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AutreFrance Culture — Affaires étrangères (sur Site radio)· 14 mars 2026 59 minAutoproduitMixte

Détroit d’Ormuz : l’étranglement de l’économie mondiale

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0:08
Présentateur

France Culture, Affaires étrangères, Christine O'Krent.

0:14
Invité

Bonjour à tous. Ce matin encore, l'économie mondiale reste suspendue à deux questions sans réponse. Quand Donald Trump décidera-t-il qu'il a gagné la guerre d'Iran ? Quand le régime de Téhéran, champion de la stratégie asymétrique du faible au fort, devra-t-il rendre gorge ? On sait qu'à la Maison-Blanche, l'homme le plus puissant du monde, qui s'enorguevit de le démontrer chaque jour en déployant une force militaire massive, lui ne lit aucune note, mais il s'intéresse aux chiffres, les cours de bourse et le prix du pétrole.

A la merci du moindre commentaire, plus ou moins confus, venu du bureau ovale, les indices boursiers s'orientent à la baisse et le baril de Brent, l'étalon du marché pétrolier mondial, est reparti à la hausse. La barre des 100 dollars a été franchie à nouveau avant-hier. Le pétrole reste le marqueur clé de l'économie mondiale. Quelles conséquences pour les principaux marchés européens, chinois, mais aussi américains ? Au 15e jour de la guerre déclenchée par Israël et les Etats-Unis contre l'Iran, les bombardements continuent de part et d'autre, mettant à mal le Moyen-Orient tout entier.

Mais l'attention se focalise sur ce chenal long de 185 kilomètres qui relie le golfe Persique à l'océan Indien via le détroit d'Hormuz, un entonnoir où transitent près d'un quart du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié, sans compter le fret d'engrais, de biens industriels et agroalimentaires. Même si la dépendance aux hydrocarbures a fléchi, même si des amortisseurs ont été mis en place en Europe et en Chine en particulier, la géographie impose sa loi. Le régime iranien contrôle le détroit et c'est la puissance de cette arme-là. Pourrait-il aller jusqu'à miner le détroit d'Hormuz, même s'il continue d'autoriser quelques tankers pour vendre son propre pétrole ?

La flotte américaine serait-elle en mesure d'escorter les navires pour fausser le passage ? La nuit dernière, l'aviation américaine a bombardé les installations militaires de l'île de Karg, le hub pétrolier iranien au nord du chenal. Et à l'instant, les Téhérans appellent les habitants des Émirats à s'écarter des ports. La guerre fait en tout cas un gagnant. Vladimir Poutine, les exportations russes gonflent de jour en jour. Washington assouplit les sanctions. L'Union européenne proteste et les maintient. La Chine achetait l'essentiel de son pétrole à l'Iran, jusqu'où son économie et les autres marchés asiatiques sont-ils atteints ?

Donald Trump assure que Führer et Pique, le nom qu'il a choisi de donner à la guerre, n'est qu'une petite excursion qui, de toute façon, rapporte beaucoup d'argent aux États-Unis, premier producteur mondial de pétrole. Les consommateurs américains sont-ils de son avis ? L'Agence internationale de l'énergie vient de procéder à un déblocage record de ses réserves. Est-ce suffisant pour amortir l'impact du prix à la pompe sur le coût de la vie en France et en Europe ? Eh bien, c'est ce que nous allons comprendre ce matin. Grâce à vous, Florence Pisani, vous êtes chef économiste de Candriam et enseignante à l'Université Paris-Dauphine.

Jean-François Huchet, vous êtes économiste et vous présidez l'Institut national des langues et civilisations orientales, l'INALCO. Patrice Geoffron vous a écouté ce matin sur France Info, comme tous les samedis. Vous enseignez l'économie à l'Université Paris-Dauphine et vous dirigez le pôle énergie-climat. Cyril Coutenset, directeur du département recherche du centre d'études stratégiques de la marine. Patrice, je commence avec vous. On comprend que ce goulot, ce détroit, qui fait à peu près 30 km de large, où il y a, je crois, deux voies de passage pour les pétroliers, mais aussi les énormes portes-containers. En fait, l'Iran tient ce détroit.

Et à chaque crise majeure qui secoue cette région, alors, 1973, ça c'était évidemment, on découvre l'arme du pétrole, 1979, la révolution iranienne, 1980-88, la guerre entre l'Irak et l'Iran, et à chaque fois, on est surpris. Et on redécouvre l'importance d'Hormuz. Alors, oui, à force d'être surpris, on devrait avoir quelques repères un peu plus persistants en matière géographique. Et ça vaut notamment pour nous, Européens. Parce que, Christine, ce que vous soulignez là, doit être mis en rapport avec le fait que, pour les Européens de manière générale, et pour les Français singulièrement, on importe 99% de notre pétrole consommé et 96% de notre gaz.

C'est une dépendance qui est extraordinaire. Si on regarde la carte du monde, et évidemment, on va beaucoup parler d'Hormuz, mais enfin, la caractéristique, c'est qu'il y a une forte zone de concentration de production de ces produits qui s'appelle la Russie, avec laquelle on a décidé de ne plus commercer. Il y en a une autre qui est le Moyen-Orient qui est en feu. Il y en a un autre qui est les États-Unis et dont le Président n'est pas forcément le vendeur d'hydrocarbures le plus fiable du monde. Donc, premier élément, et qui me paraît absolument essentiel et qui doit nous déterminer pour la suite. Il faut vraiment qu'on achète plus de pétrole et de gaz.

Je vais le dire de manière un peu abrupte. Et évidemment, tout ça va prendre du temps. Mais si nous, Européens, on doit garder une détermination dans le fait d'aller vers le Green Deal, la décarbonation, c'est à la fois évidemment pour des raisons environnementales et climatiques, mais pour des raisons de sécurité collective. On ne peut pas se permettre de vivre et on l'a vécu trois fois en dix ans des chocs pétroliers. Trois chocs pétroliers. Celui qui nous réunit ce matin, celui de 2022, Petro-Gazier en l'occurrence, et celui de 2018.

Ce qui avait donné lieu à la crise dite des Gilets jaunes, c'est le doublement du prix du baril qui s'était fait en l'espace de deux ans et qui avait conduit à cette crise. L'état de notre société aujourd'hui et notamment l'état de nos finances publiques, il est intimement lié à ces chocs. Et là, Christine, vous l'avez dit en préambule, il y a cette thrombose dans ce détroit. Et même s'il devait être libéré au terme de ce que Donald Trump appelle une excursion, on ne sait pas très bien à quel rythme il sera possible de reprendre les exportations de pétrole, les exportations de gaz. Alors paradoxalement, tout ça vient relativement peu vers l'Europe.

