Face aux plateformes, quel avenir pour l’audiovisuel français ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous. Ravi de vous retrouver pour un nouveau numéro de 100 % Sénatal, l'émission qui vous fait vivre les travaux de la haute assemblée. Avec une journée spéciale au Sénat consacrée à l'audiovisuel français.
Les sénateurs organisent une table ronde sur les défis à relever pour notre audiovisuel, notamment face aux plateformes numériques américaines. Les dirigeants de plusieurs médias français participe à cette table ronde. Je vous laisse l'écouter.
Madame la vice-présidente du Sénat, présidente de la délégation en charge de la politique événementielle, cher Sylvie Robert, monsieur le président de la commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport, monsieur le président de l'ARCOM, euh monsieur le président directeur général de TF1, madame la présidente de Disney France, cher Oglivier Brest qu'on retrouve avec plaisir. Chers collègues et intervenants, mesdames et messieurs, je suis heureux d'être parmi vous ce matin afin d'ouvrir au côté du président Lafond ce colloque sur l'avenir de l'audiovisuel français, sujet essentiel et dont le Sénat se saisit depuis plusieurs années et dont il aura peut-être à se saisir encore pendant un certain nombre de trimestres à la vitesse où les choses évoluent. L'audiovisuel de demain ne se raconte pasme industriel, économique ou technique.
Son avenir dira de nous notre capacité à informer, à transmettre et à créer dans un environnement où le lien social, chacun le voit, se fissure, où la place de la science est sans cesse remise en cause. Et je dois vous dire que c'est quelque chose qui me préoccupe beaucoup et où les fausses informations prolifèrent à des fins idéologique et politique. L'audiovisuel de demain sera la croisée de plusieurs évolutions permanentes technologiques, économique, culturel et dans une institution comme la nôtre, c'est essentiel démocratique.
Il devrait s'inscrire dans une Europe souveraine. Or trop souvent l'Europe, la France ont agi en réaction, en ricocher à chaque évolution, à chaque mutation. La France a subi plus qu'elle n'a déterminé l'avenir.
Il nous faudra être davantage dans l'anticipation pour que l'information cesse d'être une arme d'influence, une arme d'influence néfaste aux mains de puissance étrangère ou d'idéologie éloigné des valeurs qui ont fondé notre pays et la construction de l'Union européenne. La première évolution qui façonne l'avenir de l'audiovisuel est évidemment technologique. Numérisation, débit, intelligence artificielle, réalité virtuelle, plateforme de diffusion continu.
Ces innovations ont bouleversé et bouleversent non seulement les outils de production et de création, mais aussi les usages et les attentes du public. Aujourd'hui existe bien sûr le modèle unique et traditionnel de la télévision. L'audiovisuel se consomme sur une multitude de supports et chacun peut produire, diffuser et consommer des contenus audiovisuels.
Le téléphone portable est devenu une caméra, un outil de montage, un écran de diffusion. Cette démocratisation des outils a fait émerger de nouveaux créateurs et de nouveaux formats, mais elle a soulevé de nouvelles questions sur l'éthique, la qualité, la vérification de l'information et la responsabilité éditoriale. L'intelligence artificielle quant à elle me paraît ouvrir des perspectives inédites mais pose aussi des enjeux majeurs. citer quelques-uns.
Respect des droits d'auteur, authenticité des images, risque de manipulation et de désinformation et on voit ça à l'œuvre tous les jours. Face à ces mutations, il ne s'agit pas de résister au progrès mais de l'encadrer, d'en maîtriser les apports. C'est en tous les cas la réflexion que je pose.
L'avenir de l'audiovisuel dépendra de notre capacité à rester maître de la technologie au service de la création et non l'inverse. Deuxème transformation majeure, le public est devenu un acteur clé de l'audiovisuel, mais il doit aussi être responsabilisé. longtemps considéré comme un simple consommateur, il est aujourd'hui ce public acteur à part entière de cet écosystème.
Il booste la force de frappe des algorithmes déterminant l'essentiel de l'offre et de la demande du marché audiovisuel. Les jeunes générations en particulier peu paraissent savoir modifier leur rapport aux images. Elles naviguent entre divers écrans, plateformes, réseaux sociaux, formats cours.
Elles y réagissent. Elle commente, elle privilégie l'instantanéité et l'abondance. Les formats ont évolué au gré de ces nouvelles attentes, mais ils se sont peut-être trop liés à ces nouveaux modes de consommation en privilégiant d'abord la quantité à la qualité.
Autre évolution centrale, c'est bien sûr l'arrivée des plateformes au cœur de cette économie. Le modèle économique français fondé sur la publicité et la diffusion linéaire, encadré par une loi, celle de 1986, et fragilisé par la concurrence des plateformes mondiales qui échappent en partie et parfois quasi totalement aux normes et à la régulation. Les plateformes géantes du streaming ont modifié les règles du jeu en s'acaparant parfois le monopole du catalogue existant.
Il dispose de moyens financiers considérables et d'une capacité de production internationale. Ils ont contribué à une explosion de l'offre mais aussi à une standardisation des formats et des contenus. Alors, une question face à cette évolution.
Le modèle issu de la loi de 86 est-il encore adapté ? Point d'interrogation, point d'exclamation et vous avez déjà la réponse dans ma ponctuation. Une dernière question. sera au cœur, me semble-t-il, de vos débats.
Comment conserver une exception et une sing une singularité culturelle dans un écosystème audiovisuel mondialisé ? C'est, me semble-t-il, un enjeu particulièrement important. Je sais, monsieur le président, devant de nombreux commissaires que je salue, mes chers collègues, de la commission, que c'est un sujet que vous partagez les uns et les autres.
La notion de souveraineté me paraît prendre ici son sens et ne suffit pas pour moi repli sur soi. Il s'agit pas de fermer les frontières ni de diaboliser les grandes plateformes, mais d'affirmer, me semble-t-il, une spécificité européenne, une capacité à choisir et à réguler. Ces enjeux impliquent des politiques publiques ambitieuses, des régulations adaptées aux plateformes numériques et une coopération internationale renforcé.
La question des asymétries de concurrence est un élément clé de cette réflexion. Peut-être faudra-t-il apporter de la souplesse aux normes qui s'appliquent pour redonner de l'agilité à nos champions français européens et pour booster la création. Je crois en effet que le droit de la concurrence est aujourd'hui inadapté inadapté aux réalités qui se vivent au plan mondial.
Face à ces enjeux, je l'évoqué des mes premiers mots. Le Sénat travaille à la réforme de la loi de 86 afin de faire émerger un audiovisuel public fort capable de peser face aux plateformes. En juillet dernier, le Sénat a adopté la provision de loi de Laurent Lafond visant la création du no holding.
Je le rappelle, allier ses forces et rationaliser ses coûs. Voilà une des clés de vote de l'avenir de l'audiovisuel français. Je le dis dans un contexte ou leux, celui de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public conduite par nos collègues députés.
Il faudra faire coexister de manière équilibrée, intelligente et respectueuse audiovisuel publique et audiovisuel privé. Les commissions d'enquête sont devenues un instrument privilégié du contrôle de l'action du gouvernement. pas au Sénat qu'on dira le contraire fait même partie de notre culture depuis bien longtemps.
Elle donne aux parlementaires des prérogatives importantes dont chacun doit servir mais avec rigueur et exemplarité au service des Français pour ne pas nourrir le sentiment que ces instances sont instrumentalisées malgré un retentissement médiatique important. Sans querelle ni chasse aux sorcières sur les réseaux sociaux, chacun doit remplir les missions que le législateur lui a confié. Et la mission du régulateur m'adresse à vous rendez bras dans un signe quasi évangélique, c'est l'arrcom et c'est son rôle de faire appliquer à la fois le droit et éventuellement les sanctions.
Cette coexistence bienveillante est nécessaire. Elle est gage de richesse et de pluralisme de l'offre. Elle fait, je crois, une des forces de notre modèle dans un audiovisuel aujourd'hui ultra mondialisé.
L'avenir de l'audiovisuel n'est donc pas figé, sera écrit par nos choix politiques, mais aussi par l'engagement et la responsabilisation des grands acteurs du secteur comme de nos concitoyens. Le Sénat, je le crois, ne demeure ni sourd ni passif face à ces grands bouleversements. Il a été à l'avant-garde, je vais prendre un exemple, mutation économique et éthique d'audiovisuel.
Je pense à la proposition de loi de Catherine Morin de Sailler visant à lutter contre l'exposition des mineurs aux écrans et réseaux sociaux adopté le 18 décembre dernier, pas le mois dernier, le 18 décembre dernier qui complète le droit européen. Le travail de nos collègues Annique Billon, Alexandra Borch Fontin, Laurence Cohen et Laurence Rossignol sur l'industrie de la pornographie, la lutte contre les violences et la protection des mineurs a d'ailleurs été un élément essentiel dans le chemin vers une forme d'audiovisuel plus vertueux. Pour que l'audiovisuel de demain remplisse sa mission démocratique, il doit rester un espace d'information et de créativité dans le respect des normes de régulation qui l'encadrent.
L'Europe, j'y reviens, doit être plus forte pour imposer une régulation respectueuse de notre modèle, des artistes, mais aussi du pluralisme, sujet essentiel des opinions, mais aussi de la protection des plus fragiles, notamment les mineurs. L'éducation au médias et à l'image est pour moi dans jeu central. Interdire est un levier difficile à appliquer.
Informer est une nécessité. Il faut radonner les outils nécessaires pour un usage qui n'a pas l'esprit critique. Au-delà des écrans, l'audiovisuel doit rester un pilier de nos sociétés modernes et démocratiques et non pas le catalyseur des fractures, des fractures sociales ou d'ambitions personnelles, y compris pour diriger le monde.
