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Conférence de presseÉlysée (sur YouTube)· 28 février 2025 36 minAutoproduitFond programmatiqueNumériqueEurope & internationalÉconomie & entreprises

Au Portugal, le Président Emmanuel Macron rencontre des acteurs de la Tech franco-portugaise.

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous vous connaissez depuis 2015, pouvez-vous nous en dire plus sur cette rencontre ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Quelle est l'histoire de la Unicorn Factory et son lien avec votre discours de la Sorbonne en 2017 ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Comment voyez-vous l'IA face aux États-Unis et à la Chine ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Quelles actions concrètes pour que Lisbonne et Paris renforcent leur écosystème tech ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Faut-il changer de stratégie face à l'innovation américaine ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 10:00Carlos MoedasChiffre
    « On a créé avec tout ça plus de 15 000 emplois. »
  • 15:00Emmanuel MacronFait
    « On est sans doute, rapporté au nombre d'habitants, l'endroit du monde qui forme le plus de chercheurs, de génies de l'IA. »
  • 17:00Emmanuel MacronChiffre
    « On a aujourd'hui environ 5 % des capacités de calcul dans le monde, là où il faudrait avoir 20 % si on était à peu près au prorata de ce que nous représentons. »
  • 22:00Emmanuel MacronFait
    « On investit sur ce qui est plus sûr, mais qui a un rendement faible et qui ne finance pas l'innovation. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

[…] a l'honneur de vous accueillir à la Unicorn Factory Lisboa en présence de Son Excellence le Président de la République française, Emmanuel Macron. Pour ouvrir la séance, j'ai le plaisir d'inviter Roxanne Varza, directrice de Station F, à prendre la parole. Bonsoir, bonsoir à tous.

Je suis ravie et honorée de pouvoir animer cet échange assez exceptionnel ce soir, et surtout ici à la Unicorn Factory. Moi je suis venue pour la première fois il y a trois ans, quand c'était encore en conception et aujourd'hui, enfin, vous voyez tous, c'est devenu un lieu dynamique avec plus de 700 start-ups et des liens avec plus de quatorze licornes. Donc bravo !

Et je suis encore plus ravie si notre campus à Paris Station F a pu servir d'inspiration. Maintenant on va démarrer l'échange, un grand merci déjà, Monsieur le Président, d'avoir accepté l'invitation, et Carlos Moedas, maire de Lisbonne, que vous connaissez tous. Je n'ai pas besoin de le préciser, mais ce genre d'échange, je crois, est assez exceptionnel pour une visite d'Etat.

Donc on voit bien l'importance que vous accordez à l'innovation. Donc pour commencer, moi j'ai compris que déjà, vous vous connaissez. Vous avez peut-être même travaillé ensemble il y a dix ans, aux alentours, est-ce qu'on peut avoir un peu plus de contexte ?

Je ne sais pas qui souhaite commencer. Alors bon. Monsieur le Président, Merci, Roxane, Merci.

Mais, Monsieur le Président, c'est vraiment un honneur de vous avoir ici, dans la capitale de l'innovation de l'Europe, Lisbonne, merci. On est vraiment contents, on est très contents, merci. mais vraiment, je suis vraiment content parce que vous auriez pu choisir beaucoup de choses, vous avez choisi d'être ici avec nous, avec les jeunes, avec les entrepreneurs.

La réponse, je ne vais pas faire le truc politique de ne pas répondre à la question. Donc en cette année 2015, j'étais un jeune commissaire qui allait à Paris pour rencontrer un jeune ministre du Numérique et de l'Economie de France qui s'appelait Emmanuel Macron. On a commencé à parler et on avait peut-être un rendez-vous de quinze minutes qui a duré une heure.

Et à la fin, vraiment, je me suis dit que c'est quelqu'un de différent, c'est quelqu'un de vraiment unique. On a échangé les numéros de téléphones portables et je suis arrivé à la maison, j'ai dit à ma femme que j'ai connu un politicien qui était vraiment différent. J'étais français, je serai là pour le suivre.

Et après, étant français, je t'ai suivi, Président, depuis longtemps, dans tout ce que tu as fait. Et donc on a échangé, on a parlé beaucoup d'innovation technologique et dans la petite histoire, une petite histoire que je n'ai jamais racontée. Un jour, trois ans après, j'ai été à Davos, j'avais besoin de donner un rapport au président Macron.

Je n'avais pas de façon de le contacter. J'envoie un texto et je dis : « Monsieur le Président, cher Emmanuel, je suis à Davos, j'ai besoin de donner un rapport sur l'innovation ». Il me dit : « Mais bien sûr, Carlos, je vais parler à Davos, toi, tu vas derrière la scène et après que je parle, tu me donnes le rapport ».

