époque [musique] payé 398 € par mois. Oh les mains sales !

À son retour au travail, elle réalise que ce dernier n'est plus compatible avec sa nouvelle vie de mère de famille [musique] et elle est obligée d'en changer. Bah oui, en fait, je voyais surtout l'aspect pratique de me dire "Bon ben maintenant, je suis une jeune maman, j'ai besoin de cet équilibre vie pro, vie perso, je vais essayer de chercher un travail qui est déjà factuellement, je voulais un travail qui soit proche de chez moi, de pouvoir y aller à vélo en me disant "Bah ben, quand il ira à l'école, je pourrai le déposer, ce sera plus facile." Peu importe l'émission, peu importe si je dois même gagner un petit peu moins.

Je voulais vraiment cet aspect purement praticau ou pratique. Si elle [musique] gagne en qualité de vie avec plus de jours de congé, Magalie a perdu entre 800 et 1000 € de salaire net [musique] par mois. On appelle cela la pénalité maternelle.

C'est un sacrifice que j'étais prête à prendre. J'ai clairement fait une pause dans ma carrière. Euh ça aurait pu se passer autrement et je sais que malheureusement il y a beaucoup de femmes aujourd'hui qui passent à côté d'énormément d'opportunités d'augmentation ou de responsabilité tout simplement.

Ben parce qu'en fait parfois on peut pas concilier la vie de jeune maman avec une carrière professionnelle, une ambition. Martin Levier envoyer cette jeune femme avoir beaucoup de difficultés pour avoir ces deux enfants. D'un point de vue physiologique, comment expliquer ?

Est-ce qu'il y a un sujet sur l'infertilité des des jeunes couples qui souhaitent avoir des enfants ? Je pense qu'en France le sujet sur ce sujet-là, la médecine s'organise mal ou n'est pas allée assez loin. C'est-à-dire que quand un couple ainertilité entre guillemets, d'habitude, on va d'abord attendre un certain temps avant de faire des examens.

Donc quelles sont les causes exactes ? Alors, il y a la sédentarité selon ce qui est expliqué, c'est la sédentarité. Il y a aussi une logique de prévention. on y revient.

Quand je parle de sédentarité, d'obésité, c'est un vrai sujet de prévention. C'est un vrai sujet de prévention. Et donc si on s'inquiète de cette prévention de la santé globale, dont cette santé dans la santé de la fertilité, il il participe.

Paulineur aussi, il y a un sujet de fertilité. La fertilité a baissé en France aussi bien chez les hommes que chez les femmes. Oui.

La proportion de couple qui est euh qui fait face à des problèmes d'infertilité à monter au cours du temps. Euh c'est principalement lié au report de l'âge à la première naissance et euh et 29 ans, la première grossesse, c'est 50 plus qu'en 1974. Voilà.

Martin Lévrier, est-ce que on peut être choqué quand même que le gouvernement envisage enfin va envoyer des messages aux jeunes filles de 29 ans. Ça peut être un peu intrusif en disant euh comment le donc pour donc elle va envoyer des messages avant la fin de l'été à toutes les personnes ayant 29 ans pour les alerter. Alors pourquoi 29 ans ?

Parce que c'est l'âge à partir duquel l'autoconservation des gamèes est autorisée hors condition médicale. Mais enfin ça fait un peu et oh les filles, réveillez-vous là l'horloge biologique est en train de tourner. Ça peut être perçu comme ça ?

Alors, je suis d'accord et pas d'accord avec vous. Je trouve très bien que le gouvernement s'en inquiète et donc alerte et le disent mais quelque part je suis gêné qu'on ne parle qu'aux femmes parce que un couple c'est un couple il y a deux personnes. Donc oui à ce discours parce qu'effectivement il y a la part médicale sur la la congélation des mais il n'y a pas que ça quand on fait des enfants.

Il y a tout un ensemble de construction d'une famille au sens très large du terme et qui n'est pas tout total totalement abordé et qui est un vrai sujet aussi. Alors, Polydrossi pour revenir sur ce qu'a dit Magalie quand elle est revenue de son congé maternité, elle a vu qu'il fallait qu'elle change de travail parce qu'elle voulait être plus proche de son enfant, pouvoir s'en occuper davantage. Je retourne l'argument.