Vous voyez à quoi je pense parfois faut parfois suivre heure après heure. Dans tous les cas, je vous souhaite un très très bon colloque et de riches débats. Voilà ce que je souhaitais vous dire en préambule.
Merci [applaudissements] monsieur le président du Sénat, madame la vice-présidente, mes chers collègues, mesdames et messieurs, après le président du Sénat que je remercie, j'ai le plaisir d'ouvrir ce colloque consacré à l'avenir de l'audiovisuel français dans dans un environnement désormais marqué par la domination de plateforme mondiale dont la montée en puissance se poursuit et transforme en profondeur les les équilibres économiques et culturels de ce secteur traversé sa transform pardon les enjeux de ce sujet de ce sujet sont multiples et cruciaux en terme culturel démocratique vous l'avez rappelé monsieur le président ou encore de souveraineté les médias sont à la fois des des vecteurs essentiels du dynamisme de notre culture et des garants du du bon fonctionnement de notre modèle démocratique en contribuant à la formation de l'opinion publique et à la vitalité du débat démocratique. Mais ces missions ne pourront pas être durablement assuré si ces médias ne sont pas en bonne santé financière, s'ils ne bénéficient pas d'un modèle économique solide. La question que nous examinons aujourd'hui est donc aussi une question économique et un enjeu de de politique industrielle.
Il s'agit de préserver la la solidité, la capacité d'adaptation du secteur audiovisuel, de l'aider à se développer ou au moins de ne pas entraver sa transformation alors même qu'en dépendent des principes fondamentaux tels que la liberté d'expression et et le pluralisme dont nous avons débattu ici même il y a 15 jours lors du colloque organisé conjointement par l'Arcom et le Sénat. Les lois inutiles affaiblissent les lois nécessaires, écrivait Montescux. Cette formule raisonne particulièrement avec l'histoire récente de la régulation audiovisuelle faite d'adaptation successive tant au plan législatif que réglementaire aboutissant progressivement un ensemble parfois peu lisible et insuffisamment coordonné construit par stratification successive.
Nous nous célébrons cette année le 40e anniversaire de la loi de 1986 adopté dans un paysage audiovisuel dominé par la diffusion hertienne. Il s'agissait alors de réguler l'allocation d'un bien public rare, les fréquences en instaurant en contrepartie un certain nombre de d'obligations avec l'objectif de trouver un juste équilibre entre la liberté de communication, le financement et la création. le financement de la création, pardon, et le et le respect des principes d'honnêteté, d'indépendance et du pluralisme.
Cette loi, il faut le reconnaître, connaît aujourd'hui une forme de crise de la quarantaine. Ces objectifs demeurent pertinents mais ces modalités doivent être réinterrogées dans un paysage audiovisuel mondialisé et numérisé qui n'a plus grand-chose de commun avec celui de 1986. L'utilisation des fréquences hertiennes n'est plus qu'une modalité de diffusion parmi d'autres à l'heure où près de la moitié des Français s'informe quotidiennement sur les réseaux sociaux.
Le temps d'attention de sur ces réseaux est de plus en plus court de l'ordre de quelques secondes comme l'explique Bruno Patinot dans son ouvrage sur la la civilisation du du poisson rouge. La richesse économique ne tient plus seulement à la captation de la tension. Elle se déplace progressivement vers la data, la donnée qui est le nouvel or noir la ressource stratégique de l'environnement numérique.
Les données permettent de connaître les les usages, de cibler les publicités, d'orienter les investissements, de recommander les contenus et infinerés de structurer les marchés culturels et informationnels. Cette richesse est largement décorrélée de la création artistique et de la production d'une information fiable et de qualité. Mission exigeante, écouteuse dont le financement est fragilisé par le déplacement de la valeur vers l'économie numérique.
La réflexion sur l'audiovisuel doit intégrer ces transformations. Tout en maintenant nos objectifs culturels, nous devons aussi avoir une réflexion sur les enjeux économiques structurants de l'avenir. Telle est l'équation à résoudre.
Car si le service public a un rôle important à jouer dans ce contexte, il est aussi essentiel de pouvoir disposer d'un tissu de médias privé dynamique. La proposition de loi que j'ai porté ici au Sénat relative à l'audiovisuel public, mais aussi on l'oublie parfois la souveraineté audiovisuelle traite une partie de ces enjeux les plus urgents notamment. Ce texte est plus que jamais nécessaire.
Une seule lecture à l'Assemblée nationale lui permettrait désormais d'aboutir. Au-delà de Au-delà, la révision prochaine de la directive des services de médias audiovisuel constituera une étape essentielle pour repenser les équilibres entre acteurs traditionnels, plateforme et régulateur. L'enjeu sera de passer d'une logique d'adaptation progressive à une véritable vision stratégique européenne qui tiennent compte de l'ensemble des dimensions que j'ai évoqué.
L'Europe ne doit pas hésiter à affirmer son modèle de régulation et en assurer l'effectivité. Ces enjeux structurants sont l'objet de deux tables rondes qui nous réunissent ce matin. La première portera sur l'équité concurrentielle dans un environnement marqué par de fortes asymétries réglementaires et fiscales.
Elle permettra d'entendre le régulateur ainsi que différents acteurs et observateurs sur la bascule économique en cours et sur les réformes prioritaires à envisager. Merci à à Martin Hedari ainsi qu'à Rodolphe Belmaire, Hélène NS Roc Olivier Mestre et Nathalie Sonac d'avoir accepté d'y participer. La seconde table ronde abordera une question complémentaire.
Comment favoriser l'émergence de champion européens capable de rivaliser avec les plateformes mondiales sans renoncer évidemment aux principes fondamentaux que sont le pluralisme et la diversité culturelle qui dépendent de l'existence d'une concurrence effective dans le secteur audiovisuel. Je remercie Benoît Cœuré ainsi que Thierry Breton, Bruno Patino et Maxime Saada d'avoir accepté de participer à cette à cet échange. Les sujets que nous aborderons à travers ces deux tables rondes sont cruciaux pour l'audiovisuel.
À l'heure où les débats sur l'audiovisuel s'égar et s'en lisent dans de veines polémiques, nous avons voulu nous ici au Sénat parler des vrais enjeux. Je remercie également mes collègues Cédric Vial et Sylvie Robert qui vont animer ces euh séquences, qui seront suivies chacune des questions des sénateurs et des acteurs et des membres de l'assistance qui demanderont la parole. Enfin, je vous remercie pour vos présences à tous ce matin et je salue également celles et ceux qui nous suivent à distance puisque ce colloc est diffusé en direct sur le site du Sénat, sur les réseaux sociaux et en léger différé sur public.
C'est là. Et maintenant, je laisse la parole à Cédric Vial pour ouvrir cette première table ronde. Merci. [applaudissements] Merci monsieur le président du Sénat, monsieur le président de la commission, madame la vice-présente, chers collègues, mesdames et messieurs, je suis très heureux d'être ici avec vous et de vous accueillir ici pour cette première première table ronde intitulée "Comment rétablir une équité concurrentielle entre acteurs dans un environnement marqué par de nombreuses asymétries réglementaires et fiscales.
En effet, nous avons construit en France et et en Europe un modèle audiovisuel exigeant basé sur la responsabilité éditoriale, le pluralisme, le financement de la création. Ces équilibres sont parfois fragiles, même si la directive sur les services des médias audiovisuels, la directive SMA qui est d'ailleurs en en cours de de révision, a commencé à à rééquilibrer un petit peu la balance. Malgré tout, la question que l'on se pose, c'est de savoir si des acteurs qui finalement font le même métier dans un environnement qui a pourtant à évoluer mais qui ne sont pas soumis aux mêmes règles peuvent continuer à à avancer à travailler dans dans ces conditions pour faire ce métier qui est finalement le même, je disais, c'est informer, divertir, produire et diffuser un certain nombre de programmes.
C'est l'enjeu de cette table ronde, mais j'ai bien compris que très modestement que c'est pas moi que vous êtes venu écouter. Donc, je vais jouer mon rôle qui est de distribuer la parole et je vais vous proposer de commencer tout de suite pour nous éclairer sur ce sujet par Martin Helari, président de l'ARCOM. Merci Martin.
Monsieur le président du Sénat, madame la vice-présidente du Sénat, monsieur le président de la commission de la culture, euh de l'éducation, de la communication et du sport, mesdames et messieurs les sénatrices et sénateurs, euh cher Cédric Vial, chers amis, euh je suis très heureux de pouvoir revenir ici même 15 jours effectivement après un un colloque organisé avec le Sénat sur la liberté d'expression et le pluralisme. thème un peu peut-être un peu éloigné de celui qui nous réunit aujourd'hui mais où en fait finalement la dimension économique que vous avez souligné a été pointée par une grande partie des des intervenants. L'audiovisuel français, c'est bien sûr un écosystème avec des acteurs, des éditeurs, producteurs, distributeurs, des publics et puis une gouvernance, une régulation que que je représente ici construite pour un modèle hertien fondé sur une audience de masse.
Il y a 40 ans, cela a été dit. Mais l'audiovisuel, au-delà de cet écosystème, c'est d'abord une ambition et une promesse, celle de l'accès du plus grand nombre à une information pluraliste et de qualité, à une très large diversité d'œuvres de l'esprit ambitieuse et fédératrice. En somme, et cela a été beaucoup mieux que je ne le saurais le faire, décrit par le président le président l'archer.
L'audiovisuel, c'est un pilier de notre modèle culturel et de notre démocratie. Queles que soient ensuite les formes de sa diffusion. Et cette promesse, elle est aujourd'hui doublement menacée par la concurrence d'acteurs surpuissants qui n'ont ni responsabilité ni même ambition éditoriale, mais aussi, il faut le dire, par une forme de paralysie collective face à toute réforme structurelle de notre écosystème.
