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InterviewTélé Matin - France Télévisions· 4 juin 2025 10 minComplaisantPortrait personnelSantéÉconomie & entreprises

Les 4 vérités - Aurélien Rousseau

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Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 70 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:00OuverteRéponse directe

    C'est l'heure des 4V. Nous sommes avec A.Rousseau, ancien ministre de la Santé et député des Yvelines.

  • 0:15OuverteRéponse directe

    Bonjour, monsieur le député. Vous êtes ancien ministre de la Santé. Merci d'être avec nous au lendemain d'une journée chargée en émotions.

  • 0:45OuverteRéponse directe

    Pourquoi vous avez décidé de dire publiquement que vous souffriez d'un cancer?

  • 1:30OuverteRéponse directe

    Ce n'était pas écrit? Vous l'avez dit spontanément?

  • 2:15OuverteRéponse directe

    Racontez-nous ce qui s'est passé après, même au sein de l'Assemblée, avec vos collègues.

  • 3:00OuverteRéponse directe

    Ce n'est pas à titre personnel que vous avez pris la parole, mais dans un but politique pour que le gouvernement ne coupe pas les budgets de la recherche sur le cancer?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:30A.RousseauFait
    « Nous vivons une période et une situation paradoxale en matière de cancer. Chaque jour, des traitements nouveaux sont présentés dans le monde entier avec des perspectives très encourageantes. »
  • 1:00A.RousseauChiffre
    « 4 millions de gens en souffrent. C'est 400 000 nouveaux cas par an. »
  • 2:30A.RousseauFait
    « Quand on est un responsable public, on a toujours du mal à dire qu'on ne sait pas. »
  • 3:30A.RousseauFait
    « On a moins de 50 ans, on a 2 ou 3 fois plus de risque d'avoir un cancer colorectal que si on est né dans les années 50. »
  • 4:45A.RousseauFait
    « Il faut qu'on maintienne cet effort. Pendant longtemps, en France, ça a été un des grands acquis de ce que le président Chirac avait porté. »
  • 5:30A.RousseauFait
    « Aujourd'hui, on sait qu'on peut éviter les cancers si on travaille mieux. On pense notamment aux aliments hyper transformés. »
  • 7:00A.RousseauFait
    « Quand on a moins de 50 ans, on a 2 ou 3 fois plus de risque d'avoir un cancer colorectal que si on est né dans les années 50. »
  • 7:45A.RousseauFait
    « Il faut qu'on sache où chercher. Qu'est-ce qui se passe sur les perturbateurs endocriniens, sur le bisphénol, sur les phtalates? »
  • 9:15A.RousseauFait
    « Il y a des cancers dont on disait il y a quelques années qu'ils avaient des pronostics catastrophiques. On est en train de progresser. »
  • 10:00A.RousseauFait
    « Sur les contraceptifs hormonaux, c'est sans doute une cause majeure, mais on ne le traite pas assez. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Ca nourrit le procès en impuissance publique, que les lois ne servent à rien, et le rejet des politiques environnementales. - F.Flament: C'est l'heure des 4V.

Nous sommes avec A.Rousseau, ancien ministre de la Santé et député des Yvelines. Bonjour et bienvenue. - J.Arnaud: Bonjour, monsieur le député.

Vous êtes ancien ministre de la Santé. Merci d'être avec nous au lendemain d'une journée qui a été très particulière pour vous, chargée en émotions aussi. A l'Assemblée, vous avez fait une révélation choc en disant ceci. - A.Rousseau: Nous vivons une période et une situation paradoxale en matière de cancer.

Chaque jour, des traitements nouveaux sont présentés dans le monde entier avec des perspectives très encourageantes. En même temps, de très nombreux d'entre nous vivent ou ont vécu avec le cancer, en le disant parfois publiquement, comme vous l'avez fait, madame la présidente, avec beaucoup de force, comme je peux le dire aujourd'hui, pas seulement pour excuser de longues semaines d'absence sur ces bancs, mais pour dire aux Françaises et aux Français que ces sujets intimes sont aussi des sujets de politique publique. - J.Arnaud: On voit bien comment vous le dites, avec beaucoup de pudeur, entre 2 phrases, mais avec beaucoup d'émotion dans la voix.