Est-ce qu'il y a des femmes qui n'ont pas d'enfant parce que justement elles ne veulent pas se retrouver dans la situation bah de gâcher leur leur ascension professionnelle parce que c'est pas le moment professionnellement que de lâcher prise et de partir dans une maternité qui va vous faire sortir du radar professionnel. Oui, c'est c'est très bien expliqué dans le reportage. Cette pénalité pour les mères en économie, on l'a quantifié.

En France, c'est de l'ordre de 30 %. Donc ell, les femmes perdent de l'arrivée du premier enfant jusqu'à la fin de leur carrière environ 30 % de leur revenus par rapport à une situation où elles n'auraient pas eu d'enfant du tout. Donc les gens pensent souvent que 30 % ça veut dire que le salaire baisse de 30 % par rapport à avant.

Mais en fait, c'est pas c'est pas ça. C'est que elles vont aussi donc elles vont prendre du temps en dehors du marché du travail, mais elles vont aussi revenir sur des emplois différents. Euh c'est ce que Magalie a expliqué dans le reportage.

Elle a changé de elle a changé d'employeur, elle a changé de type de job et donc en fait par rapport à la carrière qu'elle aurait eu si elle s'était jamais arrêtée, à la fin de sa vie, elle aura perdu 30 % de revenu. Et pour revenir à votre à votre question, en fait cette pénalité des mèes, elle est différente selon les pays. Dans dans les différents fonctionnement du marché du travail font que ce chiffre est plus ou moins élevé et dans les pays où ce chiffre est plus élevé, la natalité est plus basse.

Donc il y a un lien entre cette pénalité pour les maires et le le la baisse de la natalité. Martin Lévrier, c'est terrible. Mais en 2026, les femmes parce que c'est une question qui ne se pose qu'aux femmes doivent quelque part choisir entre la maternité ou leur carrière professionnelle.

C'est là où le rôle politique, l'homme, la politique a un sens et a un rôle surtout dans un premier temps. Il faudrait déjà aussi que l'homme s'implique beaucoup plus et qu'on donne les moyens aux hommes comme aux femmes, les mêmes types de moyens aux deux, que les choses soient très clair parce que lever son enfant, c'est pas un problème pour pas pour moi en tout cas euh au même titre qu'une femme. Donc c'est le premier point justement la le choix politiques qui ont été faits depuis des années sur ce sujet-là n'ont jamais été très clairs.

On a rajouté des strates et des strates, des aides et des aides, mais il y a pas eu une cohérence globale et d'ensemble sur ce projet-là. Les femmes ou les hommes, mais actuellement la plupart ce sont des femmes qui quittent leur emploi pour avoir un enfant. Si elles s'arrêtent 3 ans, elles reviennent de leur entreprise.

De fait, ça sera pas le même travail, ça sera ou ça sera une autre entreprise avec 3 ans d'arrêt, donc beaucoup plus de difficultés. Comment n'a-t-on pas pensé à payer des formations très importantes pendant les 3 ans qui permettent de garder le même strat ? Est-ce qu'on pense que la formation doit être payée par l'entreprise et c'est pas non plus le rôle de l'entreprise qui elle aussi indirectement est pénalisée par le départ de son de sa salariée.

Donc c'est comment l'État s'investit dans ces choixl qui sont des choix d'investissement, comment elle cible mieux les besoins plutôt que d'autres. Moi, je crois beaucoup à cette logique. Donnons du temps aux parents qui le veulent de s'occuper de leurs enfants.

Ils quittent leur emploi mais dans ces cas-là, l'État doit être parfaitement cohérent et s'impliquer dans le fait qu'il ait son emploi pour au moins déjà retrouver l'équivalence de l'emploi, voir un salaire qui correspond à quelque chose. Alors, c'est précisément d'ailleurs, il y a une mission d'information sur les causes de la dénatalité en France dont les recommandations viennent de d'être formulé et l'une d'entre elles, c'est un congé parental unifié au fond que ce ne soit pas que élever un enfant, ce ne soit pas que le le problème de la mère mais aussi du père qui soit davantage impliqué, une façon de partager la charge sur les les congés parentaux, effectivement le le c'est un peu délicat parce que ça peut avoir des effets pervers comme vous venez de l'ex expliquer sur un congé parental trop long, ça peut freiner le retour sur le marché du travail et puis du point de vue de l'employeur, ça peut aussi lui donner des raisons de ne pas embaucher ou de ne pas promouvoir des jeunes adultes parce qu'il se doutera qu'il y aura peut-être un congé parental long qui va arriver derrière plutôt que de pénaliser les femmes, ça va pénaliser les jeunes couples. C'est ce que vous voulez dire.