Réforme pourtant rendue nécessaire par la révolution des usages et du marché. Cette même promesse audiovisuelle, les éditeurs, les chaînes en ont longtemps été le maillon fort sur un marché essentiellement national avec une audience massive et captive gage de recettes publicitaires toujours dynamiques. C'est cette même puissance liée notamment aux fréquences qui leur sont accordées, qui a conduit à faire de ces médias le support principal de la régulation assurant en amont le financement de la création audiovisuelle et cinématographique et en aval la réalisation d'objectifs d'intérêt général, de protection des publics, de qualité de l'information, de diversité culturelle. des objectifs d'ailleurs toujours plus nombreux et ils le sont encore année après année au gré des attentes croissantes de la société.
Or, qu'observe-t-on depuis quelques années ? D'abord, une évolution accélérée des usages. En 10 ans, la radio a perdu 15 points d'audience cumulé et la durée d'écoute moyenne de la télévision a baissé de 25 %.
Et l'avenir peut se lire dans le comportement des plus jeunes puisque 30 % des 15 24 ans ne regardent plus du tout la télévision en linéaire. Il il passe en revanche plus de 5 heur par jour à consommer des contenus audio ou vidéo sur des services de vidéos à la demande ou des réseaux sociaux. La conséquence de ces évolutions, c'est une bascule du marché publicitaire qui doit aussi être chiffrée.
Depuis 2015 en euroconstant, les recettes publicitaires de la télé et la radio qui sont leur oxygène, leur leur sang en quelque sorte, elles ont baissé de plus de 20 % en euroconstant pour chacun de ces médias. Et la dégradation que nous anticipions à Horizon 2030 dans l'étude de référence que nous avons publié en 2024 avec la DGMIC, cette dégradation, elle s'accélère. En euh la part de marché totale de la télévision était de 28 % dans le marché publicitaire en 2018.
Elle est de 20 % aujourd'hui, elle devrait passer à 14 % en 2030. On le voit, si l'audience des médias audiovisuels historiques reste massive, elle est massive et c'est un un actif, un facteur sur lequel il faut capitaliser. En revanche, le pouvoir de marché de ces médias, lui se réduit très vite sans que leurs obligations et leurs contraintes n'aient pour leur part cessé d'augmenter ou en tout cas sans qu'elles aient été allégées.
Et pour une industrie qui est une industrie de coup fixe, l'effet de ciseaux est redoutable et les lames du ciseau ont commencé à mordre depuis quelques années. Bien sûr, les services de vidéo paramonement, les Netflix, Prime Véo Disney Plus diabolisé, on a pu le dire il y a une dizaine d'années à leur arrivée, ont pu prendre le relais et ils ont même été intégrés à la promesse audiovisuelle grâce à la révision de la directive SMA de 2018 qui était une victoire française. Ils sont ainsi devenus des contributeurs majeurs à la création audiovisuelle et cinématographique pour près de 400 millions d'euros par an près de près d'un quart du total. et je crois qu'il s'emporte bien mais la Net pourra pourra nous en parler.
Néanmoins, ces services participent proportionnellement moins à l'exception culturelle et à forceourie à la production d'information que ceux dont ils ont pris le relais. Et par ailleurs, leur croissance même commence euh commence à ralentir. Alors qu'en face, nous sommes confrontés à une croissance elle de plus en plus rapide, celle euh de la des recettes publicitaires accaparées par les plateformes de partage de vidéos et les réseaux sociaux. des acteurs dont les algorithmes de recommandation ont comme seule ambition la captation de l'intention, le clic et non le contenu et qui sont le nouveau maillon fort de l'écosystème là où il y a quelques années c'était les chaînes de télévision.
N'intégrant aucune forme d'exigence comparable à l'audiovisuel, ces plateformes menacent d'en stériliser les bienfaits en matière de création, d'information et de pluralisme ou de protection des publics. Pire, elle nous expose à une à une information polarisée, biaisée, parfois faussée par l'intelligence artificielle quand ce n'est pas une désinformation malintentionnée. Nous vivons ainsi un moment de bascule qui peut devenir une crise existentielle.
Si nous entrons pour les télévisions, les radios dans le cercle vicieux de la paupérisation, il sera infiniment plus difficile de recréer une information de qualité si nous partons de déserts informationnels ou une exception culturelle si nous perdons la base industrielle de la création. Ces constats étant, je crois partagés, ce qui est une première étape, il faut maintenant agir et c'est ce à quoi le Sénat et et je vous en remercie nous y invite collectivement. Quelles sont les pistes pour les pouvoirs publics ?
Avant toute chose, il faut souligner que les acteurs ne nous ont pas attendu pour prendre leur destin en main. la délinéarisation, la plateformisation de leurs offres, pardon pour ces expressions un peu barbares elles-mêmes, sans renoncer à leurs exigences créative. Il n'y a qu'à voir les succès de la de la fiction française qui se confirme euh année après année, le développement de coopération avec les plateformes, y compris les plateformes les plus ambitieuses.
Tous ces efforts des télévisions mais aussi des radios doivent être salués et encouragés. Nous euh à l'Arcom, nous euh faisons profession de euh soutenir et accompagner ces ces efforts, mais les règles du jeu reste trop déséquilibré et à la surpuissance des plateformes, à leur force d'attraction sur le public, se cumule, cela a été dit, une asymétrie réglementaire, celle qui a conduit Lidl récemment à transférer son budget publicitaire télé vers les plateformes où la régulation est moins contraignante, celle que nous observons tous les jours à l'ARCOM. en matière de publicité responsable d'un point de vue notamment alimentaire ou environnemental.
La priorité pour soutenir la priorité économique des médias, c'est donc de mettre à jour les règles qui les accompagnent et déterminent leur modèle économique 40 ans après la loi de 86 à un moment où la diffusion hertienne a perdu de sa centralité. Il faut d'abord s'occuper des règles d'organisation du marché des médias eux-mêmes. Des règles qui ont historiquement reposé sur l'idée qu'il fallait freiner les concentrations à tout prix compte tenu du pouvoir de marché et du potentiel d'audience de la télévision.
Ce contexte a changé, on l'a vu. Et il faut aujourd'hui se préparer à accompagner les consolidations économiques et permettre à nos médias audiovisuel de lutter à la bonne échelle face aux géants du numérique, mais et j'insiste sans perdre de vue l'objectif de pluralisme. Et ce n'est pas contradictoire, au contraire, on peut très bien à la fois assouplir par exemple la durée de détention légale de fréquence qui est peut-être excessive aujourd'hui et dans le même temps mieux encadrer le pouvoir d'influence plurimé des groupes audiovisuels.
Votre proposition de loi, monsieur le président Lafont, peut-être demain le projet de loi traduisant les états généraux de l'information et le règlement européen sur la liberté des médias pourront être je l'espère l'occasion d'ouvrir ce débat. Il y a ensuite les règles relatives à la publicité avec sans doute d'un côté ce que tout le monde a en tête, la simplification des règles applicables à la télévision, des règles qui relèvent du niveau règlementaire mais qui évidemment supposent qu'on veille parallèlement à ce que d'autres médias n'en fassent pas les frais. Il faut véritablement être imaginatif sur ce terrain pour sécuriser les médias qui ont peur pour leur survie car c'est un enjeu collectif de préservation de notre infrastructure démocratique.
Il il en va de même également de l'allègement des des mentions légales s'appliquant à la radio. Et puis face parallèlement à cet assouplissement des règles applicables à nos médias, il faut penser au renforcement de celles qui s'appliquent aux plateformes de partage de vidéos sans alignement par le bas. C'est une lutte contre les asymétries réglementaires qui sans doute justifiera une nouvelle exception au principe du pays d'origine car les publicités elles s'appliquent dans le pays d'audience et pas dans le pays d'installation de l'acteur.
Et c'est un des enjeux majeurs de la révision à venir de la directive SMA. Enfin, ce rééquilibrage que nous appelons tous de nos vœux devrait aussi concerner la rémunération de l'utilisation des contenus par les plateforme, une rémunération aujourd'hui insuffisamment assurée, que ce soit au titre des droits voisins pour les contenus d'information ou pour les obligations de financement pour les œuvres audiovisuelles avec bien sûr en perspective la rémunération des contenus utilisés par les outils d'intelligence artificielle dont votre commission monsieur Le président Lafond s'est récemment saisi. Pour finir dans un marché numérique où la concurrence pour la captation de la de l'attraction est centrale, de l'attention pardon est centrale.
Je voudrais souligner deux points importants pour conforter la place des médias traditionnels. Le premier c'est d'assurer leur visibilité sur l'ensemble des interfaces. C'est l'enjeu euh des règles relatives au services d'intérêt général qui bénéficient aujourd'hui mais très imparfaitement aux chaînes de la TNT et qui demande non seulement à être renforcé mais sans doute aussi étendu par exemple au service de radio comme nous en nous en avons fait la proposition dans le cadre de la révision de la directive SMMA.
Un second objectif plus large renvoie à la nécessité chaque jour plus évidente de réguler ce qu'on peut appeler le Far West numérique, en tout cas cette part du numérique qui est un Far West. Car en plus de porter une atteinte commerciale déséquilibrée aux médias audiovisuels, le fonctionnement des plateformes et de leurs algorithmes va à l'opposé des objectifs de pluralisme, de diversité culturelle, de protection des publics que nous poursuivons. C'est tout l'enjeu du règlement européen sur les services numériques et il faut se féliciter des premières décisions et sanctions annoncées par la Commission européenne il y a quelques semaines à l'encontre de X comme de TikTok. des mesures longtemps attendues, trop longtemps attendues, mais qui en appellent d'autres certaine d'une certaine façon l'enjeu, c'est que le temps que nos enfants et adolescents ne passeront plus ou passeront moins en étant harponés sur des réseaux sociaux, nuisibles à leur santé mentale, lorsque la majorité numérique, quel qu'en sera quel seront les formes, aura été mise en place, et bien ce temps, ils pourront le consacrer à des activités sociales, des vrais, mais aussi à regarder des programmes de qualité sur TF.