Mais on est dans des marchés qui sont des marchés mondialisés. Donc même si la menace pour nous, ce n'est pas de tomber en panne d'essence, la menace, évidemment, c'est d'avoir à payer des pleins avec un diesel en particulier, durablement au-delà de deux euros. On va subir un choc de prix. Cyril Couton, ce qui est extraordinaire, c'est qu'en fait on sait, je crois que ce sont les Portugais au XVIe siècle qui s'emparent de ce détroit, qui comprennent, c'est la grande époque de l'Empire portugais, ils comprennent l'importance de ce lieu.

Et en fait, il n'y a toujours pas de système de contournement, que ce soit pour les bateaux ou que ce soit pour l'exportation de pétrole, et encore moins, et ça on comprend pourquoi, l'exportation de gaz naturel liquéfié. Donc quand il y a exactement une demi-heure, Téhéran menace maintenant les Émirats de frapper les ports, c'est-à-dire les infrastructures. Et on a appris la nuit dernière que les Américains ont tapé CARG. Alors expliquez-nous CARG par rapport à la géographie du Chenal et son importance.

8:27
Présentateur

Alors CARG, c'est tout au fond, en fait, c'est près du Koweït. Donc il faut déjà s'engager énormément dans Hormuz pour y arriver et c'est le point d'exportation d'hydrocarbures principales pour l'Iran. Mais c'est vrai que la géographie commande. C'est ce qui était évoqué tout d'abord. Ce qui est paradoxal, c'est qu'on tire les leçons de l'expérience puisque quand on regarde les Européens, on ne s'approvisionne plus majoritairement dans cette zone. Justement, on a tiré les leçons de l'expérience des précédents chocs pétroliers. Pour la France, on s'approvisionne maintenant plutôt en hydrocarbures au pétrole Etats-Unis, Gaule de Guinée, Nigeria, Libye, etc.

Donc on a tiré les leçons de l'expérience. Donc on est moins exposé par exemple que les pays d'Asie. Par contre, il y a effectivement un pivot à faire sur la décarbonation de nos économies. La Chine, de ce point de vue-là, est intéressante parce que si elle s'est lancée à marche forcée dans une décarbonation de son économie, c'est pour des raisons climatiques, mais c'est beaucoup pour des raisons géopolitiques, c'est-à-dire de réduire ces vulnérabilités justement qui sont liées à son approvisionnement en hydrocarbures. Et de ce point de vue-là, l'Europe devrait accélérer.

Et puis il y a peut-être un autre élément par contre sur lequel on n'a pas forcément ces nouveaux pour nous, c'est-à-dire que la mondialisation a induit aussi des nouvelles dépendances à cette zone. Jusqu'à présent, donc pendant les crises pétrolières, cette zone était essentiellement une zone de production de pétrole. Aujourd'hui, c'est aussi une zone qui est essentielle pour la pétrochimie mondiale, pour la production d'engrais, pour la production d'aluminium. Et donc, en fait, il y a des effets induits au fait qu'on ne puisse pas aller dans remousse, c'est-à-dire qu'on va avoir des impacts sur la production de plastique, donc sur les produits finis, in fine.

Le fait que les pays d'Asie, on peut se dire, tiens, on n'est pas touchés, nous, Européens, parce qu'on s'approvisionne ailleurs. Mais le fait que les pays d'Asie soient touchés, on en voit les conséquences assez rapidement. Le Bangladesh, par exemple, a des problèmes d'approvisionnement. Le Bangladesh, c'est un des pays qui assure la production textile mondiale. Donc, il y aura des effets pour nous aussi, malgré tout.

10:46
Invité

Alors, ça veut dire concrètement le coût du transport maritime, les primes d'assurance, évidemment, qui ont été multipliées par 10, je crois, et le fait qu'il y a éventuellement pour les cargos une voie de contournement, mais par un autre détroit à Bab el-Manded, donc l'ouverture de la mer Rouge.

Et là, il y a les outils alliés de l'Iran qui ne sont pas encore, on se souvient que sporadiquement, ils ont attaqué des portes conteneurs, mais, bon, pour le moment, les outils se tiennent relativement tranquilles, mais ça veut dire que pour les armateurs, CMA, CGM, par exemple, Randolph Saadé expliquait il y a deux jours que le risque fait évidemment partie du métier, et aussi le coût, parce que, paradoxalement, c'est un moment où le transport maritime gagne beaucoup plus d'argent.

11:42
Présentateur

Et ce qui est assez fascinant, en tout cas, sur les dernières crises qu'on a pu voir entre le Covid, justement, la crise en mer Rouge avec les outils, et puis maintenant, le détroit d'Hormuz, c'est l'adaptation permanente, jusqu'à quand, on verra, mais l'adaptation permanente du transport maritime.

Effectivement, par exemple, en mer Rouge, il y a eu le contournement par le cap de Bonne Espérance, le détroit d'Hormuz, il y a une vraie difficulté, parce qu'il n'y a pas de voie de contournement maritime, mais il y a déjà des stratégies qui ont été mises en place, et vous releviez l'interview de Rodolphe Saadé, un peu plus tôt dans la semaine, et donc, CGM s'est reconfiguré pour faire en sorte que ses clients du Golfe puissent être livrés par Jeddah, et donc, on aura à la fois des portes-conteneurs qui vont passer par le canal de Suez, et puis pouvoir livrer, parce que c'est aussi une des dépendances de cette zone, c'est-à-dire que cette zone, la péninsule arabique, est dépendante du transport maritime pour son approvisionnement alimentaire, pour ses biens manufacturés, et donc, alors, ça a été anticipé parce que ce qu'on a vu, justement, notamment sur l'alimentaire, sur les vraquiers, c'est que ces pays, il y avait eu un trafic de vraquiers qui était le double de la moyenne normale sur les mois de janvier et février.

13:00
Invité

En anticipation ?

13:01
Présentateur

Voilà, ils avaient fait des stocks, en tout cas, notamment dans le domaine alimentaire. Ils avaient anticipé une potentielle crise, en tout cas. Donc, il n'y a pas d'urgence absolue, mais ça ne peut pas durer indéfiniment, en tout cas. Parce que cette zone, juste pour donner une idée à nos auditeurs, elle importe 85% de ses besoins alimentaires. Donc, c'est important.

13:23
Invité

et on imagine ce matin la panique des populations dans les Émirats et les monarchies émiraties, évidemment, interdisent la diffusion de vidéos qui expliquent, en fait, à la fois l'inquiétude et les attaques iraniennes. Florence Pizani, ce que l'on comprend aussi, c'est l'effet de domino. C'est-à-dire, le pétrole est peut-être moins important qu'il ne pouvait l'être au fil des crises évoquées tout à l'heure par Patrice Lefron. Néanmoins, ça reste le critère, ça reste le marqueur, en fait. Et puis, tous ces pays, depuis l'Iran, l'Irak, le Koweït, les Émirats, l'Arabie Saoudite et, évidemment, le Qatar, tous ces pays, par ricochet, en quelque sorte, sont frappés.

