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InterviewBorisVallaud· 23 avril 2026 11 minComplaisantFond programmatiqueSolidarités & familleÉconomie & entreprisesInstitutions & électionsEnvironnement & énergie

"Il faut reprendre le contrôle de nos vies" Boris Vallaud invité de Caroline Roux dans C dans l'air

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Attaque 20 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous croyez que pour la jeune génération ça veut encore dire quelque chose, le socialisme ?

  • 1:00OuverteRéponse partielle

    Le PS a publié un programme de 144 pages. Est-ce que vous considérez que le socialisme des années Hollande est daté ?

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Vous défendez la démarchandisation de la société. Quels domaines doivent être retirés au marché ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Comment être une puissance publique quand l'État est endetté ?

  • 7:00OuverteRéponse directe

    Est-ce que vous êtes devenu anticapitaliste ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Vous préférez quel slogan : 'Changer la vie', 'Mon adversaire c'est le monde de la finance', ou 'Ni leur profit' ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:15Boris ValotFait
    « Nous vivons dans un immense magasin et que tout est à vendre, tout est à acheter. De la petite enfance jusqu'au grand âge, tout a une étiquette ou un code barre. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonsoir à toutes et à tous. Bienvenue dans ces dans l'air à un an de la présidentielle. Il y a vrai une inflation des candidature mais aussi le début d'une autre course celle des idées à gauche.

Cette semaine le PS a dévoilé un programme de 144 pages intitulé vivre libre dans le même temps. Hasard du calendrier ou pas ? Le patron des déput des PS Boris Valot dévoile son livre programme.

Bonsoir. Bonsoir. Boris Valot.

Merci d'avoir accepté cette invitation. Vous êtes député PSDlandes, vous êtes président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale et vous publiez nos vies ne sont pas des marchandise manifeste pour la démarchandisation aux éditions du seuil. Ça sort demain.

Euh est-ce que vous croyez que pour la jeune génération ça veut encore dire quelque chose ? Le socialisme ? [soupir] Bah, c'est précisément parce que la question se pose lui donner une actualité nouvelle et l'ancrer dans ce que tous les âges de la vie, les jeunes comme les moyens jeunes vivent dans leur dans leur quotidien.

Et c'est et je pars d'abord dans ce livre dans constat que chacune et chacun d'entre nous peut faire, c'est que nous vivons dans un immense magasin et que tout est à vendre, tout est à acheter. De la petite enfance jusqu'au grand âge, tout a une étiquette ou un code barre. Et ça chacun peut le vivre et l'éprouver.

Et ça on va y revenir dans un instant sur le constat que vous faites sur nos vies qui sont devenues des marchandises où tout s'achète. Euh la gauche, je le disais, le Parti socialiste s'est mis euh à réfléchir. Alors ça c'est tout c'est tombé quasiment un jour d'intervalle he la publication de votre livre et la publication du programme du Parti socialiste.

Le point de commun de votre travail est celui euh du PS. C'est au fond comme s'il y avait une espèce de droit d'inventaire des années Hollande, du socialisme de François Hollande, de la politique de l'offre. Est-ce que est-ce que au fond vous considérez que ce socialisme là, celui des années Hollandes est daté ne correspond plus à l'époque ?

Je crois je crois que quand la gauche toute mouillée est à 28 % des intentions de vote, on a besoin de se secouer, on a besoin de réfléchir, on a besoin de s'interroger, de savoir si nous sommes compris, si ce que nous défendons depuis tant d'années, nous le faisons de la bonne manière avec les justes mots, avec les justes préoccupations qui sont celles des Françaises et les Français. Et il y a dans tout travail programmatique h d'évidence et c'est le cas de de mon livre une analyse de l'époque et puis un regard rétrospectif qui est toujours critique. Mais moi je suis dans une projection.

Toujours critique. Pourquoi toujours critique ? Pourquoi forcément critique ?

Mais critique au sens constructif. Il y a dans ce livre une une contribution à l'actualisation de la pensée critique socialiste, mais qui est une pensée critique dans son rapport au marché à l'économie, au capitalisme qui naît avec le capitalisme lui-même, avec le capitalisme industriel. Sauf que les mutations successives de ce capitalisme, un capitalisme industriel de production, un capitalisme financier aujourd'hui un capitalisme numérique qui est total, et bien il y a une sorte de course de vitesse entre ces métamorphoses successives et la puissance publique qui doit arracher au marché des ps entiers de la vie qui ont été transformés en marchandise et qui ont été soustraits en réalité à la libération collective.

