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DébatRassemblement National (sur YouTube)· 18 novembre 2024 22 minAutoproduitActualité / polémiqueAgriculture & alimentationEurope & internationalÉconomie & entreprisesEnvironnement & énergie

Le RN s’oppose fermement à l’accord UE-Mercosur ! - Fabrice Leggeri (BFMTV)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:34OuverteRéponse directe

    Que dit Bruno Retaille sur le droit de manifester ?

  • 2:59OuverteRéponse directe

    Quelle est la position de l'agriculteur sénateur sur le Mercosur ?

  • 5:57RelanceRéponse partielle

    Le problème principal est-il le Mercosur ou les mesures non appliquées ?

  • 7:53FerméeRéponse directe

    Consensus pour bloquer l'accord Mercosur ?

  • 10:35OuverteRéponse directe

    Que dit Emmanuel Macron sur le Mercosur ?

  • 16:46OuverteRéponse partielle

    L'agriculture française est-elle adaptée aux normes actuelles ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 7:56Invité politiqueFait
    « Le Rassemblement national est contre la conclusion de cet accord de libre-échange avec le Mercosur parce que c'est une concurrence déloyale pour nos agriculteurs. »
  • 8:05Invité politiqueFait
    « C'est également une mise en danger de la santé des consommateurs européens. »
  • 8:11Invité politiqueFait
    « Parce qu'effectivement, il y a des produits qui sont utilisés en Amérique du Sud qui sont interdits depuis 1989 en Europe avec des risques dans les viandes, des hormones. »
  • 8:25Invité politiqueFait
    « Et donc, nous ne voulons pas dépendre d'autres continents, l'Amérique du Sud, au cas d'espèces. »
  • 8:40Invité politiqueFait
    « C'est que cet accord du Mercosur pourrait augmenter la déforestation en Amazonie. »
  • 3:44InvitéFait
    « Et bien évidemment, c'est complètement incompréhensible de signer un accord qui autoriserait l'introduction de produits qui correspondent en aucun cas aux normes françaises. »
  • 4:43InvitéFait
    « Le combat aujourd'hui et la mobilisation qui doit être la nôtre pour convaincre, c'est davantage au niveau européen pour arriver à constituer une minorité de blocage pour empêcher cette signature. »
  • 6:45InvitéFait
    « Or, ces clauses miroir, elles sont inapplicables. »
  • 7:02InvitéFait
    « La Direction générale de la santé de la Commission européenne a elle-même dit qu'on n'était pas capable, à l'heure actuelle, de dire avec certitude que oui ou non, si oui ou non, il y a des hormones dans la viande brésilienne. »
  • 10:56InvitéFait
    « Le Mercosur, ça ouvre à la fois un immense marché de consommation sud-américain aux Européens, donc il y a cette volonté de conclure un accord, mais l'agriculture a l'impression qu'elle est sacrifiée. »
  • 11:27InvitéFait
    « Et puis, bien sûr, les clauses miroirs, le problème, ce sont les contrôles. »
  • 14:10InvitéFait
    « La France s'oppose à ce traité de libre-échange. »
  • 17:06Invité politiqueFait
    « Ce qui est important, c'est aussi la souveraineté alimentaire. »
  • 17:41Invité politiqueFait
    « Pendant la crise sanitaire, Covid, les masques arriver de Chine. Et finalement, dans le domaine des médicaments, de la même façon, on nous dit qu'il n'y a plus de doliprane. »
  • 20:36InvitéFait
    « La France doit bloquer. Ça suffit de dire que quand Bruxelles a décidé, on ne peut plus rien faire. »

Temps de parole

  • Invité23 %
  • Invité 219 %
  • Présentateur19 %
  • Invité 316 %
  • Fabrice Leggeri13 %
  • Invité 46 %
  • Invité 54 %

2,2 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Sur le plateau de BFM Story Week-end, à ma droite Arnaud Le Gall, merci d'être présent, député La France Insoumise du Val d'Oise et membre de la Commission des Affaires étrangères. Face à vous Fabrice Ledgeri, merci également d'être présent, député européen Rassemblement National. A distance, j'accueille Franck Ménonville, agriculteur, sénateur UDI de la Meuse. Merci également de participer à nos échanges, ainsi que Sylvie Brunel, géographe, ancienne présidente d'Action contre la faim et auteure de Sa Majesté le Maïs. Mais je débute les échanges avec Anne Seurat-Dubois. Bonjour Anne, journaliste politique BFM TV.