F1 plus ou sur Disney Plus. C'est donc un agenda ambitieux national et européen. Législatif et réglementaire qui s'ouvre à nous.
C'est à tous égards un enjeu de souveraineté et on ne peut saluer à l'aube des échéances extrêmement importantes qui s'annoncent pour le pays. L'initiative du Sénat de s'en emparer aujourd'hui. Merci beaucoup. [applaudissements] Bien.
On va enchaîner, chers collègues, mesdames et messieurs. On va enchaîner parce que il nous reste quand même 1 heure un/ 1h30. Euh donc je pense que ce serait bien que nous puissions enchaîner.
Je demande à celles et ceux voilà qui qui veulent assister à cette deuxième table ronde que j'ai donc le plaisir d'ouvrir maintenant et qui est consacré à une question économique étroitement liée à celle de la souveraineté européenne dans le domaine culturel. Comment faire émerger des champions européens capables de rivaliser avec les grandes plateformes mondiales tout en préservant bien sûr le modèle français de régulation audiovisuelle ? On en a beaucoup parlé qui constitue l'un des fondements de notre exception culturelle.
Alors, les acteurs nationaux, publics ou privés, gratuits ou payant sont aujourd'hui confrontés à la concurrence des grands groupes internationaux, essentiellement américains, vous le savez. Ces derniers disposent de capacités d'investissement considérable. Il bénéficie des faits d'échelle puissants tant pour l'acquisition des contenus que pour le développement des technologies nouvelle.
Les grands acteurs définissent les standards technologiques de demain et ont, on peut le dire, un pouvoir absolument déterminant sur l'évolution du marché et des usages. Dans ce contexte, la consolidation industrielle pourrait peut apparaître comme une consid comme une réponse logique. On dit que l'Union fait la force, mais il faut aussi atteindre une taille critique.
Un juste équilibre doit toutefois être trouvé car la logique de concentration seurte à d'autres exigences fondamentales. Le maintien d'une concurrence effective mais également la préservation d'une diversité d'offre, le maintien du pluralisme sachant s'agissant notamment des médias d'information. Alors, l'autorité de la concurrence, et je vais tout de suite donner la parole à son président, se trouve donc en première ligne pour concilier ces objectifs que je pourrais qualifier de contradictoire dans un marché en constante mutation.
Et je vous propose donc pour introduire cette deuxième table ronde d'entendre le point de vue donc du président de l'autorité de la concurrence, monsieur Benoît Coré, à qui je cède la parole. Je vous en prie. [applaudissements] Monsieur le président Lafond, madame la vice-présidente, mesdames et messieurs les sénatrices et sénateurs, mesdames et messieurs, je voudrais tout d'abord remercier très vivement le président Lafond pour son invitation à ce colloc dont la première table ronde a montré la la l'utilité et la qualité.
Euh et on en espère on attend pas moins de la deuxième table ronde. Dès 2019, dans un avis rendu sur ses de la commission des affaires culturelles de l'Assemblée, l'autorité de la concurrence avait attiré l'attention des pouvoirs publics sur les nouveaux équilibres concurrentiels du secteur audiovisuel français avec l'arrivée en puissance de plusieurs acteurs numériques au côté d'acteurs traditionnels ainsi que sur la mutation profonde des usages où les frontières se brouillaient, les passerelles se multiplient entre télévision payante linéaire et vidéo à la demande sur abonnement entre diffusion linéaire et non linéaires entre offres payantes et offre gratuites et nous avions mis en lumière la nécessité d'adopter d'adapter la réglementation du secteur afin de corriger les asymétries réglementaires. Le terme d'assymétrie a été très très utilisé sur la première table ronde et pour de bonnes raisons qui désavantage les éditeurs traditionnels linéaires vis-à-vis des plateformes numériques.
Donc ça c'était en 2019. Depuis euh la révolution numérique a continué de progresser et les mouvements structurants se poursuivent. Je pense par exemple à euh Netflix et Paramounts qui se font concurrence pour l'acquisition de de Warner Bross.
Je pense à YouTube qui propose désormais des films, des séries, des compétitions sportives et qui retransmettra en direct la prochaine cérémonie des Oscars. Euh la durée d'écoute individuelle de la télévision a atteint son niveau le plus bas depuis 1996. L'équipement en téléviseur connecté progresse continuement.
Le smartphone, ça a été dit par le président Larch à l'heure, est désormais euh l'écran le plus répandu au sein des foyers euh devant la télévision. Euh notre avis sur la création de contenu vidéo qui sera publié le 18 février prochain, donc la semaine prochaine, euh qui a donné qui a donné lieu à des séances un peu inhabituelles de l'autorité de la concurrence où nous avons auditionné Inox Tag, Squeezie, Hugo Descrypt et Zerator euh nous donnera l'opportunité de nous pencher une nouvelle fois sur ces marchés en pleine transformation et d'illustrer le rôle structurant de plateformes comme YouTube, Twitch, TikTok et Instagram dans la diffusion de contenu vidéo. Donc ça c'est un peu de publicité pour un avis qui sort la semaine prochaine.
En 2024, 62 % des Français de plus de 15 ans déclarent regarder des vidéos sur les réseaux sociaux et 42 % au moins trois fois par semaine. À ces constats s'ajoutent un niveau plus plus global, un décrochage de l'économie européenne, des préoccupations légitimes de souveraineté et de résilience qui ont été décrites de manière clinique par le rapport Dragy. Ceci nous interroge, comme nous invite d'ailleurs le titre de ce colloque, sur notre capacité à faire grandir nos entreprises innovantes et à tirer pleinement partie du marché unique, remettant au premier plan l'importance d'une politique industrielle véritablement européenne.
Je suis sûr que Thierry Breton aura des choses à dire sur le sujet dans un instant. Donc face à ces enjeux parfois vertigineux, il faut pas perdre de vue sa boussole. Donc je commencerai par dire que des marchés ouverts, concurrentiels et équitables favorisent l'innovation, la productivité et l'investissement.
Et j'aime souvent dire que jamais nos entreprises ne conquéreront des marchés mondiaux si elles ont été protégés de la concurrence à domicile tel un athlète qui se présenterait aux Jeux Olympiques sans entraînement. Le droit de la concurrence est un outil puissant au service de la compétitivité et de la résilience. J'irais même jusqu'à dire que c'est un c'est un adjuvent essentiel de la de la politique industrielle.
On pourrait même dire que le droit de la concurrence est une composante de la politique industrielle puisqu'elle renforce les effets de celle-ci si elle est bien faite. L'autorité de la concurrence prend les recommandations du rapport Dragiy très au sérieux. Euh nous sommes pleinement impliqués dans la révision en cours par la Commission européenne de ces lignes directrices sur le contrôle des concentrations.
L'objectif de cette révision est de tirer un bilan de 20 ans de pratique décisionnelle et de mieux prendre en compte les enjeux structurants de notre époque, la durabilité, la résilience et la numérisation de nos économies. Dans ce débat important, il ne faut pas tomber dans le piège qui nous conduirait à confondre champions européens et champions nationaux. Donc, abstenons-nous de convoquer Mario Dragui lorsque ce qui est visé est la création de champions nationaux sur des marchés nationaux.
La plupart des opérations qui sont discutées dans les médias euh sont l'antithèse de ce que Prône Drag puisque le rapport à la consolidation du marché européen serait mineur voire inexistant. Ces opérations sont sans doute légitimes au plan industriel et ce n'est pas à moi d'en juger. Elles peuvent être licites au regard du droit de la concurrence mais elles n'ont rien à voir avec le rapport dragué.
Euh j'ai déjà eu l'occasion de le dire, la fusion entre TF1 et M6 par exemple n'aurait pas créé de champion à l'échelle continentale. Il aurait elle aurait consolidé une position domestique sans bénéfice significatif pour l'Europe et avec un coût probable voire certain pour les annonceurs et donc pour les entreprises françaises et pour l'ensemble des Français. Chez nos voisins néerlandais, l'acquisition par Talpa de RTL Netherland avait également été rejetée pour des raisons identiques au nôtre.
Et à cet égard, nous suivons de près l'acquisition envisagée par Bertolman de de Sky Deutschland qui est en cours de prénotification à la Commission européenne. D'autres opérations de consolidation dans ce secteur paraissent plus proches de l'esprit du rapport Dragy. Par exemple, la récente acquisition par l'italien Media for Europe de l'allemand Pros Bensat 1.
Un autre point qui semble important à rappeler lorsqu'on soutient la création de champions nationaux et le risque que ça se fasse non seulement au détriment du consommateur entendu en tant que que personne physique que ménage mais aussi et surtout au détriment des partenaires économiques des parties à l'opération aux différents niveaux de la chaîne de valeur en ce inclu d'autres entreprises françaises et européennes. J'ai déjà mentionné l'impact de qu'aurait eu le la fusion entre TF1 et M6 sur les annonceurs qui dépendent en grande partie de la publicité télévisuelle et donc sur les entreprise française. On peut également citer l'opération euh Canal Plus OCS autorisée en janvier 2024 par l'autorité sous réserve d'engagement.
En l'absence de ses engagements, l'opération aurait fait perdre au producteurs de cinéma français, grand comme petit, le guichet alternatif que représentait pour l'acquisition des droits et la diffusion des films en première fenêtre payante. Ce n'est pas l'autorité qui a décrété ses risques depuis la rue de l'échelle, ce sont les annonceurs, ce sont les producteurs du cinéma français qui nous l'ont dit lorsque nous les avons consultés via nos tests de marché. Donc, les entreprises ont leur propre vision tout à fait légitime de leur projet.