Alors, le pétrole, c'est un élément important pour toutes nos économies. Vous l'avez dit tout à l'heure, c'est 20% la région de la production mondiale qui arrive de ces régions-là. Donc, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, un, les économies vont être touchées d'abord en fonction de leur mix énergétique. Certaines dépendent directement de leurs importations de gaz, de pétrole de ces régions-là. Juste pour vous donner un exemple, si vous prenez l'Inde, elle importe 90% de son pétrole. Il y en a 60% qui vient directement de Hormuz, qui passe par Hormuz. Pour son gaz naturel, elle importe 50% du gaz liquéfié. 60% vient toujours d'Hormuz.

Donc, il y a des pays qui vont être touchés directement dans leur route d'approvisionnement. Et ceux-là, ils ont un problème qui est un problème physique. C'est comment on remplace ce pétrole et ce gaz à court terme. Il ne suffit pas de payer le prix. si on a 16 millions de barils par jour qui manquent dans l'économie mondiale durablement, on aura un problème de pénurie mondiale. Mais on a un premier choc direct sur ces pays-là qui est un problème d'approvisionnement. La Corée a déjà arrêté des industries de pétrochimie parce qu'il y a des problèmes de raffinerie et d'approvisionnement. Deuxième élément pour l'économie mondiale, le problème qui va y avoir c'est la durée du choc.

Si le choc est temporaire, on a une capacité à absorber des chocs, les prix vont monter, l'économie va ralentir, mais si le choc est temporaire, ce n'est pas dramatique. Il faut rappeler que l'économie mondiale progressait à 3% avant la guerre en Iran et que tout ça c'est relativement absorbable si on a un choc qui dure quelques semaines, quelques mois. Au-delà, c'est beaucoup plus compliqué parce qu'au-delà vous ne remplacez pas 16 millions de barils par jour et pour l'économie mondiale on va avoir des chocs à ce moment-là qui vont être beaucoup plus marqués. Il va falloir baisser la demande. La demande va devoir baisser pour s'ajuster à l'offre qui est réduite.

Mais justement ces capacités d'ajustement, d'amortissement en quelque sorte, on en a créé. On en a créé notamment en 1973-74 avec la création de l'Agence internationale de l'énergie qui regroupe je crois 32 pays qui siègent au sein de l'OCDE à Paris et la semaine dernière l'AIE a annoncé le déblocage je crois que c'est la première fois à cette hauteur en tout cas de 400 millions de barils. Donc ça veut dire qu'il y a quand même des mécanismes de réaction rapide. Complètement. On a tiré les leçons de 1973 on a mis en place des stocks qui sont en partie des stocks stratégiques auxquels s'ajoutent des stocks commerciaux. Donc ça c'est un élément important.

La Chine qui n'est pas dans l'IEA a tiré aussi des leçons elle a mis en place des stocks elle a alors on ne sait pas très bien combien elle en a mais il se dit qu'elle a 1,2 milliard de barils c'est à dire à peu près 100 jours d'importation elle a peut-être un peu plus elle a peut-être 150 jours d'importation donc tout le monde enfin beaucoup de pays ont effectivement des amortisseurs et c'est des amortisseurs temporaires c'est à dire que plus on va d'abord plus on va utiliser ces stocks plus les marchés vont s'inquiéter d'une pénurie durable plus les prix vont monter donc il faut bien comprendre que ces stocks ils servent en cas de pénurie mais c'est peu probable qu'ils amortissent le choc sur les prix parce que plus le conflit va durer plus les marchés vont anticiper que ces stocks ne sont pas là à l'infini c'est un amortisseur temporaire et plus l'effet de prix va jouer sur nos économies et quand vous regardez aujourd'hui les Etats-Unis ils ont beau être neutres en termes ils exportent autant à peu près de pétrole qu'ils en importent oui c'est quand même le premier producteur mondial quand vous regardez le prix à la pompe est passé de 2,75 dollars par gallon à 3,75 donc pour le consommateur américain l'effet il est visible et il est visible immédiatement et c'est pas compensé par le fait que les producteurs vont s'enrichir et vont vendre leur pétrole plus cher oui c'est pas tout à fait le même public c'est pas tout à fait le même public et en matière de soutien et de choc sur l'économie le choc pour les consommateurs ils le voient immédiatement quand ils remplissent leur voiture leur plein d'essence quand ils font leur plein d'essence le fait que les entreprises pétrolières ou gazières fassent des profits c'est pas redistribué dans l'économie donc le choc global pour l'économie même américaine il est négatif Jean-François Huchet la Chine donc la deuxième économie mondiale la Chine représentait jusqu'au mois dernier je crois 80% des exportations iraniennes de pétrole donc c'est le premier client de l'Iran et néanmoins selon leur habitude les dirigeants chinois sont restés relativement discrets dans leur réaction publique et ils n'ont pas envoyé de flotte dans la région pour sécuriser Hormuz par exemple donc comment expliquer ce décalage entre un intérêt névralgique massif pour l'économie chinoise et la relative discrétion du régime chinois

19:46
Locuteur non identifié

je crois qu'il y a plusieurs raisons derrière cela d'abord on mesure que projeter une force militaire massive qui pourrait à un certain moment donné peser face aux américains aux israéliens ça demanderait d'avoir des forces que les chinois n'ont pas pour l'instant

20:05
Invité

qu'ils construisent

20:07
Locuteur non identifié

l'abri d'Amatu même s'ils investissent beaucoup en fait leur zone de domination militaire même s'ils ont une base à Djibouti reste quand même essentiellement centrée sur l'Asie on le sait ils sont quand même très focalisés aussi sur Taïwan où ils mobilisent quand même beaucoup de forces le détroit de Malacca est très certainement aussi une de leurs priorités

20:32
Invité

donc le détroit de Malacca c'est Singapour Malaisie

20:36
Locuteur non identifié

Indonésie Malaisie et on sait que pour la Chine c'est un détroit extrêmement important donc il y a déjà ce premier élément il y a aussi là quand on regarde un peu le grand jeu mondial il y a aussi la relation entre les Etats-Unis et la Chine et on le sait il y a un voyage important qui se prépare de Donald Trump pour rencontrer Xi Jinping en Chine bientôt cette relation elle a besoin alors on ne sait pas si elle peut être réparée mais en tout cas d'être stabilisée et je pense que les deux les deux pays ont intérêt et ça date maintenant depuis la fin de l'ère Obama à essayer en tous les cas d'ouvrir des canaux de discussion de temporiser et peut-être de se remettre sur un certain nombre de dossiers assez difficiles à résoudre quand même à discuter