Moi j'étais hyper content, Je me dis que c'est incroyable, je vais être derrière la scène et donner le rapport. Bien sûr, il y avait 50 agents de sécurité, et le premier, je dis : « Bonjour, je m'appelle Carlos, je connais très bien le président Macron ». Il m'a dit : « Oui, oui, vous êtes le troisième à dire ça ».

Mais là, Président, la magie. Je regarde un agent de sécurité, je me dis que celui-là, il a l'air d'être Lisboète. Il était portugais.

Et donc à partir de là, on a fait tout ça. Donc il m'a dit : « OK, OK, je vais vous amener derrière ». Et on s'est rencontré ce jour là à Davos et c'est aussi, je pense, mon premier mot, Emmanuel, c'est pour les franco-portugais, parce qu'on a une communauté française absolument extraordinaire, mais on a surtout beaucoup de gens qui sont français et Portugais, qui sont là ce soir, qui sont partis de notre ville et qui sont des entrepreneurs incroyables.

Donc à vous, vive les franco-portugais, vive les franco-portugais ! Monsieur le Président, vous confirmez ? Oui, j'étais pas au courant qu'il y avait des failles de sécurité comme ça.

D'abord, merci de me permettre de passer ce temps avec vous et merci de le faire en français parce que franchement, la magie, c'est d'être dans ce lieu, et c'est qu'on ait un maire qui parle un français parfait avec nous, et que vous soyez tous là à m'écouter en français, j'y suis très sensible et je vous en remercie infiniment. Et en vérité, c'est assez juste ce que tu as dit sur les...

D'abord, moi, je veux dire qu'il a été un très grand commissaire en charge de la recherche et qu'il a beaucoup poussé le Conseil européen de l'innovation, des choses très importantes. Je pense que Le meilleur budget pour la recherche dans les planification financière européenne depuis des années, c'est Carlos qui l'a porté et qui l'a mis en œuvre, et avec beaucoup de modernité, d'inspiration et déjà cette volonté. Il y a une cohérence dans ces dix années de se retrouver là aujourd'hui.

Mais c'est très vrai que, en effet, les franco-portugais ou les Portugais vivant en France, les Français vivant au Portugal maintenant, c'est une histoire toujours de conquête économique, de volonté de faire et de transformer les choses. Et je dirais qu'il y a des croisements migratoires, les Portugais ont aidé à bâtir la France de l'après-guerre de manière incroyable, et on a beaucoup de Français qui aident à bâtir la tech au Portugal de manière incroyable aujourd'hui. Et c'est ces choses-là lient de manière fondamentale, et je crois que l'un comme l'autre, comme vous je pense, qui êtes là aujourd'hui, qui travaillait dans ce lieu et le faites vivre, et comme Roxane le fait admirablement à la station F à Paris, réussir par l'innovation à changer les choses, c'est, je crois, que ce qui nous motive beaucoup.

Souvent, on m'a caricaturé en disant que j'étais la start-up nation, le copyright est déjà déposé par Israël, mais je crois en tout cas fondamentalement que l'innovation, la recherche fondamentale, la recherche appliquée, l'innovation sont des choses qui apportent beaucoup à des sociétés, et donc ce que vous faites ici. Parce que d'abord ça apporte des solutions concrètes, ça crée des emplois dynamiques, mais ce sont des leviers de transformation sociale extraordinaire, parce que ça crée de la mobilité dans une société. Énormément.

Et ça permet, par la capacité à inventer une entreprise, à percer un marché ou à inventer un marché parfois, à travers la transformation, que ce soit des usages ou des technologies, ça permet aussi à des tas de gens qui n'auraient pas forcément réussi par le salariat ou dans des grandes entreprises, de percer dans la société. Et donc c'est pour ça que je trouve très inspirant que votre capitale ait fait ce choix, et en ça, je demandais à Carlos avec quelle ville vous travaillez, mais qu'il y ait cette connexion avec Paris et notre écosystème, Lisbonne, Berlin aussi et d'autres capitales européennes. C'est une vraie chance et ça, c'est une des forces de l'Europe.

Et je dis souvent que l'Europe, ce n'est pas Bruxelles. l'Europe, ce sont nos capitales et parfois même nos grandes métropoles liées les unes avec les autres, avec cette densité justement de de vitalité, de différences. Et merci aux franco-portugais qui font vivre en particulier la relation et ce lieu.

Super, merci Monsieur le Président. On est d'accord, c'est la première fois que vous venez ici à la Unicorn Factory. Donc Monsieur le Maire, est-ce que vous ne voulez pas nous en dire un peu plus sur ce lieu et sur ce projet, justement ?