Vous voulez réhabiter réhabiliter la puissance publique ? Vous vous arrivez avec une ligne effectivement assez radicale. Vous défendez la démarchandisation de la société en considérant que certains ps de notre vie, la santé, le grand âge, vous donner un exemple assez assez détaillé sur l'accès à l'eau par exemple, ne peuvent pas dépendre des lois du marché.

Vous savez euh à chaque fois qu'il y a un un grand progrès social qui a été conquis, il a été conquis en le reprenant au marché parce que la loi du marché c'est toujours la loi du plus fort. Ça n'est pas une une une des lois qui prétendent, j'allais dire à la juste allocation des moyens, des ressources, ce qui est essentiel à la vie. C'est un marché qui sélectionne, qui ségrégue et qui même exclut.

Et donc c'est contre cette dépossession de nos vies dans ce cas-là dans le plus intime aujourd'hui parce que la grande novation c'est que notre attention même nous-même nous sommes devenus des marchandises avec ce notamment ce capitalisme numérique. Vous donnez un exemple notamment sur les ÉPADs. Euh vous dites cette phrase dans le portefeuille des fonds d'investissement les Crèches et les ÉPADES voisinent désormais avec des pipelines de la mer du Nord une autoroute en Pologne ou un champ d'éolien offshore au large du Danemark avec les mêmes exigences de rentabilité.

C'est ça qui marche plus. C'est ça qui marche plus. C'est ça qui fait que au fond, on est dépossédé de ce qui est essentiel à la dignité humaine euh de la naissance à la mort.

Bien grandir, bien être éduqué, avoir justement accès aux soins, avoir aussi accès à des ressources aussi essentielles que l'eau ou la terre parce que j'évoque aussi le le foncier qui ne sont pas intrinsèquement des marchandises mais qui sont les conditions mêmes de la vie. Et si vous donnez l'exemple des épades ou des crèches, je dis en effet que l'enfance et le grand âge ne sont pas des marchandises comme des autres. Et ce n'est pas une abstraction puisque je donne des exemples extrêmement concrets.

Vous l'avez dit tout à l'heure, je suis député des Landes et dans les Landes, il y a deux batailles historique. Une bataille pour la gestion publique de l'eau et aujourd'hui 90 % de l'eau est gérée en régie publique départementale avec un taux de renouvellement des réseaux qui s'est accéléré avec un prix de l'eau qui est l'un des plus bas de la nouvelle aquitaine et le deuxième combat qui est le miroir inversé, vous en souvenez, du scandale Hor PA, c'est qu'il n'y a pas des pads à but lucratif. On n' pas d'actionnaire à rémunérer dans les landes.

On soit riche ou vieux, on est traité dans les mêmes conditions et dans bien meilleures conditions de la puissance publique. Il y a puissance et publique. En ce moment, l'appareil d'État euh quand on voit l'état des finances publiques donne pas le sentiment d'être une puissance justement parce que on nous explique à longueur de temps que l'État n'a pas les moyens, qu'il faut déléguer au privés, que ça se passera mieux, que on va mettre en en place une forme de compétition entre des acteurs privés et qu'au fond ça fera peut-être parfois baisser même les coûts.

Comment est-ce qu'on peut être une puissance publique quand on est un état endetté ? Mais euh là, vous êtes en train au fond de vous faire la porte-parole mais inconsciente h de ce qui est tenu pour les évidences du marché. Le marché euh allourait mieux euh les ressources que euh la puissance publique, que la délibération collective serait capable à notre place de dire ce qui est important et ce qu'il n'est pas.

Mais je voudrais le démentir en vous posant la question à contrario. Combien coûte la marchandisation ? Je donne l'exemple de la part de la richesse du PIB qui est consacrée à la santé aux États-Unis. ou 18% et en France un peu plus de 12%.

Il se trouve qu'on est mieux pris en charge de façon beaucoup plus juste, beaucoup plus équitable, qu' a moins d'écart d'espérance de vie, d'espérance de vie en bonne santé qu'aux États-Unis. Et donc ce qui coûte cher, c'est la marchandisation. Mais je peux vous donner d'autres exemples très concrets.

Quand dans le département de la sonnéoire, au moment où il y a une remise en en concurrence des délégations de services publics pour les transports interurbains qu'on crée une société publique de transport, et bien je peux vous dire que tous les prix baissent de 30 %. C'est de l'argent public que nous gardons et que nous ne prenons pas dans la poche. C'est le retour à la gauche de 81, c'est le retour aux nationalisation.

Non, d'ailleurs quand vous lisez bien mon ouvrage, la nationalisation est un des outils. Ça peut-être aussi euh la la régulation, mais une régulation beaucoup plus exigeante. Et puis se se poser la question de savoir ce qui doit être laissé au marché et ce qui doit lui être reti.