L'autorité de la concurrence prend en compte l'impact de ces opérations à 360° sur leurs fournisseurs, sur leurs clients, sur leurs concurrents et elle met dans la balance l'ensemble de ses effets pour estimer si une concentration est ou non anticoncurrentielle. Bref, c'est l'intérêt général qu'elle s'efforce de prendre en compte. Enfin, on entend souvent que le contrôle des concentrations français européens serait un obstacle à la création de champion européen.
Là aussi, il faut pas peur de vue de points essentiels. D'abord, depuis que l'autorité de la concurrence existe, nous avons examiné près de 4000 opérations de concentration. Nous en avons formellement interdite deux sur 4000.
Une poignée d'entre elles, c'est vrai, dont la fusion entre TF1 M6 a été abandonnée en cours de route, mais je parle d'une poignée, je parle pas de plusieurs dizaines. L'immense majorité des opérations de concentration est autorisée et pour une très grande majorité dans un délai de 5 semaines. En dehors de TF1 M6 depuis 2020, l'autorité a examiné cinq concentrations dans le secteur audiovisuel réalisé notamment par les groupes Media One, Altis, Canal Plus et et CMACGM.
Toutes ces acquisitions ont été autorisées, certaines sous-réserves d'engagement prises par les entreprises pour garantir que les positions acquises ne permettront pas la mise en œuvre de stratégie anticoncurrentielle. Je précise d'ailleurs et là je rentre un peu plus dans la technique des du droit de la concurrence mais je vais en ressortir très vite, je vous rassure que ces engagements de nature comportementale, c'està-dire qu'ils ne sont pas des sessions d'actifs, ont été acceptés par l'autorité de la concurrence, là où d'autres autorités européennes ne les auraient pas forcément accepté. Euh nous avons en France une approche pragmatique qui est d'ailleurs coûteuse pour nous en terme de suivi euh car euh un engagement comportemental requiert de s'assurer euh qu'il soit respecté pendant une certaine période, généralement de 5 à 10 ans, euh mais qui permet aux concentrations de se réaliser, donc sans euh sans dogmatisme.
Ce sont d'autres obstacles extérieurs au contrôle des concentrations qui méritent une discussion politique. Là et tout ça a été dit sur la première table ronde, donc je vais très vite. la réglementation parfois inadaptée aux réalités du marché, la fragmentation du marché unique européen, l'absence d'une politique industrielle à l'échelle européenne, l'insuffisance d'investissement tournés vers l'innovation.
J'insiste sur le sur le rôle de l'innovation et j'ai déjà eu l'occasion de le rappeler ailleurs, mais j'aime aussi rappeler que Netflix n'est pas né de la fusion de deux chaînes de télévision, mais d'une idée euh louer des DVD par correspondance et ensuite les les streamer quand la technologie est apparue et de l'esprit d'entreprendre. Et c'est de ça que nous avons besoin en Europe, c'est des idées des idées et de l'esprit d'entreprendre. Donc pour citer Racine, la le droit de la concurrence ne mérite ni cet excès de d'honneur, ni cette ni cette ni cette indignité.
Alors, un mot sur la méthode de travail de l'autorité. Euh dans un environnement qui est en perpétuelle transformation, on l'a à nouveau entendu ce matin, euh l'autorité de la concurrence examine chaque opération de concentration euh quand elle lui est notifiée euh à la lumière des éléments qui sont soumis par l'ensemble des parties prenantes. Donc les les entreprises évidemment qui défendent leur projet. mais aussi les fournisseurs, les concurrents, les clients, les régulateurs sectoriels en tenant compte de l'évolution prévisible du marché.
En 2021-2022 dans le dossier TF1 M6, il était ressorti de cette analyse que du point de vue des annonceurs, la publicité télévisée n'était pas substituable à la publicité en ligne. Par conséquent, nous n'avons pas pu considérer que l'offre de la TNT, l'offre publicitaire de la TNT et les services de vidéo à la demande par abonnement étaient en concurrence. À l'inverse, sur d'autres marchés dans le secteur audiovisuel, l'autorité a fait évoluer sa pratique décisionnelle en considérant que par exemple que la distinction en fonction du mode de diffusion linéaire ou non linéaire a été obsolète.
C'est le cas par exemple des marchés amont de l'acquisition des droits de diffusion où l'autorité a considéré que des acteurs comme Canal Plus et Netflix sont en concurrence pour préfinancer des films français et acheter des droits de diffusion. Notre examen de l'acquisition d'OCS par Canal Plus est un bon exemple de la capacité de l'autorité à adapter sa pratique décisionnelle lorsque les éléments factuels justifient une telle évolution. l'évolution de la réglementation.
Je pense par exemple au décret SMAT de de de 2021 qui allait dans le sens d'une uniformisation des contraintes réglementaires qui pèsent sur les chaînes de télévision et les et les plateformes de vidéo à la demande et aussi naturellement pris en compte par notre pratique décisionnelle. Alors, j'anticipe la question que certains ici brûlent peut-être de me poser même si même si Rodolphe Velmer est parti. Euh comment l'autorité de la concurrence analyserait-elle euh une nouvelle opération TF1 M6 euh avant 2028 si on s'en tient au calendrier qui encadre aujourd'hui euh le renouvellement euh des fréquences TNT de ces chaînes ?
Bah la réponse est simple. Euh la réponse c'est objectivement et en toute transparence en reprenant notre grille d'analyse et en la confrontant en la confrontant à l'évolution des marchés depuis 2021-2022 he puisque cette instruction était basée pour l'essentiel sur des données qui étaient qui avaient été collectées en 2021. Donc c'est quand même il y a il y a 5 ans.
Euh comme je l'ai rappelé il y a un instant, beaucoup de choses ont changé depuis cette date, qu'il s'agisse de la technologie, des usages ou de la position relative des acteurs. Si un projet nous était soumis, nous le confronterions au fait et à l'évolution prévisible des marchés et en tenant compte bien sûr avec la plus grande attention des contributions de nos autorités de régulation sœur, l'ARCOM bien sûr, mais aussi l'ARCEP et sans doute l'ACNIL qui ont tout un intérêt à l'affaire. Pour conclure, je voudrais souligner que l'action de l'autorité de la concurrence présente des limites.
Tout d'abord, l'intervention de l'autorité en matière de contrôle exhenté de contrôle préalable des concentrations est limité aux opérations qui franchissent certains seuils de chiffres d'affaires. Dans le secteur des médias, des opérations susceptibles de soulever des problèmes de concurrence passent donc sous les sous sous le radar, sous l'écran radar puisqueils n'atteignent pas les ces opérations n'atteignent pas nécessairement les seuils de notification. Et c'est aussi pour cette raison que l'autorité de la concurrence souhaite être dotée d'un pouvoir d'évocation des opérations sous les seuils de notification qui nous permettrait d'intervenir ponctuellement, sans doute très rarement lorsque cela s'avère nécessaire pour contrôler des opérations problématiques sous les seuils, idéalement avant leur réalisation.
Ce projet qui est conforme aux décisions récentes de la Cour européenne de justice nécessiterait une réforme législative. En deuxième lieu, l'autorité de la concurrence n'est pas compétente pour examiner l'impact d'une opération de concentration en matière de pluralisme et d'indépendance éditoriale. C'est le mandat de l'Arcom avec laquelle nous avons l'habitude de coopérer étroitement même quand la loi ne l'impose pas.
Euh donc pour pour être plus précis, la loi l'impose en phase 2 d'un l'examen d'une concentration, mais pas nécessairement en phase 1, mais naturellement on le fait quand même. Euh à cet égard, il me semble utile de rappeler deux points que l'autorité de la concurrence porte de manière constante depuis notre avis de 2019 et que nous avions réitéré lors des états généraux de l'information. Euh le premier point, c'est que les dispositifs anticoncentration de la loi de 86 euh centrés sur les opérations euh sur les opérateurs de télévision sont obsolètes euh et doivent être réformés avec urgence euh afin de réduire la symétrie concurrentielle existante en tracteur du linéaire et plateforme numérique.
C'est pour ça quand j'ai entendu ce matin qu'il fallait réformer le droit de la concurrence, je suis d'accord à condition de de faire une correction sémantique. Il s'agit pas du droit de la concurrence au sens des articles 101 et et 102 du traité. Il s'agit euh des règles anticoncentration de la loi de 86.
Voilà. Euh et sous cette réserve, je suis complètement d'accord. Euh le droit de la concurrence quant à lui est ce qu'il est.
Et euh comme je je crois euh l'avoir l'avoir prouvé dans mon intervention, euh son euh son son utilisation doit évoluer en fonction de l'évolution du paysage industriel, mais le droit lui-même n'a pas besoin d'être réformé. Il est il est suffisamment souffle pour pour s'adapter aux évolutions aux évolutions de l'économie. Le second point, c'est que les pouvoirs de l'ARCOM et ou de l'autorité de la concurrence doivent être adaptés en conséquence à la lumière aussi des obligations du règlement européen sur la liberté des médias, du règlement MFA pour permettre de s'assurer que des concentrations dans le secteur ne portent pas atteinte aux principes de pluralisme et d'indépendance éditoriale qui sont des principes fondamentaux de nos démocraties.
Et sur ce, je vous remercie de votre attention. [applaudissements] Merci. Merci monsieur le président.
Bien, pour débattre de ces questions, je vais maintenant donner la parole aux trois intervenants de cette table ronde. On va avoir une première séquence qui vont la qui va leur permettre de pouvoir s'exprimer 10 minutes si vous en êtes d'accord. Je pense que c'est et vu l'heure euh une seconde où j'aurai une seule question et on en fonction euh euh de l'heure, monsieur le président, on verra si on peut donner la parole à la salle.