C'est votre 1re prise de parole depuis cette annonce. Pourquoi vous avez décidé de dire publiquement que vous souffriez d'un cancer? - A.Rousseau: Je l'ai dit sans forcément y avoir réfléchi beaucoup.

Le sujet du cancer, De sa prévention, de la recherche, est un sujet que j'ai porté, auquel je tiens beaucoup. Je l'ai porté en tant que ministre. - J.Arnaud: Ca vient comme ça, au moment où vous le dites?

Ce n'était pas écrit? - A.Rousseau: On est à l'Assemblée, on parle de sujets pas si loin de la vie des gens.

De l'autre côté, le cancer, c'est la solitude, un sentiment de solitude. C'est un sujet très intime et en même temps, 4 millions de gens en souffrent. C'est 400 000 nouveaux cas par an.

Peut-être qu'il faut prendre ce risque de l'impudeur. Comme on le disait hier, cet intime est très politique. C'est une politique publique qu'il faut porter, développer.

Je vois depuis hier le nombre de messages de patients ou de proches de patients qui me disent que ça fait du bien de l'entendre. On a tous autour de nous des gens qui en souffrent, mais ça a cette valeur-là aussi, de le dire. On n'est pas seul.

On en parle dans cet endroit qui est un lieu de représentation nationale. - J.Arnaud: Au dernier moment, vous décidez de franchir ce pas.

Vous faites cette annonce. On entend que vous ne le regrettez pas. Racontez-nous ce qui s'est passé après, même au sein de l'Assemblée, avec vos collègues qui n'étaient pas au courant. - A.Rousseau: Non, ils n'étaient pas au courant.

J'ai été très soutenu. Je l'avais dit à mon groupe politique. Je suis très soutenu.

J'avais parlé assez tôt à Y.Braun-Pivet, qui a dit il y a quelques mois qu'elle avait aussi souffert d'un cancer. Quand j'avais vu son intervention et les réactions que ça avait suscité...

Si ça peut faire du bien aussi de le dire...

La société est face à ça. C'est une épidémie émergente. Il y a des gens de plus en plus jeunes.

Il faut qu'on en parle, qu'on le traite et qu'on soit forts sur ces sujets. - J.Arnaud: Ce n'est pas à titre personnel que vous avez pris la parole, mais dans un but politique pour que le gouvernement ne coupe pas les budgets de la recherche sur le cancer.

Ces budgets sont menacés? - A.Rousseau: On est dans une situation budgétaire...

On nous annonce un grand plan d'économies. Tous les budgets peuvent être menacés. Justement, quand on entend qu'il y a un congrès de cancérologie à Chicago qui annonce des progrès exceptionnels sur l'immunothérapie, sur l'interception du cancer...

Il faut qu'on maintienne cet effort. Pendant longtemps, en France, ça a été un des grands acquis de ce que le président Chirac avait porté. Il faut qu'on maintienne cet effort.

Mon obsession, c'est le volet prévention. Aujourd'hui, on sait qu'on peut éviter les cancers si on travaille mieux. On pense notamment aux aliments hyper transformés.

Ce sont des causes importantes de cancers. Il faut qu'on le dise, qu'on travaille là-dessus, qu'on continue. Ca demande des moyens publics. - J.Arnaud: Ca demande aussi une sectorisation.

Vous appelez à la création d'un registre national des cancers. Une proposition de loi a été déposée. Quel serait le but de ce registre? - A.Rousseau: Aujourd'hui, on est dans des compartiments.

On a un registre national sur les cancers pédiatriques. A quoi ça sert? A avoir une base d'études pour calculer l'incidence, le nombre de nouveaux cas.