On se disait que tout est bien organisé, ça circule bien, il y a une grosse organisation. Je voudrais quand même qu'on revienne sur ce qu'a dit en substance Bruno Rotaille, ministre de l'Intérieur, qui dit en gros, pas de souci, droit de manifester garanti par la Constitution. Mais il dit quand même qu'il y a une tolérance zéro si on s'en prend au bien, si on s'en prend au personne. Il fixe quand même un cadre qui pourra avoir des conséquences sur la suite de la mobilisation.

0:50
Invité

Voilà, il y a un cadre qui a été fixé aussi par les plus grandes organisations agricoles. Tout le monde est d'accord sur le fait qu'il faut que ces manifestations se déroulent très bien. C'est-à-dire qu'il n'y ait pas de blocage, qu'on ne bloque pas les routes pour les Français, qu'il n'y ait pas de défaut d'approvisionnement, qu'il n'y ait pas de violence. Il peut y avoir du déversement de fumier devant les préfectures, il peut y avoir aussi du déversement de paille, mais pas de dégradation, ni de biens, ni de dégradation de personnes, que personne ne se tape dessus.

Encore une fois, les principales fédérations agricoles sont d'accord là-dessus, les maires aussi, puisqu'ils sont prévenus en amont. Tout se déroule bien. Après, il n'est pas exclu qu'à un moment ou à un autre, et ça s'est déjà vu dans des mobilisations précédentes. À un moment, les esprits s'échauffent un peu, qu'il y ait des choses qui dérapent un peu ou qu'il y ait un peu de casse. Arnaud Rousseau, c'était l'invité de la table politique aujourd'hui, président de la CNSEA, a redit aujourd'hui, il n'y aura pas de casse. On appelle tout le monde à être le plus raisonnable possible. Pourquoi ?

Parce que c'est la raison pour laquelle, d'ailleurs, Bruno Taillon ne court pas vraiment de risque, à montrer les muscles, parce qu'il sait très bien qu'il a en face de lui des gens qui vont faire très attention. Pourquoi cette grande attention portée à ne pas dépasser un certain nombre de lignes qui vont être respectées, sans doute, par la majorité de ses agriculteurs ? D'abord parce que le mouvement est extrêmement populaire vis-à-vis des Français, et qu'il faut qu'il le reste. Le soutien des Français est très important pour cette mobilisation agricole. La totalité de la classe politique aussi est contre le traité du Mercosur, et donc soutient dans ses revendications les agriculteurs.

En clair, il y a une espèce de convergence générale pour dire que ce mouvement est légitime, que cette colère est largement audible. Ce n'est pas la première fois qu'elle s'exprime, et on sait bien que les revendications, et même les promesses qui ont été faites au printemps dernier, n'ont pas été toutes tenues loin sans faux. Donc, jusqu'au bout, ils vont essayer de respecter, de rendre hommage à ce consensus des agriculteurs, en faisant en sorte que les manifestations se déroulent le mieux possible.

2:37
Présentateur

On était à 50% des 70 mesures annoncées par Gabriel.

2:40
Invité

Arnaud Rousseau a dit un tiers à la mi-journée.

2:43
Présentateur

Il avait dit 50% là, vous voyez. J'étais en scooter, je n'ai pas entendu Arnaud Rousseau, mais il était à 50%. Et ça descend de plus en plus. Oui. Ça peut augmenter la colère. Très sérieusement, on va retrouver Franck Melonville avant d'échanger avec mes invités. Je viens vers vous pour débuter, parce que vous êtes à la fois agriculteur et sénateur. En l'occurrence, sénateur UDI de la Meuse. Qu'est-ce que dit l'agriculteur à l'homme politique et que répond l'homme politique à l'agriculteur ?