Bien Thierry Breton, je vais commencer par vous. Vous avez été commissaire européen au marché intérieur de 2019 à 2024 après un parcours qui vous a conduit à la tête de très grandes entreprises. On pense à Orange, on pense à Athos et au ministère de l'économie, des finances et de l'industrie.
À la Commission européenne, votre action s'est inscrite dans une stratégie de souveraineté numérique et en particulier économique, pardon, et en particulier dans le domaine du numérique. Si je peux me permettre, on a reconnu votre pugnacité et votre tenacité en la matière. Vous vouz dire le président des États-Unis, pas à l'époque puisque je parle de vous.
Euh et donc une question assez simple, comment l'Union européenne peut-elle concilier l'application du droit de la concurrence et la préservation de la diversité, de la pluralité de l'offre avec l'objectif puisque c'est le titre de notre table ronde de faire émerger et de consolider des champions européens. 10 minutes. Merci.
Vous vous avez 10 minutes en tout cas et je je suis la gardienne du temps hein. Donc merci de me donner la parole et très heureux de me retrouver parmi vous au Sénat, monsieur le président, mesdames et messieurs les les sénateurs, sénatrices et et vous tous dans cette salle. Je vais je vais je vais me concentrer si vous le permettez évidemment sur les aspects les aspects plutôt européens et et évidemment je serai les spécialistes des contenus qui m'entourent ensuite parler des des aspects qui qui concernent vraiment la la diffusion de la de la création.
Alors évidemment le si on si on en vient ou si on s'en tient à votre titre, madame la sénatrice, le sujet c'est évidemment l'Europe. L'Europe l'Europe parce que évidemment euh pour faire émerger des champions comme comme on indique, j'aime pas tellement le mot champion du reste he parce qu'il est très mal vu en dehors de France. On parlait de champion de tennis, de champion de football.
Moi, j'ai jamais considéré qu'une entreprise était un champion. Donc je suis toujours très prudent sur le terme champion, je viens à vous le dire. Quel terme ?
Oh bah des des des grands acteurs. Si on veut faire si on si on si on veut être un peu anglais, on peut dire des leaders. On peut dire enfin voilà, j'aime bien les grands acteurs, des acteurs importants.
Euh parce que dès qu'on sort de de France, on on voit ça avec un côté un peu vous savez français volent toujours des champions. Benoî Corelc et donc on est contre enfin voilà, je je le signale vraiment en passant mais c'est très anecdotique évidemment par rapport à ce que je vais vous dire. La dimension évidemment euh elle ne peut-être qu'européenne.
Et donc puisque vous avez eu la gentillesse de de de rappeler mon action, mon action, elle s'est vraiment inscrite dans cette dans cette perspective à savoir euh faire enfin en sorte que nous ayons un marché européen unifié dans notre espace informationnel. Beno Curé faisait all faisait allusion au début de Relastings que j'ai que j'ai que j'ai bien connu dans les années 99 parce que Benoî j'étais son premier et seul fournisseur et et qu'est-ce qu'on l'a aidé puisque j'étais président Thomson à l'époque j'avais racheté Technicolor et mon principal client précisément c'était Red Astins qui vendait donc de la distribution par mail par boîte postale avec des DVD qu'on lui fabriquait. Voilà, donc ça démarré comme ça.
Mais pourquoi ça il y a eu un tel succès ? Parce qu'au fond ce qui fait c'est pas comme on dit dans notre jargon, c'est pas de la rocket science. C'était son business model était assez simple.
Il l'a fait évoluer ensuite en suivant les technologies mais mais il avait un marché de 340 millions de consommateurs unifiés. Et donc et donc et donc il est parti. Et nous évidemment si on a raté cette vague à partir des années 2000 que l'on voit partout, bah c'est parce que notre marché il est fragmenté. il est encore fragmenté aujourd'hui.
Du reste la discussion qu'on a eu ce matin le montre. Donc il est urgentissime en tout cas si on parle de plateforme à un à une échelle européenne ou mondiale, bah il faut donc raisonner en tout cas pour nous sur notre marché pertinent qui est le marché de 440 millions de consommateurs qui est le marché européen. et les six lois, les six piliers que j'ai porté en tant que commissaire devant le collège puis ensuite devant les collégislateurs, tous des règlements des règlements précisément pour la raison que je viens d'invoquer à l'instant car ils doivent être d'applications directes contrairement aux directives.
Ça a été donc des piliers qui nous ont permis enfin d'avoir un espace informationnel unifié, un seul régulateur, en tout cas régulateur unique avec le même on a plus besoin d'aller en Irlande parce que c'est mieux que d'être à Paris ou en Allemagne. une seule loi, une seule et même façon de l'appliquer partout en Europe et donc quelque part la création enfin d'un espace informationnel unifié. Ça a été le data act, ça a été le DGA Data Gement Act, ça a été évidemment le DSA, on pourra en parler qui permet de veiller à ce que dans l'espace informationnel nos lois physiques s'appliquent dans tous les domaines.
Protection de la démocratie, protection du pluralisme, protection des individus, euh protection des enfants, euh lutte contre les propos antisémites, euh apologie du terrisme, ce qui contrôle notre liberté de parole dans l'espace physique et cetera. DMA très important Benoî Curé qu'onapplique pas encore assez mais qu'on va appliquer qui permet de mettre des règles justement qui vont être nécessaires pour pouvoir permettre l'émergence d'acteurs européens de taille internationale. donc qui me permet de mettre de la régulation économique dans l'espace informationnel et puis enfin les act qui permet tout simplement de façon extrêmement souple progressive et certainement pas contraire à l'innovation comme font les Américains parce que c'est eux qui le disent il y a toujours quelques idiots utiles qui relèent les propos pardon pour eux mais mais mais enfin on le connaît sur le thème aux États-Unis on innove en Europe au régule non on organise, on régule pas, on organise, on organise notre marché intérieur.
Enfin, et c'est le deuxième point pour pouvoir faire émerger ces ces plateformes européennes qui vont pouvoir enfin concurrencer ce qui a été fait il y a quelques années, bah il faut évidemment deux choses. Il faut avoir la technologie, il faut avoir les moyens, marché des capitaux, euh il faut avoir le savoir-faire. Mais on l'a parce que au fond, je vais vous dire les choses de façon très simple, je suis ingénieur, c'est pas euh génial de faire une plateforme, c'est quelque chose qui techniquement euh voilà, c'est pas du reste toutes les plateformes dont on parle, la plupart, je vous rappelle de parler de Red Histings, je vous assure que Red Histings en 2000, c'était quasiment un garage avec des Mexicains qui mettaient des timbres, mettaient dans les paquets des euh des DVD et qui les envoyaient partout aux États-Unis.
C'était ça quand même. Bon et ça évolué ensuite. Mais quand vous prenez Facebook, un première un étudiant de première année même d'une certe très grande université euh a eu la possibilité de l'inventer, de le mettre en place mais il y a eu le marché et cetera puis du marketing et puis ensuite la boule de neige prend son effet.
Non, ce que je veux dire par là, c'est que évidemment, on a évidemment tout ça, mais il nous faut donc d'abord le mettre en place et puis il nous faut aussi un peu de temps parce que le temps évidemment d'atteindre des masses critiques c'est important et évidemment on a de la concurrence et c'est là où précisément nos instruments sont là, il faut les utiliser pour ce qu'ils sont, c'est-à-dire par je rappelle vraiment que le DMA, il a été conçu comme ça. J'en étais avec mes collaborateurs en tout cas euh le rédacteur ensuite il s il a été approprié évidemment par les différentes colégislateur mais mais ça a été fait vraiment pour permettre à d'autres acteurs d'émergés pour permettre à l'innovation de se déployer pour permettre d'éviter de de contrôler les effets d'éviction les situations de monopole. Donc le DMA est un instrument très puissant.
J'en viens au point que je voudrais évoquer avec vous. Si on veut, et c'est vraiment un objectif qui me semble être un objectif absolument essentiel pour les acteurs que vous êtes, mais je vais plus loin bien entendu pour notre démocratie, pour notre état de droit, pour ce que nous sommes, pour notre identité. Oui, on est en train de vivre un moment existentiel dans ces questions.
Alors, on s'est on s'est bâti, on s'est donné l'infrastructure, le corpus juridique le plus performant au monde, le plus abouti au monde pour pouvoir précisément avoir un espace informationnel organisé selon nos règles de droit. Mesdames et messieurs, je vais vous dire une chose, faut maintenant qu'on l'applique et j'ai pas peur de vous le dire. On souffre de quoi ?
Du fait qu'on ne l'applique pas. Alors que les colégislateurs ont donné une instruction, un mandat à la Commission européenne de l'appliquer. Moi-même, j'ai ouvert des enquêtes nombreuses sur tout d'un nombre important de plateformes avant que je ne donne ma démission en septembre 2024.
Ça fait 2 ans. Mais qu'est-ce qui se passe depuis 2 ans sur ces réseaux ? Tout va bien, il y a pas de problème.
Notre démocratie n'est pas attaquée. Nos enfants sont sereins avec les 4h et demi qui passent par jour de sur les réseaux en moyenne. Tout va bien ?
Non, tout va pas bien. Et pendant ce temps-là, et bien on avance. Donc première chose, oui, il faut faire appliquer nos lois.
Et si on les fait pas appliquer, qu'est-ce qui se passe ? Ben, les États-membres me disaient il y en a marre. Donc qu'est-ce qu'ils font ?
Alors ici, on va vous dire madame la sénatrice tiens puisque ça ça va pas, les lois sont pas appliquées, bah on va interdire les réseaux à 16 ans. D'autres vont nous dire en Espagne ah non mais moi puisque c'est ça, je vais peut-être dire que je vais fermer X. Les trè les trè vont dire bah je c'est légitime encore une fois je vais maintenant faire des enquêtes moi-même.