21:33
Invité

il y a d'ailleurs une rencontre demain à Paris bizarrement apparemment la France n'y est pas pour grand chose mais c'est probablement géographiquement le meilleur endroit et le plus beau ça c'est sûr donc Scott Bessend le ministre américain des finances et le vice-premier ministre chinois doivent se rencontrer donc demain et après demain alors est-ce pour préparer effectivement le sommet Trump Xi Jinping est-ce aussi pour prendre en compte l'impact de la guerre d'Iran parce qu'encore une fois Florence il faisait ta allusion on ne sait pas exactement les chiffres encore une fois des réserves chinoises mais le régime a anticipé et diversifié ces approvisionnements au fil des années

22:24
Locuteur non identifié

oui tout à fait alors il faut voir d'où vient la Chine la Chine était essentiellement avait un mix énergétique qui était quand même essentiellement jusqu'à ces dernières années fondé sur le charbon il faut rappeler que c'est quand même les 3ème réserves de charbon au monde donc à moyen terme et les Chinois peuvent aller très très vite sur cette question ils pourraient à un certain moment donné décider même si ça va à l'encontre des engagements qu'ils ont pu prendre pour eux-mêmes d'ailleurs vous l'avez dit sur les questions environnementales de modifier ou de ralentir la fin du charbon même si elle est encore très loin puisqu'on continue de brûler 4 milliards de tonnes de charbon en Chine et c'est l'équivalent de ce qui est brûlé dans le reste du monde donc il faut aussi mesurer à l'échelle de la Chine ce que ça représente mais c'est une adaptation à moyen terme pas à court terme et c'est vrai que autant si on avait uniquement le pétrole iranien la Chine pouvait à un certain moment donné se débrouiller avec d'autres fournisseurs peut-être à court terme si on parle du détroit de Hormuz là c'est autre chose et c'est vrai que pour la Chine les répercussions puisqu'on parle de 50% de son pétrole qui en plus sont concentrés dans un certain nombre de secteurs de son économie il va y avoir un choc ça c'est sûr aussi côté chinois alors peut-être la différence avec les Etats-Unis c'est qu'on a une économie qui est quand même dominée par le secteur public on le sait le gouvernement chinois peut à un certain moment donné même si leurs marges fiscales sont plus réduites qu'il y a quelques années décider d'amortir pour le consommateur chinois et puis par ailleurs il y a une déflation en Chine et donc on n'est pas du tout dans la même situation économique qu'aux Etats-Unis donc il faut voilà relativiser peut-être un petit peu ce choc pour la Chine ceci étant dit si ça durait je pense que la Chine serait touchée aussi au-delà même puisque vous avez parlé de la déstructuration des chaînes de valeur ajoutée on sait très bien aujourd'hui que sur les circuits intégrés il y a une partie des plastiques des choses comme ça qui arrivent et qui pourraient aussi nous causer les mêmes délais qu'on a connus pendant la crise de la Covid donc il y a des effets qui vont bien au-delà de l'énergie la seule chose c'est vrai c'est qu'on a une Chine qui a une stratégie toujours je dirais militaire en fait même quand il s'agit de l'économie civile de limiter en fait ses points de faiblesse vis-à-vis de l'extérieur et donc on a très certainement aussi dans cette histoire une volonté peut-être d'accélérer encore vous voyez la diversification du mix énergétique le fait que les économies pardon les énergies vertes puissent prendre encore plus de place dans l'économie

25:08
Invité

et de tirer profit de l'affaiblissement relatif de certains secteurs de l'économie américaine notamment les semi-conducteurs et aussi jusqu'à un certain point Patrice Jolfron des économies européennes des économies et la France est dans ce cas qui sont particulièrement fragilisées en ce qui concerne le gaz parce que le gaz là depuis qu'on a arrêté évidemment d'importer du gaz russe enfin je crois qu'on en importe encore un peu liquéfié liquéfié mais donc nous sommes dépendants maintenant du gaz liquéfié évidemment Qataris qui est pratiquement à l'arrêt et américain alors surtout américain si l'année 2026 avait dû se dérouler sans cette excursion il était prévu qu'en Europe deux tiers du gaz naturel liquéfié proviennent des Etats-Unis et sachant que le bannissement du gaz russe devait être achevé en fin d'année la dépendance avec le Qatar est assez limitée mais de fait dès lors qu'on est sur un marché mondial sur lequel il y a des interdépendances à nouveau la préoccupation pour ce qui nous concerne est plutôt celle du prix que la perspective avec laquelle on avait quand même frôlé en 2022 de plus avoir de gaz et à partir de là d'avoir un effondrement de la base industrielle allemande et italienne plus marginalement sans doute nous-mêmes c'est ce à côté de quoi on était passé alors ce qui permet quand même de mesurer la différence avec 2022 c'est que à date en tout cas le prix du gaz ne s'est pas envolé il était monté jusqu'à 300 dollars et plus à certains moments en 2022 ça n'est pas le cas pour l'heure on reste quelque part aux alentours de 50 donc c'est une augmentation assez sensible par rapport à ce qu'était la base auparavant c'est à dire 30 donc il y a une augmentation évidemment une sensibilité mais de fait on est très en deçà de ce qu'on avait pu observer en 2022 mais le plus difficile peut-être est à venir pour deux raisons la première c'est qu'au moment on se parle on devrait être en train de recharger les stocks de gaz européens de telle manière à affronter l'hiver prochain il y a une consommation on peut tout à fait le comprendre qui est assez largement saisonnière en tout cas pour les usages domestiques pour l'industrie c'est un peu différent et donc on devrait préparer l'hiver évidemment il y a plutôt dans ce contexte une situation d'attente en espérant pouvoir voilà acheter à meilleur prix après la fin du conflit mais on est ramené à la question de départ qui est sur la nature de ce conflit et sa durée en tout cas la question que vous soulevez est importante évidemment on a des réminiscences de ce qu'étaient les chocs pétroliers des années 70 mais de fait là on est dans une économie globalisée qui est plus complexe et dans laquelle sur le plan énergétique on a à minima un choc pétro-gazier et puis par ailleurs ce détroit c'est quand même ce qu'ils ont réuni ce matin il est bouché à la sortie à l'entrée c'est un problème également de notre côté pour l'exportation vers cette zone de produits extrêmement précieux et valorisés c'est à dire précieux au sens où il y a des exportations alimentaires très massives donc c'est précieux en mode de gestion de crise et puis ça va évidemment jusqu'au cosmétique on peut considérer que là il y a probablement moins d'urgence ce qui est également assez préoccupant si on regarde la zone c'est qu'il y a également une guerre de l'eau qui est en train de se mettre en place et à nouveau dans une stratégie de comment dire du faible au fort le fait de ne pas s'attaquer directement ou pas uniquement aux forces militaires américaines ou israéliennes mais par ailleurs d'aller taper les pays de la zone y compris sur des infrastructures aussi sensibles que la question de l'eau évidemment pas besoin une usine de désanilisation à Bahreïn voilà il y en a plusieurs pour ce qu'on peut en savoir 4 ou 5 dans l'état actuel les choses alors avec un degré d'endommagement et là c'est vital évidemment c'est tout à fait vital et là de fait il peut y avoir derrière tout cela des dégâts humains très difficiles à apprécier pour l'heure ça rappelle d'ailleurs ce qui peut se passer dans le même temps en Ukraine où là il s'agit plutôt de cibler les infrastructures énergétiques de telle manière à affecter directement les populations donc tout ça évidemment est préoccupant dans l'optique d'un conflit qui pourrait se prolonger donc on est ramené à la grande question qui est de savoir est-ce qu'on est dans une guerre de mars ce qui était plutôt la perspective au tout début du conflit évidemment la stratégie américaine ne permet pas de donner de la lisibilité de la crédibilité plutôt enfin non pas la stratégie américaine le discours de Donald Trump oui les discours parce que les discours donc un discours pour le moins sinueux et j'en veux pour preuve que vous l'évoquiez en questionnant Florence il y a quelques minutes 400 millions de barils ont été mis sur la table si je puis dire en milieu de semaine et bien le lendemain de cette annonce le prix a monté de 10 dollars voilà donc ça n'a eu aucun effet en tout cas à date donc les 400 millions c'était l'agence de l'énergie l'agence internationale de l'énergie qui est voisine de la maison de la radio donc cette annonce a été faite et puis par ailleurs il n'y a aucun lien de cause à effet je rassure nos auditeurs si c'était l'intérêt vous l'aviez dit Christine que Paris étant la ville la plus belle du monde et bien l'OCDE y est localisé mais de fait de fait cette question de l'incertitude sur la durée est la question essentielle et même dans l'hypothèse d'une guerre très courte les enchères sont en train de monter vous l'avez dit en tout début d'émission les iraniens menacent de frapper les infrastructures portuaires et donc les infrastructures qui vont permettre ensuite d'extraire ou pas le pétrole et le gaz et ça ça pourrait créer un effet de traîne voilà d'où l'intérêt des iraniens de faire monter les enchères en ce sens Cyril Coutenset on en revient donc encore et toujours à ce détroit d'Hormuz à deux ou trois reprises mais de façon assez confuse Donald Trump a dit ah mais on va escorter les bateaux de façon à ce qu'ils puissent forcer en quelque sorte le blocus du détroit et puis il y a des démentis et le chef d'état-major américain qui a quand même un discours plus précis que celui de son président dit oh là là Hormuz c'est un environnement complexe à sécuriser est-ce qu'on peut imaginer encore une fois de la part des américains qui sont massivement présents sur place et qui envoient encore deux navires supplémentaires avec un bataillon de marines qui sont en train de naviguer depuis le Japon pour rejoindre le golfe Persique est-ce qu'on peut imaginer de forcer en quelque sorte le blocus d'Hormuz militairement

