Prix, impôts, taxes : attention au "ras-le-bol" #cdanslair 31.08.2023
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 80 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 58:44RelanceRéponse directe
Bruno Le Maire avait parlé d'un reflux des prix à la fin de l'été, n'est-ce pas le contraire qui se produit ?
- 59:52OuverteRéponse partielle
Amandine en Haute-Savoie, les tarifs de l'électricité vont-ils continuer à grimper ? L'État a-t-il prévu de nouvelles aides ?
- 1:00:52OuverteRéponse directe
Jérôme en haut de Vienne, pour ma part 292 euros de hausse de taxes foncières à Limoges, je vais donc moins consommer.
- 1:01:59RelanceRéponse partielle
Le gouvernement se moque-t-il des français lorsqu'il dit que les impôts n'augmentent pas ?
- 1:03:28OuverteRéponse directe
Un soulèvement social est-il possible ? Les gilets jaunes sont sortis pour moins que ça non ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 59:09InvitéPromesse
« si à la fin de l'année l'inflation n'est pas revenue à disons à 3%, là ce sera un échec politique lourd pour le gouvernement. »
- 1:00:35InvitéFait
« les prix du gaz sont revenus à peu près à leur niveau d'avant crise. »
- 1:03:22InvitéPromesse
« ça devrait être au début de l'année prochaine pour le régime général les retraites de base et au mois de novembre pour les retraites complémentaires. »
Temps de parole
- Présentateur43 %
- Invité20 %
- Invité 218 %
- Invité 315 %
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Le premier président de la Cour des Comptes met en garde attention au consentement à l'impôt, c'est fragile. Attention au ras-le-bol fiscal, dit Pierre Moscovici. Il faut dire qu'en cette rentrée, les augmentations saisissent les consommateurs et les contribuables de retour de vacances. Transport, énergie, produits alimentaires, mais aussi taxes foncières, taxes d'habitation pour les résidences secondaires, augmentation de la franchise sur les dépenses de santé avec une inflation qui continue d'essorer les ménages et des prix qui sont repartis à la hausse au mois d'août avec plus 4,8%.
Le gouvernement tente de mettre la pression sur les industriels et martèle qu'il n'y aura pas de hausse d'impôt en cette rentrée. Un message de moins en moins audible dans le quotidien des Français. Prix, impôts, taxes, attention au ras-le-bol, c'est le titre de cette émission. Avec nous pour en parler ce soir, Dominique Seux, vous êtes directeur délégué de la rédaction des Echos et éditorialiste sur France Inter. Avec nous ce soir, Mathieu Plannes, vous êtes économiste pour l'Observatoire français des conjonctures économiques. Nathalie Saint-Cricq, vous êtes éditorialiste politique pour France Télévisions.
Enfin, Jérôme Fourquet, vous êtes directeur du département Opinion de l'Institut de sondage IFOP. Je cite votre livre, La France sous nos yeux, paru aux éditions du Seuil. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct. C'est un chiffre et c'est un peu une douche froide quand même, Dominique Seux.
L'inflation ? Absolument, parce qu'au mois d'août, on vient de l'apprendre, l'inflation 4,8%, vous le disiez. Alors, sur un an, les prix n'ont pas augmenté de 4,8% au mois d'août. On prend le mois d'août par rapport au mois d'août de l'année dernière. Mais c'est un peu plus que le mois précédent. Alors qu'on était ces derniers mois sur une courbe légèrement, une pente légèrement descendante, là, on se pose la question. Alors, il y a une explication qui est les prix de l'énergie. On sait, et chaque Français a constaté que le prix d'électricité a augmenté de 10% le 1er août. Bon, ben voilà, ça se retrouve dans le chiffre à la fin.
Et chacun constate s'il y a une voiture, une voiture qui n'est soit électrique pour l'électricité, soit essence diesel ou autre, que les prix à la pompe sont quand même très élevés. Donc, ça fait un chiffre qui est effectivement élevé. Mais ce qui inquiète le plus, je crois, les Français, ce n'est pas le chiffre macroéconomique. C'est à l'intérieur de ce chiffre, c'est l'alimentation.
Vous avez raison, et on va beaucoup en parler. Il y a 11% sur l'alimentation. On va en reparler parce qu'il y a une initiative du gouvernement sur les prix de l'alimentation. Mais juste, on fait la petite photographie de la rentrée. Pourquoi on parle de ce chiffre ? Parce que, Mathieu Plain, je me tourne vers vous, on nous avait dit, le pic de l'inflation est derrière nous. On nous avait dit, il y aura une baisse qui s'est produite d'ailleurs à partir du mois de juin. Sous-entendu, le mauvais sketch de la rentrée 2022, c'est fini, on est en 2023, on passe à autre chose. Ce n'est pas vraiment ce qui nous attend. Est-ce qu'on a une visibilité d'ailleurs sur ce qui peut se passer ?
On a une légère visibilité, mais effectivement, il y a quand même beaucoup de brouillard autour de tout ça. Dominique l'a rappelé, les prix de l'énergie sont assez volatiles. Ils bougent beaucoup, notamment les prix du pétrole. Et ça contribue assez rapidement à cette inflation. Le pic est plutôt derrière nous, mais on reste avec une inflation élevée. C'est-à-dire une inflation proche de 5% par an. On n'a pas vu ça depuis le début des années 80. Certainement, on va se rapprocher progressivement de 2%, mais ça va prendre plusieurs trimestres, voire plusieurs années, pour revenir à une forme de stabilité sur les prix.
Et puis, on voit que, par ailleurs, on a des effets qui commencent de second tour, malgré tout. C'est-à-dire qu'il y a des augmentations de salaires qui se produisent, qui sont normales, pour récupérer ces pertes de pouvoir d'achat, parce que les prix ont augmenté plus vite que les salaires jusqu'à présent. Mais pour le moment, là, on commence à avoir des salaires plus dynamiques et qui se répercutent aussi progressivement à l'ensemble des économies. Et puis, dernier point, les prix de l'alimentaire sont à 11%. C'est moins élevé que les 13% qu'on avait atteints ou 14%. Mais quand vous regardez mensuellement, ces prix ne baissent pas.
C'est-à-dire qu'on a une forme de plateau sur les prix, mais on n'a pas une baisse des prix de l'alimentaire. Sur 3 ou 4 mois, on a une augmentation de l'ordre de 1%. Mais ils ne baissent pas, ce qui était un engagement de baisse. Aujourd'hui, il n'y a pas de baisse. En tout cas, quand on regarde mois par mois.
Et si l'on en croit Alexandre Bompard, le patron de Carrefour, sur 2 ans, c'est 20% de hausse des prix de l'alimentaire.
Oui, parce que ça, c'est un point important. Les chiffres et statistiques sont un peu complexes. C'est-à-dire qu'on parle de glissement annuel, donc d'une année sur une année. Mais si on regarde depuis le choc d'inflation, c'est-à-dire que maintenant, presque 2 ans, les prix ont augmenté globalement de 11%. C'est 20% pour l'alimentaire et c'est 30% pour l'énergie. Donc, en fait, le choc inflationniste que ressentent les gens, c'est par rapport à la vie d'avant, j'allais dire.
Oui, c'est ça.
Et donc, le 4% ne veut pas dire grand-chose. En fait, les prix ont augmenté de 11% sur 2 ans, dont 20% pour l'alimentaire. Donc, la facture liée à l'alimentaire, c'est beaucoup plus qu'avant.
Et avec ce que dit... Pardon.
La relativement bonne nouvelle quand même, et Mathieu Plannes le dit à l'instant, c'est que ces derniers mois, les prix alimentaires notamment, se stabilisent plus tôt. On a un effet sur les chiffres globaux, un effet de traîne de ce qui s'est passé à l'automne dernier et en janvier-février. Donc, j'ai envie de dire, mais on en parlera, que le gouvernement fait un peu martialement des mesures et les distributeurs s'engagent, les industriels aussi. On va en parler, bien sûr, on va le voir. Mais en fait, ils sont en train d'accompagner un mouvement qui va se protéger de toute façon.
Oui. Juste avec vous, Dominique, parce que sinon, on n'en reparlera pas. On a vu que les grands argentiers du monde se sont réunis à Jackson Hall, les patrons des banques centrales, et ils ont dit, on va continuer à augmenter les taux parce qu'en fait, on n'arrive pas à enrayer l'inflation.
Exactement. Ils disent, nous, aux États-Unis, l'inflation est un peu au-dessus de 3. En Europe, elle est donc entre 5 et 6 au total. Et les grands argentiers disent, nous voulons la ramener à 2%. Et tant qu'on veut la ramener à 2%, on va continuer d'augmenter les taux, c'est-à-dire les taux du crédit pour acheter une voiture, pour acheter un bien immobilier. La grande question, mais alors il faudrait un temps énorme pour en parler, c'est, ont-ils raison de vouloir redescendre l'inflation à 2% ? Est-ce possible ? Alors qu'il y a, on sait que la transition écologique, par exemple, ça va être cher. Donc, est-ce que c'est raisonnable de vouloir aller à 2% ? Est-ce qu'on ne doit pas se dire ?
On est dans une inflation, on revient, système, une inflation qui est plutôt autour de 3-4% et il faut que les salaires suivent et on est dans un autre monde économique que celui qu'on croit, auquel on rêve encore.