L'histoire, elle commence avec le président Macron et elle commence en 2017. je pense, dans un grand speech que tu as fait à la Sorbonne. Et pour la première fois, il y avait un président qui parlait de l'innovation de rupture, qui parlait d'innovation radicale.

Il n'y avait pas un autre président, on regardait le monde, il n'y avait personne qui parlait de l'innovation. Et ce jour-là, c'était le jour où, en fait, j'ai pris Jean-Claude Juncke et j'ai dit : « Écoute, il faut qu'on fasse quelque chose. C'est le Président de la France qui le demande. » Et pourquoi, parce que l'innovation de rupture, le Président le disait, c'est celle qui crée de l'emploi.

On peut innover en améliorant un produit, en faisant des choses qui vont un peu mieux, mais ça ne crée pas d'emplois. L'innovation de rupture crée des nouveaux marchés et donc crée vraiment de l'emploi. Et tu étais le premier président à dire et transformer le mot « innovation » dans le mot « emploi » sur l'innovation de rupture.

Et c'est là qu'on a créé le Conseil européen de l'innovation. Et après, quand je mesuis lancé à être maire de Lisbonne, je me suis dit que c'est les villes. Il faut que je trouve cette ambition, cette audace que tu as amené à la politique quand tu es devenu président.

Je me souviens, c'est l'Europe, l'ambition, l'audace, tout ça, de l'emmener dans une ville et de faire le pipeline de projets de la ville vers l'Europe. Et donc on a passé trois ans d'abord à créer une dynamique, on a pu aller chercher quatorze Unicorn, quatorze licornes qui sont venues à Lisbonne. Eux, ils ont apporté des entreprises technologiques, autour de 70, et on a créé avec tout ça plus de 15 000 emplois.

Donc, c'était vraiment cette idée que l'innovation est quelque chose qui est dur, qu'il faut la travailler, que c'est un processus, une usine, donc, l'idée de l'usine, et après, l'idée des intersections. Et ça, c'est quelque chose que le président français a aussi apporté à la discussion, c'est cette idée de l'intersection entre les disciplines. Tu sais, on a ici beaucoup d'exemples, mais on a Nuno [INAUDIBLE] qui est là, qui a une entreprise absolument incroyable, Nuno, il est où ?

Donc, Nuno, il a quelque chose qui est très rare. C'est un juriste qui est devenu un chimiste. Et donc, quand je l'ai connu, j'ai pensé à un prix Nobel qui s'appelle Frances Arnold, qui est une dame qui a gagné le prix Nobel de la la chimie et qui avait comme formation la littérature.

Et lui, il a développé avec des scientifiques aujourd'hui des traitements pour le cancer, sa boîte, qui a commencé avec 1 million d'euros, avec l'investissement de quelques boîtes portugaises, comme [INAUDIBLE], il l'a vendu pour 1 milliard d'euros. 1 milliard d'euros parce qu'il a fait ça, c'est transformer la connaissance dans quelque chose d'utile, transformer la connaissance dans un produit. C'est ça un peu, notre idée ici, c'est comment est-ce qu'on transforme quelque chose qui est super en Europe, c'est la connaissance, dans des produits qui changent des vies.

Et Nuno, on est très fier de lui, c'est un type incroyable. Bon, on est quand même dans un lieu d'innovation, donc on est obligé, je pense, de parler de l'IA, de l'intelligence artificielle, surtout à Paris, on vient d'avoir le sommet de l'IA avec plein d'enthousiasme et beaucoup d'annonces, mais encore un peu de pessimisme qui traîne en Europe. Les gens qui pensent que face aux Américains, face aux Chinois, on ne va pas y arriver.

Monsieur le Président, qu'est-ce que vous en pensez ? Qu'est-ce que vous dites à ça ? Et est-ce qu'il y a quelque chose au delà de Mistral ?

D'abord, moi je pense qu'on peut toujours y arriver si on se donne les moyens, et qu'on a énormément de capacité à y arriver en Europe. Alors l'IA, il y a à la fois des gens qui en font peut-être trop, qui résument tout à ça, et d'autres qui pensent que c'est terrible. En vrai, l'IA, ça existe depuis assez longtemps.

C'est ce qu'on appelait avant le machine learning. C'est-à-dire qu'au fond, on a répliqué un système neuronal et on arrive par la démultiplication et des capacités de calcul, en effet, à transformer les choses, donc à traiter beaucoup plus de données. Et ce qui a impressionné tout le monde avec l'IA et ce qui a créé une forme de vertige, c'est quand on l'a appliqué au langage, c'est les fameux LLM, les Large Language Model qui ont un peu déstabilisé tout le monde en se disant que ce truc est comme une personne humaine.