Voilà, ça peut précariser encore plus les les jeunes par rapport à des à des employés qui sont qui sont plus âgés. Donc c'est un peu à mê ça dilue la responsabilité parce qu'à un moment les entreprises sont bien qu'elles embauchent quelqu'un donc si elles se priveent de la de la jeunesse, ça va être compliqué pour elle. Non mais il y a toujours des arbitrages donc ouais c'est des arbitrages et c'est là où je crois que le rôle d'un état c'est justement de se substituer entre guillemets s'il considère que la natalité est un investissement et ben il doit s'investir par des aides beaucoup plus là qu'ailleurs sur d'autres aides qui sont peut-être pas utiles.

Pauline Rossi on l'a compris pourquoi est-ce qu'elle veut changer d'emploi Magalie ? c'est parce qu'elle voulait être près de la crèche, près de l'école. Est-ce que derrière entre eux, il y a la question de du logement être bien logé et près de son lieu de travail ?

Donc le logement, c'est un argument qu'on entend beaucoup dans le débat public en ce moment. Dans la littérature scientifique, il y a pas de lien démontré entre le prix du logement et la baisse de la natalité. Le l'absence de lien n'est pas démontrée, mais le lien de causalité n'est pas démontré.

Donc en fait on sait pas parce que c'est parlez-moi, mais un enfant c'est une chambre. Donc forcément quand vous êtes deux et qu'un enfant arrive, il vous faut une chambre de plus. Donc ça veut dire nécessairement ou déménager ou pousser les murs, je sais pas.

Mais il faut s'adapter. Exement. Si vous voulez vraiment un enfant, vous faites cet arbitrage, vous baissez votre consommation, vous déménagez ou vous mettez vos deux enfants dans la même chambre.

Est-ce que la question du logement alors quel est le poids du logement votre regard monsieur le sénateur sur le poids du logement dans la dénatalité que l'on d'abord tout va dépendre des régions. Si vous prenez Paris intramuros par exemple, les logements sont hors de prix et on arrive à une situation qui moi me fascine. Ce sont les assistantes qui viennent s'occuper de ces enfants-là qui elles vont faire 1h30 2h, 3h de transport et comment elles elles vont éduquer leurs enfants ou avoir envie d'avoir des enfants.

Et là, ce qui me gêne le plus dans dans l'histoire du prix du logement de cette logique, c'est qu'en ayant des lieux de plus en plus difficile d'accès, on crée encore plus de difficultés pour ceux qui ont le moins de revenu. Et je pense que là, on a un vrai problème aussi de natalité parce que derrière ceux qui s'occupent de vos enfants parce que vous avez des revenus ne peuvent pas s'occuper des leurs. Donc, comment trouver cette équilibre ?

Je crois là, je suis pas tout à fait d'accord avec vous que le logement a vraiment un sens, un rôle pour permettre pour en tout cas libérer la la l'envie d'avoir des enfants. Quand vous vous dites "J'ai 3 heures de transport matin et soir, qui va s'occuper de mon de mon gamin quand il aura même pas mais même 10 ans ? Qui qu'est-ce qui va se passer ?" Et tout ça fait, je pense, participe à cette anxiété qu'on a de faire desfant.

Cette moindre moindre mixité sociale, elle agit comme un frein sur l'harmonie de de d'une société où chacun pourrait trouver sa place et avoir des enfants. Pas forcément. Là, il y a rien dans la littérature scientifique là-dessus non plus.

C'est votre regard, voilà, de spécialiste de et et d'enseignante. Je vous propose alors parmi les freins à la natalité, on peut citer le manque de soutien en tous les cas puisque devenir parent, c'est devoir mettre en place toute une organisation, des contraintes et parfois sans soutien familiaux autres qu'on son conjoint si on a la chance d'en avoir un pour élever son enfant. Bon nombre de jeunes parents se retrouvent démunis comme Magali qu'on va retrouver et qui essaie de de trouver un peu de confort auprès d'autres parents, en l'occurrence d'autres mères comme elle.

Ça se passe tout ça se passe dans un café. Reportage. Aujourd'hui, Magalie se rend dans un café un peu particulier.

Bonjour. Ici, pendant toute une matinée, de jeunes mères en couple ou célibataire participent à une pause parentale. Ah, tu as trouvé une assistante maternelle pour 3 jours par semaine ?

