Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Interviewfranceinfo — L'invité éco (sur Site radio)· 18 janvier 2024 8 minContradictoireFond programmatiqueÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergieSolidarités & famille

Énergie : "Le renouvelable devient une source de compétitivité significative, il ne faut pas louper ce train-là", affirme la directrice générale d'Engie

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:14OuverteRéponse directe

    Un petit mot tout d'abord, si vous le voulez bien, sur l'actualité française.

  • 0:20FerméeRéponse directe

    Est-ce que ça veut dire que l'énergie désormais, c'est le nucléaire avant tout et que les renouvelables passent au second plan ?

  • 1:56RelanceRéponse directe

    Mais il y a une polémique aussi, Catherine McGregor, parce que le projet de loi sur la souveraineté énergétique qui sera présenté dans les toutes prochaines semaines sera allégé.

  • 3:36OuverteRéponse directe

    Est-ce que ça ne veut pas dire aussi, Catherine Magrégor, qu'il est compliqué d'avoir un débat apaisé sur les renouvelables, que ce soit en France ou ailleurs ?

  • 5:07FerméeRéponse directe

    Et donc vous dites, aujourd'hui, les énergies renouvelables, elles sont compétitives, c'est rentable.

  • 6:22FerméeRéponse directe

    Alors votre métier historique chez ENGIE, Catherine Magrigore, c'est le gaz. Le prix du gaz s'est envolé après l'invasion russe en Ukraine, depuis les fournisseurs dont ENGIE ont diversifié leur approvisionnement, notamment avec le GNL américain. Est-ce que vous pouvez nous assurer que cet hiver, alors qu'on connaît la première vague de froid, on ne va pas manquer de gaz et qu'il sera à un prix raisonnable ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:03InvitéChiffre
    « L'Allemagne, en 2023, son électricité était issue à 52% des renouvelables. »
  • 3:15InvitéChiffre
    « En France, c'est moins de 15%. »
  • 4:16InvitéChiffre
    « L'année dernière, le monde a rajouté 510 gigawatts de renouvelables. »
  • 4:21InvitéChiffre
    « 510 renouvelables, c'est à peu près 3,5, c'est 3,6 exactement la puissance installée de la France. »
  • 4:27InvitéChiffre
    « 60% de ces additions ont été faites en Chine. »
  • 4:30InvitéChiffre
    « La Chine a un objectif aujourd'hui d'être à 1200 gigawatts à l'horizon 2030. »
  • 4:34InvitéChiffre
    « Elle va atteindre cet objectif 6 ans plus tôt. »
  • 5:19InvitéChiffre
    « On a des objectifs 50 gigawatts à 2025, 80 gigawatts à 2030. »

Temps de parole

  • Invité75 %
  • Présentateur24 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistralai/mistral-small-3.2-24b-instruct:floor · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:01
Présentateur

France Info. Bonsoir à toutes et à tous, l'invité éco de France Info, toujours depuis le Forum économique mondial de Davos. J'ai le plaisir d'accueillir ce soir Catherine MacGregor. Bonsoir. Bonsoir. Vous êtes la directrice générale d'ENGIE. Un petit mot tout d'abord, si vous le voulez bien, sur l'actualité française. Depuis la nomination d'un nouveau Premier ministre, Gabriel Attal, la semaine dernière, il n'y a plus de ministre de l'énergie. Le portefeuille ne fait plus partie de la transition écologique. C'est Bruno Le Maire qui récupère le portefeuille de l'énergie à Bercy.

Est-ce que ça veut dire que l'énergie désormais, c'est le nucléaire avant tout et que les renouvelables passent au second plan ?

0:41
Invité

Pas du tout. Parce que d'abord, la France ne peut pas faire sans renouvelables. Je pense que ce qui est vraiment important, c'est que l'énergie soit reconnue comme un enjeu majeur. C'est un enjeu stratégique à plein de dimensions. D'abord parce qu'il faut qu'on décarbone nos moyens de production d'énergie. Se battre contre le réchauffement climatique, d'une part. Deuxièmement, bien sûr, un impact fondamental sur le pouvoir d'achat des Français, des citoyens. Et puis il y a aussi un aspect souveraineté qui est très important. Donc l'énergie est un enjeu stratégique qui me semble être bien reconnu comme tel par le gouvernement, par M.