Ca sert à comprendre ce qui se passe. Je pense qu'on a une obligation de mieux expliquer à nos concitoyens ce qui se passe. Il faut expliquer ce qu'on comprend et ce qu'on ne comprend pas.

Quand on est un responsable public, on a toujours du mal à dire qu'on ne sait pas. C'est très important pour la confiance, de dire ce qui se passe. Aujourd'hui, quand on a moins de 50 ans, on a 2 ou 3 fois plus de risque d'avoir un cancer colorectal que si on est né dans les années 50. - J.Arnaud: Ca dépend de la région de naissance, également.

Le maire de Rouen, N.Mayer-Rossignol, qui a souffert d'un cancer de la vessie, dit que dans son département, il y a 5 fois plus de cancers de la vessie qu'ailleurs. Le ministre de la Santé actuel vous a dit son soutien. - A.Rousseau: Je le remercie de m'avoir répondu.

Il faut que la loi sur le registre national des cancers soit votée. Vous évoquez les politiques publiques. Il faut qu'on sache où chercher.

Qu'est-ce qui se passe sur les perturbateurs endocriniens, sur le bisphénol, sur les phtalates? On a des chiffres trop faibles pour comparer d'un département à l'autre. Il faut faire bouger tout ça.

Il faut que cette loi soit inscrite à l'Assemblée nationale très vite. Si on se parle très franchement, on vote des textes moins importants que ça. On doit pouvoir trouver le temps pour voter ce texte.

Sur les crédits, je ne suis pas totalement rassuré. C'est un investissement qu'on doit faire sur la recherche elle-même, mais aussi sur la prévention. Comment on travaille sur ces sujets?

Comment on progresse là-dessus? J'avais lancé ces chantiers quand j'étais ministre. Quand vous voyez la question des néonicotinoides, les zones à faibles émissions, l'interdiction du tabac...

En filigrane, derrière, il y a les conséquences sur la santé publique. Il faut éclairer tout ça à la lumière de la science. Sinon, c'est la bougie vacillante des complotistes qui va remporter la partie. - J.Arnaud: Sur un plan personnel, souhaitez-vous en parler, ce matin? - A.Rousseau: Je suis très bien soigné.

J'admire le service public hospitalier encore plus que je ne l'admirais. Les choses se sont bien passées lors de l'opération, mais c'est toujours sous étroite surveillance. C'est une période d'incertitude, comme le vivent des centaines de milliers de nos compatriotes.

C'était aussi ça, dire qu'on est tous embarqués là-dessus. C'est à la fois une galère et quelque chose qui peut donner de l'espoir. Il y a des cancers dont on disait il y a quelques années qu'ils avaient des pronostics catastrophiques.

On est en train de progresser. Il faut s'engager. C'est là que la politique publique parlera aux Français et ne sera pas dans une situation d'impuissance. - J.Arnaud: C'est un cancer particulier, dont vous souffrez? - A.Rousseau: C'est toujours particulier.

Ce que disent les chercheurs sur ces tumeurs d'apparition précoce, c'est qu'ils ont plus de mal à les classifier. Il faut comprendre, chercher. C'est un sujet qui me tient beaucoup à coeur.

Oui, aujourd'hui, sur les contraceptifs hormonaux, c'est sans doute une cause majeure, mais on ne le traite pas assez. Ca aussi, c'est une inégalité entre les hommes et les femmes. Il faut qu'on avance sur tout ça.

C'est au coeur de nos vies quotidiennes. L'intime est politique. C'est pour ça que j'ai pris ce risque d'un peu d'impudeur. - J.Arnaud: On vous souhaite évidemment le meilleur pour la suite, ainsi qu'à toutes les personnes touchées par cette maladie.

Il y a plus de 4 millions de personnes en France, et sans doute beaucoup plus dans les années à venir. Vous citiez l'institut Gustave-Roussy hier, qui parle d'un tsunami dans les années à venir. On espère que la science va progresser pour faire face à ça.