32:13
Présentateur

en fait aujourd'hui effectivement la situation je trouve que ça a été assez clairement dit par le président de la république le nôtre pour le coup la situation est trop brûlante et trop chaude c'est-à-dire qu'on ne va pas tenter aujourd'hui d'escorter des navires de toute façon les armateurs à mon sens n'iraient pas il y a trop de risques de toute façon pour leurs équipages ou quoi que ce soit il faut attendre que l'intensité du conflit diminue en réalité mais ce qui est intéressant je trouve dans cette période et depuis le déclenchement du conflit c'est que Joyon il faisait allusion c'est aujourd'hui on est dans une une confrontation qui jusqu'à présent a été relativement maîtrisée c'est-à-dire qu'on n'a pas touché de manière d'une manière qui pourrait être durable le détroit d'Hormuz c'est-à-dire qu'il n'y a pas de mines les infrastructures il y a des menaces

33:07
Invité

cette menace demeure

33:08
Présentateur

parce que les mines ça veut dire que pour le coup on a plusieurs semaines plusieurs mois pour déminer le détroit et on voit que les belligéens pour l'instant sont dans quelque chose de relativement contrôlé c'est-à-dire que le détroit en fait n'est pas bloqué en quelque sorte les iraniens menacent de taper n'importe et ils laissent passer quelques bateaux et la France

33:28
Invité

et l'Italie pardon je vous interromps mais la France et l'Italie seraient en train de négocier avec Téhéran pour que certains bateaux sous leur pavillon puissent passer

33:41
Présentateur

il y a des négociations en tout cas de pas mal de pays la Chine discute aussi avec l'Iran pour essayer de c'est un peu tout azimut mais donc on n'est pas dans une situation de blocage de fermeture du détroit simplement aujourd'hui il y a des menaces et donc les armateurs n'y passent pas ce qu'il faut suivre plutôt en tout cas dans les jours à venir c'est de voir effectivement si les infrastructures pouvaient être touchées les ports parce que là on aurait comme ça a été dit un effet de traîne qui pourrait être très très long sur l'économie aujourd'hui si le conflit devait se terminer demain on n'aurait pas d'effet majeur sur l'économie parce que les navires pourraient en tout cas reprendre assez rapidement leur transit et la situation reprendrait entre guillemets un peu comme avant

34:28
Invité

Jean-François Huchet pour la Chine mais aussi pour le Japon pour la Corée du Sud enfin pour toutes ces économies émergentes je ne parle pas de la Chine qui a déjà émergé maintenant mais pour toutes ces économies là la dépendance encore une fois la dépendance énergétique est beaucoup plus décisive que pour les Européens et il y a aussi leur relation avec les Émirats dont il ne faut pas oublier la formidable montée en puissance en ce qui concerne les investissements technologiques en particulier donc il y a ce maillage qui va au-delà de l'énergie et qui concerne donc la zone la plus vibrante de l'économie mondiale c'est pas nous c'est véritablement l'Asie du Sud-Est

35:22
Locuteur non identifié

oui tout à fait on a évoqué le cas de la Chine tout à l'heure mais on aurait pu évoquer et vous le faites Christine le cas du Japon qui est extrêmement dépendant Taïwan qui importe 90% de son énergie et on le voit d'ailleurs en Inde vous avez cité l'Inde tout à l'heure mais on sait qu'il y a déjà visiblement des pénuries de kérosène qui est utilisée pour la cuisine de tous les jours en Inde et ça risque peut-être de commencer à poser des problèmes énormes pour la population indienne et puis en sens inverse on sait très bien que toute la péninsule arabe est un hub aujourd'hui très important pour les investissements de tous ces pays pour la Chine bon c'est à peu près à peu près 8% de ses exportations ça reste relativement limité mais c'est en forte progression chaque année c'est de l'ordre de 20% de croissance du commerce et des investissements et on sait que par exemple la Chine le Japon sont des fournisseurs très importants de la modernisation industrielle ou de la diversification aussi des activités économiques de tous les Émirats donc c'est aussi un marché très important et ça va aussi impacter toutes les économies d'Asie d'Asie enfin de toute l'Asie d'ailleurs et puis par ailleurs bon il faudrait peut-être qu'on reparle aussi de tous les points de vulnérabilité des chaînes de valeur ajoutée où on a évoqué les semi-conducteurs tout à l'heure mais on en a d'autres et il est évident qu'il y a des points de passage aussi qui passent sur le commerce des marchandises et si jamais aussi le canal de Suez venait à être inquiété par les outils comme vous l'avez dit tout à l'heure on serait très certainement aussi sur une d'obstacles de retard et véritablement des problèmes majeurs sur les chaînes de valeur ajoutée qui nous toucheraient par répercussion on l'a évoqué tout à l'heure très rapidement