Or ce n'est pas vrai, c'est une machine qui par sa capacité de calcul, réussit à mettre des mots après les autres, mais elle ne ressent pas la même chose que vous et moi dans les phrases. Je dis ça tout de suite parce que moi je ne crois pas du tout à l'idée que ce sera une intelligence qui se substituera aux humains. Par contre, c'est un outil extraordinaire pour innover beaucoup plus vite et réussir à perforer justement, à faire de l'innovation de rupture dans plein de domaines.

Alors aujourd'hui, en fait, on a des forces en Europe, je pense qu'il y en a beaucoup dans la salle. Notre grande force en Europe, c'est les talents. On est sans doute, rapporté au nombre d'habitants, l'endroit du monde qui forme le plus de chercheurs, de génies de l'IA, parce qu'on a plutôt des bonnes écoles et des bonnes formations en maths, en data scientist, c'est vrai en France, mais c'est vrai dans beaucoup de pays européens.

Et donc ça, c'est un vrai trésor. Le problème, c'est qu'on en a beaucoup qui partent travailler sur la Silicon Valley ou ailleurs, et donc il faut en former davantage, mais il faut qu'on arrive à les garder. Ça, c'est la première chose.

Et donc c'est tout ce qu'on a commencé à faire avec des chaires d'excellence pour mieux payer nos chercheurs en IA, etc. Et puis il faut avoir un écosystème qui permet de développer des entreprises qui vont les rémunérer, leur permettre de vivre mieux et de répondre à leurs défis. Ensuite, là où on est décroché en Europe, c'est les capacités de calcul.

Parce que, comme vous l'avez compris, si on veut réussir dans l'intelligence artificielle, il faut avoir ces énormes bêtes que sont les data centers ou les usines d'IA. Et là on a un problème, c'est qu'on est quand même très décrochés. On a aujourd'hui environ 5 % des capacités de calcul dans le monde, là où il faudrait avoir 20 % si on était à peu près au prorata de ce que nous représentons.

Et beaucoup de ces capacités sont aux Etats-Unis, juste après, c'est la Chine, et elles sont souvent dans des mains privées. Et moi, je suis très à l'aise avec le privé, je dis simplement que quand une innovation est 100 % dans le secteur privé et que les chercheurs académiques n'ont pas la capacité de suivre ça, ça peut devenir un problème. Donc là-dessus, nous, on s'est dit qu'il faut foncer, comment on a plus de datacenters ?

Et donc on a commencé à réduire notre dépendance au niveau européen. C'est toute la stratégie qu'on est en train de bâtir. Et pour cela, on a aussi un avantage et je le dis ici, dans votre pays qui est un des champions du renouvelable, la clé. il y a deux sujets quand on parle des data centers et de l'IA, qui sont des sujets au fond de goulots d'étranglement, C'est les semi-conducteurs et c'est l'énergie.

Les semi-conducteurs, là, on a un problème, c'est que la catégorie de semi-conducteurs utilisée pour l'IA, les Européens sont un peu décrochés. Donc on produit des semi-conducteurs, mais plus pour la partie automobile, télécommunication. Pour l'IA, comme vous le savez, ces acteurs sont taïwanais, sud-asiatiques et américains.

Et donc là, il faut qu'on rattrape et qu'on investisse, y compris pour faire des projets conjoints, mais qu'on fasse des semi-conducteurs chez nous de cette catégorie. Par contre, l'énergie, en vrai, on est mieux placés que les Américains. Parce que quand vous entendez parler des 500 milliards du grand projet américain, ils n'ont pas encore les capacités énergétiques pour brancher.

Et qu'est ce qu'ils feront ? « Drill, baby, drill! » C'est-à-dire qu'ils vont faire des énergies fossiles pour produire cette énergie.

Et nous, comme je le disais d'ailleurs au sommet, j'ai dit : « Plug, baby, plug », on a l'énergie disponible. parce que nous, La France, l'année dernière, elle a exporté 90 térawattheures d'énergie décarbonée produite avec le nucléaire. C'est pour ça qu'on a pu annoncer 109 milliards d'investissements.

Ce sont des investissements d'Américains, de gens du Golfe en France, parce qu'en fait, ils vont faire plusieurs datacenters. Alors c'est très capitalistique, mais on a notre énergie, on a des sites disponibles, on va aller vite, on mobilise les financements parce qu'en ce moment c'est très chaud et on doit retrouver, et ça, c'est ce qu'il faut faire partout en Europe où on peut pour en quelque sorte rattraper ce retard. Je dis ça parce que c'est clé.

C'est la possibilité d'avoir des bons acteurs et d'avoir des acteurs compétitifs, sinon, dès qu'on aura des champions, ils seront attirés ailleurs pour aller entraîner leur modèle ou développer leurs capacités là où il y aura des data center. Donc là, en Europe, il faut foncer pour faire des data centers avec de l'énergie décarbonée et rattraper ce retard. Et puis après, il y a en fait deux choses.