Ah non, non, non. Une bulle au cours de laquelle elles peuvent échanger autour des soucis propres aux jeunes parents. Pour Magalie, ces moments sont un moyen très efficace de trouver du soutien.

Je me suis c'est vrai que quand on n' pas beaucoup de familles dans la région ou de gens qui peuvent aider au quotidien ou même briser une certains sens d'isolement pour notamment les premiers mois. C'est vraiment super d'avoir un rendez-vous régulier, de se dire "Bon ben tant qu'à faire, je suis en congé math, autant faire une petite sortie même sous la pluie, passer 1 heure 1h3 à parler de sujets qui nous concernent toutes." Cette pause, ce sont les loupiottes qui en sont à l'origine.

Une association de Montreuil qui propose tout un éventail d'activité [musique] pour rendre la parentalité plus légère. Du yoga, des permanences avec des psi et aussi un vestiaire solidaire avec des articles de seconde main. Tu as déjà réfléchi au mode garde ?

Tu reprends le boulot ? Je reprends en juin. En juin ?

Ouais mais Ah oui mais du coup juin c'est qu'on ça parce que c'est la fin de l'année. Ouais. Au milieu des discussions autour de l'épineuse question du mode de garde survient celle du logement.

Un vrai souci pour une des mères Marion qui redoute de faire un deuxième enfant. Bah, je pensais pas que ça serait autant un sujet que ça quoi. Pour moi, je m'étais dit bon ben on a un premier enfant, on fera le deuxième dans la foulée et puis voilà et on sera heureux et tout ira bien.

Mais c'est bah c'est en fait on voudrait un appartement un peu plus grand parce qu'on voudrait qu'ils aient une chambre chacun mais bon on n pas on n pas les moyens de déménager quoi. Donc donc je ne sais pas ce qu'on pourra faire. Au bout de 6 années de présidence des loupiottes passées à écouter les parents, Chloé comprend les réticences que peuvent éprouver certaines femmes.

Oui, je comprends totalement que certains parents femmes se posent la question d'avoir un enfant. Il y a tellement de stress. Alors, on va parler OK de l'environnement, ça c'est un gros sujet.

Le contexte économique, politique, mondial, parce que faire un enfant, on en a très envie. Mais quel monde on laisse à notre enfant ? Ça fait poser beaucoup de questions et ça peut en tout cas retarder voilà la la le fait de de se lancer dans un projet.

Pour elle, les ambitions natalistes du gouvernement sont inadéquates par rapport à la réalité des jeunes parents. Moi, je rencontre des familles ici qui sont obligées de s'arrêter de travailler pour garder leurs enfants. Euh donc là, ça devient une parentalité plus subie que choisie.

Euh donc il y a il y a de forts enjeux. Je pense oui qu'il y a des il y a des manques. En tout cas, il y a des choses qui ne sont pas forcément cohérentes avec ce qu'on demande aujourd'hui à un parent et ce que la société peut peut mettre en place.

Euh par exemple, quand on conseille un allaitement euh jusqu'à 6 mois et que la reprise du travail se fait à 2 mois et demi, voilà, quels sont euh aujourd'hui euh vraiment les les solutions euh qui sont offertes et concrètes enfin concrètes Martin Lévrier, dans ce café, il y avait beaucoup de mères, pas beaucoup de pères pour revenir sur ce dont vous parliez tout à l'heure. vraiment la charge mentale repose quasi exclusivement sur les maires qui doivent s'occuper de la vaccination, qui doivent s'occuper euh de A à Z, de tout, des arrêts maladies des uns des autres, ça bien sûr. Et euh et on est dans un c'est culturel alors le problème, je pense que c'est en France, c'est plus vrai que dans d'autres pays.

C'est c'est ainsi. Bon, maintenant, comment on combat ça ? Comment on fait évoluer les mentalités ?

Je pense qu'il y a du travail mais que c'est tout à fait aujourd'hui. En revanche, je parlais de l'anxiété, il y a des associations pour revenir là-dessus. Alors, je vais en citer quelques-unes quand même hein.

La maison des 1000 premiers jours, je ne sais pas si vous vous connaissez. Euh les lieux d'accueil enfant parents, ça s'appelle les LEPS. Ce sont des lieux non médicalisés où les parents viennent avec leurs enfants de 0 à 6 ans pour tous les problèmes de vaccination.