37:28
Invité

Florence Pizani comme toujours dans ce genre de circonstances vous qui avez une vue disons spectrale de l'économie mondiale il y a des gagnants dans tout ça et d'abord Vladimir Poutine puisque le pétrole russe évidemment retrouve un marché mondial pas européen les européens continuent de maintenir les sanctions mais les américains ont décidé d'assouplir comme ils ont c'est le terme officiel en tout cas leurs propres sanctions ah oui parce qu'en fait on cherche à remplacer une partie du pétrole qui nous manque et donc d'assouplir les sanctions ça permet de gagner du temps en tout cas sur les tensions sur les prix du pétrole et ceux qui ont encore des capacités parce que les capacités en fait excédentaires elles étaient très largement situées en Arabie Saoudite c'est eux qui avaient la capacité de produire 4 millions de barils par jour en plus ces capacités elles sont à l'arrêt aujourd'hui il y a néanmoins un pipeline qui traverse enfin horizontalement si j'ose dire la péninsule arabique mais ça ça ne suffit pas parce qu'en plus ce pipeline il est déjà pleinement employé donc ça ne permet pas de dégager plus d'exporter plus de pétrole aujourd'hui pour l'Arabie Saoudite donc on a des capacités inemployées mais qui ne peuvent pas nous servir et donc on cherche des sources effectivement de pétrole pour éviter un manque physique sur le marché mais l'Union Européenne évidemment à cause de l'Ukraine et le président Zelensky était à Paris hier l'Union Européenne maintient les sanctions sur le pétrole russe l'Union Européenne mais la Chine va aller s'approvisionner on sait très bien que la Chine en a besoin l'Inde aussi et donc s'il n'y a pas de sanctions américaines ou si elles disparaissent sur le pétrole russe d'autres pays vont s'approvisionner donc ça libère quand même un peu de capacité ça permet de gagner un peu de temps donc on cherche en fait des marges pour essayer de gagner un peu de temps soit parce qu'on va libérer un peu des stocks quand on parlait des 400 millions des 400 millions de barils de l'IUA il faut faire attention effectivement ils ont mis sur le marché 400 millions mais il y a un problème là aussi de tuyaux c'est à dire qu'on ne peut pas mettre sur le marché d'un coup 400 millions donc on va mettre quelques millions de barils par jour en plus ça prend du temps progressivement ça va être assez progressif et vraiment des problèmes de tuyauterie et donc c'est aussi pour ça que le prix du baril il n'a pas réagi immédiatement mais ça doit permettre d'éviter des pénuries physiques et de tenir encore un peu en espérant que derrière les choses se normalisent à part la Russie il y a d'autres producteurs africains notamment ou malais qui peuvent bénéficier de cette il y en a d'autres il y a aussi du pétrole au Venezuela mais on sait très bien qu'il y a des problèmes aussi d'infrastructure c'est à dire que la possibilité de mettre beaucoup plus sur le marché que ce qu'il y a actuellement produit est assez limité et ce qui manque aujourd'hui il y a un million de barils qui passent encore par le détroit d'Hormuz chaque jour mais il en manque 19 alors il y en a un peu qui passent par des pipelines il y en a sans doute 3 qui arrivent justement par l'Arabie Saoudite à être détournés du détroit d'Hormuz mais enfin au total il manque une quinzaine de millions de barils par jour et donc ça ça frappe vous le disiez tout à l'heure le consommateur américain je crois que le prix à la pompe a déjà augmenté de 20% en 15 jours et l'ironie c'est évidemment que du coup Donald Trump qui a poursuivi sa vindicte le président de la banque centrale américaine ne va pas pouvoir baisser les taux d'intérêt donc là on en vient à une autre dimension de cette crise économique qui s'accélère mondialement c'est au niveau de la marge de la politique budgétaire de la politique monétaire et là pour en revenir à la situation qui est la nôtre on n'est pas bien placé elle est beaucoup plus compliquée c'est à dire que ça met ce type de choc ça met les banques centrales dans des positions au mieux d'attentisme en espérant que le choc soit de courte durée mais ils ne peuvent pas baisser les taux on est dans une situation aux Etats-Unis où l'inflation était déjà assez élevée on était autour de 3% sur l'inflation sous-jacente et quand vous regardez aux Etats-Unis il y a en plus il faut rappeler qu'il y avait une guerre commerciale dans laquelle les prix des produits importés et des biens achetés par les américains avaient plutôt tendance à monter et à mettre une pression en raison des droits de douane qui ont été imposés par Donald Trump donc aux Etats-Unis la banque centrale a très peu de marge elle va au mieux rien faire et si le choc perdurait se poserait la question de savoir si elle ne doit pas monter les taux et éviter les erreurs des années 70 il faut rappeler que dans les chocs pétroliers des années 70 l'inflation avait été durablement élevée les anticipations d'inflation sont montées et pour regagner le contrôle de l'inflation il a fallu une politique monétaire extrêmement dure au début des années 80 par Paul Folker qui a provoqué une récession assez profonde assez marquée d'économie américaine et chez nous ?