Bruno Le Maire et puis évidemment par le président de la République. Mais ça ne veut pas dire que c'est désormais la toute puissance du nucléaire ? Moi, la France ne peut pas faire que du nucléaire. Et j'évoquerai peut-être d'ailleurs le discours de Belfort, février 2022, par le président de la République, qui a été à mon avis très fondateur de ce point de vue, puisqu'il a clairement mis sur la trajectoire de la France le nucléaire et les renouvelables. Et d'ailleurs, j'étais avec le président de la République hier et je l'ai encore entendu dire que la France allait, bien sûr, fournir une énergie décarbonée qui serait composée de renouvelables et de nucléaires.

Et je sais que Bruno Le Maire également est en soutien des renouvelables. Donc non, je pense qu'il ne faut pas... Je sais qu'il y a une petite polémique, je l'ai entendu.

1:56
Présentateur

Mais il y a une polémique aussi, Catherine McGregor, parce que le projet de loi sur la souveraineté énergétique qui sera présenté dans les toutes prochaines semaines sera allégé. Bercy a déjà prévenu. Il ne contiendra pas de volet programmatique. En gros, combien d'énergie renouvelable et combien de nucléaire à horizon 2030-2035 ?

2:14
Invité

Ce ne sera pas dans le projet de loi. Alors ce que je comprends, c'est que ce travail programmatique, d'abord, il a déjà été fait dans une certaine mesure avec la loi de planification pluriannuelle de l'énergie. C'est un peu compliqué, mais c'est la PPE qui dessine déjà une trajectoire très ambitieuse sur les renouvelables et bien sûr sur les nucléaires. Donc là, il y a effectivement un travail législatif en cours qui va peut-être potentiellement arriver en plusieurs étapes. Donc ce que je comprends, c'est que la partie programmatique avec des objectifs chiffrés arrivera peut-être plus tard. En tout cas, moi, je fais confiance au gouvernement.

Encore une fois, on ne peut pas faire cette transition énergétique sans les renouvelables aux côtés du nucléaire, sachant que les renouvelables ne vont pas être un complément du nucléaire pour des raisons, bien sûr, de coûts, de calendrier. Et puis parce qu'aujourd'hui, c'est une énergie très, très compétitive. Alors je voudrais peut-être citer d'ailleurs quelques chiffres. L'Allemagne, en 2023, son électricité était issue à 52% des renouvelables. Donc aujourd'hui, ces renouvelables, elles sont absolument significatives dans le mix de certains de nos pays voisins. En France, c'est moins de 15%. En France, ça reste encore un petit peu.

Mais la France a un parc nucléaire qui est bien sûr très, très important et qui nous fait bénéficier de cette énergie décarbonée. Mais on voit bien que les renouvelables, c'est sérieux. C'est très compétitif. Aujourd'hui, c'est plus compétitif. C'est rentable. C'est rentable. Et donc vraiment, le train des renouvelables est en marche et la France ne doit pas le louper.

3:36
Présentateur

Alors est-ce que ça ne veut pas dire aussi, Catherine Magrégor, qu'il est compliqué d'avoir un débat apaisé sur les renouvelables, que ce soit en France ou ailleurs ? D'ailleurs, on voit qu'il y a énormément d'élections qui sont prévues cette année, les élections européennes, une élection majeure aux États-Unis également. Est-ce que vous craignez un retour en arrière, une montée en puissance des climato-sceptiques ?

3:56
Invité

Oui. Alors vous avez raison de rappeler qu'on a toujours besoin du soutien politique. Mais moi, j'ai quand même tendance à penser qu'aujourd'hui, encore une fois, ce train, il est parti. Et là, je suis à Davos et je voudrais partager avec vous et vos auditeurs une réalité que je n'avais pas forcément complètement intégrée, qui est que l'année dernière, le monde a rajouté 510 gigawatts de renouvelables. Donc 510 renouvelables, c'est à peu près 3,5, c'est 3,6 exactement la puissance installée de la France. 60% de ces additions ont été faites en Chine. Et la Chine a un objectif aujourd'hui d'être à 1200 gigawatts à l'horizon 2030. Elle va atteindre cet objectif 6 ans plus tôt.