En tout cas, ils ont un raccord, la Banque Centrale Européenne et la FED.
C'est un souci parce que c'est la double peine pour les ménages, en fait.
Pourquoi ?
C'est-à-dire que l'inflation, ils la payent, qui est une dépense contrainte, l'énergie ou l'alimentaire. La hausse des taux, ça renchérit le coût du crédit. Donc les ménages payent plus cher leur crédit. Donc si vous voulez, l'idée c'est de ralentir l'inflation pour stopper la demande, c'est-à-dire que vous augmentez les taux pour qu'il y ait moins de grands, mais sauf qu'en France, la consommation diminue. Depuis un peu plus d'un an, on est à un peu plus de 1%. Et dans l'alimentaire, on est à plus de 10% de baisse de consommation.
Il y a un tsunami de déconsommation, on va en parler dans un instant.
Et donc ça, la hausse des taux, là-dessus, accentue l'effet difficile pour les ménages les fins de mois.
Pardon, je vous contrains, parce qu'on a des choses derrière, vous allez voir. Non, juste cette phrase de Bruno Le Maire qu'on a citée rapidement, il dit que l'inflation, c'est un impôt chez les plus modestes. C'est comme ça que c'est perçu ? C'est perçu comme un prélèvement sur le salaire. C'est-à-dire que quand on pouvait, à salaire constant, s'offrir un certain nombre de produits, aller chez le coiffeur, s'offrir de la viande plusieurs fois par jour, même si ce n'est pas bien, on ne peut plus. Et ce qu'expliquent également les distributeurs, c'est qu'il y a un déclassement qui va avec, parce qu'avant, parfois, on s'achetait des marques nationales.
Je ne vais pas les citer, c'est de la marque. Après, certains ont parlé à la marque distributeur, avec l'impression quand même, et puis d'autres sont marques entrées de gamme. Donc, il y a une impression de paupérisation, de déclassement, qui est quelque chose qui, en France, est très vif. Et donc, effectivement, d'où les mesures qu'il a annoncées, qui feront leur effet, mais pas forcément tout de suite. Et on verra dans un instant un reportage des équipes de C'est dans l'air avec ceux qui sont juste en-dessus, comme avait dit Emmanuel Macron, les classes moyennes, justement, qui sont dans le profil que vous venez de présenter. Exactement, dans la cible de ceux qui...
C'est vrai qu'on n'imaginait pas, l'année dernière, refaire une émission comme celle qu'on est en train de faire ensemble, de se dire qu'on est quand même dans une histoire qui se répète, alors que le gouvernement n'avait peut-être pas forcément anticipé cette rentrée. J'en sais rien, d'ailleurs. En tout cas, l'inflation, le pouvoir d'achat, le prix de l'énergie, plus les impôts et les taxes. On va en parler de la taxe d'habitation pour les résidences secondaires et la taxe foncière. La petite musique sur le ras-le-bol, elle commence à pointer son nez.
Oui, alors, on peut prendre quelques chiffres. Je vais remonter un peu plus loin qu'il y a deux ou trois ans. En 2010, lors de la précédente crise économique, 54% des Français disaient, une fois que j'ai tout payé, j'ai la capacité de mettre un peu d'argent de côté à la fin du mois. Oui. En novembre dernier, on n'était plus qu'à 37% de Français qui disaient, j'ai la possibilité de mettre un peu d'argent de côté. Donc, on voit bien là, c'est l'idée d'un impôt déguisé, c'est l'inflation qui passe par là, en disant, voilà, ma marge d'ajustement se rogne.
Et donc, ce n'est pas un hasard si on voit que la question du pouvoir d'achat est, depuis deux ans ou trois ans maintenant, la priorité numéro un des Français. Et donc, ils se tournent vers la grande distribution pour obtenir des baisses de prix. Ils demandent, ils sont très vigilants sur la politique fiscale du gouvernement. Et autre élément qui rentre dans l'équation, vous en avez un peu parlé, là aussi, c'est un changement de monde total. C'est qu'aujourd'hui, les Français ont très bien intégré la baisse du chômage. On est à 7%. Il y a eu des dizaines de cèdes en l'air sur le chômage. Et donc, aujourd'hui, c'est en milieu de tableau la préoccupation sur le chômage.
Et donc, les priorités économiques ont complètement pivoté. Et pourquoi c'est lié ? C'est aussi lié parce que dans les secteurs où on est en tension, typiquement la restauration, on a pu demander des augmentations de salaire qui se retrouvent ensuite dans les augmentations de prix. Et donc, c'est un peu ingrat pour le gouvernement.
C'est-à-dire qu'il y a eu des résultats sur le chômage mais que maintenant, il faut essayer d'éteindre l'incendie qui a des répercussions économiques mais à la fois sociales et psychologiques et politiques puisque le fait de voir son pouvoir d'achat rogner, si mon pouvoir d'achat est rogner, c'est qu'en tant que citoyen consommateur, je ne peux pas exercer mon droit à consommer de manière pleine.
Et sur des délaces de plaisir, surtout. Parce que les études, en fait, c'est ce qu'on enlève en premier. Évidemment, c'est ce qui n'est pas nécessaire. Les petits extraits, aller au restaurant,
emmener les enfants au cinéma. Et donc, si ça, je ne peux plus, si je suis obligé de descendre dans le statut de la grande surface que je vais fréquenter, on ne citera pas de marque, eh bien, ça veut dire que je ne fais plus vraiment partie de cette grande place. Il y a peut-être une catégorie dont on ne parle pas encore mais dont on va beaucoup parler cet automne, ce sont les retraités. Peut-être qu'un certain nombre de retraités nous regardent. On parle des salariés. Effectivement, les salaires ont progressé. Les salaires ont progressé. Mais pas les retraites. Mais les retraites, c'est rendez-vous.
C'est au 1er janvier, au moins de novembre pour les retraites complémentaires, mais on ne sait pas de combien. Et le gouvernement qui s'attendait probablement à ne pas devoir relever beaucoup les retraites puisqu'il pensait que l'inflation se serait bien calmée, eh bien, il va falloir sortir des milliards d'euros.
Et il peut les sortir, les milliards d'euros ?
Alors, on rentre dans un débat sur les finances publiques.
Mais oui, c'est le débat transversal.
Absolument, mais les retraités aujourd'hui se disent « Mais et nous ? » Et nous. Parce que quand les prix de l'alimentation augmentent, eh bien, évidemment, ça concerne ceux dont les revenus n'augmentent pas.
Il y en a peut-être quelques-uns qui vous regardent et qui vont vous poser des questions. C'est une avalanche de hausse, en tout cas, qui attend les consommateurs en cette rentrée. Je le disais, un taxe foncière, transport, énergie, fourniture scolaire, mais surtout alimentation. En deux ans, c'est 20% de hausse. Le ministre de l'Économie reprend son bras de fer avec les distributeurs et les industriels et promet aujourd'hui que 5000 produits seront au minimum bloqués ou repartiront peut-être à la baisse. Magali Lacroze et Nicolas Bidard. Ça y est, le voilà, le blues de la fin des vacances. Sur l'autoroute des retours, l'été, elle est bien terminée.
On va reprendre la route ?
Je prends le téléphone à maman, j'en ai besoin pour le GPS. Terminée la liberté. Après des vacances, au budget plus serré que d'habitude, la rentrée s'annonce salée. Cette année, c'était un peu compliqué et je pensais pas partir. Mais bon, on est resté en France, on a trouvé l'alternative de pas partir trop loin, mais moins longtemps. Mais c'est sûr que là, je vais pas aller m'attarder dans les petites boutiques et tout. Non. Alors, quand on est normal, oui. J'aurais pris des petits souvenirs, des petits machins. Et avant de reprendre la route, mauvaise nouvelle. Le plein coûte encore plus cher en cette fin août que début juillet.
1,87€ le litre de gazole, plus de 2€ pour le sans-plomb 98, 1,96€ pour le sans-plomb 95.
On fait attention et puis on fait beaucoup de... On se fait à manger nous-mêmes, déjà. Et puis voilà, bon, après, on roule tranquillement également pour pas consommer trop. À 2€ de litre, ça fait mal. Ça fait mal, mais il n'y a pas trop le choix, malheureusement. Le réseau ferroviaire est pas trop mauvais en France, mais il se délit de plus en plus. Il y a de moins en moins de petites gares qui sont desservies. Donc forcément, on est encore dépendant de la voiture.
Alors, pour inciter les Français à préférer le train, le gouvernement envisage une nouvelle taxe sur les transports les plus polluants. Reste que l'essence augmente, que les péages coûtent cher et que les aides carburants ne dureront pas indéfiniment.
Je vais être très honnête. L'État a fait beaucoup. Et quand l'État fait des chèques, on a parfois critiqué aussi la politique du chèque, on l'a assumé dans les moments d'urgence. Mais le chèque d'aujourd'hui, c'est l'impôt de demain. Donc il faut faire attention aussi à nos finances publiques. Donc finie la politique du chéquier dans ce domaine. On n'est plus dans le quoi qu'il en coûte, ça c'est clair.
C'est plus que prévu. L'inflation rebondit. Elle est de 4,8% sur un an au mois d'août.
Dans les supermarchés, inflation de 12,7% sur un an au mois de juillet dans les rayons. Des comportements de privation chez les Français.