Il y a en effet les LLM, donc on a Mistral que Roxane a évoqué, qui est un champion européen, il y en a d'autres qui sont en train d'émerger. Et au fond, notre conviction, c'est qu'on peut avoir des modèles plus frugaux que les Américains. Les Américains sont très forts, ils sont partis sur des modèles généralistes ouverts comme OpenAI, ça demande beaucoup d'énergie, beaucoup de capacité de calcul.

Ça va un peu dans tous les sens. C'est une très belle réussite, mais on peut les prendre de deux manières. La première manière, c'est ce qu'ont fait les Chinois avec DeepSeek, c'est par le haut.

On met quelques chercheurs pour aller récupérer ce qu'il y a en innovation ouverte et on essaie de tirer un autre modèle. Moi, je souhaite qu'il y ait des Européens qui fassent un DeepSeek européen, c'est clé. Mais il y a une autre manière de faire qui est de dire qu'on fait des modèles de langage qui sont un peu plus frugaux, un peu mieux finalisés, un peu plus adaptés à leur client et leur utilisation.

Et là on est assez bon, et c'est ce qu'a fait Mistral, et il y aura d'autres Mistral européens. La clé derrière ça, si on veut être bons, autre message, donc premier message, c'est on utilise notre énergie et on fait des data center en Europe, deuxième message, on garde nos talents, troisième message qui est clé, on développe des modèles à nous et on les utilise. Et là où on n'est pas très bons en Européens, c'est qu'on a souvent tendance à utiliser les solutions des Américains.

Et à chaque fois qu'il y a une solution européenne, utilisons européen parce qu'en fait on crée des clients, de la profondeur de marché et on arrive aussi à créer une IA qui sera nativement européenne. Et l'IA, c'est plein de biais, parce que vous comprenez que l'IA se forme, que ce soit un modèle de langage ou autre, sur la capacité de données qu'elle va collecter et donc comme nous tous, on a des biais qui sont notre enfance, les livres qu'on a lus, les gens qu'on a croisés, on a plutôt envie qu'elle lise nos livres et qu'elle croise des gens qu'on aime, liés à cette IA, et donc que ce soit une IA européenne. Mais il faut qu'on ait une préférence européenne en général, moi j'en suis convaincu dans l'industrie et l'innovation, mais en particulier pour l'IA.

Et donc il faut vraiment qu'on développe ces écosystèmes, et c'est pour ça que des lieux comme celui-ci, Station F, qui crée des écosystèmes, c'est très important parce que ça va permettre aussi de croiser les usages et de permettre à des IA européennes de s'installer. Et puis enfin, c'est les utilisations verticales. La révolution de l'IA, c'est lorsqu'on peut l'utiliser par exemple en santé, par exemple dans l'énergie.

Et l'IA, vous parliez à l'instant de santé, l'IA, c'est en effet une révolution en matière de santé parce que c'est avec l'IA qu'on va pouvoir affiner des jumeaux numériques, qu'on est en train de bâtir des traitements et des diagnostics qui sont beaucoup plus simples. Avec l'IA, on va pouvoir...

On est en train de commencer à pouvoir, par exemple, sur la base d'un cliché, détecter des pathologies qui supposaient avant de faire des biopsies. Donc vous voyez que ça va beaucoup plus vite, c'est beaucoup plus prédictif, ça améliore la médecine préventive, ça l'individualise. Et ça, c'est avec l'IA.

Et donc là, la clé, c'est la même chose que ce qu'il a dit, c'est de ne pas laisser l'IA dans son sillon. C'est de mettre l'IA avec le healthcare et la biosciences, c'est de mettre l'IA avec les meilleurs de l'énergie. Et ça, c'est la stratégie du cluster.

Par exemple, à Villejuif, tout près de Paris, on a l'institut Gustave Roussy qui est un des champions européens de la cancérologie, c'est le premier d'Europe, le troisième ou le quatrième dans le monde. On a décidé de mettre plusieurs centaines de millions d'investissements pour y mettre de l'IA et on a déjà commencé à bousculer des traitements et des diagnostics en croisant les deux. Donc voilà ce qu'il faut à mes yeux faire pour l'IA.

Donc aujourd'hui on est en retard par rapport aux Américains, mais on a une capacité pour rattraper ce retard qui est tout à fait présente et réelle, et possibles. Mais il faut qu'on aille beaucoup plus vite, beaucoup plus fort, et qu'on attire ces investissements en essayant de travailler autour de ces quelques points de stratégie. Entièrement d'accord, Merci beaucoup.

