Gauche/LFI : "Il y a clairement un rapprochement..." (Benjamin Morel)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
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Quel est le tableau à l'heure où l'on se parle sur le rassemblement des gauches ?
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Benjamin Morel, qu'est-ce que cette poussée de LFI au premier tour nous dit ?
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Est-ce que vous validez la lecture 'France des tours contre France des bourgs' ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:00Benjamin MorelFait
« Il y a deux types d'électeurs. Il y a des électeurs qui en étaient en effet étaient plutôt des abstentionnistes et ces électeurs-là et ben ils ont été votés alors que d'habitude ils ne vont pas voter. »
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11 sur Europe en Dimitri Pavlenco. Vous recevez ce matin le constitutionnaliste [musique] Benjamin Morel. Bonjour Benjamin Morel.
Bonjour. Maître de conférence à l'université Pantéon Assass, votre dernier ouvrage, ben on peut dire qu'il est de circonstan. Nos communes, un avenir civique à réinventer par aux éditions Terre à Terre.
On aura ce soir à 18h Benjamin Morel la photo définitive du second tour des élections municipales puisque ce sera l'heure limite de dépôt des listes. Alors la journée d'hier a été dominée par la question du rassemblement des gauches dans un certain nombre de villes. Quel est quel est le tableau à l'heure où l'on se parle ?
Alors, dans la plupart des villes où il pouvait y avoir vraiment un danger de perdre la ville parce que il y avait une concurrence entre les gauches notamment bah entre l'Union de la gauche et les insoumis, on a quand même été vers euh une forme de liste d'union, hein. Ça a été le cas quand euh les listes euh insoumises étaient devant, on pense évidemment à Toulouse ou quand les listes socialistes étaient devant, on pense à Nant, on pense à Claronferon et cetera. Donc, on voit qu'il y a clairement un rapprochement.
Les grandes exceptions, c'est essentiellement Marseille et Paris, mais avec des positions que à Torou a raison, les socialistes ont jugé comme étant plus favorable. C'est-à-dire que dans ces deux villes, Paris et Marseille, les socialistes, les deux candidats Emmanuel Grégoire et Ben Paan, pensent pouvoir se passer des voix de la France insoumise ou bien ils se disent que compte tenu de leur poids de premier tour, l'électeur insoumis, il ira naturellement vers vers eux. Bah, il y a un double paris en fait.
Le premier paris, c'est que si jamais ils font alliance avec les insoumis, il risque d' faroucher un électorat plus centriste et que cet électorat là, ils en auront besoin pour gagner. Le deuxième paris, c'est qu'en effet bah il y a une forme de vote utile au second tour et que ben pour faire barrage à la droite ou au RN et bien une partie d'électorat insoumis finissent par considérer qu'il faut voter utile et donc il s'agit de faire baisser mécaniquement le candidat insoumis. C'est pas quelque chose de tout à fait évident, mais c'est un paris qui peut être considéré comme étant raisonnable.
Ouais. Alors bon, je on va pas entrer dans le débat sur la la moralité ou pas de de conclure des accords avec la France insoumise. Je dirais que toute façon si le but c'est de gagner, après tout, pourquoi pas ?
Et peut-être que la droite devrait se poser le ce même genre de question. En tout cas, cette poussée de LFI au premier tour, elle est quand même intéressante. Benjamin Morel, qu'est-ce qu'elle nous dit ?
Ben, elle dit plusieurs choses. Alors déjà, elle est pas tout à fait homogène non plus, hein. C'est-à-dire qu'il faut quand même bien voir queil y a 70 % des communes dans lequel il y avait qu'une seule liste.
Et donc à partir de là, il faut pas qu'on ait une lecture uniquement sur les grandes villes des rapports de forces électoraux. De l'autre côté, si vous regardez par exemple la banlieue parisienne, il y a de très bons scores du PS dans la plupart des communes et les insoumis arrivent souvent plutôt derrière. Néanmoins, ils sont plus hauts que euh lors des dernières élections municipales et néanmoins dans beaucoup de centre-ville, ils ont quand même fait des scores relativement impressionnants.
Donc ça veut dire que les insoumis oui, c'est la stratégie Gaza qui est payante. C'est des électeurs qui ne votaient pas, qui se mettent à voter. Il y a deux types d'électeurs.
