Laisser-faire total sur la question migratoire - Gaëtan Dussausaye (Europe 1)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:38OuverteRéponse directe
Votre réaction face à l'incident avec les migrants armés ?
- 1:16RelanceRéponse partielle
Quel regard portez-vous sur les migrants qui fuient des guerres ?
- 4:37OuverteRéponse directe
Message à Michel Barnier pour régler la situation migratoire ?
- 7:56OuverteRéponse directe
Êtes-vous prêt à soutenir une mesure impopulaire ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41Invité politiqueFait
« c'est malheureusement un peu les symptômes et les conséquences d'un laisser-aller et d'un laisser-faire total sur la situation migratoire. »
- 0:50Invité politiqueFait
« Lorsque le Rassemblement National, lorsque Jordan Bardella et Marine Le Pen mettent en garde sur les effets d'un chaos migratoire dans le quotidien des Français, ce n'est pas pour rien »
- 1:00Invité politiqueFait
« on connaît d'ores et déjà les liens évidents qu'il y a entre l'immigration d'un côté et une insécurité qui explose, et un ensauvagement qui touche toute la société »
- 2:41Invité politiqueFait
« ce que je regrette dans cette situation, c'est surtout le rôle des pouvoirs publics et l'absence totale d'une autorité de l'État. »
- 4:50Invité politiqueFait
« Michel Barnier, lorsqu'il était candidat à la primaire des Républicains en 2021, avait lui-même repris un certain nombre de propositions qui étaient directement issues du programme du Rassemblement National. »
- 5:49Invité politiquePromesse
« Nous attendons des chiffres qui soient suffisamment importants. »
- 7:12Invité politiqueFait
« il y a quand même en Europe aujourd'hui un véritable retour de la frontière comme principe essentiel. »
- 8:33Invité politiquePromesse
« Il faut impérativement l'abroger et nous le proposerons à l'occasion de notre niche parlementaire le 31 octobre. »
- 9:10Invité politiqueChiffre
« je pense qu'on a déjà au moins la moitié qu'on peut trouver sur la contribution nette de l'État français au budget de l'Union européenne. »
- 9:20Invité politiqueChiffre
« Chaque année, on donne plus d'argent qu'on en reçoit. C'est en moyenne 10 milliards d'euros qui ne reviennent pas dans la poche des Français. »
Temps de parole
- Gaëtan Dussausaye47 %
- Présentateur25 %
- Invité15 %
- Invité 213 %
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Nous accueillons le député RN des Vosges, porte-parole du Rassemblement National. Bonsoir Gaëtan Dussaucet. Bonsoir, merci pour votre invitation. Merci d'être avec nous. Commentons-nous d'abord, comme ça j'allais dire à chaud, vous avez entendu le témoignage de ce chasseur en début de journal de 19h, qui était pétrifié alors qu'il avait plutôt, généralement les chasseurs sont des gens assez costauds, et qui disait, j'étais pourtant armé, je ne me voyais pas, tirer sur un homme, 60 migrants, qui vous attaquent parce que vous avez sonné l'alerte et vous avez appelé les forces de l'ordre pour venir, parce que justement il y avait cette embarcation de migrants qui partaient vers la manche.
Votre réaction ?
Écoutez, c'est vrai que c'est malheureusement un peu les symptômes et les conséquences d'un laisser-aller et d'un laisser-faire total sur la situation migratoire. Lorsque le Rassemblement National, lorsque Jordan Bardella et Marine Le Pen mettent en garde sur les effets d'un chaos migratoire dans le quotidien des Français, ce n'est pas pour rien, parce qu'on connaît d'ores et déjà les liens évidents qu'il y a entre l'immigration d'un côté et une insécurité qui explose, et un ensauvagement qui touche toute la société, on sait que ça met en danger un grand nombre de nos compatriotes, et c'est malheureusement une nouvelle illustration qui est terrifiante.
Mais quel regard portez-vous sur les migrants qui sont habituellement dépeints comme des gens qui fuient une guerre, qui fuient des situations impossibles dans leur pays, et ce qui est vrai la plupart du temps ? Donc ils vont, et ce qu'on dépeint souvent, les personnes en cause, plutôt ce sont les passeurs, mais pas les migrants.
Là, on a un premier cas, je pense depuis longtemps, et je regarde sous le contrôle de Joseph Massescaran et Philippe Guibert, je pense que c'est la première fois que j'entends parler d'une histoire où vous avez des migrants armés, avec des barres de fer et des machettes, qui s'en prennent, là en l'occurrence, à des gens qui juste ont voulu donner l'alerte, également parce qu'on les voit, ces bateaux se fendre au milieu de la mer.