Encore une autre mauvaise nouvelle pour la rentrée. L'inflation progresse, poussée par un nouveau rebond du prix de l'énergie. Et en août, dans les supermarchés, les prix ont augmenté de plus de 11% sur un an. De quoi faire mentir le gouvernement qui l'avait promis. Pas de hausse des prix à la rentrée. Distributeurs, industriels, tous ont été convoqués à Bercy pour trouver un terrain d'entente. A la télévision ce midi, Bruno Le Maire en profite pour étrier, nommément ceux qui ne baissent pas les prix, Unilever, Pepsi ou Nestlé.
Il était nécessaire de rappeler tout le monde à l'ordre. Je l'ai fait ce matin. Et il était nécessaire de conclure un accord global entre industriels et distributeurs. La confiance c'est bien, le contrôle c'est encore mieux. Donc on passera sur certains dispositifs par la voie législative pour s'assurer que les engagements sont tenus. Il y aura des contrôles sur les engagements qui sont pris par distributeurs industriels. 5 000 produits dont les prix ne doivent plus bouger ou bouger à la baisse.
Une sortie politique de plus pour le ministre, très critiquée par les oppositions.
Bruno Le Maire, il me fait rire, c'est un moulin à vent. Il parle beaucoup mais il agit peu. Concrètement, elles sont où les baisses de prix ? L'augmentation des marges dans l'industrie agroalimentaire, c'est à peu près 70% de plus en un an et demi. Et dans le même temps, vous avez plus de 20% d'augmentation des prix sur les produits alimentaires. Donc je dis juste qu'il me semble que c'est une mesure d'équité de justice élémentaire, de dire que quand des grands groupes s'en mettent plein les poches, il faut les mettre à contribution.
Et comme si cela ne suffisait pas, la taxe foncière cette année augmente très fortement, notamment à Paris, Metz, Grenoble, Bordeaux. En résumé, augmentation de la taxe foncière, de l'inflation, de l'électricité, des prix à la consommation, des prix de l'essence. Bref, après le blues de la fin des vacances, le blues de la rentrée. Alors revenons peut-être, je vous poserai cette question de Louise dans un instant, mais revenons peut-être sur l'annonce, ça s'appelle le name and shame, c'est-à-dire on cite les marques des grands industriels qui n'ont pas joué le jeu. C'est la première fois que le ministre de l'économie le fait. Alors il les a citées, les marques,
Nestlé, Unilever, PepsiCo, Nestlé, les esprits caustiques, et il y en a, diront, tiens, ce sont des marques étrangères. Et il a cité des bons élèves, Le Cieur, L'Oréal, Danone, ce sont des marques françaises. Quel heureux hasard. Mais en tout cas, l'idée, c'est de dire, parce que Bruno Le Maire avait menacé, en fait, les marques depuis un bout de temps, de dire, voilà les bons élèves, voilà les mauvais élèves. Pour l'anecdote, il a aussi cité au journal de Trésor de France 2 le Kiri, là, les petits carrés de Kiri, et il a dit, voilà, ils sont très mauvais, parce qu'auparavant, ils nous vendaient des petits carrés à 15 grammes, maintenant, c'est 14 grammes au même prix. Ça, c'est pas bien.
Mais c'est vrai que c'est pas bien. C'est vrai que c'est pas bien.
La France insoumise veut déposer une proposition de loi pour interdire, ça s'appelle la shrinkflation. Absolument. C'est-à-dire, on diminue les produits, on les vend au même prix.
Et on l'a tous constaté, les paquets de gâteaux, il y a un peu plus de vie, le paquet est un peu plus gros, mais en même temps, j'ai envie de vous dire, Caroline, c'est la concurrence qui doit aussi régler ça. C'est-à-dire, le client, le consommateur, va dans certains commerces ou va pas dans d'autres commerces.
La question est, face à cette inflation qui demeure, le gouvernement a-t-il des vrais leviers ? Lorsqu'il dit, je vais agir sur 5 000 produits, alors, il y a eu des paniers anti-inflation, on a compris qu'il n'y avait plus de chèques, mais est-ce qu'il a les moyens d'agir vis-à-vis des industriels et de la grande distribution pour faire baisser les prix ? Alors, clairement, Bernard Lemerf nous explique bien qu'on n'est pas dans une économie administrée et que le blocage est pris ou des choses comme ça, ce n'est pas possible.
Du côté des distributeurs, il y a une bonne volonté qui a été manifestement peut-être forcée ou peut-être un petit peu accélérée, qui est de leur dire, vous allez à 4 000 produits ou à 2 000 dans votre panier moins cher. Il ne faut pas oublier quand même que ce n'est pas évident que les gens s'en rendent compte parce qu'il y a 30 000 à peu près référencement. Donc, sur 30 000 produits, peut-être que ceux-là, ce n'est pas extrêmement nombreux.
En revanche, là où il a réussi quelque chose, à mon avis, c'est sur les industriels puisque quand on dit que les industriels n'ont pas baissé leurs coûts, c'est simplement que quand il y a eu la baisse de l'énergie, comme il y a eu une négociation des prix qui est annuelle, la baisse de l'énergie ne s'est absolument pas répercutée sur les prix. Et là, effectivement, le name and shame a pu servir. Et quand on dit, vous parlez de la concurrence, il y a des certains produits où il n'y a pas une concurrence qui est monstrueuse. Donc, on n'a pas forcément le choix.
Notamment, un domaine, par exemple, qui m'a été cité cet après-midi sur la nourriture pour animaux, en disant que ce n'est pas quelque chose d'anecdotique parce que, d'abord, les personnes âgées aussi sont très attachées, tout le monde est très attaché. Et là, c'est un secteur dans lequel on en a profité largement pour augmenter, je ne citerai peut-être pas le groupe, mais notamment Mars, on a un peu profité.
Quand on entend l'ancien président François Hollande chez nos confrères de France Info dire attention, attention, le reste à charge sur les dépenses de santé, attention, on est dans un moment où les taxes foncières arrivent, où on verra à la fin de cette émission que les taxes d'habitation sur les résidences secondaires augmentent aussi. Est-ce qu'il y a un climat qui est un peu différent de celui de l'an dernier où on expliquait ça monte, mais c'est la faute de la guerre en Ukraine, c'est la faute des Russes ?
Oui, et on pourrait ajouter aussi dans des décisions gouvernementales le projet de passer le paquet de cigarettes à 12 euros en moyenne. Ça va se faire ? Il y a une réflexion là-dessus, alors on peut dire que ce n'est pas tout le monde, mais c'est un tiers des Français qui fument. Donc là aussi, c'est de la dépense contrainte quand vous êtes fumeur. Alors, quand on interroge les Français, 66% d'entre eux nous disent aujourd'hui que le montant des taxes et des impôts est excessif ou élevé.
Mais là où les choses se compliquent encore, c'est que c'est quelque chose d'assez classique en fait, c'est que parallèlement, quand on leur demande si par rapport à il y a 5 ou 10 ans, ils évaluent la qualité et l'efficacité des certains services publics, 81% nous disent que ça s'est dégradé à l'hôpital, 74% dans l'éducation et 68% en matière de sécurité.
Regardez cette question de Louise, elle vous a écoutée, Louise dans le Morbihan, pourquoi accepter de payer plus d'impôts alors que les services publics se dégradent ?
Alors, vous savez, le Morbihan, c'est le département où réside Jacqueline Moureau qui était une des figures du mouvement des Gilets jaunes et qui avait lancé un peu le mouvement avec un post Facebook en disant qu'est-ce que vous foutez du pognon ? Et donc, ce qui est en train de monter, c'est ça, c'est-à-dire, il y a eu un consentement historique à l'impôt en France alors même qu'on était le pays quasiment record man des prélèvements obligatoires. Mais il y avait dans l'autre côté de la balance un niveau de prestation en termes de services publics qui était important.
Et là, ce qui guette le gouvernement, c'est l'effet ciseau en disant vous nous dites que vous baissez mais ce que vous prenez nous donnez d'une main vous reprenez de l'autre type, on va reparler de la taxe d'habitation etc. Et parallèlement, très massivement, les Français constatent une dégradation des services publics de base. Et donc, c'est ça qui rend le consentement à l'impôt moins important aujourd'hui. 59 pourtant, donc 6 Français sur 10 ne sont pas satisfaits de la qualité des services publics eu égard à ce qu'ils ont le sentiment de payer.
D'ailleurs, justement, on citait tout à l'heure, je citais tout à l'heure Pierre Moscovici qui est désormais qui a été ministre de l'économie qui avait parlé du ras-le-bol fiscal et qui est aujourd'hui et il dit que le consentement à l'impôt est fragile. Elle est importante cette phrase pour quelqu'un qui a été aberci. Et il dit aussi le taux de prélèvement obligatoire est le plus élevé de notre histoire à 45,4%.
Oui, alors...
Alors les gens, ils ont aussi entendu qu'on avait baissé les impôts.