3:06
Invité

Écoutez, je crois que la mobilisation agricole vient de loin. Vient de l'an dernier, notamment avec les engagements qui, progressivement, sont tenus, mais réalimentés aujourd'hui par une très forte crainte de la signature du Mercosur. Et je crois qu'aujourd'hui, bien évidemment, c'est une incompréhension totale, puisque, comme vous le savez, nous demandons de plus en plus de normes, d'obligations et de contraintes qui nous faisons porter à nos agriculteurs. Et bien évidemment, c'est complètement incompréhensible de signer un accord qui autoriserait l'introduction de produits qui correspondent en aucun cas aux normes françaises.

Alors moi, je crois que, bien évidemment, et vous l'avez dit, il y a progressivement des engagements qui sont tenus par la ministre Genevart. Je crois qu'il faut le reconnaître, notamment dans le projet de loi de finances que nous allons commencer à examiner au Sénat. Il y a un chantier, me semble-t-il, qui n'est pas abouti. C'est celui de la simplification administrative. C'est celui de la complexité administrative et la compréhension, bien évidemment, qui en découle sur nos agriculteurs.

Voilà, moi, ce que je voudrais peut-être vous dire en introduction, mais en tout cas, la difficulté du dossier qui nous mobilise aujourd'hui, et notamment le Mercosur, c'est que je crois qu'il y a un consensus assez général au niveau de la classe politique et au niveau de nos concitoyens. Le combat aujourd'hui et la mobilisation qui doit être la nôtre pour convaincre, c'est davantage au niveau européen pour arriver à constituer une minorité de blocage pour empêcher cette signature. Moi, je le dis, je suis plutôt un européen convaincu, et c'est vrai que je ne comprends pas le passage en force de la Commission européenne. Je crois qu'il faut laisser souverains les parlements nationaux.

Je crois qu'il faut trouver dans notre Europe un équilibre entre ce qui doit se décider et la force commune que doit représenter l'Europe, nécessaire pour exister face aux grands ensembles qui s'organisent autour de nous, les États-Unis, la Chine et autres, mais tout en respectant les nations, en respectant nos pays et surtout la représentation nationale.

5:51
Présentateur

Je reviens vers vous dans un instant, mais j'ai vérifié sur le plateau s'il y a consensus avant d'entendre aussi Mme Brunel qui nous écoute. Je vous pose la même question. Le problème, je vous pose la question, le premier qui répond prend la parole, mais le problème c'est Mercosur ?

6:03
Invité

C'est le cœur du problème.

6:04
Présentateur

Allez, allez-y, et puis après j'irai vers M. Ledjiri.

6:06
Invité

C'est le cœur du problème, mais...

6:08
Présentateur

C'est plus le problème que les mesures n'ont pas encore entrées en vigueur ?

6:12
Invité

Ça, on pourra en parler après si vous voulez, mais déjà il faudrait voir pourquoi on en est arrivé là. Ça fait des années qu'on nous dit, et que Macron nous dit notamment « je suis contre le Mercosur, etc. » Pourquoi il n'a pas bloqué les négociations ?

6:21
Présentateur

Parce qu'il n'a pas de majorité pour le faire ? Si, il avait la possibilité de le faire, il met la... Avant d'entrer dans la phase...

6:26
Invité

Il met, bien sûr. Sauf que là, maintenant, on ne négocie plus sur le fond, on négocie ici des annexes. Il aurait fallu bloquer les négociations bien en amont. La raison pour laquelle ils ne l'ont pas fait, c'est parce que, contrairement à ce qui est dit, il n'y a pas un consensus. Les macronistes et une grande partie de la droite et le gouvernement actuel veulent renégocier l'accord avec de nouvelles clauses. Or, ces clauses miroir, elles sont inapplicables. Par exemple, par exemple... C'est la réciprocité, évidemment. La réciprocité, par exemple, un exemple...