Sonia Mabrouk a écrit un livre, très récemment, elle était dans cette émission il n'y a pas longtemps, avec l'inverse, c'est-à-dire on imagine une guerre entre l'Union Européenne et la Russie et les Européens qui migrent, et de la même façon, ces embarcations qui se cassent au milieu de la mer, et qui provoquent des noyades inconséquentes. Là, en l'occurrence, peut-être que ces chasseurs ont voulu dire « Allô, venez la police », parce qu'il y a 60 personnes qui sont en danger en prenant la mer.
Bien sûr, mais après, attention, malheureusement, ce n'est pas une première des rixes, des règlements de comptes, des bagarres, notamment au milieu de la capitale, entre différentes ethnies ou différents clandestins, groupes de clandestins, il y en a déjà eu plusieurs, et également avec des armes. Moi, ce que je regrette dans cette situation, c'est surtout le rôle des pouvoirs publics et l'absence totale d'une autorité de l'État.
Parce que quand on laisse aller comme ça, une politique d'immigration, finalement, où vous perdez totalement le contrôle, vous n'identifiez pas le nombre de clandestins que vous avez sur votre sol, vous n'identifiez pas où ils sont, où est-ce qu'ils se trouvent et où est-ce qu'ils veulent aller. Et surtout, vous ne mettez pas des moyens en face avec des forces de sécurité qui sont armées, eh bien, ce sont les Français et la vie des Français que vous mettez directement en danger.
Et vous le savez d'autant plus au Rassemblement National que vous avez maintenant parmi vous l'ancien patron de Frontex qui connaît bien la situation. Joseph Massescaron.
Non, je veux dire que le hasard veut que j'ai des amis qui m'aient alerté la semaine dernière en me disant mais nous habitons la Côte d'Opale, j'ai beaucoup d'amis qui habitent la Côte d'Opale, parce que je serai souvent Touquet, Berk, etc. C'est une région que j'aime beaucoup, avec raison, je ne suis pas de la région, j'adore cette région. Mais ce qu'il me dit, c'est qu'ils ne peuvent plus aujourd'hui se promener dans les dunes. Ce n'est plus possible, en raison des migrants. Oui, c'est plus possible. Parce qu'ils estiment qu'ils ont des attitudes qui sont des attitudes pas toujours amicales.
Donc, ils renoncent à se promener, il y en a à promener avec leurs enfants, d'autres renoncent à se promener avec leurs chiens. Si vous ajoutez à ça le bruit permanent des hélicoptères pour surveiller cette Côte d'Opale, très franchement, la Côte d'Opale, ce n'est peut-être pas une grande importance pour les gens qui nous écoutent. Mais enfin, je suis désolé, ça concerne quand même toute une partie de la France.
Cette Côte d'Opale, puisque le maire du Touquet, Daniel Fasquel, a alerté, mais un nombre de fois incroyable, en disant, attention, vous n'avez rien fait véritablement à Calais, vous avez artificiellement vidé un certain nombre de lieux, mais les personnes continuent à se répandre et à vouloir passer.
Voilà. J'ai une question directe avec ce propos Gaëtan Dussaucet. Est-ce que, comme le gouvernement Barnier est sous surveillance, est-ce qu'il y a un message à Michel Barnier pour régler ce genre de situation ?
Écoutez, Michel Barnier, lorsqu'il était candidat à la primaire des Républicains en 2021, avait lui-même repris un certain nombre de propositions qui étaient directement issues du programme du Rassemblement National.
Peut-être que cette actualité est un signal pour dire qu'il ne faut pas oublier aussi ce qu'ont exprimé les 11 millions d'électeurs du Rassemblement National à l'occasion des élections législatives de 2024, à savoir qu'on demande, et d'ailleurs pas seulement des électeurs du Rassemblement National, mais que les Français demandent massivement à ce qu'il y ait une reprise en main de notre politique migratoire et à ce qu'on puisse avoir la possibilité de contrôler qui entre et sort sur notre territoire. Comme vous avez aujourd'hui, ne serait-ce que sur l'immigration légale... Donc il a ça sur son bureau ? Il a... Bien sûr, c'est une des exigences... Vous pouvez nous le confirmer.
C'est une des exigences que nous avons au Rassemblement National et donc nous lui disons que dans le discours de politique générale qui sera le sien au début du mois d'octobre, nous attendons des mesures fermes en matière d'immigration. Il y a beaucoup de choses à faire. Lui-même avait remis en cause notamment l'ingérence supranationale des institutions de l'Union Européenne qui empêchaient les États souverains d'intervenir sur leur politique migratoire. Nous attendons des chiffres qui soient suffisamment importants. Et aujourd'hui,
vous lui rappelez tous ces sujets.