Oui, alors c'est assez compliqué cette affaire mais oui, on a un taux de prélèvement obligatoire qui reste élevé malgré des mesures fiscales et c'est là pour le gouvernement c'est extrêmement difficile c'est qu'il y a eu sous le premier non-d'abandon mandat d'Emmanuel Macron des baisses de fiscalité importantes que ce soit la suppression de la taxe d'habitation il y a 18 milliards quasiment les baisses d'impôts sur les revenus de la première tranche la défiscalisation des heures sup le renforcement de la prime d'activité suite à la crise des gilets jaunes il y a eu plein de mesures fiscales qui ont été prises pour soutenir le pouvoir d'achat des classes moyennes mais ce pouvoir d'achat il a été en partie mangé par le retour de l'inflation en fait les mesures fiscales qui ont coûté cher ont été reniées quelque part par le choc d'inflation on le voit les salaires même si ils augmentent augmenter moins vite que cette inflation et vous retrouvez un pouvoir d'achat la situation du pouvoir d'achat revient sur le devant de la table malgré ces mesures ces baisses de mesures fiscales et quand vous interrogez et ça c'est une enquête de l'INSEE sur la confiance des ménages sur le niveau de vie la perception du niveau de vie à venir en France j'allais dire quasiment jamais on a eu une perception aussi négative sur le niveau de vie à venir en France et ça se traduit en plus concrètement et d'ailleurs économiquement c'est assez intéressant par quelque chose c'est que les ménages n'ont jamais autant épargné c'est-à-dire que pour les consommer parce qu'il y a de l'inflation en disant je vais absorber le choc inflationné en puisant un peu dans mes économies ils font exactement l'inverse c'est-à-dire que le taux d'épargne est extrêmement élevé c'est-à-dire que même d'ailleurs je vais donner un chiffre qui tourne un peu la tête mais depuis le début de la crise c'est-à-dire depuis 2020 sur 3 ans et demi il y a plus de 1000 milliards qui ont été épargnés par les ménages c'est colossal jamais on a vu ça donc c'est un peu paradoxal c'est qu'on a un pouvoir d'achat en berne et des ménages qui épargnent beaucoup donc au fond il y a de l'argent sur les comptes pas pour tout le monde parce que cette épargne est très inégalitaire mais d'un point de vue économique il y a beaucoup d'épargne malgré un pouvoir d'achat en berne et cette épargne n'a pas été utilisée pour absorber le choc inflationné
avec un mot qui a été utilisé cette semaine le tsunami de déconsommation
le tsunami de déconsommation ça se voit dans les grandes grandes surfaces les hypermarchés parce que les consommateurs basculent vers des marques comme Action pour citer Lidl autrefois vers des marques moins connues pour redire un mot sur les prélèvements obligatoires et les impôts le gouvernement est littéralement tétanisé à l'idée que s'impose dans cette rentrée l'idée d'un ras-bol fiscal Pierre Soscovici août 2013 août 2023 je ne sais pas s'il s'amuse un petit peu c'est lui qui avait le ministre de l'économie de François Hollande le ministre économique qui dit attention au ras-bol fiscal c'est un truc de fou c'était au MEDEF et c'était effectivement au MEDEF et aujourd'hui le gouvernement essaye de
pourquoi ça les tétanise ?
ça les tétanise parce que la colonne vertébrale de la politique économique d'Emmanuel Macron depuis 2017 et il n'en a pas changé il a changé peut-être sur beaucoup de choses mais sur la politique économique c'est la politique dite de l'offre c'est-à-dire j'aide les entreprises en baissant leurs impôts et je baisse les impôts de ménage pour que la consommation et le moral de tout le monde soient bons si ça pose l'idée qu'en fait il y a des hausses d'impôts cachées partout etc c'est un peu tout un édifice
parce que c'est vrai que c'est pardonnez-moi Dominique ce que je vous coupe mais ça pourrait bien sûr de comprendre on aligne de manière peut-être un peu caricaturale des taxes des augmentations sur les autoroutes parfois sur les billets de train sur la carte à vente de cage sur la taxe foncière c'est cette impression d'augmentation généralisée tout n'est pas imputable au gouvernement
mais c'est lui qui encaisse le proie politique c'est un pulse et si le pulse se forme si les pièces commencent à faire un paysage ça peut être absolument dévastateur au point que le gouvernement qui a envisagé d'augmenter la taxation sur les alcools y a renoncé le gouvernement qui a évoqué l'idée d'une hausse sur les prix du tabac je crois ne va pas la faire et dans le budget qui sera présent dans quelques jours il y aura un certain nombre de hausses d'impôts par exemple la hausse de la TVA de 10 à 20% sur l'installation des chaudières à gaz le gouvernement dit attention si je fais des hausses d'impôts c'est uniquement pour l'écologie rien d'autre il va essayer de limiter mais est-ce que ça passe dans l'opinion vous posez la question
la question est posée est-ce que ça passe dans l'opinion
la question est posée et on va demander à Nathalie de nous dire c'est très bien joué ça s'appelle repasser le ballon ça passe et Nathalie l'a dit
pour calmer tout le monde en disant qu'il n'y aura pas de hausse de taxes si ce n'est pour lutter contre le réchauffement climatique mais tout le monde sait très bien que les français ne font pas une distinction entre ce pourquoi en se disant qu'il y a des bonnes les bonnes et les mauvaises taxes il y a des bons impôts on peut comprendre y compris les cigarettes parce qu'on risque d'être malade et que je ne sais pas quoi mais bon il y a un moment donné où de toute façon il y a une saturation et puis pour revenir sur le tsunami ce qui est assez intéressant c'est que c'est assez ciblé c'est-à-dire que notamment la grande distribution que ce soit Carrefour les autres on voit que c'est sur les produits hygiène santé c'est-à-dire ça peut aller des couches qui sont des choses incontournables le dentifrice les brosses à dents et que ça ça chute et c'est pour revenir à votre question précédente qui était est-ce que le gouvernement peut faire quelque chose ils vont quand même détricoter en en parlant au parlement quelque chose de pas compliqué qui s'appelle la loi de creosaille qui partait d'un bon sentiment qui était d'interdire au supermarché de baisser plus que 34% de faire des promos en gros les promos elles étaient limitées même si vous aviez envie de faire une promo à moins 50 moins 60 sur les couches la loi de creosaille interdisait pourquoi ?
pour protéger les plus petits voter par tout le monde Front National et les filles tout le monde a voté et là les distributeurs demandent un moratoire ça ne rentre pas en vigueur en mars mais dans un an de manière à ce qu'il soit libre pour le consommateur de faire sur certains produits des spots avec moins 40 moins 50 donc il y a quand même des petites marges pour agir oui mais Bruno Le Maire dit je vais demander aux parlementaires on va refaire une nouvelle loi voilà donc on va repousser ça partait d'un bon sentiment pour défendre les petits contre les gros parce qu'il y a un discours qui est difficile aussi à entendre c'est la taxe foncière parlons de la taxe foncière on entend le gouvernement dire ah bah non ça c'est pas nous et c'est pas entièrement faux ça c'est pas nous alors c'est peut-être pas entièrement faux c'est un peu une conséquence de la suppression de la taxe d'habitation ils disent bah non on a compensé la taxe d'habitation c'est pas de notre faute et on entend la colère de certains contribuables qui disent non mais c'est pas possible des augmentations 52% à Paris plus de 30% je crois à Grenoble cette colère là elle se retourne pas uniquement contre le maire c'est aussi contre le gouvernement
oui bien sûr alors c'est vrai que c'est plus ou moins quand même une conséquence même si ça a été compensé pareil à l'euro près le levier fiscal des collectivités locales a été diminué et donc il leur reste ils veulent faire ils sont des projets d'investissement etc effectivement il leur reste que la taxe foncière ce qui est très embêtant dans cette affaire c'est surtout que le gouvernement c'est aussi et notamment le président de la république s'est engagé à ramener le déficit public en dessous de 3%
ah vous n'avez oublié ça
et on est à près de 5% or effectivement les perspectives de croissance pour 2024 vont être certainement revu à la baisse on voit qu'il y a des engagements sur la dépense santé, éducation, militaire transition écologique il reste le levier fiscal pour réduire le déficit si vous n'avez pas de croissance donc augmenter des taxes pas augmenter les impôts
mais augmenter des taxes
mais le problème c'est que là on fait les fonds de tiroir c'est des petites taxes mais au bout d'un moment je ne vois pas comment on réconcilie tout ça avec le rééquilibrage à 3% de déficit s'il n'y a pas des mesures fiscales plus fortes mais le risque bien sûr c'est d'avoir un choc très négatif d'avoir un ras-le-bol fiscal d'avoir un effet négatif sur le pouvoir d'achat
vous imaginez quelque chose qui rapporte plus
alors non mais après il y a des impôts ils sont à assiette large mais je pense que le moment est très très mal venu mais je ne vois pas comment aujourd'hui l'équation budgétaire peut être réconciliée sans passer par une augmentation de prélèvement mais on touche à quelque chose d'extrêmement sensible et bien sûr très délicat
Jérôme Fourquet on va vers un moment assez fin politiquement et économiquement
oui c'est compliqué alors on ajoute à ça le fait que si on parle de la taxe foncière oui ou les résidences secondaires donc on rappelle les résidences secondaires c'est 10% des français qui ont une résidence secondaire les propriétaires de leur résidence principale c'est 57-58% on est plutôt dans les déciles plutôt favorisés c'est plutôt l'électorat d'Emmanuel Macron en plus et qui paye déjà pas mal d'impôts sur le revenu donc il taxe les riches
Emmanuel Macron en ce moment
alors c'est pas forcément c'est pas que lui parce que l'histoire de la taxe foncière c'est 7% d'augmentation décidée par l'état et charge ensuite aux communes d'en remettre ou pas certaines communes ont baissé leur code part ce qui fait qu'on est à moins de 7% dans certaines communes mais dans beaucoup d'autres on a augmenté sa part c'est pour compenser disent-ils la taxe d'habitation mais c'est aussi par exemple dans certaines communes des contrats qui avaient été négociés avec des fournisseurs d'énergie pour chauffer les écoles les piscines etc.