Le fait que les produits qui seraient importés obéiraient aux mêmes normes que celles qui sont imposées à nos ailes par mettre en place à l'éritier. Je vais prendre un seul exemple. On peut en prendre des dizaines. Un seul exemple. La Direction générale de la santé de la Commission européenne a elle-même dit qu'on n'était pas capable, à l'heure actuelle, de dire avec certitude que oui ou non, si oui ou non, il y a des hormones dans la viande brésilienne. Mais tout le monde le dit, maintenant. Non, mais d'accord. Donc, ça veut dire que ces clauses, c'est de la poudre aux yeux. Donc, il faut bloquer l'accord. C'est aussi pour ça qu'aujourd'hui, la majorité...

Et s'il y avait un consensus sur le fait de bloquer l'accord et d'être contre l'accord Mercosur, peut-être que le gouvernement n'aurait pas censuré à l'Assemblée nationale les résolutions que nous faisons en ce sens. On devait discuter le 20 novembre dans notre niche parlementaire d'une résolution contre le Mercosur. Le Rassemblement l'associé. Et le gouvernement l'a censuré. Il a dit qu'elle n'était pas recevable, etc.

7:35
Présentateur

Vous me confirmez qu'il y en aura une demain, lundi, qui sera une nouvelle ?

7:38
Invité

On en redépose une nouvelle. Je m'en suis occupé dès vendredi. On en redépose avec mon groupe une nouvelle. Mais en attendant, on voit bien que le gouvernement n'est pas clair dans cette affaire. Donc, il est temps de faire de la clarté. Oui ou non, on bloque cet accord. Oui ou non, on bloque cet accord. Le reste, c'est de la littérature.

7:53
Présentateur

Monsieur Desiris, consensus sur le oui ou non, on bloque cet accord.

7:56
Fabrice Leggeri

Le Rassemblement national est contre la conclusion de cet accord de libre-échange avec le Mercosur parce que c'est une concurrence déloyale pour nos agriculteurs. C'est également une mise en danger de la santé des consommateurs européens. Parce qu'effectivement, il y a des produits qui sont utilisés en Amérique du Sud qui sont interdits depuis 1989 en Europe avec des risques dans les viandes, des hormones. On l'a déjà évoqué. Et puis, c'est aussi un problème à plus long terme de souveraineté alimentaire. Et au Rassemblement national, nous voulons favoriser la production locale. Et donc, nous ne voulons pas dépendre d'autres continents, l'Amérique du Sud, au cas d'espèces.

Et puis, pour ceux qui sont attachés à l'environnement, à l'écologie, il y a également une conséquence. C'est que cet accord du Mercosur pourrait augmenter la déforestation en Amazonie. Ce n'est pas le Rassemblement national qui l'a inventé. C'est même Greenpeace, dans certains documents et dans certaines études, qui le dit. Donc, pour toutes ces raisons, nous sommes contre la conclusion de cet accord de Mercosur. Maintenant, il faut effectivement que ça se traduise dans les actes. C'est ce qu'attendent les agriculteurs qui sont mobilisés aujourd'hui.

Et en tout cas, il faudra, pendant le temps, avant que le Parlement, si cet accord était malheureusement signé, et de toute façon, pour se prémunir contre une signature, si elle était retardée, il faut pouvoir préparer une majorité contre en Europe. Alors, au Conseil, là où les États sont représentés, c'est au gouvernement, c'est à l'exécutif français d'être suffisamment habile pour trouver des alliés.

Nous, au Parlement européen, comme je suis député européen, nous pouvons, si d'autres groupes politiques, y compris des parlementaires français, mais qui appartiennent à d'autres groupes politiques, s'ils sont d'accord pour faire cause commune là-dessus, je crois qu'il faut le faire, parce que nous voyons que dans tous les groupes politiques, il y a des partisans de Mercosur, et il y a des opposants.