Et donc qu'est-ce qu'on voit ? et ben une fragmentation du marché intérieur. Donc je le dis de façon très claire et je pas prendre la monopoliser la parole.
Donc sur la technique, on sait ce qu'il faut faire et vous allez vous le dire, on a les moyens, on a l'appétit, on a les compétences sur le temps pour le mettre en en œuvre parce qu'il nous faut du temps. Et bien, il faut qu'on fasse appliquer nos lois et à la fin et à la fin ces lois elles ont été conçues aussi pour une chose, c'est pour que l'application, on offre l'accès au marché intérieur à toutes celles et tous ceux qui veulent venir dans l'espace informationnel, proposer leurs services, proposer leurs vidéos, proposer ce qu'ils veulent. C'est formidable quand même de on offre un marché qui a 30000 milliards de d'épargne des plus riches au monde. 440 millions de consommateurs, on l'offre, on dit "Vous pouvez y aller." On a mis des règles seulement.
Ben ces règles, elles sont protectrices évidemment de tout ce que je viens de dire. À la limite, on ne se on s'est jamais préoccupé, nous quand on a fait ces réglementations des actionnaires. Il y a les actionnaires et ça ça me concerne pas. et puis ensuite ceux qui sont en charge de l'exécution sur le territoire européen.
Et ça ça nous concerne. Et donc à partir du moment où les lois sont appliquées, alors je vais vous le dire, on sait régler les problèmes de concurrence, on sait régler les problèmes d'interférence, on sait les problèmes, on sait régler les problèmes de protection de nos enfants. On sait régler les problèmes de liberté de parole en Europe pour peu pour peu qu'on préserve ce qui le contrôle ou la contrôle dans l'espace physique.
On sait faire tout ça et quel que soit l'actionnaire monsieur X, monsieur Y ou monsieur Z, on sait le faire. Donc je le dire de façon très simple. L'urgence pour moi, c'est de faire appliquer ces lois.
Et alors oui, on aura l'espace l'espace de 440 millions de consommateurs pour qu'en parallèle de ce qui existe et bien d'autres puissent émerger et précisément proposer des offres qui seront des offres peut-être plus acceptables, plus compatibles avec ce que nous sommes. Merci. Merci monsieur Breton.
Merci pour la [applaudissements] pour la franchise de vos propos qui font d'ailleurs écho au colloque qu'on a eu à une quinzaine de jours organisé ici par l'Arcom où finalement on se retrouvait beaucoup sur cette sur ce constat. Alors, je vais passer maintenant la parole à à Bruno Patinot. Vous êtes président d'Arté France qui est la composante française de la chaîne franco-allemande de 2021 à 2024 vous avez également présidé TGE qui est donc la structure qui regroupait qui regroupe France et Allemagne.
Vous êtes aussi l'auteur de plusieurs essais euh sur la sur la submersion numérique et vous avez été président du comité de pilotage des États généraux de l'information. Alors, face à ce constat, face à la domination des plateformes mondiales, quel rôle le service public doit-il jouer pour préserver et renforcer ce que je j'appelle la souveraineté culturelle européenne ? et le mot de souveraineté importante.
Merci beaucoup madame la vicie présidente. Monsieur le président, merci à tous d'être là et merci au commissaire Breton avec qui nous avons souvent évoqué ces sujets qui nous a, je dois le dire, beaucoup aidé et et auquel je je veux exprimer ici toute ma gratitude. Évidemment, vous avez vous avez dit en ce qui nous concerne le mot de service public parce que Maxime Sada tout à l'heure va évidemment parler des offre ou des champions entre guillemets mes champions entre guillemets non pas pour Canal mais à cause à cause des remarques de Thierry Breton euh donc des leaders on va dire ça des leaders privés.
Non effectivement je pense que c'est important de de vous dire d'où d'où je parle. En fait, est une chaîne de service public, mais comme vous le savez depuis sa création, vous le savez peut-être pas, dans son traité qui la fonde, il y a cette mission qui est de rapprocher les peuples d'Europe par la culture et et et cette mission là que nous transformons un peu ou que nous, comment dire, nous l'interprétons de cette façon-là, nous devons être un agent d'espace public européen, c'est-à-dire quelque chose, un acteur public qui vise à aider à la création d'un espace public européen au sens de Yurgon Bermas, c'est-à-dire d'un endroit où les Européens qui partagent une histoire commune, qui partagent un espace aussi commun peuvent à un moment donné évidemment débattre, avoir de la curiosité les uns pour les autres et et quand même s'apercevoir de ce qu'ils ont en commun tout en sachant ce qu'il est différen puisque l'Europe c'est ça, notre mantra c'est la la phrase d'Umberto, la langue maternelle de l'Europe c'est la traduction et donc c'est cette c'est cette à la fois diversité assumée avec une racine commune ou avec des racines communes. C'est cette façon-là dont dont que que c'est notre façon en tout cas aujourd'hui de voir l'Europe.
Alors, un service public comme vous l'avez dit, c'est un agent les services publics ont été organisés de façon nationale, surtout après la Seconde Guerre mondiale comme des réponses justement au grand dram qu' avait qu'avaient vécu les pays européens et de façon à apporter du commun dans les espaces publics nationaux. Et à l'époque, on s'est pas évidemment préoccupé trop des interfaces puisque ça allait automatiquement avec le contrôle des fréquences ou des moyens de diffusion. Et il était naturel d'avoir des acteurs nationaux avec des fréquences nationales sur un territoire national pour un espace public national. aujourd'hui et et je vais pas redire en moins bien ce qu'a dit très bien le le commissaire Breton.
Euh on voit bien dans les dans le contexte géopolitique culturel qui est le nôtre la nécessité absolu pour les Européens de défendre d'aller au-delà de défendre d'ailleurs, d'affirmer leur modèle de démocratie libérale humaniste et qui partagent qui partagent qui partagent des valeurs absolument essentielles à un moment où ces valeurs sont il faut bien le dire menacées de de l'extérieur notamment mais pas uniquement. Et donc dans cette dans c dans cette idée-là, la question qui s'est posée pour Harté, c'est est-ce que nous visons à être un acteur européen comme quelque chose qui naîrait exnilo, on va dire, et qui se déploirait à l'échelle européenne ou est-ce que nous nous imaginons comme partie, j'allais dire avec un degré de spécificité assez élevé, comme partie d'un tout, c'est-à-dire moi, j'ai tendance à dire la pièce manquante de l'audiovisu public à l'échelle européenne. Le l'Europe et est beaucoup à l'univers numérique pour des raisons qui ont été expliquées de façon assez brillante, désintéressé ou en tout cas n'a pas su entrer en compétition sur les interfaces.
Mais comme il a été dit, la technologie aujourd'hui des interfaces, elle est extraordinairement simple. Attendons attendons les interfaces d'usage qui vont arriver avec les agents d'intelligence artificielle. Ça va être la prochaine étape et et ça va être une étape assez vertigineuse pour nous tous.
Mais aujourd'hui euh la façon dont nos concitoyens en Europe s'informment, se cultivent ou se divertissent, c'est évidemment par les outils numériques que vous connaissez, les plateformes à un moment donné, les grandes chaînes sociales ou autres. Et donc depuis plusieurs années pour créer cet espace public européen et encore une fois avec cette idée non pas de concurrence avec les acteurs nationaux mais de complémentarité avec les acteurs publics nationaux, non pas de concurrence avec les grands acteurs privés. Nous ne voulons pas faire le Netflix européen ou ou être une version compétitive de Canal Plus, mais bien un élément de du dispositif du service public à l'échelle européenne.
Alors, qu'avons-nous fait ? Et si je me permets de le dire, c'est pour vous montrer à peu près ce qu'il est facile de faire aujourd'hui et ce qu'il est très compliqué à faire dans le contexte actuel. Ce que nous avons fait, c'est que d'abord bah nous avons créé euh un réseau avec beaucoup de chaînes publiques européennes.
Nous avons 13 14 chaînes publiques partenaires aujourd'hui qui travaillent avec nous. dans l'univers de la coproduction notamment, mais aussi dans l'univers des captations, dans toute cet univers culturel. On y reviendra, je pense quand Maxime Sada parlera tout à l'heure parce que évidemment dans cet espace public euh ce qui est central euh en tout cas de façon audiovisuelle, c'est le pilier euh information au sens large du terme, pas seulement information chaude comme on dit, mais euh les documentaires historiques, les documentaires des géopolitiques, c'est les captations culturelles, c'est tout cet univers là qui n'a pas tendance aujourd'hui à circuler de façon automatique par les principes de marché qui mettent en en en relation les acteurs nationaux les uns avec les autres.
Les fictions, ça se balade très bien, pardon de dire ça comme ça. Euh évidemment, les documentaires géopolitiques, les documentaires culturels, euh l'information euh et même et même un certain nombre de films de cinéma d'auteurs euh dans de l'ensemble des pays européens, ça ne circule pas très très bien. Et donc, nous avons créé ce réseau.
Ensuite, nous avons européanisé notre offre. C'est-à-dire que depuis très longtemps, enfin depuis très longtemps, depuis environ au moins 6 7 ans, si vous allez sur la plateforme, vous voyez que de plus en plus c'est une offre européenne mais il nous a semblé que c'était bizarre de faire une offre européenne à destination des publics français et allemands et que la nature enfin en tout cas la logique pour nous c'était de faire une offre européenne qui existe vraiment aujourd'hui à destination des publics européens. Et donc nous avons amorcé des discussions euh et encore merci au au au commissaire Breton avec avec non seulement nos partenaires du service public européen, mais aussi évidemment la Commission européenne et le Parlement européen, l'Union européenne au sens large du terme pour à un moment donné permettre nous permettre d'être ce dispositif d'éléments complémentaires des services publics européens à l'échelle européenne.