Oui, je me souviens aussi qu'une des dernières déclarations de Gérard Dromanin en tant que ministre de l'Intérieur était de dire qu'il fallait que le prochain ministre de l'Intérieur devait renégocier les accords entre la France et la Grande-Bretagne qui concernent tout particulièrement le Pas-de-Calais. Et donc, je pense que ce qui est tristement arrivé et que vous relatiez en est une illustration de plus. Je crois que des incidents pas de même nature, peut-être pas aussi grave, ont déjà eu lieu entre des chasseurs parce que c'est une région de chasse très forte, des chasseurs et des migrants. Et donc là, on est dans une face à une situation intenable.
Reste à renégocier tout ça avec la Grande-Bretagne, le Royaume-Uni qui lui-même est dans une démarche de containment des migrants et qui cherche à tout prix à se débarrasser du problème, ce qui n'est pas évident pour la France. Je ne sais pas comment vous voyez ça au Rassemblement National, ce problème spécifique. En fait,
si vous voulez que des pays souverainement décident de protéger leurs frontières, décident d'avoir des politiques d'immigration qui soient plus strictes et que donc la France finalement en subisse les conséquences parce qu'elle, ses dirigeants, du moins quand je dis de la France, je parle toujours du gouvernement français et donc aussi d'Emmanuel Macron, parce qu'elle est sur un laissez-faire total et donc en subisse les conséquences, c'est une évidence. D'ailleurs, moi j'aimerais quand même signaler qu'il y a quand même en Europe aujourd'hui un véritable retour de la frontière comme principe essentiel.
C'est vrai avec le cas allemand et la décision d'Olaf Scholz de rétablir un contrôle partiel sur les frontières allemandes, c'est vrai avec le Pays-Bas qui propose de mettre en place la politique la plus stricte en matière de politique d'asile, c'est vrai aussi avec la Pologne, c'est vrai avec la Hongrie, c'est vrai avec le Danemark qui est pourtant un gouvernement socialiste et un gouvernement de gauche mais qui l'on sait a pris un certain nombre de mesures de fermeté en matière d'immigration. Si on continue comme cela, si on continue comme cela, finalement tous les pays d'Europe auront retrouvé une politique ferme en matière d'immigration à l'exception de la France.
Est-ce que vous êtes prêt à soutenir une mesure impopulaire et si oui, laquelle ?
Une mesure impopulaire en matière d'immigration ou sur d'autres sujets ?
Philippe Guibert, quelle mesure impopulaire l'ERN pourrait-il soutenir dans un gouvernement barnier ?
En matière budgétaire notamment parce que je crois comprendre que la Commission européenne nous demande 20 milliards d'économies. 20 milliards d'économies, on ne les trouve pas comme ça, il n'y a pas de formule magique. Et donc à un moment donné, ça veut dire qu'on va soit geler le salaire des fonctionnaires, réduire le nombre de fonctionnaires, réponses en 30 secondes parce que le temps me manque. Il faut toucher à la réforme des retraites qui a été... Voilà. Par exemple.
Il faut impérativement l'abroger et nous le proposerons à l'occasion de notre niche parlementaire le 31 octobre. Mais si la Commission européenne veut que vous cherchent ça...
Vous allez demander l'abroger
pour mettre de la capitalisation à notre place ?
Non, non, pas du tout.
C'est surtout pour permettre à l'intégralité des Français, y compris à ceux qui ont des carrières longues, de pouvoir partir deux années plus tôt à l'abroger que ce n'est le cas aujourd'hui. Je pense... Non, mais Joseph rêve d'une retraite par capitalisation. Non, mais je pensais...
Je pensais que vous étiez convaincu
par les vertus du libéralisme. Non, non, absolument pas. Ce n'est pas forcément ma thèse de thé. Mais pour répondre quand même à la question qui m'a été posée, sur les 20 milliards d'euros... Juste pour vous répondre, sur les 20 milliards d'euros que nous demande la Commission européenne, je pense qu'on a déjà au moins la moitié qu'on peut trouver sur la contribution nette de l'État français au budget de l'Union européenne. Chaque année, on donne plus d'argent qu'on en reçoit. C'est en moyenne 10 milliards d'euros qui ne reviennent pas dans la poche des Français.
Merci Gaëtan Dussaucet d'avoir répondu aux questions d'Europe 1.
Gaëtan Dussausaye