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InterviewRMC (sur Podcast)· 4 septembre 2023 17 minContradictoireActualité / polémiqueÉconomie & entreprisesNumérique

Dominique Schelcher, président directeur général de Système U - 04/09

Source d'origine 2 locuteurs

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16OuverteRéponse directe

    On va parler rentrée scolaire, négociations commerciales avec Dominique Schelcher.

  • 0:46RelanceRéponse partielle

    Est-ce qu'il y a un moment où il faudra vous mettre tous autour de la table ou c'est impossible ?

  • 1:44OuverteRéponse directe

    Il joue gros non Bonneau-le-Mer avec ses promesses de mois verts ?

  • 2:36OuverteRéponse directe

    Cette rentrée scolaire, comment s'est-elle passée ?

  • 3:20OuverteRéponse directe

    Les foires aux vins viennent de commencer ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'on est dans une nouvelle ère de déconsommation ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:34PrésentateurFait
    « Un coup on voit les industriels, un coup on voit les distributeurs. »
  • 0:44PrésentateurFait
    « C'était Michel-Edouard Leclerc qui disait ça. »
  • 1:06InvitéFait
    « On est à la fin d'un système, il faut qu'on invente le nouveau. »
  • 1:26InvitéPromesse
    « Je fais cette fameuse proposition de casser le système actuel de négociation pendant trois mois avec des prix qui s'appliquent toute l'année. »
  • 1:36InvitéFait
    « C'est le cas dans tous les pays du monde, partout en Europe et nous on est enfermé dans un système qui stresse tout le monde et qui aujourd'hui est inefficace. »
  • 1:59InvitéFait
    « C'est pas lui qui a inventé l'expression septembre vert, il a toujours été plus ou moins prudent. »
  • 2:05InvitéChiffre
    « L'équation de la rentrée est complexe, une inflation qui reste à un niveau élevé, y compris dans l'alimentaire on est à 11%. »
  • 4:31InvitéFait
    « Le contenu du caddie a profondément changé et je pense qu'il ne sera quasiment plus jamais comme avant. »
  • 4:38InvitéChiffre
    « Les habitudes profondes que prennent nos consommateurs sous le coût d'une inflation de 21% sur deux ans. »
  • 4:56InvitéChiffre
    « Il y a un tiers des Français qui sont en grande difficulté. »
  • 5:03InvitéChiffre
    « Plus de 30% avec là-dedans une partie des Français qui ne se nourrissent même plus à leur faim. »
  • 5:13InvitéFait
    « Ils ont du mal à boucler la fin du mois et même avant, on bouclait le mois, le 20 ou le 25. Maintenant, c'est le 10 ou le 15. »
  • 6:38InvitéFait
    « Habituellement, c'est du 1er décembre au 28 février. Là, l'objectif, c'est d'avancer ça au 15 octobre. »
  • 7:25InvitéFait
    « La situation, tout le monde l'a compris, elle est bloquée. »
  • 8:19InvitéFait
    « Il y a des dizaines de fournisseurs qui n'ont même pas décroché le téléphone quand les enseignes appelaient. »
  • 10:52InvitéFait
    « En Allemagne, c'est la récession depuis deux trimestres. »
  • 11:30InvitéFait
    « SystemU a été la première enseigne à mettre en place un panier anti-inflation dès le 15 février. »
  • 11:51InvitéChiffre
    « 450 produits U qui ont baissé au mois de juin. »
  • 11:58InvitéChiffre
    « On passe à 450 produits supplémentaires, donc 900 au total. »
  • 14:46InvitéChiffre
    « À 2 euros du litre. »
  • 16:04InvitéFait
    « Les plus fragiles tombent et les plus solides résistent. »
  • 16:35InvitéChiffre
    « Nous avons 12% de part de marché. »

Temps de parole

  • Invité70 %
  • Présentateur25 %
  • Présentateur 25 %

3,5 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

BFM Business présente Edwige Chevrion, la grande interview. Bonsoir à tous, bienvenue dans cette grande interview. On va parler rentrée scolaire, on va parler évidemment négociations commerciales puisque notre invité c'est Dominique Schellcher, le patron, le président de Système U. Bonsoir Dominique Schellcher.