alors chez nous aujourd'hui le discours des banquiers centraux ils sont très prudents ils disent tous il ne faut pas reproduire les erreurs de 2022 je pense qu'on est dans des situations très différentes on l'a rappelé tout à l'heure 2022 c'était le choc de l'invasion russe c'était le choc de l'invasion russe et les prix du gaz naturel avaient atteint 350 euros par mégawatt-heure on est aujourd'hui à 50 donc on n'est pas du tout dans la même situation et je crois qu'aujourd'hui il faut garder la tête froide et espérer que le choc soit pas trop long et surtout il est urgent de ne rien faire et de surtout pas commencer à durcir les conditions financières et d'ajouter un durcissement des conditions financières à un choc qui est un choc sur le pouvoir d'achat pour les ménages qui va déjà freiner nos économies mais évidemment c'est au niveau des consommateurs encore une fois que pour les les gouvernements quels qu'ils soient d'ailleurs la pression la pression est la plus forte Patrice Geoffron il y a cette autre dimension d'ailleurs Florence y faisait allusion à l'instant c'est que la question des droits de douane on est toujours en pleine incertitude depuis que la cour suprême aux Etats-Unis a déclaré avec en prenant son temps mais a déclaré que les mesures de l'administration Trump étaient illégales alors aussitôt Donald Trump a dit dans ce cas là ce sera 10% non 15% non 10% de droits de douane et on ne sait toujours pas très bien où on en est donc il y a aussi cette espèce de brouillard qui pèse sur les échanges commerciaux mondiaux oui je pense qu'on a à ma connaissance une situation inédite de double incertitude ou de deux brouillards mélangés à la fois des incertitudes sur les infrastructures physiques le détroit d'Hormuz la mer rouge éventuellement le canal de Suez voilà avec une indétermination également sur la durée de ces menaces ou de ces perturbations et puis dans le même temps Donald Trump n'a pas mis en pause sa volonté d'avoir le dernier mot sur les droits de douane parce qu'il essaie par d'autres moyens et y compris ces jours derniers de les remettre sur la table et voilà alors on ne va pas perdre énormément de temps à essayer de savoir d'imaginer où tout ça va finir parce que de fait ça maraude ça c'est tout à fait clair on est quelques économistes autour de cette table on trouve ça j'imagine absolument invraisemblable mais de fait ça vient s'ajouter voilà il y a un brouillard qui est également lié à la nature des règles qui vont peser sur le le commerce international si on reste aux Etats-Unis moi il me semble que néanmoins et malgré toute cette agitation et malgré ces redomontades il y a un maillon faible dans toute cette affaire qui s'appelle Donald Trump parce que de fait sur des marchés mondiaux y compris le plus grand producteur du monde n'est pas immunisé du choc en cours et le prix à la pompe vous l'avez dit Christine il a augmenté aussi sensiblement que c'est de part et d'autre de l'Atlantique et il me semble que c'est le moment où y compris sa base Maga qui soutient assez moyennement cette aventure militaire et bien sera fondée à lui rappeler que sa promesse initialement était de diviser par deux les prix énergétiques il avait annoncé que Biden qui était le pire président de l'histoire avait même été incapable de faire baisser le prix des oeufs etc etc et que lui allait changer tout ça en un an et que les prix énergétiques allaient être divisés par deux rien ne s'est opéré qui aille dans ce sens en 2025 le prix du gaz il a monté notamment parce que les américains exportent du gaz vers nous le prix de l'électricité il a monté parce que le prix du gaz a monté mais également sous la pression de l'IA et des GAFAM et puis le prix à la pompe il avait été écorné très peu de 7% alors qu'il devait passer de 3$ à 2$ avait-il le galon avait-il annoncé évidemment la direction dans laquelle ça va c'est de remonter plutôt aux alentours de 4$ et donc tout ça conduit plutôt me semble-t-il à une guerre courte en tout cas Donald Trump n'a pas les moyens il a les moyens militaires à n'en pas douter mais en tout cas il n'a pas les moyens domestiques d'une guerre d'une guerre londe et tel qu'on peut comprendre les menaces actuelles et le poker menteur et ce qu'ont dit les responsables iraniens ces jours derniers en disant on va créer des dégâts irréversibles et qui accrocheront le prix à 200$ durablement etc enfin c'est un peu leur bombe atomique le minage durable de détroit d'Hormuz c'est leur bombe atomique en réalité et bien ça crée ce type de tension il me semble que la question qui se pose c'est est-ce que Donald Trump a la main pour dire la guerre est finie j'ai gagné la guerre il peut toujours le dire il l'a dit d'ailleurs après le bombardement de Kharg donc le hub pétrolier il a dit ça y est on a gagné la guerre et d'ailleurs les iraniens veulent négocier mais je ne vais pas accepter leurs conditions là-dessus le régime de Téhéran repart à l'attaque voilà et donc et les iraniens et peut-être leurs alliés plus ou moins présents dans ce conflit les russes les chinois n'ont peut-être pas un intérêt à ce que les Etats-Unis s'en sortent à aussi peu de frais c'est un des termes me semble-t-il de ce qui va se produire dans les temps à venir peut-être juste un tout dernier mot concernant la France on en a un peu parlé voilà qu'est-ce qu'on est fondé à faire nous européens c'est pas très bien ce qu'on doit faire en tout cas on sait à peu près ce qu'on doit pas faire ce qu'on doit pas faire c'est ce qu'on avait sous la pression de l'urgence fait en 2022 par exemple à la pompe à ce moment-là il y avait une ristourne uniforme de 30 centimes qui avait coûté 8 milliards 8 milliards d'euros alors ça tombe bien ces 8 milliards on les a pas juste un élément oui mais parfois on ne les a pas et on les dépense quand même alors là je pense qu'on arrive à un moment où on les mobilisera en tout cas le point essentiel c'est le retour d'expérience comme disent les militaires de la crise de 2022 avec ces 8 milliards on aurait pu donner une super prime de 8 000 euros à un million de ménages un super bonus pour acheter un million de véhicules électriques ou pour acheter un million de pompes à chaleur on l'a pas fait ne perdons pas de vue il va sans doute falloir procéder différemment il nous reste quelques minutes non pas enfin non pas pour essayer de de tracer une conclusion à cette à cette discussion néanmoins un dernier tour de table pour la première fois dans un entourage à la maison blanche qui est à l'entière dévotion de Donald Trump un de ses proches conseillers hier a osé dire qu'il était temps d'arrêter cette guerre et il s'agit de David Sachs qui est lui-même un venture capitaliste un investisseur et qui est le conseiller de Trump en ce qui concerne l'intelligence artificielle Florence Pisani est-ce que cela veut dire donc lui il ose sortir du bois en disant à Donald Trump bon maintenant ça y est il faut dire que vous avez gagné donc il y a déjà cette notion qu'il suffit que Donald Trump verbalise en quelque sorte une réalité qui sur le terrain n'est pas celle-là est-ce que vous pensez que du côté des responsables des grandes économies mondiales il peut y avoir une pression sur la maison blanche sinon sur Benjamin Netanyahou à Jérusalem qui annonce ce matin que la guerre contre l'Iran entre dans sa phase décisive est-ce qu'il peut y avoir une pression justement pour accélérer la fin de ce conflit je crois qu'il va y avoir une pression en partie du côté vous l'avez rappelé des gens qui sont dans le business entre guillemets aux Etats-Unis il faut bien voir que depuis plusieurs jours Donald Trump essaie de rassurer en disant tout ça c'est très temporaire pour éviter que les prix du baril ne montent très au-delà de 100 dollars donc ne montent encore beaucoup plus parce que si c'était le cas il y a un deuxième choc qui va se produire aux Etats-Unis c'est que les bourses mondiales vont être fragilisées et les effets de richesses aux Etats-Unis aujourd'hui quand vous regardez le consommateur américain et en particulier les consommateurs à bas revenus sont très touchés par la politique de Donald Trump les prix des biens sont en raison du commerce le prix à l'essence le prix à la pompe est en train de monter il y a des transferts qui se sont arrêtés vers les bas revenus et l'américain moyen est en train d'être touché par ce qui se passe or la consommation avait déjà faibli on est sur un rythme de 1,5% de croissance de la consommation on était sur 2,5% avant l'arrivée de Donald Trump et donc si on ajoute à ça un choc boursier qui là va toucher les hauts revenus qui vont se mettre à épargner encore un peu plus le risque pour l'économie américaine il est évident c'est un choc de confiance une baisse de la consommation et une récession et donc plus le conflit va être long plus ce risque de récession à l'horizon va être important d'où la pression effectivement pour arriver à un retrait au moins américain assez rapide la question c'est s'il y a un retrait américain est-ce que les choses se normalisent rapidement dans la région ou pas et ça ça reste une deuxième interrogation pour l'économie mondiale et là encore une fois les dégâts infligés aux émirats ce matin en particulier donc il y a une raffinerie à Abu Dhabi je crois qui a été touchée les informations ne sont pas très précises à ce stade il est midi moins 8 on en saura plus certainement dans le prochain journal de France Culture Jean-François Huchet les prévisions de l'économie chinoise telles qu'elles ont été annoncées à l'issue de la réunion du comité central je crois que ça s'est terminé il y a quelques jours sont plus faibles que d'habitude alors les chiffres évidemment sont toujours à manier avec des baguettes mais ils annoncent 4.5 de croissance et là cette crise cette guerre encore une fois impacte ces prévisions là