Il y a des électeurs qui en étaient en effet étaient plutôt des abstentionnistes et ces électeurs-là et ben ils ont été votés alors que d'habitude ils ne vont pas voter. C'est une forme de succès de la stratégie de mobilisation des insoumis. On voit qu'il y a plus d'abstention mais qu'elle est pas répartie homogène de manière homogène et que notamment l'électorat insoumis c'est plus mobilisé.
Et ensuite ben il y a également une capacité à aller chercher un électorat plus de centre-ville plus CSP plus un électorat qui la dernière fois avait fait la vague verte et qui là ben a préféré voter LFI. Alors ce que l'on observe aussi quand même Benjamin Morel, c'est que le PS, les Républicains qu'on disait en voie de disparition à l'échelle nationale, on constate qu'il résiste quand même plutôt bien au niveau local. Est-ce que ça explique aussi l'intérêt de la France insoumise et du RN pour ces élections ?
Parce qu'on voit que le Rassemblement national, il y a une stratégie d'ancrage quand même qui a plutôt bien fonctionné, de notabilisation de certains. C'est ça le moteur aujourd'hui. C'est il faut être bon au niveau local pour performer ensuite au niveau national.
Ça se reconnecte le haut et le bas. Alors, ça se reconnecte imparfaitement malgré tout, hein. Les grands vainqueurs euh dimanche soir, les grands vainqueurs déjà en réalité euh en terme purement numérique, c'est les socialistes et les LR, même si les deux sont dans une phase assez nette de tassement avec une LAFI, un RN qui émerge dans le champ local.
Je dirais que la stratégie, elle est pas homogène pour le RN, c'est vraiment une stratégie d'implantation parce que si vous êtes implanté, ben avoir des ressources dans les collectivités territorial déjà ça vous fait des signatures pour la présidentielle et puis ensuite et ben ça vous permet également d'avoir des bases de repli en cas de défaite. C'est ce qui fait durer un parti dans le temps. Ce pourquoi les macronistes s'ils perdent en 2027, n'ayant que peu d'ancrage local, auront bien du mal à se maintenir comme une force politique d'importance.
Du côté des insoumis, c'est beaucoup plus une stratégie quand même nationale en vue de 2027. En gros, le Jean-Luc Mélenchon a déjà rempli ses objectifs stratégiques. L'objectif, c'était de mettre les socialistes face à un dilemme qu'il ne pourrai pas résoudre à leur profit.
Soit ça li avec les insoumis, ce qui rend dépendant des majorités et des maires de la de leur présence dans les dans les majorités municipales tout en donnant le sentiment que ben le barrage anti-insoumis en fait était quelque chose de rhtorique mais n'existe pas. Soit ne pas faire alliance avec les insoumis mais dans ce cas-là perdre des villes et accréditer le discours que seul l'Union de la gauche pourrait l'emporter en 2027 et que les socialistes sont justement ceux qui divisent et ceux qui font perdre. Hm hm.
Est-ce que vous validez cette lecture qui a été faite aussi du scrutin de premier tour ? La France des Tour contre la France des bours. Ça c'est une formule de François à Rufin qui assez assez bien trouvé mais cette idée que on vote à gauche dans les métropoles et on vote plutôt à droite dans les campagnes et les petites villes.
Benjamin Morel. Alors, c'est plus varié que ça. Vous avez une campagne qui vote à gauche et vous avez des villes qui votent à droite, voire très à droite.
Regardez par exemple le cas de Toulon, hein, où leur la ballette va affronter une candidate de droite qui après le retrait d'une autre candidate de droite. Donc donc c'est loin d'être aussi homogène. Après, ce qui est certain, c'est que on a là un vote souterrain, c'est-à-dire que on évoquait 70 % des communes euh on n'avait qu'une seule liste. ces communes, c'est plutôt un espace électoral qui est plutôt favorable à la droite ou au RN, mais ça ne se voit pas tout bêtement parce que ce sont des commune dans lesquelles il y avait qu'une seule liste.
Souvent une liste sans étiquette ou une liste d'hivers droite ou d'hivers gauche et c'est pourtant cette France là qui en effet ben apporte son lot d'électeur au Rassemblement national pour la présidentielle. Donc si on focalise sur les grandes villes, on focalise sur des territoires qui en fait surreprésentent en règle générale un électorat de centre-gauche ou un électorat Li. Merci Benjamin Morel.
Je renvoie vers la la lecture de votre dernier ouvrage. Nos communes un avenir civique à réinventer aux éditions Terre à Terre. Merci d'avoir été avec nous ce matin sur Europ.