0:21
Invité

Bonsoir Edwige Chevrion.

0:22
Présentateur

Merci d'être avec nous, vous êtes très sollicité en ce moment. On sait que la semaine dernière il y a eu ces négociations autour de Bruno Le Maire. D'un côté les distributeurs, de l'autre côté justement les industriels. Il a eu une phrase quand même le ministre hier, il a dit, il y en a marre quand même de ces issues-glaces. Un coup on voit les industriels, un coup on voit les distributeurs. C'était Michel-Edouard Leclerc qui disait ça. Est-ce qu'il y a un moment où il ne faudra pas arrêter, il faudra vous mettre tous autour ou c'est impossible de vous mettre tous autour de la table ?

0:52
Invité

Je comprends, je comprends et je comprends notamment, je me mets à la place des consommateurs qui se disent ça se renvoie la balle en permanence et ça ne trouve pas de solution à notre problème qui est celui de l'inflation. Donc pour moi tout ça traduit quoi en fait ? C'est qu'on est à la fin d'un système. On est à la fin d'un système, il faut qu'on invente le nouveau. Et pour l'instant le logiciel de notre futur mode de fonctionnement on ne l'a pas encore trouvé.

Et c'est par exemple pour ça que moi depuis longtemps, depuis le mois de mars, je fais cette fameuse proposition de casser le système actuel de négociation pendant trois mois avec des prix qui s'appliquent toute l'année et nous permettre de négocier tout au long de l'année. C'est ça qu'il faudrait faire, c'est le cas dans tous les pays du monde, partout en Europe et nous on est enfermé dans un système qui stresse tout le monde et qui aujourd'hui est inefficace.

1:40
Présentateur

Oui, on va en reparler évidemment dans un instant juste. Tiens comme ça, on ne va pas faire de la politique mais quand même, il joue gros non Bonneau-le-Mer ? Parce que depuis le temps qu'il promet aux Français, ça y est il y aura un mois de juillet vert, un mois d'août vert, un septembre vert, il perd un peu de sa crédibilité même vis-à-vis de vous ?

1:59
Invité

Alors c'est pas lui qui a inventé l'expression septembre vert, il a toujours été plus ou moins prudent. C'est sûr que l'équation de la rentrée est complexe, une inflation qui reste à un niveau élevé, y compris dans l'alimentaire on est à 11%, un léger rebond sur l'inflation en général en raison des prix de l'énergie, l'impossibilité de mettre une rallonge sur des aides, il a été très ferme et très clair là-dessus, donc c'est sûr que l'automne est extrêmement complexe là pour le ministre de l'économie, ça il faut le reconnaître. Oui, il joue gros quoi. Et donc les enjeux sont très gros.

2:36
Présentateur

Cette rentrée des classes, cette rentrée scolaire, comment s'est-elle passée là depuis quelques jours ? Alors évidemment les parents ont anticipé, mais malgré tout, comment s'est passé ce week-end ?

2:46
Invité

Le week-end en lui-même a été bon, mais si on parle de l'ensemble de cette campagne de rentrée des classes, elle est plutôt morose et en fait comme toutes les activités, elle est affectée par l'inflation. Et donc très concrètement, si vous me posez la question, c'est légèrement négatif à date chez Système U en termes d'activité sur la papeterie, la maroquinerie, etc. Par contre, on fait encore 15% du chiffre d'affaires de l'ensemble de la campagne cette semaine. Donc peut-être qu'on va rattraper ce léger retard et je l'espère en tout cas.

3:17
Présentateur

Oui, donc c'est une rentrée assez morose. Les foires aux vins, juste à commencer ? Oui, les foires aux vins. Allez, consommer avec modération encore une fois.

3:27
Invité

Absolument. Le septembre, c'est le mois évidemment des foires aux vins. Système U, c'est la dernière dans le mois. Nous, on est toujours à la fin du mois de septembre, une fois que tout le monde est passé. Mais quand il y a peut-être de nouveau...

3:37
Présentateur

C'est un permarché qui a commencé.