qui ont explosé littéralement et donc il faut que ces communes se refassent donc là c'est très compliqué en termes de marge de manœuvre on peut ajouter aussi que même sans augmenter volontairement les taxes vous prenez la taxe sur les carburants dès que le prix du pétrole augmente même sans que le gouvernement augmente le taux mécaniquement il y a davantage d'argent dans les caisses et aujourd'hui le litre de gasoil est à 1,82€ en moyenne il était en moyenne à 1,40€ au moment du déclenchement de la crise des gilets jaunes donc le gouvernement a tout ça en tête et l'idée c'est de se dire voilà si ça cristallise avec l'idée qu'on a dû pêler les français parce qu'on nous dit qu'on baisse les impôts mais en fait on voit qu'il y a des augmentations dans tous les sens etc.
et donc on sait que c'est hautement inflammable
et on peut rappeler juste pardonnez-moi que Gabriel Attal avait fait une campagne lorsqu'il était ministre du budget sur le consentement à l'impôt
on a beaucoup parlé de l'épargne des résidences secondaires mais quand on parle de choc de déconsommation il faut faire attention quand on dit les français
oui bien sûr
il y a toute une partie de la population qui est partie en vacances on voit que les départs à l'étranger se sont très bien portés que le trafic aérien a quasiment retrouvé le niveau qui était le sien d'avant Covid et en parallèle on a plus de 40% de bénéficiaires supplémentaires au resto du coeur donc qu'est-ce qui se passe et bien c'est que les ménages les plus défavorisés pour eux le budget alimentaire c'est 20-25% des revenus alors que c'est 10 à 12 sur les ménages les plus favorisés donc tout le monde n'est pas logé à la même enseigne et le public le plus modeste qui se serrait déjà la ceinture avant aujourd'hui déconsomme nous dans une enquête à l'IFOP sur la population qui est autour du SMIC 40% des gens qui sont au SMIC nous disent nous avons réduit le volume des portions alimentaires qu'on sert chez nous donc là c'est uniquement changer de marque ou autre c'est que ceux qui étaient déjà rick-rack aujourd'hui pour la première fois donc ça aussi ça inquiète le gouvernement parce que c'est pas uniquement des mauvais chiffres dans les sondages ou éventuellement dans les élections c'est qu'il y a des risques de tensions sociales très fortes dans les quartiers ou auprès des publics les plus modestes qui n'arrivent plus à faire la soudure
avec les syndicats qui ont appelé un mouvement social le 13 septembre pour réclamer l'augmentation des salaires notamment on va poursuivre cette conversation Dominique on parlait de ceux qui sont rick-rack l'ancien ministre du budget Gabriel Attal on s'en souvient avait promis un plan Marshall pour les classes moyennes mais l'heure n'est plus à la dépense alors il faudra attendre pour les 2 milliards d'allégements fiscaux pourtant promis en attendant ceux qui sont juste au-dessus comme l'avait dit le président de la république ont déjà changé leurs habitudes vous le disiez à l'instant et évoquent une impression de déclassement écoutez ce reportage d'Aubry Perrault et Arnaud Faura quand vient la fin de l'été la famille Leroy tente de se réconforter le jour de la rentrée maman elle est à la maison elle fait des crêpes t'as fini tes cahiers de vacances toi ?
oui on laisse encore une pause dernier petit instant de vacances avec les enfants avant le rush de la rentrée et le retour à la routine et elle j'essaye de penser le plus optimal possible dans mon cerveau retour à la dure réalité la dure réalité d'une année qui recommence et avec ses dépenses tu calmes
alors ta trousse là
l'équerre il n'en a pas besoin juste la règle les cartables sont prêts mais à quel prix les fournitures scolaires ont augmenté de 11% en moyenne cette année l'année dernière j'ai dû le payer 1 euro 1 euro 10 le cahier là je l'ai payé 1 euro 50 pour ma fille et il y en a 10 4 euros sur 10 cahiers peut-être 1 euro sur les feuilles de dessin l'année dernière à la même époque j'aurais peut-être payé 50 euros moins cher sur les fournitures de scolaire de rentrer quand on n'a pas le droit à la location rentrée on fait comme moi on fait les fournitures scolaires en juillet ça permet d'économiser un petit peu économiser un peu autant que possible et au quotidien une obsession depuis des mois pour Angélique c'est parti nous l'avions rencontré en janvier dernier ici à la pompe à essence ils n'ont pas changé le prix ils n'ont pas changé le prix pour cette mère de famille qui habite dans le Loiret impossible de se passer de la voiture je croise les doigts que j'ai la voiture qui me part le matin qui va bien démarrer le matin qui va pas me retrouver en rad en plein milieu de la route le luxe de coups durs c'est hors de question c'est hors de question c'est pas prévu dans le budget Angélique est fonctionnaire son mari est moniteur d'auto-école avec 3000 euros à 2 l'inflation leur saute aux yeux 3,32 euros au kilo putain fils ils ont pris 10 centimes les avocats fait chier la famille a renoncé à quelques plaisirs pour certaines choses qu'ils voudraient et je suis obligée de leur dire non parce que soit c'est pas le moment soit c'est trop cher regarde moi N O N non bonjour le discount elle a dû y retourner 118,11 euros on sentit ça coûte quand même relativement moins cher qu'ailleurs quand j'étais jeune couple avec un salaire beaucoup plus bas mon concubin avec un salaire beaucoup plus bas là oui je le fréquentais systématiquement je ne fréquentais que le discount et là vous y revenez ben là j'y reviens des habitudes de consommation qui ont également changé cet été c'est bien sur de celui-là et là aussi Angélique a cherché des astuces ben là le feu d'artifice feu d'artifice avec concert ça c'était gratuit les rencontres autour de l'art avec des ateliers pour les enfants ça c'était gratuit aussi j'ai fait moins de glace j'ai fait moins de crêpes j'ai fait un peu plus de sorties culturelles gratos en plus avec les augmentations que j'ai eu en début d'année euh non c'est c'est c'est c'est pas possible c'est pas possible moi personnellement j'aurais pas eu le mobilum de mes parents mais de mes beaux parents pardon ben je serais restée ici se priver oui mais pour qui et pourquoi Angélique ne comprend plus ses hausses et appelle l'état à taper du point sur la table pour moi c'est les industriels les industriels exagèrent on va être obligé de se restreindre pour quoi pour un jour quoi non c'est dommage et en plus c'est toujours ceux qui bossent qui pringent donc c'est c'est pas normal cette année son mari Eddy a même entamé une formation pour changer de poste et de salaire juste de quoi compenser l'inflation anticipe-t-il je crois que vous réagissiez à ce reportage avec Angélique
très intéressant
très intéressant
parce que on voit bien que Angélique a pu partir en vacances mais a modifié sa façon d'être en vacances c'est à dire je prends un certain nombre de je vais scanner les activités gratuites mais évidemment je veux emmener les enfants et on dit à Angélique collectivement mais non seulement la situation n'est pas très simple mais demain il faudra acheter une voiture électrique demain il faudra peut-être aussi passer à la pompe à chaleur sur le plan environnement évidemment c'est absolument nécessaire mais sur le plan financier c'est complètement c'est hors de portée pour des classes dites moyennes sans aide et sans programme de l'état donc on est un peu dans un corner et nous sommes dans une situation qui est pour la première fois dans l'histoire en tout cas depuis très longtemps nous allons collectivement devoir changer à sa longue de nos vies acheter des nouveaux biens des voitures des chauffages qui ne nous apportent rien à titre individuel comment ça ?
