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Discours / meetingEmmanuel Macron (sur YouTube)· 21 novembre 2020 6 minAutoproduitFond programmatiqueSantéEurope & internationalInstitutions & élections

L’ADN du G20 est de forger dans l’urgence les solutions multilatérales efficaces face aux crises.

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  • 0:30Emmanuel MacronFait
    « L'ADN de notre club est en effet de forger dans l'urgence des solutions multilatérales efficaces face aux crises. »
  • 2:00Emmanuel MacronFait
    « Nous pouvons raisonnablement espérer qu'avant la fin de l'année, un vaccin sera disponible, ce qui est totalement inédit. »
  • 5:00Emmanuel MacronFait
    « Favoriser les capacités de recherche et de production des technologies de santé, y compris en Afrique, constitue notre meilleure protection face aux futures pandémies. »
  • 6:00Emmanuel MacronPromesse
    « La France soutient l'Organisation mondiale de la santé pour mettre en place une académie mondiale de la santé à Lyon. »

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-E. Macron : Chers collègues, la pandémie de la Covid-19 continue de mettre à l'épreuve nos sociétés. Et elle constitue aussi un test pour le G20.

L'ADN de notre club est en effet de forger dans l'urgence des solutions multilatérales efficaces face aux crises. En 2008, nous avons répondu à la crise économique et financière. Aujourd'hui, il nous revient de riposter face à une crise sanitaire qui menace avant tout la vie de millions de personnes.

Et nous avons une responsabilité historique, je le redis. Il n'y aura aucune réponse efficace face à la pandémie qui ne soit pas une réponse globale, coordonnée et solide. Nous avons, cet après-midi, échangé sur les 1ers succès de l'initiative ACT A, qui a mobilisé près de 10 milliards de dollars depuis son lancement.

Et nous avons en effet réalisé des progrès impressionnants vis-à-vis de notre 1er objectif qui était d'accélérer à l'échelle globale la recherche et la production des technologies de santé. Nous pouvons raisonnablement espérer qu'avant la fin de l'année, un vaccin sera disponible, ce qui est totalement inédit. Mais un 2e combat, plus difficile encore, doit être mené.

C'est celui de l'accès universel aux technologies de santé contre la Covid-19. Serons-nous prêts, lorsqu'un 1er vaccin sera mis sur le marché, à en garantir l'accès à l'échelle planétaire, et à éviter à tout prix le scénario d'un monde à 2 vitesses, où seuls les plus riches pourraient se protéger du virus et reprendre une vie normale ? Notre stratégie d'allocation des 1res doses de vaccins sera-t-elle construite en fonction des urgences et des priorités sanitaires à l'échelle de notre planète ou du seul pouvoir d'achat des pays ?

Sera-t-elle vraiment multilatérale et collaborative dans un cadre construit ensemble ou répondra-t-elle à des logiques d'influence, des intérêts financiers, des égoïsmes nationaux ? Le moment est venu de transformer l'approche conceptuelle du bien public mondial en une réalité concrète. Le G20 rassemble 90% de l'économie mondiale.

Et nous avons, sur nos territoires, toutes les industries capables de produire à l'échelle les technologies de santé contre la Covid-19. Nous serons donc jugés au résultat. Nous connaissons les solutions.

Pour ce qui est du vaccin, la facilité COVAX nous permet d'acheter des doses de vaccins pour le compte des pays les moins avancés. 4,9 milliards de dollars américains ont été levés, mais d'autres contributions seront nécessaires, nous le savons. Il faut donc continuer.

Et je vous propose de concevoir ensemble un mécanisme de dons, d'une part des 1re doses produites par les industries ou préréservées par les économies avancées pour la vaccination des publics prioritaires dans les pays en développement. Les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé seront précieuses pour assurer une priorisation à la fois efficace et équitable. Le partage des connaissances et des savoir-faire doit être au coeur aussi de notre stratégie.

Il faut certes inciter l'innovation industrielle, mais en période d'urgence sanitaire, nous devons aussi favoriser les partenariats industriels et la production avec les pays en développement. Favoriser les capacités de recherche et de production des technologies de santé, y compris en Afrique, constitue notre meilleure protection face aux futures pandémies. Là aussi, nous avons les outils pour favoriser le partage de licences volontaires.

Par exemple, le mécanisme Unitaid, créé par la France, dispose d'une expérience inégalée, qui a fait ses preuves. Il ne faut pas oublier, au-delà du vaccin, de la recherche, que cette coopération doit aussi s'étendre au traitement et au système de santé primaire. Notre mobilisation doit donc veiller aussi à ce que dès que des traitements contre le virus se stabilisent, ils puissent être de la même manière diffusés, partagés avec les pays les plus pauvres et les économies en développement.

Enfin, je veux rappeler à tous que tous les efforts que nous pourrions faire pour mettre à disposition des doses de vaccins dans ces pays n'auraient aucune efficacité si, dans le même temps, nous ne décidons pas de stabiliser, renforcer, parfois, reconstruire leur système de santé primaire. Et c'est pourquoi, il nous faut, nous, économies du G20, également investir beaucoup plus à travers notre aide publique de développement dans ces systèmes de santé primaires et dans leur reconstruction. Voilà les quelques mots que je voulais vous dire.

Nous avons besoin d'une mobilisation de toutes et tous. Et c'est une mobilisation, une fois encore, pour un des biens publics de notre planète. C'est la même mobilisation que nous savons à l'oeuvre lorsqu'il s'agit de nous battre pour le climat, pour la biodiversité.

Le lancement à Paris le 12 novembre dernier du Conseil d'experts de haut niveau Une Seule Santé est un très grand pas en avant pour aller dans cette direction. Mais fondamentalement, parmi les leçons que nous pouvons tirer du moment que nous vivons, la plus grande est sans doute que nous partageons plus que jamais au Nord et au Sud un avenir et des défis communs, et qu'il faut donc partager aussi des solutions. Nous devons renforcer partout sur la planète les systèmes de santé, partout partager les ressources qui sont les nôtres, partout continuer à former des personnels de santé pour que notre riposte sanitaire puisse être à la hauteur du défi.

C'est aussi pourquoi la France soutient l'Organisation mondiale de la santé pour mettre en place une académie mondiale de la santé à Lyon qui formera les personnels de santé du monde entier. Et c'est aussi pourquoi, en matière de santé, nous partageons cet agenda multilatéral qui est seul pleinement efficace. Voilà les quelques mots que je voulais partager avec vous.

Nous ne serons efficaces que si nous sommes justes. Nous n'arriverons à être efficaces et justes que si nous sommes véritablement ensemble. Je remercie la présidence saoudienne pour ses efforts cette année.

J'assure l'Italie de tout mon soutien pour sa présidence l'année prochaine. Et je nous souhaite à tous d'être à la hauteur de ce rendez-vous de l'histoire et d'agir. Je vous remercie.