3:38
Invité

Voilà, quand il y a de nouveau du budget, quand les salaires tombent de nouveau à la fin du mois, nous, on revient à ce moment-là et on prépare une très très belle foire avec... Je crois que cette année, on a battu de la part des magasins un record de commandes chez Système U pour mettre en rayon, etc. Je crois qu'on bat le record absolu. Mais on pourra en reparler un peu plus tard dans la saison.

3:58
Présentateur

On reviendra nous voir. Est-ce qu'on est dans une nouvelle ère de déconsommation ? Votre confrère est néanmoins ennemi, Alexandre Bompard, le patron de Carrefour, a dit... Même, on reprend souvent cette expression, on est dans un tsunami de déconsommation. Est-ce que vous, vous dites, on est entré dans cette nouvelle ère ?

4:20
Invité

Oui, et je le dis depuis longtemps, et moi, mon image, c'est que le contenu du caddie a profondément changé et je pense qu'il ne sera quasiment plus jamais comme avant. Parce que les habitudes profondes que prennent nos consommateurs sous le coût d'une inflation de 21% sur deux ans, on est à 21% sur deux ans, le changement, il est profond. Et donc, je décris nos clients comme... Avant, je disais, il y a deux Frances. Maintenant, je dis qu'il y en a trois. Et chaque fois qu'un sondage, une étude sort, ça me conforte. Il y a un tiers des Français qui sont en grande difficulté. Un tiers. Plus de 30% avec là-dedans une partie des Français qui ne se nourrissent même plus à leur faim.

Ça, ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'obsoco. Ça, c'est un tiers très difficile. Ils ont du mal à boucler la fin du mois et même avant, on bouclait le mois, le 20 ou le 25. Maintenant, c'est le 10 ou le 15. Un deuxième tiers, et c'est ça qui est nouveau, c'est, je dirais, la France des classes moyennes, la France des retraités qui étaient plus ou moins lèzes. Ces gens ont changé de comportement. Ce sont, par exemple, eux qui vont vous dire, eh bien, j'achète moins de viande parce qu'elle est devenue trop chère. J'achète moins de grandes marques parce qu'elles sont devenues beaucoup trop chères. Je préfère acheter un produit de marque distributeur.

Et il y a maintenant un petit tiers qui est encore à l'aise, qui a les revenus qui lui permettent de ne pas regarder l'addition. Mais voilà, on est vraiment face à trois tiers.

5:45
Présentateur

Donc, une nouvelle ère, c'est clair, changement de comportement, mais une déconsommation durable, une décroissance presque, en fait.

5:54
Invité

En fait, sous le coup de cette inflation, les gens vont à l'essentiel. Donc, ils ont éliminé un certain nombre de produits. Ils ont éliminé aussi, mais d'autres activités. Regardez et observez ce qui se passe dans la coiffure. 600 dépôts de bilan depuis le début de l'année. Les gens vont moins souvent chez le coiffeur. C'est pareil dans l'alimentaire. Donc, tout évolue. Et oui, il y a moins de produits dans le caddie au bout du compte. Donc, le caddie change de visage en profondeur.

6:20
Présentateur

Juste une précision, quand même. Cette fameuse négociation commerciale qui devrait reprendre d'ici la fin de l'année. C'est quoi la deadline ? Parce qu'on a du mal à comprendre. Certains parlent de fin décembre, d'autres parlent de fin janvier. Donc, pour vous, Dominique Schelser, c'est quand ?

6:38
Invité

Habituellement, c'est du 1er décembre au 28 février. Là, l'objectif, c'est d'avancer ça au 15 octobre.

6:44
Présentateur

15 octobre, mais avec une fin.

6:46
Invité

Avec une fin, avec une fin souhaitée. Au départ, on parlait même de fin décembre. Maintenant, on parle de courant janvier. La date exacte reste à définir. Et normalement, ça va être régi par une loi. Et Bruno Le Maire l'a dit hier. Une loi qui devrait être promulguée aux alentours apparemment du 15 octobre ou plus tard fin novembre.

7:12
Présentateur

D'accord, une loi. Alors, est-ce qu'on va gagner trois mois d'inflation ? Puisque vous remontez dans vos négo commerciales.