Qu'est-ce que vous laissez au marché ? Mais vous voyez, lutter contre la démarchandisation, ça peut être par exemple lutter contre la fast fashion. Mais lutter contre la fast fashion, contre Chine, contre ce que ça provoque sur le plan social et environnemental, ça veut pas dire qu'on va créer des grandes manufactures de chaussures et chaussettes.

Non, ça veut dire que nous allons faire en sorte que la rentabilité que ne soit pas ce qui détermine les choses. Euh juste une petite chose, qu'est-ce qui doit être retiré au marché par exemple face à ce golem numérique ? H et pour parler d'une actualité très récente, quand vous décidez que les réseaux sociaux ne sont pas accessibles avant 16 ans, et bien vous décidez que le temps de le temps disponible le le le temps de enfin oui l'imaginaire les imaginaires ne sont pas des marchandises que les données personnelles de la jeunesse des des élèves ne sont pas des marchandises.

Et bien voilà ce que c'est aussi la démarchandisation. Ça peut dans c certains cas être la nationalisation, je le propose pour les autoroutes, mais ça peut être dans d'autres cas le fait de retirer au marché et de préférer euh des gestions privées mais non lucratives. Ce que fait l'économie Ballot, est-ce que vous êtes devenu anticapitaliste ?

Il y a toujours dans le socialisme depuis sa naissance une critique du capitalisme et je ne suis pas dans un propos destrade qui dirait il y a l'abolition du marché. Il y a des endroits où le marché continuera de fonctionner mais sera régulé. Il y a d'autres endroits où c'est la délibération publique qui doit euh primer c'est ce qu'on appelle le réencastrement de l'économique dans le Je vous suggère trois slogans bien connus à gauche.

Vous préférez quoi ? Changer la vie. François Mitteran euh donc programme du Parti socialiste.

Euh mon véritable adversaire c'est le monde de la finance François Hollande Bourget 2012 ou Novi val que leur profit le célèbre slogan du NPA. Vous sentez proche de qui Je je dois dire que j'aime [grognement] beaucoup la la formule de de 10 mai 80 changer la vie mais elle est une promesse que au fond porte la démarchchandisation c'estàd reprendre le contrôle de nos vies. Pourquoi vous pensez que c'est un moyen d'aller récupérer des voies à l'extrême droite puisque c'est ce que vous dites dans votre livre parce que quand il y a le sentiment d'une perte de contrôle parce que qu'est-ce que provoque la démarchandisation ? une explosion des inégalités qui a à la fois sa sociologie et sa géographie.

Elle provoque des épidémies de solitude parce que le marché pour prospérer a besoin d'atomiser les individus, les réduire à l'état d'atomes. Ça produit le délitement des liens sociaux, ça provoque la faillite de et tout cela crée du ressentiment, de la colère et une envie de d'autorité, de verticalité. Et bien je propose autre chose.

Je propose par la des libérations démocratiques de rendre aux citoyens ce que le marché a pris au consommateur. Comment vous vous positionnez par rapport au programme du PS qui a été écrit par Chloé Ridel ? Mais j'y ai contribué comme beaucoup de de camarades.

Maintenant c'est au militants socialistes de l'amander, de s'en saisir, de faire des propositions. Moi, quand on réfléchit, on travaille et qu'on ne perd pas de vue les hommes et les femmes pour lesquelles on se bat, et bien je suis très heureux. Alors, vous défendez avec Raphaël Gluxman Yannique Jadu une troisème voix ni primaire ni à la fille.

Euh est-ce que c'est la pression de la France insoumise qui contraint d'une certaine manière euh le les socialistes que vous êtes à radicaliser un peu euh votre discours ? Euh vous économiquement notamment vous parlez de de de radicalisation, vous savez. Je pense je pense qu'il y avait un réformisme radical dans le Front populaire, qui avait un réformisme radical dans mai 81 et les grandes mesures sociales, qui avait un réformisme radical dans puisque on l'a honoré récemment parce qu'il nous a quitté dans Lionel Jospin et je crois que c'est la continuation de ça et que c'est une pensée socialiste qui fait la jonction avec la pensée de l'écologie de l'écologie politique.

Oui, on peut encore changer la vie et la politique peut beaucoup. Boris Vallot, tout le monde se prépare. Vous vous préparez avec ça ?

Avec ce livre ? Je je prépare des idées qui sont au service d'une cause commune. Avoir un candidat commun dans la gauche non mélanchonniste, c'est ce que j'espère.

C'est ce à quoi je travaille. Nos vies ne sont pas des marchandises. Votre livre publié aux éditions du Seuil.

Merci Bor d'être venu sur ce