En fait, j'ai dit tout ça, mais elle connait beaucoup mieux l'IA que moi. Du tout, du tout Monsieur le Président, je n'oserais pas ! Non mais franchement, entièrement d'accord.

Et Monsieur le Maire, on vient d'évoquer l'Europe et une possibilité pour nous aussi de prendre cette place devant nous. C'est un sujet que vous, vous connaissez très bien. Nous, on s'est connu quand vous étiez commissaire, et au cœur de plein de décisions en lien avec la science et la tech, qu'est-ce qu'il reste à faire ?

Et surtout, comment les villes comme Lisbonne, comme Paris, comme plein d'autres villes en Europe peuvent faire partie de la solution ? Bon, je dirais que quand j'entendais le Président et tout d'abord, je sais que la presse est là, je voulais vous dire, comme Portugais, Monsieur le Président, qu'on est très, très rassurés de vous voir aux Etats-Unis. Le monde est dans un moment très compliqué et la façon dont vous avez été avec le président Trump, ça a été très, très important pour l'Europe et on se sent très rassurés.

Je vous entendais par là et je suis désolé, mais je voulais le dire. Merci. Merci comme Européens. [INAUDIBLE] m'a aussi beaucoup aidé quand j'étais commissaire puisqu'elle était dans ce rapport que je voulais te rendre ce jour-là.

Et je voulais dire quelque chose, on a les meilleurs, dans la science, on est les meilleurs. Tu sais, en 2014, je me souviens d'avoir cette conversation avec le Président. J'étais commissaire, il y a trois personnes qui sont venues me voir.

Les trois étaient européens. L'un s'appelait Ugur Sahin, il est allemand, il a développé le vaccin Pfizer pour le Covid. Le deuxième était [INAUDIBLE], Il était autrichien, il avait une boîte qu'on appelait [INAUDIBLE] et il a aussi développé un vaccin avec l'Arena.

Et le troisième, c'était Stéphane Bancel qui a créé Moderna, que tout le monde connaît bien ici. Et donc la science fondamentale, c'est notre fort. Et quand on pense au futur, le futur ne sera pas le passé, donc comme on dit alors qu'elle va être la prochaine Google ou le prochain Amazon.

Non, le futur, ça va être de la science fondamentale transformée avec l'intelligence artificielle, avec la technologie Quantum, avec tout ça, avec la mécanique et la physique qui croise avec la science sociale. Alors quand on parle des problèmes, oui, on a des problèmes et on les connaît bien, on connaît bien les problèmes. Le premier, c'est l'échelle.

Il y avait un très grand astronaute italien qui un jour me disait : « Tu sais, quand il y a une pyramide et tu veux lever le sommet, il faut élargir la base ». Et donc l'Europe, aujourd'hui, quand on voit que les financements pour l'innovation au niveau public en Europe, il est à 7 % de tous les financements de tous les pays européens, c'est-à-dire qu'on n'est pas en train de le faire avec l'Europe, on est en train de faire pays à pays. Et c'est là que je pense que c'était extraordinaire avec le sommet de l'IA, c'est de mettre tout le monde autour de la table et de dire « Combien vous donnez ? 109 milliards, c'est ça, mais on le fait ensemble ».

Et donc l'échelle est très, très importante dans l'innovation. Et nous, en Europe, pendant des années, on était là, chacun de notre côté, donc en train de changer et je pense que le futur sera mieux. Deuxièmement, c'est le financement.

On a aujourd'hui un problème que aussi le président Macron a beaucoup travaillé, c'est les marchés de capitaux. Aujourd'hui, le financement de l'innovation en Europe, c'est 70 % les banques, 30 % le financement des marchés, comme le private equity. Aux Etats-Unis, c'est le contraire, 30 % c'est la banque, 70 % c'est les marchés de capitaux.

Donc on a besoin rapidement d'une union des marchés de capitaux en Europe et de le faire. Et donc, je dirais qu'on a ces deux problèmes. Comment est-ce qu'on change un paradigme où les banques, les banques, elles ne comprennent rien à l'innovation, je suis désolé, je parle comme ça, mais ce ne sont pas les banques qui vont résoudre l'innovation, ce sont les marchés de capitaux.

Donc on a un problème d'échelle, un problème de financement qu'on est en train de résoudre, mais il ne faut pas avoir...

J'ai aucun doute, aujourd'hui à Lisbonne, dans des fondations comme [INAUDIBLE], il y a des Américains, il y a les chercheurs qui viennent, ils veulent venir aujourd'hui en Europe, donc on a une opportunité énorme et c'est pour ça que j'ai fait ces liens avec toi à Washington, parce que je pense que c'est ça, c'est de prendre l'opportunité. C'est ce que tu as fait aussi avec le sommet de l'IA, mettre tout le monde autour de la table et dire que 109 milliards, c'est exactement comme aux Etats-Unis. Et en plus, on a la capacité de le faire.

