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InterviewRMC — Apolline Matin (sur Podcast)· 28 janvier 2026 6 minContradictoireFond programmatiqueImmigration & asileÉconomie & entreprises

Le choix d'Apolline : Jean-Christophe Dumont - 28/01

Au micro : Apolline de MalherbeSource d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Défensif 70 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:21OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il faut finalement plus d'immigration pour favoriser notre économie ?

  • 0:49OuverteRéponse directe

    Comment vous expliquez cette apparente contradiction ?

  • 1:26RelanceRéponse directe

    Ce chiffre dit davantage de notre économie que de la question de l'immigration ?

  • 1:56OuverteRéponse directe

    Baisse du nombre de visas saisonniers, à la fois pour les questions d'agriculture, de tourisme...

  • 2:43OuverteRéponse directe

    L'économie française, pour vous, a besoin de cette migration de travail.

  • 2:56OuverteRéponse directe

    C'est l'inverse de ce qu'on fait, disent-ils.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:41PrésentateurChiffre
    « Les motifs économiques, les arrivées pour motifs économiques sont en baisse de 13%. »
  • 0:53InvitéChiffre
    « 13%, il faut un petit peu nuancer parce que ça veut dire 7000 de moins que l'année précédente à l'échelle du marché du travail français. »
  • 1:10InvitéChiffre
    « Le nombre de titres pour motifs économiques a triplé en 10 ans. »
  • 2:20InvitéChiffre
    « On voit une augmentation du nombre de titres valides pour motifs économiques. »
  • 3:34InvitéChiffre
    « Entre 2022 et 2024, on a une immigration nette de 2 millions de personnes en Espagne. »
  • 3:48InvitéChiffre
    « 76% des créations d'emplois en Espagne depuis 2019 ont été remplies par des travailleurs immigrés. »
  • 4:20InvitéChiffre
    « Est-ce qu'on parle des plus de 80 000 Européens qui viennent s'installer en France durablement chaque année ? »
  • 4:26InvitéChiffre
    « Des près de 380 000 travailleurs détachés qui viennent en France chaque année ? »
  • 4:31InvitéChiffre
    « Des 40 000 Français qui se marient avec des étrangers chaque année ? »
  • 4:35InvitéChiffre
    « Des près de 55 000 personnes qui ont obtenu un titre pour raison humanitaire parce que la France est signataire de la Convention de Genève ? »
  • 4:49InvitéChiffre
    « 51 000 titres qui sont octroyés aux titres de l'emploi ? »

Temps de parole

  • Invité64 %
  • Présentateur36 %

1,8 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Vous écoutez RMC. RMC. Jusqu'à 9h. Apolline Matin. Apolline de Malherbe. 7h45 et vous êtes bien sur RMC. L'immigration a atteint un niveau record en France mais pas l'immigration de travail. C'est un sujet clivant. Est-ce qu'il faut finalement plus d'immigration pour favoriser notre économie ? Bonjour Jean-Christophe Dumont. Bonjour. Vous êtes économiste, chef de la division des migrations internationales à l'OCDE. C'est une forme de paradoxe français parce que oui, l'immigration atteint un record. Donc le nombre de titres de séjour n'a jamais été outil élevé. Sauf que dans le même temps, les motifs économiques, les arrivées pour motifs économiques sont en baisse de 13%.

Comment vous expliquez cette apparente contradiction ?

0:53
Invité

Alors d'abord 13%, il faut un petit peu nuancer parce que ça veut dire 7000 de moins que l'année précédente à l'échelle du marché du travail français. Ce n'est pas ça qui fait une différence significative. Mais effectivement, il y a une tendance à la stabilisation d'une catégorie de migration qui avait fortement augmenté ces dernières années. Le nombre de titres pour motifs économiques a triplé en 10 ans. Il reste à un niveau relativement élevé. Mais c'est vrai que l'économie française marque un petit peu le pas et on retrouve ça dans les statistiques.

1:26
Présentateur

En fait, ce chiffre dit davantage de notre économie que de la question de l'immigration ?

1:31
Invité

Absolument. Alors après, il faut un petit peu nuancer de deux manières différentes. La première, c'est qu'évidemment, il y a eu des recommandations qui ont été faites aux préfets en général, notamment pour les régulisations au titre du travail, les autorisations exceptionnelles du séjour, mais plus généralement pour les titres de travail, en particulier saisonniers, de porter une attention accrue sur...