Il y a également les réseaux d'écoute, d'appui et d'accompagnement des parents. Tout ça pour dire que mais encore faut-il les connaître d'ailleurs t tous ces lieux. Voilà, faut les connaître et il y en a beaucoup d'autres.

Il y a beaucoup de de systèmes associatifs depuis toujours hein sur ce sur ces accompagnements. Mais ça n'est pas suffisant. Je pense que il y a des choses intéressantes qui ont été dites sur sur l'anxiété, sur un monde anxiogène entre guillemets.

C'est que c'est aussi le problème en France, on est un des pays les plus déprimés du monde alors qu'on est quand même pas le plus pauvre, loin de là. Et cette logique de déprime, cette logique où de plus en plus on réfléchit sur le ressenti plutôt que sur le factuel peut conduire. Je vais vous donner juste une phrase, enfin un slogan qui m'insupporte au plus haut point, c'est euh la fin du mois contre la fin du monde.

Comment peut-on mettre de même niveau ce sujet-là ? On a parlé sans arrêt de cette jeunesse qui ne trouvait pas du travail. Maintenant, on les emmène dans une anxiété terrible sur la fin du monde à cause de à cause de de l'écologie.

Quel rêve on donne à la jeunesse aujourd'hui ? Vers quoi on veut les emmener ? Pauline Rossi, on l'entend ça dans les jeunes générations.

L'écoanxiété, que vais-je mettre au monde un enfant qui connaîtra la crise climatique ? Et à la limite, nous sommes trop nombreux sur terre. C'est un acte citoyen que d'être moins nombreux et donc d'avoir une de de ralentir l'empreinte carbone.

On l'entend chez les jeunes générations effectivement et pour l'instant il y a une corrélation entre ceux qui se disent préoccupés de ces questions et le nombre d'enfants qui veulent. Ça a été montré par Linette dans son étude du mois de juillet. Après, c'est une corrélation, ça veut pas forcément dire que l'un cause cause l'autre.

Euh et puis d'une certaine manière, c'est c'est c'est vrai que la baisse de la population peut aider à résoudre euh les problèmes de changement climatique et de et de biodiversité. Donc c'est pas complètement euh c'est pas un argument en l'air, quoi. C'est un c'est un vrai argument.

Alors il y a la question des modes de garde, la question également de du des congés. Alors, à partir du 1er juillet 2026, un nouveau congé de naissance verra le jour où l'on proposera 70 % du salaire net le 1er mois, 60 % le 2è. Si on fait une petite simulation, je je vous la livre he pour un salaire net moyen en France de 2690 €.

Le prer mois euh on va donc toucher 1880 € et le 2e mois 1614 €. Euh Pauline Rossi, oui, euh un enfant ça coûte. Euh se mettre en disponibilité de son entreprise pour l'élever ça coûte.

Et si on n pas le coup de pouce financier, on peut renoncer. Euh ça c'est pareil, empiriquement ça a pas été démontré un effet très fort du du congé du congé parental sur la fécondité. En fait, il y a vraiment deux choses.

Il y a une chose qui est de dire comment améliorer la vie des parents une fois que les enfants sont là et faire en sorte que ce soit une expérience positive pour eux et ensuite qu'est-ce qui fait que les gens ont des enfants ou pas ? Et en fait les deux choses sont pas forcément liées quoi. C'est quoi alors Martin l'évrier cette idée de quand même cette proposition qu'on a vu dans la mission d'information qui vient d'être qui a été publiée le le 11 février pour essayer de remédier de contrer cette dénatalité ?

L'idée d'un versement familial universel de 250 € par mois par enfant dès le premier enfant h euh sans conditions de ressources et où l'on fusionne différentes aides qui à force d'être disparate en devenit illisible. Est-ce que quand même il y a cette idée ayez les enfants et on va vous aider ? Alors la bonne nouvelle c'est qu'on essaie de regrouper des subventions ou des aides et oui je trouve que l'idée en soi est intéressante.

Il manque pour moi un élément. Je sais pas si ça ça enclenchera une envie d'enfant. Ça peut être une aide mais de là à ce que ça déclenche l'envie un peu dubitatif. et la la politique de réduction d'allocation familiale, on reproche à François Hollande de l'avoir un petit peu détricoté pour en a fait une politique sociale dont on payerait aujourd'hui les conséquences.

Pauline Rossi, je vous vois au chier de la tête. Oui, c'était une erreur. Un procès qui est souvent fait empiriquement c'est pareil, c'est pas démontré.