vous passez d'une voiture thermique à une voiture électrique honnêtement ça ne change rien mais ça vous coûte 20 ou 30 000 euros et donc vous n'avez pas une amélioration ça ne change rien
ça pollue moins
ça pollue moins c'est collectif mais individuellement vous n'avez pas un bien-être supplémentaire et donc c'est très compliqué en réalité d'imposer ça ou de proposer ça à l'ensemble de la population
elle disait quand j'étais jeune mariée on allait dans des trucs de discount et maintenant on y retourne donc il y a effectivement ce déclassement il y a comme tu le disais tout à l'heure l'impression traditionnellement que le progrès ou l'avancée dans l'avenir c'est toujours mieux c'est-à-dire on est passé de la lampe à pétrole à l'électricité on est passé de et là avec l'idée que finalement les enfants ne seront pas forcément mieux ils ne gagneront peut-être pas autant et que soi-même quand on avance dans la vie ben c'est pas forcément mieux et on est obligé de demander aux beaux-parents exactement et on va dans le mobilhome s'ils ne sont pas là ça peut aller mais si vous voulez c'est quand même le contraire du sens de l'histoire innée qu'on a c'est qu'en progressant on va pouvoir vivre mieux et effectivement avec un principe de plaisir qui n'est plus le sujet parce que quand on nous fait la leçon totalement ajuste titre sans doute sur la voiture électrique c'est l'idée que c'est mal de faire ça qu'on déglingue le climat et cette idée c'est qu'à la fois on n'a pas de plaisir et en plus on nous culpabilise avec l'idée qu'elle ne pourra pas compter sur les baisses d'impôts peut-être je ne sais pas si elle était concernée par les baisses d'impôts avec 3 000 euros avant la fin du quinquennat
on parle de 2 milliards 2 milliards sur plusieurs millions de ménages enfin même ça peut être jusqu'à 20 millions de ménages
elle n'aurait pas senti la baisse d'impôts
ça fait 100 euros par an oui d'accord enfin je ne sais pas si on parle de la classe moyenne la classe moyenne il y a 30 millions de ménages en France si c'est la moitié on est au moins 15 millions mais elle ne paye peut-être plus de taxes d'inhibition mais elle ne paye plus ah non mais elle a bénéficié peut-être qu'elle a de la prime d'activité peut-être qu'elle a de la défiscalisation des heures sup
enfin elle a une augmentation de la taxe foncière peut-être si elle est propriétaire de sa maison
et puis il y a un autre point il y a un autre point qui est important c'est que elle parlait de 3 000 euros je ne sais pas quel est son niveau de salaire ou si elle travaille mais en tout cas si elle est juste au-dessus du SMIC le SMIC est revalorisé et tant mieux comme l'inflation le SMIC a augmenté de 10% par contre si vous gagnez 10, 20, 30% plus que le SMIC c'est votre employeur qui décide et si la boîte n'a pas les moyens de vous augmenter peut-être qu'elle n'a pas vu son salaire augmenter depuis 2 ans et elle a vu l'inflation augmenter de 10 donc si vous voulez là elle est pile dans la cible des personnes qui sont en difficulté c'est potentiellement un salaire qui augmente moins vite que les prix une dépense énergétique importante avec une maison et une voiture des enfants et une dépense budget nourriture important elle est en pleine cible de cette population qui va devoir supporter ce choc inflationniste et qui a des réels problèmes de poids d'achat et qui va trouver des moyens de s'en sortir
Est-ce que ce sont ces classes populaires dont parlait Gérald Darmanin à la rentrée il y a quelques jours demandant au gouvernement avant de se raviser de faire davantage pour les classes moyennes parlant de marmite sociale est-ce qu'elle est là la marmite sociale à votre avis ?
Oui ce qu'on disait tout à l'heure il y a ceux qui sont dans la classe moyenne et qui sont aujourd'hui confrontés massivement à ce qu'on appelle des logiques d'arbitrage c'est-à-dire j'affine mon budget je change mes habitudes je vais passer d'un magasin de grande enseigne à un magasin de hard discount et donc eux comment ils ressentent c'est un déclassement puisque la consommation a pris une place très importante dans nos vies et donc aujourd'hui la place que j'occupe dans la société est conditionnée par les activités que je fais les enseignes que je fréquente et ce que je peux me payer donc pour cette tranche-là qui est juste à la classe moyenne il y a le sentiment de déclassement par la consommation et puis il y a les personnes dont je parlais tout à l'heure qui elles étaient déjà davantage sur le fil du rasoir et qui là aujourd'hui le sont complètement et qui là on est sur des baisses de consommation alimentaire sur le renoncement depuis belle lurette à partir en vacances etc
et là il y a une attente de chèques de quoi qu'il en coûte en tout cas d'aide de la part de l'État
oui oui alors de l'État et de la part de gros acteurs économiques et là ce qui est intéressant aussi dans votre reportage c'est qu'elle pointe du doigt la responsabilité des industriels
oui elle dit on les connaît les responsables en gros
les industriels et là dans cette bataille d'opinion les porte-voix ils sont très rodés à ça de la grande distribution ont réussi à tirer leur épingle du jeu c'est-à-dire c'est nous les chevaliers blancs et on met notre puissance au service des français les plus modestes pour tordre le bras aux méchants industriels qui se sont gavés lors des crises successives
vous avez l'air d'en douter
on peut regarder les résultats de ces grands groupes-là et encore une fois c'est une ritournelle très ancienne tous unis contre la vie chère les mousquetaires de la distribution etc. et donc là c'est comment on repasse le mystiguerie de la hausse des prix entre les différents acteurs est-ce que c'est l'État qui taxe trop est-ce que c'est les industriels qui ont forcé le trait ou est-ce que c'est les marges de la grande distribution et dans cette bataille de l'opinion pour l'instant la grande distribution marque plutôt des points
ce qui est très compliqué pour le gouvernement c'est ce que disait rapidement tout à l'heure Mathieu Plante c'est-à-dire qu'aujourd'hui face à ces publics-là on ne peut pas dire on va faire un chèque alimentaire on ne peut pas dire on va faire un chèque énergie il y a déjà eu une possibilité
c'était la prime Macron en disant on demande aux chefs d'entreprise de faire eux le chèque et l'État lui dit je vais ma contribution ça va être de ne pas taxer ça c'est-à-dire que l'État et donc on dit faites le chèque à vos salariés si vous ne pouvez pas augmenter alors c'était conditionné sur tel niveau de revenu dans tel type d'entreprise et donc c'est incité les autres à faire le chèque ça a marché mais les perspectives et c'est une prime
c'est pas un salaire augmenté c'est quelque chose c'est un one shot Dominique
l'État n'a pas abandonné les Français quand même parce qu'il a dépensé des dizaines de milliards d'euros sur l'énergie le bouclier énergétique ça a été mais c'est fini alors c'est pas fini non
et justement l'État continue de prendre c'était la question c'est-à-dire
l'échec ils ont eu encore lieu ou disons que la protection avait lieu mais progressivement on va la retirer l'État aujourd'hui prend encore environ à sa charge 35% de la facture électrique de chaque Français c'est bientôt fini parce que il y aura probablement au mois de février une nouvelle hausse du prix de l'électricité mais ce que tout le monde espère évidemment c'est que les prix de marché de l'électricité redescendent parce que les centrales nucléaires redémarrent bonne nouvelle ces jours-ci il y en a 4 qui redémarrent que les éoliennes tournent un peu mieux qu'il ne fasse pas trop froid cet hiver et donc il y a un contexte où on revient mais il faut aussi reconnaître que l'Europe a su collectivement en 2 ans enfin en 2 ans se passer du gaz russe quasiment et du pétrole russe c'est un swift un virage assez impressionnant quand même donc il faut il faut reconnaître ça au pouvoir public au gouvernement européen qui ont su faire ça
il y a une inquiétude au sommet de l'État Nathalie Saint-Cricq sur ce climat encore une fois je pense que tel qu'il l'avait scénarisé avant les vacances c'était une initiative d'une grande ampleur reprendre la main sur le terrain politique ce qu'il a tenté de faire aussi en recevant les responsables des formations politiques présentes au Parlement est-ce qu'il y avait cette est-ce que là ils sont un peu en alerte rouge sur il faut débrancher cette idée qu'il y aura un ras-le-bol fiscal qui va s'installer qui ne savent pas exactement mais qui sont conscients que ça peut être réplique à tout moment c'est-à-dire que par le passé on n'a pas une antériorité c'est-à-dire qu'on n'est pas capable de dire six mois à l'avance il risque de se passer ça ils ont la conscience je ne les ai pas tous eu au téléphone ils ont la conscience qu'il y a une symbolique il faut expliquer les choses quand vous parliez tout à l'heure de Gabriel Etal au budget qui disait ce pont c'est avec votre argent cette école c'est avec votre argent faire comprendre aux gens que l'impôt ce n'est pas simplement des gens qui mangent dans des ministères dans la vaisselle d'oreille sous des lambris bon ça c'est le premier élément deuxièmement c'est de faire comprendre notamment dans le cadre de l'assurance maladie qu'on est un des pays alors ça a l'air de dire ça ça a l'air quelque chose de très réacte si j'ose dire mais dire qu'on est dans un pays dans lequel on est extrêmement alors il y a des problèmes aux urgences je ne nie pas le problème du personnel mais il suffit d'aller en Angleterre où il suffit d'aller voir d'autres pays comment les gens sont traités donc déjà un expliqué et on voit que quand on redit actuellement le gouvernement dit le reste le zéro à charge pour les prothèses auditives pour les nets pour les dents mais c'est passé inaperçu cette symbolique rajoutée à la symbolique des gros qui s'en tirent toujours de la suppression de l'impôt sur la fortune dont on régulièrement on entend parler c'est le chemin de crête pour expliquer aux gens que ça va mieux c'est le ressenti et le réel c'est-à-dire que le gouvernement a l'impression que le réel est pas mal et que le ressenti les gens sont différents Nathalie Saint-Gric ils ont l'impression que c'est passé comme une lettre à la poste le fait de dire aux classes moyennes notamment ou à une partie des entreprises aux entreprises bon les baisses d'impôts ce sera pour plus tard parce qu'il y avait eu des engagements sur ce sujet là oui leur inquiétude enfin je ne suis pas non plus en train d'être la pitié non bien sûr mais leur inquiétude c'est que notamment il y est certes sur le bol fiscal mais surtout un ras-le-bol de ceux qui sont entre guillemets assistés c'est-à-dire qu'en gros il y a des gens qui disent moi je travaille beaucoup on m'aide pas alors que c'est pas vrai puisque chacun oublie dans le reportage c'est toujours ceux qui travaillent chacun oublie les aides et probablement qu'on oublie ce qui est bien et qu'on se souvient toujours de ce qui est désagréable c'est cette espèce de voie vers le rassemblement national qui est de dire certains gagnent presque autant en ne faisant rien regardez il y a des secteurs on ne trouve pas d'emploi dans la restauration les gens ne veulent pas travailler et qu'en gros il y ait une aigreur et une fureur ou un désespoir ce qui est peut-être presque aussi grave qui se nourrissent de ce genre de choses et qui se nourrit aussi de il y en a qui s'en sortent bien il faut taxer les riches on entend aussi ce discours là
oui et alors c'est que le gouvernement était tétanisé parce que effectivement il y a eu énormément d'argent engagé sur le quoi qu'il en coûte ces dernières années avec les autres en plus donc on a parlé du bouclier énergétique on pourrait parler au moment du Covid gratuité du vaccin des masques des tests ce qui n'était pas le cas dans d'autres pays et donc il y a là aussi un effet de ciseau c'est à dire qu'on a dépensé et on a consumé des réserves financières importantes alors même que dans l'opinion on a le sentiment que le compte n'y est pas et donc c'est ça qui inquiète le gouvernement c'est à dire qu'est-ce qu'on peut faire de plus alors que nous on est déjà au maximum de ce qu'on peut faire si on ne veut pas dépasser parce que revenir à 3% quand on est à 5% de déficit sur le ramné au PIB c'est compliqué et on voit les indicateurs d'opinion qui sont mauvais et donc c'est comment on arrive à
vous parliez d'effet ciseau il y a aussi ce que vous disiez rapidement tout à l'heure quand on se projette il y a cette question qui nous est posée par Élise dans le Nord si l'inflation basse peut-on espérer retrouver les prix d'avant Covid ?