9:47
Invité

Non, le groupe politique auquel appartient la France insoumise est le seul à avoir, de manière consensuelle, voté contre tous les accords de libre-échange, et notamment celui-là. Il est vrai que le groupe politique auquel appartient le Rassemblement national au Parlement européen a majoritairement voté les accords de libre-échange. On n'est pas sur le consensus, vous voyez,

10:07
Fabrice Leggeri

il faut expliquer aux partenaires.

10:09
Invité

Il a voté pour le report de la circulaire sur la déforestation à la demande du Brésil, dont vous parliez tout à l'heure.

10:14
Fabrice Leggeri

C'est à la demande aussi de l'industrie forestière européenne.

10:17
Présentateur

Je reviens vers vous, on continue les échanges dans un instant, et Anne nous expliquera en fait la position actuelle d'Emmanuel Macron. Dans un instant également, on retrouve à Milan Argelas qui est sur son tracteur avec Hugo d'Orsemene, mais je voulais l'arbitrage, l'explication de Mme Brunel. Merci d'être avec nous. Comment on explique à la fois cette volonté à postériori d'imposer des clauses miroirs ? Je voudrais votre avis sur leur impossibilité, en tout cas, ou leur difficulté à être mise en place, et la difficulté aussi d'avoir des produits qui seront au prix de produits étrangers, mais made in France. Et on sent bien que c'est là aussi qu'il y a un problème.

10:55
Invité

Tout à fait. Le Mercosur, ça ouvre à la fois un immense marché de consommation sud-américain aux Européens, donc il y a cette volonté de conclure un accord, mais l'agriculture a l'impression qu'elle est sacrifiée. Pourquoi ? Parce qu'on ne peut pas demander aux agriculteurs français de monter en gamme, d'avoir des fermes familiales, de se priver de tout un ensemble de produits de traitement, et leur imposer une concurrence déloyale ou sur le maïs, sur le bœuf, sur tout un tas de produits. On va voir arriver des produits issus de fermes géantes avec l'utilisation de produits qui sont interdits chez nous. Et puis, bien sûr, les clauses miroirs, le problème, ce sont les contrôles.

Et même si, en principe, tous les produits vendus sur l'Union européenne doivent respecter les mêmes normes, on se rend compte que les contrôles et les clauses miroirs ne peuvent pas être appliqués concrètement et que, donc, c'est sacrifié. Un secteur qui, déjà depuis des années, souffre, attend de la reconnaissance, attend du respect, attend de la rémunération et a l'impression de servir systématiquement de variable d'ajustement.

11:53
Présentateur

– Je reviens vers vous dans un instant. Avant cela, les images de la caméra d'Hugo d'Hursemaine. Hugo, vous êtes dans un tracteur, direction Vélizy, et vous filmez Milan Argenas, qui est dans le tracteur, juste à côté de vous. Et Milan, la question que je vous pose, c'est savoir comment ça se passe. On vous devine, puisque la nuit est en train de tomber sur la banlieue parisienne nationale 118. Vous vous approchez, d'ailleurs, si je vois bien de Vélizy, que vous devriez rejoindre dans quelques minutes. Ça se passe toujours plutôt très bien. Ça roule. Et la motivation du conducteur de ce tracteur doit être renforcée par cette mobilisation, on l'imagine.

12:25
Invité

– Oui, effectivement. Moi, je suis à bord de ce tracteur avec Damien. Damien qui est un agriculteur à Basinville, dans les Yvelines. Et donc, voilà, c'est un tracteur qui roule sur cette route nationale 12 depuis quelques minutes. Nous avons quitté Basinville depuis maintenant une quinzaine de minutes. Et nous sommes entourés actuellement d'une escorte policière et suivie donc par de nombreux tracteurs derrière nous, mais aussi de voitures, puisque certains agriculteurs ont fait le choix de venir en voiture et non en tracteur.