Et donc il faut arrêter de dire du mal de l'Europe. Il faut arrêter de penser qu'on ne peut pas, parce qu'on peut. La preuve, c'est ce que le Président de la France vient de dire.

Et donc quand je vois les gens qui sont constamment avec l'Europe, oui, en l'Europe, on est vraiment très bons. Et donc je dirais qu'il faut changer. Et c'est cette attitude, je pense qu'il y a une question d'attitude, et les politiciens européens, pendant des années, étaient dans cette attitude un peu négative.

Et donc ce que j'ai vu, j'ai vraiment eu de la peine de ne pas être là pour le sommet de l'IA parce qu'il y avait une énergie. Quand tu as parlé à la fin qu'il y avait tous ces gens autour, tu étais au milieu, tu parlais, c'était incroyable. On sentait la vibration qu'il va y avoir en Europe dans ce thème de l'intelligence artificielle.

Donc c'est ça, je peux te dire du bien de l'Europe, j'arrive pas à faire le contraire, mais je sais que....

Super ! Bon, j'ai une dernière question, surtout parce qu'on m'a mis la pression pour ne pas dépasser l'heure. Monsieur le Président, on a un peu évoqué du coup tout ce qui se passe aux États-Unis, vous étiez à Washington il n'y a pas très longtemps.

Je pense qu'il y a beaucoup d'entrepreneurs qui se posent la question, est-ce qu'il faut qu'on change de stratégie ? Est-ce qu'il faut qu'on change quelque chose ? Quel est le message que vous avez envie de...

Je suis d'accord avec ce que Carlos a dit. Alors est-ce qu'il faut qu'on change quelque chose ? Il faut qu'on s'améliore.

Mais je crois qu'on vit dans un moment, quand on regarde ces dernières semaines, ces derniers mois, un peu hypnotique, c'est-à-dire qu'on a l'impression qu'il y a des gens qui sont d'un seul coup totalement fascinés par ce qui se passe, et d'autres qui sont totalement sidérés parce que le ciel leur tombe sur la tête. Mais tout le monde est un peu passif, ou fasciné par l'autre. Non.

On doit être acteur. Et en vérité, quel autre endroit dans le monde a autant de complexité que l'Europe ? Parce qu'on l'a oublié, moi je veux rappeler d'où on vient.

En 1945, on était un continent qui n'était pas fichu de tenir sans guerre civile plus de 20 ans. C'était ça, de ce qu'on faisait depuis deux millénaires. C'était ça l'Europe.

C'est un continent génial, mais pour reprendre une formule qui était plutôt adaptée aux Balkans, on était un continent qui produisait plus d'histoire qu'il ne pouvait en vivre. Donc il y avait des drames tout le temps, il y avait des génies, il y avait des trucs formidables. C'était la civilisation, mais des guerres civiles en permanence.

L'Europe, c'était des histoires de guerre civile aussi, beaucoup. Et donc l'Europe est née pour produire d'abord de la paix, de la paix et de la prospérité après-guerre. Notre Europe l'a fait.

Nous n'avons plus de guerre civile européenne depuis ce moment-là. C'est un trésor. Regardons cela.

Ensuite, deuxième aventure, on s'est dit au début des années 1980 qu'on va faire un marché. On est trop petit, on va faire un marché pour mieux vivre, pour créer de la prospérité. Ça a été vraiment les avancées formidables de l'Acte unique nous conduisant jusqu'à une monnaie commune.

Les gens disaient que c'était une folie, à l'époque. On l'a fait. On est devenu un marché.

Et aujourd'hui, la mue qu'il faut faire, il faut devenir une puissance parce que nous ne le sommes pas. On se vit, on est un marché, on est un lieu en paix, mais on est un peu amorphe. Vous voyez ce que je veux dire ?

On ne se projette pas suffisamment. Et donc, on l'évoquait à l'instant en parlant des océans juste avant de vous rejoindre, le Portugal comme la France sont des puissances maritimes. On est toujours parti au large sans savoir ce qu'on allait forcément trouver.

On ne peut pas être un continent où tout est déjà écrit. Ce n'est pas vrai. Et donc on doit retrouver davantage le goût du risque, et assumer d'être une puissance, nous les Européens.

Et qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'on doit prendre conscience que nous sommes un espace politique de 450 millions de citoyens. C'est plus que les Etats-Unis d'Amérique.

Et donc on doit produire nos solutions technologiques nous-mêmes, on doit les protéger. On est le seul endroit du monde qui ne protège pas. Aux Etats-Unis, il y a un Buy American Act.