Non On se dit mais quand on regarde devant c'est non ? La réponse est absolument non pour une raison très simple c'est qu'entre temps les salaires ont augmenté et les loyers et donc les coûts ont augmenté et les prix de l'énergie il est très peu probable qu'ils reviennent au niveau d'avant parce qu'il y a des investissements phénoménaux à faire dans le secteur économique et énergétique d'ailleurs en France il faut ouvrir de l'éolien offshore il faut faire des nouvelles centrales nucléaires mettre des mâts d'éoliennes donc tout ça ça va coûter très cher
La promesse du monde d'après de la vie d'après elle n'est pas facile à écrire pour le gouvernement ?
Non La promesse de la vie d'après n'est pas facile Très dur juste sur l'inflation quand on parle du fait qu'on ait passé le pic d'inflation c'est juste dire que les prix vont augmenter moins vite qu'avant et ils vont continuer à augmenter donc en fait l'idée c'est de revenir à des prix qui augmentent de façon tendancielle autour de 2% par an mais à aucun moment on reviendra au prix d'avant la question c'est est-ce que les salaires suivent ce mouvement est-ce que les revenus suivent ce mouvement pour limiter les pertes de pouvoir d'achat mais c'est vrai que pour le gouvernement les difficultés sont énormes parce qu'on voit que jamais les états ont mis autant d'argent sur la table pour protéger les pays c'est partout vrai avec l'aide des banques centrales mais ça c'est fini c'est l'heure des comptes c'est-à-dire que les banques centrales remontent les taux donc ça limite les marges de manœuvre budgétaire les charges d'intérêt augmentent et puis on voit qu'il y a finalement le besoin de réduire les dettes les déficits or on voit que la situation économique et sociale est encore extrêmement difficile et donc dans ce contexte-là ça rend les choses très difficiles c'est ce qui est plus difficile
par rapport à l'année dernière
oui parce qu'on était encore dans le choc énergétique la guerre en Ukraine là on sort de tout ça et donc pour les ciment on va retirer toutes ces mesures de soutien et donc l'histoire du bouclet tarifaire elle va être très délicate parce que effectivement le bouclet tarifaire dans son ensemble les mesures énergie c'est presque 100 milliards sur trois ans c'est colossal si on avait dû payer ces 100 milliards effectivement on aurait un effet énorme par contre ces 100 milliards ils sont pris en charge par l'état et donc on le retrouve dans les comptes budgétaires il y a un scénario rose quand même il ne faut pas passer à côté du scénario rose qui serait les salaires continuent d'augmenter de suivre à peu près les prix les prix ça s'agisse doucement les prix de l'énergie eux-mêmes quand même se tassent et une situation économique qui n'est ni la récession pour l'instant il n'y a pas de récession en France il y a des pénuries de main d'oeuvre quand on parle de chefs d'entreprise ce qu'on fait souvent ils nous disent nous manquons de main d'oeuvre tant que les chefs d'entreprise nous manquons de main d'oeuvre ils augmenteront les salaires et donc le rapport de force et voilà le scénario rose et si l'emploi monte le scénario rose
c'est le retour de la croissance qui absorbe aussi les déficits absolument
ce serait le scénario idéal et vous n'y croyez pas si alors la seule possibilité c'est une espèce de retour de confiance cette épargne qui est très élevée si jamais on retournait au niveau d'épargne d'avant crise effectivement il y aurait un scénario de croissance beaucoup plus dynamique c'est le cas américain par exemple aux Etats-Unis les ménages vont désépargner ce qui n'est pas le cas en France
allez restons sur ce scénario rose en tout cas un décret ça s'est passé là il y a quelques jours un décret autorise 200 nouvelles communes à augmenter la taxe d'habitation pour les résidences secondaires auparavant seules les communes de plus de 50 000 habitants pouvaient le faire officiellement l'objectif est de lutter contre les logements vides dans les centres-villes mais c'est aussi un moyen de trouver des recettes et peut-être aussi de taxer les plus aisés Anne Macquignon et Juliette Perrault Cassie son port de pêche ses maisons colorées ses terrasses ensoleillées en plein été la population est multipliée par 5 pour atteindre 40 000 habitants ici 35% des habitations sont des résidences secondaires beaucoup trop pour madame la mère il y a encore là des appartements fermés parce qu'ils viennent de se vider et puis ça va recommencer dans le centre ancien oui il y a beaucoup de locations on s'en rend compte avec les gens qui traînent leur valise à roulettes Danielle Milon a été élue en 2008 et depuis elle mène un combat acharné contre les meublés de tourisme pour les limiter elle veut mettre en place une méthode radicale augmenter de 60% la taxe d'habitation sur les résidences secondaires ce qui est possible depuis samedi comme l'autorise un décret gouvernemental je veux créer comment vous dire une course à obstacles pour ceux qui transforment notre ville en Airbnb géant en 89 386 meublés de tourisme à Cassis et 8000 habitants aujourd'hui en 2000 depuis 2019 on est 7000 habitants 1200 meublés de tourisme dans 800 résidences secondaires ils sont là mais 1000 habitants perdus donc il faut en récupérer absolument sinon un jour mais les gens descendront dans la rue parce qu'ils pourront plus se loger avec cette nouvelle rentrée d'argent la mère compte bien améliorer le quotidien de ses habitants et elle a déjà commencé avec la construction de nouveaux logements sociaux sur lequel compte Valère Boursé lui qui peine à se loger en centre-ville avec ses deux enfants
avant de trouver l'opportunité pour se loger parce que il y a très peu de biens à la location à Cassis maintenant tous les biens sont plus ou moins loués par Airbnb les propriétaires passent par Airbnb pour louer leurs biens et nous on n'a plus de logement à l'année ça y est c'est fini
le restaurateur approuve l'idée de la mère de taxer les résidences secondaires plutôt que d'augmenter les impôts locaux surtout en pleine période d'inflation
on est obligé de faire des choix c'est où on se loge où on part en vacances où on va manger au resto ne serait-ce que d'aller faire les courses sans regarder le prix de chaque produit là on est dans une restriction tout augmente et il n'y a que nos salaires qui restent bas et la vie est dure
mais dans la ville tout le monde n'est pas emballé pendant la saison touristique François Darnay vient sur cette petite place tous les soirs vendre les savons qu'il fabrique
je vous donne un petit savon un flyer on est artisan sur Cassis on fabrique tout sur place
très dépendant des vacanciers ils redoutent que taxer les résidences secondaires fassent baisser la fréquentation
comment on peut aller dans le sens du tourisme et après les pénaliser ces gens là parce que il ne faut pas se leurrer des touristes à un moment s'ils voient qu'ils sont trop taxés ils iront ailleurs ça sera Cassis ne sera plus le Cassis qu'on connait si les gens vont ailleurs parce que c'est ce qui va se passer de toute façon ils prendront toujours des vacances et bien justement à ce moment là il y aura moins de gens à Cassis et qui dit moins de gens à Cassis dit moins de touristes c'est donc moins de clients et donc une baisse de notre chiffre d'affaires
comme Cassis 2200 communes supplémentaires sont désormais autorisées à majorer la taxe d'habitation sur les résidences secondaires plus de 1000 en avaient déjà la possibilité depuis 2022 nous étions déjà en plein débat non je posais la question en voyant ce reportage quand on est maire et qu'on décide de taxer les plus aisés en tout cas ceux qui ont une résidence secondaire politiquement puisque ce soir nous évoquons aussi le ras-le-bol fiscal ça passe