Avec, vous parliez de cette motivation, justement, il y a des automobilistes aussi qui apportent leur soutien aux agriculteurs en passant à côté de ce convoi et en klaxonnant, par exemple, ou en activant aussi parfois les clignotants, une manière d'exprimer un geste de sympathie pour ces agriculteurs qui ont de nombreuses revendications. On le rappelle, une demande de plus de simplification administrative, mais aussi un objet de crispation autour des négociations qui concernent le traité de libre-échange avec le Mercosur. L'arrivée à Vélizy-Villa-Coublet, elle est prévue actuellement aux alentours de 18h. Et nous continuons de rouler sur cette route nationale.

13:44
Présentateur

– Soyez prudents. Merci beaucoup, Mylène. Merci également, Hugo, pour ces images en direct d'une des caméras BFM TV qui vous fait suivre, évidemment, ce coup d'envoi de cette mobilisation, de cet acte 2. Anne, ce sera du bois. Alors, que dit Emmanuel Macron ? Que va faire Emmanuel Macron ? Il n'est pas encore au Brésil, mais pour ce G20 qui va s'ouvrir.

14:01
Invité

– Alors, la position de la France vis-à-vis du traité Europe-Mercosur est la même au niveau politique, au niveau diplomatique et au niveau économique. La France s'oppose à ce traité de libre-échange. Voilà pour la partie officielle, en tout cas côté gouvernement. – Aujourd'hui, en tout cas. – Aujourd'hui, en tout cas. C'est un très vieux traité. La position de la France a évolué. Les négociations ont commencé en l'an 2000. Elles ont été stoppées pendant près de 10 ans, entre 2004 et 2013-2014. Donc la position de la France a évolué. Pourquoi on dit que les négociations ont commencé il y a très longtemps ?

Parce qu'effectivement, aujourd'hui, c'est un traité qui paraît quelque peu anachronique au vu des préoccupations qui ont commencé à émerger en Europe. C'est la raison pour laquelle, finalement, l'aboutissement de ce traité, aussi tardivement après son ouverture, apparaît un peu un non-sens du point de vue écologique, ne serait-ce que pour ces raisons-là. On va faire venir des produits agricoles qui viennent de très très loin, donc en termes de transport, en termes de coûts écologiques.

14:57
Présentateur

La question sanitaire aussi, parce qu'il y a effectivement des ajouts.

15:00
Invité

Et je vous donne un exemple. Vous montrez un peu le côté qui peut paraître un peu absurde. C'est que, par exemple, en ce moment, l'Union européenne est en train d'augmenter la taxe sur le transport aérien, les billets d'avion, pour essayer de limiter le transport aérien. Mais on va faire venir quand même des milliers de tonnes de bœufs réfrigérées dans des avions. Bref, voilà un peu la difficulté à laquelle la France et d'autres pays européens ont été confrontés. Ce qu'Emmanuel Macron fait en ce moment, là, il est en train, il va quitter dans quelques instants, dans une demi-heure, il va quitter l'Argentine.

La première personnalité d'Amérique latine qu'il a rencontrée, c'est Ravier Mileï, le président argentin, alors qu'il ne ralliera en aucun cas au club de la même éventuelle minorité de blocage qu'il pourrait réunir sur le traité. Ravier Mileï est un ultra-libéral qu'il n'a jamais caché. Et en plus, il a le bœuf argentin avec des fermes immenses en Argentine qui a tout intérêt à ce traité du Mercosur. En revanche, lui, il peut servir dans la deuxième ou troisième étape. La première étape d'Emmanuel Macron, c'est d'essayer de réunir une minorité de blocage. Il faut 4 pays, 35% de la population de l'Union européenne. Ça, c'est le premier objectif.

Il va le faire notamment dans le cadre du G20 où il atterrit ce soir à Rio de Janeiro. La deuxième étape, si ça ne fonctionne pas, c'est d'essayer de mettre un veto, de faire en sorte au moins qu'il y ait des clauses miroirs, c'est-à-dire d'obtenir un traité le moins défavorable possible pour la France et pour l'Europe. Donc, de pousser sur les clauses miroirs, ça veut dire la réciprocité des normes, de faire en sorte que la France s'y retrouve, que les agriculteurs français s'y retrouvent.