7:21
Invité

Changer la donne veut dire nous permettre de renégocier. Aujourd'hui, la situation, tout le monde l'a compris, elle est bloquée. Parce que les grands industriels, particulièrement les 75 qui auraient dû se réinvestir dans la négociation, n'ont pas voulu jouer le jeu. Vraiment, c'est établi par tout le monde. C'est dit, tout le monde l'a compris. Donc, nous, on est encore une fois dans les starting blocks pour renégocier. Si ça démarre le 15 octobre, on peut avoir les premiers signes d'application dans les rayons. Effectivement, début janvier. Début janvier pour les premiers signes. Mais tout ça s'applique dans le temps.

Mais à partir du 1er janvier, c'est possible si tout le monde joue le jeu.

7:58
Présentateur

Mais oui, mais les grandes marques nationales, elles n'ont pas joué le jeu. Les industriels, ils ne jouent pas le jeu ?

8:02
Invité

Non. J'ai donné l'autre jour, chez une de vos consoeurs, plusieurs exemples. On nous dit, oui, oui, mais on a joué le jeu. On a donné un coup de booster. C'est ça, l'expression du syndicat des grands industriels. En faisant des réductions de prix et des promotions. Ça a été de l'ordre du symbolique, je vous le dis, vraiment. Et c'est sans compter, et là, c'est un confrère à moi qui l'a dit, pas plus tard que hier, sur une grande onde. Il y a des dizaines de fournisseurs qui n'ont même pas décroché le téléphone quand les enseignes appelaient. Et c'est vrai chez nous aussi.

8:35
Présentateur

Et donc, tous les signes vont dans le même sens. Qui vous avait appelé qui n'a pas décroché ? Allez-y, Dominique Schellscher. Mais attendez, le Némenschim, visiblement, c'est ce qui va se passer.

8:45
Invité

Ils sont très nombreux. Moi, ce qui m'apprête... Mais c'est des grandes marques nationales ? Des très grandes marques nationales. Dans les 75, ce ne sont que des grandes marques. Bien sûr, je reprécise ici que nous ne sommes pas concernés dans ces grandes marques. Les PME, les ETI françaises ne sont pas concernés. On parle de grandes marques internationales. Ce qui était le plus choquant, c'est qu'on nous annonce, oui, on va vous faire des promos. Oui, on va vous faire des baisses de prix. Et qu'on a perdu six mois. On a perdu six mois depuis que cette discussion a démarré au printemps.

9:14
Présentateur

Alors, est-ce que, justement, il y a un espèce de complot pour que la fashion ne baisse pas ? Je vous propose d'écouter Michel-Édouard Leclerc, qui était ce matin chez nos confrères d'Europe 1. Il a été assez cash. Vous nous direz si vous partagez son sentiment. On l'écoute, Michel-Édouard Leclerc. Regardez les débats au FMI. Ils disent, ah, mais la règle du jeu, il ne faut pas que ça descende en dessous. Maintenant, on commence à dire 3-4%, ce serait bien. Mais 3-4%, quand vous empruntez, c'est énorme pour un foyer français. 3-4% en permanence, comme ça, sur le budget des ménages, c'est énorme. Il y a des gens qui sont pour l'inflation. Il y a des financiers qui sont pour l'inflation.

Et donc, c'est un combat politique. Ce n'est pas qu'un combat entre distributeurs et industriels. Ce n'est pas qu'un combat entre M. Le Maire, Olivier Grégoire et d'autres membres du gouvernement ou du Parlement. C'est un problème politique. Voilà. Un combat politique. Il y a des gens qui veulent de l'inflation. Est-ce que vous trouvez qu'il est un peu perdu dans son domaine ? Ou alors, vous pensez qu'il a tout à fait raison, qu'il met les pieds dans le plat ?

