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interviewRMC (sur YouTube)· 6 octobre 2025 7 min

Sébastien Lecornu a démissionné, Alain Duhamel analyse cette folle situation

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Et on est dans une situation inédite parce que figurez-vous que Sébastien Lecornu, premier ministre, on voyait bien que ça tanguait hein pour son gouvernement, a remis ce matin sa démission à Emmanuel Macron et le président de la République l'a accepté. Valérie, je vous donne la parole vraiment dans dans 3 minutes et je vous remercie de patienter du côté des Alpes Maritimes. Mais Alain Duamel est avec nous.

Bonjour Alain. Bonjour. Bonjour.

On est dans une situation absolument incroyable à l'in là inédite. Donc il faut rappeler que Sébastien Lecnu a remis sa démission à Emmanuel Macron qu' a accepté. Qu'est-ce que vous en pensez ?

Alors, on n'est pas à mes yeux dans une situation inédite. On est sous la 4e République. On est revenu sous la 4e République.

C'est exactement d'ailleurs une crise de ce type qui a existé avec un gouvernement morné et pas de solution parce que aucun euh des responsables, aucun des participants d'aucun partis ne dispose de la solution ou ne veut l'assumer. Ça veut dire que euh on va changer de régime si on parle clairement puisque euh la la fin de la 4e aboutit à la 5e. Où est-ce qu'il reste encore entre les mains d'Emmanuel Macron euh quelques cartouches ?

Je pense notamment à celle de la dissolution puisque j'entends Jordan Bardella appeler le président à dissoudre. Non, mais bien sûr, il reste on n'est pas à la fin de la 5e République simplement, on n'est pas simplement dans une crise de de politique. On n'est pas simplement dans une crise gouvernementale, on est dans une crise de régime.

Autrement dit, on n'est pas sorti de la 5e République, mais la 5e République risque de se disloquer. Mais alors alors on s'en trouve et et oui, il faut bien dire que la totalité des partis politiques, mais je dis bien la totalité hein, de l'extrême gauche à l'extrême droite se comporte comme si on était dans une situation ordinaire. Or, on est dans une situation budgétaire et financière insupportable et au milieu de ça, on danse sur les décombre des institutions.

Oui, mais on est on ne comprend pas ce qu'a voulu faire Sébastien Lecornu lorsqu'il a il est arrivé à Matillon, il avait promis la la rupture. Hier en découvrant la composition de ce gouvernement très macroniste avec le retour de de Bruno Lemire, il faut il faut reconnaître que les les gens ont été quand même assez sidérés. Je crois que les gens, ils sont plutôt aujourd'hui blasés.

Oui. Et qui et qui n'attendent plus grand-chose de ce qui est en train de se décider. Oui.

Mais du coup, c'est vrai, c'est vrai que c'est vrai qu' on est à l'heure où on parle, on est devant un vide institutionnel. On a un gouvernement qui est démissionnaire, donc il y a pas de premier ministre pour l'instant. Bon, il va y avoir une proposition. une proposition, ça peut être soit un autre premier ministre, mais je ne vois pas comment il aurait une des cartes politique différente, soit une dissolution.

En tout cas, il va en tout cas, il va bien falloir que là ça s'accélère, ça s'accélère. Donc on voit pas bien comment même si Emmanuel Macron nomma un nouveau premier ministre, celui-ci trouverait la solution. Est-ce qu'il faut pas retourner devant les électeurs ?

Tout simplement. Bah tout simplement d'abord ça n'est pas si simple que ça parce que ça fait quand même que un an qu'on y retournait. Alors on va pas non plus y retourner tous les 6 mois ou mais mais au moment où on parle je ne vois pas qui peut faire mieux que le cornus, c'est-à-dire qui peut faire quelque chose.

Et donc je crains que effectivement on aille vers une nouvelle dissolution qui qui Bah attendez, laissez-moi répondre. Euh euh euh on on la et une nouvelle dissolution aura un résultat mécanique, c'est que c'est le Rassemblement national qui en tirera les bénéfices. Autrement dit, on va vers une dissolution qui renforcera le Rassemblement national et qui donnera peut-être une majorité parce que notre problème c'est le manque de majorité.

Alors après c'est les électeurs qui choisiront mais non le le Rassemblement national n'aura pas une majorité mais il se renforcera. h il a c'est déjà le premier parti de loin et ça sera encore plus le premier parti. Il aura une minorité mais une minorité qui ne cesse de s'élargir et et et donc la solution ne sera pas évidente sauf à à lui confier le pouvoir.

Mais s'il est en minorité même en admettant que il est le renfort d'une partie des républicains, ce qui est vraisemblable, ça ne fait pas non plus une majorité. Oui, mais donc la logique c'est d'aller vers une autre dissolution qui se traduira par le renforcement du Rassemblement national. Autrement dit, à chaque fois à à chaque épisode de cette crise qui je répète n'est pas une crise politique, qui est une crise de régime, c'està-dire une crise de la 5e République.

À chaque fois, on descend une marge de plus. Ah oui, un gouvernement qui ne tient que 24 heures, on a jamais vu ça sous la 5e. Non, sous la 5e, non, mais en juin 14.

En juin 14, le président Milran avait nommé euh François Marsal euh le sur une journée, ça a duré 24 heures. Non, mais peut-être que même le Cornu ça a duré Ah ben non, il a duré 26 jours quand même. Mais mais le gouvernement non, ça le Cornu a été plus vite parce que François Marsal ça avait été 24h.

Là, on est sur moins de 24 heures, on est sur 8h, une nuit. Sauf mal que Sauf que Alain quand même le curseur, il se déplace quand même de plus en plus vers l'Élysée là maintenant. Alain le curseur du mécontentement et de l'attention.

Donc il se déplace sur Macron. Le curseur je pense qu'Emmanuel Macron, il va être obligé de dissoudre. Et pourquoi pas démissionner ?

Et ben parce que si Emmanuel Macron euh démissionne, ce qui se passera sera la fin de la 5e République. C'est-à-dire que une fois qu'un premier qu'un président de la République aura été obligé de démissionner, on demandera inévitablement au bout de 2 ans ou 3 ans à chaque président de la République de démissionner. C'estàdire qu'on sera passé de l'instabilité gouvernementale de la 3e et 4e République à l'instabilité présidentielle d'une 5e République qui ne ressemblera à rien.

On ira tout droit vers ça. Dès qu'un dès qu'un président de la République aura démissionné, je répète, chaque président immédiatement au bout de 2 ans, on lui demandera de démissionner. au bout de 2 ans parce qu'en général on leur donne une première année, ensuite ils se défendent et après ça sera le blocage.

Merci Alain d'avoir été avec nous.