Et puis, la dernière option, si vraiment tout a été perdu, et c'est possible qu'à la fin, on en finisse par là, et c'est pour ça que je vous parlais des relations entre Emmanuel Macron et Révière Milay, c'est d'essayer d'aller voir avec ces pays, au cas par cas, un par un, comment on peut négocier le fait de protéger notre agriculture face à ces pays qui, eux, ont des mastodontes agricoles qui ne respectent pas absolument les normes qui nous sont imposées à nous. Donc, ça se finit en négociation au cas par cas.

16:46
Présentateur

Est-ce qu'au fond, on n'a pas encore une image qui est très romantique et totalement agréable d'une agriculture à la française qui, aujourd'hui, n'est plus adaptée ? Parce qu'on dit évidemment les consommateurs français, ils ont envie de manger sain, mais ils ont aussi envie de pouvoir se payer ce qu'ils mangent. Et c'est aussi cette question-là qui revient dans un... Monsieur le Géry, après je vous laisserai manger sain.

17:06
Fabrice Leggeri

Ce qui est important, c'est aussi la souveraineté alimentaire. Souveraineté alimentaire voulant dire qu'on doit produire au plus proche de chez nous ce que nous consommons.

17:14
Présentateur

C'est de la ferme à la fourchette, mais on voyait que c'est très compliqué.

17:16
Fabrice Leggeri

Alors, nous sommes contre de la ferme à la fourchette parce que c'est un rajout de normes et de bureaucratie. La vie écologique, on ne peut peut-être pas développer ici, mais en tout cas, ça a pour effet de réduire la production européenne. Donc, le Rassemblement National est préoccupé de voir que nous risquons de sous-traiter la production alimentaire à d'autres continents, l'Amérique du Sud en l'occurrence. Et nous avons bien vu, par exemple, pendant la crise sanitaire, Covid, les masques arriver de Chine. Et finalement, dans le domaine des médicaments, de la même façon, on nous dit qu'il n'y a plus de doliprane. Ah ben oui, pourquoi ?

Parce qu'on ne le fabrique plus ni en France, ni même en Europe. Donc, la souveraineté alimentaire, c'est de pouvoir produire localement. Ça a un impact économique immédiat. Ce sont des emplois chez nous, ce sont des revenus pour nos agriculteurs. C'est également bon pour la planète puisque ça veut dire moins de transport, moins d'émissions de CO2. Et ça veut dire garder la maîtrise de notre avenir et la qualité de la nourriture. Et donc, c'est bon pour la santé.

18:16
Présentateur

Est-ce que vous êtes d'accord ? Et ma remarque, c'est aussi la question du prix. Parce qu'on m'a dit quand on provient en France que le prix du travail, c'est trop cher.

18:22
Invité

C'est ce qu'on entend. Le prix final sur l'étalage dans les supermarchés ou autres, il ne s'explique pas par la qualité de la production. Il s'explique par les immenses marges des intermédiaires. Nous, quand nous avons voulu faire voter une loi pour encadrer les marges dans la grande industrie, notamment la grande industrie de transformation agricole, le gouvernement a tout fait pour s'y opposer. On peut faire de la très bonne qualité en rémunérant parfaitement les agriculteurs parce qu'il faut un revenu minimum garanti sans que ça soit plus cher pour le consommateur.

À l'heure actuelle, ce qui explique le prix pour les consommateurs, c'est tous les intermédiaires entre les deux qui s'en mettent plein les poches. La souveraineté alimentaire, c'est aussi la polyculture. Et c'est en ce sens que les accords de libre-échange géants sont très néfastes parce qu'on a des ultra-spécialisations. Donc nous, on va se spécialiser dans le vin, dans le blé, un peu dans le lait. On importerait toute notre viande de là-bas. Ça ne peut pas marcher. Il faut de la polyculture. Le modèle, la grande force... Sur un même territoire, on fait des fruits.