Et pourquoi je vous dis ça ? Pourquoi la Chine est si allante sur les énergies renouvelables ? C'est bien sûr parce qu'elle veut combattre également le réchauffement climatique, mais aussi parce que ça va être une source de compétitivité significative pour la Chine. Et je pense qu'on devrait intégrer ça quand on réfléchit à ces débats renouvelables, on n'aime pas, on trouve ça moche, l'éolien. Et en fait, ces énergies renouvelables, ça va être une source de compétitivité pour l'Europe. Et si on continue à se poser des questions, est-ce qu'on y va, on n'y va pas, on risque de louper ce train-là. Et ça m'inquièterait beaucoup que ce soit le cas.

5:07
Présentateur

Et donc vous dites, aujourd'hui, les énergies renouvelables, elles sont compétitives, c'est rentable.

5:12
Invité

Le modèle économique d'ENGIE a changé, notamment grâce à cette donnée. Oui, alors nous, on a fait ce pivot maintenant il y a quelques années. Donc on a des objectifs 50 gigawatts à 2025, 80 gigawatts à 2030, avec, c'est vrai, une discipline forte, puisqu'il faut absolument que ce modèle soit rentable. Donc on choisit bien nos projets. Mais oui, il y a un modèle de rentabilité associé au renouvelable, évidemment, c'est très important.

Alors aussi pour être complète, ce qui est important, c'est qu'on parle beaucoup aujourd'hui de renouvelables électriques, ce qui est également très important, c'est de développer le gaz renouvelable, puisque vous savez que chez ENGIE, on a une position assez singulière de dire que c'est bien l'électron et la molécule qui vont faire le système énergétique de demain. Et je rajouterai également les solutions de flexibilité, donc notamment les solutions de stockage par batterie, qui vont être très importantes, bien sûr, pour compléter ces énergies renouvelables qui restent intermittentes.

Et donc c'est vraiment l'ensemble de ces briques sur lesquelles ENGIE est engagée pour construire ce système énergétique de demain. Et puis évidemment, sobriété, efficacité énergétique, et puis tout ce qui est solutions décarbonées pour nos clients, avec le réseau de chaleur, les réseaux de froid, qui vont être également très importants.

6:22
Présentateur

Alors votre métier historique chez ENGIE, Catherine Magrigore, c'est le gaz. Le prix du gaz s'est envolé après l'invasion russe en Ukraine, depuis les fournisseurs dont ENGIE ont diversifié leur approvisionnement, notamment avec le GNL américain. Est-ce que vous pouvez nous assurer que cet hiver, alors qu'on connaît la première vague de froid, on ne va pas manquer de gaz et qu'il sera à un prix raisonnable ?

6:44
Invité

Alors effectivement, le travail qui a été fait par l'ensemble des fournisseurs, et je pense qu'on peut être assez fier en Europe de ce qui s'est passé en très peu de temps, puisqu'on a réussi à substituer quasiment l'ensemble du gaz qui nous venait de Russie, en trouvant d'autres solutions, d'autres fournisseurs. Donc le gaz naturel liquéfié a joué un rôle important, ce qui fait que cet hiver, on était avec des niveaux de stockage absolument records.

Aujourd'hui encore, on a encore des stocks très très hauts, mais malgré la vague de froid, ce qui nous laisse anticiper effectivement la fin de l'hiver de manière relativement prudente, et donc potentiellement pour l'hiver prochain, également une situation qui va rester satisfaisante. Je voudrais aussi souligner les efforts de sobriété, d'efficacité énergétique qui ont été fournis, et qui restent importants, parce que évidemment, les volumes de gaz russe qui ont été retirés du marché, aujourd'hui ne sont plus distribués dans le marché mondial, et par conséquent, la volatilité reste là, et donc il faut rester évidemment très attentif.

7:40
Présentateur

Merci beaucoup Catherine McGregor, directrice générale d'ENGIE, invitée éco de France Info ce soir, depuis le Forum économique mondial de Davos en Suisse. Merci.

7:50
Locuteur

Merci. Merci. Merci. Merci.