10:20
Invité

Là, pour le coup, je ne m'inscris pas du tout dans ce discours. Complotiste ? Je ne suis pas complotiste. Il y a eu suffisamment de complots compliqués ces derniers temps. Moi, je ne m'inscris pas du tout là-dedans. Et qu'est-ce qui est en train de se passer ? Moi, j'étais, comme vous d'ailleurs, à la REF du MEDEF la semaine dernière, la fameuse rentrée des entreprises. Qu'est-ce qu'on entendait à cette rentrée quand on tendait l'oreille ? Que de nombreux secteurs économiques sont en train de ralentir et rentrent dans une période beaucoup plus difficile. C'est un nouveau cycle économique qui démarre là. Donc, on rentre, on va vers un ralentissement.

En Allemagne, c'est la récession depuis deux trimestres. Et donc, ce ralentissement va rattraper tout le monde et va rattraper ce sujet de l'inflation. Et à un moment, il faudra bien redynamiser l'offre, baisser un certain nombre de prix pour que la machine redémarre. C'est ça. Et donc, moi, je ne vois pas de complot derrière ça. Il y a des mécanismes économiques.

11:13
Présentateur

Combien de produits qui sont ou qui vont être bloqués chez SystemU ?

11:17
Invité

Je vous rappelle le dispositif SystemU. SystemU a été la première enseigne à mettre en place un panier anti-inflation dès le 15 février. La demande était en mars, dès le 15 février.

11:26
Présentateur

Vous étiez venu ici, du reste, oui.

11:28
Invité

Absolument, je vous l'avais annoncé. Et raison pour laquelle la première ministre était venue visiter un de nos magasins. Et là, ce sont les meilleures ventes de produits à prix coûtant. Première opération qu'on prolonge jusqu'au 31 décembre. Il y a également 4 fruits et légumes à prix coûtant chaque semaine. C'est un investissement très important. Ce n'est pas de marge qu'on prend, qu'on donne aux clients. On a commencé à baisser les prix au mois de juin. 450 produits U qui ont baissé au mois de juin. Et suite à la demande du gouvernement la semaine dernière, on double. On passe à 450 produits supplémentaires, donc 900 au total.

Mais qui couvrent l'ensemble du spectre dont a besoin une famille. Absolument. Il y a là-dedans des produits de droguerie, des produits d'hygiène. Il y a de l'alimentaire et des produits frais. L'ensemble du spectre est couvert. Mais vous voyez bien, ce sont des produits U. Parce que les produits U, on discute justement toute l'année avec nos fournisseurs. Ce sont aussi des produits sur lesquels on maîtrise le prix et sur lesquels on peut agir. Donc c'est bien la preuve qu'on peut agir. Contrairement aux marques nationales où s'il n'y a pas de renégociation, pas de rediscussion, il y a quelques baisses parce que certains ont joué le jeu. Mais ils sont trop peu nombreux.

12:37
Présentateur

En fait, comme vous dites, il faut casser le système. Il faut qu'on t'en mette à plat. Il faut changer le système.

12:42
Invité

Là, vraiment, on est à la fin d'un fonctionnement dans la grande distribution. Il faut réinventer autre chose. Moi-même, je n'ai pas toute la solution. Mais il y a une piste. Laissez-nous discuter toute l'année, vraiment.

12:53
Présentateur

Est-ce qu'il faut supprimer la loi S-Crosaille ? Alors, on sait que Bercy était contre. Bruno Le Maire l'a dit aussi.

12:58
Invité

Il l'a redit très fermement hier. Moi, ce que je dis, c'est qu'elle arrive au mauvais moment, notamment à travers une de ces dispositions qui prévoit de limiter les promotions en produits d'hygiène. Or, c'est clair, net et précis, et on le voit chez nous aussi, il y a un certain nombre de clients qui ne peuvent plus se payer ces produits. Ils ne peuvent plus se les payer. Ils ne les mettent plus dans le caddie. Et là, on va encore limiter les promotions là-dessus. Ça arrive au mauvais moment. Ça arrive au mauvais moment. Et donc, on a un sujet, effectivement, d'un certain nombre.

13:27
Présentateur

L'idée de départ, pardonnez-moi, de la loi S-Crosaille, en fait, c'était de protéger les agriculteurs. C'était ça, au départ.