Parce que je vais finir par là pour ne pas être trop long. Qu'est-ce qu'on constate en réalité de du petit point de vue opératoire qui est le mien ? Le premier, c'est que la curiosité européenne existe.
C'est-à-dire qu'on ne crée pas un espace public ex niilo. On demande pas aux gens de choisir s'ils sont français ou européens ou s'ils sont allemands ou européens, finlandais ou européens. Ils sont les deux à la fois et ils le vivent très bien.
Et c'est-à-dire qu'on regarde bien que on peut avoir un projet islandais qui va vraiment très bien marcher en Espagne, de la curiosité pour les reportages qui sont faits dans l'Est de l'Europe, en Italie et cetera et cetera. Donc cette curiosité ou ce préalable à la création de leader européens ou en tout cas d'acteurs significatifs européens, ce préalable là dans le public, il existe la curiosité évidemment euh euh devenue presque une urgence depuis le contexte géopolitique de 2022 sur ce qui se passe dans l'ensemble des pays d'Europe, c'est la même chose. un programme comme le dessous des cartes que T fait et regarder aujourd'hui en six langues puisque on a une offre aujourd'hui qui est qui est en six langues.
On l'a même lancer en roumain donc sep langues. Petit à petit on étend notre petite issue, on s'aperçoit que la vie ou le ressenti européen existe aussi de façon très forte et ne demande qu'à se déployer. Dernier point qu'on constate aussi, c'est que les Européens ont envie de parler entre eux.
Et donc dans le projet qu'on porte aujourd'hui auprès de l'Union européenne qui s'appelle Artus Europe, on a tout cet espace conversationnel qui est imaginé à l'échelle européenne. Et donc c'est là, c'est ça qui moi me rend optimiste. On le fait en respectant les règles de marché qui sont les nôtres aujourd'hui.
Thierry Breton a évoqué la fragmentation du marché qui est réel. vous le savez, il y a la territorialité des droits. On s'insère dedans, on le respecte.
C'est vraiment de la haute couture. Quand vous commencez à devoir additionner tel droit en excluant tel territoire et cetera. On le respecte.
On sait très bien la spécificité aussi des cadres juridiques de détention des propriétés intellectuelles qui est totalement différente suivant les pays européens. Mais le gruère juridique européen aujourd'hui au niveau de l'audiovisuel, il reste très important. Mais on l'a fait dans ce cadre-là et c'est ça qu'on porte aujourd'hui.
Donc ce que je voulais dire justement, c'est que ma conviction pour terminer là, c'est que l'Europe ne demande qu'à avoir de multiples instruments de construction son espace public. Nous n'avons jamais voulu être évidemment monopolistique mais de multiples. Le modèle que nous avons choisi parce que nous avons nous sommes un modèle public, c'est un modèle en réseau et c'est un modèle complémentaire à ce qui existe aujourd'hui.
Merci beaucoup Bruno Patinot. On y reviendra je pense que [applaudissements] c'est quand même Alors Maxime Saada, vous êtes présidente du directoire du groupe Canal Plus, également président de Studio Canal et de Daily Motion Canal Plus. aujourd'hui pardon et de Daily Machine Canal Plus est aujourd'hui euh un groupe mondial de médias de divertissement qui intervient sur l'ensemble de la chaîne de valeur audiovisuelle.
La stratégie mondiale de Canal Plus s'est concrétisée d'ailleurs par l'acquisition récente du groupe Multioice. D'après vous, les acteurs européens présents à l'échelle mondiale constituent-il une conserve-t-il une spécificité par rapport aux autres acteurs mondiaux ? Et celle-ci constitue-elle surtout une force ou une faiblesse ?
Merci beaucoup madame la vice-présidente. Très honoré de cette invitation au côté de prestigieux intervenants. Ça va être beaucoup moins intelligent.
Moi je vais pas citer cho, je vais citer Astérix, je vous préviens. Euh et alors on a la question pour moi, la première question c'est qui sont les champions ? Moi, j'ai quand même envie de les appeler des champions parce que les Américains pas pour les appeler des champions comme toujours.
On a des complexes qui n'ont pas. Eux, ce sont des champions et pourquoi nous on serait pas des champions aussi. Et com qui sont-ils ?
En fait, c'est la première question pour moi. Qui sont ces ces acteurs européens aujourd'hui qui Alors, on a Bruno dans son couloir de nage qui fait un travail remarquable. Je te félicite pour ta reconduction d'ailleurs, totalement mérité et qui qui déploie ce modèle, qui cherche à déployer ce modèle qui qui qui fait de manière très intelligente.
Mais à part ça, dans le privé, qui de qui parle-ton ? J'en vois pas beaucoup. Je pense à Media One qui est qui est qui est une politique dynamique, on va dire.
Je pense à Benny, mais le chiffre d'affair de Benij aux États-Unis, c'est 11 % à peu près sur chi d'affaires. Et ensuite, il y a Canal. Sky est devenu un acteur américain comme vous le savez propriété de Comcast et accessoirement on est en train de voir que il vendent l'Allemagne à RTL et il cherche à acheter ITV et donc en fait repli domestique RTL même mouvement puisque ils sont vendeurs de M6 et donc ils achètent de la télévision payante en Allemagne et ils se recentent sur leur marché domestique.
On a Média For Europe qui est une interrogation en effet qui peut-être essayer de déployer un modèle européen. Ils sont peut-être candidats au rachat de M6 aussi comme ils ont été dans le passé. Mais à part Canal et ces deux acteurs que j'ai cité, en fait, il y en a pas.
Enfin, j'en vois pas. J'ai cherché, j'en vois pas. Donc la première question, c'est qui sont-ils ?
Euh alors ensuite, pourquoi ? Alors là, je rejoins le commissaire Breton totalement. Le premier sujet, c'est le marché évidemment.
Euh vous avez cité évidemment les 350 millions d'habitants et et vous faites valoir les 450 millions d'habitants qu'on a en Europe et de dire bon euh mais après on se dans notre secteur on seurte à la réalité de de que les on a eu tout à l'heure le le cinéma américain, les séries américaines sont beaucoup il y a un marché domestique le le box office américain pour les les films, je ne sais pas si vous le savez, c'est à peu près 9 milliards de dollars par an. Ça c'est juste aux États-Unis et comme vous le savez, il y a que des films américains qui marchent aux États-Unis. Donc c'est exclusivement, quasiment exclusivement des films américains.
Le marché européen, le box office total sur le marché européen à 450 millions qu'on a cité tout à l'heure, le box office c'est 8 milliards. Donc c'est inférieur au 9 milliards du marché américain. Et ensuite quand vous regardez la part de marché des films américains dans ce box office de 8 milliards, vous descendez à 2 milliards.
Donc en fait, on est sur un rapport de 3 à 4 à peu près entre le Boxoffice européen dans sa globalité pour les films européens et le box office américain domestique. Et ensuite, vous regardez le déploiement évidemment des films américains sur sur la planète. Et là, le box office de 9 milliards aux États-Unis devient 18.
C'est simple, il double le box office un peu près la moitié, enfin exactement même la moitié du marché des films américains et sur l'ensemble de la planète et ensuite l'autre moitié sur les États-Unis. Donc ils ont un marché de 18 milliards qui se compare donc aux 2 milliards. Donc là, on est on est sur un rapport plutôt de 6 à 8 à peu près.
Voilà. Et donc la réalité, la la problématique la plus importante à laquelle on est tous confrontés, c'est ça. C'est qu'on n pas un marché aujourd'hui et on essaye.
Euh Bruno disait tout à l'heure la plateforme européenne et c'est vrai que moi je suis un gros consommateur de d'arté et j'y vois des séries allemandes, des séries scandinaves, des séries beaucoup beaucoup anglaises he quand même. Est-ce qu'ils sont encore dans l'Europe ou pas, je sais pas. Euh et on est confronté à cette réalité et j'ai cru moi j'ai j'ai vu Casad Papel sur Netflix, j'ai vu Lupin, on a quelqu'un de Gomon ici qui a un succès mondial comme vous le savez, une série française et je disais à l'époque à Fabrice de la patolière qui s'occupe de la création originale qui a qui a créé la création originale chez Canal Plus Akaria Saraco et Rodolphe.
Euh mais il faut qu'on fasse des séries françaises qui s'exportent et on a fait des succès avec des producteurs indépendants euh le bureau des légendes et cetera qui qui ont marché mais mais ou Versailles mais rien de comparable à à Cassadell. Alors Cassa des Papel ensuite il y a eu Squid Games parce que Fabrice me disait "C'est pas possible, ce que tu veux n'est pas possible et cetera." Et là Lupin arrive et je dis "Bah tu vois bien que c'est possible." Bon en fait, je me suis fait tromper par Netflix et ces trois exemples parce qu'il y en a eu très peu, hein.
Pour une série française qui a marché international, il y en a 100 qui n'ont pas fonctionner. Pour une série espagnole qui a ça des papel, il y en a 100 qui n'ont pas fonctionné et cetera. Donc en fait, on est sur vraiment des exceptions et donc on est confronté à cette difficulté.
Moi, je suis confronté à cette difficulté de comment est-ce qu'on fait des des comment est-ce qu'on fait comme Netflix des séries qui ou des films qui potentiellement sont amortis sur une base mondiale et qui peuvent séduire toute la population. Et c'est une réalité. Et et qu'est-ce que je fais ?
Je fais de plus en plus d'angloaxon parce que si on veut se déployer sur des marchés y compris aux États-Unis, il faut faire des des des des produits culturels susceptibles de séduire les Américains qui sont un marché dont on peut potentiellement pas se passer. Voilà pour cette table ronde organisée par le Sénat sur l'avenir de l'audiovisuel français. C'est la fin de cette émission.
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Je vous souhaite une très bonne journée sur Public Sénat.
Gérard Larcher