1:56
Présentateur

Baisse du nombre de visas saisonniers, à la fois pour les questions d'agriculture, de tourisme...

2:01
Invité

Absolument, notamment... Deux métiers en tension ? Oui, alors pour l'agriculture spécifiquement, parce qu'effectivement, il y a un doute sur un certain nombre de contrats et on a demandé au préfet de porter une attention accrue, donc peut-être qu'une partie de cette baisse est attribuable à ça. Ce qui est intéressant dans ces statistiques, c'est qu'en même temps qu'on voit une baisse des entrées pour motifs économiques, on voit une augmentation du nombre de titres valides pour motifs économiques. Et ce paradoxe vient du fait qu'il y a eu une augmentation des renouvellements.

Et aussi d'autres personnes qui avaient des titres antérieurement, par exemple des Ukrainiens, qui ont obtenu des titres au titre du travail. Et donc, en réalité, ça dit que même s'il y a une petite inflexion, l'économie française a quand même besoin de cette migration de travail.

2:43
Présentateur

L'économie française, pour vous, a besoin de cette migration de travail. On voit que l'Espagne, par exemple, dans le même temps, a décidé de régulariser 500 000 sans-papiers officiellement pour des raisons précisément économiques, pour soutenir la croissance, disent-ils, c'est l'inverse de ce qu'on fait.

2:58
Invité

Alors, effectivement, c'est un choix de société, c'est un choix politique de la part de l'Espagne qui est un petit peu singulier dans le contexte européen aujourd'hui, il ne faut pas se le calmer.

3:07
Présentateur

Les autres pays, c'est plutôt l'inverse, y compris des pays tout à fait socialistes ou sociodémocrates, comme les pays du nord de l'Europe, qui, eux, restreignent considérablement aujourd'hui l'immigration.

3:18
Invité

Oui, notamment la Suède, principalement l'immigration humanitaire, mais aussi l'immigration de travail, le Danemark, les Pays-Bas, l'Autriche, la Belgique, on peut citer une liste de pays, effectivement, qui ont le pied sur le frein plutôt que sur l'accélérateur. L'Espagne, ce n'est pas le cas. Entre 2022 et 2024, on a une immigration nette de 2 millions de personnes en Espagne. C'est équivalent à ce qu'on avait observé dans le début des années 2000, c'est-à-dire que c'est des niveaux d'immigration qui sont extrêmement importants. 76% des créations d'emplois en Espagne depuis 2019 ont été remplies par des travailleurs immigrés.

Pour l'Espagne, l'immigration, notamment l'immigration de travail, c'est le moteur de la croissance.

4:00
Présentateur

Je voudrais aussi vous interroger sur la proposition de Gérald Darmanin. Il dit qu'il faut mettre sur pause toutes les entrées pendant 3 ans avant de mettre en place potentiellement un référendum avec des quotas d'immigration. Est-ce que ça vous paraît réaliste ?

4:15
Invité

La question va consister à savoir de quoi on parle exactement. Est-ce qu'on parle des plus de 80 000 Européens qui viennent s'installer en France durablement chaque année ? Des près de 380 000 travailleurs détachés qui viennent en France chaque année ? Est-ce qu'on parle des 40 000 Français qui se marient avec des étrangers chaque année ? Est-ce qu'on parle des près de 55 000 personnes qui ont obtenu un titre pour raison humanitaire parce que la France est signataire de la Convention de Genève ? De qui parle-t-on exactement ? Est-ce qu'on parle des 118 000 titres d'étudiants ? Est-ce qu'on veut mettre toutes ces catégories en pause ?

4:51
Présentateur

Est-ce qu'on veut tout mettre sur pause ou pas ?

4:52
Invité

Et si ce n'est pas le cas, de quoi parle-t-on ? Est-ce qu'on parle précisément de ces 51 000 titres qui sont octroyés aux titres de l'emploi ? La France est tout à fait légitime à décider de ne plus délivrer de titres au nom du marché du travail. Mais effectivement, ça aura aussi des implications dans un certain nombre de secteurs. Les secteurs en tension, notamment des secteurs non qualifiés, les aides à domicile, l'entretien, l'hôtellerie, restauration, etc.

5:21
Présentateur

Merci beaucoup. Je poserai la question à Gérald Darmanin. Aussi précise que cela, je l'essayerai en tout cas la prochaine fois qu'il sera face à moi. Merci d'avoir en tout cas précisé avec nous tout cela. Jean-Christophe Dumont, vous êtes économiste à l'OCDE.