13:33
Invité

Cette partie-là, égalime 1, égalime 2, en fait, d'Escrosaille, c'est égalime 3. Protéger le revenu des agriculteurs, c'était une bonne idée. Mais aujourd'hui, on se retrouve dans, encore une fois, une contradiction qui est qu'il faut protéger ce revenu et payer le juste prix. Et en même temps, accompagner les Français sur une inflation qui ne peuvent plus se payer et qui les contraint très fortement. Donc, oui, l'automne va être chaud.

14:00
Présentateur

Près à la pompe, comment ça se passe chez vous ? Est-ce que vous avez entendu les propositions, vous avez vu Bertrand, la réponse de Bruno Le Maire en disant que c'est formidable. Tout ce qu'il propose, ça coûte 12 milliards. Nous, ça a déjà coûté 8 milliards. Le patron de Total a dit qu'il ne faut pas que ça dépasse 1,99€.

14:16
Invité

Moi, je ne peux pas vous répondre. Et vous, Dominique Schellcher ? Moi, je ne peux pas vous répondre sur il faut des aides ou il ne faut pas d'aide. Par contre, ce que je peux vous dire, le carburant reste un prix d'appel, puisque c'est le premier prix qu'on voit quand on arrive sur le parking d'un magasin. Donc, on prend peu de marge ou quasiment pas de marge. Et de toute façon, on compare en permanence avec nos confrères. Par contre, ce que je ressens très fortement pour répondre à votre question, il y a un vrai sujet de carburant, ça c'est clair et net, qui monte en puissance actuellement, particulièrement là, dans les territoires, à la campagne.

Ça redevient un vrai sujet dont les gens parlent, à 2 euros du litre. Donc, oui, à nous de tirer nos marges au maximum et on le fait. Mais cet automne, il y a un vrai sujet carburant qui revient de manière très forte.

15:00
Présentateur

Vous êtes à prix coûtant chez le système EU ?

15:02
Invité

On a fait du prix coûtant à tous les chassés croisés de cet été. En ce moment, pas forcément, mais encore une fois, on gagne 1 ou 2 centimes. On ne peut pas tout le temps non plus être à marge zéro. Pourquoi ? Il y a des collaboratrices qui vous encaissent. Il y a un fonctionnement de la station. On ne peut pas être à marge zéro en permanence, mais la marge reste très faible.

15:25
Présentateur

Votre secteur est secoué par tout ce qu'on vient de vous expliquer. Mais il t'a aussi secoué parce qu'il y a eu des rachats qui vont complètement rebattre les cartes. Les cartes, pardon, où on a vu Carrefour qui a annoncé le rachat de Cora. Intermarché va racheter des casinos. Casino est en train de changer de main à condition que son plan de continuation soit validé. Comment est-ce que vous voyez là les prochaines semaines ? Ça va tanguer ?

15:51
Invité

Qu'est-ce qui est en train de se passer ? Il y a cette période de transformation du métier. On en parle depuis le début de cette interview. Et quand il y a des périodes comme ça de transformation, il y a une accélération. De quoi ? Les plus fragiles tombent et les plus solides résistent. Et donc, aujourd'hui, Casino fait partie malheureusement des plus fragiles pour plein de raisons. Et donc, est repris par un nouvel intervenant sur notre secteur. Il faut maintenant que tout ça se stabilise, tous ces rachats se stabilisent, que les politiques commerciales qui ont été annoncées se mettent en place. Nous, on continuera à jouer notre jeu.

16:30
Présentateur

Ça ne vous fragilise pas, Système-U ?

16:31
Invité

Pas du tout, pas du tout. Et pourquoi ? Et pourquoi ? Je vais vous le dire. Certes, nous avons 12% de part de marché. Mais Système-U est équipé, entre guillemets, d'une alliance européenne aux achats. Et donc, moi, je n'ai aucune difficulté à acheter avec mes confrères européens indépendants ou familiaux, et notamment l'allemand EDECA.

16:51
Présentateur

Merci beaucoup, Dominique Schellcher. On l'a compris, c'est quand même une rentrée très compliquée pour les Français, mais pour vous aussi. Merci d'être venu ici sur le plateau de BFM Business.

Dominique Schelcher, président directeur général de Système U - 04/09 · Pourquijevote