politiquement ça passe mais on voit clairement qu'il y a deux dimensions dans ces décisions de ces maires là la première dimension elle est financière pas besoin d'expliquer si tout le monde comprend la deuxième dimension c'est comment favoriser les habitants à l'année par rapport à ceux qui viennent de manière épisodique on sait bien que dans les stations huppées de bord de mer comme dans les stations huppées de montagne on sait que les habitants à l'année ont dû descendre dans les vallées pour les montagnes parce qu'ils n'arrivaient plus à habiter dans les stations et donc parce que les prix avaient monté soit parce qu'il y avait beaucoup d'anglais par exemple aux montagnes soit parce que etc et donc les maires se disent comment essayer de rééquilibrer ça et en essayant peut-être de décourager un certain nombre d'estivants avec deux points complémentaires ça ramène de l'argent dans les caisses de la mairie mais en général la résidence secondaire ne vote pas aux élections municipales parce que le propriétaire n'habite pas là donc là on peut taxer des gens qui en plus ne sont pas résidents de la commune donc c'est pas trop dangereux électoralement et l'autre élément c'était mentionné dans le reportage c'est l'arrivée d'un nouvel acteur Airbnb pour ne pas le citer qui a encore emballé une dynamique qui était déjà très forte en France qui était la dynamique touristique avec un poids de cette économie touristique dans des zones entières du pays notamment les littoraux qui devient tout à fait démentiel et donc la Airbnb il y a ce qu'on appelle des effets d'éviction c'est-à-dire que des logements qui historiquement étaient loués à l'année par exemple à quelqu'un qui va servir dans un restaurant ou qui va être le chauffeur de bus de la commune et bien ces logements ont été retirés pour faire de la location saisonnière et donc Airbnb a favorisé ça et donc sur tout le littoral atlantique vous avez toute une série de communes on a plus de 50 à 60% du parc immobilier qui est en location saisonnière ou en résidence secondaire là où les choses se rééquilibrent un petit peu aussi c'est que parmi les propriétaires de ces résidences secondaires avec le développement du télétravail et l'expérience du confinement que certains ont passé au bord de la mer et bien aujourd'hui on a le phénomène de bi-résidentialité qui se développe c'est-à-dire des gens qui vont continuer de travailler dans la ville la grande métropole et puis qui vont venir passer la fin de la semaine mais qui commence le jeudi midi et qui se termine avec le télétravail et donc tout ça se rééquilibre un petit peu mais dans des pans entiers du territoire la situation de l'immobilier est extrêmement tendue et vous avez un concept qui commence à faire florès qui vient de Corse qui s'appelle le statut de résident où les nationalistes corse avaient dit maintenant pour acheter un bien sur l'île il faudra pouvoir justifier d'une ancienneté de résidence alors ça fait un tabac sur l'île ça a été cassé juridiquement parce que ça ne tenait pas la route sauf qu'au Pays Basque on a repris cette notion-là et en Bretagne on commence aussi à parler du statut de résident parce que les mêmes causes produisent les mêmes effets c'est-à-dire que la population qui travaille et qui n'est pas propriétaire et bien est petit à petit évincée du marché de l'immobilier locale
allez nous revenons maintenant à vos questions Bruno Le Maire avait parlé d'un reflux des prix à la fin de l'été n'est-ce pas le contraire qui se produit ?
alors il avait parlé fin de l'été fin de l'année il a hésité selon les formules c'est vrai que ça reflut mais plus lentement que prévu et c'est la raison pour laquelle vous le mentionnez au début les banques centrales la réserve fédérale américaine la banque centrale européenne ont décidé de continuer à serrer la vis mais c'est vrai que si à la fin de l'année l'inflation n'est pas revenue à disons à 3% là ce sera un échec politique lourd pour le gouvernement et en plus c'est trompeur parce que le terme n'est pas exact quand on dit aux français ça reflue les français pensent que ça baisse mais non c'est que ça augmente moins vite ça augmente moins vite je pense qu'ils le savent ils le voient ils le constatent mais on nous dit que ça va baisser or ça continue d'augmenter et la subtilité là-dessus c'est que je pense que Bruno Le Maire a parlé de reflux de l'inflation et pas de reflux des prix c'est ça et donc effectivement il y a un reflux de l'inflation mais il n'y a pas de reflux des prix donc c'est toujours la subtilité d'un langage un peu technique
c'est comme quand on dit nous n'augmentons pas les impôts et que chaque jour lorsqu'ils allument leur télé ou leur radio on leur dit il y a des taxes
on dit que ce n'est pas des impôts parce que c'est des taxes
Amandine en Haute-Savoie les tarifs de l'électricité vont-ils continuer à grimper l'État a-t-il prévu de nouvelles aides ?
Oui les tarifs de l'électricité vont continuer à monter est-ce qu'il y a des nouvelles aides ? Je n'en sais strictement rien on sait qu'il y a quand même un certain nombre de choses qui sont faites il y a un chèque énergie qui est versé au printemps me semble-t-il de chaque année qui est revalorisé c'est pour les X% des ménages les moins aisés en France ça existe
En tout cas dans la première partie de la question les tarifs de l'électricité vont-ils continuer à grimper ? Dites oui c'est le sens de l'histoire
c'est le sens du repliement si je puis dire du repli du repli du bouclier tarifaire énergétique qui a été mis en place Le bouclier justement tarifaire sur le gaz a été supprimé parce que les prix du gaz sont revenus à peu près à leur niveau d'avant crise par contre le prix de l'électricité le prix spot reste encore élevé et on a encore un bouclier il faut savoir que le prix qu'on paye aujourd'hui qu'on a un tarif réglementé n'est pas le prix qu'on aurait dû payer s'il n'y avait pas ce bouclier donc la grande question c'est à quel moment le gouvernement va pouvoir sortir de ce bouclier sans que ça ait trop d'impact sur la facture électrique
Jérôme en haut de Vienne pour ma part 292 euros de hausse de taxes foncières à Limoges je vais donc moins consommer il ne dit pas je ne vais pas la payer il est encore dans le consentement à l'impôt mais il dit je vais encore devoir faire des choix et moins consommer ça fait partie du top 10 des gens qui ont le plus augmenté c'est Paris vous avez Limoges et vous avez Grenoble vous l'avez cité tout à l'heure plus de 26% Limoges
il y a quelques villes dans ces trois villes là où la hausse de la taxe foncière efface totalement ou presque la suppression
de la taxe d'habitation vous vouliez dire à moi
donc on est bien dans cette logique d'arbitrage c'est à dire dépenses contraintes et donc on va être obligé de revenir sur
une inquiétude pour ceux qui voudraient acheter malgré l'état d'intérêt malgré les zones artificialisation neutres où on ne peut pas faire construire malgré tout ça et qui de certaines manances se disent que si être propriétaire qui est quand même un rêve français je ne sais pas si c'est vrai à l'étranger qui en vieillissant à voir alors même que sur les retraites on dit que seuls s'en sortiront bien ceux qui seront propriétaires de leur appartement c'est quand même des indicateurs ça devient de plus en plus compliqué d'ailleurs avec un marché de l'immobilier qui encaisse le choc de tout ce que vous venez de dire question d'Alain le gouvernement se moque-t-il des français lorsqu'il dit que les impôts n'augmentent pas ?
le message politique il faut faire attention
je pense qu'il y a effectivement le message est un peu flou parce que effectivement les impôts c'est l'impôt sur les sociétés la CSG est-ce qu'on le met dans les impôts il y a des cotisations mais là on parle de taxes ou alors de sortir de certaines niches fiscales et effectivement quand vous avez des crédits d'impôt vous les réduisez finalement l'impôt peut augmenter mais on ne dit pas on a une augmentation du taux d'imposition donc c'est vrai que je pense que c'est un peu dangereux dans le langage parce que c'est pareil on joue un peu sur les mots pour les français ce n'est pas si évident que ça je pense de distinguer la taxe d'habitation a quand même été baissée de 18 milliards et l'impôt sur les sociétés le taux de l'impôt sur les sociétés est passé de 35 à 25% les impôts de production ça va venir mais disons que ces baisses d'impôt elles ont été déjà accordées de façon assez massive sous le premier quinquennat et qu'aujourd'hui il n'y a plus beaucoup de grimaud et on parle effectivement du reste sur les impôts sur production qui sont reportés ou les 2 milliards qui n'ont pas été
surtout est-ce qu'ils s'en sont rendus compte des baisses d'impôt les français ?
un petit peu quand même je pense que la taxe d'habitation c'était un montant assez important la vérité est que dans un pays où le taux de prélèvement obligatoire est le plus élevé de tous les pays développés il y a une sensibilité absolument considérable à n'importe quel petit mouvement
et vous en parliez tout à l'heure regardez Daniel dans le Morbihan et les retraites elles augmentent quand ?
et bien écoutez ça devrait être au début de l'année prochaine pour le régime général les retraites de base et au mois de novembre pour les retraites complémentaires
allez Alain pour la dernière question un soulèvement social est-il possible ? les gilets jaunes sont sortis pour moins que ça non ?
c'est ce que redoute le gouvernement on voit le caractère très inflammable de la société française on a parlé des gilets jaunes et sur un registre tout à fait différent regardez ce qui s'est passé en début d'été avec les émeutes c'est-à-dire que le pays est quand même très très éruptif
merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h50 demain vous retrouvez dès 17h30 Axel Detarlet pour un nouveau C'est dans l'air l'invité et ensuite C'est dans l'air et n'oubliez pas que vous pouvez nous réécouter quand vous le souhaitez en replay et en podcast belle soirée Sous-titres par Jérémy Diaz