19:17
Présentateur

Mais c'est compliqué avec toutes les normes qui sont européennes et françaises.

19:19
Invité

Non, le problème, ce n'est pas les normes, c'est tous les intermédiaires externes. Les agriculteurs avec qui j'ai discuté quand il y a eu le dernier barrage, ils m'ont dit si on était protégé par des prix garantis, on n'a pas de problème avec les normes. Ce qui pose le plus de problèmes avec les normes, c'est toute l'administration qu'il y a derrière. Mais par exemple, l'Espagne a ouvert des guichets de services publics pour aider et faire que les paperasses, entre guillemets, ne reposent pas que sur l'agriculteur. On pourrait très bien imaginer le même genre de choses parce que la volonté des agriculteurs, ce n'est pas de produire des mauvais produits.

La France avait historiquement une agriculteur de très grande qualité. C'est ce qui fait sa force. C'est ce qui faisait sa fierté. Et ce n'est pas pour se spécialiser et faire de la compétition au rabais en produisant, excusez-moi de l'expression, de la merde comme on va le faire au Brésil ou en Argentine. Donc premier point. Et le deuxième point, c'est que la raison pour laquelle un certain nombre de pays européens poussent et qu'eux, ils considèrent que ce n'est pas anachronique, c'est qu'ils sont dans une fuite en avant. Pourquoi les négociations se sont brutalement accélérées ? Parce que l'Allemagne panique.

L'Allemagne panique parce qu'elle voit son système économique basé sur l'exportation des biens industriels et notamment des voitures s'effondrait parce que concurrence chinoise, parce que l'énergie est là. Et donc, qu'est-ce qu'elle veut ? Elle veut absolument avoir des débouchés. Donc en fait, c'est un accord bagnole allemande contre viande brésilienne et argentine. Nous ne sommes pas d'accord et je terminerai juste là-dessus. La France doit bloquer. Ça suffit de dire que quand Bruxelles a décidé, on ne peut plus rien faire. S'ils vont jusqu'au bout, on doit désobéir et le Parlement national doit s'exprimer sur ce sujet.

Anne et puis après, pour l'expliquer à nos téléspectateurs, l'accord de libre-échange Europe Mercosur ne porte pas que sur l'importation d'agriculture. Il y a aussi toute l'autre partie et c'est la raison pour laquelle il y a des secteurs français qui soutiennent cet accord, notamment les secteurs industriels, les secteurs de transport aussi, évidemment, parce que eux, c'est le... Donc voilà, on exporte notre vin, on exporte des voitures, on exporte des batteries, on exporte du parfum. Il y a une partie des filières qui seraient... Voilà. qui sont favorables. L'agriculture, elle, y est profondément défavorable.

21:19
Présentateur

Je vous voyais réagir de loin sur la question notamment du prix. Est-ce que c'est le problème ?

21:27
Invité

Moi, je voudrais vraiment vous dire que le prix, c'est une chose. Je crois que ce qu'il faut réarmer au niveau de notre pays et au niveau de l'Europe, mais surtout au niveau de la France, c'est la compétitivité. Tomber les entraves en agriculture. Aujourd'hui, notre agriculture, depuis 15 ans, elle décroche. nous le voyons en matière de production, en matière d'exportation, parce que, bien évidemment, nous le voyons au travers du Mercosur, nous avons des distorsions de concurrence qui sont absolument inacceptables, mais nous les avons aujourd'hui instrumentalisées et construites au niveau intra-européenne et franco-française. Ça, c'est un combat qui doit être aussi le nôtre.

22:07
Présentateur

Merci beaucoup, Franck Ménonville, d'avoir été avec nous. Merci également, s'il vous plaît. Merci, messieurs, d'avoir été. On suivra évidemment à la fois cette mobilisation générale et puis au sens propre, on suivra le trajet de cet acteur direction Vélizy. Ménonville,