Non, c'est exactement ce que vient d'expliquer Martin. En fait, c'est pas ça qui fait que les gens vont changer d'avis. Et le problème de donné de l'universalité, donc il y a le mérite de la clarté.

Ça c'est vrai. Le problème c'est que d'un point de vue de l'efficacité de la dépense publique, c'est l'opposé de ce que vous voulez faire. C'est-à-dire que vous voulez cibler les gens qui vont changer d'avis.

Et en fait quand vous faites les une aide universelle et ben en fait vous arrosez tout le monde. Et donc il y a des énormes effets d'obè. C'est-à-dire qu'il y a plein de gens qui de toute façon auraient eu cet enfant et qui du coup seront ben très contents d'avoir cette allocation et du coup ça va les aider à avoir une une vie quotidienne beaucoup plus agréable.

Mais c'est pas ça qui va faire euh relancer la natalité en fait. Alors qu'est-ce qui peut changer la donne Pauline ? Euh sur la natalité, il y a très peu de de leviers de politique publique qui ont un effet euh fort et euh c'est évident puisqu'en fait tous les pays du monde sont confrontés à cette à cette situation depuis des décennies, depuis bien plus longtemps que nous.

Tout le monde essaye un peu toujours la même chose, les congés parentaux, les allocations familiales, les crèches et cetera. Euh globalement ça ça ne marche nulle part quoi. La la natalité continue de baisser tout simplement parce que euh parce que les gens veulent moins d'enfants.

Est-ce qu'on peut aussi considérer que c'est un choix et que contrairement au passé où euh les femmes peut-être on ne leur demandait pas leur avis, maintenant elles décident parce qu'elles l'ont choisi d'avoir moins d'enfants. Oui. En fait, si on essaie d'expliquer historiquement la baisse de la natalité dans le monde entier, les deux moteurs principaux, c'est la prospérité économique et les libertés individuelles, quoi. dans tous les pays à partir du moment où on passe dans une économie développée qui nécessite d'être de s'éduquer, de rester à l'école longtemps où les gens s'investissent dans leur carrière et ils font ils font plus souvent le choix de la carrière que le le choix de la famille et puis effectivement avant les femmes avaient pas beaucoup d'autres options.

Disons que la natalité pendant longtemps reposait sur un besoin économique ou sur une injonction sociale. Les gens avaient besoin de leurs enfants pour s'occuper d'eux où avaient pas le choix. Et aujourd'hui, ça repose sur le désir d'enfant.

Monsieur le sénateur, vous allez avoir du pain sur la planche parce que si je me trompe, en disant que tout notre système social repose sur la génération suivante qui paye les retraites et les soins de santé, si elle est pas là la génération suivante, on fait comment ? Et ben, je vais vous dire, c'est le fond de ma pensée. Si on a eu une natalité plus forte que tous les autres pays pendant très longtemps, c'est parce que notre 5e Cong République a été fondée et constituée sur la solidarité intergénérationnelle.

Le système de retraite étant l'exemple même où l'école gratuite jusqu'à l'université gratuite étant l'exemple même, les actifs font tout ce qu'il faut pour aider les plus faibles. Jusque-là, ça allait mais là on a basculé d'une logique de deux Gaulle et d'autres après. L'investissement, c'est la famille, c'est les enfants parce que c'est eux qui font des actifs.

À aujourd'hui une logique qui moi me je dire m'affolle où on s'inquiète beaucoup plus des retraités de la retraite que d'autre chose. Quand on a dit il y a pas longtemps sur la réforme des retraites, ça sera le sujet essentiel de l'élection présidentielle. C'est là où moi je suis inquiet.

Je dis l'investissement ce sont les enfants, la jeunesse et là vous peut-être que les les familles auront plus envie d'avoir des enfants parce qu'elles seront dans une démarche positive. Voilà la natalité un sujet éminemment politique. Merci beaucoup de nous avoir aidé à comprendre les ressorts de cette dénatalité qui s'est qui a rattrapé la France.

Euh je vais quand même rappeler pour euh les parents et les futurs parents en mal de conseils, n'hésitez pas à consulter le site 1erjours.fr. Et la santé, ça va, c'est terminé.

Émission à retrouver sur la plateforme [musique] publicsena.fr. Et nous, on se retrouve bientôt pour une prochaine émission.

Prévention, solidarité, accès aux soins, innovation. C'était et la santé ça va avec la mutualité française.