53:03
Locuteur non identifié

oui alors oui bien sûr même si on aimerait tous avoir encore 4.5% de croissance dans nos économies non non mais ils arrivent de 8% de 10% parfois dans certaines années on sait très bien que la baisse structurelle parce qu'il s'agit bien d'une baisse structurelle du taux de croissance de l'économie chinoise va aussi diminuer les marges de manœuvre du gouvernement chinois pour agir sur son sur son économie donc oui c'est sûr que quand on a annoncé 1000 milliards de dollars de surplus en matière de commerce extérieur pour la Chine en fait l'accumulation de nuages sur le plan géopolitique n'est pas une bonne chose pour la Chine tout en sachant que les pays sont européens États-Unis voire même d'autres pays même si j'aime pas ce terme là du sud global sont en train aussi de parfois de poser aussi des barrières parce qu'ils sont frappés c'est un choc majeur pour l'industrialisation parce que les Chinois vendent beaucoup sur leurs propres marchés il y a quand même

54:14
Invité

une inondation de produits chinois non seulement sur les marchés européens mais effectivement

54:20
Locuteur non identifié

sur les marchés dits en émergence et donc si ce moteur ralentit on risque d'avoir effectivement pour l'économie chinoise le moteur principal qui quelque part balbutie et c'est vrai qu'on ne voit pas aujourd'hui sur le plan intérieur malgré les annonces qui ont été faites au moment de cette réunion du congrès chinois on ne voit pas les annonces qui ont été faites sur la consommation voire même sur l'amélioration de la protection sociale faire en sorte que les Chinois épargnent moins et qu'ils consomment un peu plus et qu'il y ait effectivement ce dont on parle depuis plusieurs années à savoir un rééquilibrage de l'économie chinoise qui lui permettrait quelque part de surmonter quand même cette crise de confiance qui est très importante aujourd'hui en Chine parce que derrière il y a la crise de l'immobilier il y a effectivement des faiblesses du système financier chinois et puis il y a un système fiscal quand vous regardez les chiffres effectivement la Chine est plutôt bien positionnée sur le papier mais quand vous regardez derrière il y a un déficit et une dette qui est beaucoup plus importante que les chiffres officiels qui sont avancés

55:34
Invité

Cyril coutencelle le dernier mot à la géographie en fait puisque Hormuz c'est ça c'est ce goulot d'étranglement ce long chenal il nous reste une poignée de secondes est-ce que si cette guerre s'arrête est-ce que le trafic peut reprendre immédiatement ?

55:55
Présentateur

ça dépendra vraiment des infrastructures qui ont été touchées le trafic reprendra pour les navires qui sont dans la NAS aujourd'hui et qui ne peuvent pas sortir mais en fait ça dépendra vraiment de cette question-là si des ports sont touchés si des points d'exportation sont touchés si des raffineurs sont touchés ce sera beaucoup plus compliqué et pour le moment

56:13
Invité

la cartographie n'est pas précise

56:16
Présentateur

non il faut avoir toute une série de confirmations mais aujourd'hui à ce stade en tout cas ça pourrait reprendre mais on va voir ce que les jours prochains nous annonceront

56:27
Invité

certes on va le voir on va le voir tous ensemble et bien évidemment je vous remercie tous Patrice Geoffrand un dernier mot si je comprends bien la leçon c'est prenons le moins d'initiatives possibles en ce qui concerne en tout cas l'Europe moins d'initiatives si il s'agit de s'impliquer dans la zone oui je le pense mais faisons le retour d'expérience en live si je puis dire de ce que nous vivons à l'heure actuelle rappelons-nous de nos fragilités et considérons qu'acheter le moins possible de pétrole et de gaz pas uniquement dans cette zone c'est ce qu'on a collectivement d'Européens de mieux à faire dans les temps à venir et saluons bien sûr la mémoire d'Arnaud Frion donc ce chasseur alpin sous-officier qui a été tué hier en Kurdistan d'Irak donc à Erbil et qui faisait partie des conseillers français des forces dans cette zone-là de l'Irak et bien je vous remercie tous les quatre Florence vous avez publié en décembre sur le site de Candriam un papier avec Philippe Dehoux sur précisément la banque centrale américaine sous pression et donc on va voir comment la Maison-Blanche maintenant s'en débrouille Jean-François Huchet vous avez publié mais il y a un certain temps je crois qu'une mise à jour s'impose la crise environnementale en Chine évolution et limite des politiques publiques c'était en 2016 Patrice Joffron il y a quelques jours un papier dans la revue connaissance des énergies sur le blocage du détroit d'Ormouz et les risques d'un choc industriel pour l'Europe et Cyril Coutenset vous avez co-écrit aux éditions au co-écrit avec Guilmette Crozet un ouvrage sur la mer une infographie c'est paru aux éditions du CNRS voilà la réalisation ce matin Luc-Jean Reynaud Olivier Arnais était à la technique Théa Corler et la documentation de Radio France m'ont aidé à préparer cette émission voici Marina Caer d'Encos et ses carnets de santé bon week-end et à samedi prochain