Les Chinois, on les adore, mais je vous défie de rentrer dans le marché chinois quand vous venez d'Europe de manière sympathique. On est les seuls qui préférons ce qui vient d'ailleurs que chez nous. Donc il faut produire nos solutions technologiques, il faut défendre nos économies, il faut investir bien davantage, c'est ce goût dans l'avenir que j'évoquais, il faut retrouver le goût du risque en européen.

Or, nous, on a un modèle financier, je ne veux pas être trop technique, Carlos a ouvert, mais qui, par nos régulations d'ailleurs, investit beaucoup trop dans l'obligataire. Nous, on investit sur ce qui est plus sûr, mais qui a un rendement faible et qui ne finance pas l'innovation. Donc il faut changer cela très profondément, retrouver ce goût du risque et assumer d'être une puissance, c'est-à-dire aussi de nous défendre.

Et donc, nous Européens, de retrouver cette capacité à nous défendre nous-mêmes sans dépendre de...

En restant dans l'alliance, mais sans dépendre des autres. Et donc retrouver en quelque sorte le goût du risque, le goût de l'avenir, le sens d'une puissance, c'est ça le défi. Au moment où les Etats-Unis sont dans un grand changement, qu'est-ce qu'on doit faire ?

On doit les garder près de nous, Parce que je pense qu'on n'a pas besoin de divisions, mais on va devoir vivre avec de l'incertitude. C'est ça la réalité. Parce que les choix que les Américains sont en train de faire, en tout cas, cette administration, elle va produire de l'incertitude géopolitique, mais aussi économique, on a tous entendu ce qui allait se passer sur les tarifs.

Et donc, qu'est-ce qu'on doit faire face à l'incertitude ? Agir. Et donc oui, on est un continent formidable, mais on doit aller plus vite, investir davantage, simplifier les choses, intégrer ce marché pour qu'il soit véritablement un marché où, quand vous créez une start-up ici, votre marché domestique n'est pas le Portugal, mais tout de suite ces 450 millions d'habitants.

Et se penser, nous penser comme une puissance. C'est ça la révolution qu'on doit faire. Et ça, c'est un sursaut parce que ça a un coût, parce que ça veut dire qu'on va devoir investir pour nos enfants.

Ce sont des choix très profonds qui vont changer beaucoup de choses parce qu'il va falloir créer un budget européen totalement différent. Il va sans doute falloir faire ce qu'on a été capable de faire pendant le Covid, qui était d'investir ensemble, d'emprunter ensemble. Il va falloir le faire pour préparer l'avenir. et donc je pense que la réponse elle n'est pas dans une soumission.

Je ne suis pas pour la vassalisation heureuse. Il y a un choix. Je vois plein de gens dans notre Europe dire qu'on va devoir être gentil avec les américains, que ça va passer, qu'il faut courber l'échine.

Il faut être poli, mais il faut défendre ce que nous sommes et notre avenir n'est pas dans la vassalisation heureuse. Il est dans la défense respectueuse de nos principes, de notre histoire, mais dans une volonté ambitieuse d'aller plus loin. Moi, je veux que l'avenir de nos enfants se passe dans cette Europe qui s'est bâtie sur un processus de civilisation, qui est fière de ce qu'elle est, et qui doit retrouver ce goût du risque, de l'ambition et de la puissance.

Ce n'est pas un gros mot, au contraire. Bon, avant de terminer, Monsieur le Maire, je vous repasse la parole parce qu'il me semble que vous avez peut-être quelque chose. J'avais une petite surprise pour toi, et là je pense que je vais un peu rompre le protocole, parce que je sais qu'il y a un groupe d'étudiants du lycée français de Lisbonne qui est là, et je voulais faire quelque chose de très protocolaire, je voulais qu'ils soient ici avec moi.

Donc les étudiants du lycée français, venez ici avec moi, parce que on va...

Venez ! Ce n'était pas prévu, je suis désolé. [INAUDIBLE] Donc, je voulais faire, au nom des Lisboètes, te donner la clé de la ville de Lisbonne.

Je le voulais vraiment de tout cœur, Monsieur le Président, cC'est quelque chose qu'on fait pour les chefs d'État. Mais pour toi, Monsieur le Président, et au nom de l'amitié et de tout ce que tu as fait, toujours pour Lisbonne, pour le pays que tu aimes, le Portugal, je voulais que tu aies la clé pour rentrer toujours chez toi. C'est chez nous.

C'est cette Lisbonne incroyable avec des gens incroyables. Monsieur le Président. Merci à vous deux.

Monsieur le Président, Monsieur le Maire-- Merci à tous et bon courage ! Et ne lâchez rien !